Tout d'abord merci pour les commentaires, c'est très gentil à vous et ça me fait plaisir de voir que la fic est appréciée ! Maintenant je lis des choses étonnantes comme quoi Doflamingo serait mignon (vraiment ?! Malgré son côté salaud manipulateur ?), alors je me posais la question : comment auriez-vous souhaité qu'évolue la relation entre Resha et les protagonistes masculins (Law sisi bientôt il arrive et Doflamingo)? Et pour la personne qui veut du lemon, ce n'est pas au programme. Ceci dit y a de la suggestion et des actes sadiques, c'est déjà pas mal ! Je verrai bien comment faire évoluer la suite !


Prenant son courage à deux mains, Viola frappa trois coups secs à la porte. Un bruit de pas se fit entendre de l'autre côté, avant que le battant ne s'ouvre, dévoilant Doflamingo qui s'était séparé de son habituel manteau à plumes. La jeune femme fut presque rassurée de voir qu'il s'agissait du seul vêtement manquant, même si la chemise ouverte sur son torse restait source d'inquiétude. Enfin il s'agissait de sa tenue usuelle et elle tenta de se convaincre que ça ne voulait rien dire.

Avant que le corsaire ne lui demande ce qu'elle faisait là ou ne la renvoie, elle lui posa la question qui lui brûlait les lèvres et dont elle redoutait la réponse plus que tout au monde.

- Je cherche Resha, vous ne l'avez pas vu ?

Le pirate s'adossa au battant avec un sourire, croisant les bras alors qu'il penchait la tête sur le côté pour observer la princesse.

- Je devrais te répondre que ça ne te regarde en rien, mais puisqu'il paraît que tu as bien rempli ta mission, je vais te faire une fleur, Violette… Resha est malade et pas en état de recevoir de la visite.

Viola ne put masquer le haut-le-cœur qui la saisit. Pâle comme la mort, elle recula d'un pas en bégayant.

- Mal…malade ? Mais pou… pourquoi ? Comment ? Ce matin pourtant elle allait bien et… Comment avez-vous osé la toucher ?!

Il leva les yeux au ciel, exaspéré.

- Je n'ai pas fait ce que tu es en train d'insinuer. Je ne suis pas du genre à profiter d'une malade.

- Mais vous le feriez si elle était en pleine forme ?! Quel genre de monstre êtes-vous, ce n'est qu'une enfant !

Devant la colère qui la submergeait, Viola en oubliait d'être prudente. Elle voulut forcer le passage pour se précipiter auprès de son amie, mais Doflamingo ne l'entendait pas de cette oreille. Utilisant son pouvoir, il lui emprisonna les poignets puis l'envoya d'un geste contre le mur d'en face. La violence du choc sonna suffisamment la jeune femme qui commença à glisser au sol, la rose accrochée habituellement à ses cheveux ayant chu sous l'impact. Elle réussit néanmoins à s'empêcher de tomber à genoux et se redressa tant bien que mal, le regard brûlant de haine.

- Vous… vous n'avez d'humain que l'apparence. Votre cœur est mort depuis trop longtemps.

- Au contraire, ma petite Violette, il n'a jamais été aussi vivant, ironisa le pirate en la soulevant à l'aide de ses pouvoirs. Tu devrais pourtant le voir, toi qui en as la capacité.

- Comme si j'allais sonder un esprit aussi souillé ! Relâchez-la immédiatement !

- Tu ne penses pas que tu devrais plutôt te soucier de toi ? répliqua calmement l'homme alors que leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Ou bien si tu accordes si peu d'importance à ta vie, tu devrais penser à ce petit être que tu protèges soi-disant en secret. Ça lui fait quel âge… 6, 7 ans ? Peut-être 8 ?

Viola cessa soudainement de se débattre, horrifiée par la menace. Jamais elle n'aurait cru que Doflamingo serait au courant de l'existence de sa nièce.

