Merci à tou(te)s pour vos reviews et vos encouragements !
J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture.

LONDON123 : Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira également et que tu continueras à aimer mon Scorpius :D.


Chapitre VIII

Sainte Hermione

Drago leva le nez, où échoua un flocon de neige. Il s'accroupit pour faire face à son fils.

- Je reviens demain matin, mon ange. Sois sage, d'accord ?

Le petit hocha vigoureusement la tête et son père se redressa, se tournant vers ses propres parents.

- Je rentre tôt demain matin. Mimon devrait arriver dans la soirée avec nos affaires pour les vacances.

- D'accord, répondit sa mère. Allez, fais vite. Si tu arrives en retard chez Pansy, je ne sais pas ce qu'elle va faire de toi !

Drago se tourna vers son père, dont le visage fermé témoignait de sa mauvaise humeur.

- Je serais là le jour de Noël, Père, soupira-t-il. Vous ne pouvez pas me reprocher de vouloir le fêter aussi avec mes amis.

Lucius eut une moue dédaigneuse.

- Et quels amis tu as là !

Drago leva les yeux au ciel, un sourire au coin des lèvres, et posa une main obligeante sur l'épaule de son père pour le saluer, avant de transplaner.

Il atterrit directement devant la demeure de Pansy. C'était une maison d'époque, aux allures gothiques. De hautes fenêtres étaient incrustées dans des murs de pierre. Elles étaient particulièrement fines, ce qui donnait à l'endroit une apparence légèrement inquiétante, comme si des yeux avaient scruté le moindre de ses gestes. Il entra sans frapper et posa sa veste sur le guéridon qui débutait le hall. La pièce était haute de plafond et une fresque recouvrait ce dernier, représentant la chute de Vivianne.

Il mit ses mains dans ses poches et rejoignit le salon, où la lumière et les rires lui indiquaient le lieu de l'action. Il entra d'un pas nonchalant, déposa un baiser sur le front de Pansy, qui discutait avec Ginny Weasley-Potter, et se dirigea directement vers Théodore, qui se servait un verre de whisky. Quand il aperçut Drago, il en remplit un autre et le lui tendit.

Drago le remercia et s'appuya contre la cheminée, observant la salle remplie.

Harry était là, en train de discuter avec Ron et Blaise, assis sur l'un des canapés. Granger aussi, mais elle était sur le côté, avec une blonde qu'il reconnut comme étant Luna Lovegood (il demanderait plus tard à Pansy comment elle avait atterri là). Sur l'autre canapé, Milicent Bulstrode et Marcus Flint discutaient avec passion. Plus loin, il aperçut Daphné Greengrass et son cœur se serra.

- Elle refuse toujours de te parler ? demanda Théodore en suivant son regard.

Pour toute réponse, Drago hocha doucement la tête, ses yeux rivés vers la brune au fond de la pièce. Elle était seule, appuyée contre le mur et regardait, comme lui, les personnes qui les entouraient. Il avait envie de lui parler, mais la peur de se prendre une gifle l'empêcha d'avancer. Il poussa un profond soupir et avala son verre d'une traite.

Il se resservit, sous le regard désapprobateur de Théodore, mais l'ignora superbement et se reporta sur les portes du salon, qui venaient de s'ouvrir pour laisser entrer Neville. Il haussa un sourcil, surpris.

- Pourquoi Pansy a invité Neville ? Et la Loufoque ? Comment elle les connait ?

- Je crois que Lovegood travaille avec elle, répondit Théo. Pour Neville, je n'en sais rien du tout.

Ils continuèrent à discuter ainsi, à l'écart des autres. Drago faisait de son mieux pour éviter Hermione. Ils se parlaient toujours quand c'était nécessaire, même s'il lui avait interdit de voir Scorpius, mais l'ambiance demeurait tendue entre eux, et leurs discussions se résumaient à de simples politesses échangées pour faire bonne figure.

