Coucou !
Merci Merci Merci pour tout vos messages! Aussi bien pour vos reviews, idées d'OS ( continuez j'adore ça hihi ) que vos messages pour anniversaire ! MERCIIIIII !
Comme promis je vous offre un gros chapitre pour anniv' ! Je suis quasi certaine qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
PS: j'ai bien lu le message me demandant de couper les cheveux de Charles, hihi mais, pas encore ;-)
Charles ouvrit les yeux, il était épuisé. La lumière crue d'une lampe de chevet lui crevait la vue. Une main fraîche et délicate passa sur sa joue, Charles reconnu le velouté de ses doigts. Il souriait.
- Raven.
- Qui veux-tu que ce soit idiot ?
Charles soupira d'aise. Il se sentait déjà beaucoup mieux.
- Comment je suis arrivé là ?
- Tu ne te souviens vraiment pas ? interrogea la voix moqueuse de sa sœur.
Le télépathe fit non de la tête. Raven se glissa sous les draps de Charles et se colla à lui.
- C'est à se demander à quoi servent tes pouvoirs ?
- Pas à grand-chose on dirait, sourit Charles en accueillant sur son épaule gauche la tête de Raven.
- On va dire que, tu as eu une sale journée hier.
- Ah oui ?
- Oui.
- … Ah oui, je m'en souviens…
- Tu n'as pas à t'en vouloir Charles.
La voix de Raven était encore plus douce et plus tendre que d'habitude. Charles était gagné par le parfum sucré de sa sœur, apaisé.
- Oui, une sale journée…
- N'en parlons pas, si tu ne veux pas, je…
Charles ouvrit les yeux pour de bon cette fois. Il plongea son regard dans celui de Raven. Il souriait, mais c'était un sourire mort. La cadette devant le désarroi de son frère eut le cœur encore plus chamboulé que la veille. Elle sera son pyjama au niveau de la poitrine et sentit une colère glaciale la gagner.
- Si je retrouve cet enfoiré je le…
- Non.
- Quoi « non » ? Tu ne sais même pas ce que je vais dire !
- Je le devine et non, je ne veux pas que tu le retrouve, je veux juste passer à autre chose…
- Mais Charles ! Il t'a fait souffrir ! Il t'a frappé ! Si tu voyais ta tête, tu ne laisserais pas tomber ! Si j'étais à ta place, tu refuserais de laisser couler et tu irais lui botter le cul !
Charles pinça ses lèvres dans une forme de sourire triste. Sa sœur avait le chic pour lui remonter le moral avec sa verve et ses idées bien arrêtées. Cependant, non, Charles ne voulait plus jamais évoquer, voir, ou être vu par Alex.
- Charles, reprit d'une voix plus posée Raven.
- Hum ?
- Quoi qu'il nous arrive, c'est toi et moi contre le monde pas vrai ?
- Oui et depuis toujours.
- Rien d'autre ne compte plus que nous.
- Rien.
Charles ouvrit les yeux et pour de bon cette fois. Son esprit avait ramené à lui le souvenir oublié de cette conversation qu'il avait eu le lendemain de sa rupture brutale avec son ex. pourquoi c'était ce morceau de mémoire qui lui était revenu en tête ? Charles l'ignorait, sans doute pour son caractère réconfortant. Charles savait qu'il avait besoin d'être soutenu, consolé… Il se rappelait parfaitement de son expérience devant la grotte. La nausée le gagna. Il était dans une chambre, l'air était brûlant, humide, pas de doute, il était bien loin d'Oxford ! Le télépathe reconnu une des chambres de l'hôpital de campagne. A sa droite, une fenêtre était ouverte, l'air chaud d'une fin de journée entrait par intermittence, soulevant les rideaux blancs à un rythme paisible de respiration tranquille. Charles observa ses mains. Dans la gauche il y avait un cathéter enfoncé sur le dessus de sa main. Il suivit le chemin du tuyau jusqu'au compte goûte qui lui envoyait un tranquillisant sans doute. Cela expliquerait pourquoi il était si paisible, alors qu'il était parfaitement conscient des atrocités de la nuit. Devant lui ses jambes s'étiraient sous un drap fin, blanc pour changer. Charles sentait ses jambes nues collées à ce drap. Il transpirait. Il palpa sa poitrine de sa main libre. Deux petits patchs étaient déposés sur son torse rattachés à une machine qui enregistrait son rythme cardiaque. Charles se demanda comment il avait pu libérer une telle force. Il avait senti un pouvoir si grand, si envahissant qu'il en avait perdu le contrôle. Il c'était fait contrôler par ses pulsions, son esprit et ses peurs… Il ne c'était jamais sentit aussi faible et aussi à la merci de sa mutation. Il ne devait plus jamais laisser ce genre de choses se reproduire. Jamais ! Il devait mieux maîtriser son don, mieux connaître ces ténèbres qui l'avait dévorées, mieux comprendre ce mécanisme. Le pouvoir avait été si incroyablement fort, comment avait-il fait pour sombrer et s'en échapper ? Qu'est-ce qui l'avait ramené à la raison ? Charles se concentra et le visage terriblement inquiet d'Erik lui apparut. Oui, c'était lui. Il avait surgit de la lisière de la jungle et l'avait regardé avec une telle expression de stupeur et d'angoisse que Charles avait tout relâché.
La porte s'ouvrit à gauche, Charles sursauta. Soudain les sons lui arrivèrent aux oreilles. Des pas, des conversations, des gémissements de malades, des cris de soldats dehors, des oiseaux. Tout. Un médecin en blouse – blanche – entra suivit d'une cohorte d'infirmière.
