Chapitre 10 :
Note : Wouhou ! J'ai réussi à faire vite et à écrire ce chapitre dans le temps que je m'étais fixé (avec juste deux petits jours de retard). Bon on approche de la fin, mais il reste encore soit un chapitre, soit un épilogue, ça dépendra de la longueur ! Voilà ! Enjoy !
Alexandre revint à la chambre. Lavinia s'était rhabillée.
- Qu'est-ce qui va m'arriver maintenant ?
- Tu seras répudiée et renvoyée chez ton père.
- Mais c'est un déshonneur.
- Ça, il fallait y penser avant de coucher avec mon père. Mais rassure-toi, si tu ne fais pas de scandale, l'adultère restera entre nous et tu récupéreras ta dot, afin de pouvoir te remarier.
- Et j'imagine que je dois m'estimer heureuse de ta clémence ?
- En effet. Tu resteras dans ta chambre en attendant.
Elle ouvrit la bouche pour parler, mais il l'en empêcha.
- Ne te donne pas la peine de t'expliquer. Je me moque de ce que tu as à dire. Je n'ai jamais voulu de ce mariage et plus tôt j'en serai sorti et mieux ça sera.
Il retrouva Blandus à l'extérieur de la domus.
- Tu avais raison, c'était instructif.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
- La renvoyer à son père. Ça me fera un problème de moins.
- Tu as encore besoin de moi ?
- Oui, je voudrais que tu portes un message de ma part à Ceirdwyn.
- Je t'écoute.
- Dis-lui ce qu'il s'est passé, que je serais définitivement débarrassé de Lavinia dans quelques jours et que je la rejoindrai à ce moment-là.
Ils discutèrent encore un moment, puis Blandus repartit pour Capoua.
Quelques jours plus tard, Alexandre rassembla plusieurs témoins parmi ses proches, afin de réclamer à Lavinia les clés de la maison, lui signifiant ainsi sa répudiation. Comme promis, Lavinia avait fait profil bas et Alexandre n'évoqua pas les raisons de cette répudiation, mais tous savaient qu'il devait y avoir une bonne raison.
C'est ainsi que deux jours plus tard, Lavinia quittait la maison avec tout ce qu'elle avait amené avec elle. Et ce fut comme si elle n'avait jamais été là.
Il n'avait pas pu partir tout de suite, trop de chose à régler, mais après deux jours de préparation, Alexandre était enfin sur la route en direction de Capoua.
Après près de 20 heures de voyages, il atteignit enfin sa villa de Capoua. Il était épuisé, il avait fait le moins de pause possible, changé régulièrement de cheval pour réduire au maximum la durée du trajet.
Il traversa l'atrium à grands pas et dès qu'il pénétra dans le péristyle, il la vit. Ceirdwyn lisait à la lumière d'une lampe à huile, allongée sur une banquette. Elle savait qu'il devait arriver et il la soupçonnait de l'attendre.
- Ceirdwyn !
Elle se redressa brusquement, laissant tomber son manuscrit à terre. Il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'elle s'était déjà jetée dans ses bras.
- Tu es là, enfin.
- Oui.
Il ne sut pas quoi ajouter d'autre, il y avait tant à dire et il était si fatigué.
- Blandus m'a dit que tu avais réussi à te débarrasser de ta femme. Elle couchait vraiment avec ton père ?
- Oui, mais ne parlons pas de ça maintenant. Pour l'instant tout ce que je veux, c'est être près de toi.
Il écrasa ses lèvres sur les siennes dans un baiser passionné auquel elle répondit immédiatement.
- Viens.
Elle le prit par la main et l'entraina jusqu'à la chambre qu'elle occupait. D'un mouvement rapide, elle se débarrassa de sa tunique, avant de s'occuper de la toge d'Alexandre. Une fois qu'ils furent tous les deux nus, il la plaqua à nouveau contre lui.
- Tu m'as manqué.
- Toi aussi tu m'as manquée.
Mais il était tellement épuisé qu'ils ne purent que s'endormir dans les bras l'un de l'autre.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain, la première chose qu'il perçut, avant même d'ouvrir les yeux, fut ce corps chaud pressé contre le sien. Il resserra son étreinte autour d'elle, pour profiter un peu plus de sa chaleur. Visiblement elle était déjà réveillée car elle se retourna immédiatement pour lui faire face. Elle déposa un baiser sur son épaule.
- Bonjour.
Puis elle posa ses lèvres dans le creux de son cou.
- Bonjour à toi aussi.
Elle les fit alors remonter le long de sa mâchoire, tandis qu'il laissait ses mains courir sur son dos.
- Bien dormi ?
Elle posa un court baiser sur ses lèvres, encadrant son visage de ses mains avant de le regarder, il lui avait tellement manqué. Il fit glisser les siennes jusque ses fesses.
- Merveilleusement, puisque tu étais là.
Un autre baiser fleurit sur ses lèvres, plus long cette fois-ci.
- Flatteur.
