Bonsoir,
Vous vous rendez compte que cette histoire vient de dépasser les 100 commentaires et favoris ? C'est fou, je vous remercie de porter toujours autant d'intérêt après tout ce temps.
A la base je pensais faire un chapitre "court", c'est finalement le plus long chapitre de l'histoire. Fail. Mais il va s'en passer des choses que vous aimerez, du moins j'espère.
Bonne lecture !
3 janvier 2002
Pansy sentit un frisson parcourir son corps et ses doigts se resserrèrent autour de sa tasse de thé que venait de lui servir Dizzy. Le simple fait de voir la neige tomber à travers la fenêtre la congelait. Elle ne parvenait toujours pas à s'y faire à cette quantité de neige, Godric's Hollow devenait méconnaissable durant l'hiver.
« Tu as froid ? » S'enquit tout de suite Ronald qui était en pleine discussion avec son frère qui venait tout juste d'arriver.
Cela devait faire seulement trois quarts d'heure que le dragonnier avait posé ses bagages dans la chambre d'invité, l'une des nombreuses chambres présentes, pourtant la jeune femme voyait déjà l'effet que cela produisait sur son camarade. Ronald avait perdu instantanément sa morosité. Pansy n'était pas dupe. Malgré l'implication irréprochable du roux dans sa grossesse, malgré son épanouissement grandissant auprès d'Ollivander, Pansy voyait bien qu'il était toujours rongé par les propos de sa mère. Cela faisait six mois, que l'homme n'avait pas vu sa mère, ainsi qu'une grande partie de sa famille.
« Non.
- Ne sois pas têtue. »
Ronald lança un accio et se saisit d'une couverture qu'il mit aussitôt sur les genoux de sa femme, celle-ci fit un simple signe de la tête en guise de remerciement, puis sirota une gorgée de thé avec plaisir.
« Désolé encore d'être arrivé seulement aujourd'hui, j'ai dû feinter. » S'excusa pour la troisième fois l'aîné, « Papa te passe le bonjour, il espère que tout se passera bien.
- Il sait que tu es là ? » Demanda suspicieusement Ron.
« Merlin, non. J'ai dit à tout le monde que je repartais à la réserve. Mais tu sais, c'est impossible de faire croire à papa que je suis de passage sans venir te voir. Il s'en doute bien. »
Le cadet fut soulagé, bien qu'un peu coupable à l'idée que Charlie soit obligé de mentir sur sa présence chez lui.
« Ça s'est bien passé ? » Continua-t-il prudemment.
Charlie eut une petite moue et le Serpentard comprit de suite qu'il craignait de parler.
« Ne t'inquiète pas, je doute que ce soit pire que cet été. »
Le dragonnier avait été particulièrement secoué lorsque Ron lui avait fait part de la réaction de leur mère. Ça ne lui ressemblait pas.
« Audrey est enceinte jusqu'aux dents, elle devrait accoucher dans deux ou trois jours. Maman cache difficilement son impatience…
- Quelle surprise… » Marmonna Pansy en remontant la couverture.
« Fred et George ont mis les pieds dans le plat en parlant de vous, et… Ça a jeté un froid. »
Bien que touché, le Serpentard soupira. Il avait vu quelques fois les jumeaux à leur boutique, ils s'étaient d'ailleurs excusés à la place de leur mère. Ronald voyait bien, d'après ce qu'ils racontaient, qu'ils essayaient de raisonner leur mère. Il leur avait dit de ne pas forcer. Il refusait l'idée que Fred et George puissent se disputer avec elle, surtout s'il était la raison de leur discorde. Mais comme d'habitude, ils ne faisaient qu'à leur tête. Ronald ne voulait pas semer davantage la zizanie au sein de sa famille.
« Ils ne sont pas possibles…
- Mais c'est vite passé aux oubliettes parce que… Comment le dire ?
- Qu'est-ce qui peut être pire, sincèrement, Charlie ?
- Harry a fait sa demande de fiançailles à Ginny. »
Un rire sans joie échappa à l'hôte. Bon sang, le Survivant allait devenir son beau-frère, pour de bon. Mais au point où il était, cela semblait presque insignifiant.
« Tu as d'autres nouvelles incroyables à annoncer avant qu'on discute de choses plus joyeuses ?
- Hormis que maman attend toujours que je ramène une femme ? Non. »
Ron ne put s'empêcher de sourire, la vie amoureuse de Charlie était un comique de répétition. Il plaignait néanmoins son frère qui allait devoir subir cette pression chaque année. Sauf si le dragonnier trouvait le courage d'expliquer son asexualité.
« Elle finira bien par lâcher l'affaire, non ? » Se rassura l'expatrier.
« Ou croire que tu es zoophile avec tes dragons. » Lança Pansy, l'air de rien.
La remarque ne manqua pas, Charlie écarquilla les yeux.
« Pansy, ne le bouscule pas s'il te plaît. » Demanda-t-il doucement.
« Ce n'est rien, j'ai un mois pour m'habituer à vivre avec vous, après tout. » Déclara Charlie pragmatique, « Pas trop angoissés par l'arrivée du bébé alors ?
- Bien sûr que c'est l'angoisse, il y a encore plein de choses à mettre en place. Il faut que je m'occupe du parquet qui grince dans la chambre du bébé d'ailleurs…
- Calme tes ardeurs Ronald. Je ne t'ai jamais vu aussi organisé, tout est bon. » Le coupa la Serpentard.
Si Pansy était méticuleuse pour préparer l'arrivée de leur enfant elle ne s'était pas attendue à voir Ronald aussi prévoyant. Depuis le début de sa grossesse, le roux se démenait pour garantir son confort. Des fois, cela l'agaçait. Mais, rapidement, elle se rendait compte qu'elle avait de la chance avec son mariage. Son camarade était présent et respectueux, impliqué comme de rares maris pouvaient l'être dans des unions arrangées. Oui, elle était chanceuse.
14 janvier 2002
Ronald était assommé, sans doute moins que Pansy, à l'entente des pleurs tonitruants. La jeune femme était en sueur, légèrement pâle. Le roux attrapa aussitôt le verre d'eau qui se trouvait sur la table de chevet pour le porter aux lèvres de la Serpentard. Son regard se reporta bien rapidement sur la petite chose hurlante et sale qui reposait sur le ventre de la femme.
« Félicitations, c'est un garçon ! »
Le roux devait se tenir aux barreaux du lit pour ne pas tomber. Les jambes flageolantes et le cœur battant à tout rompre, il ne parvenait pas à croire qu'il était là. Leur enfant était là. La sage-femme frottait énergiquement le dos du nourrisson pour le nettoyer tandis qu'il criait. Il dut finalement s'asseoir sur la chaise pour ne pas succomber à ses vertiges. Son regard faisait des allers-retours entre le nourrisson et Pansy, qui malgré la douleur et la fatigue apparentes, gardait une expression digne.
« Comment souhaitez-vous l'appeler ? »
Ils avaient discuté des heures et des heures pour se mettre d'accord, et ce, dès qu'ils avaient découvert la grossesse. Tous les deux avaient épluché leur arbre généalogique pour ne pas faire de doublon. Ronald n'avait jamais été un grand fan des noms commémoratifs. Il se voyait mal appeler son enfant comme son arrière-grand-mère ou comme son oncle. Il fallait aussi trouver des prénoms traditionnels, en accord avec le reste de la famille… Autant dire qu'il s'agissait d'une mission délicate. Finalement, arrivés au cinquième mois, ils s'étaient accordés sur deux prénoms, dont Greta s'il s'agissait d'une fille.
