CHAPITRE DIX : Folie

Christina me sauta au cou dès que j'ouvris la porte. Elle semblait soulagée mais exténuée.

- Ange, tu m'as fait une de ces peurs !

Je me forçais à sourire en la prenant dans mes bras comme un bébé. J'étais fatiguée mais heureusement, Chris était un poids plume. J'espérais qu'ainsi elle ne verrait pas que j'étais épuisée.

- Repose-moi Angélica, il ne faut pas tu fasses d'effort.

- T'inquiètes pas je suis en forme ! C'était juste une petite baisse de tension à cause de l'anémie dont je t'avais parlé.

Je venais de lui mentir éhontément mais tant pis. Elle me fusilla du regard et derrière la colère, j'y vis de l'inquiétude.

- Allons dans ta chambre, j'ai à te parler. J'ai été à l'hôpital tu sais ? Et j'ai croisé le père d'Emmett. Il m'a expliqué que ton malaise a été provoqué par une perte de poids importante. A partir de maintenant tu vas venir manger à la maison et c'est non-négociable.

Je me renfrognais, sentant une colère sourde me monter au cerveau. J'avais besoin d'espace pas d'une nounou ! J'attrapai rageusement le livre posé près de moi et je le balançai par la fenêtre pour me défouler. Christie me regarda surprise après avoir sursauté. Elle savait que j'étais capable de piquer des crises violentes mais elle ne m'avait jamais vue dans cet état. Chris se retourna vers moi, et sembla choquée de l'image qu'elle recevait de moi.

- Ange… tu viens de balancer ton livre préférer par la fenêtre… Et il pleut.

- Mais qu'est-ce que j'en ai rien à foutre de ce livre de merde ! Je veux qu'on me foute la paix ! Et puis merde, j'ai 17 ans pas 10. Sa suffit ! C'est beaucoup vous demander de me laisser vivre ma vie ? Et puis le docteur Cullen qu'est-ce qu'il me fait chier avec son psy de merde ? C'est pas comme ça que je vais me sentir mieux ! Pour cela faudrait retourner dans le passer et ne pas laisser mes parents rentrer dans cette bagnole ! Alors oui mes parents me manquent et alors ? C'est normal non ? alors laisse-moi et vas-t-en !

Christie resta au moins deux secondes sans bouger, essayant probablement de comprendre tout ce que j'avais dis. Je parlais très vite d'habitude mais là, j'avais battu des records. J'avais le souffle court et mon cœur battait largement plus vite. Chris sortit de ma chambre, plus froide et dure que jamais. Elle savait qu'elle ne pouvait rien faire et qu'à rester, elle s'en prendrait une et ce n'était pas une façon de parler. Elle me lança avec un calme absolue et une dureté effrayant :

- Si tu ne veux pas être traitée comme une gamine de dix ans, arrêtes de te comporter comme tel.

J'avais l'impression que le monde me tombait dessus. Et je connaissais l'élément déclencheur. Ca avait été ces paroles, cruelles et mesquines que Rosalie avait prononcées. Comme si ça ne suffisait pas qu'elle sorte avec le garçon que j'aime, maintenant elle utilisait la mort de mes parents pour me ridiculiser ! Sa elle allait me le payer ! Elle venait de faire monter en surface tous mes sentiments refoulés, elle allait amèrement le regretter foi d'Ange.

J'attrapais mes coussins, mes draps, mon réveil et tout ce qui avait le malheur d'être à porter de main et je les balançai par terre. La vie était injuste ! Je n'avais pas connu mes grands-parents, ni mes oncles et tantes du côté de mon père. Je n'avais pas une santé de fer, j'avais une tante qui ne faisait presque pas partit de ma vie alors qu'elle vivait avec moi, ma petite sœur était morte à la naissance et je n'avais plus de parents. Qu'est-ce qu'il me restait après ça ? Cette injustice m'énerva d'autant plus que je sentis une énorme angoisse monter dans ma poitrine, je me mordis la lèvre jusqu'au sang et mes ongles, pourtant courts, s'enfoncèrent dans la paume de ma main. Des gouttes de sang coulèrent sur mes doigts pour tomber sur le sol. Le goût désagréable du sang se répondit dans ma bouche mais ça ne me fit rien, comme si l'information n'était pas parvenue à mon cerveau. Je voulais que cette douleur cesse ! Je voulais que tout cesse. Ma vie n'était qu'un ramassis de conneries et de faux sourires ridicules. Je ne tiendrais jamais comme ça toute une existence ! Ma famille était morte, j'aurais dû crever à leur place. Eux au moins, méritaient de vivre, ils n'auraient demandé que ça… vivre ! J'attrapais mes ciseaux, prête à m'entailler les veines d'un geste rapide. Mais une main froide se posa sur mon épaule, me plaqua contre mon lit et me retira les ciseaux des mains. Je tentais de me relever, mais des bras me tenaient fermement. Mes sanglots m'empêchaient de respirer correctement, j'avais l'impression d'étouffer.

