Ploum ploum ploum… La reprises des différentes fics se passe bien jusqu'ici, j'enchaîne, j'enchaîne ! Bon ben du coup j'ai « Real face » dans la tête maintenant :)
Chapitre 10
C'est un Ryo assez essoufflé qui déboula à bon port peu de temps après, et qui se rua aussitôt vers la table de Kame. Ce dernier y était assis avec une malheureuse limonade devant lui, chose qui il faut le dire, rassura fortement Ryo. Sans expression particulière, Kame fixait la table et Dieu sait à quoi il pouvait bien penser. Ou éviter de penser. Ryo avait bien envie de lui coller une baffe juste pour la course qu'il venait de faire dans les rues avant de savoir où il était… Mais il se mit en mode « Yamapi » et résolut d'être diplomate, calme, compréhensif, affectueux… Enfin il n'allait pas crier, déjà. Le reste on verrait.
Nishikido-kun ?
Tu peux te vanter de m'avoir fait courir…
Désolé…
Tu veux vraiment que je te dise ce que tu peux en faire de tes « désolé » à tour de bras ? grogna Ryo, très calmement toutefois.
Je ne préfère pas.
Tu fais bien. Kamenashi, je vais te parler franchement parce que t'as plus dix ans et que tu dois pouvoir l'entendre : qu'est-ce que tu fous en ce moment ?
Comment ça, ce que je fous ?
Tu déconnes ! Mais alors tu y vas à fond, en plus ! s'écria Ryo, ses bonnes résolutions étant parties voir ailleurs si le ciel était plus bleu. Tu veux quoi ? Couler KAT-TUN ? Ruiner ta carrière et au passage celle de tes potes ?
Bien sûr que non ! s'offusqua-t-il.
Alors explique-moi, parce que là je ne comprends pas ! Tu n'es pas naïf au point de croire que tes conneries vont indéfiniment passer, quand même ?
Bien sûr que non…
Bon ! Alors qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Je ne suis pas ton premier fan, mais je sais deux choses au moins sur toi : tu es un bosseur de première, et tu tiens à KAT-TUN. En continuant à te laisser aller, tu perdras tout ça. Tu t'en fiches ?
Non, mais…
Y a pas de mais. Je vais même te dire : y a pas de Jin non plus. C'est trop facile de pleurer sur le râteau que tu t'es pris et d'en vouloir au monde entier en te laissant aller. Tu vaux mieux que ça, non ? rugit-il.
Tu ne comprends pas…
Mais si, je comprends ! assura le brun. Je comprends très bien et je peux même t'avouer qu'à ta place, j'aurais sûrement du mal à encaisser ! Si Yamapi m'avait fait un coup pareil, enfin pour le groupe hein, parce que le reste, moi tu sais je suis plus branché filles… Bref. S'il m'avait fait un coup pareil, ça ne serait pas passé ! Seulement j'y suis pas, à ta place. C'est ce qui me permet de te dire ça objectivement : si tu ne te ressaisis pas très vite, ça va mal finir, termina-t-il si gravement que Kame se montra très attentif tout à coup.
Ryo…
Non non, tu ne m'écoutes pas. Tu te souviens d'Uchi ?
Oui, quelle question. Tu oublies que j'ai tourné un drama avec lui cet hiver… Il va bien ?
Oui, mais là on s'en fout. On l'a viré parce qu'il avait picolé, fit-il avec insistance. Ok il était mineur et tu l'es plus, mais t'es pas au-dessus de tout pour autant. Crois-moi, si Johnny-san savait toutes tes conneries, tout Kame que tu sois, tu comprendrais ta douleur ! Moi je dis que c'est con de gâcher tant d'efforts à cause de Jin ou parce que tu pètes un câble en ce moment. Tu voulais sortir avec lui ? Bon, très bien. Enfin « très bien », j'me comprends. Mais bref. Il n'a pas voulu ? Dommage. Maintenant la vie continue, t'as même pas 25 ans, je t'assure que tu ne finiras pas vierge, voilà !