- On va passer à table, les informa Pansy en s'approchant d'eux. Tout va bien, Drago ? ajouta-t-elle en ignorant superbement Théodore.

- Oui, oui, répondit-il mécaniquement. Pourquoi Daphné est ici ?

- Je l'ai invitée, soupira son amie. Elle était seule chez elle pour Noël, alors… Je suis désolée, ça ne te dérange pas ?

- Non. Ca fait longtemps que je ne l'avais pas vu, ça me fait bizarre, c'est tout… Et Lovegood et Neville ?

- Je travaille avec elle, je ne te l'avais pas dit ? Et Neville et elle sont ensemble, donc je l'ai invité également.

Drago fit non de la tête, puis haussa les épaules. Ils se dirigèrent vers la salle à manger, où une magnifique table avait été dressée. Une nappe immaculée était disposée et les assiettes étaient en porcelaine et les couverts en argent.

Ils s'installèrent là où les étiquettes avec leurs noms le leur indiquaient et Drago grimaça en constatant qu'il était assis entre Hermione et Harry. Pansy avait-elle fait exprès de l'exclure ainsi de ses amis ?

- A quoi servent tous ces couverts ? demanda Hermione, plus pour elle-même.

Il se tourna vers elle, un sourire au coin des lèvres.

- Pas si incollable, finalement.

- Pardon, rétorqua-t-elle sèchement, mais chez moi, un couteau et une fourchette suffisent. Tout ça, c'est juste pour en mettre plein la vue.

- Pansy va bien le prendre, railla Drago. Quelle est la raison de ton humeur massacrante ?

- Ta présence à côté de moi, marmonna Hermione.

Il rit à nouveau et lui ébouriffa les cheveux. Elle le repoussa d'un coup de main, lui lançant un regard noir.

- Ne t'inquiètes pas Grangie, je suis sûre que tu vas réussir à bien te tenir.

- On ne peut pas en dire autant de toi, grogna-t-elle.

- Ce que tu peux être médisante ! s'exclama-t-il.

Elle lui tira la langue et il rit de plus belle, mais son rire mourut dans sa gorge au moment où il leva les yeux et qu'il vit s'installer devant lui Daphné. Il pâlit brutalement et Hermione haussa un sourcil.

- Ca va, Malefoy ? Tu es tout blanc. Enfin, plus qu'à l'accoutumée, je veux dire. Viens-tu de te rendre compte que tu es un abruti et que tu ne mérites pas d'enseigner à Poudlard ?

- A vrai dire, je réalise à l'instant que je viens de toucher tes cheveux, et que donc, je risque d'attraper ta maladie étrange, rétorqua-t-il en secouant la tête, comme pour se réveiller. Je ne veux pas avoir tes cheveux, Granger, j'aime les miens et j'y tiens. C'est un patrimoine familial.

Elle ne put retenir un sourire et le frappa gentiment à l'épaule.

- Bonjour, Drago, souffla une voix.

Il leva les yeux et Hermione assista, mal à l'aise, à l'échange silencieux entre lui et Daphné Greengrass. Elle n'aurait su dire quoi, mais il y avait un lien étrange entre eux et elle se sentit soudain gênée, pas à sa place à cette table, avec eux. Elle avait l'impression qu'ils étaient soudain seuls et que plus rien n'existait autour d'eux. Ils restèrent ainsi longuement, se dévisageant silencieusement, jusqu'à ce que les plats apparaissent par magie devant eux et que Drago se reprenne, se penchant sur son assiette.

Il se tourna vers Hermione et lui sourit gentiment.

- C'est la fourchette tout à gauche, l'informa-t-il.

Elle rougit légèrement et attrapa le couvert en question.

- Merci, murmura-t-elle.

