Chapitre 10

Dernier chapitre ! Hum, c'est bête mais j'ai la pression... j'espère que cette fin vous plaira. Bon rassurez-vous, je travaille à un épilogue. C'est bien pour vous les filles, car ce chapitre était prévu comme vraiment le dernier... Ah la la... j'espère... bon je vous laisse lire et comme d'habitude, les reviews sont toujours un plaisir !

N.B. : Juste une petite remarque, malgré les mots employés et sans doute les apparences, je n'ai absolument aucun grief contre aucune discipline du corps médical. Ceci est juste le point de vue d'Olivia tel que je le conçois si la situation décrite dans cette histoire se produisait.


C'était à son tour à présent. Olivia, Walter, Astrid. Ils avaient tous agi pour le tirer d'affaire tous. Ils avaient tous pris des risques, chacun à leur manière. Même Broyles avait contribué dans la limite de ses possibilités. Mais si Broyles, Walter et Astrid s'en tiraient à bon compte, il ne pouvait pas en dire autant pour Olivia. Abandonner sa carrière au FBI après tous les sacrifices qu'elle avait faits, c'était tout bonnement impensable. Et il était hors de question qu'il laisse faire une telle injustice. Voilà les pensées qui l'agitaient alors qu'ils roulaient en direction de Boston profitant de la nuit tombée et laissant derrière eux, Olivia qui ignorait tout de ses intentions. Aucun doute, elle serait furieuse quand elle se réveillerait, découvrant la maison vide, et le mot d'explication qu'il avait laissé. Mais il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne l'aurait pas laissé agir si elle avait su. Ils formaient une équipe et ils le resteraient sinon c'était toute la Division qui tomberait. Tous pour un comme disait le dicton, comme les mousquetaires. Ils resteraient soudés. Et il savait déjà à qui s'adresser, même si ça ne l'enchantait pas. Nina Sharp. S'il y avait bien une personne qui pouvait le renseigner sur le Dr Grant, c'était bien elle.

Ils n'arrivèrent à Boston qu'aux premières heures du matin. Astrid déposa les Bishop à leur domicile. L'étape suivante consistait pour Astrid et Walter d'agir comme d'habitude. Aussi la jeune femme devait aller se changer chez elle avant de revenir chercher Walter pour l'emmener au labo. De là-bas, elle appellerait Broyles pour le tenir informé des derniers évènements. Quant à Peter, il aurait le champ libre pour agir.

Il prit une douche et se changea. Puis sans perdre plus de temps, il prit la direction de l'aéroport, destination New-York.

Deux heures plus tard, il entrait avec une étrange facilité dans le bureau de Nina Sharp.

- Monsieur Bishop, l'accueillit-elle, amusée et surprise. Quelle bonne surprise ! Quand mon assistante vous a annoncé, je dois dire que je n'y croyais pas vraiment. Et pourtant, vous êtes là, devant moi.

- J'en conclus que vous êtes au courant ? dit-il.

- Comment aurais-je pu l'ignorer ? Vous êtes à la Une des informations. Le patient apathique échappé de l'hôpital le plus renommé du Massachussets. Et l'agent Dunham est activement recherchée pour votre enlèvement.

- Eh bien, comme vous pouvez le voir, je vais bien. Et ce n'est pas pour ça que je viens vous voir.

- Alors dites-moi... Que me vaut l'honneur de votre visite ?

- Je viens solliciter un service.

- Vraiment ? Vous m'en direz tant, dit-elle d'un ton amusé.

- J'ai besoin d'informations sur un médecin.

- Corrigez-moi si je me trompe, mais vous me de devez déjà un service, non ? Pourquoi devrais-je m'acquitter d'un service supplémentaire envers vous ?

- Parce qu'il s'agit du Dr Grant.

