NdT : comme toujours, l'histoire est à thejigsawtimess, je ne suis que la traductrice. Bonne lecture :D


Chapitre 10 : La quatrième façon de courtiser un Winchester (1)

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« Bordel, qu'est-ce que c'était épuisant. » Dans son petit coin de Paradis, Gabriel bâilla dans l'air chaud de l'été tout en s'affalant lourdement dans son grand hamac, à présent rempli d'une grande variété de coussins, de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Castiel l'imita avec lassitude. Il semblait un peu abattu, sans son trenchcoat et sa veste. Il s'assit à côté de Gabriel, les pieds près de la tête de l'autre ange, comme à son habitude. « Ne dis pas de jurons au Paradis, Gabriel. Et je refuse de prendre le blâme pour hier soir. »

Gabriel ricana en pensant qu'il plaisantait, mais un regard vers les sourcils froncés de Castiel lui fit comprendre que l'autre ange était sérieux. « Quoi ?! s'exclama-t-il en se relevant sur les coudes et en regardant son frère. Pourquoi quelqu'un devrait prendre un blâme ? Tu me dis que tu ne t'es pas amusé la nuit dernière ? Tu crois que je ne suis pas au courant de ce qu'il s'est passé entre toi et les mains baladeuses de Dean, Cassy ? Je vois tout. » Il fit un clin d'œil à Cas qui rougit furieusement.

« Gabriel ! Je n'ai pas volontairement accepté de suivre ce plan de fou pour un baiser au goût d'alcool et des tâtonnements dans un épouvantable strip club ! hurla presque Castiel en se redressant. Je crois que finir par ramener le corps inconscient de Dean à la maison de Bobby, l'aider à vomir l'immense quantité d'alcool que tu as fait apparaître – je me permets de te rappeler, un peu trop tard apparemment, qu'ils n'ont pas l'endurance d'un ange… »

Gabriel leva les yeux au ciel.

« … et que veiller sur lui toute la nuit pour vérifier qu'il ne s'étouffe pas dans son propre vomi pourrait peut-être annuler l'instant fugace de bonheur que j'ai ressenti quand il m'a embrassé, seulement pour me rappeler quelques secondes plus tard qu'il ne le faisait que parce qu'il était bourré.

— Bon dieu, Cassy ! détend-toi ! » grogna Gabriel. Il fit passer ses jambes par-dessus le bord du hamac et se leva. Il claqua des doigts et un gouffre s'ouvrit dans le sol devant lui ; il se remplit immédiatement d'eau bouillonnante et fumante. Gabriel se tourna pour sourire à Cas avant de se déshabiller et de s'y jeter. Castiel détourna poliment le regard. « Selon moi, cria Gabriel par-dessus son épaule pour couvrir le son des bulles, nous avons été extrêmement chanceux la nuit dernière – Sammy embrasse super bien, ce qui est un bonus génial que je n'avais pas anticipé – et peu importe qu'on ait dû jouer les nounous et les ramener à la maison ! De ce que tu m'as dit, c'est quelque chose qu'on doit beaucoup faire de toute façon quand on est ami avec les Winchester. Et je suis sûr à quatre-vingt-dix pour cent que Sam a fait un rêve très adulte avec moi dedans. Tu aurais dû entendre les bruits qu'il faisait en dormant…

— C'est bon, Gabriel. Je n'ai pas besoin des détails, l'interrompit Castiel avant de soupirer lourdement et de se réinstaller dans le hamac. Je suppose que tu as raison, en un sens. Même si je doute qu'ils vont être heureux de se rappeler ce qu'il s'est passé la nuit dernière quand ils vont se réveiller. »

Gabriel leva les yeux au ciel. « Pfft. Oh, c'est des grands garçons, ils s'en sortiront ! Ils se sont bien amusés ! On s'en est assuré. » Gabriel fit un clin d'œil complice à Cas.

Castiel grimaça et espéra que son frère avait raison.


