Réponses aux reviews dans le prochain chapitre, je suis assez pressée ˆˆ'

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Chapitre 10 : Juste des réponses.

Cette fois ci, à son réveil, Hermione ne se trouvait pas à l'infirmerie, mais dans le bureau du directeur. Elle papillonna difficilement des yeux et mis quelque temps à s'habituer à la lumière. Lentement, elle se redressa, prenant appui sur ses avant-bras. Le bureau était quasiment vide, et elle n'avait pour seule compagnie que le phénix de Dumbledore, Fumseck. D'une main hésitante, elle caressa les plumes de l'oiseau. Elle ignorait pourquoi le directeur n'était pas dans son bureau, et pourquoi elle ne s'était pas réveillée à l'infirmerie. Hermione se souvenait avoir demandé à Maud d'appeler le directeur, juste avant de sombrer.

D'ailleurs, le souvenir de sa vision la hantait. Elle se tenait sur ses gardes, méfiante du moindre frôlement, même aussi insignifiants qu'étaient les objets qui l'entouraient. Elle entendait encore le sifflement dans ses tympans, toujours aussi désagréable, toujours aussi oppressant.

Bon sang mais qu'est ce qui lui arrivait ?

Soudain, la porte derrière elle se déverrouilla. Elle se retourna brusquement, les membres tendus.

-Ah, vous êtes réveillée Miss Granger.

Dumbledore était debout devant elle, ses yeux azurs la détaillant une fois encore du regard. Hermione se détendit, maudissant son corps qui devenait un peu trop sur ses gardes à son goût. Maud avait raison, une porte qui s'ouvrait, et ses sens se mettaient en alerte…

De nombreuses questions brûlaient les lèvres d'Hermione. Tant d'interrogations, et si peu de réponses ! La deuxième fois qu'elle se retrouvait dans ce bureau, avec encore plus de choses à expliquer. Mais cet homme auquel elle vouait un respect sans faille, cet homme qu'elle admirait tant, avait tout bonnement refusé de lui donner des réponses. Elle voulait ce livre plus que tout.

-Professeur… Qu'est ce qu'il m'arrive ? Vous avez mis des mots sur ce qui m'arrivait. Peu, soi disant que c'était déjà trop. Vous m'avez expliqué que j'étais une Relique de la Nuit… Que je ferai des rêves, pour une durée indéterminée ! Vous ne m'aviez pas expliqué que je perdrais à moitié la boule, que je deviendrais paranoïaque sur les bords ou que j'aurai des visions terrifiantes. Parce que c'est ce qui est en train de m'arriver !

Hermione avait achevé sa phrase d'une voix perçante, laissant passer sa peur, et son appréhension dans ses mots. Sa colère aussi, grandissante. Elle la rongeait de l'intérieur. Savoir qu'il avait toutes les réponses et qu'il restait là à l'observer de manière aussi calme l'énervait. Sa voix commençait à partir dans les aigus quant elle reprit.

-Vous dites accorder l'aide à ceux qui la demande, puis vous agitez ce qui contient mes réponses sous mon nez, sans me laisser y parvenir. Vous me laissez dans cet état d'ignorance sans aucun scrupule.

-Miss Granger. Expliquez moi en quoi votre état a évolué, trancha Dumbledore, d'une voix calme mais qui ne laissait pas lieu à la discussion et qui refroidit Hermione.

-J'ai eu… Deux visions en l'espace de trois jours. Deux différentes sur la forme mais pas dans le fond… Moi, à terre, impuissante, dans le noir. Mes oreilles sifflent… Je finis toujours par me faire tuer pas l'Avada Kedavra. Dans celle d'aujourd'hui, quelques choses ont changé : il y a une sorte de fumée verte qui m'entoure, et un serpent à côté de moi qui me mort juste avant que je ne me fasse tuer.

-Qui vous tue ?

-Je l'ignore… Je distingue seulement une silhouette… Je ne sais même pas si c'est une femme ou un homme.

