OBSESSION AMOUREUSE - CHAPITRE 10 - CE QUI NE NOUS TUE PAS, NOUS REND PLUS FORT


Je n'entendais plus que le tic tac de ma pendule. J'avais les yeux fermés et tout était noir. Une serviette mouillée était posée sur mon front, quelques gouttes glissaient sur mes tempes pour venir mouiller l'oreiller. J'ouvris les yeux. Tout était clair dans ma chambre, c'était le matin. Déjà ? pensai-je déçu. Il me semblait qu'une minute à peine s'était écoulé depuis que j'avais fermé les yeux… Je pris la serviette mouillée et l'enlevai avec un énorme soupire mérité.

- Non, non, non ! s'écria une voix et je me levai en poussant un petit gémissement.

Mon frère entra dans la pièce et vint directement vers moi.

- Itachi s'il te plaît j'en ai marre d'avoir ce truc sur le front ! me plaignis-je.

- C'est pour faire baisser la fièvre, triple crétin, dit mon frère en essayant de reprendre la serviette que je cachais dans mon dos.

- Mais je n'ai plus de fièvre ! Tu vois ? La pleine forme !

Je fis un sourire que je pensais assez grand, et mon frère arrêta d'essayer de m'arracher la serviette. Je la lui remis donc dans les mains quand je jugeai qu'il n'allait pas me la remettre sur le front. Mais le sourire qui s'étendit sur son visage me fit regretter cette décision.

- C'est quoi ce regard, 'Tachi ? M'horrifiai-je.

Mon frère se mit à rigoler et il mit sa main sur mon front et poussa juste assez pour que je m'écroule sur le lit. Je grognai en me redressant mais il refit la même chose plus de trois fois avant que je ne me mette à rager sérieusement.

- Bon ça va ! Qu'est-ce que tu veux ? C'est quoi ce sourire ?

- Si tu as la forme alors tu retournes à l'école ?

Je m'arrêtai de me bagarrer avec mon frère. Itachi soupira de ma réaction. Je me laissai basculer sur mon lit et me recroquevillai sur moi-même et posai ma tête sur mes genoux qui étaient relevés. Je me berçai un moment et détournai le regard pour éviter celui de mon frère. Je savais ce qu'il allait me dire. À genoux, il m'attrapa l'épaule mais je me défis de son emprise, boudant comme un enfant.

- Sasuke, il faut que tu y retournes, soupira-t-il.

- Je suis malade, gémis-je.

- Tu viens à peine de me dire que tu avais la pleine forme ! S'exclama mon frère en lâchant un rire amusé ou exaspéré.

Je lui tournai maintenant complètement le dos. Il soupira et je l'imaginai en train de rouler des yeux. J'avais le comportement d'un parfait gamin et pourtant, j'avais vraiment un blocage pour ce qui était de l'école. Je ne voulais pas y aller, sinon c'était le revoir et ça, je n'étais pas prêt. Pas encore du moins… Alors mieux valait prétendre que j'étais malade. Et je passais tellement de temps sous la douche à pleurer depuis Noël, que l'eau finissait par devenir froide et j'avais prit froid de nouveau.

Mais maintenant, ça faisait deux semaines et demie. Mon frère n'était pas stupide, il voyait que j'allais mieux, si ce n'était pas de la fièvre qui revenait. Physiquement, j'allais réellement mieux. Mais à l'intérieur, dans mon cœur, c'était toujours la tempête.

Je sentis la main de mon frère sur le dessus de ma tête.

- Hey p'tite tête. Ça fait deux semaines que tu manques les cours. Tu veux te retrouver avec les plus jeunes l'année prochaine ? Il faut que tu y retournes, sinon, tu ne passeras pas les examens…

- C'est bon ! M'exclamai-je en me levant d'un bon. Je vais y aller, t'es content ? T'as gagné.

- Oui, fit mon frère en se levant aussi de l'autre côté du lit.

Je me tournai et croisai son regard. Itachi me souriait, et je baissai la tête. Je ne lui avais toujours rien dit sur Naruto et moi. Tout ce qu'il savait, c'était que ma vie amoureuse n'allait pas comme sur des roulettes, ou alors les roulettes étaient brisées et je me cassais la gueule à chaque fois que je voulais aller de l'avant.

