Salut, salut ! Les partiels sont finis, je suis libre, et voici enfin le chapitre X !
Bonne lecture :)
- CHAPITRE X -
Le Faucon, la Flèche, la Veuve et la Sorcière
Faces à faces, à la lisière de la forêt, Clint et Pietro se regardaient dans le blanc des yeux. Chacun littéralement prêt à sauter sur l'autre au moindre mouvement suspect, ils s'évaluaient du regard, se jaugeaient d'un air amusé.
« Je suis venu m'entraîner ici avec Natasha pendant que tu étais inconscient, dit l'archer. Je m'en souviens.
- Ah oui ? Et qui a gagné ? s'amusa Pietro.
- C'était ex-aequo. » mentit Clint en détournant les yeux.
Pietro se mit à rire de bon cœur et en forçant même un peu afin de souligner que la simple idée qu'il puisse rivaliser avec Natasha lui semblait absurde. Clint fit mine d'être vexé en se redressant comme un piquet et en faisant la grimace, provoquant cette fois une réelle hilarité chez Pietro. Il lui semblait qu'une éternité était passée depuis la dernière fois qu'il l'avait entendu rire, et Clint admit l'espace d'un instant que les harmonieuses notes de ce rire enjoué pouvaient être la cause du soudain sentiment de félicité qui fleurissait dans son cœur. L'entendre rire ainsi donna à l'archer l'envie irrésistible de sourire et il resta ainsi à l'observer jusqu'à ce que son rire se tarisse. Quand le silence retomba entre eux, seuls leurs sourires témoignaient de leur complicité retrouvée et nul n'aurait su dire ce que chacun d'eux venait de gagner dans cet échange.
« J'oublie encore quelque chose, pas vrai ? »
Clint venait de briser l'agréable silence qui s'était installé au milieu de leurs sourires et Pietro releva doucement la tête, trahissant dans un tressaillement les doutes qui l'accablaient soudainement.
« Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je ne sais pas. J'ai l'impression que j'oublie quelque chose d'essentiel. J'étais au téléphone avec Laura tout à l'heure et j'ai eu la pire nausée de ma vie. Quand je me suis réveillé, malgré le fait que les souvenirs m'étaient revenus, j'ai eu la sensation d'avoir oublié quelque chose. »
Pietro pris une profonde inspiration. Il n'était pas prêt pour cette conversation et il ne savait pas encore si tout lui raconter était une bonne idée. Peut-être fallait-il simplement feindre l'ignorance jusqu'à ce que la mémoire lui revienne d'elle-même.
« Et qu'est-ce que tu aurais oublié ? demanda-t-il.
- Je te l'ai dis, je ne sais pas. Je n'ai pas d'image précise, mais mon cerveau fait des connexions étranges qui n'ont aucun sens pour moi.
- Des connexions ?
- Quand je te regarde, je n'arrive pas à m'empêcher de penser à Laura, expliqua Clint. Ca n'a pas de sens. »
Pietro ne répondit rien et pour cause, il n'avait aucune idée de quoi dire en cet instant. Etait-il possible que Clint l'ait pris pour Laura ce soir-là, alors que son esprit était gangrené par le poison ? Clint n'avait plus jamais mentionné son acte après ce soir et la raison pouvait réellement être d'une telle simplicité. Il n'y avait jamais eu que Laura pour Clint. Le visage de Pietro se figea dans un masque d'indifférence totale. Tant que Clint ne se souvenait pas de cette nuit-là par lui-même, il ferait comme si elle n'avait jamais eu lieu. Et si Clint venait à ne jamais s'en souvenir, alors Pietro oublierait cette soirée à son tour et emporterait ce secret dans sa tombe. Après tout, il y avait peut-être une raison au fait que Clint se souvenait de tout sauf de ça. C'était peut-être l'étrange manière du destin de lui dire que tout ça n'avait été qu'un malentendu. C'était peut-être Clint lui-même qui rejetait purement et simplement Pietro. Dans les deux cas, il avait pris la décision de ne rien faire, de feindre l'ignorance et d'étouffer les élans de son cœur. Si c'était ce que Clint voulait, il y emploierait toute son énergie. Si son bonheur était auprès de Laura, alors il se contenterait d'être un ami ou de disparaître de sa vie.
Quand il sortit de ses songes, Clint l'observait avec un air curieux. L'archer s'approcha de Pietro et, restant néanmoins à une distance respectueuse, il le regarda au fond des yeux.
« Suis-je en train de te faire souffrir ? » demanda-t-il soudain, comme s'il avait lu en lui.
La surprise mêlée à une soudaine panique figea Pietro dans une stupeur qui dura bien trop longtemps. S'en rendant compte, Clint s'approcha encore davantage tandis que Pietro ne trouvait toujours pas la force de répondre malgré sa résolution à mentir. Soudain, alors que Clint était finalement assez proche pour le toucher, le Vif-Argent eût un malheureux réflexe et s'éloigna à toute vitesse de son ami. Clint se figea à son tour et resta coi tandis que Pietro, estomaqué par son propre comportement, ne bougeait plus.
« Euh... Désolé. Réflexe, dit-il, peu convaincu lui-même.