Remarquant que la menace avait fait mouche, le corsaire sourit largement et murmura d'une voix doucereuse.

- Tu ne peux pas protéger tout le monde, Violette… A toi de choisir qui tu veux sauver : Resha, cette illustre inconnue qui fait à peine partie de ta vie, ou bien ta petite nièce, ton sang, ta famille, ce dernier lien qui te relie à ta défunte sœur ?

La jeune femme se mordit la lèvre jusqu'au sang, essayant de refréner les sanglots qui manquaient d'emporter ses dernières parcelles de sang-froid. Bien sûr qu'il lui était impossible de répondre à ce genre de question, de trahir l'une ou l'autre. Quel que soit le choix qu'elle ferait, elle savait qu'elle ne ferait que se le reprocher sa vie durant.

- Tu as des problèmes pour te décider ? J'ai une idée, si on demandait à l'une des deux concernées ?

Sans attendre, il la traîna de force dans la chambre et la mena près du lit. Resha y était sagement couchée, un linge glacé posé sur le front pour faire tomber sa fièvre. Le cœur de Viola se serra de la voir si mal, et elle courut lui prendre la main lorsque Doflamingo la libéra enfin de ces satanés fils.

Doflamingo ne lui avait pas menti, la jeune fille était en proie à une forte fièvre. Malgré la présence d'une bassine d'eau froide sur la table de nuit, la princesse ne se sentait pas rassurée à l'idée que l'homme allait s'occuper de la malade. Elle lui supplia donc de l'autoriser à rester jusqu'à ce que la fièvre tombe, quitte à rester dans cette chambre honnie. Le pirate s'accorda le temps de la réflexion puis l'autorisa finalement à jouer la garde-malade, à la seule condition qu'elle débarrasse le plancher une fois minuit passée.

- Je ne lui ferai rien, commenta tranquillement l'homme en sortant de la chambre. Mais malgré sa taille, je t'assure que ce lit est bien trop petit pour trois personnes.

Elle se retint de lui envoyer sa chaussure dans la figure, talon aiguille en avant pour qu'il se plante dans sa chair. Après un bref sourire, il les enferma dans la chambre et s'éloigna dans le couloir en sifflotant.

Enfin libre de ses mouvements, Viola attrapa la couverture remontée sur Resha et la rabattit vers le bout du lit, puis attrapa un des linges trempant dans la bassine. Lorsqu'elle se tourna de nouveau vers son amie, elle sursauta en apercevant le t-shirt aux coutures des manches éclatées. Le coeur battant, elle le saisit par le col et le baissa doucement, dévoilant à ses yeux la marque noire, indélébile, qui couvrait le corps de la jeune fille. Elle l'effleura d'un doigt tremblant, provoquant un gémissement de douleur à la malade. C'en était trop pour elle : corsaire ou pas, il fallait qu'il paye. Et surtout il fallait organiser le départ de Resha le plus rapidement possible.

Après avoir lavée et changée la jeune fille, Viola fut soulagée de constater que celle-ci semblait mieux aller. Elle restait néanmoins trop faible pour ouvrir les yeux et devrait compter sur une bonne nuit de sommeil pour récupérer entièrement. Cela lui laissait tout le loisir de contacter le fameux peuple des fées de Dressrosa pour requérir leur aide. C'était un gros risque à prendre, mais elle était consciente que la prudence n'était plus une option. Elle attendit néanmoins que minuit sonne, ayant quelques scrupules à abandonner Resha derrière elle dans son état. Si elle avait pu, elle l'aurait bien sûr veillé toute la nuit, mais à peine le premier des 12 coups retentissait que la silhouette de « Cendrillon » se dessinait sur le pas de la porte.


