Âmes sensibles s'abstenir…

Chapitre 10 : Rouge comme la faucheuse…

La jeune femme sortit de la douche, cherchant ses habits à tâtons. Elle sentit Malfoy senior derrière son dos, mais également son rythme cardiaque qui s'accélérait à sa vue…

« Tiens, dit-t-il en jetant un paquet sur le lit, de quoi t'habiller

- Attends, murmura-t-elle, on a encore le temps… »

Doucement, la sorcière le tira jusqu'à elle. Il la regarda, elle et les gouttes d'eau qui coulaient sur son corps, et se sentit fléchir. Après tout, Potter n'était plus à quelques heures près… Lorsqu'elle posa ses lèvres sur les siennes, il su qu'elle avait gagné et se laissa emmener dans la salle de bain, délicieusement vaincu…

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D'un geste, Hermione retourna les habits que lui avait apportés Lucius et passa rapidement ses doigts dessus, tout en léchant ses canines encore rouges du sang de son amant. La passion de leurs étreintes avait réveillé en elle des pulsions sanguinaires, et c'est en plantant ses crocs dans la chair du Mangemort qu'elle avait pris conscience de ce qu'était le plaisir. Plus que tout, elle s'était délectée du goût de métal de son hémoglobine et de son gémissement voluptueux de douleur. Bien qu'aveugle, la Griffondor avait perçu l'excitation de l'homme aux yeux de glace à la voir nue, courbée sur lui, acharnée sur sa carotide. Comment pouvait-elle imaginer une union plus complète que celle, vampirique, qu'elle venait de vivre ? L'espace d'un instant, la sorcière avait eu la vie du serviteur de Voldemort entre ses lèvres, sensation on ne peut plus grisante, additionnée à la luxure, qui l'avait menée au paroxysme de l'exaltation. Ensemble, ils avaient partagé le désir, la vie et la mort, le sang s'était mêlé à leur sueur. L'amour du vice. La confusion entre douleur et plaisir qui teintait leurs indécents soupirs…

C'est en remontant la dernière fermeture éclair de l'étrange vêtement qu'une odeur interrompit le fil de ses pensées de moins en moins catholiques. Un parfum de femme… Hermione vit rouge et serra les dents. Une rage sourde accéléra son rythme cardiaque tandis qu'elle tentait de se raisonner. Elle n'était rien pour le vampire, juste une paire d'yeux arrivée à point nommé et assez naïve pour lui faire confiance… Qu'avait-elle imaginé ? Elle était stupide ! Comme une confirmation glaciale, une voix exaspérée se fit entendre derrière elle.

« Tu en as encore pour longtemps ? Ne me fais pas regretter une fois de plus de ne pas t'avoir achevée après notre pacte… »

Hermione se releva brusquement et lui fit face, tout en agrafant sa cape sombre. Il avait pris le parti de l'humilier, de la rabaisser. Elle préféra ignorer ses paroles cinglantes.

« C'était à qui ces fringues ?

-Mêle-toi de ce qui te regarde. »

Sans doute quelque chose de peu reluisant… Elle finirait bien par le découvrir par elle-même… ou bien se résignerait-elle à son silence. La jeune femme passa son épée dans sa ceinture à l'endroit prévu à cet effet et sortit en bousculant le Mangemort. Volontairement.

« Je suis prête.

-Ce n'est pas trop tôt ! »

Il était railleur et désagréable.

« Avant de partir, j'aimerai récupérer les vêtements que je portais en arrivant.

-C'est tout ce qu'il en reste, répondit-il d'un ton cynique en lui jetant un morceau d'étoffe qu'il venait de sortir de sa poche.

-Ce sera suffisant. »

Un lambeau de son foulard noir préféré. Maudits soient Voldemort et ses sbires ! D'un geste résolu, l'ancienne Griffondor se banda ses yeux. Elle perçu la surprise et la moquerie muette de son interlocuteur.

« Mes paupières ouvertes me gêneront plus qu'autre chose dans la bataille, exposa-t-elle sans se troubler, et puis cela pourra toujours déconcerter mes adversaires… »

La sorcière l'entendit hausser les épaules mais ne releva pas. Elle n'avait pas dit qu'ainsi le Seigneur des Ténèbres aurait pleinement conscience de la trahison de son esclave. Si Malfoy l'avait trompée et que toute cette histoire n'était qu'un leurre pour s'enfuir et la laisser aux mains de ses anciens collègues, alors il payerait à son tour…

« Tiens, murmura-t-il en lui prenant la main, j'ai récupéré ta baguette.