- Ah ! Notre patient est réveillé ! s'enthousiasma le praticien dans un sourire franc.
- Où est Erik ? demanda Charles la bouche terriblement pâteuse.
- Et il parle ! Fantastique ! On avait peur que vous ayez eu une attaque et que vous ayez perdu la parole, la vue, ou la capacité motrice. Vous sentez ça ?
Une petite aiguille vînt chatouiller la plante des pieds de Charles, le faisant tressauter.
- On dirait que oui ! Nancy, comment sont les derniers bilans sanguin ?
- Les taux sont stables, les globules blancs sont en hausses, mais…
- Erik ? Je voudrais voir Erik.
- Où sommes-nous ? lui demanda le docteur en s'approcha un peu plus pour vérifier le débit de la poche de médicaments.
- A la base 237, au Vietnam.
- Exactement. Quel jour ?
- Le jour… Je ne sais pas trop… Il me semble qu'hier, oui hier on était jeudi.
- Presque, cependant comme vous avez dormit cinq jours… Il se peut que vous soyez un peu désorienté.
- Cinq jours ? répéta Charles.
Cinq jours à être enfermé dans sa tête. Il ne c'était rendu compte de rien. Mais malgré tout ce que cela soulevait comme interrogation, seule une question tournait en boucle dans l'esprit de Charles :
- Où est Erik ?
- La tension est bonne, et les constantes sont stables ! continua le médecin devant sa petite foule d'infirmières en admiration. Des questions Monsieur Xavier ?
- « Où est Erik » ?!
- Je ne sais pas qui est « Erik », mais ça vire un peu à l'obsession, sans doute un trouble psychique post trauma, poursuivit le docteur à l'intention de son auditoire. Nous lui ferons des tests psychologiques approfondit lorsqu'il sera un peu plus réveillé.
Charles voulait s'énerver, cependant le produit injecté dans ses veines le maintenait dans un état de paix et de stabilité. Il aimerait gueuler un bon coup, mais à la place il sourit sottement. Totalement drogué.
- Bon mesdames, je dois lui parler en privé, si vous nous laissiez un peu seuls je vous prie, continua le docteur en adressant des clins d'œil enjôleurs.
Une fois la porte close, le médecin tira un tabouret à lui et s'assit tranquillement.
- Bien je dois vous mettre au courant de votre état.
- Mon état ? Tout semble aller au mieux non ?
- Oui, vous aviez quelques coupures et écorchures, aux genoux pieds et poignets notamment.
Des flashs de cette fameuse nuit revenaient comme des vagues dans sa mémoire, apportant un peu plus la nausée qu'il avait ressenti plus tôt.
- J'ai été violé ? demanda platement Charles les yeux dans le vague étrangement calme.
- Non. Aucune lésion dans cette zone de votre corps… Cependant vous avez été retrouvé nu au milieu d'un groupe d'homme… Tous tués on ne sait comment.
- Tous ?
- Oui, vous êtes le seul survivant.
- Et les autres prisonniers ? paniqua Charles.
Le médecin leva les yeux vers l'électrocardiogramme, qui s'affolait quelque peu.
- Il n'y a que vous.
- Que moi ? suffoqua Charles.
- Vous savez quelque chose ? Qui a tué tous ces gens ? Pourquoi vous a-t-on laissé comme seul survivant ? Comment sont-ils morts ? Aucun coups de feu, aucun poison, aucune…
La machine bipait de plus en plus fort. La nausée de Charles était totale. Il sentait une perlée de sueur s'étendre sur son front, son estomac était retourné. Il avait vraiment massacré tout le monde.
- Détendez-vous, intima le praticien en se levant pour augmenter la dose de calmant.
- Non, je… Je veux rester lucide, je… Où est Erik…Erik ?
- Calmez-vous, répondez à mes questions : Que s'est-il passé ?
- Erik…
La tête de Charles tournait dangereusement. Le poison – médicament – faisait son œuvre.
- Erik…
- Qui a fait ça ? Qui a tué tous nos hommes ?!
- … Moi, gémit Charles en laissant une larme glisser. Moi…
- Vous ?!
La porte s'ouvrit à nouveau à la volée, le major Logan entra envahissant l'espace de sa carrure impressionnante.
- Le gamin est réveillé, fit Logan en s'approchant.
- Qui vous l'a dit ? répondit d'un air pincé le docteur.
- Vous ne comptiez pas m'avertir ? Très peu professionnel de votre part Docteur Shaw !
- Je voulais d'abord m'assurer de la stabilité de mon patient ! rétorqua le médecin en se levant de son tabouret.
- Il va bien, foutez-lui la paix… Pourquoi il chiale ?
- Ce sont les médicaments. Les calmants.
- La drogue quoi…
- Il doit avoir l'habitude des psychotropes au vu de son style.
Logan fit une moue dubitative face à Shaw.
- Vous pouvez me laissez seul avec l'agent Xavier, s'il a besoin d'un médecin, je vous ferais rappeler.
- Je n'en doute pas.
Les deux hommes se regardèrent intensément. Ils ne s'aimaient pas, pas du tout. Logan n'avait jamais pu blairer ce gros connard arrogant et limite fasciste. Shaw détestait cet homme des cavernes, puant et croulant sous des muscles proéminent. Le médecin quitta la chambre de son patient sans rien ajouter de plus. Logan se frotta le visage avec ses énormes paluches et s'assit à son tour sur le tabouret vide.