Nina Sharp laissa paraître sa surprise durant une courte seconde. Une seconde de trop. Car Peter avait pu lire la lueur d'intérêt dans ses yeux avant qu'elle ne réaffiche un visage impassible. Son bluff avait fonctionné. Il n'était même pas sûr que Nina Sharp connaisse Le Dr Grant. Mais sa réaction en disait plus que les mots.

- Et alors ? dit-elle.

Mais Peter n'était pas dupe.

- Que savez-vous sur lui ? demanda Peter.

- Juste ce qu'il y a à savoir. Que c'est un brillant médecin spécialisé dans la parapsychologie et le domaine de la neuroscience. Il a récemment écrit des théories très intéressantes sur les troubles d'ordres post-traumatiques...

- Post-traumatiques ? répéta Peter.

- Oui, il a développé un certain nombre de théories sur les effets de grands traumatismes sur des patients. Dernièrement il s'est intéressé aux mécanismes qui poussent certains d'entre eux à se retrancher dans un état second. Un peu comme votre cas d'ailleurs.

Peter fronça les sourcils. Il avait une drôle d'impression. Comme si un détail important lui échappait.

- Vous voulez dire qu'il s'intéressait à sortir ces patients de cet état ? demanda Peter.

- Non, M. Bishop. Je dis qu'il étudiait les causes qui provoquaient cet état.

- Mais comment trouvaient-ils ses patients ? Ce genre de phénomènes est-il donc si répandu ?

- C'est justement ce qui est étrange. Le Dr Grant trouvait ses patients très facilement, alors que de tels cas ne se produisent pas tous les jours. Comme si…

Elle suspendit sa phrase tout en réfléchissant.

- Comme si quoi ? insista Peter.

Elle sortit de sa rêverie et le regarda avec un petit sourire.

- Comme s'ils se présentaient à lui comme par magie, dit-elle, amusée.

Peter réfléchit un instant. La réponse était là, mais il ne la voyait pas. Il rassembla ses pensées.

Si Grant étudiait les mécanismes qui engendraient l'apathie, entre autres, pourquoi s'était-il donné la peine de le voir, lui, qui était déjà dans cet état ? Et soudain la lumière se fit dans son esprit. Olivia avait dit que ses méthodes pour le ramener n'étaient pas habituelles. Comme s'il faisait tout pour le garder ainsi. Quel intérêt avait-il à le maintenir dans cet état hormis pour éviter qu'il parle de ses ravisseurs et les identifie. Car le fait d'être retrouvé n'avait sans doute pas été prévu au programme. Mais c'était sans compter sur l'acharnement d'Olivia et du FBI pour le retrouver. C'était parfois bien d'avoir ces gens-là de son côté, pensa-t-il.

Et voilà pourquoi Grant lui était familier. C'était forcément lui qui était derrière l'enlèvement dont il avait fait l'objet. Lui qui lui avait fait subir des tortures mentales et provoqué l'état apathique dans lequel il s'était réfugié. Et lui qui se portait volontaire pour étudier les résultats sur les patients victimes de ces troubles. Quel meilleur moyen de trouver des patients répondant aux caractéristiques requises des études qu'il voulait mener qu'en les créant lui-même. S'il était désormais certain de ce raisonnement, il s'arrangea pour n'en rien laisser paraître. Il enchaina.

- Je vous propose un marché. C'est donnant-donnant. Dites-moi où je peux le trouver… je parle d'une adresse officieuse, bien entendu…

- Et en échange ?

- En échange, je vous livre tous les résultats de ses recherches.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis intéressée par ses travaux ?

Il ne fut pas dupe. Nina tentait de minimiser son intérêt mais il était meilleur à ce jeu-là.

- Allons, Mme Sharp, si vous le connaissez bien, vous savez que la façon dont il a obtenu ses résultats n'est pas des plus... recommandables. Et je suis certain que vous n'avez pas pu atteindre le même niveau de connaissances et ce, malgré vos moyens. Car si de telles pratiques étaient admises et révélées au grand jour, ce serait la fin de MD. Mais je suis certain que vous avez suivi avec un grand intérêt les travaux du Dr Grant.