- Angélica arrête ! Ouvre les yeux et calme-toi !

Je reconnu cette voix douce et ferme, et j'en conclue une chose : je délirais complètement. Il ne pouvait pas être dans ma chambre… Pourtant j'obéis et j'ouvris les yeux. La première chose que je vis malgré le floue, ce fut ses yeux dorés.

- Emmett ?

Le jeune homme me regardait avec colère et, je crois, avec un peu d'inquiétude.

- Je venais t'apporter tes devoirs… Mon père me l'a demandé… J'ai entendu crier et j'ai préféré monter. J'ai bien fait on dirait… Qu'allais-tu faire Angélica ?

En effet qu'allais-je faire ? Me rendant compte de l'acte que j'avais tenté d'accomplir, je m'effondrais à nouveau larme le suppliant de n'en parler à personne. Il me prit dans ses bras.

- Ne t'inquiète pas pour ça. Je vais voir si je trouve de quoi te bander la main. Pour ta lèvre, on ne peut rien faire. J'ai un peu de mal avec l'odeur du sang.

Sang ? Mais quel sa… Ma main ! Elle saignait ! Je ne l'avais même pas réalisé.

- Viens ici on va te soigner ça.

Emmett me prit par le poignet et en se rapprochant de ma blessure, il plissa le nez. J'avais l'impression qu'il ne respirait pas mais d'un autre côté, je me demandais toujours si je n'étais pas en train de délirer … Peut être que je m'étais véritablement tranchée les veines et que, me vidant de mon sang, ce délire était la dernière chose que je voyais. Il avait été dans la salle de bain attenante à ma chambre et avait réussit à mettre la main sur la trousse des premiers secours. Comprenant à la façon dont il fixait ma blessure, que la vue du sang le dégoûtait, je pris les bandages et je retournai m'asseoir sur mon lit.

- Laisse, je vais le faire. Je suis assez grande pour me débrouiller. Et… merci…

- J'allais pas te laisser faire une connerie par…

- Non je veux dire merci pour les devoirs, le coupais-je

J'aurais préféré qu'il me laisse accomplir mon acte après tout… Il vient s'asseoir à côté de moi, sur mon lit.

- Angélica, il va falloir que tu fasses ce que mon père t'a dit. Va voir un psychologue ou confis-toi à quelqu'un. Sinon je lui raconte tout, c'est clair ?

J'enlevai brusquement mon bras des ses mains. Rien ne m'énervait autant que des ordres suivis de chantage. Emmett ou pas.

- Mais pour qui tu te prends ? Ta copine m'humilie devant toute une classe et tu oses me faire du chantage ? C'est elle la responsable de mon état ! D'ailleurs pourquoi tu es monté ? Ta poupée m'aurait laissé crever, elle !

Il me prit par les épaules comme s'il venait de comprendre comment j'en étais arrivée là. A moins que ce fut pour essayer de me contenir, de me calmer.

- J'étais venu pour m'excuser des propos de Rosalie …

- Excuses non acceptées, l'interrompis-je. Laisses tomber.

- Je me suis inquiété pour toi quand mon père m'a appelé. Tu sais, Rosalie n'est pas méchante, elle n'a jamais voulu te faire du mal.

- Arrête de te foutre de moi, Rosalie est juste très mal dans sa peau. Elle a peur que le mec qu'elle colle depuis plusieurs années soit attiré par une autre fille. Ca s'appelle un manque de confiance en soi et en son partenaire. Elle s'aperçoit que tu ne t'intéresses plus seulement à elle et ça l'énerve alors elle se venge avec des propos ignobles comme ceux de tout à l'heure.

- Je ne m'intéresse qu'à Rosalie.

- Ah bon ? Alors que fais-tu ici Emmett ? Pourquoi est-ce que je te vois souvent me regarder en cours grâce au reflet que te renvoient les fenêtres de moi ?

PDV Emmett :

- Ah bon ? Alors que fait tu ici Emmett ? Pourquoi est ce que je te vois souvent me regarder par le reflet que te renvoient les fenêtres de moi ?