« Hugo. » Répondit Pansy.
La sage-femme le nota sur sa fiche et reprit l'enfant pour le peser et le mesurer. Par la suite, elle expliqua une multitude de choses sur comment s'occuper d'un nourrisson. Ronald voulait écouter pour tout retenir, en vain, il ne parvenait pas à se concentrer. Ce fut seulement après une demi-heure d'explications, que la sage-femme vint déposer le petit garçon dans les bras du Serpentard.
L'homme resta d'abord pétrifié par ce premier contact. Abasourdi par la petitesse de l'enfant qui s'était calmé quelques instants. Ronald le regardait, cette chose âgée de quelques minutes et dénuée de tout ressentiment. C'était un bébé qui exprimait seulement des émotions primaires, brutes.
C'était fascinant de rencontrer ce bébé vierge de toute influence, et qui pourtant, allant devenir une personne à part entière. Tout doucement, Ronald souleva le nourrisson pour le caler contre son torse, son visage alla frotter faiblement le sommet du crâne de son fils.
Il était papa. L'idée le faisait trembler, mais il en pleurait de joie.
27 janvier 2002
Ron avait l'impression de passer ses journées à admirer Hugo, même lorsqu'il dormait paisiblement. Pansy lui disait alors de profiter de ce bref moment d'accalmie pour se reposer, ou, pour travailler. Le Serpentard faisait la sourde oreille malgré sa fatigue. Et puis, il avait surpris à plusieurs reprises sa camarade à ne pas respecter ses propres conseils. Charlie aidait, le jeune Weasley qui s'était habitué à cohabiter avec son frère, préférait ne pas penser au départ très proche de celui-ci.
Sans grande surprise, le Serpentard avait découvert que le dragonnier avait une fibre paternelle toute particulière, il avait une aisance étonnante lorsqu'il s'occupait d'Hugo. Pourtant, Charlie rejetait catégoriquement l'idée d'avoir des enfants : « J'ai trop joué à la maman, petit », expliquait-il. Et ça, Ron pouvait comprendre la lassitude de son frère.
La cheminette crépita alors qu'ils étaient tous présents dans le salon. Mamé Zabini apparut, toujours incroyablement élégante au fil des années, les bras chargés de sacs.
« Ronald, mon chéri ! » S'exclama-t-elle en posant sa charge au sol avant de se diriger vers l'homme.
Elle vint enlacer le roux et lui flanqua une bise sonore sur la joue. La femme se dirigea vers la maîtresse de maison pour lui faire une bise plus contenue.
« Ma chère Pansy, ravie de te revoir. Tu es ravissante mais tu devrais te reposer, je connais une excellente adresse où ils font de merveilleux massages et… Oh, mais qui est ce charmant jeune homme ? » Demanda-t-elle en apercevant Charlie.
Il était toujours aussi incroyable de constater à quel point Madame Zabini était extravagante alors qu'elle était une Serpentard redoutable, à ne provoquer sous aucun prétexte.
« Charlie Weasley, enchanté. » Se présenta le dragonnier en recevant la poignée de main énergique de la femme.
« Charlie, évidemment ! Qui d'autre… Ravie de faire ta connaissance, je suis Mamé Zabini. »
Le sourire de Charlie se crispa légèrement à la mention du nom, devenant brusquement gêné. Il pensa brièvement à Blaise, il espérait que ce dernier ne lui en voulait plus de l'avoir rejeté…
« Mamé, as-tu acheté un magasin entier ? » Questionna Pansy qui examinait la dizaine de sacs sur le plancher.
La femme émit un son de dédain.
« Ça ? Non, ce sont de simples broutilles. Je me suis contrôlée cette fois !
- Je vois ça… » Ricana Ronald.
« Attends mon chéri… C'est la moindre des choses pour Hugo. Je lui ai acheté que le strict minimum. Où est la petite merveille d'ailleurs ?
- Dans le petit salon, il dort. »
Pansy invita la femme à la suivre et ils migrèrent vers le petit salon. Pansy n'aimait pas l'idée de laisser Hugo seul à l'étage, elle avait installé un berceau dans la pièce adjacente, afin d'être sur le qui-vive en cas de pleurs. Le nourrisson dormait effectivement, bien emmitouflé et ses minuscules poings serrés. Doucement, elle massa son ventre pour le réveiller. À peine Hugo commença à papillonner des yeux que Mamé s'extasia.
« Merlin, je n'arrive toujours pas à y croire ! Qu'il est adorable… Presque autant que Blaise. »
Voyant bien que son invitée se retenait de dorloter l'enfant, Ronald prit son fils dans les bras pour le transmettre à Mamé. Le visage de cette dernière s'illumina à son contact.
« Bonjour petite puce… »
Ronald avait réfléchi durant des mois lorsque Pansy lui avait demandé de choisir la marraine d'Hugo. Il s'était retrouvé coincé, il ne pouvait pas nier qu'il manquait terriblement de fréquentations féminines. Et si l'idée de le demander à Daphné lui était passée par la tête, il n'était pas si proche que cela de son ancienne camarade de maison.
C'était certainement étrange de nommer la mère de son meilleur ami pour ce rôle. Il se rappelait encore du jour où il avait rencontré cette femme qu'il avait craint du haut de ses douze ans. Une décennie plus tard, celle-ci devenait la marraine de son fils. Ce choix était certes original, cependant Mamé Zabini était devenue au fil des années, une figure maternelle de remplacement.
Il était loin, le mythe de la veuve noire. Il s'agissait avant tout d'une femme qui allait gâter de manière inimaginable son fils tout en lui inculquant ses valeurs…
X
Tard le soir, après que Mamé eut élaboré des dizaines de projets pour Hugo dans les années à venir, le couple discutait tranquillement devant la cheminée. Charlie, lui, était tombé de fatigue, assommé par l'énergie déconcertante de la mère de Blaise.
« Tu imagines le progrès que ce serait si toutes les femmes pouvaient avoir la chance de concevoir un enfant sans craindre les mœurs ? » Déclara Pansy qui tenait entre ses bras Hugo qu'elle venait d'allaiter.
Ronald regarda le nourrisson endormi, toujours autant émerveillé par cette vision.
« Tu devras faire face aux scandales, mais ça, tu ne t'en soucies pas.
- Un de plus ou de moins, tu me diras…
- Madame, maître, vous avez de la visite. » Intervint la voix fluette de l'elfe de maison.
Les Serpentard se concertèrent d'un regard, il était plus de vingt-trois heures.
« Qui est-ce ?
- Monsieur Malfoy, madame. »
Déconcertés, les deux Serpentard ne répondirent rien.
« Dizzy doit-elle demander à Monsieur Malfoy de partir ?
- Non… Non, c'est bon. » Se reprit Pansy.
Ils savaient que Malfoy rentrait ce mois-ci en Angleterre mais sa venue n'était pas prévue. Et, après tout ce que Ronald avait vécu ces deux dernières semaines, il avait l'impression que Malfoy allait être la chose de trop. Il n'était pas prêt à le revoir après trois ans d'absence.
Dans le couloir, des pas résonnaient et Ronald fixait avec crainte la porte.
Alors comment devait-il réagir lorsque Draco Malfoy apparut devant lui, fier et droit, le visage tiré par la fatigue ?
« Bonsoir Pansy… »
Ronald ne reçut aucune salutation. Il ressentit subitement une aversion pour l'homme qui n'avait même pas jugé nécessaire de les prévenir de son départ trois ans plus tôt.