Nina Sharp afficha un grand sourire, amusée par le discours culotté du jeune Bishop.

- D'accord, admettons que vous disiez vrai... Qu'est-ce que cela vous apporte à vous ?

- Ça, ce sont mes affaires. Alors, quelle est votre décision, Mme Sharp ?

Elle sembla réfléchir un instant. Puis, elle appuya sur l'interphone pour appeler son assistante.

- Sophie, apportez-moi le dossier sur le Dr Grant, voulez-vous ?

- Tout de suite, madame Sharp.

- Monsieur Bishop, quelle est mon assurance que vous respecterez votre part ?

- Vous devrez me faire confiance, je suppose.

- Vous faire confiance ? Je ne sais pas. Mais je suppose que je fais confiance à la source de votre motivation.

- Que voulez-vous dire ?

Mais ils furent interrompus par l'assistante de Nina qui entra avec le dossier qu'elle remit à sa patronne.

- Merci Sophie, vous pouvez disposer.

Nina attendit qu'elle sorte pour remettre les documents à Peter.

- Bon courage, M. Bishop et à très bientôt, dit-elle.

Il saisit le dossier sans un mot et se dirigea vers la porte.

- Oh et passez le bonjour à l'agent Durham. Je suis sûre qu'elle vous sera reconnaissante pour ce que vous faites pour elle, dit-elle avec un air entendu.

Il eut un petit rire moqueur. Nina était décidément un adversaire coriace et elle savait bien plus de choses qu'elle ne voulait bien en dire. Mais à l'heure actuelle, il s'en fichait. Tout ce qui comptait était de réhabiliter Olivia. Sans perdre un instant, il prit la direction de l'aéroport pour retourner à Boston. Seconde étape : parler à Broyles.

Dès qu'il atterrit, il appela Broyles avec l'un des téléphones anonymes fournis par Astrid et lui demanda de venir le rejoindre à un endroit qu'ils connaissaient. Broyles ne fut pas surpris par son appel, Astrid lui ayant déjà fait part de ses intentions.

Une demi-heure plus tard, ils se retrouvaient à l'endroit convenu.

- Ravi de vous revoir. M. Bishop. Vous avez l'air en forme malgré les derniers évènements.

- Oui, grâce à Olivia.

- Où est-elle ?

- Oh, quelque part entre la Pennsylvanie et ici j'imagine, dit-il avec une moue en imaginant Olivia furieuse de s'être réveillée seule dans la maison.

- Que puis-je faire pour vous ?

- Je sais qui m'a enlevé, affirma Peter.

- Qui ?

- Le même qui a dit vouloir m'aider. Le Dr Grant.

- Le fameux psychologue qui travaille en collaboration avec le Dr Shaw ?

- Celui-là même.

- Avez-vous des preuves ? demanda Broyles.

- Non, mais je sais où les trouver.

Peter sortit l'adresse fournie par Nina Sharp et la lui tendit.

- D'où viennent ces informations ? demanda Broyles.

- Est-ce vraiment important ?

- Ça l'est si vous me demandez de lancer une opération sans savoir si la source est fiable.

Peter sourit.

- On croirait entendre Olivia, remarqua-t-il. Croyez-moi, la source est fiable. Lancez votre opération, Agent Broyles, vous aurez vos preuves et nous pourrons faire pression sur Shaw pour qu'il laisse Olivia tranquille.

- Qu'est-ce qui vous fait croire que ça aidera l'agent Dunham ?

- Parce que Shaw ne voudra pas être mêlé à ça et au nom de Grant, une fois que vous l'aurez mis sous les verrous. Et je me ferai un plaisir de lui montrer tout l'intérêt qu'il aura à coopérer, dit-il du ton assuré.

