Titre : Sympathy For The Devil (en hommage à une chanson des Rolling Stones)

Auteur : Sakuri

Traductrice : Silu-chan

Rating : M

Résumé : Slash Spike/Alex. Léger UA. A Sunnydale, Spike est retenu prisonnier par l'Initiative. Mais Buffy n'a jamais habité près de la Bouche de l'Enfer, aussi lorsque Angel débarque en ville, fraîchement dénué de son âme, Spike est peut-être le seul à le connaître suffisamment pour pouvoir l'arrêter. Entre alors en scène Alex, nouvelle recrue, aimant à démons et l'unique personne capable de retenir l'intérêt du vampire plus de cinq minutes consécutives.

Disclaimer : Rien n'est à moi, ni l'histoire ni les personnages


Chapitre 10 : Parti

Les jours se succédaient et Alex accomplissait consciencieusement son devoir. La journée, il travaillait au Meat Palace (duquel il n'avait miraculeusement pas encore été viré) de midi à dix-sept heures comme à son habitude. Puis, il avait une heure ou deux de libre qu'il passait à s'écrouler sur le canapé ou - s'il avait la force de se traîner en ville - à rendre rapidement visite à Willow et Tara. Sa meilleure amie d'enfance ne cessait de s'inquiéter de son air perpétuellement exténué et de ses problèmes qui n'en finissaient pas, mais il avait toujours réussi jusque-là à éviter ses questions indiscrètes.

Puis, dans la soirée, Alex serrait les dents et allait voir Spike.

Le vampire avait admirablement bien récupéré de tout cet incident avec l'eau bénite. En fait, il était redevenu sans crier gare le Spike outrageusement sûr de lui et insolent, le raillant ou flirtant avec lui selon son humeur du moment. Alex soupirait et endurait sans se plaindre, faisant son possible pour éviter les digressions dans leurs conversations mais n'étant pas surpris d'échouer lamentablement. Parfois - en de rares occasions - ces dites-digressions se révélaient amusantes. Il se consola en se disant que de toute façon, Spike étant inarrêtable lorsqu'il se lançait dans un ses monologues de 'l'âge d'or' de sa vie de vampire, ça ne faisait de mal à personne de s'asseoir et de l'écouter.

Donc Alex se retrouvait, en bon spectateur, choqué, horrifié, scotché par les récits enthousiastes du vampire de ses aventures, impliquant carnages, dépravation et quête de liberté. Il s'asseyait sur le sol, le dos contre le mur, des heures durant, regardant Spike marcher à grands pas dans sa cellule, raconter à grands renforts d'effets dramatiques et de gestes quelle fut sa vie après qu'il eut été engendré. Comment lui et Dru avaient ruiné chaque réception à laquelle 'cette salope de Cécile' - et il n'avait aucune idée de qui c'était - avait osé participer l'année suivante, conduisant la jeune femme au bord de la folie. Comment il s'était rapidement ennuyé en Angleterre après s'être vengé de ses anciens contemporains, et comment il avait parcouru la planète en compagnie de sa nouvelle famille maléfique. Et cela impressionnait Alex d'écouter cet homme qu'il avait de prime abord catégorisé comme un punk arrogant et rien d'autre - même si de plus d'une centaine d'années son aîné - raconter joyeusement les cultures qu'il avait pu découvrir et qui avaient fait partie de sa longue vie, glissant ici et là d'un air prétentieux quelques phrases en chinois qu'Alex était sûr d'être des insultes terriblement choquantes. Il l'avait écouté, fasciné malgré lui, tandis que les mots du vampire lui peignaient l'image d'une Europe, Afrique, Asie, qu'il n'avait pas connues, et il ressentit une pointe de regret de ne pas avoir fait le tour de l'Amérique en stop comme il avait prévu de le faire quand il en avait encore la possibilité.

Spike pouvait parler des heures sans interruption s'il était assez stimulé, mais Alex ne se faisait pas d'illusions. Il n'était rien qu'un écho pour le vampire, un substitut, une excuse pour avoir l'opportunité d'entendre le son de sa voix. Et pourtant, il restait assis là. Il restait là à écouter avec empressement les histoires impliquant Angelus, prêt à grappiller la moindre info qui pourrait leur être utile.

Il aurait tout aussi bien pu essayer de saigner à blanc une pierre.

Ha. Une horrible métaphore, vu le nombre de vampires impliqués. Ou bien c'est une comparaison ?