Enfin bref, j'ignorai son regard et me dirigeai vers ma salle de bain.

- Sasuke, lança mon frérot.

Je m'arrêtai avant d'arriver au seuil de la porte, et me retournai en soupirant.

- Quoi ?

- Tu te dépêches ? Je t'amène.

Je fis un petit signe de tête pour acquiescer. Mon frère sourit, content de me voir reprendre du poil de la bête. Il partit ensuite et je m'empressai de faire mes besoins pour rapidement m'habiller. Je n'avais en tête que le visage de Naruto, quand il m'avait embrassé sur mon lit, à Noël. J'appréhendais tant ce qui allait se passer maintenant entre nous… L'avais-je pardonné en lui rendant son baiser ? Je ne savais rien… Rien du tout en amour. Je n'avais qu'une envie, lui dire que tout était déjà oublié tant il me manquait et que j'avais besoin de lui, mais quelque chose me disait que c'était se rendre trop rapidement. C'était lui qui avait fait la faute après tout non ? Alors c'était à lui de revenir vers moi le premier.

C'était ce qu'il avait fait…

ENFIN ! Sasuke arrête de te prendre la tête pour lui !

Je le verrai à l'école, j'imagine…

Sur ce, je descendis les escaliers, m'habillai rapidement avec mon manteau et mon bonnet, mis mes bottes, pris mon sac et rejoignis mon frère qui m'attendait dehors. Nous partîmes ensuite.


- Sasuke, Sasuke !

Je tournai lentement la tête à l'entente de mon prénom, crié par une voix féminine que je parvins à percevoir dans le brouhaha du corridor de l'école. Je vis arriver au bout du couloir, Ino, qui courrait vers moi. Je souris un peu, comme timidement.

- Sasuke tu vas bien ? S'enquit-elle gentiment quand elle arriva près de moi.

Je fis un petit signe de tête et reposai ensuite mon regard sur mes cahiers que je tentai de démêler dans le bazar de mon casier. Voyant mon mutisme, elle soupira et vint passer ses bras autour de mon coup. Surpris, je reculai et elle resserra l'étreinte.

- Tu m'as manqué Sasuke, dit-elle. Où étais-tu? Toute la semaine dernière ?

Elle recula et me toisa de ses grands yeux océans. Je me mordis les lèvres. Elle avait les mêmes pupilles que son cousin…

Je baissai la tête, regardai mes deux pieds se cogner l'un contre l'autre, mon bras le long de mon flanc et ma main jouant machinalement avec le bout de mon chemisier.

- Ça va ?

- Oui, je vais bien. J'étais malade, voilà tout.

Puis je retournai à mon bordel. J'entendis Ino soupirer. Elle se mit alors à jouer dans mes cheveux et je sursautai.

- Il s'est passé quelque chose ?

- N-Non…

- Si tu le dis.

Je tournai la tête vers elle.

- Tu n'insiste pas plus ? M'étonnai-je.

Elle sourit largement.

- Si, j'allais le faire. Alors ? T'es sûr qu'il s'est rien passé ?

Je roulai des yeux et pris mon cahier de français, ainsi que mon coffre à crayon. Je refermai ensuite la porte de mon casier et la verrouillai.

- Tu as quoi comme cours ? Demandai-je pour changer le sujet en souriant et Ino leva les yeux au ciel à son tour.

- J'ai mathématique, grogna-t-elle et je lâchai un petit rire.

- On… Déjeune ensemble, si tu veux, marmonnai-je nerveusement en fixant mes cahiers dans mes bras.

- Oh oui ! Je veux bien, s'exclama-t-elle. En espérant que cette peste de Sakura ne nous colle pas aux baskets ! Tiens, en parlant du loup…

Ino regarda par-dessus mon épaule et mon cœur se mit à cogner contre ma poitrine. Je n'avais aucune envie de la voir celle-là !

Je me retournai lentement, et regardai au fond du couloir. Sakura était là, elle marchait vers nous. Sa jupe très courte montrait plus que je ne voulais en voir et ses bas collants étaient très provocateurs. Son débardeur, qui était pour une fois monté jusqu'à sa gorge couvrait son énorme poitrine de put**… OK c'est bon Sasuke, ne le dit pas quand même… pensai-je. Son visage me donna envie de vomir, et je me retournai pour regarder Ino avec un regard suppliant.