Sa voix tremblante et fragile quelques secondes auparavant, avait maintenant reprit de l'assurance. Ces yeux noirs me fixaient avec une lueur de défis. J'étais obnubilé par son sang, par mon envie de boire le précieux liquide qui coulait dans ses veines. Le boire jusqu'à la dernière goutte... Je n'avais pas eu le temps de bander correctement sa main et sa blessure saignait encore… Elle sentait tellement bon ! Je me retenais pour ne pas lui sauter dessus, ne pas planter mes crocs dans sa chair, si tendre et probablement si douce à l'arôme enivrant. Il fallait que je m'éloigne mais je la revoyais les ciseaux en main, si désespérée, entourée de livres, papiers, photos et toute sorte de choses balancées par terre. Il m'avait semblé voir une créature du diable en pleine démence. Je ne pouvais pas la laisser. Depuis que je l'avais vu l'an passé, elle m'avait inquiété. Ces yeux disaient tout le contraire de son sourire assuré. Je savais qu'elle s'était construit un masque. Et sa beauté m'avait envoûté. Oui je l'avais souvent observé par le reflet des fenêtres. J'avais pensé que je la viderai de son sang, que je n'arriverai pas à me retenir, que cette fille au visage d'ange et aux yeux de démons allait me rendre fou. J'avais compris ce que ressentait continuellement Jasper. Heureusement, Edward était venu m'aider. Mon frère ayant le pouvoir de lire dans les pensées, il m'avait fait m'éloigner quelques jours. J'étais revenu deux semaine plus tard déterminé à l'ignorer pour Rosalie. Ma femme à laquelle je devais tout. Je lui étais reconnaissant de m'avoir sauvé et elle était si belle… Comment ne pas tomber immédiatement amoureux ? Je n'étais même pas gêné par son mauvais caractère. La seule chose qui me dérangeait, c'était la distance et la froideur qu'elle mettait entre nous. J'aurais donné n'importe quoi pour qu'elle soit heureuse, qu'elle accepte ce qu'elle est, qu'elle cesse d'être triste dès qu'elle me regarde… Elle serait la femme parfaite.

Mais voila que tout ce que j'avais fui durant ces deux semaines revenait. J'avais eu la ferme attention d'ignorer Angelica mais quelque chose avait changé. Cette chose, que j'avais dû mal à déterminé m'avait poussé à la regarder encore et encore pour trouver ce que c'était. Encore maintenant en la regardant, je me demandais comment cette blonde farouche arrivait à rivaliser avec la beauté d'une vampire. Elle et sa copine avaient quelque chose d'étrange, propres à elles. Elles étaient devenues plus belles, plus envoûtantes. Je pensais souvent à ça et Rosalie ne l'appréciait pas.

- Emmett peux-tu répondre à ma question ?

Elle continuait à soutenir mon regard, décidée à obtenir une réponse. Qu'est-ce que je pouvais répondre à sa question ? Je ne pouvais pas répondre, ça sera un drame. Rien de ce que je pouvais lui dire ne la satisferait. J'aimais Rosalie.

- Je ne peux pas Angélica.

Ses yeux s'enflammèrent, et l'espace d'une seconde, j'aurais juré qu'ils étaient devenus rouges. Elle se leva et s'assit plus près de moi pour me murmurer au creux de mon oreille :

- Et bien, si tu ne sais pas vas-t-en. Je ne veux plus te voir. Aujourd'hui en tout cas, précisa-t-elle.

Je me levais et me dirigeais vers la porte. Je vis sur une horloge renversé sur une commode elle-même renversée sur le sol qu'il était 19h48. Il fallait que j'aille voir Rose, j'étais sur que les paroles d'Angélica l'avaient atteinte.

- N'oubli pas que tu ne dois rien raconter à personne !

- Je n'oublierai pas. Je passerai demain te ramener tes devoirs et les cours.

- Ok.

Elle répondait sèchement comme si ma visite la dérangeait. Je me retrouvais soudain en train de lui embrasser le front sans m'être rendu compte que j'étais revenu sur mes pas. Je restais dans cette positions cinq secondes pensant que son cœur allait s'affoler. Mais non. Elle ne bougeait pas, elle ne réagissait même pas. Comme si elle était devenue la reine des glaces. Quelque chose n'était pas normal. Aucun humain n'arrivait à retenir les battements de son cœur et elle n'était pas un vampire… Luttant contre l'envie de regarder ses terrifiants yeux noirs, je tournai les talons.

