Roukia : he oui, pauvre Sirius. L'a pas eu de chance, ou plutôt, il l'a gachée

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Remus Lupin se réveilla en sursaut.

Il s'était blotti dans un coin de la salle de classe de métamorphose sous la cape d'invisibilité de James, attendant son heure pour que tous les élèves soient dans leurs dortoirs, et pour que les professeurs soient rentrés dans l'aile du personnel avant qu'il ne se lève et aille à l'aile de l'hôpital chercher un somnifère auprès de Madame Pomfresh. Heureusement, James n'avait pas oublié qu'il avait besoin de sa cape ce mois-ci.

Avant d'avoir commencé l'adolescence, la veille de la pleine lune avait été accompagnée par une envie charnelle irrésistible qui avait été satisfaite par la nourriture. Ses parents n'avaient jamais pu lui remplir l'estomac ces jours-là. Quand il était proche de la saturation, c'était le seul moment où il se sentait calme, mais son estomac se vidait si rapidement qu'il devait manger presque en permanence pour s'empêcher de trembler à tomber en morceaux. Il avait décidé, basé purement sur son expérience personnelle et non sur les recherches qu'il avait faites sur les loups garous en général, que son corps se préparait pour le désir basique et charnel d'enfoncer ses dents dans la chair humaine durant la pleine lune, pour ce besoin déchirant et affamé qui s'emparait de lui quand il était un loup. Cependant, comme il était devenu sexuellement mûr, il avait commencé à avoir des besoins charnels d'un autre ordre la veille de la pleine lune. Ceux-là étaient bien pires que les besoins hasardeux qui frappaient n'importe quel garçon de douze-treize ans, et malheureusement, la sorte d'activité qui lui permettait d'évacuer cette tension le restant du mois ne lui était d'aucune sorte de recours la veille de la pleine lune. La seule chose qui semblait avoir effet était la proximité réelle d'une autre personne. Il avait besoin de la sentir, de la toucher, de se faire sentir et toucher, et puis plus, bien plus...

Ou du moins, il pensait que c'était vrai. En cinquième année à l'école, il n'avait jamais eu le courage de découvrir si avoir une vraie relation sexuelle avec une autre personne soulagerait les symptômes qu'il éprouvait à l'approche de la pleine lune. Tôt en deuxième année, alors qu'il frissonnait dans son lit de façon incontrôlée, James était venu le voir, se demandant ce qui n'allait pas. Il s'était assis sur le lit à côté de Remus, et le nez de Remus avait commencé à perdre les pédales. Soudain, il avait eu un incroyable besoin de sentir James partout, de le toucher, d'être touché par lui. Sa proximité l'avait à la fois incroyablement excité, et à la fois, elle avait une influence calmante. Respirer l'odeur de l'autre garçon le faisait se sentir mieux, comme s'il était près d'une solution à son problème. Il n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un quand il devait faire face à la veille de la pleine lune. Il n'était pas sûr que c'était cela qui pouvait le calmer. Et pourtant... Il avait besoin de plus que de la proximité. Il avait besoin... de plus.

Et cette pensée l'avait terrifié. Il avait seulement douze ans. Tout comme James. Ils étaient tous deux des garçons. James pourrait ne pas aimer les garçons, et ils étaient si jeunes, en dessous de l'âge de consentement. Les gens auraient pensé que c'était mal pour de si nombreuses raisons... Personne ne se souciait que Remus perde la tête à cause du manque de contact humain, étant donné que cette proximité était la plus grande quand deux personnes joignaient leurs corps dans un délice mutuel...

Alors il s'était éloigné de James par crainte, par crainte de s'aliéner son ami. (S'il savait ce qui me passe dans la tête !) et par crainte de ce que cela signifiait pour lui (Est-ce que j'aime les garçons ? Est-ce que j'aime les filles ?). Il avait ordonné à James de regagner son lit, et l'autre garçon visiblement encore soucieux s'était exécuté.

