Merci à tous ceux qui suive cette fic et qui laisse des gentils commentaires, sachez qu'ils sont toujours très appréciés. Désolée pour le petit délai entre les updates, mais je suis en fin de session et pour couronner le tout j'ai du formater mon ordinateur, je vous laisse imaginer la galère! Pour me faire pardonner, voici deux nouveaux chapitres....

Bonne lecture

Lyana

Chapitre 10 : Cauchemars et confidences

Tony et Ziva étaient installés dans le petit appartement vide qui faisait face au domicile de Moubayeb depuis à peine une heure lorsque le jeune homme posa son regard sur sa collègue. Elle était assise sur le rebord de la fenêtre, un genou ramené contre elle et l'autre jambe pendant mollement dans le vide. Elle avait laissé tomber les jumelles de vision nocturne depuis un moment déjà, après avoir pester contre la longue soirée monotone qui s'annonçait, mais pourtant son regard semblait toujours perdu au loin. Le trouble qu'il lisait sur son visage n'était pas coutumier. Elle semblait même vulnérable, ainsi assise, parfaitement immobile, son visage simplement éclairé par la faible lueur provenant de la rue.

Ziva avait à contre cœur laissé la petite partir avec Gibbs. Elle savait bien qu'il veillerait sur elle, mais elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Elle tâchait de se convaincre que Gibbs savait y faire avec les enfants et que la petite serait très bien chez lui pour la nuit, mais elle n'arrivait pas à chasser de son esprit l'image de la gamine à l'esprit vif, qui le matin même l'avait tellement déstabilisée. Elle repensa à ces petits mots, lancés sur un ton oh combien innocent. Comment pouvait-elle savoir ? Elle sursauta lorsqu'elle sentit une présence près d'elle.

« Ça va ? lui demanda Tony d'une voix douce.

- Oui, pourquoi ça n'irait pas, lui répondit-elle un peu trop rapidement pour que sa réponse semble tout à fait sincère.

- Parce que ça fait plus de dix minute que tu fixes au loin en te fichant éperdument de ce qui se passe de l'autre côté de la rue, Ziva.

- Si ma façon de travailler ne te plait pas Tony, t'as qu'a prendre le premier tour de garde, moi je vais aller me reposer un peu. Ça sera toujours plus productif que d'avoir à supporter tes remarques idiotes, lui rétorqua-t-elle, piquée au vif, en lui lançant la paire de jumelles. »

Sur ces mots, elle se leva brusquement et se dirigea à l'opposé de la pièce. Tony avait attrapé de justesse le projectile envoyé par sa partenaire, évitant in extrémis de le recevoir en pleine figure. Il la regarda s'éloigner d'un air interloqué en se demandant ce qu'il avait bien pu dire ou faire pour la mettre dans cet état. Définitivement, cette fille est un mystère, se dit-il intérieurement. Un mystère très sexy, tout de même ne put-il s'empêcher d'ajouter pour lui-même en souriant.

Peu de temps après que le calme soit revenu dans la pièce, un léger ronflement se fit entendre, provenant de l'endroit où la jeune israélienne était recroquevillée. Tony sourit en continuant son observation. Il ne se passait définitivement rien, Moubayeb ayant gagné sa chambre quelques instants plus tôt. Aucun visiteur ne s'était présenté. La nuit serait longue. Il laissa ainsi s'écouler quelques heures et alors qu'il se demandait quelle serait la meilleure façon de réveiller Ziva sans risquer sa vie, les légères plaintes que cette dernière émit dans son sommeil attirèrent son attention. Il délaissa son poste pour s'approcher de sa partenaire.

La vision qui s'offrit à lui l'attendrit alors au plus haut point. La jeune femme était roulée en boule, la tête appuyée dans l'angle de la pièce. Elle semblait tellement fragile. Son visage se crispa et elle geignit à nouveau en murmurant quelques mots dans une langue inconnue du jeune homme. Il pu tout de même comprendre qu'elle devait rêver de sa famille, les noms de Tali et d'Ari étant revenus à plus d'une reprise dans son discours de plus en plus agité. Il posa doucement sa main sur son bras et la jeune femme s'éveilla en sursaut, projetant son coéquipier au sol en l'attrapant à la gorge.

« Ziva !...Ziv… tu m'étouffe. Ce n'est que moi…

- Tony ! Mais qu'est-ce qui te prend tu veux te faire tuer ou quoi ?

- Heu, ça ne faisait pas partie de mes projets à court terme, mais j'avais pas prévu que réveiller ma partenaire constituerait une mission à haut risque ! lui répondit-il un peu sèchement en se relevant avec difficulté.

