Bonjour tout le monde !

Comme prévu, suite direct du chapitre précédent, où cette fois-ci on se dirige vers l'autre moitié des Avengers, présents à Washington, et la façon dont leur présence va devenir officielle.

Enjoy !


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Chapitre 9 : Contrecoup et conséquences (Partie 2)

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Rhodes prit rapidement congé des généraux avec lesquels il venait de s'entretenir pendant plus de deux heures. Il enchainerait bientôt avec une autre réunion, mais pour l'instant, il voulait simplement se trouver une télévision et assister à l'allocution de Steve.

Fort heureusement, le rendez-vous avec le vice-président dans la matinée s'était très bien passé. L'homme, soulagé de voir apparaitre de tels renforts en ces temps de crises, s'était empressé de lever toutes les condamnations pesant sur chacun des Avengers renégats. Y compris à titre posthume, pour certains d'entre eux : Sam, Wanda… Même Barnes avait été gracié, ce que Rhodey n'aurait jamais cru voir de son vivant. Quant à ce qu'en aurait pensé Tony, il était bien incapable de le dire…

Dans un entretien qui avait duré près d'une demi-heure, le vice-président Reyes, l'agent Ross, Steve, Natasha et lui avait discuté de la suite à donner à cette effroyable catastrophe. Le plan initial de Steve fut suivi à la lettre, et une fois certain que le Cap se débrouillerait très bien tout seul – et Dieu seul savait combien il avait horreur des journalistes, des courbettes et autres mondanités – il avait suivi Ross au Pentagone pour une réunion avec les membres de l'État-Major encore en vie.

Et étonnamment, ces hommes pourtant très expérimentés et tous plus âgés que lui s'étaient empressés de lui donner la parole, lui accordant une place de choix dans leur conseil et lui assurant que tous les moyens de l'armées américaines seraient mis à sa disposition afin de rétablir l'ordre. C'est un risque énorme qu'ils prenaient – tant de pouvoir dans les mains d'un seul homme ! – et jamais auparavant il n'avait eu autant de responsabilités. A l'époque où il servait encore dans l'armée, il avait toujours eu des généraux au-dessus de lui, malgré son grade important. Et même en tant qu'Avengers, s'il était comme chacun d'entre eux force de proposition, il ne s'était jamais imposé en leader. Il ne s'était même jamais sentit ainsi. Mais en voyant l'air effrayé de certains de ces militaires, eux qui pourtant n'étaient pas présents sur le champ de bataille où tout s'était joué, eux qui n'avaient pas vu le Titan réduire leur monde en cendres… Rhodey était tout autant légitime qu'eux, si ce n'est plus.

Arpentant les couloirs en évitant les jeunes officiers pressés, il bifurqua soudainement et pénétra dans une vaste pièce, qui devait sans doute être une salle de repos. De nombreuses personnes – pour ne pas dire toute celles présentes dans la pièce – étaient rassemblé autour de l'écran, accordant plus ou moins d'attention aux commentaires des journalistes dans l'expectative, trop occupés par leurs propres commérages. Sachant pertinemment ce qui se tramait, il alla s'appuyer contre l'un des murs du fond, s'assurant simplement de garder un angle de vue sur l'écran… ainsi qu'une voie de retraite en cas d'extrême urgence. Il était paranoïaque depuis des années, et la guerre n'avait fait qu'accentuer ce trait de caractère. C'était là son syndrome de stress post-traumatique à lui. Et s'il fallait bien le connaitre pour le déceler, il n'avait jamais réussi à s'en débarrasser totalement. Wilson l'avait aidé avec ça : entre ancien combattants, on se comprenait. Il l'avait accompagné plusieurs fois au foyer des vétérans où il travaillait – avant que n'interviennent les accords de Sokovie bien sûr ; il n'avait jamais osé y retourner après – et il y avait trouvé un certain réconfort. Plus qu'il ne l'aurait cru avant d'y aller.