Hermione s'interrompit là, peu désireuse que le directeur lui fasse revivre en boucle ses visions. A cet instant, elle le détestait. Il tournait autour du pot, voilà ce qu'il faisait !

-Professeur… J'ai besoin de ce livre.

Sa voix en était presque suppliante. Pour accompagner ses mots, elle fit un geste évasif de la main vers la vitrine derrière Dumbledore. Ce fichu livre y était fièrement exposé, comme pour la narguer. Il ne pouvait pas au moins le cacher ?

-La réponse n'a pas changé Miss Granger.

La réponse venait de fuser, sévère, cassante. Pourtant le directeur l'avait prononcé gentiment, presque de manière désintéressée. Mais Hermione ne l'avait pas ressenti comme cela. En la rejetant une nouvelle fois, Dumbledore venait de lui assener un coup au moral. Elle espérait trouver des réponses, et donc du réconfort. Elle ne venait de récolter que du ressenti en plus.

-Pourquoi… Pourquoi ?

Si elle ne suppliait déjà pas avant, là c'était le cas. Pathétique.

-Je deviens à moitié folle, mais vous me riez à moitié au nez ! Vous restez là, à me regarder les yeux rieurs, pas le moins du monde inquiété par mon état qui empire ! Vous me refusez l'accès à ce livre, bien. Mais par Merlin, aidez moi ! Expliquez moi ! J'en ai besoin ! Pour avoir la force de sortir de mon lit le matin après avoir revécu cette horreur qu'est la guerre ! Après m'être vue se faire torturer, et…

S'en fût trop pour elle. Sa voix se brisa. Elle était pitoyable. Les larmes aux yeux devant son directeur, abattue par un poids qu'elle ne contrôle pas, qu'elle ne comprend pas. Ramassant les dernières miettes de son courage, Gryffondor jusqu'au bout, elle ravala les larmes qui menaçaient de déborder et releva la tête, prête à affronter les iris azurs du vieil homme.

Ce qu'elle y vit dans ses yeux finit de la décourager. Du refus et peut être un peu de pitié face à l'air suppliant de la jeune fille. Alors elle fit quelque chose beaucoup plus teinté de vert que de rouge : elle prit ses jambes à son cou. Pas comme la dernière fois où elle avait quitté ce bureau de manière insolente. Cette fois c'était un geste de désespoir.

oOo

Drago attendait tranquillement devant la gargouille de pierre qui gardait le bureau de Dumbledore. Lorsque le directeur lui avait annoncé ainsi qu'à Maud qu'il était inutile de l'amener à l'infirmerie puisqu'il s'en chargeait, Drago en avait été soulagé. Même si c'était toujours pour lui le « vieux fou », il savait qu'il n'arriverai rien à Hermione de cette manière. Quelle ne fut sa surprise lorsqu'Hermione sortit en trombe du bureau, non pas pour lui sauter dans les bras, mais pour s'enfuir à toutes jambes, le bousculant à moitié, les épaules secouées de sanglots silencieux. Hébété, Drago la regarda courir dans le couloir vers les escaliers, sans doute pour regagner son dortoir et s'y enfermer. Il repris ses esprits puis se précipita à sa suite, dédallant dans les couloirs en espérant la rattraper. Quant il arriva devant le portrait de la Grosse Dame, il était fermé.

-Mot de passe ? demanda-t-elle en le toisant, sachant pertinemment que le Serpentard ne l'avait pas.

-Je… Est-ce qu'Hermione est rentrée ?

-A l'instant. Dans un piteux état d'ailleurs, lui répondit-elle.