Il la sentit sourire contre ses lèvres. Elle passa ses bras autour de son cou. Puis elle fit glisser sa langue sur les lèvres, qu'il entrouvrit instantanément, lui permettant d'approfondir le baiser.
Il bascula sur le côté l'obligeant à s'allonger sur le dos, la dominant de tout son poids. Ils s'enfoncèrent dans les cousins.
Leurs mains qui courraient sur le corps de l'autre semblaient vouloir en mémoriser le moindre centimètre carré. Et leurs baisers donnaient l'impression qu'ils cherchaient à s'entredévorer.
Ceirdwyn écarta les cuisses pour permettre à Alexandre de se rapprocher encore un peu plus près. Elle pouvait sentir son désir grandir contre elle.
Il glissa une main entre ses cuisses afin de s'assurer qu'elle était prête. Son sexe était chaud et humide, signe qu'elle l'était. Il commença à la caresser quand il sentit une main se refermer sur son pénis. Après quelques minutes, elle l'aida à se positionner et il la pénétra.
Immédiatement, il entama un lent va-et-vient, qui s'intensifia rapidement, elle lui avait tellement manqué. Leur étreinte fut courte, mais suffisamment tout de même pour leur permettre à tous deux d'y prendre plaisir.
Ils trainèrent au lit tous les deux une bonne partie de la matinée profitant simplement l'un de l'autre, alternant repos et étreintes passionnées. Mais malgré le plaisir que Ceirdwyn avait à se trouver là dans ses bras, des milliers de questions lui venaient en tête et une plus particulièrement.
- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
- Sincèrement, je n'en sais rien. Certes, je me suis débarrassé de Lavinia en la rendant à son père, mais aux yeux de tout le monde, tu es morte et si mon père apprend que tu es vivante, il n'appréciera que moyennement d'avoir été dupé. De plus je sais qu'il comprendra alors immédiatement ce qu'il y a entre nous et il cherchera à te faire éliminer par tous les moyens.
Elle soupira.
- Oui, je m'en doutais un peu. Et donc, nous allons faire quoi ?
Il la serra contre lui.
- Sincèrement, pour l'instant je l'ignore. La seule chose dont je suis sûr, c'est que tant que mon père sera à Rome, il nous sera difficile d'agir.
- Tu sais quand doit-il repartir ?
- Il est encore là pour environ huit mois.
- Encore huit mois. Et je suis censé fait quoi durant de tout ce temps.
- Rester en sécurité ici ?
- Tu plaisantes, j'espère ? Tu penses que je vais rester cloitrée ici combien de temps ? Je tourne en rond, moi ici. D'accord c'était sympa au début de passer mes journées à lire à l'ombre du péristyle, mais au bout d'un moment ça devient lassant.
- Crois-moi, si j'avais une meilleure solution à te proposer, je le ferais. Mais une fuite est inenvisageable, mon père se lancerait immédiatement à notre poursuite et il n'aurait aucun mal à nous retrouver. Quant à la possibilité de ton retour à la domus, c'est totalement impossible. Mais au contraire de la situation précédente, je serais libre de mes mouvements et je pourrais te rendre visite régulièrement.
- Et après ?
- On aura trois ans pour réfléchir à la meilleure solution pour nous.
- Avant que ton père ne rentre avec une nouvelle esclave.
Ceirdwyn avait fini par accepter de rester à Capoua jusqu'au départ de Léonius. Jusqu'à présent, Alexandre avait réussi à venir le rejoindre au moins deux fois par mois. Mais récemment divers évènements avaient contrariés ses plans tant et si bien qu'ils ne s'étaient pas vu depuis près de 40 jours. Alexandre était contrarié et il imaginait volontiers que Ceirdwyn l'était tout autant, voire plus. Il ne savait pas comment Ceirdwyn allait réagir et il s'attendait au pire, mais rien ne l'avait préparé à ce qu'il découvrit en arrivant. Il remarqua tout de suite que quelque chose avait changé, elle semblait plus ronde, mais aussi plus effacée, elle paraissait presque honteuse. Il avait la désagréable sensation qu'elle lui cachait quelque chose et il lui fallut deux jours pour comprendre quoi.
- Ceirdwyn ?
Elle se tourna vers lui.
- Je peux te poser une question ?
Elle acquiesça.
- Tu es... Est-ce que tu...
- Est-ce que je porte un enfant ? Oui.
- Par tous les dieux.
- Alexandre, je suis désolée.
Il l'a pris dans ses bras, tendrement.
- Tu n'as pas à t'excuser, nous savions tous les deux que ça pouvait arriver et nous avons choisis de l'ignorer Et nous ferons face aux conséquences ensemble.
- En vivant à plus d'une centaine de milles l'un de l'autre ? C'est sûr que ça va être extrêmement simple.
Maintenaient que l'abcès était crevé, elle retrouvait son caractère habituelle et c'était rassurant.
- Je sais que ça n'est pas une situation des plus simples, mais je ne vois pas bien quoi faire d'autres. Dans un peu plus de trois mois, mon père sera reparti et là nous aviserons. En attendant, je vais faire venir Kendra pour s'occuper de toi, elle saura quoi faire. Et puis je crois que tu lui manques, elle t'aime beaucoup.