- Elle me rend malade, chuchotai-je.

Ino me fit une expression de pure compassion en mettant sa main sur ma joue. Elle était gentille Ino… je l'aimais beaucoup.

Elle se pencha vers moi.

- Aller file, je lui dirai que tu as dû passer voir la directrice pour toutes tes absences, avant d'aller en cours.

- Merci ! soufflai-je et elle me serra contre elle avant que je parte en furie.

J'entendis Sakura s'exclamer quelque chose comme " Hey Sasuke ! Où vas-tu ! " mais je n'en tins pas compte. Sa voix sonnait comme une alarme désagréable et je n'avais qu'une envie, la gifler assez fort pour qu'elle ne puisse plus jamais parler.

Je souris pour moi-même, amusé de mes pensées qui devenaient de plus en plus meurtrières, et poussai la porte de la salle de bain. Là, je posai toutes mes choses sur le comptoir et me laissai aller à quelques larmes. Tout de même, je me suis fait avoir en beauté par cette fille. Et si je pleurais à l'instant, je ne savais pas si c'était de peine ou de joie. Entre Sakura et Ino, je ne savais plus si j'étais content ou triste.

Il y avait tout de même quelque chose de bon: car ce qui ne nous tuait pas nous rendait plus fort.


Nous étions à la cantine. J'avais mon lunch et je mangeais calmement en regardant les grandes vitres à l'autre bout de la cafétéria, qui donnaient sur la cours arrière. Il y avait pleins d'élèves qui jaillissaient de tous les côtés, ça m'étourdissait, mais je n'en tenais pas réellement compte. Je me contentais de manger, de grignoter mon sandwich à petites bouchées. Je n'avais pas vraiment faim. Je ne pensais qu'à rentrer à la maison, la journée était longue et pénible, mais je me consolais en me disant qu'il ne restait plus que six mois à l'année scolaire. Bon, ce n'était pas vraiment une consolation… Mais bon. C'était tout ce qui me passait par la tête en ce moment.

Ce fut un bras autour de mes épaules qui me tira de mes pensées. Je sursautai et Ino, assise devant moi, ouvrit grands les yeux. Je devinai la personne qui venait d'arriver et qui était collée à moi. Je la reconnus par l'odeur, le parfum à en vomir qui m'emplit les poumons. Je faillis recracher les bouchées de sandwich que j'avais dans la bouche.

- Salut les amis ! s'exclama la voix qui me fit grimacer.

Je me retournai et me défis délicatement de son étreinte. Elle recula pour mieux me regarder. Ses grands yeux émeraude étaient maintenant si hypocrites, je me demandais comment j'avais fait pour me faire amadouer, me faire piéger par son allure de jeune fille innocente. J'en avais honte.

- Ça va, Sasuke ? Tu n'as à peine parlé en cours.

- Habituellement en cours, on garde le silence, Sakura, répondis-je calmement.

Ino me regarda, et je crus voir briller une lueur malicieuse dans le fond de ses yeux bleus.

Je souris pour moi-même, et continuai de manger alors que ma soit disant " amie " prit place à mon côté. Discrètement, je me poussai vers la droite pour éviter d'être trop collé à elle et à son odeur. Tout en elle me rendait malade désormais: sa présence, son visage, ses yeux, sa voix, son odeur. Le simple fait qu'elle respirait le même air que moi !

- Sinon, commença alors Sakura en déballant son lunch sur la table. J'ai su pour Naruto et toi Sasuke. C'est dommage, mais finalement, peut-être que tu n'étais pas fait pour lui.

- Quoi ? Lâchai-je en interrompant toutes mes pensées meurtrières et en tournant la tête vers elle.

Ino avait cessé de respirer. Elle semblait choquée par le front que cette fille avait. Vraiment énorme !

Le brouhaha du reste de l'école semblait me boucher les oreilles ou alors ma pression cardiaque augmentait. Je sentais le sang me monter à la tête. Sakura, comme si tout était normal, tourna la tête vers moi et son regard m'atteignit comme un couteau.