- Ça n'te gêne pas si je fume.
- Je vais vomir…
- Pas sur moi dans ce cas.
Logan plaça entre les mains de Charles un bassin, au cas où son estomac décidait de se retourner complètement.
- Comment tu te sens ?
- On en a fini avec le vouvoiement de rigueur ?
- Toi, tu vas mieux si tu peux me narguer. Écoutes gamin, t'as bien failli y rester l'autre nuit. J'ai même cru que t'étais claqué pour être honnête et il aurait peut-être mieux valu, car maintenant tout le monde se demande ce qui s'est passé. T'as foutu un beau bordel, continua Logan d'une voix plus basse. Il y a toute une putain de commission de mon cul, qui fouine autour de toi et ce trou du cul de Shaw n'en fait pas parti. Il t'a posé des questions ?
- Oui…
- Tu as répondu quoi ?
- Où est Erik ?
Logan soupira brutalement.
- Bordel ! Comment tu peux me demander où est ton mec alors que l'on parle sérieusement là ?!
- Mon mec ?
- C'est pas le cas ? s'étonna Logan en jouant distraitement avec le tube du compte-goûte.
- … Non…
- J'ai cru, vu le cirque qu'il a fait en te ramassant.
Charles déglutit, ce qui lui demanda un effort surhumain.
- Je ne me sens pas bien…
- Tu vas vomir ?
- La morphine… Baissez-là… Elle est trop forte… J'ai du mal à rester concentré.
- Foutu hippie, grommela Logan en s'exécutant. En tout cas si ce type, ce Shaw, revient te voir pour fouiner, tu fais le mort, okay gamin ? Bon… Pour ce qui est de la commission, pour le moment je vais dire que tu n'es pas en état de répondre, que tu es encore sous le choc. On s'en occupera plus tard, je peux faire traîner le bordel.
Charles était reconnaissant, vraiment.
- Merci Major.
- Appelles-moi Logan.
- Merci Major Logan.
Logan éclata d'un rire tonitruant.
- Quelle tête de con ce gamin ! Bon et pour ce qui est d'Erik, il patiente depuis dix minutes dans le couloir… Tu veux que je le laisse entrer ? Mais vu que ce n'est pas ton mec, il peut attendre ? s'amusa un peu Logan.
- Comment savez-vous ? Comment savez-vous que nous…
- Vous êtes en couple ?
- Etiez…
- Vraiment ?
- Oui, fit Charles en baissant les yeux sur ses mains.
- Alors il faudrait peut-être le dire à Lehnsherr, lui n'a pas l'air d'être au courant de ce changement de situation !
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Pour rien, ça ne me regarde pas vos histoires après tout…
- Vous avez su comment ? re-demanda Charles la voix tendue.
Logan se leva doucement de son tabouret, tapota l'épaule de Charles, tout en se raclant la gorge :
- Parce que je n'aurai pas agi autrement que lui, s'il c'était agi de ma femme.
Sur ces mots, il quitta la chambre, il s'arrêta sur le pas de la porte et demanda dans un regard à Charles s'il pouvait laisser entrer Erik.
- Oui.
Logan sourit et s'effaça pour libérer le passage à Erik. Il avait les traits tirés, la fatigue sans nul doute, et l'inquiétude surtout.
- Charles, prononça avec une extrême douceur Erik en s'installant non pas sur le tabouret mais directement sur le rebord du lit.
Le télépathe ressentit l'affection que lui portait Erik, c'était comme un manteau tiède. Charles sourit. Il souffrait, mais tout à la fois, il était heureux de le voir. Erik regarda le tuyau d'alimentation de la morphine, avec une expression fermée.
- Charles, c'est de ma faute tout ça je…
- Non, ce n'est pas de ta faute, coupa Charles étonné de son aplomb.
Son cœur était si serré. Finalement non, ce n'était pas une bonne idée de voir Erik si tôt. Ils avaient rompus.
- Est-ce que tu peux me pardonner ?
Charles leva ses yeux bleus étonnés vers Erik. Cette phrase avait pris le télépathe au dépourvu.
- Te pardonner de quoi ?
- D'être un tel connard.
Erik s'en voulait à mourir. Il était responsable de tout ça, il en était convaincu. S'il n'avait pas prêté attention au discours de Logan, si Charles n'avait pas…
- Charles, ce que tu as surpris dans mon esprit, ce n'est pas, enfin c'est…
- Non, j'ai compris, c'est bon. Je ne veux pas devenir un poids pour toi, j'ai bien saisi. Si tu veux bien j'aimerais aborder un autre sujet.
Erik fronça les sourcils. Il se donna une bonne claque mentale et plongea son regard dans celui de Charles.
- Non, je ne veux pas changer de sujet. Je veux m'excuser, j'ai… j'ai merdé, je ne vois pas d'autre mot. Charles, je ne veux pas que tout s'arrête entre nous.
Le brun cessa parfaitement de respirer. Il regarda Erik. Leurs regards se soudèrent en un. Une chaleur se répandit en eux. Ils étaient liés, ils ne pouvaient le nier, l'un et l'autre n'attendaient que de se retrouver.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? questionna Charles n'osant trop y croire. J'ai peur de me méprendre avec les médicaments, je ne suis pas certain d'avoir bien compris.
