Il fallut plusieurs heures au brun pour sortir du sommeil, et il le fit en gémissant d'une douleur inconnue. Ce n'était pas son corps qui souffrait, mais sa magie, c'était une impression nouvelle, et loin d'être agréable.
Killian s'assit sur le bord du lit et lui caressa doucement le front :
« Comment tu te sent, mon petit ange ? »
Harry grogna :
« J'ai l'impression d'être passé sous un bus, enfin que ma magie est passée sous un bus. »
Le blond approuva :
« C'est normal, mon ange. Le médecin m'a dit que tout c'était bien passé, tu dois juste te reposer et ne pas tenter d'entrer en contact avec ta magie avant qu'il ne t'y autorise. »
Le survivant hocha doucement la tête :
« J'ai pas envie de toute façon ! Sans être en contact direct je me sens déjà mal, alors en la contactant… Ils ont pu trouver ce que c'était que ce truc ? »
Le visage du blond se figea dans une expression à la fois alarmé et attristé, et le jeune homme sut qu'il n'allait pas aimer la suite :
« Vas-y, Killy, c'est comme un pansement, il vaut mieux l'arracher d'un coup ! »
Le prince lui accorda ce point, et expliqua :
« Le parasite était en fait, un fragment de l'âme de Voldemort. C'est une façon de s'assurer une forme d'immortalité, car tant que tous les fragments ne sont pas détruits, il ne peut pas vraiment mourir, ce qui explique pourquoi il a pu revenir. Selon le médecin, il y a encore 5 fragments cachés dans ton monde. Mais ce n'est pas le pire, quelqu'un, dont la signature magique était la même que celle des sceaux sur ta magie…
- Quels sceaux ?
- Je ne te l'ais pas dit ? »
Le brun secoua la tête, et Killian réalisa qu'effectivement il n'avait jamais pensé à lui en parler :
« Je suis désolé mon ange, j'ai totalement oublié, j'en ai parlé avec Kel et Thomas quand tu étais présent, mais c'était avant que tu apprennes le délonien. J'ai dû faire l'amalgame, je te présente toutes mes excuses.
- Ce n'est pas grave, je vois bien que ne l'as pas fait exprès. J'imagine que c'est le vieux taré qui m'a mis ces sceaux ?
- Oui, je ne vois pas qui d'autre aurait pu. Et comme je le disais, il a manipulé le parasite magique de ta cicatrice pour que si jamais tu parvenais à tuer Voldemort….
- Je meurs aussi ! Je me demandais comment il comptait s'assurer que je ne lui vole pas la vedette si je triomphais de Voldemort, maintenant je sais. »
Le blond hocha tristement la tête, et Harry tendit difficilement un bras pour lui caresser la joue :
« Killy, ne fais pas cette tête, grâce à toi, je suis libéré de cette menace, et je suis conscient de ce qu'il se passe derrière mon dos. Personne n'en a jamais fait même la moitié pour moi. Alors ne te sent pas triste, moi je ne le suis pas. J'ai grandi grâce à toi, enfin murit, vu que je reste un nain. Tout ce dont j'ai besoin là, c'est savoir que tu es avec moi. »
Killian l'embrassa délicatement :
« Je suis très content que tu sois petit, ça te rends encore plus adorable, et il est inutile de poser la question, je suis là, et je ne compte pas en bouger. »
Harry lui rendit son baisser, puis bailla :
« Je crois que je vais dormir encore un peu. »
Le prince approuva :
« Dors autant que tu le souhaite, mon ange, je te réveillerais pour le dîner. »
Le petit brun approuva, et ferma les yeux pour repartir au pays des rêves.
La Terre, Angleterre, Londres, Ministère de la magie.
Amélia Bones, nouvelle ministre de la magie, avait déjà la réputation d'être totalement réfractaire aux « échanges de services » si courants au ministère. Et pourtant, son visiteur était persuadé qu'il arriverait d'une façon ou d'une autre à obtenir ce qu'il voulait.
