Salut à tous ! La sortie de ce chapitre-ci a pris plus de temps à sortir à cause des vacances, de la non connexion internet et de problèmes d'ordinateur, mais c'est probablement mieux vu que la rentrée approche et que le temps libre en deuxième année de prépa tend vers 0.

Merci à crossfan66 et LeaPlume pour les reviews.

Pour ce chapitre, je crois que le titre est plutôt explicite :D

Bonne lecture !


Chapitre 9 : La Cérémonie de la Répartition


Les barques franchirent un rideau de lierre qui cachait une ouverture dans la roche sous le château, les menant jusqu'à une petite crique. Shrek les fit descendre sur le sol rocheux et les amena à travers un passage taillé à même la pierre qui déboucha sur une immense pelouse s'étendant à perte de vue de presque tous les côtés. L'ombre menaçante d'une forêt s'élevait à l'horizon, tandis qu'à quelques dizaines de pas du groupe d'élèves se tenait le plus immense et le plus majestueux château qu'ils n'avaient jamais vu.

Les première année s'avancèrent vers cette formidable masse de pierre enchantée en poussant des exclamations d'admiration et de surprise. Au fur et à mesure qu'ils montaient les marches, les enfants des plus prestigieuses familles de sang pur, dont Mérida et Elsa, partagèrent une même pensée. La totalité de leur propre demeure rentrerait facilement dans une seule aile de Poudlard. Raiponce était époustouflée par la taille des tours, tandis que Harold se disait qu'un tel château serait une vraie protection contre les attaques de dragons sur Beurk. Jack et Flynn étaient simplement estomaqués par une telle énormité, particulièrement le premier qui n'avait jamais supposé l'existence de quelque chose de si immense.

Shrek stoppa la foule derrière lui d'un geste de la main et franchit les derniers mètres qui le séparait de la gargantuesque porte d'entrée en chêne massif du château. Jack se fit la réflexion qu'un des arbres près de sa maison pourrait y passer. L'ogre frappa trois coups sur la porte qui résonnèrent dans le crépuscule d'une manière très solennelle.

Les battants commencèrent immédiatement à pivoter mais l'ouverture complète de la porte prit un temps qui semblait incroyablement long aux élèves. Elsa se doutait que c'était pour accentuer la gravité et la solennité de cette situation qui ne leur arriverait qu'une seule fois dans toute leur vie.

Une sorcière se tenait dans l'ouverture de la porte. Vêtue d'une robe dorée et brillante, elle attendait les élèves en souriant. Les enfants de moldu et Raiponce reconnurent aussitôt Clarion. La sous-directrice de Poudlard se présenta et mena les élèves à travers le vaste et magnifique hall de l'école. Elle s'arrêta et se tourna vers la masse de première année après être arrivée devant une nouvelle porte, moins gigantesque que celle de l'entrée, mais suffisamment grande pour laisser passer un troll, chuchotait Mérida. Clarion commença un discours sur la répartition des élèves, les différentes maisons de Poudlard, la compétition pour la Coupe des Quatre Maisons, mais elle insista également sur l'importance de garder cette compétitions saine, de lier des liens d'affection et de coopération entre les élèves et les maisons et de promouvoir la tolérance, l'éducation et la compréhension ente tous.

Clarion marquait de nombreuses pauses dans sa tirade afin que ses paroles imprègnent bien les esprits des jeunes devant elle. Raiponce était impressionnée par sa professeure, malgré les quelques élèves turbulents qu'il y avait eu dans les bateaux, un silence presque religieux régnait parmi les enfants.

— Bien, termina la jeune femme, je reviens vous chercher très vite, dès que tout est fin prêt.

Elle s'immisça rapidement dans la salle de banquet de laquelle résonnaient les clameurs des élèves plus âgés. L'estomac de Mérida laissa échapper une plainte sonore qu'elle tenta de dissimuler. Elle mourrait de faim, mais ses camarades étaient tous dans le même cas. Ils ressentaient également tous ce mélange de tension, d'appréhension et d'excitation. Raiponce s'avança parmi ses amis et observa les quelques élèves. Autour d'eux, il y avait le groupe du garçon qu'elle avait vu au Chemin de Traverse, la brune à l'air rêveuse et le jeune asiatique aux cheveux en pagaille qui trépignait d'impatience, encore plus que Mérida, ce qui surprenait la blonde. Des murmures recommençaient à circuler en l'absence de la professeure.

— Alors, dans quelle maison pensez-vous être envoyé ? questionna la fille aux cheveux d'or, sans viser quelqu'un en particulier. Moi je pense que Serdaigle m'irait bien.

— Gryffondor bien sûr ! s'exclama Mérida, sans hésiter un instant.

— Mon père aimerait certainement que j'y aille aussi, ou alors à Serpentard, répondit Harold en tentant d'apercevoir le plafond du hall, mais je ne pense pas que ce soient des maisons pour moi. Alors je pense plutôt à ...

Il fut interrompu par un poing s'écrasant sur son épaule le faisant pousser un petit cri de douleur et de surprise. Astrid posa son coude sur l'épaule endolorie d'Harold et lâcha, en se penchant vers la rousse :

— Gryffondor ou Serpentard, il n'y a pas mieux pour un viking.

Flynn et Jack les observèrent sans rien dire, ils n'avaient aucune idée de quelle maison était la plus intéressante, ils étaient déjà contents d'être à Poudlard. Ce qui les intéressait était de poursuivre leur rêve.

Les autres n'eurent pas le temps de se joindre à la discussion que les élèves turbulents du fond s'écrièrent à leur égard en riant avec mépris :

— Il n'y a même pas à discuter, Serpentard est la meilleure maison. Et là bas, il ne risque pas d'y avoir des sang-de-bourbes pour en souiller la réputation.

La plupart des conversations s'arrêtèrent à ces mots et les élèves se tournèrent vers la source de ces paroles, sentant une proche confrontation. Mérida et Harold s'étaient presque étouffés en entendant dire ça. Jack les fixait avec prudence, se doutant qu'il avait en face de lui les puristes du sang dont lui avait parlé Eraqus. Raiponce, elle, se tourna naïvement vers ces élèves qui les regardaient avec arrogance et posa la question qu'il ne fallait pas.

— Qu'est-ce qu'un «sang-de-bourbe» ?

Les ricanements se firent plus forts, un des garçons au teint hâlé s'approcha et lança avec mépris.

— Si tu ne sais pas ça, c'est que tu dois en être une. Ce sont ceux qui se prétendent sorciers alors qu'ils ont des parents moldus.

Il avait presque craché le dernier mot, comme s'il était intrinsèquement sale. Tout le corps se Flynn se contracta de colère et de dégoût. Jack serra les poings et les dents tandis que Raiponce, choquée, recula d'un pas et essaya de dire quelque chose mais le garçon s'avança encore et l'invectiva méchamment.

— Tu devrais rentrer chez toi, tu n'as rien à faire ici !

Des mouvements de foule se firent sentir, les enfants au premier rang se rapprochaient de la scène également et Mérida se lança devant son amie pour s'interposer. Son visage était presque aussi rouge que ses cheveux, mais cette fois, ce n'était pas d'excitation.

— Tu te prends pour qui toi ?! Attaque encore mon amie et t'auras à faire à moi !

Les rires des enfants derrière s'intensifièrent, Raiponce tentait de marmonner à Mérida que tout allait bien mais celle-ci était bien trop énervée pour s'arrêter. Des bras attrapèrent Mérida par derrière, celle-ci se retourna furieusement. C'étaient les deux garçons qui étaient sur la barque de Pocahontas, ils semblaient eux aussi en colère, mais gardaient leur calme.

— Laisse-les, ils n'en valent pas la peine. Et puis vous n'allez quand même pas enfreindre le règlement avant même d'avoir été répartis parmi les maisons, intima un des garçons à Mérida.

— Typique des Gryffondor ce comportement, ria le garçon aux cheveux bleu violet, vous n'avez rien à dire d'autre.

