Prises de consciences ?
Chapitre 10 : Déclaration et vérité.
Plusieurs piles de livres s'empilaient sur un bureau poussiéreux devant lequel Murata était assis. Murata avait choisi tous les livres qui puissent l'aider à trouver un remède pour Yuuri mais, pour l'instant, aucun de ces livres ne contenait des informations susceptibles de guérir le Maoh de son étrange maladie.
Murata était terriblement fatigué. Il n'avait pas dormi depuis trois jours. Shori aussi. Tous les deux cherchaient désespérément dans la bibliothèque du château mais ils n'avaient encore rien trouvé d'intéressant. Le temps était compté, ils ne pouvaient pas relâcher leurs efforts.
Ils savaient que Yuuri souffrait énormément en ce moment même et qu'il allait bientôt mourir.
Même s'ils devaient se tuer à la tâche, ils devaient trouver un moyen de sauver Yuuri.
Murata passa une main dans ses cheveux tandis qu'il essayait de se concentrer sur le livre devant lui. La tâche était bien difficile vu que sa vue se brouillait. Ses yeux se fermaient d'eux-mêmes mais Murata luttait pour rester éveillé.
Un cri le fit soudain sursauter :
« J'ai trouvé quelque chose ! »
Murata se retourna vivement et vit Shori s'avancer vers lui, le pas chancelant. Il portait un livre à couverture bleu à la main.
Arrivé à hauteur du Grand Sage, Shori s'assit sur la chaise à côté et tendit le livre à Murata qui le prit. Shori approcha sa chaise de celle de Murata tandis que celui-ci ouvrit le mystérieux livre.
Les deux hommes commencèrent à parcourir la première page. Il n'y avait rien de spécial. Murata tourna alors plusieurs autres pages mais il n'y avait toujours rien d'intéressant.
« Shori ! Pourquoi tu as rapporté ce livre ? Il n'y a rien là-dedans ! » cria Murata en aplatissant son poing sur le livre en question.
Le bureau trembla sur le coup et une feuille s'échappa du livre. Elle tomba à terre. Shori fut le seul à la remarquer car Murata était trop en colère pour remarquer quoi que ce soit.
Le grand frère de Yuuri se pencha pour ramasser la feuille. Rien qu'au toucher, il sut que ce papier était très ancien. Il la prit avec la plus grande précaution et commença à l'examiner mais ce qui était écrit était peu lisible, cela semblait aussi du charabia pour lui.
Shori tendit alors le papier à Murata qui finit par se calmer. Il fixa la feuille quelques secondes avant de presque l'arracher des mains de Shori. Il parcoura des yeux la feuille et son regard devint enfin sérieux.
« Tu comprends quelque chose ? » demanda Shori.
« Oui, à peu près mais c'est assez illisible. »
« J'avais vu ça… »
« Mais ce papier est exactement ce qu'on cherche ! Il parle de la maladie de Yuuri… »
« Tu es sûr ? »
« Bien sûr, des symptômes sont décris sur cette feuille et ce sont exactement les mêmes que Yuuri. »
« On a enfin trouvé ! » s'écria Shori. « Et la suite ? »
« Le remède… »
« C'est vrai ? C'est super ! »
« D'un côté oui mais d'un autre non… »
« ? »
Shori fixa le regard de Murata, à moitié sérieux et à moitié effrayé. Cette expression de la part du Grand Sage de Shinmakoku ne lui présageait rien de bon.
« Je t'en supplie, réveille-toi Yuuri… » murmurait de temps à autre Wolfram au jeune Maoh inconscient qui reposait toujours sur un lit de l'infirmerie.
Wolfram était resté auprès de Yuuri pendant ces trois derniers jours. Il ne l'avait pas quitté une seule seconde, même quand Gisela s'occupait de lui. Il avait mangé à peine alors que tout le monde l'encourageait mais il refusait chaque repas qu'on lui rapportait. Après tout, il ne pouvait pas faire comme si de rien était alors que Yuuri allait peut-être mourir.
Les heures passaient et Wolfram veillait toujours Yuuri. La fatigue commençait vraiment à se sentir chez le soldat. Il avait le teint très pale et ses yeux se fermaient tout seul mais Wolfram faisait de son mieux pour se maintenir éveillé. Il devait guetter le moindre signe montrant que Yuuri se réveillait mais pour l'instant, rien.