Il ne l'avait jamais dit à personne, mais il savait que Tony était au courant. Le milliardaire ne lui en avait pourtant jamais parlé, ce dont l'ex-militaire lui était reconnaissant. Tony était peut-être son meilleur ami, mais il pouvait également être on ne peut plus envahissant, et empiéter fortement sur l'espace vital et la vie privée des gens. A fortiori si c'était des gens qu'il appréciait. Ou pire : aimait. Après toutes ces années, Rhodey ne savait toujours pas s'il devait s'estimer chanceux ou non de faire partie de cette dernière catégorie.

Mais bien évidemment, penser à ce qui était une blague familière entre eux l'amena à se remémorer avec mélancolie les souvenirs associés, et d'autres encore. Des bons et des moins bons – et non, il ne voulait plus jamais entendre parler de l'Afghanistan – des événements les plus marquants aux petites scènes de la vie quotidienne sans la moindre importance. La dernière fois qu'il l'avait vu, c'était une semaine plus tôt. Ils avaient diné avec Pepper, juste tous les trois comme au bon vieux temps. Ils s'étaient ensuite quittés sur une accolade, se promettant de s'appeler rapidement. Rhodey attendait toujours son coup de fil.

Fort heureusement pour lui, sa dignité et sa réputation, il ne pleura pas. Ou plutôt, il n'eut pas le temps de se laisser aller car soudain, le plateau de télévision où menaçait de s'écharper les journalistes disparut, laissant apparaitre l'image bien connue de la Maison Blanche. Et si tous attendaient de voir apparaitre le vice-président, c'est avec des hoquets de stupeur qu'ils accueillir l'image du glorieux Captain America dans tout sa splendeur.

Ainsi, il avait revêtu son ancien costume, celui qu'il avait porté pendant des années. Il en avait plusieurs exemplaires, et malgré le conflit les ayant opposés, Tony n'avait jamais trouvé le courage de vider sa chambre et détruire ses affaires. Ni celles de Steve, ni celles d'aucun des Avengers d'ailleurs. Les renégats comme les absents avaient retrouvé leur chambre dans le même état qu'ils l'avaient quitté. Steve, Natasha, Clint, Thor et même Scott qui n'avait jamais mis les pieds au complexe – si on exceptait cette fois avec Sam dont tous avaient longuement entendu parler – avaient eu l'air étrangement choqués en reprenant possession de leurs appartements, et Rhodey s'était pris à regretter avec violence tout ce temps perdu en vaines querelles.

Cependant, il cessa rapidement ses élucubrations affligées – dépressives était plus juste – en voyant Steve prendre finalement la parole.

« Peuple des Etats-Unis, je suis Steve Rogers. Mais vous me connaissez mieux sous le nom de Captain America. »

Rhodes pouvait presque entendre les soupires et les balbutiements choqués des gens derrière leurs postes de télévision ou leur radio partout dans le pays. Il avait l'impression que tous les Etats-Unis s'étaient figés, dans l'attente de ses prochains mots, et cette idée totalement absurde le fit sourire malgré lui.

« Avant toute chose, je souhaite présenter mes plus sincères condoléances à toutes les personnes ayant perdu un proche dans cette tragédie. Malheureusement, je crois que nous sommes tous touchés par cet effroyable événement. »

Dans la pièce, plus personne ne parlait, plus personne ne bougeait, comme suspendus aux lèvres de Steve.

« Et même si ça ne ramènera pas les disparus, je pense que vous méritez quelques explications. »

Rhodey retint malgré lui son souffle. Voilà le moment qu'il attendait autant qu'il le redoutait : les explications. Car comment expliquer à ces gens ce qui s'était joué la veille, sur un autre continent ? Comment rationnaliser la perte des membres de leur famille ? Comme leur avouer leur échec ?