Mérida bouillonnait de l'intérieur mais elle rentra dans le rang à côté de Raiponce et d'Harold qui tentaient de la calmer. Elsa observait Flynn et Jack qui serraient les poings, le regard fixement vissé sur la grande porte. Elle soupira et se tourna à son tour, toisant les enfants de sang pur du fond.

— Ceux qui n'ont pas leur place à Poudlard, commença-t-elle d'une voix glaciale, sont ceux qui ne font aucun effort, et qui pensent que leur ascendance et leur talent naturel les placent au-dessus des autres et les dispensent de travailler.

Ces garçons se contentèrent de fixer méchamment Elsa, qui leur lança un dernier regard dédaigneux avant de retourner à sa place. À sa gauche, Astrid chuchota un léger «Whoa», tandis que le bruit des discussions reprenait à nouveau. Flynn s'était détendu et hésitait à remercier Elsa pour son intervention. Jack l'observait en coin avec gratitude. Elle ne connaissait certainement pas ses origines, mais son instinct ne l'avait pas trompé, c'était une fille bien. Quant à elle, elle prit un instant pour regagner contenance et se tourna vers Raiponce.

— Serdaigle.

— Pardon ?

— La maison que je préfère. Serdaigle, je pense aussi que c'est la plus intéressante, répondit Elsa en souriant.

Au même moment, la porte s'ouvrit avec un grand fracas, faisant taire les conversations. Clarion se tenait à nouveau dans l'encadrement, derrière elle, les nouveaux élèves voyaient quatre immenses tables alignées, toutes remplies d'élèves qui les regardaient avec attention. Tout au fond, il y avait une autre table, perpendiculaire aux autres, sur une estrade où siégeaient les professeurs qui jetaient des regards bienveillants sur les enfants apeurés par une telle dose d'attention subitement.

— Bienvenue dans la Grande Salle, leur annonça Clarion d'un ton jovial. Suivez-moi.

Les élèves, pour passer entre les tables se mirent en file indienne. Harold observa le plafond et constata qu'il n'y en avait pas, c'était comme ce qu'on lui avait raconté, il avait été enchanté et des bougies flottaient dans les airs, éclairant toute la pièce. Tous les première année se serrèrent dans un espace entre la table des professeurs et celles des élèves, tandis que Clarion montait lentement les marches de l'estrade pour venir se placer à côté d'un petit tabouret où était posé un vieux chapeau rapiécé. Celui-ci s'anima et une bouche s'y dessina. Il chanta une chanson expliquant comment il allait départager les élèves, décrivant les différentes maisons de Poudlard et prônant la tolérance et l'entraide, à la manière de Clarion tout à l'heure. De légères interjections de désapprobation se firent entendre dans le groupe des élèves, elles étaient néanmoins suffisamment contenues pour qu'elles ne soient entendues que par les première année. D'un geste, la professeur fit apparaître un long parchemin et quand elle commença à parler, le silence retomba sur la salle.

—Quand j'appellerai votre nom, vous vous assiérez et mettrez le Choixpeau sur votre tête. Il désignera la maison à laquelle vous appartiendrez pour le reste de votre scolarité. Kristoff Bjorgman.

Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Flynn vit la carapace calme du blond se fissurer et celui-ci paraître nerveux. Pendant que Kristoff montait les marches vers le tabouret, Jack se pencha et demanda très rapidement à ses amis issus de famille de sorciers si c'était bien sérieux de laisser le choix de leur maison à un chapeau parlant.

— Il a été enchanté par les 4 Fondateurs de Poudlard, lui répondit Elsa à voix basse, il répartit les élèves depuis plus d'un millénaire et on dit qu'il ne s'est jamais trompé lors de son choix.

Jack et les autres reportèrent leur attention sur Kristoff qui avait posé le chapeau sur sa tête, il y eut quelques secondes de flottement avant que celui-ci s'exclama :

— Poufsouffle !

Des acclamations se déchaînèrent de la table de droite et Kristoff s'y rendit en souriant.

— Raiponce Black ! appela maintenant Clarion.

La blonde s'immobilisa et déglutit, un immense stress s'abattant soudainement sur ses épaules. Mérida la poussa légèrement dans le dos en lui chuchotant des encouragements. Une fois assise sur le tabouret, Raiponce eut le temps d'apercevoir toute la salle qui avait le regard fixé sur elle et d'entendre une myriade de chuchotements interloqués, avant que le Choixpeau ne recouvre légèrement ses yeux. La jeune fille sentit une présence s'immiscer dans son esprit, elle sursauta légèrement lorsque le Choixpeau quadrilla ses souvenirs, sa personnalité, ses goûts, absolument tout son être en un instant. Puis, chose tout à fait surprenante pour Raiponce, celui-ci se mit à parler à l'intérieur de sa tête.

— Fascinant. Tu as une vie plutôt incroyable. Une histoire et un potentiel dont tu ne te doutes même pas. Je vois du courage, beaucoup de courage, un sens du sacrifice, mais également de la peur, mêlée à énormément d'innocence, de gentillesse, de patience, de tolérance, une totale honnêteté, un amour de la vie et de la nature, de grandes qualités pour Poufsouffle. Mais tu possèdes aussi une grande intelligence, une immense soif de découverte, beaucoup d'imagination et de créativité. Tu rêves d'être libre. Et tu as du potentiel, oh oui. Tu as de quoi devenir une très grande sorcière. Et je ne parle même pas de ton don si spécial. Tu aimerais savoir pourquoi tu possède un tel pouvoir, n'est-ce pas ?

Tout le corps de la jeune fille se tendit lorsque ces pensées se déversèrent dans son esprit. Le Choixpeau savait tout. Et s'il révélait le secret de ses cheveux aux professeurs ? Comment allait réagir sa mère ? Raiponce commença à trembler légèrement.

— Ne t'inquiète pas jeune fille, je ne révèle jamais les secrets des élèves. Même si je pense que cela serait certainement très bénéfique pour toi. J'ai trouvé la meilleure maison pour répondre à ta soif de questions et pour accueillir parfaitement ton imagination débordante.

— Serdaigle ! hurla le Choixpeau.

Raiponce souffla longuement, cela avait été une rude épreuve. Elle reposa le Choixpeau et se dirigea vers la table d'où provenaient les applaudissements les plus sonores. Au passage, elle sourit aux signes de victoire de ses amis, elle avait été placée dans la maison qu'elle souhaitait. La blonde prit place à un des sièges libres qui semblaient avoir été spécialement réservés pour les nouveaux membres des maisons.

— Bienvenue à Serdaigle ! l'accueillit un élève plus âgé avec le même insigne qu'elle avait vu sur la robe d'Anya. Raiponce le remercia et l'observa plus en détails. Il était asiatique avec les cheveux courts et ressemblait beaucoup à un des première année.

— Philippe Capet !

— Gryffondor ! s'exclama le Choixpeau une fraction de seconde plus tard.

Raiponce se recentra sur la répartition, plusieurs élèves avaient déjà appelés.

— Belle Daavil ! continua Clarion.

La brunette rêveuse prit place sur le tabouret, la décision du chapeau magique ne se fit pas attendre.

— Serdaigle !

La blonde se joignit aux applaudissements de sa nouvelle maison. Avant qu'elle n'ait pu commencer à faire connaissance avec sa nouvelle camarade, Clarion appela l'élève suivante.

— Mérida DunBroch !

La rousse prit une grande inspiration. Le moment qu'elle attendait tant arrivait enfin. Elle entendit à peine les encouragements de ses amis et courut presque vers le Choixpeau qu'elle enfonça sur sa tête d'un mouvement.

— Oh oh oh ! Je n'ai absolument aucun doute sur le choix de ta maison, ria mentalement l'objet magique dans la tête de Mérida. Tu possèdes un très grand courage, beaucoup d'intrépidité et un désir d'indépendance et de liberté mais un esprit noble et chevaleresque. Tu souhaites ardemment faire tes preuves et être reconnue telle que tu t'estimes être. Pourtant il te faut apprendre à te canaliser jeune fille et tu pourras devenir celle que tu veux.

— Gryffondor !