Erik se pencha vers Charles, leurs lèvres se frôlèrent. Le temps suspendit son vol et tout autour d'eux se tut. Seul l'espace entre eux comptait, cette distance infime entre leur corps, semblait devenir une éternité. L'haleine chaude d'Erik envahissait les poumons de Charles, l'envoûtait. Erik était si proche de son Charles, qu'il ne fallait presque rien pour le toucher, le goûter, le retrouver. Pourtant il y avait encore quelque chose qui les retenaient. Erik devait parler, les mots formaient de grosses boules dans sa gorge et il ne savait pas par où commencer. Il se sentait idiot. Il savait quoi dire pour briser cette distance, pour cueillir les baisers de son amant. Il savait… Mais il n'osait pas. Il se refusait ce bonheur possible. En vérité, il avait peur de l'importance de ces mots, de ce que cela engageait. Soudain, il se rappela la détresse dans laquelle il avait été en ne sachant pas si Charles était vivant ou mort. Il n'avait pas de doute.
- Je t'aime, murmura-t-il avant de déposer le velours de ses lèvres sur la bouche offerte de Charles.
La main d'Erik enveloppa la mâchoire du télépathe, approfondissant leur baiser. Charles le cœur cognant acceptait tout. Le baiser, la déclaration et les excuses d'Erik. Il ne pouvait ignorer ce qu'il ressentait, c'était si fort, si noble, si naturel. Il ouvrit un peu plus la bouche, permettant à la langue de Charles d'entrer sans force. Erik était penché sur Charles, à chaque seconde, n'importe qui pouvait entrer dans la chambre, s'inquiétant que le bip de l'électrocardiogramme s'emballe de la sorte. Il s'en foutait. Il se foutrait d'à peu près tout en cet instant. Rien ne compatit plus pour lui que Charles, que ce baiser en cette seconde. Il venait de dire qu'il aimait Charles, il venait de se rendre, lui l'indomptable, lui le coureur, il avait cédé face à quelque chose qu'il découvrait : l'amour. Non, il n'avait pas « cédé », il avait ouvert son âme à un autre.
Charles flottait au-dessus de son corps. Tout brûlait en lui. Il ne voulait jamais plus quitter les bras d'Erik, il ne voulait plus être séparé. Erik l'aimait ! Charles était devenu l'homme le plus heureux sur cette terre !
- Je t'aime aussi crétin, souffla Charles un sourire accroché aux lèvres.
- Je t'aime, répéta Erik sans discontinuer de l'embrasser.
- Je t'aime.
- Je t'aime.
Les baisers ne suffisaient plus, ils voulaient plus.
- Erik, quelqu'un vient.
Ils se séparèrent doucement, refusant de mettre un terme à leur baiser. La poignée tourna et Erik d'un geste la retint en l'air le temps de capturer une ultime fois la bouche de Charles entre ses lèvres. Il recula pour de bon, observa le visage du télépathe : les joues roses, les yeux bleus embués, ses lèvres rouges sang… Erik devait vraiment se contrôler pour ne pas le dévorer sur place. Il relâcha la pression magnétique sur la poignée et la porte s'ouvrit devant une infirmière perplexe.
- Elle coince un peu, commenta Erik avec une nonchalance toute retrouvée.
- Ah ? Merci… Heu, je dois faire quelques soins à l'agent Xavier, si vous voulez bien disposer.
- Bien entendu. Je passerai te voir plus tard.
- J'y compte bien, sourit Charles en regardant Erik s'éloigner.
L'infirmière leva les yeux de son dossier d'instruction pour suivre du regard le chemin des fesses d'Erik. Charles faisait de même, mais s'amusa en lisant les pensées salées de la jeune femme. Il sourit, parce qu'à peu de chose près l'infirmière – Molly – et lui, désiraient faire la même chose au fessier musclé d'Erik. Charles sourit encore quelques secondes, puis… Il se rappela ce qu'il avait fait. Il n'avait pas su se contrôler, il avait tué… Sa volonté avait tué des hommes. Il n'avait jamais autant eu peur de ses capacités. Il devait apprendre à maîtriser son côté noir, cette bête qui c'était réveillée, il devait l'apprivoiser et que jamais plus une telle chose ne se reproduise !
Charles put sortir deux jours plus tard, une fois que Shaw c'était assuré qu'il n'avait aucune séquelles psychologiques. Il avait dut également répondre à deux commissions d'enquête pour déterminer ce qui c'était passé cette nuit-là. Ils en étaient arrivés à la conclusion que ce devait être un gaz, ou une arme chimique indétectable, qui avait massacré tout le monde. Pourquoi Charles avait-il été épargné ? Peut-être parce qu'il n'était pas sensible à ce produit, ou bien il avait eu la présence d'esprit de ne pas le respirer. Quoi qu'il en fût, Charles fut totalement innocenté, après tout, il avait pratiquement été violé par quatre soudards.
Lorsque le télépathe sortit, il partit en quête de son dortoir. Il se changea, alla se doucher. C'était étrange, mais son corps lui semblait presque étranger. Il sentait les mains calleuses de ses agresseurs sur sa peau. Il avait envie de se défaire de son enveloppe corporelle, comme on retirerait un vêtement. Il savait que ces sensations finiraient pas s'estomper, il espérait juste que cela arrive le plus vite possible. En sortant de la cabine de la douche, Charles tomba nez à nez avec un soldat. Celui qui l'avait bousculé le jour de son arrivée. L'homme toisa Charles et prit sa place en lui donnant un coup d'épaule. Non, en effet, le statut du brun, ici, n'avait pas changé, au contraire, ça avait empiré. Il était le seul survivant. Tout le monde se demandait : « Pourquoi lui ? ». Charles ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Ses idées sombres furent balayées d'un revers de la main, au moment où Charles aperçu Erik. Il l'attendait dehors, assit négligemment sur une caisse en bois. Il portait un marcel blanc, son pantalon treillis porté bas sur ses hanches, ses boots cirés et une cigarette coincée entre ses lèvres. Il fumait d'un air posé. Rasé de frais, ses cheveux coiffés avec soin, et son regarda magnétique posé sur le télépathe. Charles eut comme une décharge devant cet homme, qui l'observait comme s'il s'agissait de la chose la plus délicieuse qui soit.