Autour de la table, les discussions avaient repris avec humeur. Elle entendit Blaise et Théodore débattre sur la qualité du vin, tandis que Pansy et Ginny discutaient du dernier album des Witchez. Harry, à ses côtés, était penché vers Luna, dont les yeux rêveurs montraient que ce qu'elle racontait était un monologue sur une quelconque créature fantastique et que Harry l'écoutait plutôt par politesse. Neville discutait avec Ron, sans doute de sa dernière trouvaille botanique. Et les autres Serpentard riaient également.

Il régnait donc une ambiance conviviale, hormis de son côté. Heureusement, Drago lui parlait de temps en temps, mais elle sentait que c'était un peu hypocrite, et surtout pour éviter de croiser le regard de Daphné. Preuve en était le fait qu'il n'avait pas relevé la tête de son assiette depuis qu'ils avaient commencé à manger. Cependant, elle ne lui en tint pas rigueur car elle avait été considérablement mal à l'aise lors de leur échange silencieux, et elle préférait que cela ne recommence pas. Alors discuter avec Malefoy lui semblait une douce torture quant à ce qu'elle avait ressenti à ce moment.

- Que fais-tu pour Noël ? lui demanda-t-il poliment.

- Demain, je déjeune avec mon petit ami et le soir je serai chez les Weasley au Terrier.

- Tu ne vois pas tes parents ?

Elle ne répondit pas, se plongeant dans la contemplation de son filet de poisson. Ses parents restaient pour elle un sujet tabou. Ils avaient refait leur vie en Australie, et elle ne les avait plus revus depuis des années. Elle savait simplement qu'ils étaient heureux et c'était pour elle l'essentiel. Mais ils lui manquaient, particulièrement à cette période de l'année. Noël était une fête familiale, et bien que les Weasley étaient désormais sa seule famille, elle ne pouvait s'empêcher de penser à eux.

- J'ai dit quelque chose de mal ? demanda Drago.

Elle balaya sa question d'un geste de tête.

- Et toi ? Tu le passes avec tes parents ?

- Oui, répondit-il simplement.

- Et Scorpius, dit-elle, plus comme une évidence.

- Et Scorpius, confirma Drago, soudain mal à l'aise.

Ils n'avaient pas reparlé du fait qu'il ne voulait plus qu'elle le voit. De toute façon, c'était la première fois depuis longtemps qu'ils avaient une conversation civilisée.

- Il va bien ? demanda Hermione, tentant de faire passer sa question pour anodine.

- Très bien.

Son ton était un peu trop sec pour que la conversation continue cordialement, alors elle se tut, et se concentra à nouveau sur son assiette. Par chance, Ron, qui se trouvait à sa gauche, se tourna vers elle et ils entamèrent une discussion sur leurs travails respectifs, tandis que Drago se joignait à celle d'Harry.

Il poussa un discret soupir mais fit de son mieux pour rester concentrer sur la conversation. En réalité, il repensait à la réaction de Scorpius, quand il lui avait annoncé qu'il ne verrait plus Hermione pendant quelques temps. Son fils s'était mis à pleurer, lui criant qu'il était méchant, parce qu'il aimait la jeune femme et qu'elle l'aimait aussi. Il ne lui avait plus parlé pendant deux jours, mais Drago n'avait pas craqué. C'était un peu la preuve qu'il ne cédait pas toujours tout à son fils.

Hermione avait bien compris pourquoi il avait voulu l'éloigner de Scorpius, mais elle le vivait assez mal. Elle s'était attachée au petit garçon, et la façon dont il l'avait détournée de lui avait été brutale. Elle avait pris l'habitude d'aller se promener avec lui dans le parc de Poudlard, ou de lui faire découvrir les créatures fantastiques d'Hagrid. Elle avait passé de bons moments avec le petit, mais elle comprenait également les réticences de Malefoy à voir son fils se rapprocher d'une femme qui n'était pas sa mère. Et elle n'était pas Pansy. Elle n'était pas amie avec Drago, elle n'était pas la marraine. Elle n'avait aucun droit sur lui, rien ne l'autorisait à le voir sans l'accord de son père. Alors elle s'était pliée à sa volonté, bien qu'elle la jugeât absurde.