Un rugissement sonore provint de la table à l'extrême gauche. Elle arbora un sourire fier et c'est rayonnante de joie que la rousse partit rejoindre sa nouvelle maison en courant. L'autre Gryffondor, Philippe la salua d'un signe de tête en souriant alors que d'autres élèves plus âgés riaient aux éclats en la sollicitant de toutes parts. Pourtant le meilleur accueil fut celui d'une autre rousse qui empoigna Mérida sous les bras et la lança en l'air en criant «Yee Ha !». Mérida éclata de rire et commença à discuter en criant avec Jessie, mais ils furent rappelés à l'ordre.

— Du calme, s'il vous plaît, soupira Clarion, avant de reprendre l'appel des élèves. Les acclamations des Gryffondor retombèrent et les élèves s'assirent, ce qui n'empêcha pas Jessie de donner un coup de coude à Mérida avec un sourire éclatant. La plus jeune était aux anges, elle se tourna vers ses amis qui levèrent le pouce en signe de victoire. Plusieurs élèves furent appelés avant que la jeune fille ne réussisse à sortir de sa transe joyeuse mais elle y replongea aussitôt. Tarzan Greystoke fut envoyé à Gryffondor et la débandade recommença mais Mérida réussit à sa calmer plus vite cette fois-ci.

— Harold Horrendus Haddock, le IIIe, appela Clarion.

Celui-ci avait les jambes en coton, il ne parvenait plus à prononcer un mot, Jack dut le pousser légèrement pour qu'il aille vers le tabouret. Le trajet sembla durer une éternité pour Harold qui n'arrivait plus à respirer non plus. Et s'il n'était pas choisi par le Choixpeau ? Et si on le renvoyait chez lui ?

Le stress s'estompa légèrement avec la chaude obscurité apportée par le trop grand chapeau. Le jeune viking parvint à se calmer et à recommencer à respirer. Il sursauta néanmoins fortement lorsqu'une voix parla dans sa tête.

— Ne sois pas aussi effrayé petit. Tu as été choisi pour Poudlard, mon rôle est de te placer dans une maison, ne t'inquiète pas.

La voix s'éteignit aussi vite qu'elle était arrivée et un long moment passa. La peur d'Harold revenait au galop. Les autres élèves commençaient eux aussi à trouver le temps long, ils commençaient à s'agiter. Jack se pencha vers Elsa.

— Pourquoi ça prend autant de temps ? chuchota-t-il.

— Mes parents m'ont dit que le Choixpeau prend parfois plus de temps à choisir car il hésite entre différentes maisons, répondit la blonde à voix basse. Lorsque le Choixpeau prend plusieurs minutes pour se décider, on appelle les élèves des Chapeauflous, mais ils sont très rares.

Harold commençait à vraiment paniquer lorsque le Choixpeau recommença à parler.

— Très difficile. Tu es un garçon fort compliqué.

Ah vraiment ? l'interrompit Harold, sarcastique malgré sa peur. On me dit ça souvent sur mon île.

— Je sais, j'ai vu toute ta vie, répliqua le chapeau parlant. Tu possèdes d'innombrables qualités mais également des défauts. Tu as une très mauvaise image de toi-même. Tu ne te sens pas à ta place, tu ne te sens pas accepté, tu souffres de la solitude et du regard des autres. À cause de tes faiblesses, particulièrement physiques, tu as peur de décevoir ceux qui comptent sur toi, peur d'échouer.

Merci, c'est très gentil.

— Pourtant, reprit-il en ignorant les répliques du garçon, tu as du courage en toi, de l'audace, beaucoup de ressources. Il faut te faire plus confiance. Gryffondor pourrait t'aider dans cette voie, en plus de satisfaire ta tribu. Serpentard le pourrait aussi, mais malgré ta volonté de réussir, ce n'est pas la même ambition que celle que promouvait Salazar. Je vois également en toi beaucoup d'intelligence et d'inventivité, une grande clairvoyance, Serdaigle pourrait être une bonne solution pour toi. Hmm que faire ?

Les secondes s'égrainaient, se transformant en minutes. Des murmures commençaient à se faire entendre dans la salle. Jack, Raiponce et Mérida s'inquiétaient pour leur ami, tandis que le mot «Chapeauflou» revenait de plus en plus souvent. Clarion plissa les yeux, les enfants de la prophétie se révélaient encore plus particuliers que prévu.

— Tu es un viking...

Bien vu, observateur pour un chapeau

—Hé hé, combattre sa peur par le sarcasme. Brillant. Les mots sont une arme et notre plus inépuisable source de magie, tu t'en rendras facilement compte à Poudlard. Mais laisse-moi continuer. Tu es un viking, tu as grandi sur Beurk. Pourtant, tu es travailleur, patient et tu es persuadé que les dragons sont bien plus que des animaux dangereux et agressifs.

L'image de sa mère s'imposa dans son esprit, tout ce qu'elle lui avait raconté et enseigné lui revinrent en mémoire.

— Oui, c'est cela, continua le Choixpeau, les émotions sont importantes pour toi, et tu places la compréhension des autres, la tolérance et l'entente au-dessus de la recherche de la connaissance. Mon choix est fait.

— Poufsouffle ! s'exclama le Choixpeau après plusieurs minutes de silence.

Harold souffla longuement, soulagé, et partit rejoindre la table des Poufsouffle sous les cris des élèves. Kristoff l'accueillit chaleureusement, ainsi que les autres élèves. Mais l'appel du nouvel élève les détourna.

— Hiro Hamada !

Raiponce vit le Préfet qui l'avait accueilli se raidir sur son banc, ainsi que ses amis. Le jeune asiatique survolté qu'elle avait vu tout à l'heure s'avança et posa avec défiance, presque avec arrogance le Choixpeau sur sa tête.

— Qu'avons-nous là ? résonna aussitôt sa voix dans la tête du garçon. Le frère de Tadashi ! Cela promet d'être intéressant. Oh ! Vraiment fascinant. Tu es intelligent. Très intelligent. Extrêmement intelligent même. Il y a beaucoup de créativité, d'inventivité chez toi, un esprit plus que vif. Pourtant... Je vois que tu penses être envoyé à Serdaigle, comme ton frère, car après tout, tout le monde s'en serait douté avec un esprit pareil, n'est-ce pas ?

Les paroles de l'entité magique allumèrent des doutes et des peurs dans le cœur du jeune Hamada qui ne comprenait pas le sens des paroles du Choixpeau.

— C'est très simple, reprit celui-ci. Ton esprit brillant entraîne chez toi une grande arrogance. Tu te sens supérieur aux autres, tu es ambitieux, rusé, déterminé. En fait, tu ferais un parfait Serpentard.

Mais, tenta Hiro.

— Cependant, c'était pareil pour ton frère, révéla le Choixpeau. Lui était un parfait Gryffondor. Il était lui aussi très intelligent, créatif, brillant. Mais son cœur était plein de noblesse, de courage, de dévouement et d'abnégation. Ses traits principaux étaient son altruisme, sa volonté de protéger et d'aider les autres. Pourtant, je l'ai placé à Serdaigle, sais-tu pourquoi mon garçon ?

Hiro se creusa la cervelle mais il ne trouvait pas de réponse satisfaisante. Le Choixpeau eut un rire mental.

— Tu es brillant certes, mais ne te repose pas sur tes acquis, il existe de nombreux types d'intelligence et tu n'excelles pas dans tous, loin de là. Mon rôle n'est pas de placer les élèves dans la maison qui leur correspond le mieux, mais dans celle où ils s'épanouiront le mieux. Nous sommes dans une école, le but est que les élèves progressent de la meilleure façon possible. C'est pour cela que, même si tu incarnes très bien la majorité des valeurs qu'appréciait Salazar, tu iras à...

— Serdaigle !

