Bonsoir ou bonjour, je suis désolée d'avoir mis tant de temps, mais j'ai eu quelques difficultés qui sont réglés. J'espère que ce chapitre pourtant court va vous ravir. Il a été écrit en deux temps donc c'est normal si le style change.
Bonne lecture.
heures
Chapitre 8
La tristesse.
C'est le sentiment qui habitait la pièce où se trouvaient en ce moment deux hommes. Un maitre et un élève. Un mentor et un disciple. L'un, résigné mais dissimulant sa peine sous un masque de neutralité et l'autre, laissant ses sentiments se refléter sur son visage par un torrent de larme tout en serrant dans ses mains jointe un écrin symbole d'au revoir.
- Il n'y a pas moyen que je puisse rester ?
- Aucun… Ichigo je… je suis fière d'avoir été ton maître durant toutes ces années.
- Maitre… je suis fière d'être votre disciple. Jérusalem va me manquer et cette forteresse aussi.
- Vois le côté positif de l'affaire.
- Et c'est quoi le côté positif de mon départ pour le futur ?
- Tu n'auras plus à supporter Jafar.
Le visage couvert de larmes, malgré toute la tristesse de la situation du à cette séparation, Ichigo ne résista pas au fou rire.
C'est donc les larmes aux yeux qu'ils rirent ensemble dans cette petite pièce et pendant ce rire sardonique qui ne servait qu'à faire baisser la tension Ichigo se dit qu'il avait quelque chose à faire avant de faire ses pleins adieux à son maitre.
- Je dois faire quelque chose avant. Où se trouve Mun ?
- Dans la pièce d'à côté. Je t'accompagne ?
- Non, ce ne sera pas long.
L'écrin toujours au creux de ses mains jointes, le jeune homme, bouleversé se dirigea vers la pièce à côté où dormait calmement la petite Mun, loin de se douter de tout ce que le monde lui réservait. Avisant une chaise près d'une commode, il s'installa pour observer attentivement l'enfant. Après quelques minutes de réflexion, il prit dans une sacoche à son côté une feuille de parchemin et un fusain. Sans se poser la moindre question il fit son autoportrait avec elle dans les bras, rayonnants de bonheur. Son travail terminé il laissa une simple phrase avec sa signature au dos avant de la poser délicatement sur la commode, se leva en silence, lui caressa la joue et partit vers la porte. Avant de la fermer il jeta un dernier coup d'œil en direction de la petite fille toujours endormie avant de souffler comme dernier au revoir un simple « adieu » qui trahissait toute sa souffrance à l'idée même de se départ.
Il passa les dernières heures avec son maitre. Celui-ci trouvant les cheveux de son disciple un peut trop long décida de les couper pendant que se même disciple jouait de son instrument en fixant le vide et profitant des derniers instants dans ce temps qui lui avait donné beaucoup.
Allongé sur un grand lit blanc, comme le sol, comme le plafond, comme la porte… comme le vêtement de soie qui le recouvre à peine. La longue crinière de feu qui tranche avec le blanc immaculé des coussins. La peau caramel qui épouse le matelas et qui se fait lentement grignoter par les fers attachés aux poignets et aux chevilles. Le collier de cuir noir agrémenté de rubis l'étrangle.
Il sombre.
Hô toi ! Belle est douce folie, que tu es tentante.
Ce blanc ronge son esprit. La couleur qui n'est plus que rouge, gris et noir commence à le lasser.
Il a perdu ses couleurs.
Devra-t-il encore danser ce soir ?
Lentement il ouvre la bouche, ses lèvres se mouvants pour former un mot qui ne sort pas. Sa voix est trop brisée pour pouvoir sortir. Il a trop crié cette nuit. Il a trop pleuré au début. Il ne peut rien faire. Il a mal. Il espère…
Non il n'espère plus. C'est fini. Autant en finir. Il va être content l'autre. Et s'il fermait les yeux cette fois-ci ?
Hô toi ! Belle est douce folie, que tu es tentante.
Il a froid. Il a peur. Il sombre.
- Sauve-moi…
La rumeur… elle court dans les rues, dans les maisons et dans les cœurs… Elle s'infiltre dans nos têtes et nous ensorcelle…
La rumeur…
- Tu sais ce qu'il se dit ?
- Quoi donc ?
C'est une vieille qui la dit. Elle la tien d'un homme qui la tien d'une enfant qui la tien de sa mère qui la tien d'un marchand qui la tien…
- On raconte qu'un homme du passé va venir…
- Du passé ?
- Oui ! Et il va nous sauver !
La rumeur elle commence comme ça. Et quand il y a suffisamment de monde qui y croit, alors elle se pose dans l'air pour faire tomber le voile de l'attente. Douleur ou douceur ? Torpeur ou éveil ? Chagrin ou bonheur ? Espoir ou désespoir ?
Elle est là et elle attend que son travail se termine.
- Nous sauver ? Mais on ne sait même pas de quoi !
La rumeur…
- Je suis certaine que c'est vrai ! Et puis même si on ne sait pas ce qu'il se passe réellement, tu vas voir que j'ai raison !
Elle sauve autant qu'elle tue.
- Mais oui bien sûr… et il a un nom ton homme du passé ?
La rumeur…
- Il n'a pas de nom… du moins pas réellement…
C'est un tourbillon de possible qui t'engloutit.
- Alors on l'appel comment ton sauveur ?
La rumeur…
- L'Assassin !
C'est un assassin…