- Pietro. Je pense que je vais rentrer chez moi.
- Quoi...? s'enquit le jeune homme dans l'espoir d'avoir mal entendu.
- Banner dit que tout va bien, je n'ai plus aucune trace du produit en moi. Alors je vais rentrer chez moi. Ma femme et mes enfants m'attendent depuis trop longtemps.
- Ah... Oui. Ca fait déjà quatre mois. J'imagine qu'ils ont hâte de te voir...
- J'ai hâte de les voir aussi, répondit Clint.
- C'est évident. »
Un silence tomba autour d'eux alors que la conversation touchait à sa fin. Debout face à face, à plus d'un mètre de distance, ils ne se regardaient même plus dans les yeux, préférant observer chacun les amas de feuilles mortes jaunes et rouges qui trainaient à leurs pieds. Trente secondes passèrent ainsi, puis une minute, et finalement Clint fit le premier geste. Sans rien ajouter, sans relever les yeux, il quitta la forêt et rejoignit la plage en silence sans jeter un regard en arrière. Resté seul au milieu de la forêt, Pietro le suivit du regard jusqu'à ce que sa silhouette soit hors de sa vue et quand il fut certain que Clint ne reviendrait pas, il s'effondra à terre et laissa ses larmes couler sans retenue.
« Quoi !? »
La voix de Wanda venait de raisonner si fort dans le salon que Clint sursauta presque. Autour d'eux, Banner et Natasha ne disaient pas un mot mais affichaient clairement leur désaccord avec la décision qu'il venait d'annoncer. Vision, lui, n'y prêtait pas la moindre attention.
« Tu vas faire quoi !? insista la jeune femme.
- Je rentre chez moi. Je n'ai plus de raison de rester ici et Laura m'attends. »
Un triple soupir s'éleva dans la salle et l'archer afficha un air vexé face à la surprenante faible considération que ses coéquipiers avaient soudain pour sa famille.
« On ne peut pas te retenir ici contre ta volonté, mais tu es sûr que tu ne veux pas patienter encore quelques jours ? demanda Natasha. Ca fait déjà plus de quatre mois, quelques jours de plus n'y changeront plus rien désormais.
- Quatre mois c'est déjà beaucoup trop. Je dois rentrer maintenant.
- Pourquoi si soudainement ? Tu n'avais pas l'air de vouloir partir hier, s'enquit Wanda.
- Je ne sais pas vraiment moi-même. J'ai juste l'impression que... J'ai l'impression que je suis en train de perdre quelque chose de précieux. Et ma dernière conversation avec Laura m'inquiète. Je dois rentrer maintenant. »
Natasha et Wanda se jetèrent un coup d'oeil entendu. Une fois de plus, Clint comprenait les choses de travers et quoi qu'il fasse désormais, Laura avait déjà pris sa décision de le laisser partir. Mais peut-être avait-il besoin de se confronter à cette réalité pour faire face à la vérité.
« Comment va réagir Pietro ? chuchota Wanda pour elle-même.
- Il est déjà au courant et il a mieux réagit que vous. » répondit cependant l'archer.
Les deux jeunes femmes restèrent de marbre. L'air satisfait qui passait sur le visage de Clint exaspéra passablement la Sorcière Rouge qui retint l'irrésistible envie de le frapper qui lui chatouillait les phalanges.
« Evidemment qu'il a bien réagit, c'est un crétin ! s'énerva-t-elle. Franchement Clint, je t'adore, vraiment. Mais j'espère que tu t'en mordra les doigts ! »
Cette déclaration eu un effet dévastateur sur le sourire de Clint qui se fana instantanément et il observa le visage enragé de Wanda sans comprendre les raisons de sa colère. Elle amorça un geste pour quitter le salon, mais se ravisa soudain pour s'approcher de Clint.
« Tu sais pourquoi Pietro ne se plaint jamais !? dit-elle avec hargne. Quand nous étions petits, il pleurait beaucoup. Un vrai bébé. Quand il commençait il n'arrivait plus à s'arrêter et il faisait beaucoup de bruit. Un jour, pendant le premier hiver que nous traversions sans nos parents, il se plaignait d'avoir très froid et insistait pour qu'on trouve un endroit où passer la nuit. Alors on est entré dans une maison abandonnée pour dormir dans un endroit chaud à l'abri du vent et de la neige. Mais on ne savait pas qu'il y avait déjà quelqu'un dans la maison. Un groupe d'hommes, armés jusqu'aux dents. Quand on s'en est rendus compte il était trop tard, on ne pouvait plus rejoindre la sortie. Pietro avait très peur et il s'est mit à pleurer. Evidemment, le bruit qu'il faisait a attiré l'un des hommes vers nous et il avait beau essayer, Pietro n'arrivait pas à s'arrêter de pleurer. Je savais que si cet homme nous trouvait, il ne nous laisserait pas la vie sauve. Alors je l'ai attiré vers le sommet des escaliers grâce aux pleurs de Pietro et quand il est arrivé à notre hauteur, je l'ai poussé de toutes mes forces. Le bruit de sa chute a attiré tous les autres et nous en avons profité pour fuir cette maudite maison. Nous avons passé la nuit dehors ce soir-là et le lendemain matin, après avoir survécu par miracle au froid, nous avons appris que l'homme que j'avais poussé était mort dans sa chute. Quand Pietro a compris que j'avais tué cet homme à cause de ses pleurs, il s'est juré de ne plus jamais pleurer de sa vie et de ne jamais se plaindre non plus. Et quelques années plus tard, il a tenu parole en me suivant sans rien dire quand j'ai pris la décision de rejoindre les expériences de Strucker et de HYDRA !