Le jeune Hamada soupira de soulagement et fixa son frère à travers la foule. Il était debout et l'applaudissait furieusement, ses amis également. Hiro lisait la fierté et la joie sur le visage de son aîné et repensa aux paroles du Choixpeau. Il sourit à son tour et se précipita pour rejoindre sa maison. Il s'assit aux côtés de son frère qui lui ébouriffa les cheveux tandis que les autres le félicitaient. Raiponce observait le plus jeune des frères, il avait l'air vraiment soulagé. La jeune fille comprenait, elle se disait que si elle avait eu un frère ou une soeur dans une maison, elle aurait certainement voulu être dans la même. Et alors que les autres élèves se retournaient vers l'estrade pour regarder la répartition des élèves suivants, elle vit le plus vieux des Hamada se pencher vers Hiro et lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Elle était juste à côté et put entendre, même si ce n'était pas son intention.

— Ne t'inquiète pas, petite tête, le Choixpeau avait aussi pris beaucoup de temps pour me choisir. Ça doit être un trait de famille, ajouta-t-il avec un clin d'oeil.

Le choix pour Hiro avait été long, pas autant que celui d'Harold, pas assez pour considérer le garçon comme un Chapeauflou, pourtant pendant tout ce temps, Astrid avait fixé son compatriote de Beurk. Elle n'en revenait pas qu'il soit un Chapeauflou. Le fait qu'il termine à Poufsouffle ne l'étonnait pas, c'est là qu'elle pensait qu'il irait, mais la lenteur du choix prouvait que Harold avait les qualités pour être accepté dans d'autres maisons. Elle décida de reconsidérer le garçon, il valait peut-être plus la peine qu'elle ne le pensait.

Astrid était si perdue dans ses pensées qu'elle failli rater son propre nom. Elle se précipita sur l'estrade et put à son tour entendre les paroles du Choixpeau résonner dans sa tête.

— Oh ! Une autre beurkienne. Très intéressant. Oui, tu es très différente de ton camarade au premier abord, pourtant... Je vois beaucoup de courage, une grande volonté de faire ses preuves, d'être la meilleure possible. Tu souhaites faire honneur à ta famille, mais c'est bien plus profond que cela, n'est-ce pas ? Tu es une gagnante, mais tu continues à travailler dur. Tu n'as pas froid aux yeux mais néanmoins pas téméraire, tu es débrouillarde et intelligente. Hmm oui. Il y a plusieurs archétypes de personnes acceptées dans chaque maison, mais toi tu n'en es pas une. Continue cependant à rester ouverte au monde et à ne pas te réfugier dans les stéréotypes. Je pense que la maison qui te siéra le mieux est...

— Serpentard !

Astrid retira l'artefact de sa tête avec un sourire. Les mots du Choixpeau étaient profonds et puissants. Cet objet avait sondé son âme et son esprit et l'avait jugée en toute impartialité. Elle tenterait de suivre ses conseils. Elle alla s'asseoir sur la table des Serpentard pendant que d'autres élèves étaient appelés. Elle prêta un peu d'attention aux élèves lui ayant semblé un peu intéressants lors du trajet jusqu'au château.

Tiana Jackson et Charlotte LaBouff partirent ainsi rejoindre Harold et Kristoff à Poufsouffle , et Shang Li, un des garçons ayant empêché Mérida de se battre contre l'un des types arrogants partit la rejoindre à Gryffondor. Pour l'instant, il n'y avait rien d'étonnant.

— Naveen Maldonia !

Et justement, c'est ce garçon qui s'avança vers le tabouret avec un sourire suffisant. Mérida serra les poings, Raiponce, elle, s'inquiétait que ce garçon n'aille dans la même maison qu'elle. Astrid soupira, elle n'avait aucun doute sur la maison où le Choixpeau allait l'envoyer.

— Serpentard ! s'écria-t-il après à peine quelques secondes.

Le garçon se releva et, avec un air hautain, agita la main en direction des autres Serpentard qui firent un maximum de bruit pour accueillir leur nouvelle recrue. Astrid soupira, elle espérait ne pas être seule, sinon les moments dans la salle commune allaient être vite insupportables. Elle prêta peu d'attention aux élèves suivants, une certaine Kida Nedahk fut envoyée à Gryffondor, mais elle se releva au suivant, un des amis d'Harold.

— Jackson Overland !

Jack souffla et secoua les bras pour évacuer la pression. Il se dirigea vers le tabouret après un «bonne chance» soufflé par Elsa. Une fois assis, il balaya la salle du regard, cherchant ses amis du regard qui lui faisaient des sourires d'encouragement. Il posa le Choixpeau sur sa tête et sentit instantanément l'inspection de l'être magique.

— Un nouveau challenge. Tu es très intéressant, mon garçon, très intéressant, et très compliqué. Tu es attentionné, attentif aux autres, particulièrement aux plus jeunes, spécialement ta soeur, oui, tu possèdes un très fort sens de la famille et de la justice. Je vois en toi un désir de protéger ceux qui te sont chers, tu as du courage, et aussi de l'abnégation, Gryffondor serait un bon choix pour toi. Tu possède également des facultés intellectuelles, tu es vivace, et, oh. Tu as vécu beaucoup de choses, tu as grandi trop vite pour un enfant, pourtant tu a conservé cette joie propre à l'enfance. Tu aimes t'amuser et faire rire, mais tu peux aussi être sérieux et raisonné. Tu connais la douleur, la souffrance et la privation. Je vois, je sens une rage de vaincre, une volonté de réussir, tu cherches à devenir plus fort, pourtant tes objectifs sont très nobles. Hmm, Gryffondor ? Poufsouffle ? Mais je sens ce désir de liberté, tu veux t'échapper, les limites que le monde a imposé à ta vie te déplaisent, tu penses que c'est injuste ? Oui, je vois, tu es chaotique, anticonformiste, un véritable électron libre. Tu es déterminé à réussir, malin et rusé, courageux et fier, l'intérêt des tiens est important pour toi, tu possèdes beaucoup de qualités plaisant à bien des Fondateurs, mais cette flamme en toi, cette détermination et cette malice... Mon choix est fait.

— Serpentard !

Jack retira le Choixpeau lentement, cette chose l'avait sondé et avait exposé tous les points de sa personnalité. C'était vraiment une expérience perturbante, on se retrouve face à qui on est vraiment, on est comme nu face à ce chapeau. Un peu chamboulé, mais soulagé, il se dirigea vers la table de sa nouvelle maison. Néanmoins, en s'asseyant près d'Astrid, il se rendit compte que cela n'allait pas être facile en se retrouvant en face du garçon ayant provoqué Raiponce tout à l'heure. Du côté de ses amis, ils partageaient les mêmes inquiétudes, de plus ils n'étaient pas dans la même maison. Mérida était également un peu agacée que deux de ses connaissances se retrouvent à Serpentard. Pendant que Jack s'inquiétait par rapport à ces élèves puristes du sang, d'autres élèves furent placés, il ne retint que deux d'entre eux : Pocahontas, une des Né-moldu que Raiponce connaissait avait été envoyée à Gryffondor et le petit garçon aux cheveux verts, Robert Razowski, était parti à Serdaigle.

— Flynn Rider !

Astrid se releva, attirant l'attention de Jack, qui se réintéressa à la cérémonie. Le jeune garçon s'assit et mit le chapeau sur sa tête sans rien laisser transparaître. Les élèves attendirent de longues minutes, mais le Choixpeau restait silencieux. Une nouvelle vague de murmures traversa la Grande Salle, un nouveau Chapeauflou sur la même génération ? C'était tellement improbable.

— Incroyable, lâcha le Choixpeau après plusieurs minutes de silence pendant lesquelles Flynn commençait vraiment à être effrayé, tu es un garçon effroyablement compliqué alors que tu es si jeune. Autant d'enfants si complexes en une année, c'est un record. Tu as beaucoup souffert, mais tu en tires de la force, de la détermination, un but, mais aussi des faiblesses. Tu as peur de la solitude même si tu y es habitué, tu as tant cherché à échapper à ton ancienne vie que tu as changé de nom. Tu es à la limite de commencer à te perdre toi-même. Pourtant, je vois beaucoup de courage en toi, une soif insatiable de découvertes, mais également une envie de pouvoir notable, couplée à une féroce détermination. Tu es aussi malin, retors et rusé, légèrement arrogant et néanmoins, tu es sensible, tu rêve d'être reconnu et accepté pour ce que tu es, mais tu cherches à t'en éloigner pour ne plus être blessé si ce n'est pas le cas. Tu as de grands rêves. Mais... Je lis beaucoup de peur en toi, il y a du talent, mais tellement de peur et d'obscurité. Gryffondor ou Serpentard ? Telle est la question.