Spike savait parfaitement ce qu'il faisait, le narguant avec des petits bouts d'infos qui semblaient importants sur le coup, mais qui s'avéraient être futiles et triviaux, ou alors ce n'était que le fruit d'une des dernières blagues douteuses du vampire. Alex en savait assez à propos des méthodes de torture préférées d'Angelus, de ses goûts atroces en matière de musique, de sa fascination pour la Fête de la Saint-Patrick, de cette fois où il avait perdu un pari avec Darla et qu'il avait dû lire à voix haute l'un des vieux (et horriblement mauvais) poèmes de William à la réunion annuelle des démons de plus haut rang, et s'en proclamer l'auteur entre ses dents serrées si bien qu'il avait été la risée de toute la ville, pour en écrire une biographie détaillée.

Alex avait ricané d'amusement à cette dernière anecdote et s'en était voulu aussitôt après pendant plus d'une heure.

Après avoir rendu visite à Spike, il allait en patrouille sur le terrain. Il rejoignait les autres agents en se sentant perpétuellement mal-à-l'aise et inconfortable, comme s'il était de mèche avec l'ennemi. Pourtant, les autres restaient polis à son égard comme toujours, même s'ils demeuraient un peu distants. Mais ils avaient toujours été distants avec lui, parce qu'Alex Harris était un marginal né. Depuis toujours. C'était le geek du lycée branché et l'aimant à démons de l'Initiative. Rien de bien nouveau.

Il lui arrivait parfois de voir Riley durant sa patrouille, même si ça faisait un petit moment qu'il ne l'avait pas vu. Riley était toujours amical à son encontre, et Alex préférait être en équipe avec lui quand ils surveillaient les cimetières la nuit. L'activité démoniaque s'était drastiquement tarie ces derniers jours, donc patrouiller se résumait souvent à supprimer les bébés vampires, courtoisie d'Angelus. Et ces fois-là, Alex ne pouvait s'empêcher de sentir une bouffée d'hypocrisie le prendre à la gorge, parce qu'il n'y avait même pas une heure, n'avait-il pas ricané à une blague pourrie d'un autre vampire ?

Je fais juste mon travail, se disait-il alors dans ces moments de doute. Elle m'a dit de faire en sorte qu'il me fasse confiance. Hé bien, maintenant, il me raconte vraiment sa vie, d'une certaine manière, petit bout horrible par petit bout horrible. Donc c'est une bonne chose, pas vrai ?

Il se répétait en boucle cette justification tandis qu'il descendait jusqu'au Sous-sol. Il présenta sans y penser son badge devant le capteur, tapotant le paquet de cigarettes récemment acheté dans la poche de son pantalon et se convaincant que ça ne voulait pas dire qu'il était gentil, c'était une légitime tentative de troc. Giles, s'il avait été présent, l'aurait gratifié du Regard, celui sceptique jeté par-dessus ses lunettes.

Mais Giles ne l'accompagnait plus que rarement. Alex trouvait que le vampire était généralement plus coopératif lorsqu'il le voyait seul, et il avait demandé à Giles de le laisser y aller sans lui pour faire des progrès plus rapidement. Et puis, s'il était honnête avec lui-même, il ne désirait pas vraiment que le respectable Britannique entende comment Spike lui parlait. C'était une chose de céder en privé à l'insolence du vampire, ses questions outrageusement personnelles et ses sous-entendus sexuels effrontés - et c'en était une autre qu'un spectateur en soit le témoin.

Traversant le couloir immaculé plus que familier, Alex se demandait distraitement quelle histoire Spike lui raconterait cette fois. Hier il lui avait parlé de la Seconde Guerre Mondiale, admettant fièrement avoir dévoré quelques Nazis en ce temps-là et avait penché la tête comme s'il s'attendait à ce qu'Alex le félicite de cette action.

Il revint au présent, cependant, quand il leva la tête et cligna les yeux d'un air surpris en apercevant la silhouette qui se tenait dans le couloir. Devant la cellule 17, plus exactement. Fronçant les sourcils, Alex accéléra le pas, perplexe.

Oh mon Dieu, ils n'essayent pas de refaire des expériences horribles sur lui, hein ?

Cependant, il se détendit en regardant de plus près. C'était juste Riley.

Oh génial. Comme si avoir Giles comme témoin ne m'humiliait pas déjà assez, il fallait Riley en plus.

Espérant vainement que ce ne serait pas horrible, il salua l'autre agent de loin, se demandant ce qu'il faisait ici. Mais Riley ne se retourna pas, ne parut même pas se rendre compte de son arrivée. A la place il continua de fixer intensément la cellule de Spike, ses lèvres remuant tandis qu'il parlait. Alex essaya de comprendre ce qu'il disait, mais malgré tous ses efforts il n'y parvint pas.