-Merci, souffla-t-elle avec émotion, mais comment as-tu fait ?

-Un tour que je t'apprendrai peut-être un jour… si tu n'es pas sage ! »

La jeune femme sourit. Si ils s'en sortaient plutôt, car pour ce qui était d'être raisonnable, elle ne se faisait pas de soucis ! La sorcière suivit son mentor et tous deux quittèrent les quartiers du Mangemort à pas de loup, se retrouvant dans le couloir désert.

« Bien, chuchota-t-il, c'est ici que nos chemins se séparent… Si tout va bien je te retrouve à l'étage précédent les cachots. Si tu ne me vois pas, pars seule. Si au bout d'une heure tu n'es pas revenue, c'est moi qui m'en irai sans me retourner, compris ? »

Elle acquiesça.

« Tu te souviens du plan ?

-J'ai tendance à me rappeler lorsque des doigts parcourent mon corps dans un autre but que celui de me faire gémir… »

La jeune femme lui en voulait à moitié pour cette douce torture et il ne pu s'empêcher de rire doucement.

« … sois prudent »

Les mots lui avaient échappés, traîtres à sa résolution de ne rien montrer de ses sentiments, ni de son inquiétude. Elle n'eut pas besoin de ses yeux pour sentir qu'il la dévisageait. La jolie brune fit la moue, s'attendant à une réplique cinglante, et elle sursauta lorsque le vampire posa ses lèvres sur les siennes dans un long baiser étonnamment tendre.

« Je n'oublierai pas ton sang »

Sur ces étranges paroles, il tourna les talons et le bruit de ses bottes sur le sol indiqua à la jeune femme qu'il disparaissait dans les méandres du manoir. Qu'elles étaient la signification de ce baiser et la valeur de ces mots pour le vampire ? Alors la sorcière remarqua avec irritation que cet homme étrange avait parsemé son esprit de questions sans réponses, et se jura de survivre à cette aventure pour obtenir enfin satisfaction.

« Monsieur Malfoy, énonça-t-elle dans un souffle, vous avez intérêt à rester en vie : nous avons des comptes à régler… »

Sur ce, Hermione s'élança dans la direction opposée à celle du Mangemort blond. Elle avait un corps à ramener à la surface et une âme à sauver…

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Foutue Sang-de-Bourbe, pourquoi faisait-elle naître en lui tant d'émotions contradictoires ? Tant d'émotions… c'était déjà trop.

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Hermione filait comme le vent, dévalant les escaliers avec la légèreté d'un gazelle. Pour l'instant, elle n'avait croisé aucun serviteur du Lord Noir…

« Qui va là ? »

Elle avait parlé trop vite… Son Avada faucha l'homme en pleine course, avant même qu'il ait lancé un sort. Cependant, il avait déjà sonné l'alerte. Une troupe d'hommes en noir se déversa dans le couloir telle une vague de pétrole meurtrière. Que personne ne se dresse entre son objectif et elle, ou ils goûteraient le poison de sa rage !

D'un bond, la jeune femme fut sur eux. Près d'eux trop vite, ils eurent un quart de seconde de surprise qui les perdit. Sa baguette changea de main et, à une vitesse surprenante, elle dégaina. Une joie sourde l'envahit lorsque sa lame quittant le fourreau qui la gardait prisonnière. Le son métallique glaça ses ennemis. La sorcière les sentait : ils étaient là, autour d'elle. Le plus proche, à sa droite, pensait à sa mère. Un autre, à trois mètres, avait les mains moites, ce qui faisait glisser sa baguette entre ses doigts. Ils étaient une dizaine, plus ou mois menaçants. L'espace d'un battement de cil, son sixième sens lui avait permis de sonder la foule. Six étaient vraiment menaçants ; les autres se briseraient aussi facilement que du cristal.

La jeune femme contra les sorts des sorciers les plus proches, puis riposta par des sortilèges mineurs ; un Impardonnable lui demanderait trop de concentration. Le premier cercle s'écroula, achevé d'une formule magique ou d'un coup d'épée. Sa rapière fendait les corps et les disloquait d'un mouvement de poignet. L'odeur du sang emplit la pièce, réveillant un instinct sauvage chez la fille de Moldus. Un sourire cruel fendit son visage. Tuer… Encore du sang, il en fallait toujours plus. Sa vitesse, déjà improbable, augmenta autant que son excitation grandissait. Abandonnant la magie de Poudlard un court moment, sa lame perfora l'estomac de la femme la plus proche tandis que ses crocs déchiraient la gorge d'un jeune garçon tremblant. Un coup de pied dégagea son arme du cadavre achevé d'un coup de tête violent, venant finir de trancher le cou du jeune homme mordu. Le goût de l'hémoglobine de l'enfant envahit son palais, la rendant presque folle. SANG !