Broyles lâcha un petit souffle amusé. Il retrouvait la même détermination farouche chez Peter pour aider Olivia que celle dont elle avait témoignée pour le sauver, lui.

- Par contre, je veux être présent quand vous l'arrêterez, dit Peter.

- Et pourquoi ça ?

- Je veux être là quand vous arrêterez ce fumier.

Ce n'était pas tout à fait un mensonge, mais il n'avait pas l'intention de révéler l'accord qu'il venait de passer avec Nina Sharp. Et il devait être surplace s'il voulait avoir une chance de respecter sa part du marché avant que le FBI ne saisisse toutes les données.

Broyles le scruta et tenta de lire sur son visage ce qu'il lui taisait mais fidèle à lui-même, Peter ne laissa rien paraître. Alors Broyles soupira et consentit à lui accorder cette requête inhabituelle.

Peter se leva mais avant de partir, il ajouta une dernière chose.

- Oh et vous devriez peut-être songer à une promotion pour l'agent Farnsworth. Elle s'est montrée redoutablement efficace, dit-il avant de s'en aller.

Broyles lâcha un bref rire amusé et le regarda partir.

Deux heures plus tard, le FBI investissait les locaux clandestins du Dr Grant, le prenant en flagrant délit d'expérimenter des techniques illégales sur des personnes portées disparues. Peter les suivit de près et s'arrangea pour accéder aux ordinateurs stockant les résultats des recherches. Rapidement, il fit une copie des fichiers sur un mini disque dur, sans que quiconque ne remarque quoi que ce soit.

Une fois cela fait, il se rendit au labo où il retrouva Walter et Astrid. Il demanda à cette dernière de copier les données et de les garder dans un endroit sûr avant d'y effacer le dossier qui le concernait –cela ne faisait pas partie de l'accord– et de les enregistrer sur un des serveurs sécurisés de MD dont Nina lui avait fourni un accès.

Si Astrid ne posa pas de questions, elle comprit la démarche et les conséquences du choix de Peter. Elle ne fit aucun commentaire mais s'amusa en silence de la détermination commune qu'Olivia et lui montraient à se sauver l'un l'autre.

Il allait repartir pour la dernière étape –le Dr Shaw–, quand Astrid l'interpela.

- Olivia a appelé avec un des portables que je lui avais laissé.

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demanda Peter, légèrement inquiet.

- Comme vous vous en doutez, elle était furieuse quand elle s'est rendue compte que vous étiez parti sans elle.

Peter ne put s'empêcher de sourire en imaginant Olivia pester après lui.

- Elle a loué une voiture et revient à Boston.

- Où est-elle ? demanda-t-il, anxieux à l'idée qu'elle se rende au FBI avant qu'il n'ait eu le temps de parler à Shaw.

- Elle ne devrait arriver que dans une heure. Elle a eu du mal à trouver une voiture, dit-elle d'un air gêné.

Peter fronça les sourcils, sans comprendre la réaction d'Astrid. Elle s'expliqua.

- Elle était vraiment très en colère après vous.

- Seulement moi ?

- Désolée.

- Okay, est-ce qu'elle a dit où elle allait ?

- Non, mais elle a dit quelque chose que je n'ai pas compris.

- Quoi ?

- Elle a parlé d'un certain Rick et d'une certaine Stéphanie.

Peter sourit à cette allusion à leur soirée dans ce bar de Cambridge (NdA : épisode 1x10), l'année dernière où elle les avait fait passer pour frère et sœur. Hum, elle devait vraiment être en colère pour évoquer ce souvenir. Mais au moins, il savait où il pourrait la retrouver.

- Merci Astrid, dit-il simplement.

- Mais… commença-t-elle en le regardant sortir sans lui laisser le temps de lui demander la signification.

Puis elle secoua la tête, à moitié amusée et blasée.

- Ces deux-là ont même développé un langage qui leur est propre. Ils sont vraiment faits l'un pour l'autre, dit-elle avec humour.