-Merci…

Il fit piteusement demi-tour, ne sachant que penser du comportement d'Hermione. Il savait qu'elle pouvait être très émotive, mais de là à sortir dans cet état du bureau du directeur… Qu'est ce qu'il avait bien pu lui dire pour qu'elle en ressorte aussi mal ?

oOo

Le lendemain matin, tous se retrouvèrent attablés chez les Gryffondor, autour d'un petit déjeuner copieux. Comme d'habitude, Ron se gavait de tout et n'importe quoi, sous les regards dégoûtés d'Hermione et Pansy qui s'était jointe à eux. Ces dernières parlaient potins. Enfin plutôt, Pansy parlait, et Hermione écoutait. Théodore Nott s'était également invité. Plongé dans un livre, il écoutait distraitement les conversations. Il s'y mêlait très rarement, enfermé dans sa bulle, à la manière d'Hermione. Juste à côté, Harry regardait Ginny avec amour tandis que celle-ci parlait avec entrain des derniers balais avec Blaise et Maud. Drago oscillait entre les deux conversations, même s'il préférait définitivement les balais aux potins. Parce que Lavande Brown avec Terry Boot, il n'en avait rien à faire. De toute façon, il sera rapidement éjecté pour laisser place à un nouveau. Mais histoire de ne pas totalement abandonner Hermione, il intervenait quelques fois, pour ne pas qu'elle se sente trop seule.

Et puis, autant qu'il la mette de bonne humeur. En effet, la brunette n'avait pas dit un mot à propos de ce qui s'était passé la veille. Maud avait sans doute estimé que l'affaire était close, puisqu'elle n'en avait pas reparlé. Mais le blond, lui, était bien décidé à savoir ce qui s'était passé. Hermione n'avait probablement pas pensé que le garçon qu'elle avait bousculé était Drago. D'ailleurs, il n'était même pas sûr qu'elle se soit rendue compte qu'elle avait bousculé quelqu'un. Venant d'elle ça ne l'aurait pas étonné.

Mais lui en parler là, maintenant, au milieu de la Grande Salle avec tous leurs amis autour, n'était vraiment pas dans les plans de Drago. Il connaissait assez bien la brunette pour savoir qu'elle se braquerait et qu'elle esquiverait la question. Certes, il y avait aussi des chances qu'elle réagisse de cette manière même seuls à seuls, mais c'était tout de même moins risqué. N'empêche qu'il pouvait toujours avancer le terrain. Ce serait déjà ça.

-Hermione ?

La brune tourna la tête vers lui, heureuse d'échapper à Pansy pour un instant. Elle adorait la verte et argent, mais certains sujets de conversation ne l'enchantaient pas autant que son amie.

-Oui ?

-Hier soir… Qu'est ce qui s'est passé ?

Les joues d'Hermione prirent une teinte rosée, signe de sa culpabilité. Malgré les efforts de Drago pour qu'elle s'améliore dans ce domaine, la brunette était toujours incapable de mentir à ses amis. Elle rougissait toujours avant même d'avoir commencé. Mais le pire était sans doute qu'elle persistait à essayer de cacher la vérité. Une véritable tête de mule parfois.

-Je… Dumbledore m'a conseillé de… Enfin, il…

-Hermione, tu t'enfonce, intervint Pansy.

-Que… Mais pas du tout !

A présent, les joues de la Gryffondor avaient viré à la couleur représentative de sa maison, abordant un joli rouge pivoine, pour le moins révélateur. Pansy se contenta de ricaner en voyant la gêne d'Hermione. Drago lui fit signe de la tête, histoire qu'elle comprenne qu'il s'en chargeait. Mais Pansy avait déjà compris que le blond en faisait son affaire, puisqu'elle se détourna pour interpeller Théo, le sortant de sa lecture.

-Qu'est ce qu'il s'est passé dans ce bureau Hermione ?

Drago soupira, puis se décida à commencer.