Mars 2002
Trois mois, Ronald peinait à y croire. Et pourtant, il était là, assis sur le tapis du salon en train de tenir son fils qu'il callait contre ses cuisses. Il n'avait rien perdu de son émerveillement malgré sa perte de sommeil. Il ne pouvait pas s'empêcher de le câliner, de jouer avec les minuscules mains et ces pieds ridiculement petits. Au fil des semaines, il avait pu voir quelques signes distinctifs apparaître chez Hugo. Le bébé semblait prendre les traits de Pansy, c'était sans doute difficile de le savoir véritablement. Par contre, ce qu'il savait avec certitude, c'était qu'il avait ses yeux, d'un bleu profond, encore un peu sombre à cause de son jeune âge.
Il se souvenait de la première fois qu'Hugo l'avait regardé, réellement regardé. Comme si le bébé prenait enfin conscience de l'immensité du monde et qu'il interagissait avec. Ronald avait vu son enfant le fixer comme pour la première fois. Alors, ce regard rendait son cœur un peu plus apaisé.
Ce n'était pas si important si sa famille s'éloignait, car aujourd'hui, il ne pensait plus qu'à ce petit être qui ne cessait de grandir de jour en jour. Hugo ne serait pas seul, il était là, Pansy aussi. Faute de cousin ou de cousine, le dernier Weasley grandirait avec d'autres enfants… Theodore et Magda attendaient leur premier enfant d'ailleurs.
Pour la première fois, Ron avait l'impression de diriger sa vie comme bon lui semblait. Il ne restait plus qu'une ombre au tableau. Malfoy échappait à son contrôle.
14 janvier 2003
« Nous t'avions pourtant dit de faire une réception au manoir et non ici. On dirait un banal repas entre sang-mêlé. » Reprocha une voix pincée.
« J'entends, j'entends… » Répondit sans réelle conviction Pansy.
« Et quelle idée de restreindre autant les invités ? Quel embarras pour nos amis qui attendaient une invitation…
- Mère, tes amis ne sont pas les miens. Si tu me permets… »
Pansy s'écarta de sa mère pour se diriger vers son mari qui tenait Hugo entre les bras. Ce dernier lançait un regard curieux, presque inquiet, à travers la pièce envahie d'individus. Il restait lové contre son père. À l'approche de sa mère, le petit releva la tête et tendit un bras vers elle. La jeune femme récupéra l'enfant. Ronald était en pleine discussion avec les jumeaux Weasley qui venaient d'arriver.
« Peut-être que papa viendra.
- Ne te fais pas trop d'espoir Fred, ça m'étonnerait. » Contrat George, plus réaliste.
« Ce n'est pas grave.
- Ron… Comme si tu vas nous faire avaler ça. Sincèrement, je pense qu'il serait venu si maman ne mettait pas autant de pression. Il vous transmet ses vœux.
- Papi Weasley te souhaite un bon anniversaire, bonhomme. » Dit Fred joyeusement en venant pincer la joue du garçon.
Évidemment, le jeune Hugo ne comprit pas et se contenta de s'agiter, non sans emmètre une exclamation joyeuse. Le Serpentard avait conscience que leur père faisait des efforts vis-à-vis de lui, il avait reçu quelques lettres de la part du patriarche. Mais jamais il n'était venu voir son petit-fils. Sans doute avait-il trop peur de ce que penserait Molly. Ron éprouvait de la rancune à cette idée. Son père aurait pu passer outre l'avis de sa femme. Il ne l'avait pas fait.
« Madame, maître. Madame Zabini et Monsieur Snape sont arrivés. » Se fit entendre Dizzy qui annonçait chaque arrivée.
« On ne se fait toujours pas à l'idée que vous ayez un elfe de maison… »
Ronald fit une moue.
« Ne me dénonce pas auprès de ta femme, Dizzy est bien traitée, promis. » Se moqua Ron en se retournant vers les deux invités qui s'approchaient.
Mamé était sublime comme à son habitude, Ronald avait l'impression de penser ça chaque fois qu'il la voyait. Rayonnante, son allure contrastait avec celui de son ancien directeur de maison qui n'avait toujours pas troqué ses habits noirs au fil des années.
« Mes chéris, quel plaisir de vous voir ! Oh, et mon petit Hugo… Comme tu m'avais manqué ! »
La femme noire n'avait pas vu son filleul depuis une semaine. Hugo lui offrit un grand sourire et il fut rapidement délogé des bras de Pansy.
« Professeur Snape… » Commença Fred.
« Quelle coïncidence…
- Comment vous portez vous ? »
Severus Snape grogna, cela faisait des années qu'il n'avait pas vu les jumeaux, mais il était impossible de les oublier.
« Vous vous portez comme un charme, non ?
- Cessez votre numéro de séduction, je ne vous aiderai pas pour votre prochaine gamme de produits.
- Quoi ? Non, bien sûr, ce n'est pas le moment de parler affaires.
- Il n'y a aucune affaire. »
Malgré plusieurs échecs cuisants, Fred et George s'obstinaient à contacter le professeur Snape pour avoir ses conseils. Ronald ne savait pas s'ils étaient sérieux ou si cette démarche n'était pas finalement qu'une plaisanterie. Mais il était sûr que le professeur n'appréciait pas le numéro des jumeaux.
« Eh bien, Greg, allons voir le couple Smith qui nous accueillera plus chaleureusement.
- Professeur, si jamais vous changez d'avis…
- Non merci. »
Les jumeaux s'écartèrent du groupe pour se diriger vers Theodore et Magda. Malgré le très grand nombre de Serpentard dans la demeure, Fred et George parvenaient à faire la discussion avec les invités. Le roux doutait que leur père puisse s'adapter autant. C'était certainement une bonne chose qu'Arthur ne soit pas présent.
« Ha maman, te voilà. » Intervint Blaise, un verre à la main, « Severus, bonjour. »
La femme fit une bise sonore à son fils, le professeur se contenta d'un signe de tête. Il était difficile de croire que ces deux potionnistes étaient en couple depuis plus de trois ans… Et pourtant, Mamé l'avait révélé – à Blaise et à lui – seulement un an plus tôt. Ils avaient été décontenancés et la première parole du fils fut : « Mais tu ne vas pas te marier hein ? ». Il était un peu superstitieux et le roux ne pouvait pas le blâmer. Les deux amis craignaient que Severus décède comme les précédents maris de la femme. Cette dernière ne s'outra pas, elle avait même ri en les rassurants que non, il n'était pas question de mariage.
Blaise, malgré les souvenirs du dernier compagnon abusif de sa mère, avait relativement bien pris la nouvelle. Il avait, certes, émis des discours quelque peu jaloux, il appréciait néanmoins Snape. Toutefois, malgré tout le respect qu'éprouvaient les anciens Serpentard pour le maître de potion, ils s'étaient longuement questionnés sur cette relation improbable. Il n'y avait pas plus différent que Severus et Mamé. Comment le directeur de maison parvenait-il à cohabiter avec cette femme exubérante et autoritaire ? Seul Merlin le savait. Mamé avait révélé son secret à la naissance d'Hugo, car si elle devenait sa marraine, Severus ferait inévitablement parti de la vie de l'enfant. Et en effet, Ronald avait rarement autant fréquenté son professeur depuis la fin de Poudlard. Il restait intimidé par l'homme mais son respect avait augmenté.
Ils discutèrent de longues minutes durant lesquelles la femme noire ne voulait visiblement pas lâcher le bambin, ce qui amusait Pansy et Ronald. Mais lorsqu'Hugo commença à s'agiter pour descendre, elle dut bien s'en défaire. L'enfant se mit alors à faire du quatre pattes par terre.
