Et quoi ?
Chapitre 10
Le retour avait été bien trop long pour Coulson et pour Loki.
Pour Loki parce que ses petits lui manquaient, pour Coulson parce qu'il aurait voulu que le Captain soit déjà arrivé dans l'aile médicale du Triskelion. Sans compter l'éducation qu'il devait donner à Mjolnir. Maintenant qu'elle était sûre qu'on l'écoutait, le marteau babillait sans fin au fond de l'esprit de l'agent. Une bonne partie de l'attention de Coulson était donc en permanence occupée à expliquer le monde et les manières à avoir à Mjolnir. Le marteau avait du mal à comprendre un concept aussi simple que se tenir tranquille et FERMER SA PUTAIN DE GUEULE DEUX FOUTUES MINUTES !
Le pauvre agent allait finir catatonique à ce rythme.
Après la nouvelle tonitruante de Loki sur la survie du Capitaine, les toubibs n'avaient d'abord par voulu le croire. Jormugandr avait insisté lui aussi.
Steve était vivant ! Il l'entendait dans sa tête. Maintenant, si les guérisseurs voulaient bien faire leur boulot et s'occuper de lui, ce serait chou.
Dubitatif, le corps médical avait continué à réchauffer le cadavre puisqu'un cadavre congelé n'était réellement un cadavre qu'une fois chaud.
Un peu incohérent mais vrai.
Quand Steve avait lâché un râle épuisé, la panique s'était emparée des toubibs.
Le cœur du capitaine battait faiblement et à un rythme extrêmement erratique mais au moins, il battait.
Steve avait même ouvert les yeux un instant avant de sombrer dans le coma. Ce qui avait causé une seconde petite panique parmi les toubibs. Comment quelqu'un avait-il pu survivre ainsi à près de 70 ans dans la glace ? C'était impossible.
Ça c'était produit près de douze heures avant. A présent, le Bus avait amorcé sa trajectoire de descente.
Loki allait retrouver ses enfants dans peu de temps, Coulson allait pouvoir mettre son idole à l'infirmerie du Triskelion et… et quoi ?
L'objectif de Loki en arrivant sur Midgar avait été de rassembler ses enfants. A présent, c'était fait. Vali et Narfi étaient auprès de leur sœur avec les enfants qu'il avait eues de mortels… Il ne lui restait que ces trois fils à élever maintenant que le sort qui les emprisonnait était tombé.
La petite main de son fils se posa sur sa joue.
"- Mama. Il a peur."
Loki n'avait pas besoin de demander à son fils de qui il parlait.
"- On va aller le voir alors."
Loki quitta le canapé pour descendre dans la soute où l'infirmerie avait été installée. Coulson était resté près du Capitaine, au cas où il se réveillerait.
Jor sauta sur le lit médicalisé pour se bouiner contre l'humain.
Loki était encore un peu surpris par son fils. Malgré son très jeune âge, il lui semblait qu'il était plus mur dans sa tete que ses frères plus grands.
Dès que Jor fut glué à l'humain, la tension de ce dernier diminua.
Pendant les quelques heures de voyage, les toubibs avaient eu le temps de s'habituer. Ce n'était pas illogique. Ils étaient restés collés ensemble 70 ans après tout.
"- Je vais demander à Stark s'il accepterait d'héberger le capitaine pendant sa convalescence." Lança finalement Coulson.
Loki s'attendait à la chose depuis un moment à présent.
"- Pensez-vous que votre directeur acceptera ? J'imagine qu'il préfèrera l'avoir sous surveillance à votre Triskelion."
"- Pour l'instant, je me fout de ce qu'il veut. Ce qui compte c'est ce qui est bien pour le Capitaine. Et je doute que le séparer de votre fils le soit."
Loki ne dit rien. C'était une évidence.
"- Le changement d'époque va être douloureux."
"- Malheureusement, tenter de lui apprendre la chose en douceur le sera sans doute encore plus."
"- ETA 10mn" Prévint un agent
Coulson ne bougea pas, Loki non plus.
Quant à Jormugandr, il dormait, étroitement installé contre le Capitaine.
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"- Stark, arrêtez de faire l'enfant."
"- Vous avez pas besoin de moi."
"- Tony…"
"- Méééé qu'est-ce que vous voulez que je fasse de toute façon ?