- Je suis désolé pour tout ce qui vous est arrivé, répondit Clint, sincère. Mais je ne vois pas où tu veux en venir...
- Je veux en venir au fait que Pietro n'ira jamais à l'encontre de la décision de quelqu'un si il crois que ce serait agir de façon égoïste !
- Je ne vois toujours pas-
- Tu ne comprends décidément rien à rien ! s'énerva Wanda. J'espère vraiment pour toi que Laura sera plus persuasive, parce qu'entre Pietro et toi, mon choix est fait depuis ma naissance ! »
La jeune Sokovar tourna ainsi les talons et s'engagea vers la sortie sans lui accorder un regard.
« Aller salut ! Rentre bien dans ta petite ferme de campagnard ! Et quand t'en auras marre de faire semblant, aies les couilles de prendre la décision égoïste parce que Pietro, lui, ne le fera pas ! »
Clint jeta un regard perdu à Natasha, mais sa meilleure amie ne lui accorda qu'un regard de pitié à peine dissimulé et le laissa seul avec ses questions et sa perdition.
Wanda marchait d'un pas saccadé et rageur le long de la plage. Le comportement de Clint, bien qu'il était à moitié excusable par sa mémoire défaillante, la mettait hors d'elle. Elle avait le sentiment qu'il utilisait vraiment cette excuse comme un moyen de fuir la réalité et elle était persuadée qu'il savait au fond de lui ce qu'il était réellement en train de fuir. Si on lui avait posé la question il y a une semaine, Wanda aurait dit de lui qu'il était quelqu'un de droit et de responsable, mais le seul mot qui lui venait à l'esprit aujourd'hui était : lâche. Il était lâche de fuir maintenant en laissant les choses derrière lui comme si ça n'avait pas de conséquence. Il était égoïste de penser que Pietro était effectivement heureux de le voir rejoindre Laura et il était plus que tout lâche d'oublier l'amour qu'il portait à Pietro depuis le tout premier jour.
D'un coup de pied rageur dans un coquillage, Wanda laissa ses pouvoirs se manifester librement autour d'elle, comme pour empêcher quiconque en aurait eu l'idée de venir l'importuner. Pour autant qu'on pouvait le deviner en l'observant de loin, elle avait des envies de meurtre et elle avait les moyens de faire passer ça pour un accident. Néanmoins, un mouvement presque imperceptible à l'orée de la forêt attira son attention et les émanations rouges disparurent en un instant. Il y avait au milieu des arbres une présence invisible, comme un esprit sans corps qui hantait les lieux et donnait vie aux feuillages. Mais bien que ce genre de théorie la séduisait grandement, la seule réponse logique à cette énigme lui vint à l'esprit. Pietro courrait. Les branchages et les feuilles mortes suivaient sa course dans un courant d'air puissant et dévastateur et l'éclair bleu qui suivait chacun de ses pas tourbillonnait autour de la forêt toute entière. Wanda s'approcha. Courir était toujours sa réponse à tout. Pietro courrait pour tout un tas de raisons : parce qu'il aimait ça, parce qu'il était poursuivit, parce qu'il devait poursuivre quelqu'un, pour réfléchir, pour oublier...
« Pietro. » dit-elle dans le vent alors qu'elle arrivait enfin au niveau du flash bleu presque continuel.
Le jeune homme ne s'arrêta pas, malgré la soudaine accélération qui tendait pourtant à prouver qu'il avait entendu.
« Tu es en train de pleurer, n'est-ce pas ? »
Sa course se fit encore plus rapide au point que l'éclair bleu devint une simple ligne immatérielle et immobile traçant le chemin que prenait Pietro. Wanda soupira et fit un pas en avant, coupant soudainement la route à son frère. La voyant décidée à ne pas bouger, il l'attrapa dans ses bras sans cesser de courir et la serra contre lui de toutes ses forces pour lui éviter de se rompre le cou. Satisfaite, Wanda sourit en levant les yeux vers lui tandis qu'il courrait toujours et leva une main vers son visage.
« Tu vois, tu pleures. »
Pietro ne répondit pas, se contentant simplement de fermer les yeux aussi fort que possible pour tenter de retenir les larmes qui n'en finissaient pas de couler.
« Ca fait des années que je ne t'avais pas vu comme ça, continua Wanda. Tu as appris à pleurer en silence... »
Cette pensée lui brisa le cœur. Il était évident que ce n'était pas la première fois que son frère pleurait sans qu'elle ne s'en rende compte. Le voir perpétuellement sourire l'avait trompée et elle n'avait pas soupçonné un instant qu'il ait pu souffrir sans qu'elle ne soit au courant. Pietro la serra plus fort contre lui alors que le vent né de sa course fouettait leurs visages et faisait glisser ses larmes dans sa nuque.