Moins fort… stressa Kame, rougissant jusqu'à la racine des cheveux.
Tu sais ce que tu devrais faire ? reprit Ryo en baissant le volume.
Arrêter mes conneries ?
Bien, ça commence à rentrer. Mais là je pensais surtout à filer une raclée à Jin.
Je croyais que c'était ton ami ? s'étonna Kame.
Il est. Et je soignerai ses bosses, en bon copain. Mais il le mérite et ça te fera du bien.
Me faire casser la gueule ne fait pas partie de mes objectifs…
Ryo faillit lui demander si se bourrer la gueule et tout foutre en l'air était dans ses objectifs, alors. Mais il se retint, parce que le sarcasme n'était pas de mise actuellement. Il était content, parce qu'il voyait un changement. Infime, mais comme il l'avait pas mal côtoyé ces derniers temps, il pouvait le voir. Kame avait dû pas mal cogiter jusqu'à ce qu'il le rejoigne… Et quelque chose avait un peu changé. Il n'avait plus l'air si abattu. Ryo pouvait voir qu'il l'écoutait, et que ses propos avaient un impact sur lui. Car après tout c'était tout ce qu'il fallait : un déclic. Ryo ne doutait pas que Kame puisse se reprendre en main, il lui fallait juste le petit truc qui le décide. Et là, pour la première fois, il sentait que c'était jouable. Peu importe si c'était grâce à lui ou si Kame avait été piqué par le retour de Jin, l'essentiel était qu'il se réveille. Persuasif, il poursuivit :
T'es pas obligé d'aller jusque là. Tu peux par exemple lui dire absolument tout ce que t'as sur le cœur. Peu importe ce que c'est.
Pour ce que ça changerait…
Tu m'énerves. Tu ne l'as jamais fait.
Mais si !
Bien sûr que non ! assura Ryo. Tout à l'heure tu t'es surtout barré dès le début ! Mais si tu restais, que tu gueulais un bon coup ou même juste parler… et que tout ce que tu penses, tu le disais enfin… Tu serais soulagé et tu pourrais passer à autre chose.
Je sais pas si j'ai envie de… passer à autre chose… avoua Kame en regardant le fond de son verre.
Que veux-tu dire par là ?
Si je me réveille… que je me reprends… je vais me trouver tellement lamentable que…
Kame ça détendra tout le monde, si tu redeviens toi-même, soupira Ryo. Et on ne va pas t'en vouloir éternellement d'avoir eu une mauvaise période… Tu te ressaisis, tu passes à autre chose, fin de l'histoire.
Ce n'était pas un scoop : les gens sérieux en sont malades, quand ils font le moindre écart. Et pour le sérieux, normalement Kame ne craignait personne, alors là… S'il se regardait dans une glace et faisait le point, son comportement lui ferait horriblement honte. Il se trouverait faible, pas à la hauteur… et cela lui faisait un peu peur, il devait bien l'avouer. Lorsque l'échec est la chose que l'on redoute le plus, il est bien difficile à en encaisser. Ce que Kame ne comprenait pas, c'était qu'il n'avait pas échoué ! Il avait assuré jusqu'ici, tout était largement rattrapable… Tout cela était dans sa tête, en fin de compte. Une pression qu'il s'imposait, bien pire que celle des autres… Et puis il réalisa que Ryo avait raison. Qu'il gardait trop les choses pour lui, qu'il les niait trop aussi… qu'il devait juste se remettre en selle et qu'après… eh bien on verrait. Mais une chose était certaines et l'avait marqué dans ce qu'ils venaient de dire : il ne voulait pas couler KAT-TUN ni ses membres, ça jamais. Et s'il ne le voulait pas, alors il allait falloir œuvrer pour. Il venait de le comprendre… Au même moment, Yamapi et Jin débarquèrent à côté d'eux. Mais Kame n'eut pas envie de fuir. Il ne fallait pas louper le coche. C'était le moment où jamais de savoir tout ce qu'il s'était demandé ces derniers temps… de comprendre, aussi.