- Désolé, je ne voulais pas, c'est juste que j'ai été un peu surprise.

- J'ai vu… en tout cas tu n'avais pas l'air de rêver de choses très agréables. Si tu me disais ce qui te met à cran, depuis quelques jours, ça éviterait peut-être que je ne me fasse tuer en essayant de le deviner !

- C'était juste un cauchemar. Rien de grave.

- Ziva, ne me prend pas pour un idiot.

- Ce n'est rien je te dis, Tony, lui rétorqua-t-elle plus sèchement.

- Ziva, je ne t'ai vu avec cet air qu'a quelques reprise et ça revient seulement quand tu me parles de ton passé. Je sais que tu rêvais de Tali et d'Ari. Tu n'arrêtais pas de répéter leur noms.»

La jeune femme le regarda intensément pendant un instant. C'était donc ça. Elle savait qu'il lui arrivait de parler en dormant, mais elle ne pensait pas s'être assoupie assez profondément pour que cela lui arrive ce soir là. Elle lui lança alors, tentant d'éviter de tomber dans un sujet un peu trop personnel à son goût :

« Je suis désolée si le fait d'avoir des terroristes dans la nature, une possibilité d'attentat contre la ville, une affaire de meurtre à résoudre et une gamine orpheline à réconforter me met sur les nerfs, Tony. »

Le jeune homme s'avança vers sa partenaire et lui prit le bras en l'attirant vers lui :

« Ziva, je sais que cette affaire te touche, je t'ai vu avec Samy. Tu ne regardes pas cette petite seulement comme une simple enfant sous ta protection.

- Et comment je la regarde, selon toi.

- J'en sais rien, à toi de me le dire, Ziva lui dit-il doucement

- Tu vois, tu n'a rien vu du tout, lui répondit-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Donne-moi ses jumelles et va te reposer maintenant, ajouta-t-elle en tentant de s'éloigner.

- Ziva, pas à moi. Tu a cet air étrange depuis le début de cette affaire, sans parler de la tête que tu avais ce matin, rétorqua-t-il doucement en se rapprochant d'elle.

- Tony, soupira-t-elle. Tu ne me lâcheras pas avec cette histoire tant que je ne t'aurai pas répondu ou tabassé, hein?

- C'est à peu près l'idée. »

La jeune femme se dirigea alors vers la fenêtre, en faisant signe à son partenaire de la suivre. Elle reprit la position qu'elle avait quittée quelques heures auparavant et son regard se perdit dans la nuit.

« Samy me rappelle beaucoup Tali, commença-t-elle d'une voix douce. Elle a le même regard, un regard vif, rempli de compassion mais aussi d'une grande souffrance, bien trop grande pour une gamine de son âge. Tu sais des souvenirs que j'avais essayé d'enfouir très loin sont remontés à la surface depuis le début de cette affaire. Je me fais aussi du souci pour cette petite. Elle a vécu des horreurs qu'aucun enfant ne devrait avoir à vivre. Tu sais, elle a beau ne rien montrer ou presque et faire preuve d'une grande maturité, ca reste un gamine qui a perdu ceux à qui elle tenait le plus et qui se retrouve toute seule. »

Les yeux de la jeune femme s'était remplis de larme au cours de son récit et Tony s'approcha doucement d'elle, prenant sa main dans la sienne. À ce contact, la jeune israélienne leva les yeux vers son partenaire. Son visage n'arborait pas cet habituel air dur derrière lequel elle se cachait la plupart du temps. Il pu lire pendant un bref instant dans son regard à quel point elle aussi pouvait souffrir. De quoi, il n'en avait qu'une vague idée. Il ne pouvait détacher son regard de celui de la jeune femme et leur visages s'était rapprochés jusqu'à ce qu'à peine quelques centimètres ne les séparent. C'est à ce moment que la sonnerie de l'entrée retentie, ce qui ne manqua pas de les faire tous deux sursauter.

« Le chinois ! J'avais complètement oublié, s'exclama alors le jeune italien. »

Il lâcha la main de sa partenaire, ne la quittant du regard qu'au moment où il du ouvrir la porte au livreur. Lorsqu'il se retourna vers la jeune femme celle-ci avait retrouvé son habituel air impassible. Il lui tendit alors une boite de nouilles et une paire de baguettes qu'elle attrapa en lui lançant :

« Un chinois qui livre encore à une heure du matin ? J'adore ce pays…. »

Tony su à ce moment que le sujet était clos et qu'il n'apprendrait rien de plus ce soir là.

À suivre...