-Ecoute…

Comme il s'en était douté, le visage d'Hermione s'était fermé. Elle se leva brusquement de table, et quitta la Grande Salle sans plus de cérémonie.

oOo

Furieuse que Drago l'ai prise à part de cette manière, Hermione se dirigeai d'un pas rageur vers la bibliothèque. Cet idiot voyait bien que quelque chose clochait, qu'elle ne voulait pas en parler, mais non, il fallait qu'il oublie la notion qu'est le tact. Elle détestait ses réflexes de Serpentard parfois, qui faisait qu'il arrivait parfaitement à la pousser à bout. Elle détestait la manie qu'avait son organisme à la faire rougir, faisant d'elle une piètre menteuse. Elle détestait Dumbledore et ses cachoteries. Pour être honnête, actuellement, elle détestait à peu près le monde entier.

Ravalant les larmes de colères qu'elle sentait arriver, elle poussa les lourdes portes en bois de la bibliothèque pour retrouver son sanctuaire. Dès son entrée, l'odeur des livres parvint jusqu'à elle, la rassurant naturellement. Elle était bien ici. Son endroit préféré dans tout Poudlard, son sanctuaire, son refuge. Les rayonnages n'avaient plus de secrets pour elle, et elle avait si souvent passé ses après-midis ici, que Mrs. Pince avait une totale confiance en elle.

Hermione avait pris une décision. Dumbledore refusait de lui donner des informations ? Très bien. Elle trouverait seule alors. Certes, jusqu'à présent elle n'avait rien trouvé, mais les livres ne lui avait jamais fait défaut. Les livres ne font jamais défaut.

Elle se hâta d'aller demander la permission à la bibliothécaire de se rendre dans la réserve. Comme d'habitude elle l'obtint sans problème. Encore une fois, Mrs. Pince lui précisa qu'elle n'avait plus besoin de demander depuis longtemps, mais Hermione le faisait toujours par principe. Elle acquiesça rapidement, puis se dirigea à grands pas vers la réserve, déterminée à ne pas en ressortir tant qu'elle n'aurait pas trouvé une quelconque information, même moindre.

oOo

La salle commune des Serpentard était quasiment vide. Seul le quatuor habituel s'y trouvait, affalés négligemment dans leurs fauteuils respectifs. Drago était soucieux. Il s'inquiétait pour Hermione, son état empirait. Le malaise qu'elle avait fait dans la salle sur demande l'avait inquiété. La voir tomber, comme ça, des tremblements parcourant son corps… Il avait réellement paniqué lorsqu'elle avait hurlé, et qu'elle s'était figée, inconsciente dans ses bras. Il y avait quelque chose dans son cri… Ca lui avait glacé le sang. Il avait eu tellement peur… Peur qu'elle ne se réveille pas, peur d'aggraver les choses s'il tentait quelque chose. Peur de la perdre. Elle était si importante à ses yeux.

Maud se souvenait encore de son état lorsqu'elle était revenue avec le directeur, à la demande d'Hermione. Il était agenouillé à côté d'elle, saisi de tremblements, comme la brune quelques minutes avant. En entendant le directeur lui dire qu'il s'en chargeait, il avait relevé des yeux suppliants vers lui, lui demandant si elle allait bien. Dumbledore lui avait assuré que oui, qu'il la prenait en charge. Maud avait été surprise par l'assurance du vieil homme. Une de ses élèves était dans un piteux état en face de lui, mais il arrivait à garder un calme olympien.

Blaise et Pansy, eux, avaient bien vu que ces derniers temps, Hermione n'était pas dans son assiette. Même s'ils avaient été mis au courant de ses rêves, ils ne prenaient pas encore conscience de l'ampleur de la situation. Pourtant, certains éléments attiraient leur attention. La façon dont Hermione avait soudainement blanchi en ouvrant le journal les avaient interpellés.

Or, si Drago leur avait demandé de venir, c'est parce qu'ils étaient indispensables. Blaise arrivait toujours à redonner le sourire aux gens même dans les pires situations, et Pansy le faisait aussi, à sa manière. Et c'était bien l'objectif du blond : changer les idées d'Hermione. Et les personnes avec lui étaient les plus susceptibles de l'aider. Oh, bien sûr, les Gryffondor pourraient lui venir en aide par la suite, mais pour le moment, les Serpents mettaient en place leur plan…