« Madame la ministre, toutes mes félicitations. »
Amélia ne se leva même pas :
« Directeur, que puis-je pour vous ? »
Dumbledore grinça des dents, elle lui avait à peine jeté un regard, et ne l'avait même pas invité à s'asseoir. Il ravala sa colère, et dit :
« Je souhaiterais parler de la situation d'Harry ? »
La nouvelle ministre dut se retenir de ne pas le faire éjecter sur le champ, au lieu de ça, elle répondit d'une voix polaire :
« Vous parlez de Lord Potter, futur premier Lord sorcier du pays, chefs des familles Potter et Black, ainsi que des clans ? »
Le vieil homme avait cru, que se présenter comme étant un familier du garçon allait l'aider, mais visiblement c'était tout le contraire. Les Bones étaient une vieille famille, et comme beaucoup, ils étaient très attachés à l'étiquette. La nouvelle ministre venait de le rappeler à l'ordre comme s'il était un gamin mal élevé, mais il ne pouvait plus reculer maintenant :
« En effet, je voudrais vous parler de son émancipation. »
Pour la première fois, la ministre le dévisagea :
« Et en quoi son émancipation, ou quoique ce soit n'ayant pas de rapport directe avec Poudlard, vous regarderais, directeur ? »
Dire qu'il avait cru pouvoir la manipuler, il avait dut faire une overdose de sucre ou de citron. Il n'avait effectivement aucune raison légale de se mêler de la vie du garçon, autant quand il était encore président du magenmagot, il y avait une certaine justification, déjà litigieuse. Mais depuis qu'il avait été déchu, il n'avait rien de solide sur lequel il pouvait s'appuyer, mettre en avant qu'il avait été le vainqueur du précédent mage noir n'avait pas de rapport, son titre de « leader de la lumière » n'avait aucune valeur légale, et celui de directeur de Poudlard limitait ses fonctions à ce qui se passait à l'école.
Il n'eut de toute façon, pas le temps de répondre, la ministre, voyant son hésitation, en avait profité pour attaquer :
« Je vais être clair, directeur, vos interférences dans la vie du futur Lord Potter-Black, ne plaisent pas du tout à la nouvelle administration. Le fait que vous ayez bloqué, de façon totalement arbitraire, la lecture du testament du premier Lord sorcier à l'époque, est plus qu'irrégulier, c'est à la limite de l'illégalité. Qu'en plus vous ayez décidé, sans consulter personne, de confier le survivant à des moldus, qui, selon l'enquête menée, l'ont traité comme un elfe de maison pendant toute son enfance, ne joue pas non plus en votre faveur ! Alors pour vous mettre les points sur les i, si vous vous approchez de ce garçon pour une raison qui ne concerne pas l'école, et que ce dernier se plaint de vous, vous devrez faire face à beaucoup d'ennuis. Suis-je bien claire, directeur ? »
Dumbledore en resta figé, personne n'avait jamais osé le menacé de la sorte, comment osait-elle seulement élevée la voix contre lui. Le grand Albus Dumbledore, le vainqueur de Grindelwald, jamais on ne lui avait manqué de respect à ce point.
« Suis-je bien claire ? »
Il sursauta, la ministre attendait visiblement une réponse, et il n'eut pas d'autre choix que de lâcher en serrant les dents :
« Limpide.
- Parfait, dans ce cas, nous n'avons plus rien à nous dire ! Bonne journée, directeur ! »
Chassé comme un malpropre, le directeur n'eut pas d'autre choix que de sortir, il s'arrêta après quelques mètres et réfléchit de son mieux à la situation. Il n'avait personne pour influencer la ministre, Arthur n'avait pas assez de pouvoir, Percy était grillé et n'aurait pas travaillé pour lui. Kingsley et Tonks avaient été prévenus par la nouvelle administration que si leur travail en sous-main contre Voldemort était apprécié, ils avaient plutôt intérêt à ne plus travailler que pour le ministère. D'ailleurs les deux aurors étaient plutôt satisfaits de la nouvelle ministre, de même que Maugrey, puisque cette dernière avait déjà commencé un grand ménage dans tous les départements, en commençant par les plus sensibles.
Elle avait même lancé l'idée de construire une nouvelle prison, placée sous fidelitas, et d'autres sortilèges pour que Voldemort ne puisse pas récupérer ceux des mangemorts que l'administration arrêtait. Et, depuis peu, elle avait fait expulser les détraqueurs, les isolants dans un champ de confinement d'où ils ne pouvaient, théoriquement, pas sortir.
En fait, Amélia Bones était parfaite pour combattre Voldemort, même Dumbledore le reconnaissait, mais le problème c'était que l'ancienne directrice du DJM, ne se concentrait pas que sur le seigneur des ténèbres, elle faisait la chasse à tous ceux qui n'étaient pas fidèles au ministère. Sans même parler de l'enquête qu'elle avait lancée sur Dumbledore lui-même, qui sentait les chiens sur ses talons.