Soudain, l'ancienne Griffondor sentit une aura dangereuse derrière elle. Un Mangemort venait de transplaner dans son dos. Alors la jeune femme fit une erreur monumentale qui manqua de lui coûter la vie : elle sous-estima son adversaire. Percevant d'autres combattants, elle décida d'expédier celui-ci rapidement, d'un coup de coude au niveau de l'entrejambe, censé l'immobiliser un instant. Il n'en fut rien et un Endoloris l'expédia au sol. Heureusement, sa puissance n'avait rien à voir avec ceux de son maître, et les multiples tortures qu'elle avait subies sauvèrent la jeune femme. Incrédule, l'homme la vit se relever avant de s'évanouir en fumée, brûlé vif par un sort d'incinération. Son voisin se retrouva exsangue grâce à une formule de Magie Noire qu'elle avait apprise de Draco, la brunette remerciant mentalement le défunt.

Parmi les survivants, une femme se distinguait. Hermione percevait sa colère de façon très nette, et elle su que cet adversaire serait extrêmement coriace. Elle se déplaçait plus vite que ses compagnons, avait plus d'assurances et de pouvoirs. Contrairement à eux, elle n'empestait pas la peur mais semblait grisée par le combat. Oui, cette servante de Voldemort était à la hauteur de ses attentes. Négligemment, l'ancienne Griffondor pulvérisa les derniers Mangemorts, faisant ainsi face à son ennemie.

Immobiles comme deux prédateurs, elles se faisaient face, cherchant la faille chez leur adversaire.

« Toi, intervint l'inconnue, tu n'as rien d'une aveugle.

-Je le suis pourtant, rétorqua l'intéressée, tu es puissante, pourquoi sers-tu pareil monstre ?

-Pourquoi ? cracha-t-elle avec mépris, mais parce que c'est lui qui m'a tout appris et que j'épouse ses idéaux ! Je hais les Moldus, ils sont faibles et souillent notre terre, ils sont indignes de la vie qu'on leur a donnée ! Je hais la Magie Blanche et les Aurors ! Le seul monde juste est celui où les forts écrasent les faibles, et moi, Tania, je jure d'exterminer ceux qui ne méritent de pas de vivre et risquent de polluer nos sangs purs ! Et pour cela, j'éliminerai quiconque se mettra en travers de mon chemin, toi la première immonde vampire ! »

Comme un glas mortel, la fanatique se jeta sur son interlocutrice qui l'attendait de pied ferme. Sa baguette fut entourée d'un halo vert, et elle se mit à la manier comme une épée. D'une botte étrange, la Mangemort démontra à une Hermione relativement surprise que cette lumière pouvait trancher, lui déchirant le flanc droit. Dans un rugissement de douleur, la jeune femme contre-attaqua, bloquant sa lame lumineuse. L'acier ne résisterait pas longtemps, aussi riposta-t-elle d'un Avada qui ricocha sur sa cible protégée d'un bouclier vert. Intéressant…

Un sort surprit la jeune femme ; malgré son ouïe surdéveloppée elle n'entendit pas son adversaire le prononcer. Instantanément, elle se retrouva les deux bras attachés dans le dos ; ses poignets reliés par une chaîne indestructible. Alors comme ça, la petite Tania voulait jouer… Incapable d'utiliser la magie qu'elle avait appris durant sa scolarité, l'ancienne Griffondor n'était plus qu'un vampire menotté… mais non moins redoutable. Elle allait enfin éprouver l'enseignement de son maître blond et évaluer ses propres capacités. Quoi de plus excitant ? Peut-être Malfoy sortant de la douche, encore ruisselant d'eau, mais cela n'était qu'un fantasme dessiné par l'esprit d'une aveugle…