- Bah oui. Tu n'étais peut-être pas si amoureux de lui finalement. Moi je dis que c'était qu'un banal coup de cœur d'adolescent. Tu l'admirais, mais admirer ne veut pas dire aimer. Sasuke, qu'est-ce que tu as ? T'es tout pâle !

- Je pense que ça suffit comme ça Sakura ! S'exclama Ino.

Sakura tourna la tête vers elle.

- Quoi ? S'écria Sakura en haussant les épaules.

C'en fut trop. Je regardai au loin, mon frère venait d'entrer dans la cafète avec ses amis et Sasori, le frère de Sakura. Tant pis s'il assistait à ça, mes mains me démangeaient trop, je ne pouvais plus me retenir.

Je me levai, et Sakura reporta son regard sur moi.

- Où vas-tu encore, Sasuke ?

Je ne dis rien. Ino examina le moindre de mes gestes, alors que moi je comptais les battements de mon cœur à la seconde. Je tremblais; d'excitation, tout en me penchant pour attraper mon jus. J'ouvris le bouchon, et le mis au-dessus de la tête de Sakura. En un clin d'œil, je versai tout son contenu sur ses ô si jolies cheveux roses !

Et je n'aurais su expliquer le soulagement que je ressentis à cet instant précis. C'était… si bon ! Surtout quand Sakura se leva d'un bond, en lâchant un cri de surprise, frissonnant du liquide froid qui lui coulait sur la tête et maintenant sur tous ses vêtements. J'avais un sourire de psychopathe. Je ne me reconnaissais même pas moi-même. Moi, le timide de service, moi le sans amis, moi celui qui ne disait rien quand on le bousculait dans les couloirs. Moi, moi le ringard du lycée. Je souriais fièrement car ma vengeance était accomplie. J'en étais presque au fou rire, car les exclamations autour de nous, des gens qui se moquaient de Sakura, me donnaient des ailes, j'avais la sensation d'être libéré d'un fardeau.

Finalement oui: c'était amusant les amis !

- Sasuke qu'est-ce que… Bon sang ! Pourquoi as-tu fait ça ?

Je ne dis rien. À voir la tête de cette fille, là, tout de suite, j'en avais presque pitié. Je ne savais plus si je devais rire ou pleurer pour elle, car au fond je n'étais pas mauvais, et faire ça aux gens, peu importe ce qu'on m'a fait, c'était mal…

Ino mit sa main sur sa bouche, retenant un fou rire, mais elle était aussi surprise. Sakura me lança un dernier regard noir avant de partir en courant. Je me laissai tomber sur mon banc, et Ino partit d'un grand rire.

- Wow ! Sasuke c'était g-é-n-i-a-l-e !

- M'ouais… Soufflai-je en me prenant le visage à deux mains.

Mes joues brûlaient. Je rouvris les yeux vers Ino qui était en pleine admiration.

- J'ai pas l'habitude de… d-de faire ça, je…

- Sasuke, ne commence pas ! C'est même pas la peine que tu t'en veuilles pour ça, t'as bien fait ! Très bien fait !

- Mais… Je ne voulais pas, tout compte fait, j'ai agit sur un coup de tête…

- C'est souvent les décisions prises sur un coup de tête qui font toute la différence Sasuke. Avoue-le: tu te sens mieux là, non ?

Je regardai le visage d'Ino un moment, et soupirai.

- Oui, bien sûr que je me sens mieux…

- C'est tout ce qu'elle méritait.

- Si tu le dis…

- Bah dis donc mec ! Lança une voix de garçon et je me retournai.

Mon frère et sa clique était derrière nous. La voix, c'était celle de Sasori. Il me souriait et je me sentis rougir, autant parce que le regard d'Itachi était intense sur moi, mais aussi parce que je me rendis compte que je venais d'être le centre d'attention de toute la cafétéria. Je venais de me donner en spectacle ! Au fond de moi, je m'en voulais un peu d'être content que cette fille subisse la même humiliation que moi. Et j'étais encore réticent sur ce point: ce qu'elle venait de subir, c'était rien du tout à côté de ce qu'elle m'avait fait.

Je soupirai.

- D-Désolé, marmonnai-je. C'est ta sœur… Je… Je voulais pas…

- Oh la la, il est trop coincé celui-là, se moqua gentiment Ino.