Ils ne parlèrent plus jusqu'à la fin du repas et suivirent le mouvement quand Pansy les enjoignit à rejoindre le salon pour jouer à un jeu.

C'était un jeu moldu et Drago dut avouer que sa meilleure amie le surprit. Depuis qu'ils avaient commencé leur routine des soirées karaoké, elle s'était intéressée aux jeux inventés par les moldus et elle avait sélectionné son préféré pour finir la soirée. Il songea avec un sourire qu'il n'y avait que Pansy pour faire ce genre de choses, mais obtempéra sans se plaindre, ne sachant que trop bien qu'il ne fallait mieux pas se mettre en travers du chemin de Pansy Parkinson lorsqu'elle avait une idée en tête.

Ils s'installèrent tous dans le grand salon où la soirée avait commencé et furent répartis par équipes (au bon vouloir de Miss Parkinson). Ainsi, ils se retrouvèrent à faire des équipes filles contre garçons et il faillit faire un remarque sur la puérilité de leur répartition mais s'abstint devant l'enthousiasme évident de la maîtresse de maison. Ils étaient donc deux équipes de sept.

Pansy leur expliqua les règles. Dans un grand récipient devant eux se trouvaient des petits bouts de parchemin avec des mots inscrits dessus et ils devaient dessiner la chose en question sur un grand tableau blanc pour essayer de le faire deviner à leur équipe avant que l'équipe adverse ne trouve.

- Tu sais que nous approchons les trente ans, Pansy ? risqua Théodore dans un excès de courage.

- Et alors ? Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à rentrer chez toi, cracha-t-elle. Je ne t'ai invité que pour faire plaisir à Blaise et Drago, rien ne te force à rester.

Un long silence s'installa dans la pièce tandis qu'ils s'affrontaient du regard.

- Bon, s'exclama Ron pour le briser. Qui commence ?

Pansy tira au sort et ce fut Luna qui s'y colla la première, se levant pour se poster face au tableau.

- Non mais c'est quoi son problème avec moi ? murmura Théodore en se penchant vers le blond. Pourquoi elle me déteste tout à coup ?

Drago ne répondit pas, se contentant de hocher les épaules, bien qu'il connaissait parfaitement la réponse.

- Une licorne ! hurla Granger.

Il sursauta. Il en avait presque oublié leur stupide jeu. Sur le tableau, la Loufoque avait en effet dessiné une licorne et un point revint à l'équipe des filles.

- Y avait qu'une fille pour trouver une licorne de toute façon, marmonna Blaise, particulièrement mauvais perdant.

Hermione se leva, prit un papier et eut une moue dubitative qui le fit sourire. Il avait remarqué qu'elle faisait souvent la grimace quand elle réfléchissait. Puis, elle sembla prise d'un sursaut et se tourna vers le tableau blanc, munie de son crayon.

Elle commença à dessiner un cercle, puis un long trait.

- C'est du Quidditch, hurla Ron.

- Non, répondit Hermione, imperturbable.

Pourtant, elle continua à dessiner un terrain de jeu de balais. Drago l'observait faire, un sourcil haussé. Puis elle dessina des personnages, des joueurs et il sourit en pensant à la fresque dont étaient décorés les murs de la chambre de son fils. Scorpius avait du lui raconter tout ce qu'il savait sur le Quidditch en long, en large et en travers lors de leurs promenades.

- Viktor Krum, prononça-t-il d'une voix morne alors qu'elle commençait une carte de l'Europe pour montrer la Bulgarie.

Elle hocha vigoureusement la tête et les filles rouspétèrent de s'être fait battre par lui.

- Vas y pour moi, Blaise, souffla-t-il avec que sa collègue lui tendait le feutre.

