Note : Pas de vraie histoire cette fois-ci. Ça aurait pu être un drabble mais j'ai beau essayer, si j'écris moins de 1000 mots j'ai l'impression qu'il y a arnaque.
Ce n'était pas *censé* être une songifc (je donne BEAUCOUP trop dans la songfic en ce moment) mais je recommande pourtant la version par Nouvelle Vague de la chanson "Bela Lugosi's Dead" don't les paroles sont utilisées ici. (La chanson est à la base du groupe Bauhaus mais cette version correspond mieux à la fic ^^.)
BELA LUGOSI'S DEAD
« Fini », déclara Severus avec satisfaction.
Sirius contempla son œuvre d'un air dubitatif.
« Quoi, elle ne te plaît pas, ma citrouille ? fit Severus.
– Elle a l'air complètement dépressif.
– Quoi ? Mais non.
– Mais si, regarde la mienne, dit Sirius. Elle a un sourire cruel et des yeux diaboliques ! La tienne… a l'air au bord du suicide. »
Severus leva le couteau avec lequel il avait découpé la citrouille et le pointa vers Sirius.
« Ma citrouille est très bien !
– Euh, oui, elle est très bien, c'est très bien les citrouilles dépressives, je n'ai pas dit le contraire…
– Viens un peu par ici, que je te taille un sourire cruel sur les fesses ! » fit Severus avec un rictus exagéré.
À cet instant, un hurlement déchirant s'éleva qui lui fit lâcher son couteau.
« Qu'est-ce que c'était que ça ?!
– Euh… la sonnette. Je l'ai changée pour l'occasion, expliqua Sirius. Sympa, non ? »
Il alla ouvrir et fut assailli par un vampire, deux zombies et une olive fourrée.
« La bourse ou la vie ! » piaillèrent les petits monstres.
Sirius prit un air terrifié et s'empara d'un énorme saladier rempli de bonbons, dont il donna une généreuse poignée à chaque enfant.
« Vous n'allez pas me tuer, hein ? » demanda Sirius, faussement inquiet.
Les enfants déguerpirent en riant.
White on white translucent black capes
Back on the rack
Bela Lugosi's dead…
« Ce n'est pas la même chanson que tout à l'heure ? fit Severus en haussant un sourcil.
– Si, répondit Sirius, mais ce n'est pas la même interprétation. J'en ai une dizaine comme ça. »
Sirius, qui tenait encore contre sa poitrine l'énorme saladier rempli de bonbons, enfourna avec entousiasme un marshmallow en forme d'œil humain. Severus grimaça légèrement.
« Et tu comptes passer ça toute la soirée ?
– C'est bien, pour Halloween, non ?
– Si on veut… C'est glauque. »
Sirius eut un grand sourire. Posant le saladier de côté, il vint s'appuyer sur l'accoudoir de Severus, qui feuilletait avec distraction un catalogue de chaudrons.
« Tu as peuuur ? » fit-il tout près de son oreille.
Severus le regarda avec un certain dédain.
« Bien sur que non. Ce n'est que de la musique. J'ai passé l'âge d'avoir peur le soir d'Halloween… même si tu as changé notre maison en château hanté.
– Ce ne sont que quelques toiles d'araignées, lanternes-citrouilles et faux fantômes !
– À propos des faux fantômes, tu pourrais enlever celui qui se trouve dans les toilettes ? Ça nuit quelque peu à l'intimité du lieu.
– T'es pas marrant. Quand on était gosses, Halloween, c'était une belle occasion de se faire peur ; maintenant on dirait mardi gras version nocturne. Ça ne te manque, pas, toi, le frisson d'Halloween ?
– Je préfère un bon feu », rétorqua Severus en rapprochant son fauteuil de la cheminée.
Sirius se redressa avec une moue.
« Quel pantouflard tu fais. Tu n'aimes pas avoir peur ?
– Non.
– Tu te fiches de moi. La tension, l'adrénaline, ça ne te rend pas euphorique ?
– Au mieux, ça me rend grincheux.
– Quoi, plus que d'habitude ? »
Severus referma son catalogue, définitivement grincheux.
« Tu crois vraiment que quelques citrouilles volantes peuvent m'effrayer ? J'ai été Mangemort. J'ai été agent double. Je connais la peur, j'ai vécu dans la peur, et la peur n'a rien d'amusant ! Ni d'orange, d'ailleurs.