Doflamingo avait passé la soirée à finaliser son voyage avec Diamante, qui allait l'accompagner dans son petit tour en mer. Il ne leur faudrait que peu de temps pour rejoindre Marie joie, et ils avaient prévu de ne pas s'y attarder plus que nécessaire. S'ensuivait la visite de quelques îles pour vérifier l'installation de leurs nouveaux locaux, un détour par l'archipel de Sabaody et ils pourraient rentrer. L'esprit tranquillisé, il pourrait enfin s'accorder cette semaine de « vacances » dont il rêvait depuis quelques jours.

Les deux hommes se séparèrent une fois arrivés devant la porte de la chambre du grand corsaire, et ce dernier l'ouvrit alors que l'horloge dans la cour sonnait tout juste minuit. Il sourit devant le regard assassin de Viola, devinant qu'elle avait vu la marque et n'appréciait pas. Dommage, il trouvait le tatouage plutôt réussi, pour sa part.

- Tu sais ce qu'il te reste à faire, fit l'homme en s'écartant galamment de la porte.

Viola serra les poings jusqu'à s'enfoncer les ongles dans la chair et se dirigea vers lui d'un pas rapide. Il vit sa main se lever et l'attrapa au poignet, l'empêchant ainsi de le frapper.

- Tout ça, vous allez le payer... le menaça la jeune femme en arrachant son bras à sa prise, trop furieuse pour se lamenter sur son échec.

- C'est ça. En attendant, tu seras gentille de me foutre le camp, Violette. N'oublie pas ta nièce.

Elle laissa échapper un juron bien senti mais finit par s'exécuter. Il referma la porte derrière elle et donna un coup de clé, dans le cas improbable où quelqu'un aurait eu l'idée saugrenue de venir le déranger cette nuit. Enfin, il s'assit sur le lit et quitta ses habits, à l'exception de son pantalon, avant de se glisser dans les draps frais. A l'autre bout du sommier, Resha dormait paisiblement en lui tournant le dos, visiblement plus à l'aise dans les vêtements de coton léger que lui avait fait enfiler Viola. Il eut un sourire et étendit le bras pour l'attraper à la taille, la ramenant contre lui en douceur. Elle grogna de mécontentement mais ne se réveilla pas, pour son plus grand bonheur. Tout en la gardant serrée contre son torse, une main sur sa hanche et la seconde au niveau du tatouage, il enfouit son visage dans les cheveux rouges qui le faisaient tant rêver et s'endormit l'esprit tranquille.


- Comment ça, au port ?!

Trebol grimaça quand le cri de Viola vint lui vriller les tympans, puis répondit d'un ton agacé.

- Le bateau du jeune maître se prépare à larguer les amarres, oui. Il s'y est rendu cette nuit pour être sûr de partir avec les premières lueurs de l'aube.

La princesse n'écoutait déjà plus, ayant fait volte-face pour se précipiter en courant hors de la pièce. Il ne restait qu'une demi-heure avant que le soleil ne se lève et la crainte d'arriver trop tard lui broyait le cœur.

Une petite tête jaillit hors de son corsage lorsqu'elle fut seule, et la petite créature au nez pointu lui adressa un regard inquiet.

- Que se passe-t-il, princesse ? On ne va plus sauver votre amie ?

- Si, justement, lui répondit Viola en essayant d'avoir l'air confiant.

La petite naine aux cheveux verts ébouriffés tripota nerveusement le bandana qu'elle avait au front, puis bondit sur l'épaule de la princesse.

- Si on doit aller au port, ze cours bien plus vite que vous ! Ze trouverai votre amie et ze lui dirai qu'on se prépare à la sauver !

- Mais le navire va partir avant que nous puissions agir ! argua la jeune femme en serrant les poings, dégoûtée de sa propre impuissance. Et elle va se retrouver seule avec ce monstre durant des jours et...

- Et ze resterai avec elle alors ! Clama haut et fort la femelle Tontatta. Et quand on revient, on la sauve, d'accord !