- À moi aussi, elle me manque. Je serais heureuse qu'elle vienne me tenir compagnie, mais elle ne va pas te manquer à la domus ?
- Si bien sûr. Mais je préfèrerais te savoir avec elle.
- Alors d'accord.
À peine était-il rentré à Rome qu'il avait envoyé un message à Blandus et demandé à le voir.
Deux jours plus tard, ils se retrouvaient dans leurs thermes habituels.
- Qu'est-ce qu'il y a de si urgent ? Encore un problème avec ton père ?
- Non. Enfin pas directement. C'est Ceirdwyn.
- Laisse-moi deviner, elle ne supporte plus de rester cloîtrée dans ta belle villa de Capoua ?
- Non, bien pire. Elle attend un enfant. Et tu sais comme moi que si mon père l'apprend, il fera massacrer la mère et l'enfant.
- Et qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Je n'en ai absolument aucune idée.
- Pourquoi tu m'as fais venir, Alexandre ?
- J'avais besoin d'en parler à quelqu'un en qui j'ai pleinement confiance et surtout quelqu'un à qui je peux dire à quel point je suis terrifié.
- Tu es certain qu'il n'y a pas une autre raison ?
- Non, qu'est-ce que tu entends par là ?
- Rien, rien.
Cette rencontre avec Blandus laissa Alexandre confus, il avait la sensation que quelque chose lui avait échappé.
Ce n'est que dix jours plus tard, qu'Alexandre comprit. Quand un messager vint lui annoncé la mort de son père, au cours d'un vol qui avait mal tourné. Du moins en apparence, car Alexandre était intimement persuadé que tout ça n'avait rien d'un vol, qu'il s'agissait d'un assassinat pur et simple et qu'il portait la marque de Blandus.
La première chose que fit Alexandre après l'annonce de la nouvelle, fut d'envoyer un message à Ceirdwyn et Kendra, pour leur annoncer qu'il ne pourrait pas revenir à Capoua avant plusieurs jours, mais sans leur en donner la raison, il préférait leur dire de vive voix, mais il savait qu'il était coincé à Rome jusqu'à la fin des funérailles.
Alexandre s'était rendu à la domus de son père où on avait rapatrié le corps. Après la conclamatio lugubre, l'appel rituel, le corps fut lavé, habillé, puis exposé sur un lit de parade au centre de l'atrium, tandis que des rameaux de cyprès teinté de rouge ornaient la façade. Durant plusieurs jours, la plupart des patriciens de la ville vinrent présenter leur hommage. Puis au soir du cinquième jour, le cortège funéraire, constitué des musiciens, de pleureuses et des "proches" de Léonius, conduisit le corps jusqu'à la nécropole, où un bûcher avait été dressé. Durant la crémation, un éloge panégyrique fut prononcé, puis une fois terminé les cendres furent déposées dans le tombeau de la gente Celsinus.
Tout était enfin terminé. Mais il avait encore du mal à réaliser, son père était mort et il était libre. Quand il parvint enfin à Capoua, il fut immédiatement accueilli par Kendra bien qu'on fut au beau milieu de la nuit. Elle semblait soucieuse.
- Tout va bien ?
- Ça serait plutôt à moi de te poser la question. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ceirdwyn s'est fait beaucoup de soucis et ça n'est pas bon pour l'enfant.
- Je sais, je suis désolé, mais je ne pouvais simplement pas vous l'annoncer par messager.
- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé, bon sang.
- Mon père est mort.
Kendra n'ajouta pas un mot et se contenta de le prendre dans ses bras. Après une longue étreinte, elle s'écarta doucement.
- Vas rejoindre ta femme, il sera bien temps de parler demain.
Ceirdwyn dormait et Alexandre se contenta de se glisser à côté d'elle Sans la réveiller.
Le lendemain, elle était déjà réveillée quand il ouvrit les yeux.
- Hey !
- Bonjour, tu vas bien ?
Il glissa une main sur son ventre.
- Oui, tout va bien. Mais et toi ? Qu'est-ce qui t'a retenu si longtemps.
- Mon père a été tué.
Il y eu un long silence, que Ceirdwyn finit par briser.
- Je ne vais pas te dire que je vais le regretter, mais il était ton père et je comprends que tu sois peiné. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Officiellement, un vol qui a mal tourné.
- Mais...
- Je pense qu'il s'agit d'un assassinat et je suis presque sûr qu'il s'agit de Blandus.
- Oh ! Mais pourquoi ?
- Quelques jours avant sa mort, j'ai parlé de notre situation à Blandus et sa réaction était étrange, mais je comprends maintenant ce qu'il avait en tête. Quant à la raison qui l'a poussé à faire ça, je pense simplement qu'il a vu ça comme le meilleur moyen de nous aider.
- Je sais que je ne devrais pas dire ça mais je crois que je lui en suis reconnaissance.
- Je vais t'avouer quelque chose moi aussi. Plus rien ne s'oppose à nous désormais.