Clint grimaça quand les rugissements de Fury gagnèrent encore quelques décibels dans son téléphone.
Rogers aurait dû être à l'infirmerie du Triskelion. Pas dans une ambulance du SHIELD détournée par Coulson qui roulait vers la tour Stark.
L'agent avait décidé de passer par-dessus les ordres de son patron pour emmener le Capitaine chez le milliardaire.
"- VOUS ME LES RENVOYEZ DES QU'ILS ARRIVENT !"
"- Oui chef."
"- ET ARRETEZ DE PRENDRE CE TON DE…"
"- Tonton Fury, tu m'as réveillé de ma sieste." Bouda Sleipnir en arrachant son téléphone des mains de Clint pour geindre.
Le soupir de Fury fut audible sans peine.
"- Désolé Poulain. Mais ce sont des histoires de grands."
"- Pfff. Vous les grands, vous compliquez toujours tout. Maman et petit frère ils arrivent avec un monsieur qui est tout pas bien dans sa tête. Maman et petit frère ils vont dans la tête des gens. Et si le monsieur il est malade tout court, ben tonton Tony il pourra toujours appeler un gens de chez toi pour le soigner. Alors pourquoi tu cries ?"
Fury lâcha l'affaire. Comment vouliez-vous protester quand les choses vous étaient présentées de cette façon, hein ?
Clint se retenait bravement d'éclater de rire en se mordant les lèvres.
"- ..Ouai. T'as sans doute raison, trésor. Je passerai tous vous voir demain."
"- OUAIIII ! Super !"
Et le gosse était en plus content de le voir ! Crevant… le Directeur raccrocha puis Sleipnir rendit son téléphone à l'agent.
"- Voila. Il ne crie plus et maman ramène le capitaine avec tonton Phil." Et le ton n'était plus aussi enfantin. Et de loin.
"- ….Manipulateur."
Sleipnir eut un large sourire d'innocence avant de jeter ses bras autours de la taille de l'archer.
"- Je t'aime aussi tonton Clint."
Tony eut un bruit de gorge écœuré.
Comment vous vouliez gagner face à ca ?
"- Monsieur ? Le véhicule de monsieur Coulson est là."
"- Envois leur le monte-charge, Jarvis." Soupira Tony. "Allons-y…."
C'est en trainant les pieds mais de son plein gré que Tony alla voir ce qu'il en était pour de vrai de ce fameux Captain America qui lui avait pourrit son enfance et sa relation avec son père.
Il resta saisit en voyant passer le brancard.
Le Capitaine semblait tellement jeune comme ça, tellement fragile malgré ses muscles et son physique d'Adonis… S'il se souvenait bien, il n'avait que 24 ans. Il était né le 4 juillet 1920 et avait disparu en 44… Un gosse. Un gamin qui avait vu et participé à plus d'horreurs que certains agents en fin de carrière n'en avaient jamais rencontrés.
Tony se sentit soudain à la fois bien petit et en colère.
Le Captain était-il réellement à la hauteur de sa légende ? Son père Howard avait-il eut raison de le considérer, lui, son fils, comme quantité négligeable par rapport à cet homme ?
A 24 ans, il passait plus de temps ivre ou défoncé à créer des armes qu'à faire quelque chose d'utile.
Alors oui Howard avait sans doute raison.
Une petite main se posa sur sa joue, le faisant sursauter.
"- Anthony ? Je vous présente Jormugandr, mon plus jeune fils." Enfin, le plus jeune encore en vie en tout cas.
Tony accepta la diversion avec plaisir. Il tendit les bras au gosse pour le prendre a cou sans même y réfléchir, comme il le faisait avec les deux autres. Il les avait tous acceptés avec une aisance qui le laissait encore pantois. Et il n'était pas le seul. Pepper en était à un point où elle évitait à présent de venir quand elle pouvait l'éviter. Elle n'aimait pas comment la vie de Tony s'articulait à présent être le prince, ses enfants, Barton et même Coulson. Phil avait été son ami à elle avant de devenir celui de Tony, presque par accident. Et voilà qu'il s'était presque installé là comme chez lui alors qu'elle se sentait même plus à sa place comme assistante de Tony. Peut-être était-ce une bonne chose qu'elle soit CEO à présent. C'était moins problématique qu'être la petite amie de Stark. Et moins dangereux.
"- Hé, salut bonhomme. Encore un futur bourreau des cœurs."