- Hors de question, Drago, gronda Pansy. C'est ton tour, tu y vas.

Il se leva de mauvaise grâce, non sans pousser un soupir à fendre l'âme. Il attrapa un papier et l'ouvrit lentement, peu enthousiaste. Il avait toujours été nul en dessin.

Son papier indiquait « Soirée Karaoké ». Il eut un léger sourire, puis dessina maladroitement un château, pour Poudlard, puis quelques maisons à côté pour Pré-au-Lard, et enfin un micro schématique. Blaise trouva le premier, et leur offrit une petite danse de la victoire quand Drago confirma.

Finalement, la soirée se déroula dans une bonne ambiance. Neville mit plus de dix minutes à leur faire deviner « Minerva McGonagall » et se fit disputer par Blaise pour son dessin minable. Pansy leur fit facilement deviner Peeves, et Théodore dut faire le croquis d'une sirène qui ressembla plutôt à un poisson en mauvais état. Ils rirent beaucoup et Pansy assura qu'elle donnerait l'idée à Madame Rosmerta pour leurs samedis soirs à Pré-au-Lard.

Quand Marcus, Milicent et Daphné furent partie, la soirée touchant à sa fin, Neville leur annonça que Luna et lui avaient pour projet de se marier pendant l'été et qu'ils étaient tous invités.

Quand il rentra chez ses parents, Drago était de bonne humeur. Ce n'était pas un si mauvais Noël, après tout…

- Debout Père ! C'est Noël ! Debout !

Il se réveilla en sursaut, alors que son fils sautait joyeusement sur son lit.

- Encore un peu, bougonna-t-il.

- Non, allez il faut ouvrir les cadeaux ! s'écria Scorpius en sautillant de plus belle.

Drago poussa un profond soupir et ouvrit péniblement les yeux. Le petit était penché vers lui, si bien que quelques mèches de ses cheveux tombaient sur son nez. Il lui adressait un large sourire, en extase.

Quand son père se redressa finalement, il descendit du lit et partit en courant, pour aller réveiller ses grands-parents.

- Grand-Père ! Grand-Mère ! l'entendit-il hurler dans le couloir.

Il perçut distinctement le bruit de la porte ouverte à la volée, et son père rouspéter un peu. Drago sourit et se leva pour se diriger vers la cuisine, récupérant au passage son fils qui chantait bruyamment aux pieds du lit de ses grands-parents.

- Viens par ici, crapule !

Il l'attrapa par la taille et le jeta sur son épaule comme un vulgaire sac de graines, tandis que Scorpius éclatait de son rire cristallin.

- Non ! Je veux descendre, s'esclaffait-il sans pour autant chercher à se débattre.

Une fois dans le salon, Drago le fit tomber délicatement sur le canapé et commença à le chatouiller, le petit riant aux éclats.

Quand il le relâcha enfin, il se précipita vers le sapin et ouvrit immédiatement l'énorme paquet qui lui était réservé. Drago eut un sourire tendre. Quand il avait son âge, jamais il n'avait connu la joie d'un Noël aux pieds du sapin.

Ses parents n'avaient jamais jugé cela nécessaire, mais à la naissance de son fils, il leur avait imposé des règles toutes autres.

Le petit s'extasia devant le balai pour enfants que lui avait offert son père et sautilla de plus belle en ouvrant le cadeau de son grand-père : la panoplie parfaite du joueur de Quidditch.

Dire qu'il fut gâté était un euphémisme. Il sauta dans les bras de Lucius, qui grimaça discrètement, peu habitué à ce genre de marques d'affection.

Drago lui donna un coup de coude.

- Décrispez-vous, Père ! Il ne va pas vous manger !

- Beurk, ah ça non alors ! protesta Scorpius.

Lucius lança un regard vers son petit-fils, puis à son fils.

- Tu le gâtes trop, Drago.