Même s'il a repris conscience depuis une bonne demi-heure, Dean refuse de se réveiller complètement. Il aime dormir, même s'il ne le fait pas souvent. Le sommeil est généralement un endroit joyeux, qui lui permet d'échapper au vrai monde et de rêver à d'autres choses – ou, mieux encore, à rien. Bien sûr, il rêve parfois de l'Enfer, du visage de Sammy couvert de sang et du regard déçu de son père. Mais ces nuits se font de plus en plus rares.

Là, en cet instant, Dean a peur de quelque chose de bien pire. Le contrecoup d'une nuit très arrosée. Avec des anges. Il peut déjà sentir le mal de tête aiguë qui tape dans son crâne comme s'il essayait de s'enfuir du cerveau de Dean. Il a l'impression qu'on lui a fait avaler un tisonnier, ce qui veut sûrement dire qu'il a vomi l'intégralité de son estomac la veille. Beurk. Il ne veut pas ouvrir les yeux, en partie parce qu'il est presque sûr que la lumière va l'aveugler, mais aussi parce qu'il… ne se souvient pas vraiment de tout. Il est sûr que ça va lui revenir, mais avant ça, il ne veut pas regarder autour de lui et découvrir ce qui, ou qui, attend son réveil.

Il n'est pas inquiet d'avoir pu faire quelque chose avec quelqu'un la veille, pas du tout.

Le mal de tête finit par être la seule chose sur laquelle il peut se concentrer, et il grogne de défaite en ouvrant les paupières. Il se met à prier le Ciel pour qu'une personne gentille et aimable ait laissé de l'aspirine ou de l'eau sur sa table de chevet, et victoire ! c'est le cas. Dean se dit qu'il devra penser à embrasser cette personne plus tard.

Il tend la main et prend les cachets et l'eau, à l'aveuglette, en remarquant vaguement qu'il est dans la chambre d'ami de Bobby, à l'étage. Quelqu'un… peut-être la même personne qui a déposé les cachets, a dû le porter dans les escaliers la veille, parce qu'il est sûr à quatre-vingt-dix pour cent qu'il n'aurait pas pu les gravir.

Il s'assoit une fois qu'il a pris l'aspirine et regarde autour de lui, le regard trouble. Rien ne cloche dans la pièce, à par ce papier peint beige à fleurs qui étonne toujours Dean parce qu'il est chez Bobby, mais il suppose qu'il n'a jamais pris la peine de le changer après la mort de Karen. Il remarque aussi que la chaise habituellement posée près du bureau, dans le coin, a été tirée pour être mise à côté du lit, ce qui est peut-être un peu étrange mais pas marquant.

Il se lève lentement. Il va aller voir Sam et essayer de se souvenir de ce qui a bien pu se passer la veille. Il remarque, juste avant d'arriver à la porte, qu'il est déshabillé. Pour la centième fois de suite, il se demande ce qui a bien pu arriver. Il attrape une robe de chambre bleue et usée, accrochée derrière la porte, pour se couvrir.

Quand Dean arrive au rez-de-chaussée, Sam est avachi dans le canapé, immobile et bavant d'une manière très peu distinguée. Ses longues jambes pendent au bout du canapé et Dean se demande vaguement comment il a eu la chance de finir dans un lit la nuit précédente. Il imagine Cas faire ses yeux de chien battu à Gabriel, et il se sent un peu étrange – car pourquoi supposer immédiatement que c'est Cas qui l'a aidé ?

« Sam ? » dit Dean d'une voix forte en passant près de son frère. Il remarque que le feu est haut dans la cheminée. « Sammy ? Allez, lève-toi. » Dean lève une jambe et donne un coup de pied à Sam, qui bouge et grogne.

Sam bat des paupières et ouvre les yeux. Il a l'air vraiment défoncé, et il regarde Dean avant d'enfouir immédiatement son visage dans son oreiller. « Dégage.

— J'ai apporté de l'aspirine… » dit Dean d'une voix tentatrice. Sam, avec réticence, s'assoit et accepte la bouteille de cachets que Dean sort de la poche de sa robe de chambre.