Sans attendre de réponse, la petite naine sauta à terre et partit à toute vitesse vers le port. Viola ne put retenir un petit sourire, accélérant néanmoins la cadence. Elle eut la surprise de se retrouver d'un coup avec la Tontatta sur l'épaule et manqua de trébucher.

- Sally ?! Mais tu étais...

- Z'ai oublié de vous demander à quoi ressemble votre amie, la coupa gravement la naine.

Viola lui décrivit rapidement Resha, précisant bien qu'elle risquait également d'être la seule femme à bord. De nouveau, la Tontatta inclina la tête pour la saluer et repartit à toute allure vers le port.


Un pressentiment avait poussé Doflamingo à se lever au beau milieu de la nuit pour embarquer directement sur le navire. Il laissa des ordres à ses hommes pour qu'ils le rejoignent le plus tôt possible, laissant entendre que le premier qui les mettrait en retard finirait au fond de l'eau avant la fin de la journée. La menace fit son petit effet car une heure avant le lever du soleil, c'était l'effervescence sur le bateau. Les dernières provisions furent chargées, ainsi que quelques « cadeaux » qu'il comptait bien offrir à ses futurs collaborateurs en signe de sa bonne foi.

Quand il fut assuré qu'ils n'auraient aucun retard sur l'horaire, Doflamingo confia la suite des opérations à Diamante et partit se reposer un peu, selon ses propres termes. En fermant la porte derrière lui, le regard fixé sur le lit où reposait une forme endormie, il s'autorisa un sourire satisfait. Elle n'avait pas bronché quand il l'avait porté jusqu'au navire en pleine nuit, couverte de son manteau pour que la fraicheur de la nuit ne l'incommode pas.

Il s'approcha du lit en silence et glissa une main sur le front de son invitée pour évaluer son état. Elle était peut-être encore un peu chaude, mais rien de comparable avec la veille. En revanche, le contact la crispait toujours autant. Pas de chance, il ne comptait pas la lâcher de si tôt.

De nouveau, il prit place à ses côtés et choisit cette fois-ci de la ramener à moitié sur lui, la tête reposant sur son torse. D'un air rêveur, il lui caressa doucement le dos, regrettant de ne pas pouvoir sentir la peau nue au contact de ses doigts.

Trois quart d'heure plus tard, il sut au mouvement de balancier que le navire venait de s'engager en mer. Il jeta un regard vers la fenêtre : une lueur timide commençait à poindre le bout de son nez, à l'horizon. Ils étaient dans les temps, un peu en avance même peut-être.

Un frémissement sous ses doigts lui apprit que son invitée était sur le point de se réveiller. Sans se lasser de l'observer, il la laissa se redresser lentement, les mains posées à plat sur son torse en appui. L'esprit encore embrumé par la fièvre et le sommeil, les cheveux devant les yeux, elle semblait se demander pourquoi l'endroit ne ressemblait pas à sa chambre sur Dressrosa. Elle fronça les sourcils et secoua la tête pour essayer de se ressaisir.

- Bonjour chaton.

Au son de la voix moqueuse, elle se figea et parut réaliser que la matière sous ses doigts avait vibré dans le même temps. Puis elle se rendit compte que ça continuait à bouger à un rythme régulier, s'abaissant puis se relevant sans s'arrêter. Elle déglutit, puis baissa lentement la tête, réalisant sur quoi – ou plutôt sur qui – elle tenait en équilibre. Ses yeux s'agrandirent d'effroi et elle hurla en se jetant vers l'arrière, ce qui la fit s'écraser au sol, les bras en croix et le visage tourné vers le plafond.

Devant une telle cascade, Doflamingo ne put s'empêcher de rire, et il se redressa pour se pencher sur la jeune fille qui n'osait plus bouger.

- Et bien quelle vitalité dès le matin, c'est plutôt appréciable.

- On est où là. Pourquoi je suis pas dans ma chambre. Où est Viola. Je rêve, c'est ça ? Genre dans deux minutes, mon réveil sonne et pouf, tout ça ça disparaît !