- Dit celui qui vient de lui offrir une tenue complète de Quidditch.

- Tu n'as jamais eu le droit à tout ça, toi, reprit Lucius sans faire attention à sa remarque.

- Et je n'ai jamais rien demandé de tel, mais Scorpius a besoin d'affection. Et il est mon fils, je l'élève comme je l'entends, Père.

Lucius poussa un grognement réprobateur mais ne répondit rien, tandis que Scorpius sautillait à nouveau, alors qu'il venait d'ouvrir le cadeau de son parrain. Il darda un regard vers le petit garçon et se crispa.

- Regardez-le, reprit Drago, sa voix teintée d'un amour sans limites. Comment voulez-vous ne pas le gâter ?

Son père ne répondit pas et haussa les épaules. Narcissa déposa devant eux un plateau et ils prirent le thé en discutant de leur vie à Poudlard.

Drago se permit un sourire : il aurait tant voulu que tous ses Noëls se déroulent de cette façon…

.

Hermione ouvrit péniblement les yeux, une légère migraine l'empêchant de regarder vers la lumière. Elle enfouit son visage dans le torse de son petit ami et soupira d'aise.

Elle aurait tant voulu ne jamais bouger et rester là pour toujours.

Cependant, Cormac ne l'entendait sans doute pas de la même façon car quelques secondes plus tard, il bailla et se déplaça délicatement dans le lit, en prenant soin de poser doucement la tête d'Hermione sur son oreiller, avant de s'apercevoir qu'elle ne dormait plus.

- Pardon, dit-il, je ne voulais pas te réveiller.

Elle lui sourit tendrement et il l'embrassa du bout des lèvres.

- Tu viens ouvrir ton cadeau ?

Hermione eut un large sourire, puis elle s'assit dans son lit et s'étira de tout son long. Elle sortit de la chambre, pour voir son petit ami aux pieds du sapin, un sourire fier sur les lèvres.

- J'espère que ça te plaira !

Elle hocha la tête joyeusement et attrapa le petit paquet, avant de défaire l'emballage. C'était une toute petite boîte, en plastique, d'un rouge sang. Rougissant de plaisir et d'appréhension, elle l'ouvrit délicatement, sous le regard impatient de Cormac.

Et elle déchanta.

Elle réprima une grimace, se demandant même pourquoi elle s'était attendue à mieux venant de lui.

- A utiliser quand tu le veux, s'exclama fièrement le joueur de Quidditch en l'embrassant.

Hermione hocha la tête pour masquer sa déception. C'était un beau cadeau, et très cher, mais elle s'était attendue à mieux.

Elle saisit la petite carte qui se trouvait dans la boîte : une carte pour faire des folies chez Madame Guipire sur le compte de Cormac.

Etait-ce une façon de lui dire qu'elle était mal habillée ? Elle baissa les yeux vers son accoutrement. En même temps, elle sortait à peine de son lit, alors elle portait simplement un large t-shirt appartenant à Cormac qui lui arrivait à mi-cuisse.

Devant son air fier, elle ne put que lui sourire et l'embrasser tendrement. Puis, elle se pencha pour attraper son propre cadeau, et le lui tendit.

Il le déballa rapidement et s'extasia devant son cadeau : un magnifique livre relié sur l'histoire des Soldats de York, l'équipe dans laquelle il jouait.

Hermione sourit : il lui rappelait un peu Scorpius… sauf que Scorpius avait cinq ans et Cormac vingt-neuf. Elle leva les yeux au ciel et ils s'assirent sur son canapé pour discuter calmement. Finalement, il la quitta aux alentours d'onze heures et elle transplana directement pour le Terrier après s'être habillée élégamment.

- Hermione, ma chérie ! s'exclama immédiatement Molly en l'étouffant dans ses bras. Que tu es jolie !

- Merci Molly, répondit la jeune femme en rougissant. Besoin d'un peu d'aide en cuisine ?