« Dizzy, garde un œil sur Hugo s'il te plaît. » Demanda Pansy qui voyait son fils se diriger vers le couple Parkinson.
« Bien, madame. »
Un peu plus tard, Ronald et Blaise rejoignirent Theodore et sa femme qui se tenaient légèrement en retrait à cause de leur nourrisson endormi.
« Tout se passe bien ? Le bruit ambiant ne la perturbe pas trop ?
- Non, elle est partie pour faire sa sieste, mais nous ne resterons pas trop tard. » Informa la jeune Allemande.
Magda avait donné naissance à une fille deux mois auparavant, une petite Elvira qui avait chamboulé au plus haut point le couple, surtout Theodore. Angoissé par ses insécurités passées et ses piètres relations familiales avec ses parents, Theodore avait douté, craignant de commettre les mêmes erreurs que son père. Heureusement, Magda était là, sous ses airs candides, il y avait une femme forte et rassurante. Ronald était certain que son ami allait s'épanouir, il débordait d'amour pour sa femme et pour sa fille même s'il ne parvenait pas à l'exprimer explicitement.
Encore une fois, ils discutèrent, profitant de cette réception pour prendre des nouvelles des uns et des autres. La vie avec de si jeunes enfants limitait inévitablement les sorties. Il n'y avait que Blaise qui faisait sa vie comme bon lui semblait, bien loin de ce genre de préoccupations.
« Weasley, pourrais-tu surveiller ton gosse au lieu de chicaner ? » S'éleva une voix cassante.
Le corps de Ronald se raidit alors qu'il s'efforçait de garder un semblant de sourire. Il vit Astoria, et bien sûr, Malfoy à côté d'elle. Il tenait Hugo.
« Crois-tu que je vais le perdre ? » Grogna Ron.
Le blond lui lança un regard mesquin, ce qui énerva davantage le maître de maison. Comment avait-il pu accepter qu'il devienne le parrain de son fils ? Cela l'insupportait. Depuis son retour des Etats-Unis, Malfoy se montrait imbuvable. Non plus moqueur comme il avait l'habitude à Poudlard mais simplement et volontairement désagréable. Et pourtant, Merlin lui était témoin, Ronald ne pouvait pas nier qu'il était un bon parrain. Il avait un très bon contact avec le petit. Cependant, en dehors d'Hugo, Malfoy était rude. Même avec Pansy.
« Qu'importe. Magda, félicitations pour ton enfant.
- Merci, tu ne l'avais pas encore vue n'est-ce pas ? Je te présente Elvira. » Déclara la blonde, toujours diplomatique.
Malfoy s'approcha un peu de la mère et regarda le nourrisson endormi paisiblement. Ronald crut voir le visage de son ancien camarade se détendre.
« Absolument charmante. » Se contenta-t-il.
« C'est fou comment tu arrives presque à donner l'impression que tu désires un enfant. Encore faudrait-il être capable d'en faire un. » Se moqua amèrement Astoria.
Le visage du blond se ferma, et alors qu'il lançait un regard lourd de menaces vers sa femme, il dit :
« Astoria, et si tu allais voir ta sœur ? »
La jeune femme ne rétorqua rien, cependant elle tourna fièrement les talons, la tête droite.
Cela faisait six mois que Draco et Astoria étaient mariés. Une grande partie de la communauté des sang-pur y avait été conviée, Ronald avait eu l'impression d'assister à la mise à mort de l'héritier. Il avait trouvé son mariage avec Pansy glacial, mais ce n'était rien en comparaison. Draco n'avait jamais était aussi silencieux de sa vie. Ronald avait mis ça sur le compte de son homosexualité que l'homme n'avait jamais pleinement assumé. Le roux se demandait s'il y avait un accord tacite entre les époux comme entre Pansy et lui.
Ce dont il était sûr, par contre, c'était que Draco regrettait cette alliance avec les Grengrass. Et Ronald n'avait ressenti aucune satisfaction face au malheur de son ancien camarade.
« Alors qu'est-ce que vous avez prévu pour aujourd'hui ? Cette fête d'anniversaire semble déjà être d'un ennui… N'est-ce pas Hugo ? »
Hugo rigola Ronald soupira.
Septembre 2003
« C'est une idée terrible Charlie… » Croassa Ronald qui vérifiait une nouvelle fois son apparence dans le miroir.
Ses cheveux étaient bien coiffés, son costume lui seyait élégamment, il était irréprochable. Il regarda Pansy, elle l'était tout autant dans sa robe. Elle caressait les cheveux d'Hugo, debout à ses pieds. Il essayait de défaire sa veste de costume inconfortable.
« Ta présence est nécessaire. » Déclara son aîné.
« Non, je suis invité uniquement grâce, ou à cause, de toi.
- Certes, j'ai fait un peu de chantage, on me pardonnera. Mais ne sois pas plus têtu qu'eux d'accord ? Je serai là.
- Ce n'est pas une bonne idée. »
Charlie termina de nouer sa cravate et se tourna vers son frère, il lui posa une main sur l'épaule. Le visage du dragonnier était si sérieux.
« Tu n'es plus un enfant Ron.
- Je sais…
- Et tu n'as aucun tords. »
Ronald grimaça légèrement. Résigné, il attrapa la poudre de cheminette.
« Le Terrier. » Dit-il clairement alors que son cœur s'accélérait.
Il ne se sentait pas prêt à revoir l'intégralité de sa famille après deux ans d'absence.
Il y avait pensé à plusieurs reprises, bien entendu, cependant il n'avait jamais ressenti le besoin viscéral de les revoir. Pas pour l'instant. Il se contentait très bien des nouvelles qu'il recevait de Charlie et des jumeaux. Mais aujourd'hui, il allait les revoir. Tout cela parce que Charlie avait un cœur bien trop noble. Quelle n'avait pas été sa surprise lorsqu'il avait reçu une invitation pour le mariage de sa sœur. Il avait rapidement appris que le dragonnier avait fait du chantage, menaçant de ne pas venir si le Serpentard n'était pas invité.
« Ron ? »
Légèrement déboussolé de se retrouver dans le Terrier, il cligna les yeux et mit plusieurs secondes avant de voir la personne saucissonnée dans son costume, assise sur le canapé, celle-ci avait les yeux exorbités.
« Bonjour… »
Sa voix était rauque à cause de l'anxiété mais il se félicitait de pouvoir la garder neutre. Arthur Weasley se leva, et avec précaution, il s'avança vers son fils dans un mouvement lent. Et, comme apeuré par la vision de son propre fils, il resta figé devant lui. Seuls ses yeux bougeaient pour l'examiner de la tête aux pieds. Ronald fut légèrement mal à l'aise lorsque le patriarche porta ses mains sur ses épaules comme pour s'assurer de sa présence.
« Tu as tellement grandi. »
Il aurait voulu lui dire que c'était impossible, qu'il avait passé l'âge.
« Je… »
La cheminette crépita à l'arrivée de Charlie. Le regard du père dévia, lui-même gêné par ces retrouvailles.
« Salut papa. Je vais retrouver les autres dans le jardin. » Déclara-t-il avec un naturel déconcertant avant de disparaître dans le jardin.
Quelques secondes de silences suivirent, là encore, la cheminette crépita, accompagnée par quelques plaintes mécontentes. Son fils avait rarement pris ce moyen de transport, cela le rendait bougon.
« Bonjour Monsieur Weasley. » Salua Pansy d'un air pincé alors qu'elle berçait le petit garçon pour le calmer.