- Bonjour, engagea Charles en s'approchant souriant comme un collégien.
Erik trouva cela adorable.
- Bonjour Professeur X, s'amusa le soldat en s'asseyant un peu plus convenablement. Reposé ?
- Oui.
- Parfait, parce qu'on a du chemin !
- Ah oui ? s'étonna Charles.
- Le Major m'a demandé de te changer les idées en t'emmenant en ville.
- Le Major… En ville ?
- Oui, c'est mon jour de permission et le Major a pensé qu'un peu de distraction te ferait du bien, le plus grand bien.
- Depuis quand Logan se souci-t-il ce mon bien être ? s'étonna un peu plus le télépathe.
- Sans doute depuis qu'il t'a presque vu mort, répondit Erik avec sérieux.
Ils se regardèrent. Erik termina sa cigarette et sauta sur ses jambes.
- Si on était dans ma ville, je te passerais un bras autour des épaules et on irait boire des bières avant de s'envoyer en l'air à l'arrière de ma bagnole, mais… On n'est pas aux States, alors, je vais me contenter de marcher à tes cotés et de t'inviter à boire de l'alcool de riz dans un boui-boui puant le poulet frit.
Charles sourit à nouveau. Ils mâchèrent jusque vers la jeep qu'Erik avait obtenue de la part du major pour circuler.
- A combien de temps nous sommes de la ville ?
- Quarante minutes.
- Les habitants nous tolèrent ?
- Oh oui, mieux que ça, ils sont ravis que l'on vienne dépenser nos dollars dans leurs affaires. Et surtout que nos gars adorent les jeunes vietnamiennes… Tu vas voir Charles, ici tout se marchande.
- C'est une sortie culturelle en sommes.
Erik mit en marche le moteur du véhicule.
- Charles, quand tout ça sera fini, je t'emmènerais visiter autre chose que ce trou paumé.
- Erik, quand tout sera fini, je n'aurais pas envie d'aller visiter des endroits avec toi… La première chose que je voudrais faire sera toute autre.
Le regard appuyé de Charles ne laissa aucun doute possible sur l'activité à laquelle il pensait.
- Alors il me tarde de gagner cette putain de guerre !
Charles, les cheveux au vent, avait l'impression d'être dans un road-movie. Sur une route en terre ocre, traversant des rizières d'un vert émeraude, sous un soleil joueur. Il riait, alors qu'Erik s'amusait à faire des embardées sur des talus, effrayant les femmes qui travaillaient dans les plantations de riz. Charles n'avait presque pas exploré le Vietnam, à part sa journée de marche poursuivit par la milice et sa balade dans une camionnette les yeux bandés. Aujourd'hui il découvrait la vraie beauté de ce pays. Les couleurs flamboyantes, des fruits qui grossissaient sur les arbres aux parfums sucrés. Tout était beau, tout semblait vert, neuf, frais. Les quarante minutes de trajet s'envolèrent rapidement. Ils atteignirent la ville avant que Charles ne s'en aperçoive. D'un seul coup les rizières laissèrent place à des maisons, à des rues bondées, à des odeurs de villes, d'essence, d'animaux, à des cris, des rires. Tout était très vivant. Charles était confronté pour la première fois à la vie Vietnamienne. Les maisons n'allaient pas plus haut que trois étages, elles étaient en assez mauvais états, mais les devantures des boutiques ou des bars étaient très soignés. Des hôtesses en petites tenues aguichaient les soldats et les chalands. Des vendeuses de cigarette et d'alcool déambulaient entre les vélos et passants. Des crieurs vendaient leurs fruits. Un autre traversait la route avec un groupe de porcs. Des enfants chantaient des comptines perchés sur des fenêtres. Après le calme de la jungle, ici le bruit semblait assourdissant. Le télépathe était assaillit de pensées, d'images, de sensations nouvelles. Il se baignait dans cette foule de cerveaux en ébullition.
Erik gara la jeep dans une rue peu passante et sauta à terre, Charles l'imita. Il regrettait d'avoir perdu son appareil photo lors du premier raide, car là, il se serait fait plaisir en prenant sur le vif la vie des autochtones. Après seulement quelques pas des enfants coururent entre leurs jambes pour leur réclamer des dollars. Erik les chassa, les bambins éclatèrent de rire en courant dans tous les sens devant les grimaces de l'européen. Ils furent remplacés par des vendeurs ambulants. Proposant des mets ou de produits. Erik se rechargea en cigarettes et alcool, laissant à Charles le soin de goûter une boule de riz aux épices.
- Alors c'est comment ?
- Pas mauvais. Original je dirais.
- Pour un type comme toi habitué à manger du pudding, ce truc doit te sembler être bien loin de tes standings.
Charles sourit. Si Erik savait où Charles avait grandi… il ne dirait pas ça, non, il en ferait même encore plus !
- Qu'est-ce que c'est ça ?
- Un casino clandestin…
- Mais il est rempli de soldats américains !
- Oui et de policiers vietnamiens…
- Et ça ?