"- Bonjour monsieur Stark. Merci de l'asile que vous nous procurez, à mes frères, ma mère et moi."
Tony leva un regard interrogateur vers Loki qui haussa les épaules.
"- Et bien, pour un petit bouchon comme toi, tu as plus de vocabulaire et de tenue que tes deux frères réunit."
"- Papa n'aime pas quand je parle mal."
Là, par contre, Loki fut bien plus stupéfait que Tony ou Coulson.
"- Papa ?"
L'enfant sauta sur le brancard qui conduisait Steve à la chambre médicalisée qui lui avait été préparée.
"- Papa !"
Coulson et Tony ouvrir de grand yeux ronds avant de jeter un regard suspicieux à Loki qui n'y comprenait plus rien.
"- Le père de Jor est Hogun. Pas le Capitaine. Jor a plusieurs de vos siècles !"
Qu'est-ce que c'était que cette plaisanterie ?
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Steve ouvrit lentement les yeux.
Une douce musique, du jazz, était jouée en sourdine non loin. A la radio ? Pourtant, la qualité de son était meilleure que tout ce que le jeune homme avait jamais entendu.
Il mit un instant à focaliser sa vision sur le plafond.
Il était d'un blanc parfait. Trop parfait. Jamais de sa vie il n'avait vu une peinture aussi égale. Si tant est que ce fut de la peinture d'ailleurs. On aurait plutôt dit comme un verre opaque et opalescent.
Il se redressa lentement. Où était-il ?
De la lumière, tamisée, venait de ce qui semblait être une fenêtre protégée par un épais rideau qui l'empêchait de voir l'extérieur.
"- Bonjour Monsieur Rogers. Je suis JARVIS. Monsieur Stark ne va pas tarder. Je vais vous demander de ne pas trop bouger. Votre état est stable mais nous voudrions procéder à quelques examens pour nous en assurer."
Steve avait immédiatement bondit. D'où venait cette voix ?
Par contre, il ne paniqua pas. Jarvis, Stark… Oui, Howard lui avait parlé avec affection de son majordome anglais.
"- Edwin Jarvis."
"- Je suis heureux de voir que vos fonctions cognitives supérieures semblent fonctionnelles." Salua l'IA.
De l'autre côté d'un grand miroir sans teint, Fury, Coulson, Clint, Loki et Tony observaient le réveil du capitaine.
"- Bon, vous avez peut-être eut raison." Finit par reconnaitre de mauvaise grâce le directeur.
Le SHIELD avait préparé toute une salle pour faire croire aux années 40. Mais sans visage rassurant, ni même de nom connu, une catastrophe aurait facilement pu avoir lieu.
"- Alors, vous y allez, Stark ?"
Tony soupira lourdement.
"- Faut bien."
"- Soyez doux avec lui, Anthony. Toute sa vie à disparue dans les limbes du temps. Il ne lui reste rien d'autre que vous. Vous êtes tout ce qui le rattache à son passé. Ne vous étonnez pas s'il s'accroche à vous comme un poussin à sa mère." Prévint Loki.
"- Charmant." Râla Tony.
Il sortit de la chambre d'observation pendant que Jarvis prévenait Steve que Tony arrivait.
Le Captain n'avait presque pas bougé, confus simplement par la pièce dans laquelle il était. Les objets étaient différents. Tout était différent.
Même la qualité de l'air était différente.
"- Il va y arriver ?"
"- Faites-lui confiance, Nicholas. Anthony est plus responsable et capable que vous lui en donnez crédit.
Nick grogna.
"- Je sais Prince Loki. Je suis juste…."
"- Protecteur et possessif comme le père que vous n'êtes pas."
Nick se sentit rougir légèrement.
"- Ne dites pas n'importe quoi"
Mais même Coulson eut un petit sourire en coin. Il savait que Fury avait passé toute sa carrière à surveiller de loin celle de Tony. Le génie avait été un gosse à problème que son père n'avait jamais aimé. Quand il était arrivé au SHIELD, la directrice de l'époque s'était assuré qu'il comprenne bien l'importance de Tony. Le jeune agent s'était attaché à ce gosse insupportable et dangereux, pour lui-même comme pour les autres. S'il ne pouvait rien faire pour lui directement, il l'avait surveillé de son mieux quand même.