Le Choixpeau retomba dans le silence, pendant ce temps-là, Flynn entendait les chuchotements des élèves dans la salle.

— Oui, je pense que j'ai trouvé, recommença le Choixpeau. Gryffondor ou Serpentard, ne serait-ce pas la même question que Eugène ou Flynn ? Tu as des objectifs nobles, un désir d'aider et une volonté chevaleresque, pourtant tu hésites et tu as peur, tu restes dans certains vices. Mais tu es encore si jeune. Quelle est la meilleure maison pour toi ? Quelle est celle qui te permettra d'accomplir tes rêves, de véritablement te transformer et de te libérer de tes propres chaînes ?

Flynn fut choqué des paroles du Choixpeau, elles l'avaient frappé au plus profond de son être. Il retournait ces phrases dans sa tête en se posant toutes sortes de questions lorsqu'il fut interrompu par une pichenette mentale du Choixpeau qui lui disait de ne pas penser encore à cela, il était trop jeune, ainsi que par sa voix physique.

— Serpentard !

Flynn retira le Choixpeau, indécis. Il se dirigea lentement vers la table de sa nouvelle maison, il risquait d'y avoir beaucoup de types comme ce Naveen là-bas. Pourtant il y avait déjà Astrid et cet autre garçon, Jackson, qui y avait été envoyé. Il soupira discrètement et s'assit sous les ovations des élèves plus âgés. Immédiatement après, il fut interpellé par Jack qui se présenta et entama la discussion. Sa première impression lorsqu'il avait croisé son regard ne l'avait pas trompé, ce garçon était sympathique. Flynn sourit, cela n'allait pas être si mal finalement.

Elsa avait observé son ami se rendre jusqu'à la table des Serpentard avec inquiétude. C'était chez les Serpentard qu'il y avait le plus de puristes du sang et qu'il étaient les plus véhéments. Cependant, il était avec Astrid, et également Jack. La jeune fille n'était pas sûre de l'origine de celui qu'elle avait croisé chez le Chapelier mais il avait semblé chamboulé par le venin craché par Naveen.

Pendant qu'Elsa était concentrée sur la table des Serpentard, la répartition continua, ponctuée par les acclamations d'une ou de l'autre des maisons. La blonde reprit ses esprits après que Alana Sirena soit envoyée à Poufsouffle et Mégara Stanwick à Serpentard.

— James Sullivan !

L'ami aux cheveux bleu violet de Naveen s'avança d'une démarche arrogante vers l'estrade, posa le Choixpeau sur sa tête et n'attendit pas un instant avant que l'artefact s'écria :

— Serpentard !

Avec un petit sourire victorieux, il partit s'asseoir à côté de Naveen en levant le poing serré vers le ciel, déclenchant une nouvelle salve d'applaudissements. Mérida siffla de colère face à ce spectacle tandis que Jack et Flynn s'inquiétaient de la future ambiance de leur dortoir.

Milo Thatch fut envoyé à Serdaigle et il ne restait maintenant plus qu'une seule élève qui attendait d'être placée parmi les quatre maisons de Poudlard. À nouveau, une vague de chuchotements se répandit parmi les élèves alors qu'Elsa se tenait seule face à l'estrade des professeurs. Clarion la regarda un instant et prononça avec gravité le dernier nom de la liste.

— Elsa Winters Arandelle !

Raiponce et Jack, étrangers au monde de la magie ne comprenaient pas bien cette agitation. La fille aux cheveux d'or se tourna vers ses nouveaux camarades, pleine d'interrogation. En tendant l'oreille, elle entendit certaines phrases qui revenaient assez souvent.

— C'est bien elle ?

— Oui, il n'y pas de doute !

— Dans quelle maison, elle va finir ?

La blonde réunit son courage et tapota l'épaule de Tadashi.

— Euh, excuse-moi, commença-t-elle, pas très sûre d'elle, mais pourquoi tout le monde est autant en effervescence ?

— Tu n'es pas d'une famille de sorciers, n'est-ce pas ? la questionna gentiment Tadashi.

— Si, répondit Raiponce, enfin, ma mère ne m'a jamais parlé du monde des sorciers avant qu'on ne me donne ma lettre pour Poudlard.

Hiro la regarda, bouche bée, comme si c'était complètement impensable. Tadashi se retourna vers l'estrade et répondit à Raiponce en observant la blonde platine s'asseoir dignement sur le tabouret et mettre le Choixpeau.

— Cette fille est l'héritière de deux familles de sorciers incroyablement anciennes et puissantes. Mais depuis quelques années, des événements tragiques leur sont arrivés. Il y a une dizaine d'années, la fille à peine née des Arandelle et des Corona se fit enlevée, personne ne la retrouva jamais. Et on ne sait pas ce qui se passa du côté des Winters et Arandelle, mais Elsa, leur fille aînée, n'a jamais fait d'apparition en public, à aucune soirée mondaine ou événement important des hautes sphères du monde de la magie. Cette fille est un véritable mystère. C'est pour cela qu'il y a autant de ragots actuellement, c'est une célébrité mystérieuse. Les gens aiment s'exciter à propos de ça.

Raiponce était choquée face à ces révélations. Comment pouvait-on enlever un nourrisson à sa famille ? La jeune enfant se rappela des paroles de Gothel sur le monde extérieur et de ses dangers et fut prise d'appréhension. Puis elle se demanda ce qui avait pu arriver à Elsa et sa famille pour, qu'elle non plus, ne sorte jamais de chez elle avant Poudlard. Mais d'une certaine façon, cela leur faisait un nouveau point commun. Raiponce secoua la tête et se concentra à nouveau sur le choix du Choixpeau. Choix qui commençait déjà à s'éterniser.

— C'est la première fois depuis des siècles, voire depuis toujours, commença le Choixpeau après plusieurs minutes de silence, que j'ai affaire à autant de choix difficiles dans la même génération. Tu es encore plus compliquée que les autres, petite. Et tout cela, à cause des épreuves que tu as traversées parce que possèdes ce don, ce pouvoir si particulier. Je vois en toi du courage, de la tolérance, de la gentillesse, de grandes qualités qui t'ont bien été transmises, énormément d'intelligence, beaucoup de connaissances, une soif d'apprentissage et de découvertes, de la rigueur, du sérieux. Tu es très rationnelle et tu essaies d'enterrer ton innocence et ta joie de vivre, tu tentes de réprimer tes émotions et de ne fonctionner qu'avec la logique. On pourrait penser à un parfait cliché de Serdaigle, mais tu sais tout autant que moi que ce n'est pas la réelle âme de cette maison. Tu agis comme cela car il y a tellement de peur en toi, tellement de ténèbres potentielles. Tu as énormément souffert et tu portes tant de culpabilité dans ton cœur, tu cherches à te protéger et à protéger les autres en t'enfermant dans la solitude, mais souviens-toi que personne au monde ne peut supporter la solitude. Où va te mener cette peur constante qui pèse sur tes épaules ? Comment arriveras-tu à t'en libérer ? Quelle est la maison qui pourra le mieux t'aider dans cette voie ? Car, finalement, ce sera toi qui choisira ton chemin. Et c'est ce que tu as fait en affirmant vouloir venir à Poudlard, tu refuses d'être encore seule, pourtant tu es toujours paralysée par la peur de tes pouvoirs. Je lis en toi une envie d'être libérée et délivrée du poids de ta magie, tu souhaites simplement être heureuse. Oui, avant tu étais comme cela, joyeuse et pleine de vie. Malgré ta souffrance, ta peur et tes doutes, c'est ce que tu désires. Et pour y arriver, ta volonté se dirige vers le savoir et la compréhension, tu penses qu'en comprenant parfaitement pourquoi et comment ta magie est ainsi, tu pourras la surmonter et la contrôler ? Tu veux changer ta destinée en passant par le contrôle de ta magie. Soit. Créer, c'est ainsi donner une forme à son destin. Mais n'oublie pas que l'origine de toute magie repose dans les émotions, c'est dans ton cœur que tu trouveras les réponses.

