Et voilà, on y est! C'est vraiment la fin! Je pensais ne jamais réussir à finir cette histoire ^^ Mais finalement, ça y est!
Je tiens tout d'abord à remercier ma bêta Lungor Sterling Lycien pour sa correction et surtout pour m'avoir donné des avis aussi détaillés! Merci beaucoup à toi!
Un immense merci également aux lecteurs qui m'ont suivis tout au long de cette publication : guim0veX5, Lia-Mei Soma, PoissonPen19. Merci également aux autres reviewers et surtout aux anonymes auxquels je n'ai pas pu répondre.
Merci à ceux qui liront cette histoire à l'avenir et qui prendront le temps de me laisser un petit commentaire pour me donner leur avis.
Note : J'ai conscience que ce chapitre pourra peut-être surprendre d'une certaine manière, en particulier la fin, mais je ne vais pas me lancer dans je ne sais quel avertissement, et je suis triste pour ceux qui ne sont pas assez ouvert d'esprit...
Bonne lecture pour ce dernier chapitre!
Épilogue
Futur
L'air était encore humide de l'averse qui venait d'avoir lieu. Le ciel se chargeait de lourds nuages sombres et, partout où le regard portait, cette même grisaille étendait son linceul de mélancolie. Le sol se gorgeait d'eau là où le pied se posait, les feuilles ployaient sous les gouttes épaisses. Peu avant l'aube, l'orage avait été violent.
Lorsqu'elle sortit du bâtiment qui servait de gare au district Quatre, le souffle iodé venant du large la frappa violemment. La jeune femme n'avait jamais senti cette odeur, et cela était bien étrange, en vérité. La ville était grande avec ses bâtiments d'une blancheur immaculée, qui tranchaient nettement avec ceux du district Trois où la pollution s'accrochait à chaque façade.
La blonde déambula un moment dans les rues avant de trouver la direction de la plage. Le papier lui indiquant l'adresse où elle devait se rendre était dans la poche de son pantalon, mais elle n'en avait pas besoin. Les quelques indications s'imprimaient sur sa rétine dès qu'elle y pensait. Et elle ne tarda pas à s'avancer sur le sable fin, jetant un coup d'œil en arrière sur les maisons qui s'alignaient le long de la façade maritime.
La plage s'étendait sur plusieurs centaines de mètres, car la marée était basse. Au loin, à l'horizon, le bleu de la mer était visible et quelques voiles se laissaient apercevoir par moment. Navee s'accroupit, les pieds enfoncés dans le sol meuble, son sac en bandoulière rejeté dans son dos. Elle resta là un moment, puis ses doigts s'enfoncèrent dans les grains arénacés.
Il était bien étrange, en effet, de voir enfin cette mer dont beaucoup, dans les terres intérieures, parlaient avec animation. L'air semblait plus pur ici qu'à aucun autre endroit qu'elle avait pu visiter. Lentement, elle frotta ses mains ensemble pour décoller les grains de sa peau et elle s'apprêta à se redresser quand une présence à ses côtés lui fit relever les yeux.
– Salut ! fit le nouvel arrivant d'une voix fluette.
Le petit garçon ne devait pas avoir plus de trois ans. Ses cheveux tiraient sur le blond, agités par la brise qui parcourait les côtes et s'enfonçait plus loin dans les terres. Ses joues rebondies surplombaient une petite bouche grimaçante et les fins sourcils étaient froncés.
– T'es qui ?
Navee n'eut pas le loisir de répondre qu'une femme appelait un peu plus loin :
– Fin, où es-tu ?
Alors, celle aux cheveux blond clair se leva vivement, reconnaissant sans peine les intonations de la voix. Annie s'approchait à pas rapide et, lorsque qu'elle vit son ancienne compagne de cellule, elle se figea brusquement, les yeux écarquillés.
– Navee ? demanda-t-elle, hésitante, n'en croyant pas ses yeux.
Elle n'avait pas changé, même si elle paraissait plus épanouie. L'enfant vint se coller dans les jambes de sa mère, dardant son regard inquisiteur sur la jeune femme du Trois. Ce fut Navee qui amorça un mouvement vers la brune pour la serrer un instant dans ses bras. En se détachant, elle put voir quelques larmes silencieuses s'échapper des orbes verts, mais le visage fin de son amie souriait largement.
– Je suis si heureuse de te revoir, commença Annie avec une certaine excitation. Johanna sera contente également, ajouta-t-elle avant de poser une main sur la petite tête blonde. Je te présente Fin.
Navee considéra un moment le garçon d'Annie et de Finnick. Le souvenir de son ami, de son grand frère, la hantait encore, mais le temps estompait peu à peu sa peine. Voir qu'Annie semblait avoir surmonté la mort de son compagnon pour élever son fils, cela était son plus beau cadeau. Alors, elle se baissa pour être à la hauteur des yeux bleus – les mêmes que ceux de Finnick –, et lui sourit doucement.
– Je m'appelle Navee, enchanté de te rencontrer Fin.
Celui-ci fronça son nez et sembla réfléchir un instant. Puis son visage se détendit et il arbora un léger sourire.