Attends, mais qu'est-ce que Riley voudrait dire à Spike ? Il n'arrêtait pas de dire que les vampires ne valaient pas la peine qu'on leur parle...

Il commença à trottiner, criant le nom de Riley une fois de plus, étant une fois de plus ignoré. Un mauvais pressentiment lui hérissa l'échine, mauvais pressentiment qui s'amplifia lorsqu'il vit l'autre homme taper quelque chose sur le clavier contrôlant le verrouillage électrique de la cellule.

Alex se mit à courir. Il ne savait pas ce qui se passait mais il savait que quelque chose ne tournait pas rond.

"Riley, arrête !"

Et devant ses yeux ébahis, Riley tapa le code de déverrouillage de la porte et relâcha le vampire. Et Alex fut submergé par la panique, qui remplaça la confusion qui ne le ferait qu'hésiter. Il porta la main à sa ceinture, attrapa son arme et visa.

"Arrête maintenant ou je vais -"

Et tandis qu'il chargeait l'arme, Riley se retourna brusquement vers lui et le cerveau d'Alex se paralysa. Au milieu du visage familier et inoffensif du jeune soldat qui était devenu une sorte d'ami, brillait dans les yeux l'éclat doré d'un démon.

Sa main qui tenait l'arme trembla. Il baissa le canon.

Vampire...

Riley se jeta en avant et Alex recula instinctivement. Mais le choc le rendait maladroit, il était bien trop lent à se ressaisir. Riley le percuta, envoyant valser l'arme au sol sans effort et lui donnant un coup de poing à la mâchoire qui l'assomma à moitié.

Vampire ! Putain de merde !

Sa vision remplie d'yeux jaunes sauvages et de crocs étincelants, Alex tenta de se défaire du déni qui menaçait de noyer toute pensée rationnelle dans son esprit. "R-Riley ?"

La créature qui s'avançait vers lui pencha la tête et sembla réfléchir, comme si elle le reconnaissait pour la première fois. "Harris," zozota-t-elle, souriant obscènement. "Oh, tu n'as pas idée de combien j'attends ça."

Alex n'eut pas le temps de se défendre contre le déluge de coups qui suivit, sur sa joue, à l'entrejambe, sur sa nuque, si fort qu'il fut plié en deux. C'étaient des mouvements d'un soldat entraîné, des mouvements qu'il était capable de faire, mais associés à une force et vitesse démoniaques, ils étaient mortels et Alex n'avait pas l'ombre d'une chance. Il percuta violemment le sol, tête la première, assez violemment pour qu'il sente le goût du sang envahir sa bouche. Puis des mains l'attrapèrent brutalement et le retournèrent comme une crêpe. Un poids conséquent s'installa sur sa poitrine. Il cligna des yeux frénétiquement, tentant d'éclaircir sa vision devenue floue suite au choc, et soudain il vit Riley se pencher vers lui, une lueur sanguinaire dans les yeux tandis qu'il fixait la gorge de l'humain.

"Riley... mec... Tu me connais. Ne fais pas ça !"

Sa dernière tentative désespérée de s'échapper se révéla inutile cependant, et le vampire se jeta en avant, la bouche ouverte dévoilant ses canines mortelles, et Alex essaya de se débattre, de le faire lâcher prise, de faire quelque chose d'autre que de juste rester allongé là impuissant et de se faire saigner à blanc, même s'il n'y avait aucun espoir, qu'il allait mourir, ou peut-être être transformé en vampire comme Riley, ce qui serait dix fois pire, et -

Un autre visage fit son apparition derrière l'épaule de Riley, à la périphérie de sa vision, et il ne s'attendait pas du tout aux paroles qui suivirent, compte-tenu de la situation : "Oi ! Le bleu !"

Riley se paralysa au-dessus de lui, la pointe de ses crocs égratignant légèrement sa peau.

Spike prit l'autre vampire par le col, le souleva et l'éloigna de l'humain hébété, le poussant violemment en arrière pour faire bonne mesure. "Putain de nouveaux-nés," marmonna-t-il, visiblement irrité. "Première leçon d'un vampire, crétin : ne touche pas à ce qui n'est pas à toi."

Alex s'était immobilisé, glacé d'effroi, lorsqu'il vit Spike - Spike ! - debout hors de sa cellule. Libre.

Oh mon Dieu. Je suis arrivé trop tard. Il est libre. Je vais mourir. Riley est déjà mort. Quelqu'un doit les arrêter avant qu'ils ne sortent d'ici. Putain. Qu'est-ce que je dois faire ? Je vais mourir...!

