Un nouveau chapitre ! En prime, j'ai révisé tous les précédents pour corriger les erreurs d'espaces autour des ponctuations. J'ai travaillé fort ! Maintenant, en selle pour un chapitre bien spécial…
— L'heure est venu, petit roi. C'est ton tour de souffrir.
Mille Chitauris se jetèrent sur lui et lui brisèrent les os. Loki hurla. Ils le trainèrent sans grâce ni délicatesse aux pieds de Thanos, qui observait la scène avec un plaisir sadique. Il était assis sur son trône et jouait avec le sceptre, qu'il déposa sur le siège en se levant. Loki fit l'effort de se relever aussi, même si chaque mouvement lui faisait horriblement mal. Il garda la tête haute pour conserver sa dignité et sourit, même si ça ressemblait bien plus à une grimace.
— Je vois que tu n'as pas changé, ricana Thanos.
— À ce que je vois, tes méthodes n'ont pas davantage changé.
— Il faut croire que certaines choses sont dans notre nature. Penses-tu que nous pouvons changer notre nature ?
— Notre nature, non. Notre destin, si.
— Ha ! Ha ! Ha !
Le rire de Thanos glaçait le sang. Il s'adressa aux Chitauris présents.
— Entendez-vous cela ? L'avorton croit qu'il peut changer la destinée.
Il enfonça une lame dans le flanc de Loki. Il avait le gout de crier aussi fort qu'il le pouvait, mais résista. Il ne ferait pas ce plaisir à Thanos. Celui-ci retira la lame et Loki s'effondra, ses blessures trop nombreuses et trop graves pour qu'il puisse les ignorer plus longtemps. Le sang et les ecchymoses recouvraient chaque centimètre carré de son corps. Thanos le prit par les cheveux.
— Regarde-toi. Et tu te demandes pourquoi ni les Jotuns, ni les Asgardiens ne veulent de toi. Pathétique.
— Alors que me vaut l'honneur de ta présence ? Ne préfères-tu pas donner la sale besogne à tes subalternes ?
— Pour toi, j'en fais une affaire personnelle.
Thanos porta la main à son cou et commença à l'étrangler, fort, mais pas assez pour le tuer.
— Tu m'as déçu…
Il le lâcha tout d'un coup. Loki tomba par terre comme un fruit trop mûr, gémissant et toussant pour reprendre son souffle.
Thanos le regarda se tordre de douleur et rit. Loki rit à son tour, même si le son était rauque et cassé.
— Pourquoi ris-tu ? demanda le titan. Tu n'es rien et tu es à ma merci.
— Parce que tu vas perdre… répondit Loki en forçant les quelques mots hors de sa gorge endolorie avec le peu d'air qui avait regagné ses poumons.
— Tu n'auras nul autre choix que de te soumettre, Asgardien, car je te briserai, à un point tel que bientôt, tu me supplieras que je te tue.
Loki cracha du sang et regarda Thanos droit dans les yeux, sans peur.
— Sauf si je meurs avant.
Loki ramassa une pierre coupante sur le sol de la planète désolée et se l'enfonça dans le cœur avant qu'on puisse l'en empêcher. Ses yeux s'écarquillèrent et plus de sang sortit de sa bouche. Il se mit à rire comme un dément jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus de souffle. Il s'effondra aux pieds de Thanos et l'air de victoire et de défi imprimé sur son visage ne s'effaça pas, même quand ses yeux se fermèrent pour la dernière fois.
Thanos fut surpris du geste, trop rapide pour qu'il ait le temps de réagir. Il aurait cru le dieu plus têtu et solide, plus déterminé à survivre. Il semblerait qu'il s'était trompé. Peu importe. Il avait quand même eu le temps de s'amuser un peu et il avait la gemme, alors Loki ne lui servait plus à rien. Il donna l'ordre à ses soldats de laisser pourrir le corps dans son bain de sang. Ce traitre ne méritait rien de plus. Il ne méritait même pas que son cadavre repose en paix. Il ne méritait même pas la mort, pas plus qu'il ne méritait la vie. Cette aberration, cette erreur de la nature, n'aurait jamais dû exister.
Thanos avait gagné. Il se tourna vers le sceptre et son sourire sadique se volatilisa.
— Non ! cria-t-il, de colère, de surprise et de désespoir. NOOOOOOOOOOONNNNNNNNNN !