- Non, va plutôt dire bonjour aux autres ! Et dis à Ron et George d'arrêter d'embêter Neville !

Hermione hocha la tête et se dirigea vers le salon où elle comprit immédiatement de quoi parlait la mère de famille. Les deux frères Weasley étaient en train d'essayer de convaincre le pauvre de Neville de leur laisser le soin de s'occuper de l'organisation de leur mariage.

- Non ! s'exclama le futur marié. Vous ne décorerez pas la salle, je vous connais ! Avec vous, mes invités vont se retrouver avec des chaises qui leur pinceront les fesses et fourchettes qui leur mordront les doigts !

- Mais non enfin ! protesta George. On a arrêté la production de ces fourchettes quand elles ont mordu la main de la femme du Ministre et ont failli lui arracher un doigt.

Neville lui lança un regard scandalisé.

- Et tu espères que je dise oui après ça ?

Hermione éclata de rire.

- Laissez Neville tranquille, ordonna-t-elle à Ron et George. Et je tiens à mes doigts, moi !

- Mais ce n'est pas si grave ! On l'a soignée facilement ! protesta Ron.

- Comme c'est rassurant, ironisa Neville en allant embrasser Hermione. Et puis de toute façon, j'ai déjà trouvé quelqu'un pour organiser le mariage !

- Quoi ? s'exclamèrent Ron et George d'une même voix. Qui ?

- Nott, répondit Neville. Il m'a proposé de l'organiser avec son entreprise.

- Quoi ? répétèrent les deux frères. Quelle entreprise ?

- Il a une entreprise d'événementiel, répondit Hermione en haussant un sourcil. Franchement, on passe des soirées entières avec eux et vous n'êtes même pas au courant ?

George lui tira la langue, tandis que Ron riait de bon cœur.

- Tu es vraiment sérieux ? demanda ce dernier.

- Bien sûr, souffla Neville en rougissant.

- Trahison ! s'écrièrent Ron et George d'une même voix, avant de jeter un coussin sur le professeur.

Hermione leva les yeux au ciel mais ne put s'empêcher de sourire. Elle les laissa et se dirigea vers Ginny et Harry, qui étaient en train de murmurer dans un coin, près du sapin.

- J'interromps quelque chose ? demanda-t-elle quand ils se turent brutalement en la voyant arriver.

- Pas vraiment, répondit froidement Ginny avant de s'éloigner.

- Que se passe-t-il ? s'enquit Hermione en jetant un regard surpris au brun.

- On se dispute beaucoup en ce moment, soupira Harry. Elle dit que je travaille trop.

- Elle n'a pas tort, répondit-elle en lui posant une main amicale sur le bras. Tu ne prends jamais de vacances ! Tu ne t'accordes que les jours fériés et les samedis soirs que l'on passe à Pré-au-Lard. Harry, il faut vraiment que tu fasses une pause, tu te tues au travail.

- Venant de toi, c'est assez hypocrite, répliqua son meilleur ami en lui adressant un clin d'œil espiègle.

Hermione piqua un fard et lui frappa gentiment le bras.

- A table ! tonna la voix d'Arthur Weasley.

Aussitôt, un véritable capharnaüm envahit le Terrier, alors que George et Ron se battaient pour avoir la place la plus proche du sapin. Hermione les rejoignit en souriant et s'assit où l'agitation le lui permit : entre Harry et Neville.

Le repas se déroula dans une ambiance conviviale, entre les rires et les exclamations de George qui reprochait toujours à Neville d'avoir fait appel à un Serpentard pour organiser son mariage.

Hermione les observa tous avec un regard tendre, cette famille qui était devenue la sienne.

Elle aimait toutes les journées qu'elle passait avec eux, mais aucune n'était plus belle que Noël…


Prochain chapitre : "Nouvelle année", en ligne mercredi !

Bises,
L.