« Vous vous souvenez très certainement de l'invasion alien qui a frappé New-York en 2012. Seulement, alors que nous pensions que le dieu asgardien Loki était l'instigateur de cette invasion, il s'est avéré n'être qu'un pantin dans un dessein plus grand. L'homme derrière cette effroyable machination s'appelle Thanos. L'unique objectif de cet être abject est de sauver l'univers. Mais pour y parvenir, il n'a qu'une seule méthode : la purification par le feu et la mort. Malheureusement, après plusieurs années de quête, il est finalement parvenu à atteindre son objectif : la mort de la moitié de l'univers. »

Même Steve fut obligé de faire une pause, déglutissant difficilement. Et malgré son visage apparemment neutre, Rhodey pouvait lire la lassitude, et surtout un désespoir criant dans ses yeux.

« L'objet ayant permis aux Chitauris d'envahir notre dimension contenait une pierre stellaire, source d'une grande magie. Il en existe six dans tout l'univers, et rassemblés, elles offrent un son porteur un pouvoir presque sans limites. Malgré une lutte acharnée qui a été menée hier au Wakanda afin de protéger la dernière pierre en notre possession, nous avons été vaincus. Nous avons perdu. »

Après ça, il n'y eut plus qu'un silence, encore plus lourd et pesant. Il pouvait voir les larmes couler sur les visages, et il sentit ses propres yeux devenir humides. Même en sachant qu'il n'aurait rien pu faire de plus, il se sentait effroyablement coupable.

« La moitié de l'univers a été réduite en poussière. Et malheureusement, cela inclut également la moitié de notre planète. Je ne peux pas vous dire quoi faire, je suis aussi impuissant que vous face à la mort des personnes qui me sont chères. » Et Rhodey était certain d'avoir vu passer le nom de Bucky sur ses lèvres, avant qu'il ne se reprenne. « Pourtant, nous ne devons pas céder à la panique. Nous devons rester calme. Et surtout, nous devons rester unis. J'ai appris cette épreuve à la dure, et jamais aucune défaite n'a eu un goût aussi amer. Mais je suis certain d'une chose : si divisés nous tombons, ensemble nous nous relèverons. »

Et sur ces derniers mots lourds de sens, Steve adressa un dernier salut à la caméra, avant que l'écran ne devienne noir. Il ne sut pas qui, mais quelqu'un commença à applaudir, rapidement suivit par tous ceux présents, et Rhodey se retrouva à les imiter. Ce battement sourd et régulier avait quelque chose d'apaisant, et malgré les ténèbres, il se surprit à espérer revoir un jour la lumière.

oOoOo

Malheureusement, ce n'était pas pour tout de suite. Comme il l'avait anticipé, il avait immédiatement été convoqué à une réunion de crise sitôt l'allocution de Steve terminée. Et une autre, puis encore une autre. A vrai dire, ils ne le libérèrent qu'à la nuit tombée, trop tard pour espérer rejoindre les autres sur le terrain. Foutus bureaucrates.

Agacée, il sortit son portable – heureusement qu'une partie des réseaux de communication avait été rétablie ! – et appela rapidement Natasha.

« Rhodes ? » décrocha-t-elle rapidement.

« Je viens de quitter le Pentagone, on m'a prêté un véhicule pour revenir en ville. Où est-ce que vous êtes ? »

« On s'est installé dans un petit hôtel déserté du centre-ville, je t'envoie les coordonnées exactes par sms. Steve vient seulement de rentrer, il a patrouillé toute la journée dans les rues pour essayer de rassurer tout le monde et donner un coup de main aux policiers et militaires présents en ville. »

« Effet de la conférence ? » demanda-t-il ensuite.

« Plutôt positif. Scott nous a notifié une véritable diminution des émeutes, du moins dans les grandes villes. Particulièrement à New-York d'ailleurs, dont les habitant sont encore particulièrement choqués de ce qu'il s'est passé il y a un peu plus de cinq ans. Mais dans les régions un peu moins peuplées, c'est plus compliqué. On ressence toujours un grand nombre de fusillades et de règlements de compte partout dans le pays. »

Opinant silencieusement aux mots de Natasha, il salua vaguement les soldats gardant les portes du complexe ultra sécurisé, et se dirigea vers le parking qu'on lui avait indiqué.

