La conspiration de l'avorton

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Résumé : Suite à un pari malheureux avec Wolowitz, Penny se trouve dans une situation des plus pénibles.

Rating : K

Disclaimer : Les personnages de la série appartiennent à leurs créateurs, à moins que lesdits scénaristes ne reprennent mon histoire pour un scénario (mais sincèrement, j'en doute ^^)

Mot de l'auteure : Considérant que je suis moi-même une sorte de geek, devrais-je envisager la possibilité d'une rencontre prochaine avec un serveur super sexy ? :D

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Les lois Shakespeariennes

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Selon la littérature, il n'avait que deux solutions. L'exil et la souffrance, ou le suicide et la libération. La première impliquerait une retraite forcée au Texas, pays des fanatiques et des créationnistes. La seconde priverait l'humanité de son bienfaiteur naturel. Aucune n'étant envisageable, cela laissait Sheldon avec une corde et un passeport désormais inutiles en main. Cruelles Parques, riant de son destin maudit. Lui qui avait passé tant d'années au service de la science, il se retrouvait piégé par une pulsion grégaire.

Car il n'y avait pas d'autres explications. Il avait observé Léonard pendant tellement de temps, le regard vitreux centré sur Penny, la bave coulant presque, qu'il savait exactement ce qu'était cette sensation qui l'obsédait. Il avait envie de hurler de rage devant l'ironie du sort. Tant de temps passé à critiquer l'obsession de son colocataire, à dénigrer ses sentiments primaires, pour en arriver à cette triste fin, avec la même serveuse blonde habitant devant chez eux.

Oh, non pas qu'il détestait Penny. Au contraire, elle était une délicieuse – ou très énervante – distraction coupant ses plans hebdomadaires. Il avait découvert que les continuelles perturbations dans son emploi du temps étriqué étaient plutôt intéressantes, même si parfois la raison était futile. Son quotidien était instable grâce à Penny, et son humeur s'en était ressentie. Même Howard le trouvait plus facile à vivre, pour dire !

Alors pourquoi ne pas continuer ainsi ? Pourquoi son brillant esprit avait-il voulu un changement aussi radical ?

Peut-être était-ce juste le contact physique qu'ils avaient eu deux, non trois fois. Sheldon abhorrait le contact physique. Tous ces germes transmis, toutes ces bactéries circulant d'un corps à l'autre, quelle horreur pour un corps sain et un cerveau d'érudit comme le sien ! La seule femme qui avait un jour tenté de l'embrasser était la mère de son colocataire, fortement éméchée soit dit en passant. Esprit supérieur comme le sien, mais … Bon Dieu, elle était une mère ! Mary Cooper ne l'avait pas élevé dans l'objectif de remplacer le père ou le chien de Léonard !

Qu'était Penny à ses yeux de scientifique ? Une femme, c'était certain. Une femme stupide selon l'échelle de QI qu'il avait inventée. Une femme énervante, qui ne le laissait jamais en paix. Une femme bruyante, émotive, joyeuse, amusante, capable de l'inviter chez elle sans le frapper cinq minutes plus tard. Une très bonne voisine, en somme. Mais une … compagne ? Ça, cela n'avait jamais été dans ses plans !

Alors pourquoi se tenait-il devant le bureau de Wolowitz, les mains moites et le cœur battant ?

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L'ingénieur se tenait devant son écran, un schéma de moteur compliqué d'un côté de l'écran et une photo de Bernadette de l'autre. Aide à la concentration, disaient ses collègues, connaissant trop bien le penchant du scientifique pour les femmes, particulièrement les jeunes femmes nues. Howard sourit à la jeune femme au doux regard. Bernadette, sa Bernadette. Il lui en avait fallu du temps pour la trouver, mais maintenant, il n'allait pas la laisser partir si facilement ! Il faudra qu'il pense à remercier Penny un jour, après tout, c'était elle qui les avait présentés. Et encore elle qui les avait rapprochés après leur rupture. Une chic fille, Penny.

Un de ces collègues s'approcha en chuchotant.

- Ta mante religieuse domestique t'attend devant la porte. Apparemment, cette bestiole ne sait pas frapper aux portes.

Howard soupira lourdement. Pourquoi Sheldon le dérangeait-il toujours lorsqu'il construisait une pièce importante d'une station spatiale ? Il se leva avant que le physicien ne fasse quelques sympathiques remarques à l'égard de son travail. Il ne s'attendait pas à trouver un Sheldon en mille morceaux, les yeux cernés et les cheveux décoiffés comme jamais.

- Tu comptes entrer en Oompaland ou tu as peur de te faire agresser par une centaine de nains enragés ?

Comme Sheldon ne répondait rien et ne semblait même pas le voir, Howard supposa que le problème était sérieux, très sérieux. Il poussa son ami jusqu'à son bureau, ferma la porte et se prépara au pire.

- Donc, Sheldon. Apparemment, tu as un souci.