Lorsque son regard se posa sur la femme, Arthur pâlît subitement. Les sorciers se regardaient en chiens de Fayence, attendant le premier qui oserait parler. Cette situation dura plusieurs secondes avant qu'Arthur ose s'avancer vers le bambin.
« Elle est magnifique, Harry ne va pas s'en remettre ! » S'éleva une voix dans les escaliers derrière eux.
Ronald vit son père sursauter et vérifier l'escalier, comme s'il avait peur. Le Serpentard, lui, avait reconnu la voix de Fleur. Et l'instant d'après, la Française apparut, vite suivie par Molly qui affichait un sourire radieux. Sourire qui disparut à l'instant où elle découvrit les nouveaux invités.
« Ron ! » S'exclama la Française en s'avançant vivement vers lui.
Elle lui fit une bise précipitée, un peu maladroite.
« Merlin, je n'arrive pas à y croire ! »
Fleur fit aussi la bise à Pansy, et ne put s'empêcher de regarder l'enfant.
« Vous avez un garçon ? C'est vrai qu'il a le même âge que la petite Molly… »
Ron porta son attention sur sa mère et croisa son regard. Cette dernière baissa les yeux. Et, comme résignée, elle s'approcha du groupe et se retrouva à côté de son mari. Sa première parole ne fut pas adressée à son fils, mais à son mari.
« Ginny est prête.
- Bonjour maman. »
Ce « maman » sonnait étrangement à ses oreilles, comme amer.
« Je vous présente Hugo. » Reprit-il avec un calme olympien alors qu'il se rapprochait sensiblement de Pansy.
Le couple regarda ce petit garçon qu'il voyait pour la première fois de leur vie. L'enfant fixa de ses grands yeux bleus ces deux inconnus, intrigué. Si Molly était au bord de l'apoplexie, elle ne pouvait pas dévier son regard de l'enfant.
« Il est adorable. »
C'était Fleur qui avait parlé.
« C'est bientôt l'heure de la cérémonie, nous devrions y aller. » Dit finalement la matriarche d'une voix pressée.
Elle s'en alla au pas de course.
X
Ronald avait soupiré un nombre incalculable de fois durant la cérémonie. Le simple fait de revoir les têtes de l'ancien trio de Gryffondor, et surtout Harry Potter, l'avait lassé à un point inimaginable. Il était aux premières loges, encadré de Pansy et de Bill, pour assister à l'échange des vœux entre sa sœur et l'ancien héros.
Il ne parvenait pas à croire que Potter allait réellement faire partie de sa famille. Le brun ne semblait pas avoir changé depuis Poudlard d'ailleurs. Et, lorsqu'il avait espionné les membres de sa famille du coin de l'œil, il s'était rendu à l'évidence que personne n'avait réellement changée en l'espace de deux ans. Tous semblaient garder une vive hostilité envers lui.
Alors, dès que la cérémonie fut terminée pour laisser place au banquet, le couple de Serpentard s'était dirigé vers Charlie qui discutait avec Luna Lovegood, la demoiselle d'honneur de ce mariage.
« Tiens Ron, j'ai oublié de te dire que vous faites partie de la table d'honneur.
- Quelle belle nouvelle… » Marmonna le cadet.
« Sinon, Pansy, je te présente Luna Lovegood, je ne suis pas certain que tu l'aies rencontrée. »
Pansy aurait bien dit qu'elle avait un vague souvenir peu flatteur de la demoiselle d'honneur la seule chose qui lui venait en tête était le surnom de « Loufoca ».
« Enchantée. » Dit la blonde d'une voix claire.
« De même. » Répondit Pansy avec moins d'entrain.
À la table d'honneur, les Weasley étaient déjà installés. Alors lorsqu'ils approchèrent, Ronald reçut quelques regards sceptiques.
X
Par chance, ou par désintérêt, les discussions tournaient autour des futurs projets des jeunes mariés. Potter était devenu sans surprise auror, un métier bien trop risqué selon Ginny s'ils voulaient fonder une famille. Molly avait appuyé l'argument de sa fille. Là encore, sans surprise. Par contre, Ronald ne pouvait pas nier son étonnement lorsqu'Arthur s'adressa directement à lui.
« Qu'en est-il de ta formation Ron ? Cela se passe bien ? »
L'ancien Serpentard posa ses couverts et resta le plus neutre qu'il le pouvait.
« Ollivander est exigeant, je ne suis pas sûr que la formation soit bientôt terminée. Mais cela avance bien. J'irai en Louisiane en novembre. Ollivander souhaite que je le représente lors du comité annuel des fabricants de baguette. C'est encore une de ses idées incongrues mais ce sera intéressant de découvrir les techniques des fabricants étrangers.
- Félicitations Ron, c'est un parcours honorable. Je suis fier de toi. »
Le père était sincère sans aucun doute, cependant Ron n'était pas d'humeur.
« Je ne veux pas de ta fierté. Je ne dois ma réussite qu'à moi. »
Arthur se mit à rougir et bafouilla des excuses.
« Ron, ne commence pas à être désagréable.
- Bill, arrête deux secondes avec ton complexe d'aîné. Nous avons passé l'âge. Reprenez vos discussions comme si rien n'était. Après tout, il s'agit d'un jour de fête. Promis, je disparaîtrai avec femme et enfant dès ce soir. »
X
Bien plus tard, Ronald se trouvait seul dans un recoin du jardin. Hugo, quoiqu'un peu fatigué, riait aux éclats sur ses genoux qui bougeaient au rythme d'un cheval au galop. Le Serpentard avait mal au dos tant il était tendu depuis son arrivée, il s'octroyait une petite pause bien méritée selon lui. Cela n'avait pas été si catastrophique en fin de compte, mais il se serait bien passé d'une telle journée.
Il embrassa le crâne de son fils qui riait toujours autant, ça paraissait simple pour lui, même s'il avait été entouré de visages inconnus. Cela avait du bon d'être enfant. Mais combien d'années cette inconscience restait-elle ? Un peu mélancolique, il huma la chevelure aux odeurs boisées d'Hugo. Il avait du mal à croire que tous les choix qu'il avait mené ces dernières années avaient débouché sur cette petite chose. C'était affolant de voir le nombre de chemins que l'on pouvait emprunter au cours d'une vie.
« Il a de l'énergie à revendre… »
Le Serpentard calma le jeu, le bambin émit quelques protestations.
« Tu viens enfin jeter un œil sur ton petit-fils ? »
Molly resta silencieuse, mais elle s'installa sur le banc à côté de son fils.
« Ça faisait longtemps, deux ans, c'est long…
- À qui la faute ?
- Pardon. Je ne sais pas comment aborder ou gérer toute cette situation.
- Les parents doivent faire des sacrifices et non leur enfant. Ce n'est pas à moi de faciliter la situation pour ton confort. »
Molly détourna les yeux.
« J'ai été rude, je le sais. Mais j'ai essayé de comprendre. J'ai vraiment essayé de te comprendre. Mais je ne vois toujours pas de sens à cette histoire.
- Ça a le mérite d'être clair.
- Laisse-moi essayer…
- Le temps perdu ne se rattrape pas, maman. Et les mots restent. »
Il se leva, Hugo dans les bras. Lorsqu'il regarda sa mère, celle-ci se tordait les doigts.
31 Décembre 2003
Cette année, c'était Daphné qui conviait ses camarades chez elle pour fêter la nouvelle année. La femme n'avait pas caché sa satisfaction d'inviter les Serpentard dans sa demeure au plus grand mécontentement de Smith. Mais, après tout, l'ancien Poufsouffle avait lui aussi invité des camarades de maison et quelques Gryffondor par-dessus le marché. Malgré cela, les verts et argents qui étaient au nombre de sept, étaient ceux qui représentaient le plus leur ancienne maison.