- Un bar à hôtesses. Souvent de très jeunes prostituées, vendues par leur famille pour subvenir à leur besoin.
- On ne peut pas empêcher ça ?
- Non, les premiers clients sont nos hommes, soupira Erik en passant devant un bordel rempli à craqué alors qu'il n'était pas dix heures du matin.
- Ne peut-on rien pour ces filles ? demanda Charles les dents serrées par cette injustice.
- A part leur donner de l'argent, qu'elles utiliseront pour payer leur mac, puis leur famille, enfin de l'alcool ou de la drogue… Franchement, non je ne vois pas.
Charles porta son regard ailleurs. Cette sortie n'était pas sous les meilleurs hospices. Soudain il aperçut un soldat, embrassant une femme avec un bébé dans les bras.
- Oui, c'est lui le père, répondit Erik devant l'air interloqué de Charles. Il lui en a déjà fait deux. Ils se sont même mariés. C'est dégueulasse… Non pas parce qu'elle est viet', ça je m'en fou, mais c'est dégueulasse, car ce type est déjà marié au pays ! Il a même une gamine de six : Edora… Quand ce salaud rentrera chez lui, il abandonnera sa femme vietnamienne et ses deux garçons sans sourciller. Ce type je ne peux pas me l'encadrer… Il a un sens de la famille assez singulier !
Charles comprit alors pourquoi les américains n'étaient pas si pressé de rentrer au pays. Parce que le pays c'était l'ordre, la vie rangée, la famille ici : débauche, sexe, alcool, argent, le tout sans conséquence, enfin quand il ne fallait pas aller combattre !
- Tu voulais me montrer quelque chose en particulier ? questionna Charles pour se détourner de ce spectacle effarant.
- Oui, vient, je connais un restaurant. Ça ne paie pas de mine vu de l'extérieur, mais je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon !
- Tu ne connais pas la cuisine de Gibs ! s'exclama Charles amusé.
- Gibs ?
- Mon….
« Major d'homme et cuisinier », avait failli dire le brun, mais il se reprit en terminant sa phrase par le mot : « ami ».
- Tu ne m'en as jamais parlé, s'étonna Erik en marchant tranquillement au milieu du tohu-bohu.
- C'est que c'est un très vieil ami, le genre d'ami de la famille…. Sans âge…
- Tu ne me mentirais pas par hasard ? sourit Erik. Ce ne serait pas un ex ?
Charles qui buvait un jus de fruit éclata de rire aspergeant tout autour de lui sur un rayon de trente centimètre. S'imaginer coucher avec le vieux Gibs ! Si Raven avait entendue ça, elle croulerait de rire.
- Bon, vu ta réaction, c'est sûrement un vieil ami.
- Oh oui !
La journée entre Erik et Charles se déroula, comme s'ils avaient leur premier rendez-vous. Ils discutèrent beaucoup, échangeant sur des thématiques variées, riant de tout et de rien. Charles était charmé par cet Erik qu'il ne connaissait pas. Celui qui était détendu, qui souriait tout le temps et qui n'hésitait pas à se montrer plus ouvert et cajoleur. Il adorait cet Erik, mais il aimait l'autre aussi, le solide, le fier, le téméraire. Charles aimait tout chez cet homme. Il essayait de lui trouver des défauts. Il ne voyait rien. Totalement subjugué, fasciné et amoureux.
Sur le chemin du retour, Erik enclencha le poste radio de la jeep et il purent capter une émission radio spéciale pour les G.I. . Soudain au beau milieu des rizières paisibles où chantaient les oiseaux et où les femmes courbées ramassaient leur récolte, rugirent les voix tonnantes des Beatles. Erik augmenta le son et ils furent bercés par les quatre britanniques. Charles se sentait étrangement libre. Et il ne put réprimer de sourire lorsqu'Erik se mit d'un seul coup à chanter sur le refrain :
- It's been a hard day's night, and I'b been working like à dog ! I should be sleeping like a log !
Il n'avait pas une voix de ténor, ni de chanteur populaire, mais une voix grave, sensuelle et rocailleuse. Charles sourit. Il ne voulait sous aucun prétexte rentrer à la base. Il voulait rester là, au milieu de rien, à écouter du rock et rouler avec Erik. Ils étaient heureux. Soudain Erik bifurqua de la route principale et s'engagea sur un chemin à couvert de la jungle, croisant de temps à autre des habitants, il les saluait d'un geste amical de la main. Les gens souriaient étaient détendus.
- Où va-t-on ?
Erik ne répondit rien, mais afficha un large sourire. Après quelques centaines de mètres supplémentaires, Erik fit de nouveau quitter la jeep de la route, pour traverser complètement la jungle cette fois-ci et s'enfoncer tout azimute sous la végétation. Charles s'accrochait comme il pouvait à la carlingue, tant la jeep bringuebalait dans tous les sens. Erik accéléra sur un talus et fit bondir le véhicule par-dessus des racines proéminentes avant d'atterrir et de s'arrêter au pied d'une cascade. La chute d'eau devait mesurer moins de cinq mètres, mais elle était large et bruyante. Erik coupa le moteur et sortit de la jeep en retirant son haut. Charles était soufflé par l'audace de son amant. Au milieu du Vietnam, perdu au cœur de cette jungle dense, Charles observait, Erik se mettre nu et sauter dans la congestion d'eau qui s'accumulait au pied de la cascade. Charles quitta son siège et s'approcha timidement de la surface. Le bruit de la chute d'eau était puissant, il fut éclaboussé par Erik qui resurgit de la surface en crevant l'eau d'une bulle d'air prodigieuse. Erik passa ses doigts sur ses yeux, pour en chasser les goûtes, puis sourit de toutes ses dents, fier de son audace.