- C'est ce que j'ai toujours dit, Astrale, c'est ce que j'ai toujours dit, dit Walter, tout content.

Astrid éclata de rire avant de reprendre ses activités.

Peter arriva une demi-heure plus tard à l'hôpital de Boston. Cet endroit lui fit froid dans le dos mais il resta concentré sur son objectif. Il trouva rapidement le Dr Shaw, qui d'ailleurs était facilement reconnaissable avec son pansement sur le nez. Il retint de justesse un sourire moqueur.

- Dr Shaw, dit froidement Peter en guise de salut.

Celui-ci leva les yeux vers lui et Peter vit clairement l'air stupéfait quand il le reconnut.

- Vous ? Mais comment… commença Shaw.

- Comment je suis sorti de mon apathie ? Pas grâce à vous ni à Grant, dit-il sèchement.

- Je suis… je suis ravi de voir que vous allez bien… bégaya-t-il, toujours surpris.

- Vraiment ? Vous le serez moins dans deux minutes, menaça Peter.

- Que voulez-vous dire ? dit le médecin en se renfrognant.

- Je veux que vous abandonniez les charges contre l'agent Dunham.

Shaw partit d'un grand éclat de rire.

- Vous êtes vraiment très drôle, M. Bishop.

- Oui, je sais, on me le dit souvent. Mais pour une fois, je ne plaisante pas.

Shaw afficha un sourire assuré et sarcastique.

- Et pourquoi ferais-je cela ? Elle m'a cassé le nez et a enlevé un patient. Vous soit dit en passant. Elle ne mérite pas son insigne au FBI.

- Vous n'êtes pas en mesure de la juger, répondit Peter, d'un ton glacial. Vous ne la connaissez pas.

- J'en ai vu bien assez pour savoir que c'est un danger pour les autres.

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, railla Peter. A ce que je vois, vous n'êtes pas au courant…

- Au courant de quoi ?

- Vous devriez regarder les infos plus souvent…

- Je n'ai pas le temps, M. Bishop. D'ailleurs, j'ai des patients à voir…

- Alors prenez-le, dit Peter. Je vous assure que c'est dans votre intérêt.

Alors que Shaw allait lui répondre vertement, un aide-soignant vint à leur rencontre.

- Dr Shaw, vous devriez venir voir les informations, dit-il.

- Et pourquoi donc ? s'agaça Shaw, énervé qu'on veuille à tout prix lui dire ce qu'il devait faire.

- On parle du Dr Grant.

Pour la première fois, Shaw laissa tomber son masque d'assurance. Rapidement, il suivit l'aide-soignant, talonné de près par Peter. En effet, les informations passaient en boucle l'arrestation du Dr Grant et relataient les faits qui le compromettaient dans une affaire d'enlèvements et d'expérimentations douteuses sur des cobayes non-consentants. Peter ne dissimula pas sa joie quand il vit Shaw pâlir à mesure qu'il écoutait.

- Pas très recommandable, votre idole, dit Peter dans le dos de Shaw.

Celui-ci sursauta comme une fillette effarouchée, se rappelant soudain la présence de Peter. Il tenta de reprendre contenance avant de prendre la parole.

- Et alors ? Nous ne sommes pas mêlés à cette histoire. Vous ne trouverez rien qui établisse de lien avec les activités du Dr Grant, dit-il d'un ton qu'il voulait convaincant sans vraiment y parvenir.

- Peut-être, mais si une enquête était menée sur votre établissement, imaginez toute la mauvaise publicité qu'elle ferait.

Shaw déglutit mais refusa de se laisser intimider si facilement.

- De la mauvaise publicité est toujours de la publicité, dit-il, d'un ton maladroit.

