Album Photo – Chapitre 9
Note : rien ne m'appartient sauf mes idées loufoques. Le reste, c'est du J.K. Rowling!
POV : Pansy P.
Je ne pus m'empêcher de mordiller gentiment ma lèvre inférieure en repensant à notre première nuit d'amour. Parfaite. C'est le mot qui décrivait le mieux le sentiment que je ressentirai toujours à ce souvenir. Tout s'était passé avec une telle douceur, une telle délicatesse. Jamais je n'avais laissé le désir me submerger et me faire perdre toute once de galanterie.
Je n'avais eu aucun mal à rentrer au dortoir au petit matin, toutes les filles dormaient à poings fermés. J'avais rejoint mon lit d'un pas de loup pour y attraper le peu de sommeil qu'il me restait avant les premiers cours de cette nouvelle année. Mais Hermione avait eu moins de chance, elle m'avait toujours raconté, que c'est à partir de ce jour que Ginny avait eu les premiers soupçons à notre sujet. Bien plus maline que son grand frère, elle n'eut aucun mal à deviner que si Hermione rentrait à une heure si tardive, cela n'avait rien à voir avec des rondes de préfets ou je ne sais quelle autre excuse farfelue.
Relevant les yeux de la photographie, je plongeai dans les océans d'un brun chaleureux de ses yeux. Un sourire tendre habitait les lèvres d'Hermione et ne semblait plus vouloir les quitter. Elle avait du garder un plus qu'excellent souvenir de cette nuit veloutée. Du bout de ses doigts fins, elle saisit une mèche de cheveux qui ondulait, rebelle, le long de ma joue. Elle joua quelques instant avec puis la nicha avec délicatesse derrière mon oreille, dégageant mon visage avant de déposer un léger baiser sur ma joue. Cette tendresse cotonneuse fit palpiter mon cœur, et une fois ces soubresauts anarchiques adoucis, je tournai la page de l'album photographique pour dévoiler une nouvelle image. On nous voyait assises à une table au fond des Trois Balais, assez éloignées de l'agitation qui régnait toujours dans la taverne. Dans un froncement de sourcils, je remarquai sur la droite Harry, qui nous jetai de temps en temps des regards intrigués où je discernai une pointe d'incompréhension. Sans tarder, je replongeai dans les souvenirs de cette journée à Pré-au-Lard.
Un mois après notre fabuleuse nuit passée dans la Salle-Sur-Demande, je ne parvenais toujours pas à descendre du petit nuage, trop nais à mon goût, que tu avais créé chez moi. J'avais sans cesse l'impression de flotter, de marcher sur du coton, et c'est avec grande peine que je dissimulai mon sourire béat aux autres Serpentards. J'imaginai bien les moqueries plus ou moins distinguées qu'ils m'auraient balancées à la figure…
Je secouai la tête pour me débarrasser de ces pensées, alors je poussai la lourde porte de la bibliothèque. Comme d'habitude, je fus accueillie dans un silence dont seuls les livres poussiéreux de Poudlard avaient le secret. Tu étais là, bien sûr, griffonnant un devoir avec une rapidité déconcertante. Je restai un instant figée contre la porte, presque hypnotisée par les mouvements fous qu'esquissait ta plume. Je ne pus m'empêcher de te détailler en cet instant éphémère que je venais perturber. Tu étais si belle ! L'éclairage tamisé se reflétait sur te boucles brunes, leur donnant un aspect cuivré. Tes cheveux attachés à la va vite te donnaient un air studieux que je trouvais incroyablement sexy. Quelques mèches rebelles s'en échappaient, dont une que tu venais de replacer derrière ton oreille. Par moment, tu fronçais les sourcils sous la concentration, ce qui me fit sourire tendrement à chaque reprise. Tes yeux brillaient, malgré la légèreté de la lumière, et faisaient sans cesses des aller-retours sur le parchemin jaunâtre en un contrôle minutieux.