Le Choixpeau marqua un temps d'arrêt pendant lequel Elsa s'imprégna des paroles de l'entité magique. Son père lui avait dit que les quatre Fondateurs, ainsi que les plus grands directeurs et professeurs de l'école avaient laissé des parties de leur esprit dans le Choixpeau pour que celui-ci puisse répartir les élèves de la meilleure manière selon l'époque. Il lui avait aussi dit qu'il arrivait que, parfois, le Choixpeau donne des conseils précieux à l'élève qu'il est en train de placer. La jeune fille fit de son mieux pour rester droite et digne comme ses parents espéraient qu'elle apparaisse face à toute l'école, bien que cela faisait bien plus de cinq minutes que le Choixpeau avait été posé sur sa tête.

— Serdaigle ! hurla finalement le chapeau magique, avant de retomber dans le silence.

Elsa ne put que laisser un petit cri de surprise et de soulagement avant que la table des Serdaigle se lève et lance l'ovation la plus bruyante de la soirée. La jeune fille fut chaleureusement accueillie à la table de sa nouvelle maison par les élèves les plus âgées qui la félicitaient et par Raiponce qui était heureuse que son souhait soit exaucée.

Yen Sid, le directeur se leva, ce qui imposa le silence dans la salle.

— Bien, après cette répartition pleine de surprises, n'attendons pas un instant pour dévorer notre festin. Bon appétit à tous !

D'un geste de la main, tous les plats se remplirent de victuailles en tout genre. Jack et Flynn étaient choqués, ils n'avaient jamais vu autant de nourriture de leur vie, et il y avait bien des plats dont ils ignoraient totalement l'origine et la nature. Astrid les conseilla et ils se servirent autant qu'ils purent. Lorsqu'ils finirent la dernière cuisse de poulet d'un plat, celui-ci se retrouva à nouveau instantanément rempli. Les deux garçons, surpris, se tournèrent vers un des élèves plus âgés, un Préfet qui s'était présenté comme Alex Alakay.

— C'est comme ça à chaque repas ?

— Exactement, les elfes de maison travaillent en continu dans les cuisines et les plats sont changés magiquement.

Jack plissa les yeux à l'idée de ces créatures exploitées, mais il continua à manger. Il y avait des élèves qui semblaient tout à fait normaux à Jack et qui leur posèrent quelques questions comme cet Alex et une septième année, mais il y en avait d'autres qui s'étaient attroupés autour de Naveen et Sullivan et qui riaient aux éclats avec des airs suffisants.

Du côté des autres tables, les première année apprenaient à se connaître et rencontraient les plus âgés. Chez les Serdaigle, les plus jeunes s'accordaient sur leur goût en terme de littérature ou d'art. Ils firent aussi la connaissance des amis de Tadashi : Fred Lee, la mascotte boute-en-train comme il s'était présenté, Go Go Tomago, une petite asiatique, préfète elle aussi, à la mèche violette, franche et très sportive, Honey Lemon, une grande blonde joyeuse et enthousiaste et Wasabi, un noir costaud et sympathique aux dreadlocks.

Chez les Poufsouffle, Harold et Kristoff s'entendirent très bien, aimant tous les deux les animaux. Ils firent la connaissance de Quasimodo, un bossu très gentil, de Timon et Pumba, deux blagueurs qui s'occupaient de commenter les matchs de Quidditch, tous d'un an leur aîné, et d'Anya et de Dimitri, les deux nouveaux Préfets qui répondirent à beaucoup de leurs questions.

Du côté de Mérida, elle s'entendit bien avec les filles de première année et Tarzan, mais elle trouva les deux autres garçons très coincés et trop à cheval sur les règlements. Elle parla aussi à Phoebus et Esméralda, deux élèves de troisième année sympathiques et charismatiques. Jessie, totalement à fond dans son rôle, leur présenta ses amis de Gryffondor, Woody, le Préfet-en-Chef, et Buzz, le capitaine de leur équipe de Quidditch, ainsi que Marty, un nouveau Préfet qui était aussi un amuseur de galerie. Pendant le repas, Mérida se pencha vers lui car elle s'inquiétait sur un certain point.

— Dis Marty, l'aborda-t-elle, les amis que je me suis faits dans le train et avant la répartition sont dans d'autres maisons, ça va poser problème ?

— Pas du tout, ria celui-ci. Vous faites ce que vous voulez, assure-toi juste que tes amis ne sont pas stupides et tout ira bien. Moi par exemple, mes trois meilleurs amis sont chacun dans une maison différente : Alex est à Serpentard, Melman à Poufsouffle et Gloria à Serdaigle, ça entretient la compétition, c'est amusant. Regarde, c'est pareil pour Tan Lee ou Rico, continua Marty en pointant une septième année puis un élève robuste de cinquième année à l'air simple avec une crête, quelques chaises plus loin, leurs groupes ont été séparés parmi les quatre maisons, mais ils sont toujours aussi proches et le groupe de Rico continu à faire les quatre cent coups ensemble. D'ailleurs, si tu veux connaître facilement des passages secrets et faire des blagues, c'est à eux qu'il faut s'adresser, lui confia-t-elle avec un clin d'œil, mais attention à ne pas vous faire prendre.

Le repas continua sans encombre et avec beaucoup de bruit jusqu'à ce que les derniers desserts disparurent des tables. Yen Sid se leva alors une nouvelle fois et commença un discours de bienvenue aux première année et de bon retour pour les autres élèves. Il le termina par une note d'avertissement et des recommandations.

— Je tiens, avant que nous allions nous coucher, à informer nos nouveaux élèves que l'accès à la Forêt Interdite est, bien évidemment, interdit, excepté si vous souhaitez faire des rencontres mortelles avec des créatures dont vous ne parviendrez certainement pas à différencier l'avant de l'arrière. Ensuite, notre Gardien des Clés, monsieur Mercer, Yen Sid s'interrompit pour faire un léger mouvement de bras en direction d'un homme au visage sévère, resté dans l'ombre d'une porte.

— Pff, c'est juste un nom pompeux pour dire concierge, souffla Jessie.

— ...m'a demandé de rappeler que les duels étaient strictement interdits dans l'enceinte de l'école, excepté dans les lieux dédiés, et qu'il en allait de son appréciation pour la punition, ou non, ainsi que de son application, pour les élèves utilisant la magie dans les couloirs. De plus, monsieur Mercer se permet d'insister sur le fait qu'il est toujours interdit de courir dans ces mêmes couloirs. Par rapport au Quidditch, la sélection des joueurs se fera au cours de la deuxième semaine, pour de plus amples informations, veuillez vous adresser au Coach.

À ces paroles, un homme très musclé, vêtu d'un short, d'un T-shirt blanc moulant et d'une casquette verte vissée sur sa tête, un sifflet autour du cou, pas vraiment l'attirail d'un sorcier, se leva précipitamment et se mit au garde-à-vous. Le directeur ne se laissa pas distraire et continua son discours.

— Concernant les clubs, une fiche d'information complète a déjà été déposée dans vos dortoirs, veuillez nous les faire parvenir dans le courant de la semaine en les rendant à vos directeurs de maison, notre vénérable Pabbie pour Poufsouffle, notre chère Clarion pour Serdaigle, maître Eraqus pour Gryffondor et Merlin pour Serpentard. Vos emplois du temps vous ont également été distribués dans vos dortoirs. Si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à solliciter vos Préfets ou le délégué des élèves de cette année, Buzz Lightyear. Reposez-vous bien cette nuit. Merci.