Tout ça, parce que ce foutu gamin était allé rapporter que le crapaud avait été méchant avec lui !
Comprenant qu'il devait revoir tout son réseau dans le ministère, le vieil homme retourna à Poudlard dans l'idée de mettre en place de nouvelles manœuvres pour mener le survivant là où il le souhaitait, face à Voldemort, pour l'entraîner dans la tombe, et l'y rejoindre.
Gaïa, quelque part en Europe, château du prince régnant.
Après une dizaine de jours très difficiles, Harry était enfin remis de son opération, et le médecin, après sa visite matinale l'avait autorisé, sous la supervision de Thomas et Kel, d'entrer en contact avec sa magie. Le survivant s'était empressé de le faire, et s'était retrouvé une nouvelle fois avec ses sous-vêtements souillés, maintenant qu'elle était débarrassée du fragment d'âme de Voldemort, sa magie n'était plus que lumière, et sans l'avertissement de Thomas il se serait sans doute laisser couler en elle définitivement.
Il avait enfin pût la parcourir de bout en bout, découvrant beaucoup sur lui-même. Ainsi, comme l'avait dit Killian, les jumeaux et Neville s'étaient liés à lui de façon unilatérale, il partageait également un lien fraternel très profond avec Hermione, mais celui-ci c'était créé au fil du temps, par la simple confiance et les aventures vécues ensemble. L'absence de ce genre de lien avec Ron, montrait, s'il en était besoin, que le rouquin n'était pas celui qu'il prétendait être.
Il y avait également un lien avec Rogue, chose dont il se serait passé, mais, comme pour tous les autres, il en comprenait la nature instinctivement, en l'occurrence ce lien était celui de la dette de vie, que Rogue avait contracté auprès de James Potter.
Dans la même catégorie, il y avait la dette de vie que Peter avait à son endroit, cela pourrait lui servir.
Il avait aussi un lien le menant à Remus, celui-ci était plus primaire, et Harry comprit que cela venait de la nature du dernier des maraudeurs, le loup en Remus le voyait comme son petit, un membre de sa meute, et même sous forme animale, il ne l'aurait jamais attaqué.
Le petit brun avait été ravi en découvrant un lien tout neuf, un lien qui menait à Killian, un mélange d'amour fraternel et charnel, un lien qui s'était fait de lui-même grâce à la complémentarité de leur magie.
Harry s'était replongé dans ses études et entraînements, apprenant à utiliser sa magie d'une façon totalement différente de celle de son monde, Thomas lui avait expliqué, sans aucune vanité, que les sorciers de la Terre étaient bien moins évolués que ceux de Gaïa. Puis, comme toujours quand il s'agissait de théorie, le mage brun lui avait posé des questions pour qu'il réfléchisse par lui-même et trouve seul les réponses.
« Alors, petit ange – Harry sourit, Kel, Thomas et Quentin avaient tous pris l'habitude de l'appeler ainsi-, aujourd'hui j'ai trois questions pour toi, dont deux qui vont ensemble. La première, pourquoi utiliser une baguette, la seconde pourquoi faire un mouvement particulier, et la dernière, pourquoi utiliser des mots spéciaux ? »
Le survivant était resté silencieux un long moment, Thomas préférait qu'il se taise plutôt que de répondre sans réfléchir.
Pourquoi une baguette ? La magie était présente dans chaque sorcier, comme le lui avait dit Killian, si ce n'était pas le cas il aurait suffi de donner une baguette à un moldu pour en faire un sorcier. Les baguettes contenaient des éléments venant de créatures magiques, donc étaient intrinsèquement magiques. Il avait appris depuis longtemps que la magie appelait la magie, comme un aimant attirait le fer. Mais il avait aussi constaté que, maintenant qu'il avait plein accès à sa magie, ses sorts étaient bien plus puissants sans baguette. Donc la baguette bridait le pouvoir des sorciers, connaissant mieux la politique du ministère, cela était certainement destiné à empêcher les individus trop puissants de se faire remarquer.