Je ne sais pas exactement combien de temps je suis restée là, à te dévorer du regard, mais quand je sentis que tu approchais de la fin – car je m'en apercevais toujours –, j'esquissai quelques pas en ta direction, essayant d'être la plus discrète possible.
Tandis que j'arrivai à ta hauteur, tu étais en train de ranger dans ton sac de cuir brun, livres, divers papiers et palimpsestes, un sourire éclatant sur les lèvres alors que tu ne m'avais pas encore regardée. Je m'assis tranquillement sur une chaise, et comme d'habitude, attendais patiemment que tu termines de rassembler tes affaires. Tu t'étais levée, et je ris lorsque je constatai que tu rendais tes gestes langoureux, mouvant tes hanches de manière sensuelle et fermant enfin ton cartable.
Sans attendre, tu t'assis sur mes cuisses, et tu me demandas avec un sourire
« Ca va ? »
J'émis une nouvelle fois un petit rire, puis te répondis malicieusement
« Très bien, même si je suis un peu déçue que tu ne m'aies pas fait un strip-tease »
Un air faussement boudeur sur le visage, tu m'asséna une légère tape sur l'épaule et approcha lascivement ton visage du mien, caressant la pointe de mon nez avec la tienne sans pour autant m'embrasser. Je fermai les yeux sous les papillonnements qui montaient doucement dans mes entrailles, mes lèvres brûlaient d'un contact que tu ne me donnais pas, et, n'y tenant plus, je les avançai vers les tiennes. Je sentais ton souffle sur mon visage, chaud et irrégulier, et alors que j'allais t'embrasser, tu te reculas rapidement exhalant malicieusement un « Non » qui résonna dans toute la bibliothèque. Je fis une moue boudeuse et te lançai
« Eh bien, heureusement que Miss Pince n'est pas là ! Elle nous aurait renvoyées de la bibliothèque en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ».
Nous rîmes ensemble un petit moment, puis tu céda à mon air de chien battu, caressant ma joue du bout de tes doigts, et déposant enfin tes lèvres sur les miennes.
Je rompis le baiser, légèrement émoustillée et te demandai d'une petite voix :
« Tu sais Hermione, il y a la sortie de Pré-au-Lard ce weekend… »
Tu hochas la tête, m'encourageant à poursuivre. Mes yeux quittèrent les tiens pour se poser sur mes chaussures, ô combien intéressantes
« Ca te dirait d'y aller avec moi ? » soufflai-je avec grande peine.
D'une main ferme, tu saisis mon menton et le relevas pour plonger tendrement ton regard dans le mien, avant de m'embrasser doucement.
« Ca veut dire oui ? tentai-je timidement alors que tu te reculais légèrement.
- Ca veut dire oui. »
Un sourire béat s'étala sur mes lèvres, comme si je n'avais pas eu l'air assez mielleuse ces derniers jours. Tandis que je détaillai ton visage, laissant mes doigts glisser avec affection sur ta joue droite – alors que mon autre main était fermement posée sur ta taille –, tu fronça légèrement les sourcils, mordillant un peu ta lèvre inférieure.
« Je crois que Ginny se doute de quelque chose » annonças-tu d'une seule traite
Je restai un instant interdite, mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, tu poursuivis
« Je crois qu'elle était réveillée quand je suis rentrée de la Salle Sur Demande l'autre soir. »
Une nouvelle fois, je me fis muette un petit moment, puis te demandai :
« Elle sait… que tu voies quelqu'un, mais est-ce qu'elle sait que ce quelqu'un c'est moi ? »
Un nouveau silence plana dans la bibliothèque, que je devinai lourd de sens, puis tu repris
« Tu sais, tu n'es pas très discrète quand tu regardes mes fesses… Moi non plus d'ailleurs ! avouas-tu dans un sourire qui me détendit légèrement, me faisant presque sourire à mon tour. Alors, je pense qu'elle n'a pas eu trop de mal à deviner »
Je réfléchis un instant ce que cette nouvelle impliquait : comment Ginny le prenait-elle ? Est-ce qu'elle en avait parlé à quelqu'un d'autre ? Je ne le pensais pas. Mais si elle avait été en mesure de le remarquer, d'autres personnes s'en étaient-elles rendues compte ?