Nicholas Joseph Fury n'aimait pas qu'on lui rappelle qu'il n'était pas qu'un salaud sans cœur.
Il avait trop sacrifié pour se permettre d'avoir des états d'âme. Les états d'âmes conduisaient invariablement aux regrets et les regrets à la peine. Ca suffisait bien de s'être attaché à cette créature venue d'ailleurs et sa progéniture.
"- Stark va entrer."
Oui, voilà. Changeons de conversation.
Steve Rogers n'était et n'avait jamais été un imbécile. Un idiot parfois, mais jamais un imbécile. Avec le sérum, son intelligence avait fait un bond en avant assez remarquable. Il n'était pas un génie comme Stark évidement. Mais certaines parties de son cerveau avaient largement profités. Son instinct, son sens de l'analyse, entre autre, avaient pris un sacré coup de booster. Il ne lui était donc pas compliqué de savoir que quelque chose n'allait pas, malgré l'impression cotonneuse qui lui restait dans la bouche.
Combien de temps avait-il dormit pour se sentir aussi mal ?
Comment l'avaient-ils trouvé ?
Et surtout, comment pouvait-il être encore en vie ?
Il se rappelait de l'eau glacée qui lui rentrait dans la bouche. Il n'avait même pas tenté de se débattre. Il n'avait aucune chance de s'en sortir. Il avait aspiré l'eau comme une délivrance. Certes, il allait mourir. Mais il aurait sauvé des gens. Il allait retrouver son Bucky. Etait-ce si grave ? Il n'accompagnerait pas Peggy danser mais entre retrouver Bucky et danser avec la dame, le choix n'était même pas un choix.
L'eau avait pénétré ses poumons, le paralysant en une seconde tellement elle était froide. La terreur et l'instinct de survie avaient déferlés en lui. Il s'était enfin débattu. Il avait cherché à sortir de la carlingue de l'appareil, déjà presque aveuglé par son cerveau qui s'engourdissait sous le froid. Il avait réussi à en sortir, il en était sûr. Puis quelque chose l'avait attrapé et l'avait poussé vers la surface. Il ne l'avait jamais atteinte. Le froid l'avait engloutit tout à fait puis….plus rien….
Il devrait être mort.
"- Monsieur Rogers ? Monsieur Stark voudrait entrer."
Steve rougit. On avait frappé et il n'avait pas entendu ?
"- Ho ? Désolé. Oui. Bien sûr."
Le visage du jeune homme se ferma. Howard… Howard l'avait trouvé. Il ne savait pas s'il en était heureux ou pas. Bucky allait encore l'attendre maintenant.
"- Hé, salut cap."
Steve haussa un sourcil. Qui était cet homme ? Ce n'était pas Howard, c'était sûr. Il salua le nouveau venu d'un signe de tête, sur la défensive.
Tony se passa une main sur la nuque, comme Howard quand il était décontenancé.
"- Ha. Oui. C'est vrai. Tu sais pas qui je suis."
Tony était affreusement mal à l'aise. Malgré sa réaction instinctive de rejet pour le Capitaine, c'était le Cap quoi ! Et le petit garçon en lui qui avait été enlevé aux histoires de Steve Rogers ne pouvait que se sentir affreusement petit et mal à l'aise devant ce bout d'histoire et d'héroïsme décongelé.
Tony lui tendit la main pendant que derrière le miroir sans teint, Fury se frappait le front de la paume en râlant.
"- Anthony Edward Stark. Mais tout le monde m'appelle Tony. Howard était mon père."
Steve ne prit pas sa main. L'ingénieur finit par la laisser retomber le long de son flanc.
Un long silence désagréable se fit jusqu'à ce que le Capitaine n'arrive à assimiler ce que venait de lui dire l'homme devant lui et ce que ça signifiait.
"-….Howard est mort….et la guerre est finie…Depuis longtemps." Finit-il par murmurer, comme dans l'espoir qu'on le détrompe.
Le cœur de Tony se serra.
"- Je suis désolé, Capitaine. Mon père a été assassiné il y a une vingtaine d'années et….oui le temps a passé."
"- …Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ?"
"- Vous avez dormit. Dans la glace. Pendant presque soixante-dix ans."
Le tact, c'était pour les tapettes.
Steve chancela.
Immédiatement, Tony fut près de lui pour le soutenir. Un bras autours de sa taille, il le repoussa gentiment vers le lit pour qu'il s'y asseye.