– C'est l'heure des dessins animés, lança-t-il avant de se mettre à tirer sa mère par la main pour l'entraîner jusqu'à la maison.
Annie se laissa faire en lançant un sourire complice à la blonde, qui ne tarda pas à les suivre. Ils habitaient une jolie maison en bordure de la plage, à la façade de bois bleue et blanche où une grande terrasse prenait place. Les plus proches voisins se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres et un jardin s'égaillait à l'arrière de la demeure.
L'intérieur était décoré simplement, dans le style du district Quatre : beaucoup de blanc et des rappels de la mer dans les couleurs et les objets. Dans le salon, le regard de Navee fut rapidement attiré par l'un des tableaux accrochés au mur. Elle reconnut sans l'ombre d'une hésitation le coucher de soleil et la forêt, ce dessin qu'elle avait fait il y a bien longtemps. Pour Johanna.
– Où est…, commença-t-elle en se tournant vers la brune, le corps soudainement plus alerte, le cœur battant plus vite.
– Elle dort, répondit Annie sans lui laisser le temps de finir, un sourire au coin des lèvres. Elle n'est rentrée qu'il y a deux heures du travail.
Puis elle entreprit de lui expliquer les changements que la révolte avait entraînés, ici, au Quatre. Dans les terres un peu plus reculées, de larges champs avaient été ensemencés pour les récoltes de céréales, car le climat s'y prêtait bien. Et l'exploitation se trouvait dirigée par Johanna et un homme du district Onze. Leur expérience en matière de croissance des plantes avait porté le choix sur eux. Ainsi, cela faisait deux jours que la moisson du blé avait commencé et les ouvriers s'étaient tués à la tâche toute la nuit, car un orage puissant s'annonçait avec l'aube du nouveau jour.
La brune lui fit visiter rapidement le rez-de-chaussée de la maison avant de l'entraîner vers l'étage, laissant Fin regarder un dessin animé, assis sur le canapé du salon. Annie la conduisit jusqu'à une chambre où celle du Trois put déposer ses affaires. Puis elles redescendirent et s'installèrent à la table de la salle à manger, surveillant du coin de l'œil le petit garçon tout en parlant des choses qui s'étaient profilées à l'horizon de cette période de paix et de prospérité.
Le Trois avait enfin retrouvé son ciel et l'air semblait plus pur que jamais. Navee en était à évoquer les usines de son district, qui ne tournaient plus sans discontinuer comme avant la Révolte, quand des cris se firent entendre depuis l'étage. Instinctivement, Annie porta ses mains à ses oreilles et la blonde se figea brusquement. Son cœur se mit à battre plus rapidement, elle connaissait ces cris. Puis ceux-ci cessèrent et celle du Quatre soupira.
– Les cauchemars ne s'arrêtent jamais vraiment, souffla la brune en passant une main lasse dans ses cheveux longs. Les miens reviennent parfois, mais ceux de Johanna sont de pire en pire avec le temps qui passe. Si tu veux, tu peux…
Annie laissa sa phrase en suspens et se contenta de désigner l'escalier du menton. Le regard de Navee suivit le mouvement, puis elle demeura songeuse quelques secondes. Cette situation la renvoyait à ses souvenirs de son emprisonnement, puis de son séjour au Treize. Les choses avaient évolué depuis, mais la trace incandescente de la Révolte ne s'estomperait jamais vraiment.
Comme elle montait les escaliers, Navee pensa à ces dernières années. Les affrontements laissaient derrière eux leur lot de bâtiments détruits et de misère. Ainsi, les activités industrielles de son district avaient mis longtemps avant de reprendre, car il fallait également contenter tout le monde avec les nouvelles conditions de travail. La réouverture de l'université ne datait que d'un an et demi, mais la jeune femme avait obtenu son diplôme au bout d'à peine six mois.
Son oncle passait son temps à faire des allers-retours entre le Trois et le Capitole, où le nouveau gouvernement avait pris place. Souvent, Navee l'accompagnait, mais elle savait pertinemment que seule sa présence au district l'empêchait de s'installer définitivement au centre des opérations, car plus rien d'autre ne le retenait. Alors, après de longs mois de réflexion, la blonde avait enfin eut le courage de partir pour le Quatre. Pour retrouver son amie Annie. Pour retrouver Johanna.
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Lorsque Navee entra dans la chambre que la brune lui avait précédemment indiquée, elle fut saisie un instant par la pénombre, mais ses yeux s'y habituèrent rapidement tandis qu'elle refermait la porte derrière elle. Silencieusement, elle s'avança jusqu'au lit qui trônait au centre de la pièce et où la silhouette de Johanna disparaissait sous les couvertures, profondément endormie. La blonde s'allongea à ses côtés, comme il y a plusieurs années en arrière, quand elles partageaient leur souffrance et qu'elles tentaient de se protéger l'une l'autre des démons de la nuit.
Sa main fine s'éleva dans les airs pour caresser doucement la joue de celle du Sept. Les doigts se promenèrent un instant sur le front, repoussant les mèches brunes qui atteignaient à présent les épaules de Johanna. Et le visage de la jeune femme se détendit rapidement dans son sommeil.