« Pietro, je sais que c'est dur, je sais que tu souffres. Mais fais moi confiance. Dans les moments comme celui-là, je t'en prie, aies foi en moi. Il reviendra vers toi. Je le sais. Il t'aime, et même si il refuse de s'en souvenir pour le moment, il finira par te choisir. »
Une larme tomba sur le visage abattu de Wanda et, comme une maladie transmissible, elle provoqua les larmes de la jeune femme qui se mit à pleurer à son tour en silence, incapable de supporter davantage la souffrance de son frère.
« Je t'en supplie Pietro... Tu dois me croire. »
La course du Vif-Argent ralentit sensiblement et Wanda réalisa que Pietro avait remarqué ses larmes. Le vent si violent qui frappait son visage et ses oreilles se calma peu à peu et soudainement, l'air chaud de l'île réchauffa sa peau comme une douce brise d'été. Pietro s'arrêta de courir, le visage en larmes, et déposa sa sœur à terre avant de tomber à genoux comme un condamné à mort devant la potence. Wanda le regarda sans rien dire, la gorge nouée par l'émotion et les pleurs. Des hoquets secouaient son corps et dans le terrible silence qu'elle n'arrivait pas à briser, un râle de douleur s'éleva des tréfonds de l'enfer et s'épancha au milieu de la forêt mortifiée. Pietro hurlait d'une douleur trop longtemps retenue au milieu de ses pleurs et Wanda ne parvint à rien faire d'autre que de pleurer davantage face à cette triste image que son jumeaux lui offrait. Les oiseaux s'étaient tuent dans une triste commémoration et les vagues qui s'échouaient sur la plage avaient cessé de clapoter sur les roches. Seul les hurlements déchirants de Pietro s'élevaient autour d'eux. Les larmes coulaient le long du cou de Wanda et détrempaient le col de sa robe mais elle n'y prêtait pas la moindre attention. C'était la première fois de sa vie qu'elle voyait Pietro dans cet état, grabataire, hurlant de douleur et priant sans doute pour que tout s'arrête.
« Wanda... » souffla-t-il entre deux râles interminables.
C'était un appel. Il n'en fallu pas plus à la jeune femme. Tombant à genoux à terre à son tour, elle se précipita auprès de son frère et le prit dans ses bras dans l'utopique espoir de chasser ses démons.
« Je suis là, souffla-t-elle. Je suis là.
- Est-ce que je peux... oublier ? »
La voix de Pietro avait sérieusement déraillé alors qu'il prononçait le dernier mot et Wanda su que cette idée lui coûtait.
« Pietro, non ! Ecoute, je sais que c'est douloureux, je sais que ce n'est pas facile, mais je t'en supplie tiens le coup ! Il s'en souviendra, je te le promet ! Il sait déjà que tu es spécial pour lui, mais il est idiot tu le sais bien. Il a peur et il fuit, mais il t'aime réellement, il n'arrivera pas à le cacher bien longtemps ! Il n'a jamais su le cacher !
- C'est si facile d'oublier... couina Pietro.
- Non... C'est faux, répondit Wanda. Ces derniers mois ont été très durs pour Clint aussi. Et même avec la mémoire défaillante, il conservait son anormale affection pour toi. Crois-moi sur ce point, oublier n'arrange rien, ça ne fait que poser plus de questions. »
Les pleurs de Pietro se calmèrent un peu tandis que sa soeur lui caressait le dos en lui racontant les déboires de Clint, mais la douleur psychologique continuait à tendre chacun des muscles de son corps et à épuiser son esprit.
« Natasha et Bruce s'accordent à dire que la réaction de Clint face à ton retour était étrange, et je suis d'accord. Il a vécu son deuil comme moi j'ai vécu le mien. Pietro, tu dois comprendre que Clint a vécu ton deuil aussi violemment que moi, ta sœur jumelle. Il te connaissait à peine et pourtant, c'était comme si il perdait une part de lui. Je t'assure, mon Dieu, je te jure sur ma vie que Clint reviendra vers toi. »
Les hoquets de Pietro cessèrent à leur tour et sa voix s'éteignit finalement d'avoir trop pleuré. Réalisant que ses révélations avaient un effet positif, la jeune femme continua sur sa lancée en serrant son frère encore davantage contre elle.
« Si tu avais vu ce qu'il avait dans la tête, dit-elle, horrifiée à ce simple souvenir. Il se sentait tellement coupable, il souffrait parfois plus que moi. Il n'arrêtait pas de s'enfoncer dans un cercle vicieux d'auto-persuasion. La nuit j'entendais son âme hurler de douleur et son esprit la museler sans remord. Il souffrait tellement. Il était en train de s'effondrer. J'essayais de l'aider mais j'étais dans un état similaire et mes mots n'étaient un réconfort pour aucun de nous deux. Laura supportait son deuil sans un mot et le soutenait contre vents et marées, mais malgré tout ça il ne la voyait même plus. Et quand il me voyait moi, son esprit se brisait chaque fois un peu plus et il n'arrivait plus à penser à rien d'autre que les balles traversant ta chair et tes yeux braqués sur lui. Et chaque jour, j'entendais son cœur se briser un peu plus. »
Ces mots-là eurent le même effet sur Pietro que la foudre sur la cime d'un arbre. Son corps fut soudain parcouru d'un terrible frisson et Wanda desserra son étreinte pour l'observer dans les yeux.