- Non, non ! fit Sasori en prenant la place de sa sœur à mes côtés. Bon, j'avoue, j'aime pas quand on s'en prend à ma sœur, mais là elle a abusé. Et t'as assuré Sasuke. Tape là !

Il me montra sa main et, hésitant, je tapai avec la mienne. Son sourire en valait dix, il rayonnait, et mon cœur battait de plus en plus fort à l'idée que Sasori soit aussi un nouvel ami à compter dans ma liste. Elle était courte cette liste, mais elle allait s'agrandir. J'avais un peu plus espoir maintenant. J'étais plus fort: un petit peu plus fort.

C'est à ce moment-là que la directrice arriva en furie dans la salle, suivit de quelques hommes de ménage. Ils vinrent immédiatement vers nous et virent le dégât. Quelques témoins autour me dénoncèrent et je soupirai quand elle me pointa du doigt, enragée:

- Sasuke Uchiwa, dans mon bureau, sur le champ !

En voyant mon air désemparé et exaspéré, Sasori éclata de rire en me tapant le dos.

- Courage, Sasu !

Honnêtement, ce petit incident, peu importe à quel point ça peut sembler méchant et cruel envers Sakura, me donna en effet un peu de courage. Je fus en mesure de me lever debout, et ça faisait du bien car depuis Noël j'étais recroquevillé en petite boule.

Le chemin jusqu'au bureau de la principale me permit de me dégourdir un peu, et j'avais un sourire sur les lèvres. Un sourire stupide et malicieux, un sourire réel. Je me sentais renaître. C'était drôle comme sensation… J'avais envie de recommencer encore, cette folie, cette chose interdite. Étais-je en train de me transformer en le contraire de moi-même ?

J'avais passé de timide à dévergondé en une journée. Mais non… c'était sans doute la fatigue. Ou la fièvre.

L'un ou l'autre, forcément…

Mais mon sourire restait imprégné dans les traits de mon visage même quand je sus que j'allais avoir une retenue. La première de toute ma vie.


La cloche retentit, et je m'empressai de rassembler toutes mes choses pour filer en vitesse. Je ne voulais pas attendre mon frère, je ne voulais pas passer un interrogatoire durant le trajet jusqu'à la maison au sujet de mon comportement bizarre. Alors je courrai jusqu'à mon casier mais ce que je trouvai là, me laissa pantois:

- C'est toi Sasuke, non ?

- Euh… Oui, et toi, je t'ai déjà vu quelque …

- Je suis Deidara, m'interrompit le petit blond planté droit devant mon casier. Le petit frère de Naruto.

- Oh, chuchotai-je, l'adrénaline retombant.

- Tu dois te demander où est passé mon frère non ?

Mes lèvres tremblaient, comme mon corps entier et comme mon cœur. Je serrai mes cahiers contre mon torse.

- Je… Je ne l'ai pas vu, m-mais c'est normal nous ne sommes pas au même niveau… Il est en terminal a-alors…

- Hum, marmonna-t-il en baissant la tête mais en la relevant aussitôt. Il m'a chargé de te donner ça.

Il s'arrêta, prit son sac qu'il avait sur le dos, l'ouvrit et se mit à chercher. Pendant ce temps, je tentai de garder de l'ordre dans mes idées. Ce garçon avait la même odeur que son frère, et c'était normal puisqu'ils vivaient sous le même toit. Je voulais bouger mais mes jambes ne me le permettaient pas, flageolantes et tremblantes comme elles l'étaient.

Lorsqu'il trouva ce qu'il cherchait, il me le tendit et mes yeux s'ouvrirent grands comme des balles de tennis. J'en laissai tomber toutes mes choses qui allèrent s'écraser par terre à mes pieds.

- Q-Que… Qu'est-ce que…

- Je n'ai pas bien comprit toute l'histoire, continua le garçon alors que je pris en main mon journal. Mais… Il m'a demandé de te le rendre.