- Je vous préviens, Shaw, si vous ne retirez pas votre plainte contre l'agent Dunham, je vous traînerai tellement dans la boue qu'aucun investisseur ne voudra venir y plonger les pieds pour vous en sortir. Et je ferai en sorte de briser votre carrière comme vous prenez plaisir à le faire pour elle. Je promets de vous poursuivre à tel point qu'aucun établissement nulle part sur ce continent, ne voudra vous prendre ne serait-ce que pour jouer les gardes-malades dans un hospice.

- Vous bluffez ! Vous n'avez pas ce pourvoir ! dit Shaw en déglutissant cependant.

- Vous voulez vraiment le vérifier par vous-même ? demanda Peter avec assurance.

Il bluffait, bien sûr. Il n'avait pas la main aussi longue. Pourtant, il se jurait de faire tout ce qu'il pourrait pour lui mener la vie dure le cas échéant. Mais il espérait cependant ne pas avoir à en arriver là. Il vit le médecin réfléchir intensément et son assurance se réduire à peau de chagrin de seconde en seconde.

- Très bien, répondit enfin Shaw, en essayant de retrouver un peu de dignité dans son attitude. Très bien, j'irai retirer ma plainte dès demain, si vous m'assurez de ne pas citer mon nom aux côtés de celui du Dr Grant.

- Pourquoi attendre demain ? dit Peter, satisfait. J'ai ici-même un document qui stipule que vous abandonnez les charges contre elle. Vous n'avez qu'à signer.

Il sortit le papier qu'il lui tendit. Shaw lui envoya un regard furieux mais finit par le saisir et signa d'un geste rageur.

- J'espère que c'est la dernière fois que je vois. Vous ou elle, d'ailleurs. Vous ne valez pas mieux l'un que l'autre, dit Shaw avec amertume.

- J'espère également ne plus jamais avoir affaire à vous. Et je vous dirai bien de demander pardon à l'agent Dunham, mais vous ne méritez même pas l'honneur de pouvoir lui présenter des excuses, dit Peter avec sarcasme. Sur ce, je vous souhaite une excellente journée, Docteur, dit Peter en prononçant volontairement le dernier mot avec une emphase ironique.

Puis, il sortit rapidement de l'hôpital sans un regard en arrière, soulagé et heureux.

Il retrouva Olivia au bar de Cambridge où ils avaient passé une soirée agréable l'année dernière, même si Olivia avait légèrement rompu le charme en les présentant comme frère et sœur. Comme s'ils ne faisaient pas un couple crédible. L'idée le gênait. Encore maintenant, d'ailleurs.

Il la repéra à une table du fond, sirotant tranquillement –du moins en apparence– une bière. Il prit une profonde inspiration, histoire de se donner du courage avant d'affronter la tempête. Car aux dires d'Astrid, elle était vraiment en colère. Il s'assit face à elle, une moue d'appréhension sur le visage. Elle ne put retenir un petit sourire.

- Pourquoi cette tête ? demanda-t-elle finalement.

- Je crois que j'attends que tu me bottes les fesses, dit-il avec appréhension.

A sa plus grande surprise –et soulagement–, elle éclata de rire.

- En effet, je devrais. Mais tu as de la chance, nous sommes dans un lieu public et je ne veux pas me faire remarquer, dit-elle.

- En effet, quelle chance pour moi. Pourquoi ici ?

- Je ne sais pas. Peut-être parce que ça m'évoquait de bons souvenirs...

- Vraiment ? dit-il d'un ton flatté et avec un grand sourire.

- Oui, mon cher Rick, dit-elle pour le charrier.

Il fit la moue à l'emploi de ce nom, se rappelant la notion de frère et sœur associée.

- Il faudra vraiment qu'on rediscute de ça, dit-il.

- Pourquoi ? dit-elle d'un ton innocent.

- Le truc du frère et de la sœur qui vont boire un verre ensemble, nan... Ça colle pas, dit-il en fronçant le nez.

- Pourquoi non ? dit-elle d'un ton amusé.