Il essaya subtilement de porter la main à sa ceinture, se demandant s'il arriverait à prendre le pieu qui y était accroché et réduire en poussière l'un des deux vampires avant que l'autre ne lui torde le cou.

Spike capta son mouvement, cependant. Ricanant joyeusement, il se pencha à son tour sur Alex. "Non-non-non, chaton. Sois un gentil garçon, d'accord ?" Il s'accroupit, lui arracha le pieu des mains et le jeta négligemment par-dessus son épaule.

"Spike..." Sa voix était remplie d'effroi, pas vraiment pour lui-même mais plutôt à l'idée du carnage que ferait le vampire assoiffé de vengeance une fois dehors.

Et alors ? Qu'est-ce que je peux lui dire pour l'en empêcher, putain ? 'Oh Spike, s'il te plaît, ne tue pas les gentilles personnes qui t'ont torturé pendant des mois' ? Bordel de merde !

Comme s'il lisait dans ses pensées, le vampire gloussa et tapota ses joues d'un air complaisant, avant d'attraper son col et de le remettre debout. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Et bien qu'il soit de loin le plus grand des deux, Alex savait qu'il était aisément surpassé par l'autre en terme de puissance et de force, donc il ne s'embêta pas à se débattre quand Spike commença à le pousser en arrière.

"Toujours voulu sentir la chaleur de ta peau," lui murmura le vampire à l'oreille, et Alex dut se faire violence pour ne pas grimacer.

Il réalisa très vite qu'il était guidé jusqu'à la cellule récemment vidée de son occupant. Et soudain, il se rendit compte qu'il devait sûrement y avoir des sortes de protocoles à suivre en cas de fuite d'un prisonnier, pour déclencher l'alarme. Il jeta un rapide coup d'œil aux alentours, et localisa finalement la caméra de sécurité nichée dans le mur.

Oui ! Quelqu'un doit bien surveiller les bandes. Ils seront là bientôt. Arrête de paniquer, Harris.

Spike surprit le soulagement sur son visage, suivit son regard et sourit méchamment. "Je n'espérerais pas trop si j'étais toi, chaton. Ce soldat-vampire sait ce qu'il fait en tout cas, je dois bien lui accorder ça. La caméra tourne en boucle. C'est comme si on était invisible pour le reste du monde maintenant."

Alex s'affaissa, défait, se laissant être plaqué contre le mur, frissonnant un peu lorsque Spike s'approcha de son cou. "Tu ne vas pas pouvoir sortir de là sans te faire remarquer," lui dit-il d'un ton sec, plus pour gagner du temps qu'autre chose.

"Il est arrivé à entrer," lui répondit Spike, désignant du pouce Riley, qui les regardait d'un air menaçant depuis le couloir, exhibant son tout nouveau visage vampirique. "Angelus est à l'intérieur. Je te l'ai dit qu'il me sortirait d'ici, pas vrai ?"

Angelus l'a fait. Ce putain de salopard a transformé Riley. Merde...

"Cependant," poursuivit Spike, l'air pensif. "Tu avais raison concernant mon apparence. Je ne suis pas très discret comme ça, c'est vrai." Une lueur vicieuse brilla dans ses yeux bleus. "A ton avis, où je pourrais bien me trouver un gentil petit déguisement, comme, par exemple, l'uniforme que tu portes ? Des idées ?" Les longs doigts du vampire lissèrent le T-Shirt d'Alex, l'observant d'un œil critique.

Alex grogna. Tu plaisantes, j'espère ! "Est-ce que tu pourrais juste... faire en sorte de me tuer avant de me déshabiller ? S'il te plaît ?"

Spike cligna des yeux, paraissant réellement surpris. "Te tuer ? Ça m'a jamais traversé l'esprit, chaton. J'ai de bien meilleures choses en réserve pour toi." Et soudain, il se pencha en avant et sa bouche glacée s'écrasa violemment contre celle d'Alex. L'humain, choqué et indigné, tenta de se débattre mais il était forcé à l'immobilité par le mur contre son dos et la poigne de fer du vampire qui enserrait ses poignets, et restait là impuissant tandis que Spike l'embrassait, ou plutôt l'agressait avec sa langue. Il y eut une pointe de crocs dans le baiser, le grondement d'un grognement et Alex sentit ses genoux trembler malgré lui, de terreur à n'en pas douter.

"Spike ne fais pas ça," il haleta, quand il fut enfin libéré de l'étreinte, mais seulement pour permettre au vampire de frotter son visage contre son cou - et, naturellement, de diriger son attention sur sa carotide.