Zacharias Smith était pompeux, digne du sang pur qu'il était, pendant toute la soirée. Les Serpentard s'ennuyaient, ils s'étaient promis de faire le prochain nouvel an chez Theodore. Même ce dernier qui était le plus rodé aux soirées mondaines, s'ennuyait particulièrement si bien qu'il s'était mis à l'écart avec Magda. Pansy et Daphné restaient collées ensembles, chuchotant certainement des mesquineries à propos du mari de cette dernière. Blaise faisait quant à lui la discussion avec Astoria. Ronald se contenta de boire sa coupe de champagne. Il regarda l'horloge, il était un peu plus de vingt-trois heures. Cette soirée était interminable. Il s'éloigna du salon pour migrer dans la pièce d'à côté, un salon plus petit où un piano à queue trônait fièrement.
Son verre à la main, il se dirigea vers le balcon dont la fenêtre était entrouverte, il pouvait apercevoir une silhouette de dos, accoudée sur le rebord.
« Cette soirée est chiante, hein ? » Dit-il d'un ton calme.
Il s'installa près de l'homme qui fixait le jardin.
« Astoria ne s'ennuie pas trop ? » Répondit finalement Malfoy.
« Elle est avec Blaise, elle devrait survivre. Et toi ?
- Je réfléchis.
- À quoi ?
- À tout et à rien, j'imagine. » Soupira le blond.
Le silence s'installa, Ronald en profita pour regarder l'homme. Depuis qu'il était rentré, à chaque fois qu'il le regardait, Ronald ne voyait plus qu'un visage morne. Ses yeux ne semblaient plus aussi perçants, ses cheveux étaient ternes, Draco n'était plus aussi éclatant. Juste fatigué, ses traits étaient marqués par celle-ci.
« Tu ne parles plus autant qu'avant…
- Il n'y a rien à dire.
- Il y a trop à dire. » Contra le roux doucement, « On marche ? J'étouffe ici. »
Il abandonna sa coupe sur le rebord en pierre et retourna à l'intérieur. Dans l'obscurité du salon, il patienta quelques secondes, avec lenteur, le corps du blond se tourna vers lui. Pour la première fois de la soirée, Malfoy le regarda. Ce regard lui confirma toutes ses impressions. Et sans un mot, le blond le suivit. En silence, ils descendirent les escaliers, dans le hall, un elfe de maison s'adressa à eux.
« Vous sortez messieurs ? Souhaitez-vous que je vous apporte vos manteaux ?
- Oui, s'il te plaît. » Répondit Ronald.
L'elfe transplana après s'être incliné et revint avec leurs habits. Silencieusement encore, les Serpentard s'habillèrent. Et alors que minuit n'allait pas tarder, ils partirent dans le jardin rendu lugubre par l'hiver. La vision de Malfoy vêtu tout de noir dans ce décor le rendait fantomatique. Pourtant, Ronald lui trouvait toujours un charme indescriptible, un charme plus mature et mélancolique cette fois.
« Tu as changé Malfoy.
- Pas autant que toi.
- Qu'est-ce qui s'est passé à Salem ? C'était comment là-bas ?
- Rien. Absolument rien ne s'est passé, justement. » Répondit Malfoy de sa voix monocorde.
« Pourquoi être parti alors ? Pansy le sait-elle seulement ?
- Non, je ne me suis pas étendu sur les raisons, mais je me doute bien qu'elle a deviné.
- Elle ne m'a rien, j'avoue ne pas avoir compris. Tu nous as rien dit, tu es parti comme un voleur.
- J'imagine que j'ai fait comme toi. Sauf que je pensais que plus loin j'irais, plus ce serait efficace.
- Je ne comprends pas. » Répéta-t-il.
Sincèrement, à cet instant, Ronald crut bien que son ancien camarade allait se moquer de lui, sans doute en le traitant d'idiot. Mais rien ne vint. À Poudlard, Malfoy n'aurait jamais manqué cette occasion. Là, l'homme gardait sa posture droite, se contentant uniquement de regarder le sol en gravier, c'était d'ailleurs le seul bruit qui s'élevait dans le jardin.
« Je pensais pouvoir m'échapper, le temps de quelques années, des pressions et des préjugés. N'est-ce pas ce que tu as fait ? Emmerder ta famille et faire ta vie ? Sauf qu'il t'a suffi de t'éloigner d'une centaine de kilomètres et non de traverser un océan. Je t'envie pour ça.
- Tu n'as rien à m'envier Malfoy. Ni avant, ni maintenant. On a déjà eu cette discussion il y a des années… Oui, un Weasley à Serpentard, ça fait du bruit. Oui, j'ai été préfet et j'ai fait du Quidditch. Oui, je me suis fait une place parmi les sang-pur. Mais non, ma fameuse famille aimante n'est pas si incroyable et présente, ma…
- Certains de tes frères étaient présents. » Coupa vivement l'homme.
« Oui. Je n'ai jamais douté une seule fois de Charlie, je te l'accorde. Mais tu envies un fantasme. Au moins, tu es un enfant désiré. Moi, j'étais l'enfant de trop, tellement de trop que ma mère peut se permettre de m'oublier. »
Le roux se souvenait du quotidien au Terrier, du chaos qui régnait au quotidien, de sa mère qui n'avait jamais assez de temps à lui consacrer. Il avait juste grandi dans l'idée qu'il n'était qu'une tête rousse de plus dans cette famille, et, qu'il était le maillon faible de la fratrie.
« Et pourtant, tu n'as pas courbé l'échine afin d'imposer tes choix. Tu as réussi là où j'ai échoué. Pansy m'en a voulu… Mais tu crois que je n'ai pas essayé, Weasley ? Tu crois que j'ai acquiescé gentiment lorsque mon père m'a dit que je ferai ma vie avec Astoria ? Depuis gamin, je me voyais marié avec Pansy, je ne voyais personne d'autre à mes côtés. J'ai protesté, j'ai essayé. J'ai gagné quoi finalement ? Au lieu de me comporter en homme, je me suis transformé en gamin peureux, trop terrifié de perdre l'affection de ses parents. »
Ronald l'écoutait religieusement, mais le ton las du blond était tout simplement inquiétant à ses oreilles. Il n'y avait aucune colère, aucun dégoût, l'héritier se contentait d'énoncer des faits.
« Tu cherchais à oublier à Salem ?
- Peut-être. Peut-être que je souhaitais devenir une autre personne. Trouver un semblant d'inconscience le temps de mes études. Oublier mes engagements ratés et mes engagements futurs. Oublier cette pauvre Astoria, pourtant si vive et mignonne. Je croyais sans doute que les Etats-Unis marqueraient un tournant, je ne sais pas… Que j'allais me découvrir, mûrir. Mais par Merlin… J'étais juste terrifié là-bas, entouré d'inconnus et sans le moindre repère. »
Un rire désabusé sortit de la gorge de Malfoy. Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, il s'arrêta devant la fontaine ornée de sculptures de sirènes. Ronald, lui, perdait davantage pied à chaque mot de plus qu'il entendait.
« Tu as mûri. » Ne trouva qu'à dire le roux.
« Ça me fait une belle jambe ! J'ai cru que l'anonymat offrait la liberté, quel imbécile… J'étais simplement un peu plus seul. Trois ans de gâché et maintenant je me retrouve marié à une pauvre fille qui mérite mieux qu'un pantin qui accomplit ses devoirs conjugaux avec dégoût dans l'espoir d'avoir un héritier le plus vite possible. »
Une moue écœurée déforma son visage, comme si le souvenir de ses relations sexuelles avec sa femme se rejouaient sous ses yeux.