Une fois qu'ils sont tous les deux remontés par les cachets et relativement réveillés – Dean doit remonter stratégiquement la couverture de Sam sur ses jambes pour éviter d'être traumatisé à vie – ils s'assoient tous les deux sur le canapé, côte à côte, la tête posée sur les coussins en essayant de bouger le moins possible. Dean jette un coup d'œil à Sam, une expression sombre sur le visage.

« Bon, crevons l'abcès, dit fermement Dean. De quoi tu te souviens ? »

Sam secoue lentement la tête, la bouche légèrement ouverte. « Juste des morceaux.

— Ouais, moi aussi », grommelle Dean. Il se passe une main sur le visage. « Je me souviens y aller… Cas a commandé une Baise Ultime… » Sam glousse à ce souvenir et Dean fait de même. « … on s'est assis avec nos shots… et puis… plus rien. »

Sam hoche la tête, les sourcils froncés. « Ouais, c'est pareil pour moi. » Son expression se trouble un peu plus, comme s'il essayait de donner un sens à ses souvenirs. « Dean… dit-il brusquement, horrifié. Je ne… Je n'ai pas fait de la pole dance, hein ? »

Dean se moque de lui – l'idée est infiniment amusante – et puis il se souvient.

« Bordel de merde ! s'exclame Dean en se redressant et en regardant Sam. Si ! Avec Gabriel, seigneur.

Dean ferme les yeux en essayant de bloquer les images des jambes de Gabriel enroulées autour de son frère, de la langue de Sam dans la gorge de l'archange. Il grogne. Il aimerait vraiment pouvoir tout oublier à nouveau.

« Oh, merde… » dit Sam, avec des yeux paniqués. « J'étais tellement… J'ai fait des trucs… avec Gabe… oh, merde. »

Sam est clairement troublé et Dean sait qu'il devrait l'aider mais il n'arrive pas à dépasser le sentiment qui fourmille sur sa peau en pensant à Sam et Gabe qui se pelotaient sur l'estrade, la chemise ouverte et les mains baladeuses. Il est presque sûr que c'est ce qui a causé son évanouissement, parce qu'il ne se souvient de rien après ça. Il espère que c'était un évanouissement viril, ou que quelqu'un l'a assommé par accident.

Il frissonne à nouveau, en regardant Sam avoir une mini-crise cérébrale à côté de lui, proche de l'hyperventilation. « Putain… il y a des choses dont je n'ai vraiment pas besoin de me souvenir », dit Dean. Sam lui jette un regard féroce.« Qu'est-ce qui t'as pris de le peloter, bordel ?! » glousse Dean en voyant l'humour de la situation. Il a de quoi l'embêter à vie avec cette histoire. « Moi aussi, j'avais un ange pour veiller sur moi et tu ne m'as pas vu le… OH MON DIEU ! »

Dean saute hors du canapé, sa robe de chambre s'ouvrant pour révéler son caleçon et rien d'autre. Sam couvre ses yeux. Les souvenirs commencent à envahir l'esprit de Dean : des cheveux noirs et doux sous ses mains, des yeux d'un bleu de glace lumineux, éclairés par un sourire heureux et hébété. Il se souvient d'avoir pressé ses lèvres contre celles de Cas, savouré son goût fruité sur sa langue, perdu l'esprit tandis que les mains de Cas se glissaient sous sa chemise…

« Dean, qu'est-ce qui ne va pas ? » demande Sam, la voix clairement amusée.

Dean se retourne pour lui faire face, les joues brûlantes, en se demandant si Sam est au courant.

« R… Rien, dit immédiatement Dean sans convaincre personne. Je dois aller… à l'étage. »

Sur ces mots, Dean s'avance rapidement vers les escaliers dont il vient et retourne dans l'intimité de la chambre d'ami, pour y retrouver ses foutus vêtements et peut-être découvrir ce qu'il a cru foutre en roulant un patin à son meilleur ami angélique la nuit précédente.