« Comment elle réagit à ça ? » finis-je par te demander, légèrement angoissée
Hésitante un instant, tu me répondis :
« Je ne sais pas trop, elle ne m'a rien dit clairement. Mais… » tu t'interrompis, alors qu'un sourire amusé se peignait sur tes lèvres « Elle m'a dit que si j'avais envie de lui parler de quoi que ce soit, je n'avais pas à hésiter. Le tout ponctué d'un sourire en coin et d'un clin d'œil »
Je me mis à rire, franchement soulagée d'un énorme poids, tandis que la tension accumulée ces dernières secondes retombait.
« Je crois que ça l'amuse que ce ne soit pas Ron qui bénéficie de mes faveurs » avouas-tu avec un air faussement concentré qui ne fit que redoubler mon amusement.
« Moi qui m'étais retournée les méninges pour te chercher des excuses au sujet de la sortie, tu n'auras qu'à la mettre dans le coup et faire croire que tu vas faire du shopping avec elle ! » m'exclamai-je. Finalement, cette nouvelle tombait à pic. Ce n'était pas très gentil de notre part de nous servir d'elle comme ça, mais Ginny pourrait s'avérer être la couverture dont nous avions cruellement besoin !
« C'est vrai. » dis-tu, juste avant de reposer délicatement tes lèvres sur les miennes.
Je ne t'ai pas vraiment vue du reste de la semaine, si ce n'est dans les couloirs, pendant nos cours en commun ou encore lors des repas dans la Grande Salle. Tu me manquais déjà… Je soupirai, baillant presque en même temps : Drago nous avait collé des entraînements au moindre temps libre et j'étais littéralement épuisée. Le match avec Griffondor approchait à grand pas, et je comprenais son obsession qui tournait presque à l'acharnement. Je crois que j'aurais pu le tuer si je n'étais pas aussi fatiguée, et si mes muscles ne me faisaient pas souffrir au moindre geste. Cependant, je le remerciai mentalement de ne pas avoir réservé le terrain samedi après midi, ça aurait fichu notre sortie en l'air. Je souris, me retournant avec beaucoup de peine dans mon lit, j'avais hâte d'être le lendemain pour enfin te revoir. Je pensai à toi, ta silhouette, ton sourire, les traits fins de ton visage, tandis que Morphée m'emportait lentement dans sa léthargie apaisante.
Il était convenu de nous retrouver aux Trois Balais, et étant arrivée la première, j'avais choisi une table au fond de la taverne, la plus discrète possible. Personne ne faisait attention à moi, tous trop enjoués par cette sortie pour aller voir plus loin que le bout de leur nez ! Ce n'était pas plus mal, nous écopions des meilleures conditions possibles pour nous voir en public : un bar bruyant et peu éclairé, avec une clientèle peu attentive à notre couple.
Quand tu es rentrée, je ne pus retenir mon sourire à la vue de ton corps complètement emmitouflé. Tu n'avais pas lésiné sur les vêtements : bonnet, écharpe, gants, et le tout en laine bien sûr ! Tu n'avais cependant pas l'air d'avoir chaud non plus, tu t'approchas de moi, légèrement grelottante, les joues rougies pas le froid et avec quelques flocons de neige sur tes boucles brunes.
Déposant un léger baiser sur ma joue, tu pris place à ma gauche me fixant avec un air interrogateur. Je lâchai un petit rire avant de répondre à ta question silencieuse
« On dirait que tu viens… Attends, comment ils disent les moldus déjà ? Ah oui ! Du Pôle Nord ! »
Tu m'administra une légère tape derrière la tête avec un air faussement vexé et pouffa légèrement de rire.