PDV Angélica

Je fermai la porte doucement. Et je regardais ma main. Je repris du désinfectant dans ma chambre et me banda la main de façon à ce que la blessure ne puisse pas se voir. Emmett était repartit et je donnais l'autorisation à mon cœur de s'emballer, à ma mes mains de retrembler et à mes jambes de céder sous mon poids. J'avais conscience que je venais de le mettre dehors alors qu'il m'avait sauvé la vie. Mais enfin bon, c'était ça ou je l'aurais giflé… ou embrassé. Je ne voulais pas le forcer, je voulais que ce soit lui qui vienne. Je ne me comprenais plus. Il m'avait semblé que ma question l'avait troublé et que maintenant il chercherait une réponse.

Emmett passa le jour suivant. Ce fut mon oncle qui lui ouvrit la porte et qui prit mes devoirs. Bernard avait décidé qu'à partir de maintenant tous les jeudi, samedi, dimanche et mardi, il rentrerait pour l'heure du dîner. Et qu'il passerait plus de temps à la maison. Ma tante elle « essayerait » de rentrer plus tôt du boulot…

Le vendredi, mon oncle n'étant pas la, je dû ouvrir la porte moi-même à Emmett. Il était appuyé contre le mur un grand sourire aux lèvres.

- Bonjour Ange. Je t'apporte les cours. Ca va ?

- Pour toi, ça sera Angélica. Ouais, ça va. Merci je me débrouillerais, à demain.

Il ne me laissa pas prendre mes affaires de ses bras et entra sans en être invité dans la maison, se dirigeant vers ma chambre. Je le suivais furieuse et incroyablement heureuse qu'il ne s'en aille pas. En montant les escalier je m'attardais sur son dos. Emmett était large d'épaules, musclé et ses fesses.… Bref, un corps de rêve. Il posa mes cours sur mon bureau à côté de mes livres.

- Pourquoi je devrais t'appeler Angélica alors que tu bassines tout le monde pour que l'on t'appelle Ange ?

- Parce que, c'est comme ça.

- Arrête de jouer les enfants. Tu as passer l'âge Ange.

- Faut croire que non. Je te rappelle que je suis une gamine pourrie gâtée.

Je vis Emmett se renfrogné alors que l'instant d'avant, j'aurais crû que rien ne pouvait lui ôter son sourire et sa mine réjouit.

- Je me suis déjà excusé de la part de Rose.

- Ta Barbie n'a cas venir s'excuser elle-même.

- Ma quoi ? Barbie ? Il explosa de rire. D'un rire envoûtant, tellement beau…

- Ta Barbie oui…

Je me retenais pour ne pas sourire, mais je savais qu'Emmett serait amusé en apprenant comment j'appelais sa petite amie. Emmett arrêta de rire et me détailla de la tête au pied.

- Pourquoi Barbie ? Je te rappel que tu es toi aussi blonde, belle, grande, barbie.

- J'ai les cheveux plus courts qu'elle et…

Je m'arrêtais de parler, il avait dit belle ? Et m'avait comparé à sa petite amie ? Je le regardai étonnée et incertaine. Il savait très bien pourquoi mais ne dit rien de plus. Un silence gênant s'installa dans la pièce.

- Merci… pour les devoirs et tout…

Il fallait qu'il sorte de chez moi ou j'allais l'embrasser à pleine bouche. Il n'avait rien dit de plus que ça mais je sentais mon corps ce déchaîner. Je sentais comme une irrésistible envie de m'emparer de lui de son cœur et de son âme…

- De rien.

- A demain…

- A demain Ange.

Il insista particulièrement sur mon prénom, comme pour me montrer qu'il se moquait totalement de ce que je lui avais dis lorsqu'il est entré. Pire, il prenait un malin plaisir à me provoquer. Pour me venger, je ne le raccompagnai pas à la porte, il pouvait le faire seul.

PDV Emmett

Ange me fixait le feu aux joues. Les mots m'étaient sortit de la bouche si facilement… J'espérais que Rosalie n'était pas dans les parages et qu'elle n'avait rien entendu. Elle me tuerait si elle savait que je venais de les comparer.

- Merci… Pour les devoirs et tout…

Ange était gênée, j'entendais sa voix trembler. Son sang s'écoulaient rapidement dans ses veines et ne demandait qu'à être bu.

- De rien.

- A demain…

PDV Angélica

J'entendis la porte d'entrée claquer. Je restais debout quelques minutes, me demandant si les réactions aussi « électriques » de mon corps face à Emmett étaient normales…. Ne trouvant pas la réponse je pris mon portable et j'envoyais un message à Christie :

dsl pour mercredi j'aurais pas du te virer… Je t'aime ma chérie 3