« Je sais que ça n'effacera pas la douleur, dit alors Wanda. Mais crois en moi. Non. Crois en lui. Il reviendra. Parce que ce qu'il ressent pour toi va au delà de tout ce qu'il a déjà ressentit auparavant. Même amnésique, il te choisira. C'est une promesse sur laquelle je joue ma propre vie sans hésitation. »
Quand le jet de Tony se posa sur la plage, Clint eût un maigre sourire. Il avait trouvé la solution contre ce problème d'infiltration de sable finalement. Il ne lui avait pas fallu très longtemps pour y remédier, comme toujours. Ses affaires empaquetées dans un sac de fortune, l'archer se tenait devant la maison, droit comme un piquet. Seuls Natasha, Vision et Banner étaient venus lui dire au revoir. Il n'avait pas revu les jumeaux depuis la veille et le coup de colère de Wanda. Ce souvenir lui donna un coup au moral alors que Maria Hill descendait du jet pour le rejoindre. Il marcha vers elle d'un pas hésitant et jeta un dernier coup d'oeil vers la maison dans l'espoir d'apercevoir les visages de Pietro et de Wanda. Mais son dernier espoir fut balayé comme un grain de sable sous la tempête quand il vit que personne ne le regardait partir.
« Clint ! » sourit Maria alors qu'elle arrivait à sa hauteur.
Sans poser la question habituelle qu'on posait dans ce genre de retrouvailles, elle le prit dans ses bras et le serra contre elle aussi fort qu'elle en était capable.
« Mar- aïe ! Ouch ! Tu serres fort ! s'étouffa Clint sous la force de son étreinte.
- C'est à la mesure de la force de mon inquiétude, Agent Barton ! répondit-elle en le relâchant. Tu m'as fichue une peur bleue ! J'espère pour toi que tu es prêt à souffrir parce que ma vengeance sera terrible ! »
Clint sourit franchement face à la réaction de sa collègue. La d'ordinaire si calme Maria Hill s'était visiblement réellement inquiétée pour lui.
« Tu m'as manqué aussi, sourit-il.
- Bon, c'est bien mignon tout ça, mais on a pas toute l'année. Où sont les autres ? On doit repartir sur le champ.
- Comment ça « Où sont les autres ? » Il n'y a que moi.
- Non, non, non, vous avez reçu l'ordre de tous rentrer à New York dès que ta santé serait rétablie, expliqua Maria. Vous devez tous rentrer aujourd'hui.
- Je ne suis pas sûr qu'ils soient au courant de ce léger détail. »
Maria le regarda d'un air partagé entre l'incrédulité et l'ennui. C'était à Tony que l'information avait été transmise et il y avait fort à parier qu'il l'avait gardée pour lui.
« Je vais casser du milliardaire, grogna-t-elle avec impatience. Bon, allons les chercher. Ils ont un quart d'heure pour faire leurs valises, après ça on sera forcé à voyager de nuit. »
Clint et Maria se séparèrent alors pour récupérer chacun des Avengers qui vaquait à ses occupations sur l'île. Clint trouva Wanda et Natasha dans la chambre de cette dernière et Maria débusqua Pietro, Banner et Vision dans l'ancien labo du professeur. Ils les rassemblèrent tous dans le salon afin d'éclaircir la situation.
« Il y a eu un malentendu. Vous rentrez tous dès maintenant, expliqua la directrice adjointe du S.H.I.E.L.D.
- Quoi ? Mais pourquoi ? demanda Wanda.
- On avait demandé à Tony de vous transmettre l'information mais, comme toujours, il ne fait que ce qu'il a envie de faire. Le Directeur Fury a pris la décision de vous faire revenir dès que Clint irait mieux. Et puisqu'il est guérit et qu'il souhaite rentrer chez lui, vous rentrez aussi. »
Il n'y eu aucune réaction à cette annonce, qu'elle soit positive ou négative. Les Avengers n'avaient aucune réelle raison de vouloir rester sur cette île hors mis peut-être le climat et le calme, mais si le S.H.I.E.L.D avait décidé de les faire tous rentrer, alors soit, ils rentreraient.
« Vous avez dix minutes pour faire vos sacs, on se retrouve dans le jet. N'oubliez rien, on ne reviendra plus ici. »
Chacun se précipita alors dans sa chambre afin de récupérer ses affaires, à l'exception de Bruce qui s'approcha de Maria.
« Agent Hill, que va-t-il advenir de cette île et des recherches de Zacharia ?
- Sans corps pour prouver son décès, une transmission de bien n'est pas envisageable malheureusement. De façon officielle en tout cas. Vous étiez son plus proche parent donc j'imagine que c'est à vous que reviennent toutes ses propriétés.
- A moi ? Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire d'une île toute entière ?