« Je dirais que les baguettes ont deux fonctions, aider les sorciers les moins puissants à accéder à leur magie, et brider celle de ceux qui sont trop puissants. »
Le mage brun avait hoché la tête :
« Exact, mais incomplet. Cependant tu ne pouvais pas le savoir, chaque baguette vendue, est enregistrée auprès du ministère et sert à tracer le sorcier qui en est le propriétaire. Cela permet aussi de savoir si un mineur fait de la magie hors de l'école. Qu'en est-il des deux autres questions ? »
Harry dut avouer son ignorance, il ne voyait aucune raison justifiant l'utilisation de mouvements ou de mots particulier, grâce à Killian et Gripsec, il avait élargis ses horizons, et découvert que si l'Europe utilisait à peu près les mêmes formules, les autres continents en utilisaient d'autres. Ce qui n'avait rien d'étonnant quand on y réfléchissait, la grande majorité des sorts étaient dérivés du latin, qui avait été une des rares langues usitées dans toute l'Europe. Mais l'Asie, ou l'Afrique n'avait jamais eu ce genre de langue commune, et donc n'utilisait pas les mêmes formules.
« Je ne sais pas. »
L'homme avait fait la moue, mais il savait que le petit brun n'était pas un fainéant, et que s'il ne trouvait pas la réponse, c'était uniquement parce qu'il n'arrivait pas à voir plus large.
« Les deux ont la même fonctions. Ils servent à conditionné la façon dont la magie sort de l'individu, mais la magie en elle-même n'a pas besoin de ces choses. C'est le cerveau humain qui en a besoin, à force de s'entendre répéter que c'est en prononçant certains mots et en faisant un certain mouvement qu'on obtient tel résultat. Les gens de ton monde le croient, et perpétue la tradition, mais ce n'est pas ta magie qui y réagit mais ton cerveau, ton esprit qui « dit » à ta magie ce qu'il veut, parce que tu as prononcé ces mots-là et pas d'autres. Tu me suis ? »
Le survivant hocha la tête :
« En fait, en prononçant un formule, je me convainc tout seul que ma magie va faire une certaine chose, et pas une autre.
- Exactement, mais tu n'as pas besoin de ça ! Essayons veux-tu ? »
Thomas fit apparaître une plume :
« Le tout premier sortilège qu'on apprends dans ton école, celui de lévitation. Tu vas me soulever cette plume, sans bouger un muscle, et sans même penser à la formule ! »
Depuis qu'il était en contact avec sa magie purgée des ténèbres, Harry parvenait à lancer des sorts sans les prononcer à voix haute, mais dans sa tête, ce qui était déjà un exploit, surtout sans baguette, mais là c'était encore un cran au-dessus.
Il se concentra donc sur la plume blanche qui reposait sur la table basse en tentant de faire comprendre à sa magie qu'il voulait qu'elle soulève la plume. Après presque dix minutes, la plume se souleva de deux millimètres avant de retomber gracieusement.
Harry gémit et ferma les yeux en se massant le front, il avait une migraine atroce !
« Tu m'impressionne, petit ange, je ne pensais pas que tu y arriverais du premier coup. Je t'ai sous-estimé, sinon je t'aurais prévenu pour la migraine. »
Le survivant lâcha un grognement interrogatif, et le mage brun expliqua :
« Tu as modifié ton cerveau grâce à la magie, tu as créé en un instant un nouveau chemin neural, et ton cerveau n'est pas habitué à d'aussi brusques changements, d'où la migraine. Ça va passer dans quelques minutes. »
Et effectivement, la douleur disparut après quelques minutes. Thomas lui donna un verre d'eau, et dit :
« Recommence, tu n'auras pas de migraine. »
Bien qu'échaudé, Harry s'exécuta, et cette fois-ci, la plume alla s'écraser sur le plafond.
« Il faudra apprendre à doser tes sorts, mais comme tu le vois, tu n'as plus de difficulté à le faire. »
Le petit brun hocha la tête, et demanda avec une certaine crainte :
« C'est valable pour tous les sorts, ou bien…
- Malheureusement non, tu vas avoir droit à cette migraine à chaque fois que tu réapprendras un sort. Mais tu n'es pas obligé de tous les apprendre de cette façon, Killian a eu le même problème que toi, et n'a choisi qu'une trentaine de sorts. Il y en a même qu'il continue à prononcer à haute-voix, mais il n'a pas ta puissance. Dans ton cas, je me concentrerais sur les sorts de combats.
- Tu as raison, mais quel est l'intérêt ? Penser la formule ou penser au résultat, ça ne change rien, non ?
- Si, pour l'instant tu ne t'en rends pas compte, mais tes sorts seront plus rapides et plus puissants. Il te suffira de « souhaiter » pour parvenir au but voulu. Bien sûr dans la limite des effets des sorts que tu connais. Bien, je crois que nous avons terminé pour cette partie, allons déjeuner et cette après-midi je t'apprendrais une utilisation différente de ta magie avec Kel. »
Ils se rendirent donc dans la salle qui abritait le bureau de Killian, en-dehors de sa période de convalescence, c'était toujours là qu'ils déjeunaient.