"- Vous avez été retrouvé il n'y a que quelques semaines. Howard n'a jamais cessé de vous chercher." Aussi amer Tony pouvait-il être de la chose, autant pouvait-il comprendre que savoir qu'il n'avait pas été abandonné à son sort pouvait être un soulagement pour le Cap. "Vous avez été finalement retrouvé et réchauffé. Vous étiez congelé mais entre le sérum et Jor, vous avez survécut. Le SHIELD voulait vous garder pour eux mais votre fan number one a préféré vous cacher ici. Je sais pas ce que le SHIELD voulait faire pour vous habituer au nouveau millénaire, mais c'était pas une bonne idée.
"- Monsieur ? Je constate une forte augmentation de stress en provenance de monsieur Rogers."
Tony se passa la main dans les cheveux.
"- Ha. Je parle trop et n'importe comment." Son père le lui reprochait assez.
Un petit sanglot échappa à Steve, accompagné d'un pauvre sourire.
"- Howard fait…Faisait la même chose. Il parlait tout le temps, comme si les mots pouvaient être une armure contre les autres."
Tony resta silencieux, un peu choqué. Son père faisait ce qu'il lui reprochait ?
Steve serraient les mains si fort que ses jointures étaient blanches. Pourquoi Tony le remarquait-il ? Sans doute parce que ses ongles étaient en train d'entamer sa peau. Il prit les mains du capitaine dans les siennes. Le simple contact humain sembla retirer une grande part du stress du pauvre homme.
"- Ca va aller Cap…" A le sentir se raidir à nouveau, Tony serra ses mains. "Ça va aller Steve. Je sais que ça fait beaucoup, que ça fait peur, mais tout va bien se passer. Vous êtes avec des amis ici."
"- ….En quelle année ?"
"- 2011."
Un nouveau sanglot échappa au capitaine.
"- Peggy ? Mes amis ?"
"- L'agent Carter s'est marié et…C'est son fils qui vous a sorti de la glace. Elle est encore en vie mais sa santé n'est plus ce qu'elle était évidement. Elle sera heureuse de vous voir." Tony fit signe a Coulson de venir.
L'agent hésita mais Loki le téléporta simplement dans la pièce en levant les yeux au ciel. Barton ricana sans pitié. Il adorait son supérieur, vraiment, mais parfois, un petit coup de pied aux fesses ne faisait de mal à personne, pas même à lui.
"- Steve ? Voici l'agent Philip Coulson."
"- Bonjour Capitaine." C'était étrange de voir le digne agent aussi timide qu'un enfant de 8 ans devant son idole.
Steve fixa l'agent un moment avec tellement de peine dans l'œil que Phil regretta immédiatement d'être là. Puis un sourire aussi douloureux que réel apparut sur les lèvres du Cap.
"- Je suis heureux de savoir que Peggy a été heureuse. Parce qu'elle l'a été n'est-ce pas ?"
"- Mes parents ont eu un excellent mariage." Rassura Phil.
Son père était mort quand il était encore jeune, pendant une mission, mais il se souvenait que ses parents étaient profondément heureux. Avec ses sœurs, il était le plus jeune, ils avaient eu une enfance tout à fait équilibrée pour les enfants de la première Directrice du SHIELD et d'un agent Level 10. Si ni lui, ni ses sœurs ne portaient le nom de leurs parents, c'était exclusivement pour les protéger pendant qu'ils étaient jeunes. Après, l'habitude avait été prise. Peu de monde savait que Maria Hill était sa nièce. La famille Carter s'était enterrée un peu partout dans les rouages de la grosse machine qu'était le SHIELD. A la dernière réunion de famille, sur les neuf enfants qu'ils étaient, ils n'étaient que deux à ne pas avoir produit leurs propres rejetons. Ce qui n'avait pas empêché le nombre des descendants Carter d'approcher les quatre-vingt. La moitié d'entre eux appartenaient au SHIELD et sur ceux qui n'y étaient pas, la moitié encore était dans une autre agence. De nouvelles tête arrivaient chaque année et chaque année, de nouveaux jeunes adultes, des arrière-petits enfants précoces à présent, signaient ça ou là. Mais le SHIELD était quand même celui qui récupérait le plus de suffrages.
Steve eut un autre sanglot.