"Hm ? Quoi ? Tu penses que je vais te baiser comme le vampire tordu que je suis ?" Un rire rauque fut étouffé dans son épaule et une dureté caractéristique fut pressée contre sa cuisse tandis que Spike plaquait ses hanches contre les siennes. "Peut-être. Mais pas tout de suite. Et définitivement pas ici. Ça servirait qu'à gâcher l'ambiance, tu vois ?"

Sans crier gare, il fut relâché et Spike, d'un calme à toute épreuve, le regardait, à un mètre de lui, l'air complètement innocent, comme s'il ne venait pas tout juste de le menacer, comme s'il n'avait pas fait toutes ces choses. "Hé bien ?"

"Qu-quoi ?"

"L'uniforme. T'as peut-être toute la journée devant toi, mais certains d'entre nous ont des endroits à aller et des gens à tuer, donc dépêche, gamin."

Alex en resta bouche bée, la panique éclatant une fois de plus dans sa poitrine à l'idée d'être forcé à se déshabiller. C'était son cauchemar devenu réalité, plus flippant qu'un vampire-Riley enragé l'attaquant à la gorge. Cela le rendait tellement... vulnérable.

Mais une fois encore, il sentit les instincts du soldat gravés en lui remonter, lui disant de faire ce qu'on lui avait dit de faire et qu'il s'en sortirait peut-être vivant pour sonner l'alarme.

Se faisant violence pour noyer le tumulte d'émotions qui le poussait à refuser, il leva lentement les mains et déboutonna sa veste, la jetant par terre en direction du blond. Puis, il enleva son T-Shirt, et quand il s'apprêtait à passer au reste, le vampire lui fait signe d'arrêter et prit les plaques militaires qui pendaient toujours autour de son cou.

Spike le regardait se déshabiller avec un sourire lascif, ne s'embêtant à dissimuler ni son amusement ni son désir. Quand Alex ne fut plus qu'en sous-vêtement, il lui donna à contrecœur l'uniforme, observant à son tour le vampire les enfiler rapidement. Et effectivement, tandis qu'il faisait glisser sur ses jambes son jean délavé pour mettre le pantalon de camouflage d'Alex, il eut une preuve plus que concrète de combien son strip-tease involontaire lui avait plu. Encore une fois, Spike lui lança juste un sourire en coin, pas le moins du monde embarrassé.

Semblant totalement hors de son élément en uniforme militaire, le vampire se tapota les poches d'un air curieux. Cela ne lui prit que quelques secondes pour trouver le paquet de cigarettes qu'Alex avait prévu de lui ramener, paquet qu'il examina avec un sourire légèrement plus tendre que celui plein de crocs. "Oh, chaton, tu y as pensé."

Alex gronda, furieux au-delà des mots.

"Hé, doucement, doucement, ne réagis pas comme ça. La prochaine fois, je ferai en sorte de me faire pardonner, qu'est-ce que t'en dis ?"

"La prochaine fois que je te vois, je te réduis en poussière," lui cracha l'humain d'un air rebelle.

Spike rit, un rire sincère, plein d'euphorie et d'approbation. "C'est mon garçon." Et une fois de plus, il s'avança vers lui, attrapant Alex par la nuque et en profita pour lui baiser violemment le front, avant de le lâcher tout aussi rapidement et de sortir de la cellule.

Le code de verrouillage de la porte fut activée, le piégeant à l'intérieur. "Ne t'en fais pas, va," ajouta Spike à travers la vitre, sa voix étouffée par le verre. "Rupes est de garde tous les matins. Il te trouvera à ce moment-là."

Et sur ses dernières paroles lui et Riley s'en furent.

Alex resta planté là, paralysé, dans la pièce aux murs immaculés, ne sachant quoi faire ni comment réagir. Il entendit faiblement la porte au bout du couloir s'ouvrir puis se refermer, puis le calme retomba. Pas de cri. Pas de sonneries d'alarme. Rien.

Il vient juste de s'échapper comme si de rien n'était, putain ! Oh merde, oh merde, il est parti ! Mais on peut toujours le recapturer, pas vrai ? Avant qu'il ne fasse trop de dégâts ?

Pas s'il rejoint Angelus, lui dit cette horrible petite voix dans sa tête. Et ton espoir de le recapturer vient juste de s'évanouir dans la nature comme ton uniforme. T'es foutu, Harris.

Sa bouche et son front, là ou Spike l'avait embrassé, le picotaient encore de manière agaçante, comme si les lèvres froides étaient encore pressées contre sa peau. Il rougit d'humiliation et de colère en se rappelant cet épisode.

Et qu'est-ce que ça va être la prochaine fois qu'il me verra...?

Mon Dieu. Je suis tellement foutu.