Quand Dean sort de la douche, il a moins l'impression que sa tête essaie de s'autodétruire, ce qui est une bonne chose, et il est presque sûr d'avoir relégué au fond de son esprit toute pensée concernant des séances de pelotage avec un ange. Il s'enroule dans une serviette, et après un regard hâtif dans le miroir pour évaluer les dégâts de la nuit dernière, il retourne dans la chambre d'ami. Dieu seul sait où est passé Bobby, et Dean espère qu'il va se matérialiser à un moment. Il a besoin de normalité. Vraiment.

Il s'avance jusqu'au lit où il a posé quelques vêtements après avoir cherché son sac pendant cinq bonnes minutes ; il finit par le trouver dans le placard à draps. Il est surtout étonné qu'un placard à draps existe dans la maison de Bobby. Il est sur le point de retirer sa serviette quand il entend un bruissement familier. Une sueur froide coule le long de sa nuque. Il déglutit et se fige, son caleçon à la main.

« Euh, bonjour Dean », dit Castiel derrière lui. Dean peut tout de suite dire qu'il est gêné.

Oh, ça va être tellement facile de dépasser ça, pense-t-il avec sarcasme, il est encore plus gêné que moi !

Dean se tourne en arborant un sourire faux. Sa respiration se coupe en voyant Cas, toujours sans son trenchcoat – que Dieu ait pitié de lui – avec ses cheveux ébouriffés et en pagaille, sûrement parce que Dean y a passé les mains la veille – il doute que Cas ait une brosse.

« Salut ! » dit-il en sachant que c'est trop joyeux. Castiel continue de faire des mouvements étranges avec les yeux ; il regarde Dean pendant une milliseconde avant de détourner furtivement le regard, puis il revient à lui, comme attiré par un aimant. « Tu vas bien ? »

Les yeux de Castiel croisent les siens et Dean jure que le visage de l'ange fond en un sourire amusé, comme s'il riait silencieusement devant une blague. C'est magnifique à voir. « Oui, Dean, je vais bien. Merci de le demander. » Un silence assez gênant pèse pendant un instant. « Tu vas bien ? As-tu pris les antidouleurs que je t'ai laissés ? »

La surprise envahit l'esprit de Dean, puis il pense qu'il ne devrait pas être choqué. Cas veille toujours sur lui. C'est une qualité très adorable. « Ouais, dit-il en souriant, merci, Cas. » Dean réfléchit un instant puis le regarde, légèrement abasourdi. « Attends… tu m'as porté jusque au lit ? »

Castiel déglutit devant cette question, et il détourne à nouveau les yeux. « O… oui. Je devais… tu étais inconscient, ça ne me gênait pas, tu n'es pas lourd, j'espère que tu ne m'en veux pas...

— Non, non ! crie Dean en interrompant Cas d'une manière embarrassante. C'est... euh, tout va bien. Merci. C'était sympa. »

Le visage de Castiel fond à nouveau ; il a l'air infiniment soulagé. Dean admet que c'est un peu étrange, mais il s'est donné tout seul la tâche de prendre soin de Dean, et c'est un peu… vraiment génial, en fait. Les anges pensent sûrement qu'il est parfaitement normal de porter quelqu'un dans escaliers, de le déshabiller et de le laisser en sous-vêtements, de le mettre au lit, de l'aider à vomir, de veiller sur lui jusqu'au matin…

D'accord, c'est peut-être simplement le truc de Castiel. Mais, sans savoir pourquoi, Dean ne s'en plaint pas.

Dean lui sourit, honnêtement cette fois-ci, et, pendant un instant, il oublie tout le reste. Puis, pour une raison ou pour une autre, il se rend soudainement compte qu'il est nu sous sa serviette. « Alors… tu t'es amusé la nuit dernière ? » demande Dean en essayant de dissimuler son rougissement soudain, tout en se détournant pour chercher un caleçon.