Le prince et son garde du corps géant étaient déjà assis et discutaient, quand les deux bruns entrèrent. Harry n'eut pas la moindre hésitation, et fila directement se percher sur les genoux du blond pour l'embrasser passionnément. Baiser qui lui fut rendu avec autant de force.
Les deux gardes échangèrent un sourire, ravis de voir leur petit protégé aussi à l'aise devant eux.
Après quelques minutes de baisers et de câlins, le survivant s'assit à sa place, à la droite du prince, et ils déjeunèrent en discutant de choses et d'autres, jusqu'au café. Ce n'est qu'à ce moment-là, que Killian parla sérieusement :
« Mon petit ange, j'ai reçu deux missives te concernant, la première émane du Magisterium, qui souhaiterait que tu vienne les voir pour qu'ils évaluent ta puissance et te forme. La seconde, viens des Passeurs, qui demandent sensiblement la même chose. »
Le petit brun fit la moue, il n'avait aucune envie de quitter le palais, mais Thomas intervint :
« C'est une chance inouï, petit ange. Le Magisterium pourra t'apprendre beaucoup plus de choses que moi. En plus, ils sont équipés de zone de temps relatif, et tu pourras passer des années là-bas pour seulement quelques heures à l'extérieur. Pour l'offre des Passeurs, si tu as une magie compatible, cela signifie que tu pourras aller et venir entre ton monde et le nôtre sans problème, et sans avoir de compte à rendre. »
Harry était bien plus intéressé par la proposition des Passeurs qui lui donnerait une chance de revenir auprès de Killian quand il le souhaiterait. Mais il savait aussi que la proposition du Magisterium lui permettrait d'augmenter significativement ses chances de vaincre Voldemort et le vieux fou. Mais l'idée de passer des années loin de Killian et des autres, ne le réjouissait pas du tout.
Il interrogea le blond du regard, qui lui fit un sourire triste :
« Mon petit ange, c'est ta décision, tu sais que je ne t'imposerais rien, c'est ta vie. Mais, même si je n'ai pas envie que tu t'éloignes de moi, on sait tous les deux que cet apprentissage pourrait faire la différence entre ta victoire et ta défaite. Bien que je n'aime pas l'idée, je dois te conseiller de la considérer très soigneusement. »
Le survivant fit la moue, mais comme il l'avait lui-même dit après son opération, il avait murit, et il savait qu'il avait des obligations. Refuser la possibilité d'être formé par les magisters serait un caprice, or il n'était plus un enfant !
« Très bien, j'irais. »
Killian quitta son fauteuil pour le prendre dans ses bras et se rasseoir en le gardant sur ses genoux :
« Je suis très fier de toi, mon petit ange. Et puis tu verras, il y aura plein de jeunes hommes débordant d'hormones, tu ne t'ennuieras pas sur ce point ! »
Le brun ricana, il avait finalement pris le pli des mœurs de ce monde, et même si Killian était celui dans les bras duquel il se sentait le mieux, il avait également partagé ses nuits avec d'autres, certains favoris, Thomas, Quentin, et quelques autres.
« Thomas t'emmènera là-bas cet après-midi, en tant qu'ancien élève, il a le droit d'entrer au Magisterium, quand ce seras fait, je t'emmènerais chez les Passeurs, puisque j'y ai été formé. »
Harry leva un sourcil interrogateur, et le prince dit :
« C'est une longue histoire, mais théoriquement j'ai la capacité de voyager entre les mondes, sauf que je ne peux pas, d'une part à cause de mes obligations de prince, mais aussi parce que certaines circonstances ont fait que je suis la clef de voute des sceaux qui protège ce monde. Si je le quittais les sceaux seraient brisés. Ça fait des années que les Passeurs cherchent comment transférer cette charge à un objet, mais pour le moment ils ne sont arrivés à rien. »
Le petit brun se promit de lui faire subir un interrogatoire serré pour connaître les tenants et les aboutissants de cette histoire, parce que Killian était particulièrement doué pour ne pas parler de ses premiers pas dans ce monde.
Harry resta sur les genoux du prince pour terminer son café, il avait finalement pris goût à cette boisson. Puis, après de longs au revoir larmoyants, il disparut avec Thomas pour réapparaître devant le Magisterium.