Aucune réponse.

- Sheldon ?

Toujours pas. Il allait devoir prendre les choses en main. Trois coups sur la table, quelques secondes d'attente, et enfin le scientifique sursauta.

- Penny ?

Certaines habitudes étaient difficiles à perdre.

- Pas trop tôt ! Je commençais à croire que tu t'étais vraiment transformé en robot.

- Je manque de données, bredouilla le pauvre Sheldon.

Howard retint un second soupir. Quoiqu'il se passait dans le cerveau de son collègue, il allait devoir l'en sortir de force.

- Quelles données, Sheldon ? Et pas de blabla, juste l'essentiel.

- Contact … danger … sueurs … problème … Penny.

- Ah. Cherchez la femme, sourit Howard.

Voilà qui devenait intéressant. Problème universel, mais dont il n'aurait jamais pensé avoir à discuter avec Sheldon, le grand Sheldon Lee Cooper, l'homme sans sexualité, sans intérêt pour le sexe opposé, tout à la science théorique et à la science-fiction ? Incroyable ! Howard sentait la note de sa journée passer de « banale et ennuyeuse » à « extraordinairement riche ». Parler d'une femme avec Sheldon. Wahou. Rien ne pouvait lui faire plus prendre sa revanche.

- Pourquoi tu ne vas pas demander à un ami, et non à une connaissance ? ironisa l'ingénieur. Oh attends. Raj' ne sait pas parler aux femmes, et Léonard est terriblement jaloux. Et, miracle ! je suis le seul à avoir une petite-amie ! Si ce n'est pas une coïncidence amusante !

S'il avait espéré une réaction de la part du docteur, il pouvait toujours l'attendre. Sheldon était prostré sur sa chaise, la tête entre les mains. Howard laissa tomber toutes ses idées de vengeance devant la pitié qu'il lui inspirait. Forcément, un tel chambardement dans son quotidien allait le faire devenir encore plus cinglé s'il ne s'occupait pas de lui.

- Bon. Dis-moi concrètement ce qui s'est passé. Et sans utiliser d'équation ou de termes chimiques, juste les faits.

- Penny m'a embrassé. Deux fois. Il fallait que je comprenne mon problème, alors je l'ai embrassée, et je me suis enfui.

- Stop stop stop ! Tu as … embrassé Penny ?

- Oui.

- Wahou ! s'exclama Howard, soufflé. Et les germes, et les maladies ?

- Il me fallait plus de données.

- Si je résume la situation, vous vous êtes déjà embrassés trois fois, ce qui est une très bonne moyenne pour un homme dans ta condition, rassure toi.

- Je ne vois pas ce qui pourrait me rassurer là-dedans, mais continue.

- Enfin, Sheldon ! Est-ce que tu as senti un pincement à la poitrine lorsque vos lèvres se sont touchées ? Oh mon Dieu, j'ai dit ça à propos de Sheldon et Penny …

- L'électrocardiogramme n'indique aucune anomalie, si c'est ce qui t'inquiète.

- Est-ce que tu as eu soudain très chaud une fois le baiser fini ?

- J'ai eu une brusque poussée de fièvre, mais tout va mieux.

Le vrai Sheldon commençait à remonter à la surface, doucement mais sûrement.

- Sheldon, tu sais ce qui se passe, n'est-ce pas ?

- J'espère me tromper, mais …

- … Tu sais que tu ne te trompes jamais, finit Wolowitz sur un ton triomphal. Sheldon, tu es amoureux !

- NON ! hurla le physicien, se levant brusquement.

- Calme-toi, Sheldon, c'est parfaitement normal. C'est humain !

- Mais c'est Penny ! protesta-t-il en retombant lourdement sur le fauteuil.

- C'est une fille, Sheldon ! Une chic fille, si tu veux mon avis, mais bel et bien une fille ! Enfin, tu pourrais éventuellement être attiré par un garçon, mais ça c'est une autre histoire …

- Léonard va me tuer … murmura Sheldon, désespéré.

- La probabilité est élevée, concéda son ami. Mais il y a un problème plus important à résoudre pour le moment.

- Plus important que la réaction de mon colocataire et meilleur ami devant le fait que je sois tombé amoureux de son ex-petite-amie ?

- Oh que oui.

- Et lequel ?

- Est-ce que Penny ressent la même chose pour toi ?

Il y eut un silence.

- Oh. Je vois.

Nouveau blanc.

- Peut-être devrais-je l'embrasser à nouveau ?

- Sheldon, crois-moi, cette expérience – bien que plaisante – n'est plus d'actualité.

- Alors comment puis-je récolter des données ?

- C'est là où intervient quelque chose de très intéressant pour toi, Sheldon. J'ai une petite-amie. Qui est une des meilleures amies de Penny.

- Oh.

- Je l'appelle tout de suite.

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Next chapter, Bernadette, Penny and perhaps Raj' ? :)

A bientôt !

FireRox