- Franchement, tu en connais beaucoup des frères et sœurs qui vont boire un verre ensemble, toi ?

- Et qu'est-ce que tu suggères ?

- Hum... meilleurs amis... c'est déjà plus crédible, non ?

Elle rit, amusée. Elle s'attendait sans doute à autre chose.

- Okay, va pour meilleurs amis. Je tâcherai de m'en souvenir à l'avenir, dit-elle.

- Merci, meilleure amie, dit-il à la fois déçu et soulagé.

- Alors ? C'est grâce à toi que je reprends du service ?

- Les nouvelles vont vite...

- Astrid a appelé, expliqua Olivia.

- J'aurais dû m'en douter.

- Merci, dit-elle sincèrement.

Il la regarda avec surprise.

- Quoi ? demanda-t-elle.

- Rien, c'est juste que… D'une part, je m'attendais à ce que tu sois furieuse et d'autre part, je dois admettre que je suis surpris que tu me remercies. Et puis entre nous, j'ai bien plus de raisons de te remercier que l'inverse.

- Es-tu en train de dire que je ne sais pas me montrer reconnaissante ?

- Loin de moi cette idée, mais reconnais que tu ne laisses pas les autres t'aider.

- Ça c'était avant, avoua-t-elle.

- Avant quoi ? demanda-t-il, intrigué.

- Avant toi, avoua-t-elle dans un souffle.

Il battit des paupières marquant sa surprise et l'observa. Contrairement à son habitude, elle ne baissa pas les yeux.

- Combien de bières as-tu bu ? ne put-il s'empêcher de demander avec humour.

- Es-tu en train de suggérer que je dois être soûle pour me montrer reconnaissante ? demanda-t-elle, faussement irritée.

Il ne lui répondit que par un haussement d'épaules et secoua la tête.

- Pour tout te dire, j'en ai bu trop pour te botter les fesses, mais pas assez pour ne pas voir que si je reviens à la Division, c'est grâce à toi.

Il rit.

- Je t'en dois autant, dit-il enfin. Peut-être même plus, ajouta-t-il d'un ton tendre.

Ils se fixèrent un instant avant qu'Olivia ne se détourne, retrouvant enfin ses réflexes. Un ange passa, le moment de détente touchait à sa fin. Olivia se leva, tandis qu'il l'observa, vaguement déçu mais pas surpris. Pourtant, il était écrit que cette soirée ne serait pas tout à fait comme les autres car elle eut un geste qui le surprit. Elle se pencha vers lui et l'embrassa sur la joue qu'elle assortit d'un léger « Merci Peter ». Bien sûr, on était loin d'un quelconque geste qui risquait de faire basculer leur relation de « meilleurs amis » à celle de « couple ». Mais quand on connaissait Olivia, c'était un geste inédit et rare, avec une signification bien plus forte qu'un simple sentiment de gratitude. Elle commençait déjà à partir, lui tournant le dos pour éviter d'avoir à le regarder. Il se remit de sa surprise et s'élança à sa suite. Il tenta de pousser son avantage.

- Quoi, c'est tout ? Grâce à moi, tu retrouves ton poste... tenta-t-il avec humour mais sans y croire.

Elle lui lança un regard d'avertissement amusé pardessus son épaule mais ne dit rien. Puis elle sortit du bar et il la suivit, le sourire aux lèvres. Sur le parking, elle lui souhaita juste une bonne nuit et lui dit à demain avant de rejoindre sa voiture. Il la regarda partir avec un sentiment d'acte manqué mais aussi avec l'impression si rassurante que tout rentrait dans l'ordre. Il soupira et secoua la tête, avant de rejoindre sa propre voiture et de rentrer.

Le lendemain quand Olivia arriva au labo, elle croisa Broyles qui venait lui remettre son arme et son badge. Ils entrèrent en même temps dans le labo. Trois paires d'yeux se tournèrent vers eux. Peter lui fit un signe de la main, mais elle ne les rejoignit pas tout de suite.