Il tendit le bras et l'attrapa par le poignet pour la forcer à se relever, la tirant contre lui dans le même mouvement. Elle laissa échapper un cri apeuré, plaquant ses mains sur son torse pour essayer de le repousser de toutes ses forces. Malheureusement pour elle, le pirate était bien plus fort qu'elle et en avait parfaitement conscience.

- Tu vas finir par te faire mal voyons… Ce serait dommage, je ne voudrais pas avoir à apposer des soins sur autre chose que ton tatouage.

Il posa le doigt sur la fameuse marque qu'il devinait à travers le vêtement et fronça les sourcils en marmonnant.

- D'ailleurs il va falloir te faire changer de tenue. Ce n'est pas comme ça que ce sera utile.

Il sentit la claque arriver mais ne fut pas assez rapide pour l'éviter. Profitant de l'effet de surprise, Resha réussit à se dégager de son emprise et bondit de nouveau en arrière avant de détaler par la porte qu'il avait omis de fermer à clé. Il grogna, se massant la joue douloureuse d'une main.

- Elle gagnerait bien plus à rester sage. Il faut croire qu'elle ne retiendra jamais la leçon.

Mais au fond, il devait bien avouer que ça lui plaisait bien.


Après une bonne demi-heure de course-poursuite, il réussit à lui mettre la main dessus et la traîna de nouveau dans la cabine. Sur le lit, il avait étalé quelques tenues féminines qu'il avait pris soin d'embarquer et lui demanda de choisir. La jeune fille se sentit un poil rassuré en voyant qu'aucune n'arborait de plumes roses, mais la profondeur du décolleté de certaines la choqua. Elle mit la main sur la plus sobre de toutes qui, une fois enfilée, ne laissait apercevoir que la moitié du tatouage, et eut le droit d'utiliser la salle de bain privée du corsaire pour se changer. Lorsqu'elle sortit -à contrecœur- , lavée et habillée, Doflamingo l'attendait assis sur le lit, la tête en appui sur le poing alors qu'il la détaillait avec un sourire qui n'augurait rien de bon. Puis il tendit la main vers elle et d'un ton impérieux, lui dit.

- Viens ici.

Elle préféra tenter de se cacher derrière un portemanteau et agrippa même le meuble lorsqu'elle se sentit glisser malgré elle vers l'homme. Il la cueillit à la taille et l'obligea à lâcher le pauvre bout de bois taillé, puis l'assit entre ses jambes, son dos contre son torse, les bras passés autour de son corps pour la retenir contre lui.

- Bien, maintenant que tu es prête, je vais t'expliquer où nous nous rendons. Tu n'auras rien à faire, rien à dire, mais si tu t'éloignes ne serait-ce que de deux pas de moi, je ne donne pas cher de la tête de Violette à notre retour. Compris ?

- Compris oui, mais est-ce que j'accepte de gaieté de cœur, non, grogna la jeune fille en essayant de faire en sorte que leurs corps se touchent le moins possible.

- Ça me va quand même, rétorqua tranquillement le pirate. Pour commencer, nous allons nous rendre à Marie joie, le quartier général de la Marine. Je crois savoir que tu t'y es déjà rendue une fois…

Elle fronça légèrement les sourcils sans répondre, se demandant d'où il tenait une telle information.

- Là-bas, je dois rencontrer un homme et il doit te voir, pour comprendre que le gouvernement n'a plus aucun droit sur la Red Witch. J'ai quelques autres visites à faire après celle-là, et normalement d'ici deux à trois semaines, nous devrions être de retour sur Dressrosa.

- Yepee.

Il ne se formalisa pas de son manque d'entrain, conscient qu'il allait falloir l'habituer à sa présence constante. Un sourire aux lèvres, il se pencha sur elle, humant doucement ses cheveux. Elle se raidit instantanément et chercha de nouveau à se débattre.