Kazu-chan… Est-ce que je peux te parler ? demanda Jin, hésitant.
Je t'écoute, répondit-il, à son grand étonnement.
Et nous on a une réunion avec les NEWS, constata Ryo en regardant sa montre, alors on vous laisse. Vous avez intérêt à rester civilisés !
C'est bien prudent de les laisser ? chuchota Yamapi, alors qu'ils s'en allaient.
On a une vie aussi nous, à un moment donné. Et puis je crois que sans me vanter, j'ai réussi à endurcir et à secouer un peu Kamenashi… Ca va aller, t'inquiètes pas.
Kame… commença Jin prudemment. Je ne sais pas par où commencer. Je suis désolé. Je n'espère pas que tu accepteras mes excuses, mais je ne peux que te les présenter.
Tu sais pourquoi je suis en colère ?
Parce que tu penses que je n'en ai rien à foutre de vous.
Et c'est le cas ? demanda Kame en essayant de garder son calme.
Non. Si c'était le cas, je serai parti bien plus tôt.
Voilà qui est réconfortant, fit-il avec un petit rire forcé.
Taguchi est agaçant… Ueda est trop précieux… Maru parle trop… Koki est un papa poule… Pourtant je les aime beaucoup, tous. Ils m'ont manqué. Je ne vais pas te dire que je regrette mon choix parce que ce serait un mensonge… Mais ils m'ont manqué, avoua Jin, ce qui pour le coup, était très étonnant.
Alors pourquoi tu n'as pas pris de leurs nouvelles ? Ca, je n'arrive pas à le comprendre.
Tu veux que je te dise ? J'en sais rien moi-même, soupira-t-il, las. Probablement qu'une partie de moi savait que j'avais fait un truc pas clair… Et du coup j'ai eu peur qu'ils m'en veuillent.
Je ne te reconnais pas, Jin. J'ai jamais pensé que tu étais parfait, loin de là, mais tu es plutôt franc normalement… Tu n'es pas le genre à fuir tes responsabilités… avoua Kame, réellement intrigué maintenant.
J'ai changé, Kame. Tu ne l'as pas vu, mais j'ai beaucoup changé l'année dernière. Je doutais de tout, à commencer par moi-même.
Toi ? La bonne blague !
Kame tu crois franchement que j'aurais pris une telle décision sur un coup de tête ? J'y ai tellement pensé que j'en perdais le sommeil ! confia-t-il avec force. A peser le pour et le contre, à me demander si j'allais le regretter, si je gâchais toutes mes chances… Je ne suis plus aussi spontané et aussi direct qu'avant. Tu ne l'as pas vu parce que pour toi j'étais le même, mais j'ai changé…
Qu'est-ce que tu essaies de dire au juste ?
J'essaie de dire que je ne me cherche pas d'excuses… J'ai compris que j'avais agi comme un con. Je voudrais pouvoir réparer, mais le mal est fait. Je veux juste que tu comprennes que même si je ne regrette pas mon choix, même si ma nouvelle vie me convient, ça ne veut pas dire que j'ai oublié le reste. Je voudrais bien que tu me crois.
Eux, tu dois leur dire, répondit Kame avec un temps d'hésitation. Ils te pardonneront sans problèmes, ils t'adorent, et tu le sais bien.
Et toi ? s'inquiéta Jin.
Moi… C'est autre chose… Je suis en colère, je suis triste, mais… Je suis comme toi : je ne peux pas juste tirer un trait sur le temps où on était partenaires.