« Au moins, personne ne pouvait reprocher ton homosexualité là-bas, c'était ça de gagné. Un peu d'amusement. Ici, il faut être discret. »
Un second rire étouffé échappa au blond, puis il regarda Ronald durant plusieurs secondes. Ce dernier devint rapidement mal à l'aise. Principalement à cause du fin sourire méprisant que l'homme affichait.
« De l'amusement, Ronald ? Quel amusement dis-moi ? Comme toi avec Blaise, ou comme avec Diggory ? » S'enquit-il d'une voix lente qui trahissait du mépris, « Je ne doute pas que, toi, tu aurais profité de ces trois ans, Monsieur qui se fait dépuceler à quatorze ans.
- Alors, c'est ça ? Un nouveau règlement de comptes ? Désolé, j'ai assez donné avec ces conneries. » Rétorqua à vif le roux, les dents serrées.
Il soutint cette fois le regard et il eut la satisfaction de voir Malfoy céder en premier. L'homme tourna la tête et alla s'installer sur le rebord de la fontaine, ne se souciant même pas de l'humidité qui s'en dégageait. Au lieu de s'en préoccuper, il regardait le ciel nuageux.
« Peut-être que j'aurais dû profiter de Salem finalement… J'ai attiré certains regards. Savais-tu que les sorciers américains étaient plus ouverts d'esprit sur le sujet ? »
Il attendit une réaction de la part du roux qui ne vint jamais.
« Mais à chaque fois qu'un homme s'approchait de trop, j'avais peur. Parce que ce n'était que des inconnus qui ne connaissaient rien de moi, qui ne voyaient qu'un beau visage. Moi, je ne voyais que du désir dans leurs yeux alors que j'aurais tué pour avoir un peu de tendresse, un peu d'affection. »
La colère de Ronald diminuait au fur et à mesure que Malfoy se livrait à lui, c'était la première fois qu'il parlait ainsi. Sans l'aide d'un jeu absurde, ni de l'alcool. Le blond resta silencieux durant une minute, avant de se lever, l'air de rien. Il avait recomposé un visage neutre.
« Nous devrions y retourner, minuit va bientôt sonner.
- Pourquoi me dire ça ?
- Parce que, au fond de toi, tu ne peux pas réfréner tes valeurs de Gryffondor. Vas-tu te moquer de moi ?
- Non !
- Tu vois ? Tu n'arrives pas à te moquer du malheur des autres, qu'importe à quel point tu détestes la personne.
- Je ne te déteste pas Malfoy. » Contredit Ronald d'une voix désabusée.
« Dommage. J'envie tellement les gens que je préfère les détester. Mes parents pour m'avoir imposé cette vie Pansy pour son bonheur toi qui fais ta vie comme bon te sembles Astoria pour… Qu'importe.
- Pour ne pas être un homme ? »
Ils remontèrent en silence une partie de l'allée, vers la demeure. Ils étaient gelés, cependant Ronald ignorait le froid. Sans doute était-il trop déstabilisé de voir Malfoy se livrer si librement. « Il est si seul », pensa-t-il. Il n'y avait que la solitude pour délier autant les langues, surtout en ce qui concernait son ancien camarade.
« Tu te rappelles du jeu en cinquième année ? » Demanda subitement Malfoy.
« Tu as voulu me forcer à faire mon coming-out devant tout le monde.
- Ha oui, j'avais presque oublié ça.
- Tu oublies toujours ce qui t'arrange…
- Je me souviens que j'ai ragé quand tu as avoué que tu avais découché. Ça semblait tellement impossible.
- Pas plus que Goyle. »
Draco ricana. Goyle n'était pas un exemple de beauté effectivement.
« Après, j'ai voulu me rassurer. Je me suis dit que j'avais le temps, que d'ici la fin de Poudlard, je trouverais bien quelqu'un. Mais ce n'était pas le cas. J'ai voulu me rassurer une nouvelle fois en me disant que ce serait réglé à Salem et… Je te laisse deviner.
- Tu veux dire que…
- Ne fais pas l'idiot Weasley. Tu as très bien compris. »
Il avait repris sans le savoir une des expressions de Pansy à son égard. Mais même si le blond cherchait à faire de l'humour, l'effet était tout autre sur Ronald.
« J'ai vingt-trois ans et je n'ai couché qu'avec Astoria. »
Un dernier rire résonna et Ron le détesta comme tous les rires de l'héritier ce soir-là, leurs sons étaient glaçants.
« Toujours aucune moquerie qui vient ?
- Il n'y a rien de drôle.
- Je trouve que ça l'est, au contraire. » Rétorqua Malfoy en haussant les épaules.
Il continua à marcher vers la demeure, après quelques pas, il se retourna. Ronald ne l'avait pas suivi, il restait immobile au milieu du chemin. Draco sortit sa montre à gousset pour vérifier l'heure.
« Dépêche-toi, il nous reste quelques minutes. Pansy va gueuler. »
Mais Ronald ne bougea pas pour autant malgré le temps qui pressait. Il regardait étrangement l'homme qui se tenait à quelques pas de lui.
« Pourquoi tu me racontes ça ? Feras-tu semblant d'avoir oublié cette discussion demain ? Tu fais toujours ça. Je ne peux pas fermer les yeux.
- Sans doute que oui. » Répondit en toute franchise Draco d'une voix étrangement douce, presque résignée.
Voilà à quoi menait chacune de leurs discussions, Draco finissait par fuir toujours plus, tandis que lui se posait des questions supplémentaires.
« Arrête ton cirque Draco… »
À l'entente de son prénom, chose si rare venant de Ron, le blond baissa légèrement la tête.
« Pourquoi me dire ça ? À moi ? »
Il avança vers l'homme et attendit la réponse. Le visage de l'héritier était légèrement tordu.
« Je ne sais pas.
- Et toi, tu te rappelles de ce que tu as dit en septième année durant le jeu ?
- J'en ai dit des choses.
- Quand tu étais assis sur mes genoux pour le gage. »
Il ne manqua pas de voir les sourcils de l'homme se froncer alors qu'il s'obstinait à regarder le sol. Le roux se rapprocha de lui pour lui saisir les épaules.
« Tu m'as dit que ça ne te gênait pas, que tu voulais seulement un peu de contact. Et tu sais quoi ? Tu semblais tellement seul à ce moment-là. Mais aujourd'hui, c'est encore pire.
- On doit rentrer.
- Arrête un peu deux minutes. »
Avec précaution, Ronald passa ses bras autour de lui pour venir l'enlacer. Draco se laissa faire avec une facilement surprenante, allant contre le corps de l'homme. Et, avec une certaine crainte, le blond passa à son tour ses bras autour de l'autre.
L'échange pudique dura jusqu'à que les coups de l'horloge brisent le silence. Tous les deux sursautèrent et s'éloignèrent l'un de l'autre, comme pris sur le fait. Ronald surprit le regard de l'ancien Serpentard.
« Voilà, on a raté le décompte à cause de toi. » Voulu dire méchamment Draco, mais sa voix vacilla.
- Bonne année Draco. »
Le blond se pinça les lèvres, sans lui retourner les vœux.
« Ça y est ? Tu as trop parlé ce soir et tu te tais ?
- Bonne année. » Répondit-il avec mauvaise foi.
« Tu ne seras pas seul cette année. » Assura Ron, le cœur battant.