- Et bien, si vous n'y trouvez pas d'utilité, peut-être accepterez-vous de laisser le S.H.I.E.L.D en trouver une pour vous ? Vous serez le propriétaire officiel de toutes les recherches et de la maison, en échange de quoi nous vous promettons de faire un bon usage de l'héritage de votre ami.
- On dirait que vous aviez déjà réfléchit à la question, soupira Banner.
- C'est mon rôle d'anticiper, Docteur Banner. Acceptez-vous l'offre ?
- J'imagine que oui... Je n'en ferais rien de toute façon. »
Maria eût un sourire satisfait et tendit une main à Bruce afin de sceller ce pacte.
« Bien, allons-y. Je vais appeler le Directeur Fury, nous partons dans cinq minutes. »
Et elle disparu à l'extérieur de la maison, laissant Banner et Clint tous seuls au milieu du salon.
« Alors ça y est, on rentre à la maison, dit Clint comme si il n'arrivait pas à se faire à cette idée.
- En ce qui me concerne, « maison » est un terme relatif. N'importe quel endroit où je pose mes affaires pourrait être appelé maison, répondit Banner.
- Je sais ce que c'est. J'étais dans le même cas quand j'étais jeune. A enchaîner missions après missions, ma maison n'était jamais la même, jamais au même endroit. Mais aujourd'hui j'ai une vraie maison, avec une superbe femme et des enfants formidables. Peut-être que vous y parviendrez un jour, avec Natasha.
- Il n'y a pas ce genre d'avenir pour un homme comme moi, même avec Natasha, soupira Banner. L'Autre continuera à m'appeler et à réagir, je ne serais jamais vraiment libre d'avoir une vie paisible et une famille. En fait, le S.H.I.E.L.D est ce qui se rapproche le plus d'une famille pour moi. Une famille qui m'accepte sans condition et qui sait me maîtriser quand c'est nécessaire. C'est presque triste... »
L'image de Laura apparu soudain à Clint en entendant ces mots. La dernière conversation qu'il avait eu avec elle au téléphone lui avait retourné l'estomac et elle avait admis entre deux phrases qu'elle ne savait pas si oui ou non elle avait peur de lui. Ce souvenir le renfrogna et l'envie de la voir immédiatement se fit plus intense que jamais. Si il y avait une chance de sauver quoi que ce soit, il devait tout risquer pour y parvenir.
Pietro et Wanda déboulèrent soudain dans les escaliers, les bras chargés de leurs sacs respectifs et croisèrent par hasard le regard déterminé de Clint. Celui-ci voulu dire quelque chose, n'importe quoi, mais les deux Sokovars avaient déjà fuit à l'extérieur de la maison avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche.
« Ce problème là, commença Banner. Il va falloir y remédier. »
Clint grogna en fixant la porte par laquelle les jumeaux avaient fuit d'un œil mauvais.
« Ouais, bah si vous avez un début de piste pour m'aider à comprendre, je vous écoute.
- C'est pourtant si simple. »
Ce ton presque pédant de la part de Bruce alluma une lueur dans le regard de Clint. Ils se croyaient tous si malin avec leurs énigmes à demi dissimulées et leurs sous-entendus flous, mais l'archer n'avait pas l'intention d'entrer dans leur jeu. Si ils avaient quelque chose à dire, alors qu'ils le disent et qu'ils cessent ces petits jeux d'esprit qui n'arrivaient qu'à lui taper sur les nerfs.
« Réglez donc le problème puisque que ça paraît si évident.
- C'est un problème simple, mais ce n'est pas mon problème. » répondit Banner avant de quitte la compagnie de Clint et de rejoindre les autres dans le jet.
Clint soupira. Pourquoi ses problèmes semblaient-ils toujours si simples aux autres et si compliqué pour lui ? Et par ailleurs, était-ce vraiment son problème ? Il ne savait même pas ce qu'on lui reprochait et encore moins ce qu'il avait pu faire de mal. Tout ce qu'il parvenait à comprendre pour le moment c'était que Pietro était visiblement au cœur du débat et, étrangement, il était le seul à ne rien dire à ce sujet. Clint soupira. Toute cette histoire commençait à lui prendre la tête et si personne n'avait l'intention d'éclairer sa lanterne, alors ce problème attendrait qu'il soit enfin rentré chez lui.
Lorsqu'ils furent tous à bord du jet, Banner jeta un dernier regard vers cette maison qui était la sienne désormais. Il était clair aux yeux de tous les autres qu'il n'avait aucune envie d'y remettre les pieds un jour et pourtant, il y avait sur son visage cet air mélancolique et indécis qui donnait l'impression qu'il quittait son foyer à regret. Clint repensa à la conversation qu'il avait eu avec lui juste avant de monter dans le jet. Et si finalement, c'était ici sa maison ? C'était probablement l'endroit dans lequel il avait passé le plus de temps sans interruption depuis l'accident de la bombe G et pas une fois l'Autre ne s'était manifesté. Il était possible que la simple idée de savoir qu'il ne pouvait blesser personne sur cette île déserte soit déjà un remède. Comme un placebo. Ne pouvoir blesser personne l'empêchait probablement de s'en inquiéter et donc d'y penser trop. Cette île le forçait presque à vivre une vie normale.