Une fois qu'il s'était retrouvé à nouveau allongé seul, Remus avait reniflé l'air. L'odeur des trois autres garçons était enivrante et sexuelle. Tous les quatre étaient des tas d'hormones ambulants, et avec son odorat de loup-garou, Remus en était encore plus conscient. Sirius s'était branlé dans la salle de bain, il en était sûr. Rien d'inhabituel, là. Mais l'odeur qui émanait de son ami, qui traversait la pièce, commençait à faire frissonner et suer Remus une fois encore, et il s'était terré sous ses couvertures, misérable, effrayé à l'idée de sauter de son lit et de violer un des autres garçons. Je suis plus fort que n'importe lequel d'entre eux, avait-il soudain pensé. Je pourrais le faire, simplement en prendre un... Et puis, il avait pensé, je suis quelqu'un de terrible. Je ne suis même pas une personne. Je suis une bête, un animal...

Le matin suivant, James était à nouveau venu lui parler, et Sirius et Peter avaient remarqué et l'avaient rejoint, tous sur le lit de Remus.

« Qu'est-ce qui ne va pas Remus ? Je peux dire que quelque chose ne va pas. Tu ne peux plus le cacher. » avait dit James en remontant ses lunettes sur son nez.

Remus avait déglutit, regardant ses amis. Ils semblaient authentiquement inquiets. Sa deuxième année avait à peine commencé. Il était ami avec ces garçons depuis un an, et ils faisaient tout ensemble... ou presque.(Il allait tout seul à la cabane hurlante tous les mois.) Finalement, il prit une décision. Il rassembla son courage et déballa la vérité.

« Je suis un loup-garou. »

Ils s'étaient regardés les uns les autres, et puis Sirius avait commencé à rire en premier, suivi de Peter et puis de James.

« D'accord, alors, ne nous le dit pas. » avait dit Sirius. « Un loup-garou. C'est le mieux que tu puisses faire ? D'accord, je suis la foutue reine d'Angleterre. » avait-il commencé d'une voix aiguë. « et je veux mon thé et des crêpes maintenant ! »

Peter avait pouffé si fort qu'il avait du aller se chercher un mouchoir pour se moucher. James avait cependant encore l'air soucieux. Tandis que Sirius et Peter continuaient, il avait dit doucement à Remus « Qu'est-ce vraiment ? »

Remus l'avait regardé avec tristesse. « Je l'ai dit. Je suis un loup-garou. Ce soir, quand le soleil sera couché et que la lune se lèvera, je me changerai en loup. Tout humain près de moi risquerait d'être mordu et transformé en loup-garou à son tour, ou bien simplement de se faire tuer. » sa voix était douce et calme, et Sirius et Peter s'étaient finalement calmés. Les trois garçons étaient complètement immobiles, écoutant les mots calmes de Remus. « Je suis la raison pour laquelle le saule cogneur a été planté. Il cache un passage menant à la cabane hurlante. Quand je presse sur un certain nœud sur les racines de l'arbre, les branches arrêtent de bouger, et je peux passer dans le passage. Quand je me transforme, s'il n'y a pas d'humain à dévorer, je m'attaque moi-même. C'est ce que les villageois entendent venir de la cabane hurlante. Ils m'entendent. C'est pour cela que j'ai besoin d'aller voir Madame Pomfresh tous les matins après une nuit de pleine lune, afin qu'elle puisse soigner mes blessures. Et la nuit dernière... » il avait fait un signe de la tête à James. « ... mon corps se... Se préparait à la transformation. Le jour et la nuit avant que la lune ne soit pleine sont... sont très difficiles... »

Finalement, ils l'avaient cru. Ils ne renièrent pas leur amitié pour lui. Il avait presque envie de pleurer. Est-ce que quelqu'un avait jamais eu d'aussi bons amis ? s'était-il demandé.

Mais cela n'avait pas résolu son problème mensuel. Chaque mois qui avait suivi, il avait passé la veille de la pleine lune à agoniser, en compagnie de garçons dont les hormones transpiraient, et de filles qui démentaient complètement leur sexualité, même s'il pouvait sentir lesquelles avaient leurs règles ou ovulaient. Tout semblait sentir le sexe pour Remus Lupin, et tout le rendait fou, garçons comme filles. Il avait commencé à hanter l'aile de l'hôpital la veille de la pleine lune, demandant à l'infirmière des somnifères (une idée de James), mais bien tôt, elle se lassa de lui et ne lui laissait pas prendre de potion si c'était trop tôt dans la soirée.