« Excellence, je vous conseille d'aller dormir. Il y a peu de chances que Sa Majesté se réveille aujourd'hui et je ne crois pas qu'il voudrait que vous tombiez de fatigue à cause de lui. » conseilla Gisela qui avait posé une main sur l'épaule de Wolfram.
« Mais… Je dois rester à ses côtés ! » répondit le blond.
« Il semble impossible de vous faire changer d'avis mais il faut au moins que vous mangiez. Je vais aller chercher à manger. Veillez sur Sa Majesté en mon absence. » fit Gisela puis elle sortit de l'infirmerie.
Wolfram se retrouva donc seul avec Yuuri. Après quelques minutes d'intense silence, Wolfram sentit une pression sur sa main. Il porta son regard sur celle-ci et vit que la main de Yuuri la serrait. Un immense sourire éclaira le visage de Wolfram tandis qu'il reporta son regard sur le visage de son fiancé.
Les yeux de Yuuri s'ouvrirent lentement et sa respiration s'accéléra. Il tourna difficilement la tête pour scanner la pièce et il tomba sur les yeux émeraude de Wolfram d'où s'écoulaient des larmes brillantes.
« Wolfram… » murmura Yuuri la voix enroué avant de sourire.
Wolfram sauta dans les bras de Yuuri en le relevant à moitié, oubliant que celui-ci était malade. Il pleurait de joie alors qu'il serrait son fiancé contre lui. Yuuri supporta la douleur qui parcourait son corps rien que pour pouvoir sentir le corps de Wolfram contre lui. Il était tellement heureux de revoir Wolfram qu'il commença à pleurer lui aussi.
« Yuuri ? » fit Wolfram en s'écartant de Yuuri, inquiet.
Voir des larmes descendant des joues du Maoh choqua Wolfram au plus au point. Il ignora sa surprise et prit encore une fois Yuuri dans ses bras.
« Je suis… si heureux… de te… revoir… Wolfram ! » dit Yuuri entre de grandes inspirations.
« Vraiment, Yuuri ? » s'étonna Wolfram.
Il s'écarta encore de Yuuri et tous les deux se retrouvèrent face à face. Wolfram regardait Yuuri d'un air à moitié surpris. Yuuri, lui, avait toujours de grandes difficultés à respirer. Il fixa le regard de Wolfram et engloutit sa salive avant de parler :
« Wolfram, je… je… »
La timidité de Yuuri l'empêcha d'aller plus loin. Le Maoh se maudit lui-même de ne pas avoir le courage de révéler ses sentiments à l'homme qu'il aimait. Il réfléchissait à cent à l'heure pour trouver un moyen de se déclarer. Il eut alors une idée de génie.
Il posa alors ses lèvres sur celles de Wolfram qui ne fit rien, trop surpris. Yuuri s'écarta ensuite et passa ses doigts dans les magnifiques cheveux blonds de Wolfram.
« Wolfram, je t'aime. » déclara-t-il sans même savoir que Gisela, Murata, Shori et Conrad venaient d'entrer dans la pièce.
Conrad laissa échapper un hoquet de surprise puis un long silence s'installa. Murata, Shori, Gisela et Conrad fixaient Yuuri et Wolfram. Yuuri avait tourné la tête en direction de Conrad. Celui-ci fut surpris de voir un regard si profond venant de Yuuri. Il recula d'un pas, réalisant que le Maoh était sérieux avec Wolfram. Une tristesse infinie envahit son âme puis il détourna son regard de celui de Yuuri.
Yuuri se retourna ensuite vers Wolfram pour voir sa réaction. Wolfram regardait Yuuri mais ne semblait pas le voir.
Wolfram put enfin parler quelques secondes plus tard, le choc étant passé.
« Yuuri…tu… c'est vrai ? » demanda-t-il pour être sûr de ne pas avoir rêvé.
« Bien sûr ! » répondit Yuuri en souriant.
« Moi aussi ! » fit Wolfram en embrassant Yuuri sur les lèvres.