« Et les autres, comment ça se passe de leur côté ? Même si les gens se sont calmés à New-York, la situation ne doit pas être de tout repos pour autant, je me trompe ? »

« Malheureusement pour nous, tu as raison. Clint a eu du mal à stopper une gigantesque émeute à Manhattan. Heureusement que les gens ont encore un certain respect pour les Avengers, même pour les soi-disant traitres comme lui, ou je ne sais pas comment il s'en serait sorti. Bruce est submergé par les blessés, et ne sait plus où donner de la tête. Apparemment, il refuse de rentrer se reposer pour le moment. Thor a également trouvé de quoi s'occuper toute la journée, et aura surement de quoi faire des semaines durant à ce rythme. Mais il semble que voir le dieu de la foudre à l'œuvre est créé une émulsion, et de nombreux civils dans le Queens se sont joint à lui pour fouiller les décombre. Ils ont également été rejoints par Wong, qui leur a donné un coup de main. »

« Wong ? » releva-t-il tout en déverrouillant sa voiture.

« Tu te souviens du vaisseau descendu sur New-York il y a quatre jours ? Deux sorciers ont combattu aux côtés de Tony et de Peter Parker. »

Les dernières images qu'il avait de Tony. Un peu qu'il s'en souvenait !

« Oui, répondit-il simplement d'une voix plus sèche tandis qu'il déverrouillait sa voiture et s'installait au volant.

« L'un des sorciers a été enlevé, et Tony et Parker l'ont suivi, » embraya-t-elle rapidement après un temps de silence, consciente du malaise qu'avait causé sa question. « Il… L'autre est resté sur Terre, et est venu nous aider. »

Mais Rhodey n'était pas dupe, et ce n'était pas le simple fait de devoir prononcer le nom de Tony dans ce contexte qui la mettait dans cet état. La Veuve Noire était bien trop solide pour que cette simple évocation l'affecte à ce point.

« Natasha… Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »

Elle soupira bruyamment, et Rhodes serra les mains autour de son volant. A ce stade, ce n'était plus simplement de la paranoïa, mais bel et bien l'anticipation de quelque chose de réel qui allait l'atteindre qu'il le veuille ou non. Il retint son souffle, attendant que la russe ne lâche sa bombe.

« Docteur Strange, le sorcier qui a été enlevé, était le gardien de la pierre du temps. Il possédait apparemment des pouvoirs surpuissants, et avait la pleine maitrise de sa gemme. Or, nous savons que Thanos l'a récupéré avant de venir au Wakanda. Il a donc été vaincu. Et comme Tony et Peter étaient vraisemblablement avec lui… »

Elle n'ajouta rien de plus. Qu'y avait-il à ajouter ?

Rien, absolument rien.

« Je suis désolée Rhodey. »

Elle avait raccroché depuis longtemps quand il cessa de pleurer.

oOoOo

Après une mauvaise nuit où ils n'avaient que peu dormi, Rhodey et les autres s'étaient rapidement remis au travail. Dans son armure de War Machine, il se promenait dans les rues, comme depuis le début de la journée. De nombreuses personne venait le voir. Pas pour demander des autographes, ce qui arrivait assez régulièrement avant et avait le don de le mettre mal à l'aise. Non, à chaque fois c'était des raisons plus prosaïques… et bien plus terribles… Un enfant perdu, ne retrouvant plus ses parents. Un vieillard gravement blessé, qu'il fallait emmener le plus vite possible à l'hôpital. Une femme enceinte, sur le point d'accoucher. Un père de famille, venant demander de l'aide pour libérer ses enfants coincés sous les décombres de leur immeuble. Une veuve éplorée et hystérique, à qui il fallut retirer le cadavre de son mari.