- C-Comment se fait-il que… q-que…

- Je t'ai dit que je n'ai rien comprit de ce qu'il m'a raconté, m'interrompit-il et je me tus, ravalant ma salive péniblement. Enfin…

Je fixai longuement mon journal des yeux, tentant de reconstitué tous les faits. La dernière fois que je l'avais vu, c'était… c'était ce samedi là. Alors je l'avais laissé sur cette table en partant ? Il était vrai que je m'étais enfui à la vitesse de l'éclaire, mais j'étais si bouleversé que je ne m'en étais même pas rendu compte. Et comment avais-je fait pour oublier qu'il me manquait mon journal, durant toutes les vacances ?

Je n'en revenais toujours pas. Ça voulait dire que Naruto avait lu ? Non… Il n'aurait quand même pas fait ça. Je ne savais pas. Je ne savais plus rien… Je ne savais plus où j'en étais, et en laissant mes yeux se remplir de larmes, je serrai contre mon cœur ce journal. Je vins m'appuyer contre mon casier, sentant mes forces me quitter, et me laissai glisser jusqu'au sol.

Ce Deidara soupira, puis vint s'accroupir devant moi. Son visage était clair, d'une blancheur parfaite. Il était différent de Naruto qui lui avait le teint bronzé, mais en même temps il avait les mêmes cheveux, les mêmes yeux. Deidara mit sa main sur mon genou et je crus rêver, ou alors dans son geste, il y avait de l'affection et de la compassion.

Il baissa les yeux.

- Je ne sais pas si ce devrait être à moi de te l'apprendre mais… Naruto est partit.

Je relevai la tête brusquement:

- Quoi ?

- Il est partit, répéta-t-il.

- Ça… Ça j'avais comprit, balbutiai-je, les mots s'entremêlant dans ma bouche sèche. Mais… Pourquoi ? Où ?

- Pour des raisons qui me regardent, dit-il en rougissant. Chez notre mère, en Europe. J'étais censé y aller mais… Enfin, bref, ça ne te regarde en rien.

Je me mordis les lèvres.

- Est-ce que… Est-ce que c'est pour… p-pour toujours ? demandai-je d'une toute petite voix.

Deidara me regarda. Dans ses grands yeux bleus, je vis quelque chose qui vint me toucher au plus profond de moi. On aurait dit qu'il comprenait ma douleur, qu'il le vivait aussi. Or, c'était impossible car il ne me connaissait pas, et moi non plus. Nous étions deux purs inconnus. Il avait les yeux tristes, comme moi, et je sentis dans sa voix qu'il était désolé.

- Non, juste pour… Quelques mois. Un mois, ou deux. Peut-être trois. Ça dépend. Mais c'est sûr qu'il reviendra.

- Tu peux être sûr que je m'en fous, hein ! Grognai-je. Il peut bien rester là-bas, très loin d'ici !

Deidara poussa un petit rire. Pas moqueur: réellement amusé. Je n'en fus aucunement vexé. Je sentais qu'il était gentil au fond, même s'il avait fait preuve de rudesse envers moi.

- Ça se voit que tu l'aimes, mon frère.

- Non, plus maintenant, dis-je.

- …

Il haussa les sourcils, pas convaincu, et nous nous regardâmes ainsi jusqu'à ce que je cède:

- Bon OKAY ! Oui… Je suis amoureux de lui, m-mais c'est une bonne chose finalement… S'il est loin alors… Ça me permettra de l'oublier une bonne fois pour toutes.

- Si tu le dis, soupira le blondinet. Hey. Si tu veux… On fait le chemin ensemble ?

- O-Okay…

Il m'aida à rassembler mes choses et à me relever. Sa gentillesse me surprit, mais je gardai mon sang froid et me fis fort pour ne pas fondre en larmes dans ses bras. J'en avais marre de pleurer, et en me mordant les lèvres, tout au long du trajet jusqu'à la maison, je me fis la promesse une centaine de fois, de faire mon deuil de cet amour impossible, de ce garçon que j'aimais trop. Je me fis la promesse de l'oublier, coûte que coûte, par tous les moyens possibles.


Salut chers lecteurs ! Vous vous demandez comment ça se fait que j'aie posté si rapidement la suite? Bah, c'est simple: cette fic est terminée, alors à quoi bon vous faire attendre? Donc je poste immédiatement le chapitre 10 et 11, les deux derniers de cette SAISON. =)

Review ?^^