L'écho de son cri résonna dans toute la planète, qui sembla trembler au rythme des trémolos de sa voix puissante. Il reporta son attention sur Loki. Il donna des coups de pieds enragés dans la masse de chair molle et inanimée qu'était Loki, ou ce qu'il en restait.
— Tu… m'as… TROMPÉ, vermine… de sorcier. Tu vas… le payer cher !
La gemme du sceptre ne brillait plus. L'énergie qu'il avait sentie plus tôt en caressant la gemme était celle de Loki. Maintenant qu'il n'était plus, l'illusion avait disparu. La gemme ne se trouvait pas dans le sceptre. Où, alors ? Cette pitoyable créature l'avait cachée quelque part et s'était ôté la vie. L'unique personne sachant où se trouvait le trésor était morte avec le secret. Comment avait-il fait pour le duper ainsi et pour maintenir l'illusion alors qu'il se faisait torturer ?
Thanos arrêta de frapper le corps. Il devait retrouver la gemme à tout prix, peu importe où elle se trouvait dans l'univers. Sa quête sanglante ne s'arrêterait pas tant qu'il n'aurait pas le pouvoir des six gemmes de l'infini entre ses mains, ou dans son gant dans ce cas. Il regarda Loki à nouveau et donna de nouvelles instructions à ses soldats :
— Mutilez-le davantage, mais pas assez pour qu'il ne soit plus reconnaissable. Il peut encore me servir. Ce sera mon message à ceux qui se mettront en travers de mon chemin. Envoyez le corps à Asgard. Ils comprendront le message et coopéreront en me donnant les gemmes en leur possession et en me disant où je peux trouver les autres. Sinon… ils connaitront la souffrance !
Frigga réveilla Odin, secouée et en pleurs.
— J'ai encore fait le cauchemar où il arrive malheur à notre fils. Je ne crois pas que ce soit de simples rêves. Des rêves ne sont pas si précis, si réalistes tout est flou et n'a que peu de sens. Mais cela, cela n'était en rien comparable : c'était une vision, je le sens que c'est vrai.
— Calme-toi. Ce que tu vois, ces horribles songes, il pourrait bien s'agir de quelque chose de prémonitoire. Heimdall m'a confié qu'il voyait dans les étoiles des évènements sombres dans le futur proche. Cependant, il se pourrait qu'une mère inquiète se fasse du souci pour son enfant.
— Odin, tu sais que j'ai toujours eu une connexion particulière avec Loki. Je suis celle qui a su que Loki était vivant alors qu'Heimdall n'en savait rien, après sa chute. S'il y a la moindre chance que les atrocités dont j'ai été témoin se produisent, il faut tout faire pour empêcher que ça arrive.
— Loki n'est plus notre enfant. Il nous a trahis et c'est ses choix qui l'ont mené à cette situation délicate. Il saura s'en tirer ou ce qui devra arriver arrivera.
— Comment peux-tu être aussi cruel ? Loki est notre fils, et il ne mérite pas ce sort !
— Que veux-tu que je fasse ? Que je lève une armée contre Thanos ? Que des milliers de valeureux guerriers asgardiens meurent pour le sauver lui ? À cause d'un rêve ?
— S'IL LE FAUT !
— JE SUIS LE ROI ! J'ai des responsabilités ! Envers mon royaume d'abord, puis envers ma famille ensuite. Ne l'oublie jamais.
— Mais cette guerre devra avoir lieu, tu le sais bien ! Thanos menace l'univers tout entier. Il faudra le vaincre si nous voulons la paix enfin. Il ne s'arrêtera jamais ! Combien de morts faudra-t-il avant que tu le comprennes ? Que te faut-il de plus ?
— Thanos ne s'est pas encore montré hostile. Il serait plus sage d'attendre.
— Il tuera notre fils !
— Thor est sur Midgard. Il empêchera que cela arrive.
— Alors tu choisis de le laisser mourir. Est-ce que la déclaration de guerre sera assez claire, quand nous recevrons son corps sans vie ?
— Thanos paiera son crime. Loki a beau être un criminel, c'est un prince asgardien.
— Je ne comprends pas. Pourquoi venger sa mort si tu peux l'éviter ? Pourquoi sacrifier Loki ?