Clint se demanda si sa conclusion était la bonne lorsque Banner remonta dans le jet sans dire un mot. Allait-il vraiment laisser cette île derrière lui ? Il jeta un coup d'oeil à Natasha qui fronçait les sourcils de façon appuyée. Elle l'avait vu elle aussi, cet air rêveur et nostalgique qui s'était emparé de Bruce pendant quelques secondes. Malgré tout, elle ne dit rien, se contentant de suivre le physicien du regard sans chercher à s'approcher de lui. Alors Clint en profita pour la rejoindre.
« Je sais ce que tu vas dire, alors ne dis rien, dit-elle avant que son ami n'ait pu ouvrir la bouche.
- Quoi ? demanda Clint.
- On a tous remarqué. Mais évidemment, lui-même ne s'en rends pas compte.
- Pourquoi tu ne lui dis pas alors ?
- Parce qu'il se trouvera toutes les excuses du monde pour me prouver que j'ai tord, soupira-t-elle.
- C'est ridicule, il aime cette île, c'est évident qu'il ne veut pas partir.
- C'est évident pour nous, mais il est persuadé qu'il ne mérite pas de vivre ici. Tant qu'il n'aura pas compris ce qu'il veut vraiment par lui-même, je ne pourrais pas lui imposer cette idée. Parce qu'il est borné et aveugle. C'est amusant, j'en connais un autre comme ça.
- Hein ? l'interrogea Clint, pas sûr de comprendre où elle voulait en venir.
- Bon sang, qu'est-ce que vous pouvez m'emmerder tous les deux... » s'exaspéra Natasha, lasse et totalement désabusée.
Clint voulu répondre à l'attaque de sa meilleure amie, mais l'intervention soudaine de Maria Hill l'interrompit à la naissance de ses protestations.
« Bien, on décolle, dit-elle à haute et intelligible voix. Clint, si tu veux bien prendre les commandes. On doit d'abord passer au QG avant de vous laisser repartir chez vous. Le Directeur Fury veut vous voir. »
L'archer acquiesça sans dire un mot et pris place aux commandes du jet sans achever sa conversation avec Natasha. Il y avait décidément bien quelque chose qu'on lui reprochait et refuser de lui dire quoi était totalement puérile. Une sourde colère bourdonnait dans ses oreilles tandis que le jet décollait. Bon sang ce qu'il avait hâte de voir Laura.
A peine avait-il pensé cela que ses yeux se posèrent sur le reflet argenté de Pietro dans le cockpit métallique. Le Vif-Argent, pourtant grand et bien bâti, était affaissé sur lui-même, assit par terre à côté de sa sœur et le visage sombre. Cette vue, qui lui aurait d'ordinaire donné envie de faire une blague à ses dépends, l'énerva davantage. Pietro voulait-il lui aussi rester sur l'île ? Pourquoi ? Tant que sa sœur restait à ses côtés, peu importe l'endroit où il vivait, non ? Il n'y avait rien d'intéressant à faire là-bas hors mis nager et courir. A quoi lui serviraient ses pouvoir sur une pauvre île déserte du Pacifique ? La Tour Stark n'était-elle pas mieux ? Elle était plus proche de tout. Pietro comprenait-il que rester sur cette île signifiait quitter les Avengers ?
Mais alors qu'il réalisait ce qu'il pensait, Clint eût un sursaut. Pourquoi était-il d'accord avec l'idée que Banner veuille rester sur l'île mais pas avec le fait que Pietro aussi voulait y retourner ? Il secoua la tête un instant. Il fallait qu'il se concentre sur le plan de vol et sur Laura. D'ici une dizaine d'heures, il serait enfin de retour chez lui, auprès de sa femme et de ses enfants. Il jeta un dernier coup d'oeil aux jumeaux et aperçu Natasha s'approcher d'eux et s'asseoir à leurs côtés. Elle entama la discussion et Clint fut presque déçu de ne rien pouvoir entendre.
« Alors, dit-elle à l'attention de Pietro. Comment tu te sens ? »
La question resta en suspend quelques instants avant de recevoir une réponse. Pietro se racla la gorge comme pour réexercer sa voix à émettre des sons.
« Comme un mort-vivant, dit-il avec un bref sourire au coin des lèvres.
- Et bien, je ne suis jamais morte mais j'imagine que c'est logique.
- Je suis mort et je suis revenu à la vie, mais c'est comme si le monde avait un sens différent. J'ai une deuxième chance et je ne sais pas quoi en faire.
- Commence par ouvrir les yeux aux idiots. »
Depuis le poste de pilotage, Clint nota que quelques regards s'étaient brièvement posés sur lui.
« Ahah, les idiots de ce niveau sont irrécupérables, sourit Pietro avec mélancolie.
- Crois-moi, j'ai mon propre spécimen, répondit Natasha en désignant Bruce. Et je t'assures que le jeu en vaut la chandelle.
- Il m'a oublié.