Car là-dedans, Kame avait oublié cela. Il y avait un temps pas si lointain où ils étaient six, et où lui et Jin fonctionnaient vraiment ensemble. En tant que têtes d'affiche, ils se complétaient, partageaient tout… Et après un démarrage plein de rivalité, ils avaient trouvé un équilibre que l'amitié renforçait certainement. A le détester d'être parti, à s'en croire responsable, Kame avait oublié tout cela. Les bons moments, les doutes aussi, les risques… Le quotidien… Tout ce qui avait fait que KAT-TUN valait le coup, finalement. Cela lui manquait beaucoup, c'était aussi la raison de sa souffrance. Non pas qu'il ne s'entende pas avec les quatre autres, mais il n'avait plus de duo avec personne. Personne pour le remettre à sa place, pour croire en lui comme Jin le faisait… Personne avec qui fonctionner de paire. Il était seul devant et il ne l'avait jamais dit, mais cela lui avait fait peur. Lui que l'on imaginait sûr de lui et ambitieux, et bien il l'était, mais il avait du mal à l'assumer…
J'aimerai qu'on s'entende bien à nouveau, tenta Jin, retrouvant son assurance.
Tu…
Non attends, j'ai pas terminé. Je sais que tu m'en veux et que je t'ai blessé à bien des niveaux. Mais j'aimerais qu'on redevienne amis tous les deux. Et si c'est le cas, je peux t'assurer que je ne te laisserai jamais une semaine sans donner de nouvelles ni sans en prendre… Et puis je reviendrai souvent…
Je ne sais pas si je peux être ami avec toi, répondit Kame en regardant ailleurs. Ni si je le veux.
Pardon d'avoir réagi assez mal ce soir là.
Ce soir là ?
Tu as eu le courage de m'avouer tes sentiments et j'ai réagi brutalement. J'aurais dû mieux te répondre.
Pour le coup, les paroles de Yamapi un peu plus tôt l'avaient poussé à aborder l'autre sujet fâcheux. Et là, Jin ne sut trop quoi dire. C'était plus que gênant, il avait peur à tout moment de dire un mot ou de faire quelque chose qui vexe ou humilie Kame… Il était important que Kame comprenne que ses sentiments, même si Jin ne pouvait pas les accepter, il les respectait. Il ne pourrait pas dire oui, mais ce n'était pas parce que Kame n'était pas quelqu'un de bien. Cela, Kame devait absolument en être convaincu, quand bien même ce ne serait pas facile à dire. Mais à sa grande surprise, au lieu de se braquer complètement et de décamper, Kame resta attentif. Il avait sans doute besoin de l'entendre, afin en effet de tourner la page une fois pour toutes. Donnant le change, il répliqua d'une voix mal assurée :
Que veux-tu dire ? Non, c'est non. Et ça, je peux le comprendre. J'ai d'ailleurs jamais pensé que ça pouvait être réciproque.
Tu dis ça, mais ça t'a blessé et tu dois t'imaginer n'importe quoi, surtout avec mon départ peu après… Alors je voudrais que tu saches… Je ne suis pas parti à cause de toi. Et je ne t'ai jamais trouvé écœurant ou rien.
Ca va…
Non, tu dois l'entendre. Le problème Kame, c'est que j'aime les femmes. C'est aussi simple que ça. Je n'ai jamais eu besoin de me poser la question, je n'en ai jamais douté. Et je te percevais comme un ami, rien de plus, dit rapidement Jin, espérant faire bien.
Jin…
Je ne veux pas te faire plus de mal. C'est juste pour que tu comprennes… Ce n'est pas toi, ce que tu es, ta personnalité ni rien. J'apprécie d'ailleurs tout ça. Je n'ai personne dans ma vie, tout ça n'a rien à voir, c'est juste… s'embrouilla-t-il, mal à l'aise. Je ne te vois pas de cette façon. Je suis désolé. J'aurais dû te le dire, pour que tu saches que tu n'y pouvais rien. Et que même si ton geste m'a surpris, je l'avoue, je n'ai aucun problème avec toi. Je ne peux juste rien te donner.