Wolfram s'écarta ensuite, laissant apparaître un de ses plus beaux sourires. Yuuri souriait lui aussi mais il s'effondra d'un coup, faisant sursauter tout le monde dans la pièce.
Wolfram le rattrapa de justesse et l'allongea sur le lit.
« Il semblerait qu'on est plus beaucoup de temps… » fit remarquer Murata.
Le sourire de Wolfram s'effaça à ces paroles. Il essaya de garder contenance.
« Vous avez trouvé quelque chose alors ? » demanda-t-il sérieux en regardant Shori et Murata.
« Oui, mais… » commença Shori mais il s'arrêta.
« Mais ? » fit Wolfram, inquiété par l'absence d'explications de Shori.
« On a trouvé le remède pour la maladie de Yuuri mais… » La voix de Murata s'éteignit comme celle de Shori avant.
Wolfram commença à paniquer. Il se leva brusquement, marcha vers le Grand Sage et se posta devant lui, l'air menaçant.
« Mais ??? » demanda encore une fois Wolfram, beaucoup plus fort qu'avant.
« C'est… c'est dangereux ! » cria Murata en durcissant l'expression de son visage.
« Comment ça ? » demanda Gisela en écartant d'un bras la distance entre le Grand Sage et Wolfram.
« Le remède a une chance sur deux de marcher. » répondit Shori.
Wolfram déporta son regard vers le grand frère de Yuuri.
« C'est quoi ce remède ? » demanda le blond, la voix tremblante.
Shori se passa une main dans les cheveux. Il baissa la tête et soupira.
« Pour que Yuuri guérisse, il faut aspirer tout son maryoku, le purifier et le lui rendre. »
« QUOI ? » s'écria soudain Conrad en faisant sursauter tout le monde.
« Mais si on lui prend tout son maryoku, il mourra. Aucun mazoku ne peut survivre sans maryoku ! » dit Gisela.
« Mais Yuuri est un demi-mazoku, c'est pourquoi il y a une chance sur deux qu'il puisse mourir si on lui aspire tout son maryoku. » ajouta Shori.
« C'est…c'est… » balbutia Conrad.
Wolfram regardait Shori et Murata d'un air consterné. Comment le remède pouvait-il être ça ? C'était du suicide. Mais Wolfram savait qu'il fallait tout essayer pour sauver le Maoh. Il prit la parole :
« De toute façon, si on ne fait rien, Yuuri va mourir. Alors s'il y a une chance, même infime, de le sauver, autant la tenter. »
« Comment peux-tu dire ça, Wolfram ? On a l'impression que tu te fiches que Yuuri puisse mourir à utiliser cette solution ! » s'écria Conrad.
« Tais-toi ! Je m'inquiètes beaucoup plus que toi, figures-toi ! Au moins, moi, j'essaie d'aider Yuuri ! Je ne suis pas en train de rester à l'écart à m'apitoyer sur mon sort ou sur celui de Yuuri ! Même s'il y a beaucoup plus de chance que Yuuri meure et non ne survive, je garde espoir et j'essaie d'envisager toutes les solutions ! » répliqua Wolfram en lançant un regard criblé d'éclairs à Conrad.
Conrad resta sans voix. La colère montait en lui. Il ne supportait pas de savoir que son frère avait raison et surtout qu'il avait l'amour de Yuuri. L'amour que Conrad avait pour Wolfram se transforma en haine. Il s'avança vers lui, le poing serré.
« T-toi ! »
Gisela repoussa Conrad, l'empêchant ainsi de frapper Wolfram.
« En tout cas, on a pas le choix. Il n'y a que cette solution là si on veut sauver Yuuri. » dit Shori.
Tout le monde acquiesça à part Conrad qui avait laissé éclater sa colère en frappant la porte d'un coup de poing avant de sortir de la pièce.
« J'ai demandé à Anissina d'améliorer une des machines. Comme ça, on sera capable d'aspirer le maryoku de Yuuri. » expliqua Murata avant de se diriger vers la sortie.
Il se retourna :
« Tout dépend de nous, maintenant. »
Commentaire de fin : Pour une fois, j'ai écrit rapidement ! Et j'avais de l'inspiration ! Le prochain chapitre sera le dernier. Merci encore de lire ma fic ! Reviews svp !