– Non mais tu t'entends ? Qu'est-ce qui te prend d'évoquer tes histoires d'agent double alors qu'on passe une soirée sympa ?
– Je croyais que tu aimais mes histoires d'agent double ?
– Seulement dans la chambre, sourit Sirius.
– Mmh. Je continue à trouver tes fantasmes d'un goût douteux.
– Tu dis ça, mais tu ne t'en plains pas non plus. »
Severus dut bien l'admettre.
« Allez, Severus, fais un effort, pour moi. Qu'est-ce que tu dirais d'une sortie au cimetière derrière l'église ?
– C'est fermé la nuit.
– Et alors ? »
Severus le regarda d'un air désespéré.
« Sirius, on ne va pas s'introduire illégalement dans un cimetière !
– Pourquoi ?
– Parce que c'est complètement idiot, et irresponsable, et… idiot ! »
Sirius haussa les épaules et fit la moue.
« Oh, je vois.
– Quoi, qu'est-ce que tu vois ?
– Tu as trop peur pour aller dans un cimetière la nuit. Ça se comprend. »
Severus fronça les sourcils.
« Tu ne t'imagines pas que tu vas m'avoir comme ça, rassure-moi ?
– Je ne cherche pas à t'avoir ! Je ne vais certainement pas te forcer à faire quelque chose qui te fiche la trouille.
– Je n'ai juste pas envie de faire ça, d'accord ?
– D'accord », fit Sirius avec un insupportable sourire compréhensif.
Severus rouvrit son catalogue, surveillant Sirius du coin de l'œil. Il se maudit intérieurement.
« Tu as gagné. On y va. »
The bats have left the bell tower
The victims have been bled
Red velvet lines the black box
Bela Lugosi's dead…
« C'était quoi, ça ? demanda Sirius. D'énormes chauves-souris ?
– Mmh. Près du clocher, là ?
– Oui !
– Non, je crois que c'était juste des hiboux.
– T'es sûr ? Les hiboux ne se déplacent pas en groupe.
– … Bon, euh, dépêchons-nous, je compte pas passer la nuit ici. »
Sirius et Severus s'approchèrent de la grille du cimetière et regardèrent autour d'eux, avant de lancer rapidement un alohomora discret. Le portail s'ouvrit, et se referma, dans un grincement sinistre.
« Voilà, nous y sommes, fit Severus en tapant un peu du pied pour se réchauffer. Je ne vois vraiment pas l'intérêt.
– Viens, dit Sirius en lui prenant la main. Il y a de jolies sépultures par là-bas. »
Severus se laissa entraîner sans enthousiasme entre les rangées de tombes obscures. De temps à autres, Sirius s'arrêtait pour lire un nom sur une dalle ou pour enfourner un de ses bonbons aux formes plus répugnantes les unes que les autres.
« Regarde, cette statue de corbeau ! chuchota Sirius d'un air extatique en gobant une cervelle de rat en pâte d'amande. On dirait un vrai.
– Qui irait mettre une statue de corbeau sur sa tombe ? » s'étonna Severus en s'approchant.
Le corbeau étendit brusquement ses ailes et s'envola en croassant, arrachant un cri à Severus. Sirius pouffa de rire.
« Très drôle. Vraiment, très drôle.
– J'en reviens pas que tu aies vraiment cru que c'était une statue, hahahaaa !
– Depuis quand les corbeaux sortent la nuit, d'abord ?
– Tu as raison, c'est un mauvais présage, haha…
– Tu vas faire moins de bruit, oui ? On va finir au commissariat par ta faute.
– Désolé mais il fallait voir ta tête ! Mouahahahaaa… "Quelques citrouilles volantes ne vont pas m'effrayer", qu'il disait…
– Sirius, chut ! Je crois que j'entends quelqu'un.
– Mais oui, mais ouihihihi…
– Non, je suis sérieux. »
Severus passa derrière Sirius pour lui plaquer une main sur la bouche et l'entraîner, encore tout agité de gloussements, dans l'ombre d'un tombeau. Sirius se calma. Des bruits de voix arrivaient effectivement par leur gauche.
« On dirait des chants… » murmura Sirius.
Severus le serra plus fort contre lui, parcouru d'un frisson.
« On devrait s'en aller.
– Non, attends, dit Sirius. Je veux savoir… »
Il se tut comme des formes blanches éthérées arrivaient dans leur champ de vision.