— J'ai de nombreux pouvoirs, mais je ne peux rien contre le destin. Si tu dis vrai, et que c'était une vision du futur, alors il est condamné. C'est ce qui doit arriver, les Nornes en ont décidé ainsi. Réjouissons-nous que Loki ait droit à une mort de guerrier : il pourra aller au Valhalla.
Frigga, horrifiée, tourna les talons et alla se réfugier dans la chambre de Loki, une pièce depuis trop longtemps inhabitée. Elle caressa tendrement le dessus du bureau, recouvert de poussière, et les draps verts et soyeux. Comme Loki lui manquait. Elle l'avait déjà perdu une fois. Elle ne pourrait pas supporter de le perdre à nouveau.
Frigga se concentra pour établir une connexion avec son fils. La dernière fois, c'était avant son attaque de Midgard, et il avait refusé de lui parler. Maintenant, il fallait qu'elle le prévienne du danger avant qu'il soit trop tard.
Loki dormait plutôt paisiblement. Il devait se reposer avant la suite des opérations. Frigga lui apparut soudain en rêve. Il fut un peu surpris de la voir.
— Loki, dit-elle.
— Bonjour, mère.
— Loki, tu dois savoir. Je rêve à toi chaque nuit.
— C'est gentil de penser à moi, dit-il sur un ton calme mais moqueur.
— Ce ne sont pas que de simples rêves. C'est la même scène que je revois, une prémonition.
— Pour que tu m'en parles, ça doit être sérieux, devina Loki.
Son ton avait changé il était plus sombre, même si juste un peu. L'air inquiet de Frigga l'avait alarmé plus qu'il le laissait paraitre, et plus qu'il ne voulait se l'avouer. Frigga aussi faisait des efforts pour avoir l'air calme et en possession de ses moyens. C'était une reine, elle avait l'habitude. Toutefois, Loki lui avait toujours rendu la tâche plus difficile. Il savait se montrer perspicace et intuitif, c'en était désarmant. On ne pouvait rien lui cacher. Ou presque, se disait-elle avec regret quand elle y pensait. Elle laissa échapper le mot qui la hantait.
— Thanos.
Loki était figé, son expression neutre. C'était beaucoup plus mouvementé à l'intérieur, néanmoins. Frigga continua, et pour une fois, Loki se tut et écouta.
— Il te veut du mal presque autant qu'il veut la gemme de l'esprit. Il n'arrêtera devant rien pour assouvir sa vengeance et sa soif de pouvoir. Ne traite pas avec ce monstre, pour ton bien.
— Ne crains pas. Je n'ai aucune entente avec lui.
— Pas cette fois, mais Thanos se souvient, et Thanos n'a aucune pitié, aucun remord, aucun scrupule. Ne tombe pas entre ses mains ou il te le fera regretter de t'être mis sur son chemin. Promets-moi d'être prudent.
— Je te le promets.
Frigga savait reconnaitre un mensonge quand elle en entendait un.
— Tu ne renonceras pas à la gemme, n'est-ce pas ?
Loki eut un air étonné.
— Je l'avais dans ton rêve ?
Frigga ne répondit pas. Elle soupira et se contenta de dire :
— Prends garde à toi.
Loki n'eut pas le temps de répondre que Frigga avait disparu. Le décor autour de lui changea pour devenir celui d'une planète désolée, un gros caillou ressemblant davantage à un astéroïde. Frigga n'appréciait pas du tout ce qu'elle faisait, mais elle n'avait pas le choix. Loki devait voir ce qu'elle avait vu, sinon il allait prendre des risques qui lui seraient fatals. Elle connaissait Loki et sa détermination n'avait d'égal que sa témérité. Elle devait lui montrer. Au moins, il saurait.
Loki se réveilla en sursaut, de la sueur froide couvrant tout son corps. Sa respiration était rapide, tout comme son rythme cardiaque. Il se leva, sachant qu'il ne risquait pas de se rendormir cette nuit-là. Il révisa son plan, refusant de se laisser abattre par un stupide cauchemar. Il se ressaisit rapidement, mais certaines images allaient malgré lui continuer de le hanter s'il ne s'occupait pas l'esprit.
Pour ceux qui n'auraient pas lu Thor 2 Prelude, c'est en effet Frigga qui découvre que Loki est vivant et elle arrive à entrer en contact avec lui à distance magiquement, comme elle le fait dans le film.
