Disclaimer : Albator, Warius Zéro, appartiennent à leur créateur M. Leiji Matsumoto.
10.
Julo tressaillit.
- On ralentit ?
- Il y a un barrage de contrôle routier devant nous, renseigna Alphégor.
- Loin ?
- Je viens de voir un panneau qui l'annonce, mais rien de plus en vue.
- Laisse-moi réfléchir à ce que l'on doit tenter, souffla Julo.
Mais dans le rugissement du moteur, le van repartit à toute allure.
- Alphégor, qu'est-ce que… ? jeta-t-il, trop faible que pour se lever et juger de la situation de visu.
- Je sais exactement quoi faire ! rugit l'adolescent, une étonnante détermination dans la voix.
Lorsque la porte de la salle d'interrogatoire se rouvrit, le policier qui avait interrogé Alphégor se leva. Il salua les deux hommes qui venaient d'entrer : deux grands bruns, un de noir et l'autre de bleu foncé vêtu.
- Vous êtes en couple ? ne put-il s'empêcher d'interroger.
- Je m'appelle Albator, et je suis le père de ce garçon, fit le brun balafré, et une longue mèche en travers de sa joue droite semblant dissimuler un eye-patch.
- Et moi je suis en vacances ! fit le second brun. Je m'appelle Warius Zéro.
- Papa ! s'était écrié Alphégor en bondissant sur ses pieds.
Albator serra fort son fils qui s'était blotti contre lui, semblant trembler de la tête aux pieds.
- Alhianna va bien ! s'empressa de renseigner l'adolescent mais je ne sais pas où…
Albator caressa la chevelure d'or roux de son fils.
- Elle est dans une salle de jeux, pour qu'elle se détende, avec une policière en civil pour la rassurer. Ca va, toi ?
- J'ai eu tellement peur, papa ! Je ne savais pas comment réagir… On avait jamais prévu cela !
- Mais pourquoi n'as-tu pas utilisé le téléphone que je t'avais remis pour les cas d'urgence ?
- Ce doit être la première chose que Riel a fait disparaître. Et puis on a plus eu accès à nos bagages…
- J'aurais dû te poser une balise ! marmonna le grand brun balafré. C'est ta mère qui m'en a dissuadé ! Je te ramène chez nous au plus vite. Les parents des jumeaux les ont déjà emmenés. Oh mon pauvre chéri, si j'avais pu imaginer, je vous aurais tout bonnement suivi !
- Oh, papa, ça n'aurait pas été du jeu !
Warius eut un petit rire. Alphégor posa son regard bleu vif sur lui.
- Ca me fait plaisir de te revoir, parrain !
Cette fois en compagnie de son père et de son parrain, Alphégor avait poursuivi sa déposition sur les faits des derniers jours.
- C'est Julo qui a fait le premier pas en me parlant, en me révélant son nom.
- Julo Thervist est son identité, compléta le policier. Il a un palmarès de délits assez impressionnant à son actif, mais étonnamment pas de sang sur les mains. Sauf que le dernier butin est introuvable et lui refuse de parler, même avec l'avocat commis d'office qu'on lui a trouvé.
- Julo a été plutôt gentil avec nous, poursuivit Alphégor, fébrile, comme s'il n'avait pas entendu l'intervention du policier. Il nous a protégés de Riel !
- Syndrome du prisonnier vis-à-vis de ses geôliers, fit le policier à l'adresse d'Albator et de Warius. Il y aura un autre interrogatoire, plus tard, quand il aura récupéré du traumatisme. Et puis je compte sur vous pour le préparer au procès où il devra témoigner.
- Une chose à la fois ! laissa froidement tomber Albator. Mes enfants et leurs amis ont été douloureusement éprouvés. Pour ma part, là je ne pense pas encore avaliser votre idée de les faire témoigner ! Alphégor et Alhianna vont rentrer chez eux et on va les dorloter pour leur faire oublier ce cauchemar !
- Je comprends, mais ce ne sera pas à vous de décider qui sera cité à la barre du tribunal, le moment venu. Et votre fils, presque adulte, est un élément très important pour mettre un malfrat à l'ombre pour bien longtemps !
Alphégor se tourna vers son père.
- Que veux-tu faire ?
- Je ne sais pas… J'ai du mal à réfléchir… J'ai plus peur maintenant…
Et l'adolescent, le teint plus pâle que jamais, ne put empêcher une larme de rouler sur sa joue balafrée.
Albator se leva pour étreindre encore son fils.
- Je n'aurais jamais dû vous perdre de vue, quelle terrible erreur j'ai commise ! Être si imprudent, cela ne me ressemble pas. Je suis responsable de toutes ces angoisses, Alphie. J'espère que tu pourras me pardonner.
Albator se tourna vers le policier.
- Ce Riel ?
- Il a été abattu en voulant forcer le même barrage que ce petit quatuor. Votre fils a vraiment eu une idée de génie !
Mais pour l'instant, le « génie » était plutôt en train de tenter de reprendre pied dans une réalité sans malfrats, van, et menaces de mort sur la tête !