Maladroit tous les deux, Tony et Phil s'entre regardèrent. Et maintenant ? Ils faisaient quoi ?
"- Vous voulez voir à quoi ressemble la ville maintenant ?"
Le Capitaine releva un visage noyé de larmes à Tony qui se sentit soudain bien honteux. Comment pouvait-il être jaloux de ce pauvre gars ? Certes, c'était Captain America. Mais bon sang, c'était surtout Steve Rogers. Un brave type de Brooklyn qui avait tout perdu, qui avait été utilisé comme cobaye sans qu'on lui dise réellement ce qu'il risquait, puis avait été jeté dans une guerre qu'il n'aurait jamais dû connaitre.
"- Venez."
Plus gentiment que Fury ne l'aurait attendu vu la détestation de Tony pour l'icône qu'était le Capitaine, Stark le fit se relever avec l'aide de Coulson.
A eux deux, ils l'emmenèrent à la fenêtre.
"- Jarvis, ouvre les rideaux s'il te plait."
Steve du détourner la tête, aveuglé un instant par la luminosité du dehors qui lui brulait des yeux.
"- Jarvis, occultation des vitres, 25%"
La luminosité décrut immédiatement à mesure que les vitres se polarisaient, sans trop restreindre la vision.
Le capitaine pu regarder la ville en dessous d'eux.
"- Où…."
"- New York. Nous somme à la tour Stark.
Steve se colla lentement à la vitre. La ville était si haute, si différente de tout ce qu'il avait connu. Et pourtant tellement identique quelque part. La statue de la liberté là-bas, qui avait accueilli ses parents quand ils avaient débarqués d'Irlande, l'Empire State Building…La ville toujours pressée et puante…
"- Vous allez rester ici le temps de vous remettre physiquement." Imposa Phil. "Ensuite, il sera temps de vous introduire à cette nouvelle époque. Ha ! Et votre fils veut vous voir on dirait."
Steve se retourna à la vitesse de la lumière. Son fils ? Que…Il n'avait jamais…
Mais c'était un petit bambin, presque un bébé, qui attendait timidement dans l'encoignure de la porte.
"- Jormugandr Lokison !" Un grand type aux longs cheveux noirs vint ramasser le gosse, visiblement mécontent. "Qu'est-ce que tu fais ici, serpenteau. Je t'ai dit de rester avec tes frères."
"- Je veux voir papa."
"- Jor…"
Le gosse se téléporta directement dans les bras de Steve qui ne le rattrapa que par pur reflexe.
Les yeux du capitaine s'ouvrirent démesurément lorsque l'esprit de Jor effleura le sien. Il connaissait cette sensation. Il connaissait cette voix… Oui. C'était elle…C'était elle qui l'avait empêché de mourir, de devenir fou… Ce n'était pas réellement des souvenirs qui remontaient. Ou peut-être que si ? Mais oui…Il connaissait cet enfant. Il avait passé des heures…Des jours…Des mois ? Plus ? À lui parler. A lui raconter des histoires, à lui apprendre à lire sur le tableau noir de son esprit engourdit par le froid.
Dans la glace, ils n'avaient plus été que ça, deux esprits qui se touchaient, un adulte terrifié et qui sombrait lentement dans la folie et un enfant perdu et abandonné, à demi sauvage, qui cherchait désespérément quelqu'un à qui se raccrocher pour ne pas sombrer dans l'animal qu'il avait été forcé de devenir par ses propres grands-parents
Le lien entre les deux était aussi fort et présent qu'entre Loki et Jor.
Dans un concept totalement jotun des liens familiaux, Loki était bien la mère de Jor et Steve son père, même s'il n'en était pas le géniteur.
Loki s'était étonné de la maturité du petit serpent abandonné. Il en avait l'explication devant les yeux. Si sa mère n'avait rien pu faire pour lui, Jormugandr c'était trouvé un père pour l'élever en attendant que Loki le retrouve.
Loki vint poser une main sur la joue du capitaine.
"- Merci…."
Le petit serpent passa ses bras autour du cou de Steve.
"- C'est bien de te voir vivant tu sais, papa !"
Le capitaine ne put que rendre l'étreinte à l'enfant.
"- Je suis content aussi, Jor."
Oui…il se souvenait maintenant.
Nick soupira lourdement.
Allaient-ils finir de se prendre des dettes envers le jotun à un moment ? Ça en devenait louche.
