10.
- Les Squales nous poursuivent, avertit l'Ordinateur Central de la Flamboyante.
- Ca va être chaud, gronda Nymiel. Je n'ai jamais défendu, encore moins combattu… Et pourtant je dois éloigner mes deux passagers, enfin les cinq passagers !
- On pousse les réacteurs à fond ? suggéra Pryom.
- Insuffisant. Les Ghéoriens ont prouvé parvenir à percer des boucliers occulteurs et avoir la ténacité de poursuivre leurs ennemis sans renoncer ! Mais ils ne nous avaient pas vu arriver – ici et près de Tyrène - on va continuer à jouer sur notre avantage, nous sommes de guerriers ! Et on n'abandonnera jamais nos amis !
- Que puis-je faire ? s'enquit Pryom. J'envoie nos quelques chasseurs, nos quelques Erguls à la mort car eux aussi n'ont en réalité jamais volé hors d'un simulateur ?
- Non, je ne pense pas que ce sera nécessaire. J'espère. On va juste filer, dans une phase de début !
- Je ne comprends pas… A tes ordres, Nymiel.
Le jeune second se racla la gorge.
- Je ressens des effets étranges en moi. Est-ce que c'est de la peur ?
- Oui.
- Nous ne sommes venus au monde pour la peur…
- Et nous ne nous inquiétons pas que pour nous mais aussi pour nos amis, Alie et ceux pour lesquels il a tout donné. Oui, la peur, et je ne peux pas rassurer mes propres fidèles. Je suis désolé.
- Nous ne sommes pas programmés pour les excuses.
- Quand un ami failli, si. J'avais promis de veiller sur notre petite colonie. Et là en plus je ne pense pas arriver à sauver mes amis… Nous sommes dans cette mer d'étoiles comme disent ces deux balafrés, Zunia ne peut rien pour nous et les Squales sont des ennemis métalliques et tout-puissant que nous avons à laisser en épaves derrière nous… Mais j'ignore comment agir sans gaspiller nos quelques salves de missiles… Par les Symphoras et les Dieux de nos amis, il nous faut de l'aide !
Et malgré lui, Nymiel, les mains sous sa console de commandement, les joignit en un signe de prière, tous les doigts écartés.
Pryom grogna, mais encore obéissant.
- Ton amitié ne va pas te survivre, les Squales nous canardent !
En une étrange et bienvenue coïncidence, Alérian et Warius rouvrirent les yeux.
- Ça secoue ici…
- C'est un combat en bonne et due forme ! Et tout indique que nous sommes sur un Drakkar !
- Tu dois l'arrêter, c'est un ordre, colonel Rheindenbach !
- Tu vas arrêter d'user de ta suprématie, vieux croûton ! ? Des ordres, tu n'as que cela à la bouche ! Je me suis fait défoncer les côtes pour te ramener ! Mais là c'est un affrontement galactique, j'y vais, Nymiel est seul !
- Oui, j'ai appris, sans rien comprendre de cette expédition alors que j'attendais le Firestarter avec si possible le Géroboar en appui… Il n'y a donc que ce seul cuirassé Ergul, avec ton ami inexpérimenté aux commandes… Aide-le, Alie, cet Ergul est exceptionnel !
- Oui, c'est mon ami ! J'ai à ramener tout le monde ! Ce sont tes ordres !
- Désolé…
- Des nèfles, amiral de carton !
Se relevant, ses côtes lui coupant le souffle à chaque mouvement, Alérian quitta l'étrange assemblage totalement inhumain qui composait néanmoins l'infirmerie des Erguls.
« Si seulement je savais comment on est sortis de la sphère des Ghéoriens, je ne me souviens de rien… Et les pétales de ma rose pendentif sont blancs, vides… ».
Se traînant dans les couloirs du Drakkar, Alérian parvint tant bien que mal jusqu'à la passerelle.
- Le point ?
- Nous sommes sans protection…
- Des armes, Nymiel ?
- Non. Il ne reste, à notre niveau Ergul que nos forces télépathiques.
- Celles qui ont dévasté à l'époque mon esprit d'adolescent en pénétrant tout ?
- Oui…
- Alors, vas-y !
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas le temps de te donner une formation accélérée de commandant. Mais avec ton pouvoir, tu peux tout extraire de moi et t'en servir. Alors, vas-y, entre dans mon esprit !
- Je suis jeune, je ne pourrai pas contrôler mon pouvoir, je vais t'affecter ! Je ne saurai pas te protéger, mon ami !
- Fais-le, pour affaiblir au moins nos ennemis !
- Bien.
Et Nymiel projeta sa puissance insensée télépsychopathique pénétrant l'esprit d'Alérian au plus profond.