« Retourne au lit. » disait-elle avec lassitude. « C'est seulement huit heures. Tu n'as même pas essayé de t'endormir tout seul. Tu ne veux pas devenir dépendant à une potion pour t'endormir tous les soirs. »

Bien que les enseignants soient au courant qu'il était un loup-garou, et même que c'était la raison pour laquelle la cabane hurlante avait été construite, et le saule cogneur planté, personne, y compris ses amis, ne savait vraiment ce par quoi il passait avant la pleine lune. Il avait honte. Il ne pouvait pas aller voir le professeur Dumbledore et lui expliquer « Je suis désolé, sir, tout ce que vous avez fait n'est pas assez pour moi. J'ai besoin d'avoir carte blanche pour sauter n'importe qui je veux la veille de la pleine lune, ou je perds la tête. »

Il ne pouvait pas admettre au directeur ou à l'infirmière ce qui le dérangeait. Et il frissonnait de penser aux plaisanteries que Sirius ferait s'il savait. C'était simplement trop embarrassant. Alors il faisait avec, se résolvant finalement à se glisser dans sa salle commune quand il ne pouvait plus supporter les odeurs de ses amis, ou quand il n'avait pas pu obtenir de Madame Pomfresh une potion qui lui garantirait un sommeil instantané. Il était allé jusqu'à demander à James de lui prêter sa cape d'invisibilité la veille de la pleine lune, afin qu'il puisse aller à l'infirmerie tard le soir, sans être vu. Quand elle était fatiguée, madame Pomfresh était plus malléable et le laissait souvent dormir dans l'infirmerie après avoir pris la potion, au lieu de la ramener dans une fiole à son dortoir. Elle dormait à proximité, mais dans une pièce différente. Et elle ne le dérangeait pas, en tous cas, étant trop vieille pour dégager aucune sorte d'odeur sexuelle. Elle ne devait plus en avoir depuis des décennies, et il était reconnaissant pour cela. En avoir après l'infirmière était un casse-tête supplémentaire dont il n'avait pas besoin.

Mais cette nuit... Après que les couloirs soient tous devenus silencieux, et qu'il se soit réveillé dans sa position inconfortable sur le sol de la salle de classe de métamorphose, il avait enfilé la cape d'invisibilité et était allé jusqu'à l'aile de l'hôpital. Il ne voulait pas être découvert par Rusard et sa chatte, Miss Teigne. Il enleva la cape et la fourra dans la poche de sa robe de chambre avant d'entrer dans l'infirmerie.

Puis, pendant qu'il attendait que l'infirmière amène la potion, il s'était montré, avec ce crétin, Karkaroff. Remus avait regardé Severus Rogue entrer dans la pièce, ses yeux réduits à des fentes. Il aimait Lily, il le savait. C'était douloureusement évident. Chaque fois qu'ils étaient ensemble en potions, la façon dont il la regardait quand elle ne savait pas qu'il le faisait rendait très clairs ses sentiments. Et pourtant... il avait bien plus le droit d'aimer Lily que lui, Remus, ne l'avait. Il était un loup-garou. Il ne pouvait vraiment être avec personne. Il avait regardé ses amis se mettre avec des filles et pensé 'je ne peux pas faire cela'. Il n'osait pas. James avait Bonnie, et Sirius avait... un fille quelconque cette semaine. Peter n'avait personne, mais ce n'était pas vraiment surprenant. Remus pensait qu'il en pinçait aussi pour Lily.

Remus ne pouvait pas s'empêcher de haïr Severus Rogue. Rogue qui était si grand. Rogue qui jouait gardien de l'équipe Serpentard (bien qu'il ne puisse presque jamais empêcher James de marquer. James était un poursuiveur brillant). Rogue qui faisait sourire Lily, et parfois même rougir en cours de potions, qui lui faisait prendre cet air émerveillé sur le visage. C'était stupide. Il n'aurait pas dû se sentir jaloux que Rogue puisse avoir en fait une chance avec elle. Il n'avait rien à faire avec aucune fille, et encore moins avec Lily Evans. Mais bon...