Il était temps que son sixième sens fasse ses preuves. Face à son ennemie qui levait son arme étrange, la sorcière entreprit de faire abstraction de tout ce qui l'entourait, se retirant en elle-même. Délicatement, elle supprima chacun de ses sens pour laisser l'ultime l'envahir. Alors tout devint net. Sur le noir de sa cécité se découpait la silhouette sensitive de celle qui lui faisait face. Hermione sentait sa chaleur, sa colère, son exaltation et son cœur qui battait à tout rompre. Elle vit par ses yeux, sentit par son nez, entendit par ses oreilles, se laissa envahir par le goût de la victoire et appréhenda du bout de ses doigts le bois rugueux de sa baguette. L'espace d'un instant, elles ne furent plus qu'une seule entité et se connurent intimement, sans que la belle Tania remarquât quoi que ce soit. Brusquement, la brunette réintégra sa propre enveloppe charnelle et, anticipant sans difficulté la botte complexe de son adversaire, elle évita la lame verdâtre avec agilité. Maintenant, plus aucune de ses attaques ne lui étaient étrangères ; grâce au sixième sens, elle parvenait même à deviner quel sort la combattante allait lancer, les évitant sans mal. Le cours des choses s'inversait inexorablement ; la colère de la sorcière ébréchait sa concentration, rendant ses gestes saccadés et désordonnés. La peur s'infiltra sourdement dans ses veines devant cet être inaccessible dans lequel elle ne reconnaissait plus l'aveugle, poison perfide.

C'est le moment que choisit Hermione pour attaquer. Les mains attachées, elle ne pouvait se battre qu'avec ses jambes, ce qu'elle s'appliqua à faire. Son adversaire chargea désespérément, l'ancienne Griffondor s'effaça, déséquilibrant ainsi la Mangemort. Saisissant l'opportunité, la jeune femme l'envoya au tapis d'un puissant coup de pied au visage. La sorcière à terre lâcha sa baguette-épée sous le choc et resta sonnée quelques secondes. Ce laps de temps permit à la jolie brune de rapprocher ses poignets liés de l'arme au sol, faisant ainsi fondre les chaînes d'acier. Vive comme l'éclair, se saisissant de sa rapière, elle roula sur son ennemie, achevant de la plaquer au sol. Vendant chèrement sa peau, l'autre dégaina un court poignard et les deux lames s'entrechoquèrent. S'ensuivit un combat violent où les coups de poings et de pied se mêlaient à ceux de métal. A ce dernier jeu, l'esclave de Voldemort était plus habile, envoyant l'épée d'Hermione à l'autre bout de la pièce. Cette dernière lui écrasa sans pitié les doigts pour la désarmer, avant de lui asséner un violent coup de genou dans le plexus. Ces dernières semaines, elle avait appris à ne pas faire dans la dentelle, c'est pourquoi elle frappa sans remords, regardant sans émotions se farder de rouge ce visage magnifique qui se défigurait un peu plus à chacun de ses assauts. Le sang

L'instinct revint avec violence. Le vampire reprit le dessus sur l'humaine. Sang…La carotide de sa victime palpitait à un rythme fou à l'approche du trépas, excitant la bête. Tania tentait de se libérer de cette poigne de fer, sans y parvenir. Elle suait la peur et la mort. Sa fin était proche, et son corps le sentait, se débattant de son dernier souffle. Et Hermione mordit. Ses crocs impatients déchirèrent la gorge de la jeune femme et, telle une louve affamée, elle s'abreuva à cette plaie béante, se délectant des hurlements d'effroi et de douleur de sa proie.

« Crie, hurle, tremble de peur, d'horreur, de souffrance : j'aime ça, susurra la sorcière avec un sadisme non dissimulé. Frappe-moi de tes petits poings affaiblis, essaie donc de me faire mal, je ne prendrai que plus de plaisir à te sentir mourir peu à peu ! »

Des larmes muettes s'écoulaient sur les joues de la Mangemort qui se sentait partir douloureusement, et, lorsque les derniers spasmes mortels agitèrent son corps sans vie, l'Auror se releva enfin, repue de cette hémoglobine rouge comme la faucheuse. Un calme étonnant l'envahit. Le vampire en elle avait tué de ses propres canines. L'évidence lui sauta aux yeux, et, finalement, elle l'accepta : elle était un vampire assoiffé de sang…

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En compensation du dernier chapitre un peu court, on a fait des longueurs cette fois !

N'empêche qu'un peu plus de reviews, d'avis, d'encouragements, ça motiverait d'avantage…

(elle est si nulle que ça notre fic que tous ceux qui lisent passent deux lignes et changent de page ? :'(

BW & l'AD

PS : Y aurait-il une âme charitable maîtrisant cet éditeur à la c... qui n'accepte pas les tirets séparant les parties pouvant nous indiquer comment faire pour séparer proprement (plutôt qu'une rangée de 6 ou deux pauvres tirets ?)

Et comment faire aussi les renvois à droite (pasqu'il n'accepte pas non plus une série de tabulations...)

(et puis les doubles espaces... ?)

Merci d'avance !