Undead undead undead…
Trois jeunes filles déguisées en cadavres de mariées apparurent, chantant ce qui ressemblait à une balade irlandaise mélancolique. Leur chant fini, elles éclatèrent de rire sans raison apparente, et commencèrent à ramasser des fleurs sur les tombes pour se les lancer au visage en poussant des cris, aussitôt suivi de "chuuuut" et de davantage de gloussements.
Sirius grimaça et leva les yeux vers Severus, qui faisait la même tête.
« Ah les filles, ce que c'est bête, je vous jure, grommela Sirius.
– Et tu as vu ça ? Aucun respect pour les morts.
– La-men-table.
– Ça ne devrait pas être autorisé à circuler dans un cimetière.
– D'ailleurs, elles n'ont pas le droit d'être là ! »
Les deux hommes échangèrent un regard, puis un sourire.
« Tu penses à ce que je pense ? fit Sirius.
– Oh, oui. »
Sirius sortit de sa poche son paquet de bonbons et sa baguette magique. Severus tendit la main en ricanant d'avance.
The virginal brides file past his tomb
Strewn with time's dead flowers
Bereft in deathly bloom…
Quelques minutes plus tard, les trois fausses mariées s'enfuyaient en hurlant. Sirius s'écroula de rire hors de sa cachette, tandis que Severus, tout en essayant de se contenir davantage, ne pouvait s'empêcher d'afficher un sourire hilare.
« Tu as vu la tête de la blonde quand j'ai envoyé la chauve-souris en réglisse dans ses cheveux ? disait Sirius.
– Haha, oui, c'était quelque chose, reconnut Severus. Je dois dire je préfère nettement quand tu te moques des autres plutôt que de moi.
– Je ne me moque jamais de toi ! Tu me fais rire, c'est différent. »
Severus sembla trouver l'argument fallacieux. Sirius l'enlaça tendrement dans ses grands bras et toucha son nez du bout de son nez.
« Alors, ça ne t'a pas plu, notre petite frayeur ?
– Encore une fois, je préfère quand ce sont les autres qui crient de terreur, marmonna Severus avec un frisson.
– Oooh, tu es tout tremblant ! s'attendrit Sirius.
– J'ai froid ! Il fait froid ! Tu n'as pas froid ?
– Mmh, non, rarement quand j'ai l'homme que j'aime dans les bras. »
Severus plissa les yeux.
« Nous sommes dans un cimetière, Sirius.
– Et ? On a le droit de s'aimer dans un cimetière.
– C'est cela, fais l'innocent, mais je sais détecter tes sous-sous-sous-entendus.
– Haha, oui, bien sûr. C'est comme cela que tu réussis toujours à te persuader que c'est moi qui fais le premier pas vers le lit.
– Tu sous-entends que je suis de mauvaise foi ?
– Moi, je ne sous-entends jamais rien ! Je le dis !
– Han ! s'outra Severus, s'arrachant à l'étreinte de Sirius.
– Dès que je parle de chaud, ou de froid, tu vois un sous-entendu, fit remarquer Sirius. Tu te rappelles la fois où je t'ai dit qu'on n'avait plus de glaçons ?
– … »
Severus retourna un caillou du bout du pied, l'air boudeur.
« Cela dit, reprit Sirius, à part le moment où on a fait tomber le blender par terre, c'est plutôt un bon souvenir. »
Severus soupira et laissa Sirius le reprendre dans ses bras avec un semblant de complaisance.
« On n'a jamais réparé ce blender.
– Non, et tes smoothies me manquent, fit Sirius d'un air attristé.
– Je comprends ça. Après tout, je suis le prince du smoothie à la framboise. En rentrant à la maison, on répare ce blender.
– Oh, mais il y a un problème.
– Quoi ?
– On n'a plus de glaçons. »
Severus haussa un sourcil, puis deux, et un sourire étira ses lèvres minces. Son baiser commença debout, très classiquement, puis se poursuivit dans les airs, le bref instant après que la porte du tombeau auquel était adossé Sirius s'ouvrît brusquement, pour finir dans une position indéterminée sur le sol dudit tombeau, très accueillant par ailleurs.
Alone in a darkened room
The count
Bela Logosi's dead
Undead undead undead…
« Et le respect des morts, Severus !
– Les morts n'ont pas la télé, ils s'ennuient.
– Mmh, pas faux. »