Jin avait posé son regard sur la table. Il se sentait rougir tout cela était tellement nouveau… Jusqu'ici, il n'avait jamais fait grand cas des déclarations enflammées ou même sommaires. Il avait l'habitude en quelque sorte, avec son statut… Et il était, il faut bien le dire, trop égocentrique pour prendre des gants dans ses refus. Alors les explications, les justifications de toutes sortes, il ne connaissait pas. Déjà pas en temps normal, et encore moins dans ce domaine. Alors là, il avait peur d'avoir tout foiré dans les grandes largeurs. Il pensait ce qu'il disait, mais il avait peur que ce ne soit pas la bonne façon de le dire, que ça blesse Kame davantage… En fait, il redoutait sa prochaine réaction. Et comme Kame ne disait rien et que Jin n'arrivait à déchiffrer son expression, cela l'angoissa d'autant plus.
Kame ?
Merci.
Pourquoi tu me remercies ? s'écria-t-il, surpris, s'attendant à tout sauf à cela.
Je ne pensais pas que j'avais à ce point besoin de l'entendre… réalisa Kame comme s'il était un peu soulagé. Je me suis imaginé… que je t'avais poussé à fuir… que tu me détestais, puisque tu n'appelais pas… J'ai tellement regretté ce soir là… Je me disais que si je n'avais rien dit…
Je serai parti quand même, puisque ça n'a rien à voir, assura Jin. Je suis tellement désolé… Je ne pensais vraiment pas que ça te ficherait un coup comme ça…
Tu dois me trouver bien pathétique, pas vrai ?
Non. Si je dois te répondre franchement, je dirai que ça me surprend. Pour moi tu étais tellement fort, tellement droit… Je ne peux pas croire que ce soit moi qui t'ai mis dans cet état, en fait.
J'ai eu la sensation… comme si j'avais quelque chose sur les épaules. Que c'était si lourd que je ne pouvais plus me tenir debout. Que ça m'étouffait. Tu as déjà connu ça ?
Oui.
Oui ?
L'année dernière… avoua Jin avec franchise, je n'arrivais plus à faire sembler d'aimer ma vie. Ca n'avait rien à voir avec vous, mais… Je n'aimais plus tout ça.
C'était ce que tu ressentais ? murmura Kame, choqué.
Oui.
Kame n'avait pas imaginé cela. En fait il ne s'était jamais tellement penché sur le choix de Jin, de partir aux Etats-Unis et construire quelque chose. Il s'était arrêté sur son départ, le tort que cela causait ici, point. Jamais il ne s'était demandé « pourquoi » ? Il savait que c'était par ambition, par envie de courir un risque, et aussi parce que forcément, quelque chose lui manquait ici… Mais il tombait littéralement des nues maintenant, en apprenant que Jin était en souffrance. Qu'en fait, il n'aimait tellement plus sa vie ici que c'était juste un poids, plus du tout un plaisir… En comprenant cela, il intégra bien des choses… que ni lui ni les KAT-TUN n'étaient responsables… Que c'était Jin et uniquement lui, et que personne n'aurait pu le retenir… Cela n'excusait toujours pas sa façon d'avoir procédé, mais ça expliquait tellement de choses… Kame le regarda comme s'il ne l'avait pas vu depuis une éternité, tout à coup. Et bizarrement, le salaud que Jin était devenu à ses yeux, redevint juste un jeune homme. Et un jeune homme qui cherchait encore ses marques, qui testait, tâtait le terrain et se construisait ailleurs… Quelqu'un qui avait quitté ce qui n'était pas pour lui, pour quelque chose qui lui ressemblait. C'était ça. Troublé par cette sorte de compassion qu'il ressentait pour lui, il demanda, avide de savoir :
Alors comment tu as réussi à te remettre ?
Je suis parti.
Un soulagement, donc, fit Kame non sans amertume.
Pas vraiment. Pas vraiment, parce que je savais ce que je laissais, mais j'ignorais ce que j'allais obtenir. Et vous n'étiez plus là. Seul, c'est flippant, je t'assure. Mais si tu me demandes ce que tu dois faire, je pense que pour te relever, tu dois juste faire ce que tu veux.