C'était un cauchemar, une horreur sans nom, et Rhodes peinait à mettre des mots dessus. Bien sûr, il avait été un soldat, puis un Avengers. Il connaissait les ravages que la guerre pouvait faire, et savait que les civils étaient souvent les victimes innocentes de ces conflits qui les dépassaient. Mais face à cette débâcle sans nom, l'humanité se révélait dans toute son horreur et sa déchéance.

A présent il était seul. Ce quartier de la ville avait été évacué, et nul n'était plus sensé s'y trouver. Un officier avait toutefois préféré y envoyer une unité de reconnaissance par précaution, et Rhodes avait saisi au vol cette occasion presque unique d'être un peu seul. Mais le paysage autour de lui n'allégeait nullement sa peine.

Vitres brisées, portes défoncées, mugs taguées. Nul n'aurait pu croire qu'à peine deux jours plus tôt, c'était l'une des avenues les plus cotées de la ville, et même de toute la côte est. Théâtres, salles de concert, restaurants, bar… L'un de ses grands boulevards où se croisaient lady endimanchées et touristes aux appareils photos

Aujourd'hui, ce n'était plus qu'une rue détruite, aux trottoirs défoncés recouverts de déchets. Et c'était malheureusement devenu la normalité pour nombre d'endroits sur Terre, et probablement sur chacune des planètes ayant subi l'impact de Thanos.

Il pensa alors à Tony, perdu dans l'espace – mort dans l'espace, parce qu'il fallait être réaliste. Il pensa également à Pepper, disparue en un claquement de doigts. Il pensa au fait qu'il était seul, à présent. Et il se sentit incroyablement mélancolique.

oOoOo

Après un dernier point avec Ross, Steve, Natasha et lui embarquèrent dans le Quinjet en fin de journée. L'agent quant à lui restait à Washington et leur servirait d'interlocuteur privilégié avec le gouvernement. Une bonne chose, et qui leur éviderait de perdre trop de temps en réunions diverses et toutes plus inutiles que les autres. Maintenant qu'ils avaient la légitimité offerte par le vice-président, ils devaient prévoir ce qu'ils allaient faire par la suite, raison pour laquelle tout le monde retournait au QG.

Le voyage pris moins d'une demi-heure, et ils se posèrent rapidement sur la piste dégagée. Nul n'avait dit un mot pendant le trajet, et Rhodes n'avait pas l'intention d'être le premier à rompre ce silence pesant. Dans la salle de crise, personne ne parlait non plus. Il alla rapidement saluer Wong, le nouveau venu, avant d'aller s'installer dans un fauteuil. Voyant que nul ne parlait, Scott se dévoua finalement pour commencer son rapport.

« Rocket a pu remettre en marche les différents réseaux de communication. Rétablissement d'Internet, de la 4G, des lignes téléphoniques… Grâce à ça, j'ai pu commencer à recenser précisément les dégâts, du moins au Etats-Unis. On a actuellement un pourcentage de désintégration que 43,5%, mais je ne doute pas que nous atteindrons prochainement les 50%. Simplement, ce chiffre pourrait être bien plus élevé. Avec tous les incidents s'étant déclarés peu après les disparitions, et les accidents immédiats causés par ces dernières, Friday projette une disparition totale de 61,44% de la population américaine. »

Rhodes eut l'impression de recevoir un coup dans l'estomac. Autant ? Autant de personnes mourraient actuellement sous les balles de leurs congénères, ou étaient décédées dans ces terribles accidents ferroviaires et aériens ? Comment était-ce simplement possible ?

« Et à l'international ? » demanda finalement Steve d'une voix blanche.

« On atteindra probablement un taux similaire dans la plupart des pays, même si aucun bilan n'a pu être dressé, » répondit Scott. « On a très peu de nouvelles pour l'instant, les informations ont du mal à circuler, et particulièrement outre-Atlantique. Rocket travaille actuellement sur le problème. »

« J'y arriverai, » assura aussitôt le raton laveur. « J'avais simplement oublié à quel point la technologie terranienne était foutrement arriérée ! » se moqua-t-il.