L'odeur de l'autre garçon traversa la pièce jusqu'à lui. Je ne veux pas vouloir ce crétin, pensa-t-il avec irritation. Remus ferma ses yeux, sentant la sueur perler sur son front. Il frissonna fiévreusement. Puis il rouvrit ses yeux, regardant l'autre garçon. Rogue se tenait nerveusement au mur, allant vers le bureau de Madame Pomfresh. Karkaroff revint vers la porte. « J'y vais maintenant. N'oublies pas... » ajouta-t-il. « Tu me le dois. » Qu'est-ce que cela veut dire se demanda Remus. Il se redressa, déglutissant. Rogue le regarda avec colère.

Après que Karkaroff fut parti, Rogue râpa la porte du bureau de Madame Pomfresh. Remus pouvait voir Rogue le regarder du coin de l'œil. Elle ouvrit rapidement la porte. Remus savait qu'elle était en plein milieu de la préparation de son somnifère.

« Rogue ! Que faites... » Elle s'arrêta quand elle vit sa tête, puis le dirigea vers un lit. Avec ses oreilles très sensibles, Remus l'entendit chuchoter à Rogue « Je vais chercher la potion. Le professeur Chourave vient juste m'amener une livraison fraîche d'asplénium. J'ai fait des potions toute la journée. »

Rogue lui prit la main. « Pourquoi est-il là ? » demanda-t-il doucement. Les oreilles sensibles de Remus entendirent cela aussi.

Elle eut l'air irritée. « Il vient toujours me voir pour des somnifères. Et il va probablement demander à dormir ici encore, au lieu de son propre dortoir. Mais ne t'inquiète pas... Je vais m'occuper de toi avant. » Elle et un regard désapprobateur en direction de Remus Lupin avant de partir chercher la potion de Severus Rogue.

Remus se raidit sur son assise, trouvant très dur de ne pas fixer Severus Rogue. Sa barbe définissait s mâchoire et ses hautes pommettes très joliment... Aargh, pensa-t-il. Arrête ça. Je ne veux pas avoir ce genre de pensées pour Rogue.

Mais son esprit s'échappait de lui quand même. Eux deux, dans l'infirmerie, seuls... Non. Il secoua sa tête pour la nettoyer. 'Pas une bonne idée' devait être l'euphémisme du siècle...

« Est-ce que tu restes ? » lui demanda brusquement Remus, sa voix gutturale.

« Quoi ? » Rogue avait l'air surpris.

« J'ai dit est-ce que tu restes ? »

Rogue se renfrogna. Severus Rogue se renfrogna. « Qu'est-ce que tu as ? »

Remus n'y pouvait rien. Il commença à respirer plus rapidement. « Si j'avais pensé que je ne serais pas seul, je ne me serais pas dérangé pour descendre jusqu'ici... » Puis il souhaita ne pas avoir dit cela. Cela devait avoir l'air très étrange.

« Oh, tu dois avoir l'infirmerie pour toi tout seul maintenant, n'est-ce pas ? » lui lança Rogue. « Désolé, mais quelques uns parmi nous ont des soucis médicaux légitimes. » puis il eut l'air inquiet d'en avoir trop dit. Qu'est ce qui ne va pas avec lui ? se demanda Remus. « Un somnifère. Pourquoi est-ce que tu ne te casses pas d'ici et ne laisses pas Madame Pomfresh tranquille ? Et moi aussi ? »

« Je... Je m'attendais à être seul, c'est tout. » Remus se glissa en dehors de son lit et remit ses chaussures, enfilant sa robe de chambre sur son pyjama. Il courut jusqu'à la porte. « Dis à Madame Pomfresh... dis-lui que je me sens bien mieux... » Rogue n'eut pas l'air convaincu de cela, mais il répondit en ricanant « Peur d'être seul avec moi ? »

Lupin s'arrêta. L'odeur de l'autre garçon était très forte. Il le regarda, le bout de peau pâle révélé par le col en V de sa robe de chambre, ses grandes mains. Rogue eut l'air d'être énervé de se faire scruter de la sorte.