- Shh calme-toi, murmura doucement le pirate à son oreille. Tant que nous serons sur ce navire, tu n'auras rien à craindre de moi.

- Redites le quand vous m'aurez lâché et je vous croirai peut-être !

Il sourit, savourant la peur qu'il insufflait à cette jeune fille, bien trop consciente de ses intentions perverses. Pourtant il se retenait de la renverser là sur le lit et de lui faire goûter à des plaisirs dont elle n'osait pas rêver. Au contraire, son étreinte était douce, ses mains caressantes pour tenter de la calmer, d'enseigner à son corps qu'il n'avait rien à craindre de lui.

- Ah autre chose, pendant que j'y pense. Le seul homme avec lequel tu es autorisée à converser autrement qu'en ma compagnie, c'est Diamante et personne d'autre.

Il savait bien que la jeune fille avait son général en horreur et le sentiment était réciproque, mais il fallait bien qu'il fasse croire à un effort de sa part.

- Non mais je suis pas votre chien non plus hein ! Ne pas m'éloigner, ne pas parler aux autres… C'est quoi la prochaine étape, j'aboie plutôt que de répondre aux questions ?

- Je te le répète, tu n'es pas un chiot mais un chaton, répliqua Doflamingo d'une voix douce. Un chaton que l'on a envie de garder contre soi, de cacher aux yeux des autres… Est-ce que ce serait si terrible que ça ? Tu te suffirais de ma présence, tu te nourrirais de câlins et tu me serais fidèle, tout simplement.

- Oui alors ça, ça s'appelle la séquestration et c'est un crime !

Attrapant son menton pour la forcer à tourner la tête vers lui, il déposa un baiser sur sa joue avant de lui offrir son sourire le plus cruel.

- Sache, ma chère Resha, que je ne suis plus à un crime près.


Lorsque le méchant homme partit enfin prendre sa douche, Sally jaillit des cheveux de la jeune amie de la princesse, les poings brandis en signe de colère.

- Ze ne l'aime pas, mais alors pas du tout celui-là !

- Sentiment partagé, gémit la pauvre humaine en enfouissant son visage entre ses mains.

Compatissante, la Tontatta vint lui tapoter le genou pour l'encourager à tenir bon. Elle reçut en retour un petit sourire reconnaissant, puis la jeune fille se leva et partit s'assoir dans un coin sombre, la naine entre ses mains.

- Heureusement que Viola t'a envoyé à moi. Je ne sais pas comment j'aurais fait pour tenir le coup, seule.

- Et heureusement que ze t'ai trouvé tout à l'heure, rajouta gravement Sally en évoquant leur rencontre fortuite lors de la tentative de fuite de la jeune fille.

L'humaine hocha la tête et sursauta lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit, couvrant de ses mains la naine. Le méchant homme apparut à la porte, vêtu d'une simple serviette et les cheveux encore trempés.

- A qui tu parles ?

La voix se voulait calme, mais la menace était palpable. Sally sentit la jeune fille se crisper et eut peur qu'elle ne l'écrase sans le vouloir, mais elle fit heureusement attention.

- Pour l'amour de toutes les divinités de ce monde, j'ai encore le droit de me parler, même à mon âge ! J'ai pas un ami sur le navire, j'ai pas le droit de sortir, faudrait que je m'empêche de respirer aussi maintenant ?!

Le pirate ne répondit pas, parcourant la pièce du regard. Lorsqu'il se fut assuré qu'ils n'étaient bien que tous les deux, il retourna s'enfermer dans la salle de bain, non sans rajouter d'un ton perfide.

- Plus que quelques minutes de patience et on pourra discuter si tu le souhaites. Je m'en voudrais de te laisser seule trop longtemps, tu n'as pas l'air de bien le supporter.

Comme elle ne pouvait lever le majeur sans dévoiler la Tontatta, elle se contenta d'un regard noir qui ne fit que l'amuser davantage.