Et au lieu de se sentir vexé, Rhodey ne put retenir un léger sourire. Un raton-laveur – qui parlait évidemment – qui méprisait ouvertement leur technologie et leurs appareils de communications. Définitivement, il lui faudrait un certain temps pour s'y faire ! Mais visiblement, il n'était pas le seul, puisque divers sourires avaient fleuri sur les lèvres. Même Steve, s'il semblait porter tout le poids du monde sur ses épaules, esquissa l'ébauche d'un sourire.

« Même si celle de ce QG est quand même pas trop mal foutue… » continua Rocket. « Celui qui l'a créée est clairement moins stupide que vous autres. Qui est-ce ? »

Et aussi simplement que ça, les sourire retombèrent. Bordel, est-ce que ça cesserait un jour de faire mal ?

Après ça, tout le monde fit rapidement son rapport, et Steve leur indiqua à tous d'aller se coucher. En l'état actuel des choses, il ne servait à rien de s'acharner à régler des problèmes toujours plus nombreux qui ne feraient que s'entasser devant eux. Sans doute auraient-ils les idées plus claires le lendemain.

Très honnêtement, Rhodey en doutait…

oOoOo

Il se réveilla en sursaut, immédiatement sur le qui-vive. Une alarme résonnait dans sa chambre, et probablement dans tout le centre. Attrapant l'arme qu'il gardait près de lui en toute circonstance – non, il n'était pas si paranoïaque, simplement sur ses gardes – il se précipita dans le couloir sans prendre le temps de se changer ou même d'enfiler des chaussures. Alors que sa porte claquait contre le mur et qu'il se tenait prêt à mettre en joue quiconque se dresserait en travers de son chemin, il se retrouva avec un couteau plaqué contre la gorge. Couteau qui heureusement s'éloigna bien vite quand Natasha le reconnut. Reconnaissant le bruit familier d'un fusil que l'on arme, ils se retournèrent d'un même mouvement, faisant face à Rocket. Arrivèrent à leur tour Bruce, avec dans les mains un pistolet qu'il savait appartenir à l'espionne russe, Wong, les mains illuminées de pouvoir, puis Thor, sa hache crépitant d'énergie à la main. Clint et Scott furent là dans la seconde suivante, également armés, et Steve fut le dernier à arriver, venant du salon avec son éternel bouclier à la main. Au vu de son air parfaitement réveillé, lui n'était probablement pas couché quand l'alarme s'était déclenchée. En parlant de l'alarme…

« Cap, qu'est-ce qu'il se passe ? »

L'interpellé haussa vaguement les épaules, avant de lever la tête vers le plafond, une habitude qu'ils n'avait jamais perdue quand il s'agissait de s'adresser à Jarvis ou à Friday.

« Friday, que signifie cette alarme. Le Quartier Général est-il attaqué ? »

Malgré lui, sa main se crispa un peu plus sur son arme, et il vit les autres se tendre un peu plus. Paranoïa quand tu nous tiens…

« Il s'agit de la fréquence d'urgence, une ligne de communication prioritaire réservée aux Avengers. Jamais utilisée jusqu'à présent, tous les Avengers déclarés possèdent les codes d'indentification permettant de déclencher l'alerte et d'y répondre. »

Rhodey finit par relâcher son arme, comprenant qu'il n'y avait aucun danger immédiat, et il vit les autres en faire de même. Si ce n'était que ça alors…

« Damoiselle Friday, quel ami en détresse nous appelle ainsi à l'aide ? » demanda Thor.

« Je suis dans l'incapacité d'identifier le protocole utilisé pour se connecter à la fréquence d'urgence. »

Il y avait eu quelques secondes avant qu'elle ne réponde, et ce d'un ton presque… revêche, comme si l'IA était contrariée de ne pas pouvoir fournir de plus amples indications, et de sa propre incapacité à répondre à la question. Une fois de plus, Rhodey admirait la façon dont Tony avait réussi à créer une intelligence artificielle, au comportement si humain.