Il y eut une salve d'applaudissements puis les Préfets se levèrent et appelèrent les différents élèves de leur maison derrière eux pour les guider jusqu'à leur salle commune respective. Harold s'était retrouvé dans le groupe d'Anya et la suivit avec Kristoff jusqu'aux sous-sols, elle tapota sur un tonneau et celui-ci s'ouvrit, découvrant un passage vers une large salle circulaire aux dominantes jaunes, il y avait d'autres ouvertures qui menaient vers d'autres pièces similaires mais plus petites. Ils étaient au sous-sol, pourtant il y avait des fenêtres qui laissaient voir la nuit noire du dehors, il y avait également beaucoup de plantes, des tables et des chaises, ainsi que des canapés et des poufs semblant très confortables. Anya les mena aux dortoirs, filles et garçons séparés. Harold et Kristoff ne parlèrent pas très longtemps avec les autres élèves, fatigués de la journée. Ils s'endormirent rapidement, mais le viking en dernier. Il songeait à tout ce qui s'était passé ces dernières heures et comment sa vie était en train de changer. Il s'était fait des amis et était impatient de commencer les cours. Il regarda Kristoff dans le lit à sa droite, celui-ci avait tellement plus le physique que son père aurait attendu de lui, il incarnait la force tranquille. Le petit viking soupira et se rappela des paroles de son père avant qu'il ne monte dans le train. Rassuré, Harold plongea dans le sommeil.

Du côté des Gryffondor, c'est Jessie qui insista pour mener les première année jusqu'à la tour. Elles leur fit monter les 7 étages du château en leur montrant les escaliers qui n'en font qu'à leur tête, ainsi que des petits passages secrets leur permettant d'éviter de prendre les escaliers les plus récalcitrants. Pendant la montée, ils croisèrent d'innombrables tableaux vivants qui les interpellaient ou racontaient des anecdotes. Cela rappela à Mérida son propre château et la fit beaucoup rire.

— Hey, mais ne serait-ce pas les nouveaux élèves, ha ha ! s'exclama une voix au dessus d'eux.

Surpris, les élèves levèrent la tête pour découvrir une grosse forme bleue qui ressemblait à la partie haute d'un corps au visage un peu grotesque avec une unique mèche de cheveux et une barbichette noire. Celui-ci éclata de rire et sembla se transformer en se posant sur le sol, il ressemblait maintenant plus à un humain, mais était toujours bleu et imposant.

— Jessie ! continua-t-il. Ça fait plaisir de te revoir, alors ces vacances ? Tu me raconteras plus tard chérie, ces bambins ont l'air plus qu'épuisés. Tu peux les amener à la tour, je te promets que je n'ai pas mis de piège sur la route. Pas le premier jour, tu me connais.

Alors que Jessie riait aux éclats face aux pitreries de la créature, Mérida s'avança d'un pas.

— Vous êtes le Génie, c'est ça ? Mes parents m'ont parlé de vous.

Le Génie sembla glisser sur l'air en changeant la forme de son corps, se contorsionnant et rapetissant pour se tenir face à Mérida.

— Des cheveux roux bouclés, des connaissances du monde magique, Gryffondor, année 2007, tu es la fille DunBroch, n'est-ce pas ? Et oui, c'est bien moi, votre meilleur ami à tous, le Génie de Poudlard ! s'écria-t-il en écartant les bras, devenant presque géant. Il fit apparaître un carnet, un stylo et un costard, puis il continua d'une voix de présentateur.

— Je fais des blagues, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, toute l'année, rendant la vôtre bien plus amusante que s'il n'y avait que des cours, je suis certainement l'être le plus incroyable de toute cette école, je peux me métamorphoser, vous enchanter, vous fournir tout ce que vous voulez, mes pouvoirs sont presque illimités.

Il fit disparaître son attirail et les fixa avec un sourire et fit une révérence.

— Oui c'est bien moi, le Génie, à votre service... Enfin, pas vraiment, je fais ce que je veux, mais parfois, de temps en temps, je pourrais vous offrir mon incommensurable aide. Bonne nuit !

Puis il disparut aussi vite qu'il était apparu. Les élèves reprirent leur route pendant que Jessie leur donnait des précisions sur le Génie. Cela faisait des siècles qu'il avait décidé d'élire domicile dans le château. Depuis, il distrayait les élèves, leur jouait parfois des tours amusants. Certains racontaient également qu'il aidait les professeurs dans certains de leurs travaux. Ils arrivèrent finalement devant le portrait d'une grosse dame qui leur demanda laconiquement :

— Mot de passe ?

— Canis Majoris, répondit Jessie avant de se tourner vers les première année, retenez-le, vous en aurez besoin, on vous préviendra quand le mot de passe changera.

Les élèves rentrèrent dans la tour pour découvrir un environnement aux teintes rouges et or, aux couleurs de leur maison. Il y avait une cheminée dans laquelle ronronnait un feu et de nombreux fauteuils aux allures confortables. La préfète les amena dans leurs dortoirs et les jeunes enfants s'endormirent bien vite après cette journée bien remplie. Mérida était impatiente de commencer les cours et de pouvoir retrouver ses amis, elle tomba aussi bien vite endormie où elle se perdit dans des rêves d'aventures et d'action entre les murs de Poudlard.

Les jeunes Serdaigle furent emmenés jusqu'à leur salle commune par Tadashi et Go Go. Sur la totalité du trajet, Hiro ne faisait que poser des questions à son frère sur à peu près tout ce qu'il voyait. Raiponce, franchement intéressée aussi, les écoutait avidement. Les autres Serdaigle, dont Elsa, profitaient de la vue, des tableaux et mémorisaient le chemin. La blonde platine entendit derrière elle Milo et Robert qui préférait qu'on l'appelle Bob, ils discutaient de l'emploi du temps qu'ils auraient, des clubs qu'ils comptaient prendre et ils essayaient de deviner quels professeurs enseignaient quelles matières.

Une fois arrivés au sixième étage de la tour de l'aile ouest, les préfets s'arrêtèrent devant un heurtoir en forme de tête d'aigle. Ils se retournèrent vers les élèves plus jeunes et les laissèrent s'approcher d'un air amusé.

— À Serdaigle, commença Go Go en retirant son chewing-gum, notre salle commune n'a pas de mot de passe.

— Par contre, nous sommes une maison où l'esprit et la flexibilité intellectuelle sont très importants, continua Tadashi.

— C'est pour cela qu'elle est protégée par cette chose, poursuivit la préfète en tapotant le heurtoir.

— Pour entrer dans la salle commune, il vous faut répondre à une énigme, à une question qui vous sera posée. Et ce sera comme ça à chaque fois que vous souhaiterez y rentrer.

— Alors, il ne vous reste plus qu'à essayer, on ne sera pas toujours là pour répondre à votre place, termina Go Go avec un sourire.

Elle frappa le heurtoir à l'aide du cercle en bronze, la tête d'aigle s'anima et une voix douce et mélodieuse s'éleva.

— Je peux blesser et guérir, on peut m'aimer et me détester, on peut m'utiliser pour communiquer, j'existe depuis des temps immémoriaux, qui suis-je ?

Les élèves réfléchissaient soit en silence, soit en s'échangeant des idées, sous les regards bienveillants de leurs aînés. Hiro regardait son frère comme si c'était un petit jeu ridicule. Soudain, Belle, Raiponce et Elsa s'avancèrent en même temps et prononcèrent trois réponses différentes en même temps.

— Les mots, s'exclama la première.

— L'art, affirma la seconde

— La magie, tenta la dernière.

L'aigle du heurtoir tourna ses yeux vides vers les trois petites filles, resta silencieux un instant puis dit de sa voix chantante :

— Excellentes réponses.

Il se figea à nouveau et un passage s'ouvrit dans le mur. Surpris les élèves se tournèrent vers les préfets pour obtenir une explication.

— Il n'y a pas nécessairement une seule et unique réponse à une énigme, ce qui compte, c'est votre réflexion. Souvenez-vous en.