Navee resta allongée longtemps à ses côtés, ne tardant pas à somnoler également. Le trajet en train pour venir était assez éreintant, même si elle avait fait escale au Capitole pour dire au revoir à son oncle qui s'y trouvait en ce moment. Ainsi, quelques heures plus tard, alors que Johanna bougeait dans son sommeil, se réveillant peu à peu, la blonde ouvrit soudainement les yeux, les sens en alerte. Depuis son emprisonnement, elle ne dormait que d'un œil.
Sa camarade ne tarda pas à ouvrir ses paupières alourdies par le repos, puis les orbes marron prirent conscience de son environnement avant de se poser sur Navee. Instantanément, Johanna se redressa en l'apercevant dans l'obscurité de la pièce, puis ses yeux se mirent à briller parmi les ombres.
– Navee ? souffla-t-elle doucement, incertaine, se croyant encore plongée dans ses rêves.
À la place de réponse, la blonde s'avança brusquement pour l'enlacer avec force, heureuse de pouvoir à nouveau sentir la présence de sa camarade à ses côtés. Johanna resta figée un moment, trop surprise pour réagir, assimilant lentement le réel de la situation. Puis elle l'étreignit également, refermant ses bras sur la silhouette mince de Navee. L'odeur de la jeune femme lui parvint avec force, et avec elle tous ses souvenirs au Capitole et au Treize. Mais seuls demeuraient dans son esprit le réconfort et la chaleur que la venue de celle du Trois lui apportait. Elle lui avait manqué, plus qu'elle ne le croyait. Et son cœur se mit à battre plus vite.
Alors que Navee mettait fin à cette étreinte pour sauter du lit et ouvrir en grand les rideaux, la brune ressentit un manque brutal qui la laissa perplexe quelques secondes. Puis elle prit conscience du flot de lumière qui entrait dans la chambre, révélant la blonde qui se tournait lentement vers elle.
Elle avait changé. Sa silhouette était moins frêle, plus féminine, et les rondeurs de l'enfance la quittaient peu à peu. La couleur sombre de son pantalon et de sa chemise tranchait nettement avec sa peau claire. Ses cheveux d'or pâle brillaient dans la grisaille de l'après-midi, atteignant sans peine le milieu de son dos. Et ses orbes gris, presque incolore en cet instant, se teintaient d'un éclat indéfinissable.
– Je peux rester avec toi, maintenant ? demanda-t-elle de sa voix douce, les yeux pétillants. J'ai mon diplôme.
À la question, les lèvres de Johanna se soulevèrent légèrement. Elle ne répondit pas, mais se leva pour faire face à Navee, qu'elle dominait toujours de quelques centimètres.
– Si tu veux, déclara simplement la brune d'une voix trainante.
– Pour toujours ?
Le sourire s'élargit et elle acquiesça silencieusement. Alors, le visage de Navee fut transfiguré, illuminé par le soulagement et la joie, et elle se jeta au cou de la brune pour la remercier.
Le cœur de Johanna reprit à nouveau sa course folle à ce contact soudain. Elle inspira profondément pour profiter du parfum des cheveux blonds qui lui chatouillaient le visage. La chaleur du corps de sa camarade avait quelque chose de tellement réel, de tellement réconfortant, que, pour la première fois depuis des années, elle se sentit enfin en paix. Ainsi, lorsque Navee commença à se dégager de l'étreinte, celle du district Sept en profita pour capturer les lèvres fines dans un baiser plein de douceur.
La plus jeune fut surprise par ce geste et, malgré ses capacités d'analyse rapide, il lui fallut plusieurs secondes avant de songer à esquisser l'ombre d'un mouvement. Puis, lentement, ses bras entourèrent à nouveau Johanna et elle lui rendit son baiser, pressant son corps au plus près du sien. L'étreinte se fit plus passionnée, plus ardente, et elles se séparèrent enfin.
Les orbes marron semblaient pareils à deux éclats incandescents, mais Johanna resta là un moment, songeuse, caressant la joue pâle de l'autre jeune femme qui la dévisageait de ses immenses prunelles sombres.
– Oui, tu resteras avec moi, chuchota-t-elle doucement. Pour toujours.
Le sourire de Navee, en cet instant précis, suffit à lui faire oublier ses doutes sur le choix qu'elle venait de faire. Car Johanna était sûre d'une chose, ce qui lui manquait dans cette nouvelle vie était cette petite silhouette mince aux grands yeux pâles et aux cheveux couleur or.
Et Navee était revenue.
Pour elle.
FIN
Ainsi se termine cette aventure. J'ai vraiment apprécié travailler sur cette histoire. D'habitude, je suis plus romance, mais ici j'ai beaucoup aimé me pencher sur la psychologie des personnages. Bon, ma fin révèle mes préférences pour les histoires d'amour =p Je n'ai pas pu m'en empêcher, mais en même temps ça sonnait tellement juste...
Alors, la question : qu'en avez-vous pensé?
J'aimerais particulièrement savoir si la fin vous a choqué ou non. ^^
A bientôt! =D