« Oui » admit-il doucement « J'ai définitivement peur d'être seul avec toi. »

Severus se réinstalla contre ses oreillers, sa bouche se tordant encore. « Hou ! La bravoure des Griffondors, mon cul ! »

Lupin fut à côté de lui en deux pas, prenant le garçon de Serpentard à deux mains par sa robe de chambre et le soulevant, respirant avec colère son odeur. Leurs visages étaient très proches.

« Ce n'est pas ce que tu pourrais me faire que je crains. » dit-il calmement. Puis il le relâcha dans son lit et alla en chancelant jusqu'à la porte, la claquant derrière lui.

Il avait décidé qu'il ne pouvait pas prendre le risque de rester. Il se sentait tellement sur les nerfs. Depuis qu'il s'était abandonné à ses désirs et avait commencé à embrasser Lily le mois précédent, il avait redouté cette nuit. Cela avait été tellement étonnant de la respirer, d'entendre ses soupirs et de sentir ses doigts se promener sur lui... Jusqu'à ce que James rentre et lui fasse retrouver ses esprits. Ce dont il était content. Et cependant pas...

Dans le couloir, il essaya de reprendre son souffle. Malédiction ! Il allait devoir remonter dans la salle commune. Il n'y avait aucun autre endroit où aller, à moins qu'il veuille risquer de quitter le château et d'aller à la cabane hurlante par le passage. Le vent hivernal tapait contre les fenêtres du couloir, et une bise gelée tournait autour de ses chevilles. Le château était plein de courants d'air, mais au moins, c'était un abri, et il y avait un peu de chaleur. La cabane hurlante n'en avait pas. Et s'il allait dormir toute la nuit sur le sol d'une salle de classe, couvert par la cape d'invisibilité, il serait probablement découvert par Rusard et Miss Teigne. Il ne pouvait pas garantir qu'il ne ronflerait pas ou de jetterait pas la cape de côté en dormant.

Il donna le mot de passa et entra dans la tour Griffondor, enlevant la cape d'invisibilité et la fourrant à nouveau dans la poche de sa robe de chambre. Il s'assit devant le feu, se souvenant de l'odeur de Rogue, et commençant à trembler à nouveau. Foutu Rogue ! Il était à deux doigts d'obtenir le somnifère de Madame Pomfresh... Mais il ne savait pas combien de temps cela allait lui prendre pour préparer la potion pour Rogue, et combien de temps après cela elle aurait fini le somnifère, et combien de temps les deux garçons allaient rester seuls dans l'infirmerie, attendant que leurs potions fassent effet. Qu'est-ce qui n'allait pas avec Rogue de toutes façons ? se demanda-t-il. Mais il n'eut pas longtemps pour réfléchir à cela.

Comme il s'asseyait près du feu, tremblant, son nez recommença à frissonner. Non, non, non, pensa-t-il. Pars. Je ne peux pas le supporter. Je ne peux pas le combattre... Il entendit son bruit de pas se rapprocher de plus en plus comme elle descendait les escaliers.

Finalement, elle atteignit la salle commune. Elle s'avança lentement vers lui, puis s'arrêta. Il ne pouvait pas s'empêcher de la fixer. Elle était si belle, si charitable. Il savait qu'il l'avait déjà grandement blessée, cependant, miraculeusement, elle ne le haïssait pas. Elle était là, à sa recherche, en dépit de cela. Il n'avait rien voulu plus que la prendre dans ses bras le matin après qu'ils se soient embrassés, lui dire à quel point il l'aimait et l'embrasser encore. Mais il n'avait pas osé faire cela. Il était un monstre. Il n'oserait jamais aimer quelqu'un, ni demander à être aimé.

Et pourtant, même s'il pensait cela, il déplaçait ses yeux sur elle avec appétit, souffrant pour elle, et pas simplement parce qu'il était un loup-garou. Sa résolution s'effondra totalement comme il lui chuchota « Lily. Aide-moi. »