- Je n'ai jamais vu plus beau nageur ! cria Charles pour couvrir le tumulte de l'eau.
- Viens ! Elle est bonne !
- Si quelqu'un arrivait ?!
- Tu le détecteras ! Allez viens !
La télépathe hésita. Oui, il savait nager, et oui il mourait d'envie à l'idée de rejoindre Erik, cependant il craignait d'être surprit nu à batifoler dans l'eau.
- Si tu viens, je rendrais ce moment inoubliable, lança Erik en s'approchant du bord.
L'eau sur arrivait à la taille, couvrant pudiquement le bas de son corps. A le voir sortir de l'eau bouillonnante comme ça, Charles eut la vision d'un dieu grec.
- Ça l'est déjà !
Erik sortit un peu plus de l'eau dévoilant avec précision ses hanches et le début de ses poils pubien. Charles oublia brutalement tout le reste. Il retira ses habits sous le regard langoureux de son amant et s'approcha de l'eau.
- Elle est glacée ! protesta Charles en se reculant.
Erik bondit hors de l'eau s'empara de Charles et sauta à nouveau dans la cascade. Oui, l'eau était fraîche, mais rien ne comptait plus pour Charles que les bras puissants d'Erik, noués autour de lui.
- Crétin ! mordit Charles en laissant l'empreinte de ses dents dans la nuque du blond.
Erik embrassa son Charles. Un baiser sans pression, juste lèvres contre lèvre, tel un pieu baiser. Ils se regardèrent souriaient. Erik soutenait Charles, qui tenait sur la pointe des pieds, sur le fond du petit lagon. Le brun passa ses bras autour du cou d'Erik et approfondit ce baiser qui démarrait si bien. Les lèvres cédèrent, sans force, leur place à leurs langues. C'était un baiser fougueux, impérieux. Ils gémissaient l'un contre l'autre, leur peau à nu, l'eau les berçant. Charles se détacha en faisant quelques brasses. Il jouait les anguilles.
- Tu avais donc cet endroit en tête depuis le début…
- Oui, reconnu Erik. J'avais envie de t'y emmener.
Le blond nageant sous la surface pour saisir Charles et le jeter un peu plus loin dans une gerbe d'eau. Charles en crachotant remonta à l'air libre.
- Pour m'y noyer !
- Non…
Erik se logea dans le dos de Charles. Couvrant de milliers de baisers son cou et ses épaules.
- Alors pourquoi ? fit innocemment Charles en se laissant faire.
Le soldat lécha le lobe de l'oreille de son amant, suçotant la chair tendre. Charles frissonna.
- Pour t'y faire l'amour.
La respiration de Charles s'emballa à ces simples mots.
- Ton cœur, chuchota Erik tendrement, il bat si fort… Je peux le sentir.
Charles retourna son visage face à celui d'Erik. Il le trouva magnifique. Ses cheveux courts perlés d'eau clair, ses yeux d'un bleu électrique, ses traits viril, son odeur, son sourire tendre… Oui, Charles l'aimait. Le télépathe frôla les lèvres de son amant avec sa langue. Erik captura cette langue contre ses lèvres et la suça dans un mouvement qui informait clairement ces intentions à venir. Charles colla ses fesses à Erik. L'érection du soldat se calla entre les reins du brun.
- J'ai envie de toi, susurra Erik en mordillant la nuque de Charles.
- J'avais cru comprendre, fit Charles en montant sur la pointe des pieds pour frotter son postérieur au membre tendu d'Erik.
- Tu me rends fou Charles, gronda le mutant en palpant le torse fin du brun.
Les doigts d'Erik pincèrent les tétons de Charles, le faisant gémir doucement, bruit qui se perdit sous le tonnerre de la chute d'eau. Tout en embrassant de plus en plus passionnément Charles, Erik introduisit un doigt dans son amant. Charles ne se tendit pas, un doigt d'Erik, c'était délicieux, délicat. Sa propre érection commençait à le démanger. Il voulait qu'Erik sente à quel point, il en avait envie également. Le dos collé au torse d'Erik, Charles embrassa encore plus fougueusement son amant, tout en se cambrant, invitant un deuxième doigt à entrer. L'eau n'aidait pas à faire glisser, Charles haletait contre la bouche d'Erik. Le sexe gonflé du soldat s'approchait de plus en plus de l'entrée de Charles. La main droite du télépathe alla trouver celle qui le doigtait et l'incita à plonger un troisième doigt en lui.
- Ahn ! gémit Charles.
- Tu es prêt ?
- Attends… Encore… hummm…
Le brun se mordit la lèvre inférieure. C'était si bon. Il pouvait presque en jouir. Erik était totalement excité par son Charles, qui ondulait doucement le long de ses trois phalanges. Le soldat empoigna le sexe gonflé de Charles et fit jouer son pouce sur l'urètre, arrachant un cri rauque au brun.
- Maintenant, prends-moi !