Il tremblait et il était presque sûr que ce n'était pas dû au froid. Cette soirée lui avait retourné le ventre et le cœur. Il voyait une nouvelle fois Malfoy dans toutes ses insécurités, dans toute sa solitude.
Il se rapprocha à nouveau de l'homme, qui était cette fois plus tendu face au geste. À ce moment précis, c'était Ronald qui avait peur. Car, au fond, il savait que le blond n'était pas fiable, qu'il pouvait fuir à tout moment.
Le ventre noué, il posa ses lèvres contre celles de Draco. Ce dernier soupira difficilement mais il y répondit avec une douceur incongrue qui rendit le roux pantelant. Son corps entier le faisait souffrir face à cette action. Avait-il été aussi désespéré d'embrasser le blond durant toutes ces années ? Ronald avait voulu se convaincre qu'il ne s'agissait que d'un fantasme obsédant qui partirait aussitôt accompli. Cependant, c'était tout le contraire qui se produisait. Il en tremblait.
Et il avait peur que Draco prenne subitement la fuite. Alors, comme pour s'assurer que cela ne se produise pas, il porta ses mains jusqu'au visage de l'homme, caressant au passage des mèches de cheveux.
« Ça aussi, tu vas l'oublier demain ? » Chuchota Ron après leur baiser.
Il gardait l'homme tout près de lui, il n'avait pas délaissé son visage, qu'il caressait.
« Non. »
Un sourire sincère étira les lèvres du roux, il vint embrasser plus vivement l'homme dont il sentait les mains s'agripper dans son dos.
Janvier 2004
Ronald se massa la nuque qui émit un craquement et reprit aussitôt le polissage de la baguette qu'il était sur le point d'achever. Les derniers mois avaient été épuisants et riches en émotions. Le roux se demandait comment il parvenait à jongler avec toutes ces choses. Il avait tout d'abord vaguement repris contact avec sa famille. Il participait à nouveau aux repas de famille mensuels afin d'intégrer Hugo. Il avait néanmoins refusé catégoriquement de venir pour le repas de Noël qu'il avait passé chez ses beaux-parents. Jamais il n'avait pensé qu'un repas serait plus facile chez les Parkinson que chez sa propre famille.
Mais le fait était qu'il retournait quelques fois au Terrier. À ces occasions il avait appris de nombreuses grossesses. Fleur et Bill attendaient leur troisième enfant tandis que Percy et Audrey attendaient leur second. À son plus grand désespoir, Ginny était déjà tombée enceinte. Cela allait faire bien trop de nouveaux Weasley pour cette année. Mais ça, Ronald s'était bien gardait de le dire, évidemment. Madga était elle aussi enceinte et Ron s'était montré plus enthousiaste à l'annonce du couple. En parallèle, Fred et George avaient choisi leur date pour se marier respectivement avec Hermione et Angelina. Là encore, cela signifiait l'arrivée de nouveaux petits Weasley.
« Ronald, viens par ici. » Se fit entendre le propriétaire de la boutique.
Il délaissa la baguette et se dirigea vers le vieil homme qui semblait pensif.
« Installe-toi mon garçon. »
Ronald ne se fit pas prier et vint s'asseoir sur le tabouret.
« J'ai à nouveau discuté avec nos collègues. »
Cela faisait toujours une étrange impression sur l'ancien Serpentard lorsque le vieux sorcier le disait. « Nos collègues », Ronald avait alors l'impression de faire partie de la cour des grands. En novembre, lorsqu'il avait rencontré les fabricants de baguette du monde entier durant le congrès, il s'était senti comme un petit garçon. Pourtant Ollivander avait eu assez confiance en lui pour qu'il le représente aux Etats-Unis.
« Il y a un problème ?
- Au contraire, je dois admettre que tu as fait l'unanimité. Je ne m'attendais pas à tant de compliments et d'éloges à ton sujet.
- Vous dites ça comme s'il s'agissait d'un examen il ne s'agissait que du congrès annuel… »
Le vieux sorcier se mit à sourire légèrement, un peu trop fier. Ronald fronça les sourcils.
« Par Salazar, vous n'avez pas osé ? » Demanda-t-il tout bas sous le coup de l'anxiété.
« Je commence à me faire vieux, je devais demander un avis extérieur pour juger ton niveau.
- Vous êtes increvable. » Se moqua le jeune homme pour cacher son stress.
Car, après tout, l'ancien Serdaigle n'avait « que » cent-huit ans.
« Tu as été très brave ces dernières années, ce n'est pas faute d'avoir essayé de te décourager. Mais de toute évidence, tu as été un très bon élève.
- Et j'ai encore beaucoup à apprendre. » Se précipita de dire le roux.
Mais Ollivander fit la sourde oreille et continua :
« Ronald, tu es un atypique. Je me souviens de ton regard fasciné lorsque tu as acheté ta baguette. Cette boutique fascine la plupart des sorciers, mais tu es le seul à t'être entêté comme tu l'as fait. Et aujourd'hui, tu n'as pas perdu ton émerveillement malgré la dure réalité du métier. »
La voix du fabricant vibrait sous l'émotion, le jeune homme se sentait gagné par celle-ci.
« Il est temps pour moi de prendre ma retraite.
- Non… Il y a bien trop de choses, je ne suis pas à la hauteur !
- Tu l'es. Mais ne te crois pas débarrassé de moi, j'habite à deux pas d'ici. Je ne manquerais pas de passer ici.
- Ne me dites pas que vous allez me laisser gérer cette boutique du jour au lendemain ? »
Ron ne parvenait plus à dissimuler son angoisse, même si son cœur se gonflait de joie, il n'arrivait pas à réprimer sa peur.
« Non, bien sûr que non, il faudra bien quelques semaines avant de faire la transition.
- Vous en êtes certain ?
- Oui, à une seule condition.
- N'importe laquelle. » Affirma-t-il.
« Ne change pas l'enseigne de la boutique, je t'en prie. »
Le Serpentard fut déstabilisé tant par la demande que par les yeux brillants du vieil homme.
« Ne l'ai-je pas déjà promis ? Il s'agit de vos savoirs, ceux de la famille Ollivander. Il n'y aura aucun autre nom sur cette enseigne.
- Merci. » Dit le fabricant, visiblement ému.
« Les Serpentard n'ont qu'une parole. »
X
Quelques heures plus tard, après une longue discussion avec Ollivander qui avait laissé Ronald dans tous ses états, il sortit de la boutique.
« Ça te dit un café ? »
Le roux sourit à Draco qui l'attendait devant la vitrine.
« J'en ai besoin, tu as du temps ? »
Le jeune homme hocha la tête et ils se mirent à marcher vers un bistrot. Côte à côte, tout près l'un de l'autre, ils marchaient et échangeaient tranquillement. Une certaine gêne persistait, Draco gardait ses mains dans ses poches, cependant il gardait aussi son épaule tout contre celle du roux.
Draco n'avait pas oublié le nouvel an. Les deux Serpentard avaient discuté longuement d'ailleurs, à propos de leur baiser, de leur attirance mutuelle. Le roux avait bien cru que son camarade allait fuir tellement ce dernier se trouvait sur un terrain inconnu. Cela allait demander du temps à Ronald de l'apprivoiser.
Mais Malfoy n'avait pas fui. Pas cette fois, pas encore.
Satisfaits ?
Il reste encore deux chapitres, je peux déjà vous dire que la narration s'arrêtera en 2020, on va donc suivre Ron jusqu'à ses 40 ans.
D'ailleurs, j'ai plusieurs idées de fanfictions Dron que je posterai après celle-ci, je vous en parlerai plus tard. Sur ce,
Enjoy.