- Félicitations, Agent Dunham, la Division est à nouveau réunie grâce à vous, dit Broyles.

- Non, nous sommes une équipe. Je n'y serais pas parvenue sans eux. Et d'ailleurs, je dois également vous remercier. Vous avez joué votre part aussi.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Durham, dit-il d'un ton sérieux.

Elle sourit et n'insista pas.

- Qu'en est-il de la Division ? Sommes-nous toujours dans le collimateur ? demanda-t-elle, sérieuse à son tour.

- Il semblerait que votre dernière affaire résolue nous ait remis dans leurs bonnes grâces. L'arrestation du Dr Grant a fait bonne impression et nous vaut une période de tranquillité appréciable.

- Grâce à Peter, dit-elle.

Il ne montra pas l'amusement qu'il ressentit à entendre ces paroles venant d'elle, sachant que la veille à peine, Peter rejetait tout le mérite sur Olivia, exactement de la même manière.

- Comme vous l'avez dit, vous êtes une équipe. Le mérite vous revient à tous.

- Merci Monsieur.

- Quoi qu'il en soit, Dunham. J'espère que vous m'épargnerez d'autres désagréments de ce genre. Je regretterais d'avoir à vous suspendre, ou pire, pour une nouvelle insubordination.

- Message reçu, Monsieur, dit-elle avec moue entendue. Oh et tant que j'y suis, je pense qu'Astrid mériterait une augmentation, glissa-t-elle.

- Pour quoi ? Avoir violé plusieurs dizaines de lois ? demanda-t-il, à nouveau amusé par l'impression de déjà-vu qu'Olivia lui donnait vis-à-vis de Peter.

- Je mettrais plutôt en avant son dévouement et sa prise d'initiatives, tenta-t-elle.

Il s'accorda un bref sourire.

- Nous verrons cela. Bien, je vous laisse une heure avant de vous solliciter à nouveau. Profitez-en.

- Monsieur ?

- Que croyiez-vous, Dunham ? La Division a été gelée depuis presque 3 semaines. Les cas ne se sont pas arrêtés d'apparaître juste parce que vous ne pouviez pas vous en occuper... dit-il avec une pointe d'humour.

Elle eut une moue amusée.

- Bien Monsieur.

- Allez-y, Dunham, Rejoignez votre équipe. Ils vous attendent.

- Hum, joignez-vous à nous, Monsieur... proposa-t-elle spontanément.

- Non. Mais merci.

Elle hocha la tête et rejoignit les autres pour partager le petit-déjeuner. Broyles observa d'un œil paternel leurs retrouvailles animées et joyeuses. Il lâcha un petit souffle amusé en pensant au× dernières semaines qu'ils avaient vécues et se sentit heureux de les voir réunis de nouveau. Il quitta le labo discrètement avec une dernière pensée pour ceux qu'il laissait derrière lui et qu'il considérait comme sa propre famille. L'esprit d'équipe, voilà quelle était la force de ces quatre-là et ce qui expliquait leur succès dans leur travail.

Olivia ne le vit pas partir et quand elle se retourna, la porte se refermait doucement. Elle sourit pensant à celui qui s'effaçait en silence, car contrairement à ce qu'il semblait penser, il avait sa place dans leur petite famille. Cette drôle d'équipe qu'ils formaient et qui était devenue pour chacun d'entre eux leur quotidien et leur nécessaire. Puis, elle reporta son attention sur les présents, simplement heureuse de pouvoir à nouveau partager un moment comme ça avec eux. Comme avant. En équipe.


Alors, verdict ?

Et sinon, je ne sais pas si l'idée va vous plaire, mais je travaille sur une nouvelle histoire qui se tiendra après la saison 2. Je vais essayer de l'écrire plus vite. Je devrais avoir plus de temps d'ici à la rentrée, normalement ! ;)