Erik plia les genoux et guida son sexe à l'intérieur de Charles avec lenteur, savourant l'anneau de chair, qui l'enserrait voluptueusement. D'une main il tenait Charles contre lui, de l'autre il le branlait au même rythme qu'il le pilonnait. En douceur, sans brusquer les choses. Il voulait faire jouir Charles non pas avec bestialité, mais avec toute la sensualité et l'amour dont il était capable. Il avait failli le prendre à plus d'un titre, alors, aujourd'hui il se devait d'être l'homme dont rêvait le télépathe. Etre juste une machine à sexe ne suffisait plus. Est-ce que cela avait suffi seulement une fois ? Erik voulait que ce moment marque le début de leur vraie relation, comme si avant n'avait été qu'une sorte de répétition. Ici, il avait l'intention de prouver à Charles qu'il allait être son homme, son seul et unique amant pour des années. Pas question de le lâcher, encore moins de le décevoir. Il ne ferait plus deux fois la même erreur. Charles était à lui. Personne d'autre ne l'aurait !
Charles ondulait le long de la hampe d'Erik. Cambré, il se calait sur le rythme lascif que lui faisait prendre le soldat. Cette lenteur était un supplice fantastique. Il adorait ressentir la verge d'Erik faire des allers-retours en profondeur, jouant sur ses sensations et ses attentes, Erik se dévoilait en étant un amant très attentif et généreux. Les cheveux de Charles dégoulinaient sur le torse immergé d'Erik, formant une sorte d'algue brune entre leurs corps, se mouvant à la cadence de leurs pulsions. La cascade couvrait les gémissements de plus en plus fort et rapprochés de Charles. Erik grognait au creux de l'oreille de Charles, mordant, suçotant sa peau salé à disposition. Il se moquait bien de martyrisé un peu sa peau, tant qu'il ne laissait pas de suçon, il s'autorisait cette envie. Erik se dit que lorsqu'ils seraient rentrés au pays, il pourrait dévorer le velouté de la chair de Charles des pieds à la tête sans plus avoir à s'inquiéter que quelqu'un le remarque ! Charles serait marqué de suçons, de morsures, faite dans la passion de l'amour. Cette pensée grisant le fit augmenter ses coups. Charles déstabilisé par la force portée se raccrocha au rebord mousseux du lagon pour ne pas tomber. Erik le branla un peu plus fort, étouffant un juron en polonais entre ses lèvres.
- Erik, plus fort, hoqueta Charles les yeux remplit de buée.
Le soldat, frappa fort, juste et sentit le corps de Charles tressaillir violemment, resserrant sa chair autour de son sexe. Comment avait-il pu se passer de cet homme jusqu'à présent ? Il en était totalement dépendant. Il raccrochait sa vie à ce gamin tout juste sorti de l'école, à ce hippie aux yeux trop expressifs, à ce frère trop inquiet, à ce mutant surpuissant, à cet homme si parfait.
- Charles, je t'aime, grogna Erik en sentant son corps exulter à chaque nouvel assaut.
Le télépathe avait tout entendu du cheminement des pensées d'Erik. Il était tellement foudroyé de plaisir et de bonheur, qu'il n'arrivait plus à articuler des mots clairs. Des sons sortaient de sa gorge, mais rien compréhensible. Il allait jouir, et dans peu de temps vu comme Erik prenait soin de son plaisir, mais il savait aussi la profondeur des sentiments d'Erik. Cela avait été plus fort que lui, il avait voulu écouter ce que pensait le blond. Il avait entendu la mélodie de ses pensées fondre sur lui comme du beurre sur une tartine chaude. Charles s'offrait corps et âme. Il ne voulait plus jamais éprouver la distance et le manque de cet homme. Il était à Erik. Il ne voulait plus personne d'autre pour chauffer son lit, pour envoûter ses rêves et combler son corps. Erik, rien qu'Erik.
La main d'Erik branlait de plus en plus vite le sexe tendu de Charles, l'amenant au bord de l'orgasme, tandis que son membre le pilonnait de plus en plus fort. Erik ne tiendrait plus longtemps. En avait-il envie ? Non, il voulait jouir, et ensuite, tenir Charles serré contre lui l'embrasser le bercer de mot tendre, lui dire encore qu'il l'aimait. Alors il frappa encore plus fort et Charles poussa un cri qui montait au-dessus du tumulte de l'eau en chute libre. Le télépathe bascula en avant sous la violence de l'orgasme, Erik le retînt d'une main alors qu'il se vidait largement. Erik sentait le corps de Charles convulser et crisper son anneau de chair sur son sexe gonflé. C'était délicieux. Il donna encore quelques coups pour leur offrir à tous deux un orgasme plus fort et plus long. Charles suffoquait de plaisir. Erik grognait en serrant de toutes ses forces, le torse finement musclé du brun. Tranquillement Erik sortit son sexe du fourreau qu'était Charles. Le brun gémit encore un peu. Il se retourna, face à face, ils s'embrassèrent tendrement. Erik caressa le dos de Charles.
- Tu as froid. On va rentrer.
- Non, pas déjà, demanda Charles en inspirant profondément l'odeur de la peau fraîche d'Erik.
- Il faut rentrer avant la nuit. On a un couvre-feu.
Charles leva ses yeux démesurément bleus vers le blond. Erik en eut le souffle coupé. Bordel qu'il était beau ! Charles sourit.
- Tu as lu dans ma tête ?
- Non, mais ton visage parle de lui-même.
- Je t'aime.
Erik quitta le lagon en premier et aida Charles à sortir de l'eau sans trop s'enfoncer dans la vase. Ils enfilèrent leurs vêtements sur leur peau mouillée. Ils souriaient. Ils étaient bien, détendus, souriants, confiants. En remontant dans la jeep, Charles ne pensait plus qu'à une chose : que cette journée, ce miracle de bonheur, se reproduise.
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