Les élèves s'engouffrèrent à leur suite dans la salle commune. Ils étaient à présent sur une mezzanine sur laquelle il y avait de nombreuses tables et chaises confortables, ils descendirent un escalier et les yeux de Raiponce et de Belle s'illuminèrent. Il y avait de grandes baies vitrées qui donnaient sur les pelouses du château, on apercevait au loin le terrain de Quidditch, mais à par cela, l'endroit était une gigantesque bibliothèque, il y avait des étagères pleines à craquer de livres partout, ainsi que de nombreux canapés et fauteuils moelleux répartis autour d'une grosse cheminée centrale. Tadashi et Go Go laissèrent les plus jeunes s'extasier quelques instant avant de chacun guider les garçons et les filles à la porte secrète menant à leurs dortoirs respectifs.

Elsa et les autres filles furent ravies de leur dortoir, elles avaient une salle de bain pour elles cinq, la chambre était circulaire, les lits étaient disposés sur les côtés de la pièce et étaient séparés par des gardes robes et des bureaux. Le tout était dans les teintes bleu et argent de la maison. Go Go les informa aussi que les rideaux que possédaient les lits, et qui faisaient d'eux des sortes de lits à baldaquin, étaient enchantés et permettaient de contenir les effusions magiques involontaires des jeunes sorciers pendant la nuit. Par ailleurs, lorsqu'ils étaient sollicités, ils insonorisaient également l'intérieur du lit du sorcier pour éviter de réveiller les autres enfants.

Une fois Go Go partie rejoindre son propre dortoir, les filles dépaquetèrent leurs affaires et s'installèrent dans le lit qu'elles avaient choisi tout en discutant. Raiponce décida de lire la fiche d'informations pour les clubs le lendemain, elle nota simplement qu'elles commençaient l'année par deux heures de potions.

Les autres filles se couchèrent rapidement, laissant seulement Elsa et Raiponce éveillées. La première n'arrivait absolument pas à dormir sous le coup de toutes ces émotions et la seconde était intriguée par l'autre. Elle souhaitait se lier d'amitié avec le plus de monde possible, mais encore plus particulièrement avec cette fille, elles semblaient partager tant de points communs inhabituels. Se relevant sur son lit, la fille aux cheveux d'or se saisit de son petit sac. Elsa se décala pour voir ce qu'elle faisait et elle la vit sortir un petit caméléon d'un sac. Raiponce releva la tête vers Elsa et lui sourit.

— C'est Pascal, mon caméléon et mon plus vieil ami, dit-elle, pendant que Pascal traversait le lit et venait se poser sur le bureau d'Elsa observant celle-ci, comme s'il la jaugeait.

Pascal sembla satisfait et retourna près de sa maîtresse. Ensuite, pendant plusieurs dizaines de minutes, les deux jeunes filles discutèrent de leur vie, Raiponce dans sa tour, et Elsa dans son château, à l'époque où elle était encore avec sa sœur, mais également la période où elle s'est isolée dans sa chambre. Elle restait cependant très floue sur les raisons ayant entraîné ces changements. Raiponce ne chercha pas à en savoir plus pour l'instant, tout le monde avait ses secrets et des raisons de les garder, elle en était la preuve même. Cependant, cette discussion avait été fructueuse, les deux blondes avaient des goûts similaires et des avis assez proches, elles s'entendaient vraiment bien et eurent plusieurs éclats de rire qu'elle tentèrent d'atténuer le plus possible pour ne pas réveiller leurs camarades.

Lorsque Raiponce ne put plus résister à la fatigue, elle souhaita bonne nuit à sa nouvelle amie et s'endormit rapidement. La Arandelle resta éveillée quelques minutes supplémentaires où elle s'adossa à la fenêtre et regarda le magnifique ciel étoilé. Elle était vraiment heureuse, elle avait rencontré des gens très bien avant et après la répartition et avait pu se faire des amis. Elle jeta un œil vers Raiponce qui dormait paisiblement avec un sourire heureux, son amie avait un nom tristement et sinistrement célèbre mais cela ne pouvait être qu'une coïncidence. Cette fille avait l'air trop gentille et innocente pour être liée d'une quelconque façon à cette famille. La jeune fille se retourna et se recentra sur le moment présent. Elle se sentait à sa place à Serdaigle et avait également hâte que les cours commencent. Mais elle avait encore les paroles du Choixpeau en tête concernant sa peur dont elle n'arrivait pas à se détacher. Elsa fixa ses mains recouvertes des gants magiques, comment allait-elle surmonter ses peurs si elle ne les affrontait pas ?

D'un mouvement sec, elle enleva ses protections magiques et les posa sur le bord de son bureau, ferma les rideaux autour de son lit et s'allongea, sombrant peu à peu dans les bras de Morphée.

De la même façon chez les Serpentard, Jack et Flynn s'endormirent les derniers. Ils avaient suivi Alex qui les avait amenés dans les cachots jusqu'à une porte secrète au fond d'un couloir.

— Veritatis Tempus, prononça-t-il distinctement.

Le mur se déroba et les élèves purent passer. Une fois à l'intérieur, Alex lança aux plus jeunes :

— N'oubliez pas le mot de passe, il est indispensable pour rentrer dans la salle commune, de plus, il change tous les quinze jours, le nouveau sera indiqué la veille sur le panneau d'informations.

La salle commune s'étalait sur deux niveaux, le premier était une sorte de balcon qui s'étendait tout autour de la pièce, avec quelques fauteuils et tables, dont les murs étaient tapissés de bibliothèques. Les élèves descendirent bien vite au rez-de-chaussée, celui-ci possédait également des cheminées et de nombreux fauteuils confortables, mais ceux-ci étaient très ouvragés, de plus la salle commune était parsemée de tableaux d'anciens directeurs de la maison. Pourtant la particularité la plus importante de cette salle n'était pas là, elle résidait dans le fait que la pièce était adjacente au lac de Poudlard et que tout un pan de la salle était une immense vitre vers celui-ci. De ce fait, la pièce était constamment baignée d'une lueur verte, très en accord avec les teintes de la maison.

Les chambres également donnaient sur le lac, la forme des vitres suivait les contours naturels de la roche. Elles étaient construites en longueur, les lits à baldaquin collés au mur intérieur, chaque élève avait une garde-robe et de la place pour ses affaires autour de son lit. Le dortoir était en quelque sorte séparé en deux par la porte d'entrée, Jack et Flynn s'étaient installés du même côté, laissant Naveen et les autres relativement loin d'eux, tout du moins, le plus possible. Ceux-ci installèrent leurs affaires et, repus, allèrent directement dormir. Pour Jack et Flynn, même si cela avait été le repas le plus consistant et abondant de leur vie et qu'ils étaient fatigués de la journée incroyable qu'ils venaient de vivre, ils ne pouvaient simplement pas s'endormir maintenant. L'idée de commencer les cours le lendemain les animait beaucoup trop.

Ils virent bien tous deux que l'autre n'était pas endormi et c'est tout naturellement qu'ils continuèrent à discuter à voix basse pour ne pas réveiller les autres Serpentard. Ils comprirent vite qu'ils étaient tous deux des enfants de moldu et que la vie fut rude pour eux deux. Ils parlèrent de leurs expériences, de leur vie dans le monde des moldus, de ce qu'ils avaient expérimenté de la magie avant d'arriver à Poudlard.

Flynn parla de la vie à l'orphelinat, des autres enfants dont la bande de Lotso auquel les types comme Naveen et Sullivan lui faisaient penser, Jack, lui, raconta la vie avec sa mère et sa sœur, la lutte quotidienne pour survivre, mais aussi les moments de joie qu'il partageait avec les enfants du village, ainsi que ses vols en balai et les livres que le magicien vagabond lui avait donnés quelques années auparavant.

Les deux garçons parlèrent jusque tard dans la nuit, même s'ils s'étaient fait des amis aujourd'hui, ils n'avaient jamais encore rencontré quelqu'un qui pouvait vraiment comprendre ce qu'ils avaient enduré alors qu'ils étaient si jeunes. Ils finirent tous deux par tomber de sommeil, épuisés, mais heureux d'avoir fait le choix de cette nouvelle vie.