« Friday, comment puis-je y répondre ? »

Visiblement, Steve avait pris sa décision. En même temps, il était d'accord avec lui : malgré le protocole de communication inconnu, c'était probablement un de leur amis ou alliés. Ce n'était pas comme s'il y avait le moindre danger… Si ? Si, bien sûr que si, il y avait une chance que ce soit un piège. Mais avaient-ils le choix ? Dans le cas où ce soit un véritable appel de détresse, pouvait-ils se risquer à ne pas répondre ?

« Vous pouvez utiliser l'une des consoles de communication, plus performantes que vos comlink, présentes dans le salon ou dans la salle de crise par exemple. »

Steve les regarda, mais visiblement personne ne semblait vouloir le détourner de cette idée. Parce qu'ils étaient d'accord avec lui, ou parce qu'ils savaient que rien ni personne ne pouvait le faire changer d'avis ? Seul Bucky, et plus étrangement Tony, avaient le pouvoir de le résonner. Avaient eu le pouvoir. Ça faisait mal, merde. Il n'avait pas encore tout à fait réalisé, gardant l'espoir d'un autre scénario miracle du type « Afghanistan », s'aveuglant obstinément. Réaliserait-il un jour que ses deux meilleurs amis étaient morts, sans qu'il ne puisse leur dire au revoir ? Peut-être qu'il ne voulait pas réaliser après tout…

Steve se dirigea alors vers la salle de crise – parce que c'était immanquablement une crise qui se profilait à l'horizon, qui que soit leur interlocuteur mystère – et tout le groupe suivit rapidement. Certains comme Bruce, qui avait visiblement eu la chance de s'endormir, se frottait les yeux en baillant. Mais malgré toute la fatigue du monde et le poids qui pesait sur leurs épaules, tous avaient l'air parfaitement alertes, anticipant malgré eux cette nouvelle perturbation à venir. Tout le monde s'éparpilla dans la salle, restant debout ou s'asseyant – se laissant tomber plutôt – sur les chaises. Rhodes fut de ceux-là, s'installant en grimaçant. Il avait pris l'habitude de dormir avec ses prothèses depuis Thanos et le Wakanda, afin d'être prêt à réagir en toutes circonstances. Mais il avait toujours besoin d'un petit temps d'adaptation le temps que la mécanique prodigieuse mise en place par Tony – et décidément, il en revenait invariablement à Tony – ne se mette en route.

Pendant ce temps, Steve avait allumé l'un des consoles et, suivant les instructions de Friday, avait fait cesser l'alarme résonnant dans tout le complexe et ouvert la ligne de communication. Il leur lança un regard, leur laissant à tous une dernière chance de le détourner de son idée fixe.

« Ici Steven Grant Rogers, identifiant KL509, répondant du quartier général des Avengers de New-York. Qui est à l'appareil ? »

Il y avait de la friture sur la ligne, des crachotements et des crépitements rendant totalement inaudible la voix de la personne qui tentait de les contacter… si tant est qu'il y est réellement quelqu'un à l'autre pour du fil.

« Ici Steve Rogers, identifiant KL509, QG Avengers, répondez… » répéta-t-il. « Steve Rogers, identifiant KL509, répondez… »

Il y eut quelques secondes de silence, puis davantage de grésillements. Comme si quelqu'un, à l'autre bout, essayait de stabiliser la communication, et d'obtenir une meilleure résolution… comme si…

« Bordel, je crois que j'ai jamais été aussi content d'entendre ta voix Capsicle ! »

« Stark ? »


MOUHAHAHA !

Oui, je suis très fière de cette fin de chapitre ! Ceux qui me connaissent un tant soit peu ne seront pas étonnés par le cliff, et pour les autres... ne vous plaignez pas trop, j'ai attendu le chapitre 9 pour faire une fin pas cool !