Castiel se fige, les yeux écarquillés, devant les épaules nues et humides de Dean. « O… oui. Ce fut une soirée très… frivole. »

Dean ricane devant sa formulation et se glisse dans un caleçon trouvé rapidement, tout en gardant sa serviette. Ça pourrait marcher, pense-t-il. Cas et moi, on n'est pas très démonstratifs. Tout ce que j'ai à faire, c'est d'éviter avec soin le sujet du baiser et nous pourrons prétendre que ça ne s'est jamais produit.

« Quel a été ton moment préféré ? » demande Dean sans y penser, en se tournant vers Cas. Il ne réalise que trop tard l'erreur de poser une question aussi ouverte. Ils se fixent du regard, en pensant exactement à la même chose.

Castiel, lui, est interloqué par la question de Dean. Le chasseur veut-il qu'il oublie le baiser ? Sera-t-il offensé si Castiel choisit un moment autre que le baiser et affirme que c'était le meilleur de la soirée ? Les humains sont si énigmatiques ! C'est pour ça qu'il a besoin de Gabriel – que Dieu lui vienne en aide.

Heureusement, à cet instant, Gabriel semble apparaître de nulle part, avec Sam sur son épaule comme un pompier porterait quelqu'un. Après être apparu entre Cas et Dean,Gabriel laisse tomber au sol un Sam ronchonnant – il a toujours mal à cause de sa gueule de bois – avec un large sourire devant le doigt d'honneur que lui adresse Sam.

« Eh bien, je suppose que vous vous êtes réconciliés, » dit Dean en souriant froidement à Gabriel. Il attrapa un tee-shirt derrière lui, parce qu'il en a marre d'être à moitié nu. Même si Sam n'est pas mieux que lui, uniquement vêtu de son caleçon et d'une couverture – le pauvre.

« Pourquoi aurions-nous besoin de nous réconcilier, Deano ?! » s'exclame Gabriel, en semblant toujours bien trop heureux pour l'état maussade et douloureux de Dean. « Quoi, parce qu'on a eu une session torride de strip-tease et de pelotage ?! » Sam grogne, toujours allongé sur le sol, et recouvre son visage avec la couverture qu'il tient. Gabriel lui sourit et s'allonge près de lui, le bras derrière la tête. « Il est cool avec ça, pas vrai, beau gosse ? »

Sam ne fait qu'un son qui ressemble à un doux sanglot. Gabriel lui tapote la tête, clairement satisfait que ça veuille dire oui.

Dean, qui a réussi enfin à enfiler un tee-shirt mais délaie le moment où il devra enlever sa serviette, risque un coup d'œil vers Cas, qui fusille Gabriel du regard.

« Euh, ouais. » Dean tousse un peu, ce qui attire le regard de Cas. « Content que vous soyez à nouveau potes. Au moins, je n'ai pas fait une putain de pole-dance. »

Le doigt d'honneur que fait Sam est adressé à Dean, cette fois-ci, mais il est bref – les mains de Gabriel ont commencé à s'aventurer sous la couverture. Apparemment, il s'ennuie bien trop rapidement. Sam s'aperçoit vite qu'il doit vraiment essayer de l'arrêter.

« Oh, de rien Dean-o ! » dit Gabriel tandis que ses doigts effleuraient le torse de Sam. « Du moins, je pense que ça pouvait être un remerciement… Qui sait. Tant que tu t'es amusé. » Dean ne veut pas que son regard s'aventure immédiatement vers Cas à ces mots, mais c'est tout de même ce qui se produit. « Même si tu devrais plutôt remercier mon petit frè… Aïe ! » Gabriel cille et regarde Sam, surpris. « Sammy… est-ce que tu viens de me mordre ? »

Sam hausse les épaules. Sa respiration est hachée après sa lutte pour repousser les mains de Gabe. « Ce sont des biens inestimables, Gabe. Je sais que tu as eu un avant-goût hier soir, mais je ne peux pas te laisser les peloter dès que l'envie t'en prend. »

Gabriel en reste bouche bée. Une lueur dans ses yeux scintille et Dean ne veut vraiment, vraiment pas la voir. Sam a un petit sourire et il reste environ cinq secondes à Dean pour s'enfuir avant de voir un Archange baiser son frère jusqu'à l'épuisement, mais Cas interrompt l'instant – que Dieu le bénisse.