- Oublier ne signifie pas que ses sentiments ont disparus. Je peux même t'assurer que, hors mis ta sœur, Clint est l'homme le plus heureux du monde quand il te voit. Ta mort a été l'épreuve la plus dure qu'il ait jamais eue à traverser et ton retour l'est tout autant.
- Comment ça ? » demanda Pietro, intrigué.
Natasha eût une légère hésitation avant de répondre et pris une grande inspiration. Il allait falloir être claire et diplomate. Elle regarda Pietro dans les yeux un instant et chercha la bonne façon de tourner ses mots.
« Avant toute chose, tu dois bien comprendre que ta mort n'a laissé personne indifférent. On a tous porté le deuil de ta disparition même si, soyons honnêtes, on n'a pas vraiment eu le temps de s'attacher à toi. Pour Clint c'était différent. Il ne t'as pas seulement vu mourir, il a été une variable déterminante dans l'équation. Il a eu le rôle très peu enviable d'élément déclencheur. »
Natasha se tut un instant. Elle hésitait à aller plus loin.
« As-tu quelques connaissances en psychologie ? demanda-t-elle.
- Non, répondit Pietro. C'est plutôt le domaine de Wanda. Je sais ce qu'elle veut bien m'expliquer, mais je ne peux pas dire que je sois un expert sur la question.
- Tu as quand même déjà entendu parler du « syndrome post-traumatique » ?
- Ca oui, acquiesça Pietro, un peu fier de ne pas être complètement ignorant.
- Bon, c'est déjà ça, admit Natasha. Comme tu peux t'en douter, le syndrome post-traumatique n'est qu'un terme générique qui sert à catégoriser les réactions violentes des victimes de traumatismes psychologiques lourds. Mais tout le monde n'a pas la même façon de gérer et de vivre avec un traumatisme, de la même manière que tout le monde n'a pas subi le même genre d'épreuve. Certaines personnes sont plus fragiles que d'autres, et certains individus acceptent plus facilement les évènements qu'ils ont eu à traverser. Ca dépend de beaucoup de choses : l'histoire personnelle, les traits de caractères dominants, le degré d'implication et d'exposition au danger, qu'il soit physique ou moral, et le soutient de l'entourage. »
Elle s'arrêta à nouveau, s'assurant que Pietro suivait et comprenait ce qu'elle essayait d'expliquer.
« Clint, lui, souffrait de ce qu'on appelle « la culpabilité du survivant ». Le terme parle pour lui-même, mais en clair, ça signifie qu'il s'en voulait d'être en vie alors que toi, tu n'étais plus là. Ton retour change beaucoup de choses et je crois que Clint ne sait plus vraiment où il en est. Il a compris certaines choses pendant son deuil et maintenant que tu es revenu dans sa vie, il doit s'y confronter. J'expliquais à Wanda la dernière fois comment son esprit avait déjà effacé des souvenirs dans le but de lui éviter la douleur psychologique qu'ils représentaient. Il ne s'en rends pas du tout compte. C'est un combat contre lui-même qu'il n'a pas conscience de mener, mais je sais qu'il vaincra ses démons. Il reviendra vers toi, il n'a pas le choix. Il croit retourner vers Laura, mais au fond il a déjà compris que son chemin le mène ailleurs. Il ne se rends pas compte que c'est toi qu'il s'efforce de rejoindre depuis plus de quatre mois. »
Pietro regardait Natasha d'un air surpris et perdu. Ses mots l'avaient figé de façon inattendue et sa bouche entre-ouverte refusa d'émettre le moindre son. Natasha sourit face à ce spectacle. Avait-elle réussit à lui redonner espoir ? Le sourire en coin de Wanda qui avait écouté sans rien dire confirma son intuition. Muet et perdu, Pietro risqua un regard vers le dos de Clint et ferma la bouche. Disait-elle vrai ? Clint était-il réellement engagé dans une lutte contre lui-même ? Et si il l'emportait sur son subconscient, que se passerait-il ensuite ? Il y avait tant de questions qui lui tordaient l'esprit maintenant que même la présence de Wanda à ses côtés se fit oublier. Il était perdu dans ses pensées, cherchant des réponses inutiles à des questions qu'il ne poserait jamais. Si Natasha disait vrai, il n'y avait plus qu'une chose à faire désormais : attendre. Attendre que Clint trouve en lui la force de se souvenir et d'accepter. Pietro ne pu s'empêcher de sourire franchement en réalisant cela. L'avenir sombre qu'il entrevoyait encore il y a cinq minutes devenait soudain plus léger et brillant. Peut-être cette deuxième chance avait-elle un sens finalement. Rassuré, le jeune Sokovar glissa sa main dans celle de sa sœur tandis que Natasha s'éloignait, souriante. Wanda se pencha vers lui et posa sa tête sur son épaule.
« Vraiment, vous êtes irrécupérables. Mes deux idiots. » sourit-elle.
Dans le reflet de métal, Clint laissa un sourire lui échapper à la vue de ce spectacle attendrissant. Ces deux-là avaient décidément une place particulière dans son cœur.
Voilà donc le chapitre X qui s'achève.
Il est un peu plus court que les autres,
mais il amorce quelque chose de plus grand !
Vos reviews sont les bienvenues :)
