Chapitre 10 : La prophétie
Morticia marchait dans les rues de Triassdine. Elle devait aller à la prison. Pour se réaliser, la prophétie avait besoin de la Triforce au complet et si la Mort venait à emmener l'un des porteurs ou "le fils des trois", comme le dit le texte, Kémadralig gouvernerait le monde entier ! Elle était devant la prison. Le bâtiment n'était pas très haut mais la geôle la plus terrible se trouvait plusieurs mètres sous ses pieds. Elle s'y rendit et renvoya le gardien.
Deux personnes occupaient la geôle froide et sombre. Elles étaient enchaînées au mur.
- Levez-vous.
Le jeune homme se leva, mais la fille semblait trop faible pour faire le moindre geste.
- Que nous voulez-vous ?
Morticia avança vers le Gerudo.
- Vous aider.
La jeune fille se pencha sur Amandine et lui tendit la bouteille. Amandine entrouvrit les yeux, regarda la jeune fille et but le contenu de la bouteille. Quand elle l'eut fini, Amandine put se lever et remercia Morticia.
- Qui êtes-vous ?
- Une amie. Tiendrez-vous jusqu'à demain ?
- J'ai perdu trop d'énergie, je serai morte avant le lever du soleil... Enfin, façon de parler...
- Je suis venue vous dire que demain, vous devrez combattre car, si vous êtes enchaînés, Kémadralig prendra l'apparence de la personne que vous aimez le plus.
- Pourquoi ?
- Kémadralig aime jouer avec les sacrifiés...
- Ce sera un combat psychique alors...
Amandine tomba à genoux en gémissant.
- Saleté de collier ! murmura-t-elle.
- Pourquoi nous aider ?
- J'étais l'élève d'un prophète et il m'a dit un jour :
Pour tous, Dame Folie vit en toi,
Pour le destin, Dame Mort est en toi,
Quand le peuple du haut viendra,
Conscience de ton destin tu prendras,
Le Faux-Dieu se réveille,
Les Déesses se meurent,
L'être qui en toi sommeille,
Et attend son heure,
L'emportera.
Morticia se tut.
- Dame Folie et Dame Mort ?
- Je n'en sais pas plus. Je crois à la Triforce depuis le jour où il me l'a dit. Il a prédit aussi autre chose et je pense que ça vous concerne ainsi que Kémadralig :
La Sagesse peut l'attirer,
La Force peut l'envoûter,
Le Courage peut le blesser,
Mai seul le fils des trois peut le tuer.
- On le connaît, ce poème-là.
- Possible car Kémadralig s'est réveillé après que mon maître l'ait dit et l'a tué.
A ce moment-là la porte de la prison s'ouvrit et trois hommes entrèrent. Ils amenaient une vasque et un poignard.
- Je vais vous demander de nous laisser, s'il vous plaît, Dame Morticia.
Bien que l'homme fut plus âgé que Morticia, il s'adressait à elle avec un profond respect qui cachait en fait un certain dégoût à l'égard de Morticia.
- Bien, mais avant de partir, je veux que vous enleviez le collier de la Gerudo.
- Ce ne sont pas les ordres de Maître Dèmtrav...
- Ce sont les miens !
- Bien, Dame Morticia.
L'homme enleva le collier grâce à quelques mots magiques.
- Donnez-le-moi !
- Mais...
Morticia lui jeta un regard noir et l'homme lui tendit l'objet. Morticia s'en saisit et dit :
- Je vous laisse messieurs les prêtres.
Et elle s'en fut. Les prêtres s'avancèrent vers Abdel, lui prirent la main gauche et la perforèrent avec le poignard. L'homme serra les dents sans émettre le moindre bruit. Le sang qui s'écoula fut récupéré dans la vasque puis quand il eut fini, le prêtre se tourna vers Amandine et lui prit la main gauche pour lui prendre du sang, mais quand il vit la marque de la Triforce, avec l'un des trois triangles brillant plus que les deux autres, il eut un mouvement de recul.
- Allez chercher Maître Dèmtrav.
L'un des prêtres sortit et revint dix minutes plus tard avec le roi de la tribu.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Le signe interdit est sur sa main !
- Quoi ?
Dèmtrav prit la main d'Amandine et regarda le symbole puis il arracha le poignard des mains du prêtre et l'enfonça au centre de la marque. Le sang s'écoula le long de la lame.
- Bande de trouillards ! Ne me dérangez plus pour de telles bêtises, est-ce clair ?
- Oui, Seigneur.
- Ça, il me le payera ! murmura Amandine.
Puis il quitta la cellule suivi des prêtres qui avaient fini de récupérer le sang.
- J'aime pas ce mec !
- S'il touche à un seul cheveu de Zelda, je le tue de mes mains !
- Très intéressant...
- De quoi ?
- Tu ne te serais pas, heu, comment dire ? Heeeeuuuu...
- Bon tu parles ou je te fais parler ?
- Essaye pour voir ! T'aimes la princesse, j'en suis sûre !
- Quoi, mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu délires !
- Mais bien sûr ! Et la marmotte met le chocolat dans le papier d'alu !
A suivre…