« Dean n'a pas besoin de me remercier. Ou toi, d'ailleurs. » Gabriel détourne avec réticence son regard de Sam, avec un air mécontent. « Je doute qu'ils nous soient particulièrement reconnaissants pour leur gueule de bois et les nausées qu'ils subissent actuellement. »

Dean hausse les sourcils devant l'expression sauvage de Cas et il regarde avec intérêt Gabriel se lever pour se tenir devant lui. Castiel est sévère, ferme, et Gabriel essaie de lui faire baisser le regard, mais il finit par lever les yeux au ciel et détourner le regard. « D'accord, c'est bon. Peu importe. Ne me remerciez pas pour tous les verres que je vous ai...

— Les verres que tu as fait gratuitement apparaître ? » l'interrompt Castiel avec dédain. Dean ricane et Castiel le regarde, surpris.

Gabriel soupire. « On s'est bien amusé ! Arrête d'être un tel rabat-joie ! Écoutez, les garçons, si vous le voulez, moi et Cas on va se faire pardonner. » Dean fronce les sourcils et son regard alterne entre Cas et Gabe, curieux. Il ne s'y attendait pas. Sam écarquille les yeux en regardant Gabriel. « Nous allons vous enlever ces migraines, et nous avons un cadeau spécial pour vous. Notre manière de dire 'merci d'avoir sauvé le monde, crétins'. »

Dean avance d'un pas hésitant vers Cas. Chaque mouvement qu'il exécute porte en lui les souvenirs des pas qu'il a fait la nuit précédente, avant de l'embrasser. « Cas ? » demande Dean, les yeux fixés sur le visage de l'ange, en se forçant pour ne pas détourner le regard. « Un cadeau ? Il se fout de notre gueule ? »

Castiel semble confus un instant, puis, après un moment d'hésitation, s'avance d'un pas vers Dean. « Non », dit-il fermement, maintenant qu'ils ont vraiment violé les limites de leurs espaces personnels. « Nous avons eu beaucoup de mal pour le faire. »

Dean est stupéfait ; il ne s'attendait pas à ce que Cas s'approche autant, et maintenant que c'est le cas, il s'aperçoit qu'il est difficile de reculer. Il ne s'était pas encore rappelé de toutes ces sensations – être près de Cas, sentir l'odeur de pluie de sa peau, voir sa barbe de trois jours omniprésente et se souvenir de la façon dont elle s'est frotté contre son menton, entendre l'égratignure profonde de sa voix imprégnant l'air immobile.

Il peut sentir la respiration chaude de Cas ; il est près de lui à ce point. Dean ne s'est jamais senti aussi déchiré de sa vie. Il veut terriblement combler l'espace qui les sépare, mais sans savoir réellement pourquoi. Sa confusion lui donne envie de déguerpir de la pièce, de se cacher dans l'Impala ou dans l'abri de Bobby – n'importe où. Cas continue de le regarder et Dean n'a toujours pas bougé.

« Dean... » commence à dire Castiel, très doucement, et Dean regarde sa bouche former ce mot.

Une toux sonore les fait sursauter et les sort de cet instant gênant. Dean se recule hâtivement, en toussotant. Gabriel les regarde tous les deux, les sourcils haussés, un bras autour de Sam qui est toujours assis sur le sol avec un rictus amusé.

« D'accord, c'est quoi ce 'cadeau' alors ? demande Dean en ignorant la brûlure de ses joues.

— Les garçons, dit Gabriel tandis que ses yeux s'illuminent et que Sam le regarde avec lassitude, On vous emmène au Paradis. »


À suivre...