« J'ai une bonne nouvelle. annonças-tu. Harry a décidé à la dernière minute d'un entraînement de Quidditch, donc je n'ai même pas eu besoin de mentir et de décider d'un alibi avec Ginny. »
Je ne pus m'empêcher de m'exclamer « Ca c'est une bonne nouvelle ! », qui n'attira pas l'attention sur nous malgré tout, et heureusement dirai-je. Satisfaite de la situation, je relevai les manches du gilet noir que je portai en cette journée de mi-février, et je sentis ton regard se poser sur la discrète cicatrice qui remontait obliquement sur mon avant bras.
Doucement, comme pour ne pas me brusquer, tu approchas ta main, la posant sur ma peau, et fis glisser tes doigts le long de la trace de mon ancienne blessure.
« Tu as été opérée ? me demandas-tu avec un air intrigué.
- Opé-quoi ? répondis-je, surprise par ta question.
- Opérée. dis-tu, insistante, avant de reprendre. C'est une pratique moldue, où quand tu as une blessure physique qui ne peut pas se soigner par des médicaments – l'équivalent de nos potions –, le chirurgien coupe ta peau avec ce qu'on appelle un bistouri, et il essaye de réparer ce qui est cassé, ou plus généralement, ce qui est atteint. »
J'étais complètement abasourdie. Jamais je n'avais entendu parler de telles pratiques ! Est-ce que les moldus étaient complètement fous ? Tu ris. J'avais du penser à haute voix, cette spontanéité me perdra. Néanmoins, tu n'étais pas vexée, au contraire, tu repris tes explications.
« Tu n'as pas tout à fait tord, ce sont des pratiques assez invasives, et le temps de rétablissement est très long, cependant, ça sauve des vies ! Et ce n'est pas une médecine figée : la chirurgie ne cesse d'évoluer et devient de plus en plus performante ! »
Tu avais comme des étoiles dans les yeux, et je compris en écoutant ton explication, que la médecine moldue te fascinait littéralement ! Et je dois avouer, que cette notion de chirurgie m'intriguait, aussi je n'hésitai pas à ta demander :
« Mais comment ça marche, précisément ? Et ce n'est pas un peu dangereux ? »
Une nouvelle fois, ta réponse fut précédée d'un léger rire. Ca devait t'amuser, pour une fois, de savoir quelque chose que les sorciers ignorent !
« Alors, pour une opération, tu es d'abord endormie avec des drogues par un médecin appelé anesthésiste. Ensuite, quand tu es complètement partie, le médecin coupe ta peau à l'endroit où tu dois te faire opérer, puis les muscles et ce qui se trouve sur son chemin, il fait sa petite réparation, puis il recoud tout ça pour refermer ! Bien sûr, il y a un risque, c'est quand même un acte assez agressif, mais je pense que ça en vaut la peine ! »
J'étais complètement captivée par ton explication, ou bien était-ce cet air enjoué qui ne quittait plus ton visage ? Surement les deux ! Quoiqu'il en soit, ton développement me conforta dans une idée : tu ferais un médicomage génial, et peut être à l'avenir, révolutionnerais-tu la médecine magique. Je découvrirai plus tard que je n'avais pas tout à fait tord, mais à l'instant, j'étais complètement envoutée par cette Hermione à l'enthousiasme presque enfantin. Je jetai un coup d'œil aux alentours, mais personne ne faisait attention à nous, puis je posai délicatement, mais furtivement mes lèvres sur les tiennes.
« Ne t'inquiète pas. soufflai-je contre tes lèvres alors que je te sentais te crisper. Personne ne fait attention à nous » !
Tu semblas te détendre, mais tu n'avais pas plus que moi, remarqué les nouveaux arrivants : Harry et Ron s'étaient installés, non loin de notre table…