Si c'était si facile…
Ça l'est Kame, assura Jin en le regardant droit dans les yeux. Regardes… Même si je ne sais pas tout, je parie que tu t'es mis dans cet état par ma faute, mais aussi parce que tu te persuadais que tu n'arriverais pas à maintenir le groupe, que tu foirerais tout… Tu t'es mis la pression, en plus de celle qu'on a dû t'imposer… Alors que tu devrais juste faire ce que tu veux.
Je ne comprends pas.
La pression et la peine ont tout effacé. Tu as oublié le plaisir que tu avais à faire ce que tu fais. C'est exactement ce qui m'est arrivé, alors je te comprends parfaitement, tu peux me croire ! On n'est pas si différents, toi et moi… Seulement moi je ne pouvais le retrouver qu'ailleurs. Toi, tu es là où tu dois être. Tu as oublié combien tu aimais ça. Jouer la comédie… Parler en public… Danser… Chanter… KAT-TUN, ça n'a jamais été moi, le noyau. Ca a toujours été toi. La preuve : sans moi, ça tient parfaitement. Sans toi en revanche, je ne parierai pas sur la durée…
Jin était persuadé de chaque mot qu'il venait de dire. Cela ne faisait aucun doute, que Kame était bien à sa place, que rien d'autre ne lui plairait. Il était le plus passionné et le plus travailleur d'eux tous. Là où ils se rejoignaient, c'était que pour des raisons différentes, ils avaient effectivement perdu cette envie… Jin n'aurait jamais pu la retrouver ici, puisqu'il avait fini par comprendre qu'il ne voulait plus de tout cela. Kame en revanche, n'avait qu'à se retourner sur le chemin parcouru, pour se rendre compte que c'était toujours là, qu'il fallait juste en avoir conscience à nouveau. Le départ de Jin n'avait pas changé cela. Ils n'étaient pas si différents… Cette phrase, une heure plus tôt encore, aurait rendu fou Kame. Maintenant… Il ne la trouvait pas si fausse… Mais pourtant, sans grande conviction, il murmura :
Je te déteste.
Pardon ?
Comment se fait-il que tes paroles me fassent du bien ? avoua-t-il, agacé. Les tiennes… Alors que c'est ta faute si…
C'est moi qui ai déclenché tout ce bordel… C'est de moi que ça doit venir, le réconfort. C'est pour ça, assura Jin, comprenant que Kame essayait juste de lutter contre l'envie de bien s'entendre avec lui.
Qu'est-ce que je suis supposé faire maintenant ?
Je pense que tu dois juste y aller à ton rythme… Te reposer sur les autres le temps nécessaire… Tu verras, tu apprécieras vite tout ça de nouveau. Parce que tu es bon dans ce que tu fais et tout le monde le sait. Tu n'es pas surhumain, c'est tout : parfois toi aussi, tu en marre et tu craques.
Et pour toi ? demanda Kame comme si Jin allait lui dire quoi faire.
Moi… J'espère que tu me pardonneras… Mais je ne te forcerai pas. J'attendrais aussi longtemps qu'il le faudra, que tu ne me détestes plus.
J'ai besoin de ne plus te détester… et pas seulement. Je dois t'oublier.
M'oublier ?
Pas au sens propre… murmura Kame, embarrassé, oublier… ce que je ressens… Sans ça, je finirai toujours par avoir mal en face de toi.
Qu'est-ce que je peux faire pour… ?
Rien. Tu ne peux rien y faire. C'est à moi de passer à autre chose, déclara Kame en se levant.
Tu t'en vas ?
Oui…
Demain, je peux passer voir les autres ?
Bien sûr. Et Jin ?
Oui ?
Merci. De m'avoir ait comprendre que ce n'était pas ma faute.
J'aurais dû le faire avant. Mais… Je pourrai te revoir avant de partir ? J'aimerais beaucoup que tu me parles de tes projets, de votre actualité…
Peut-être… On verra… hésita Kame.
D'accord.
