« Patron ! »

La voix de Mathieu arrivait aux oreilles du geek tel un écho. Lointaine, irréelle. Un dernier appel de la réalité, s'éloignant vers un univers impalpable. Des ondes choquaient son petit corps, lui évoquant encore sa prison de chaire.

Un sentiment d'être léger, proche même de la non-existence s'emparait de lui. Mais toujours cet enfermement, ce faux refuge couvert de peau, empêchait un épanouissement qu'il sentait pourtant proche.

Soudain, plus rien. Jérémy ne ressentait plus aucune souffrance, qu'elle soit morale ou physique. Tout lui parut, l'espace d'un instant, limpide, avant de disparaître pour ne plus rien laisser. Plus d'échos. Plus de sensations. Un repos, un apaisement. Il se sentait porté, vers plus loin. Plus beau.

Du temps passa sans doute. Dans cet état, la notion du temps n'existait plus elle même. Pas plus que son corps. Jusqu'à ce que celui-ci débuta de lui renvoyer des signaux.

Ses hanches, ses jambes, il les sentait à nouveau. Cependant, ses jambes s'en allaient, comme à la perpendiculaire de son tronc, et tournant lentement pour se mettre en place. Ses épaules aussi apparaissaient lentement dans sa conscience. Puis Sa nuque. Sa tête.

D'un coup, tous ses muscles se contractèrent. Il se redressa en sursaut pour les prendre entre ses mains. Empirant ainsi la situation, il se mit à hurler. Il sentit une agitation autour de lui, qu'on le touchait, mais il se débattit comme un lion. Il voulait que ça s'arrête. Il voulait retourner à sa tranquillité passée. Un pincement dans son bras, et la torture céda sa place à une fatigue surnaturelle. Devant lui défila le plafond blanc avant que son occiput ne choque l'oreiller derrière lui.


« Patron ! »

Mathieu appelait son frère de toute sa poitrine, avec le reste d'espoir qui succombait aux coups qu'il encaissait. Quand on le propulsa sur le sol, son regard tomba sur Jérémy. Inanimé au sol, du sang formait une flaque autour de lui. Sommet se mit à trembler, d'une peur qui se transformait en rage. Il se remit sur ses pieds, faisant face à ses deux assaillants. Le troisième donna un coup de pied dans le ventre du geek.

« Arrêtez ! Vociféra Mathieu. Ne le touchez pas, monstres ! »

Il s'efforçait de garder le contrôle, de bomber son torse, de garder la dignité que ses parents lui inculquaient depuis des années. Ses jambes flageolaient, autant que sa vision. On lui avait blessé la cuisse, le ventre, le torse. Ses avant bras, qu'il employait comme bouclier de fortune, souffraient eux aussi.

Il voyait leur ombre s'approcher, alors tout se troublait autour de lui. Il se concentra pour discerner clairement le plus proche, dont il évita le coup d'un pas chancelant. Soudain, on le poussa par derrière, et il s'effondra en avant. Ses bras limitèrent les dégâts, mais son front heurta tout de même le sol.

Il resta immobile quelques instants, réalisant douloureusement les larmes qui coulaient et qui se mélangeaient à son sang. Au loin, le geek gisait. Il le pensait déjà agonisait, se noyant bientôt dans ses propres liquides. Il tendit le bras vers lui, près à ramper.

« Mathieu ! »

La voix du Patron résonnait à son oreille. Elle se répéta dans sa tête de longue de fois. D'abord ferme, puis vibrante, et finalement étranglé de pugnacité. Il releva sa tête ensanglantée, pour voir son frère, qui, sur son vélo, le fixait. Il se reposa entièrement au sol, alors que l'agitation se trouvait partout autour de lui. Il se tourna difficilement sur le dos.

Le ciel tirait sur des nuances de chaudes, qui écrasaient le bleu pâle. Il ferma les yeux, et se laissa glisser vers l'inconscience, confiant.

Quand il reprit connaissance, il reconnut, ses paupières toujours closes, l'odeur de son frère partout autour de lui. La chaleur de sa paume dans la sienne lui parvint. Il identifiait ce toucher sans mal. A la façon dont les doigts s'agitaient d'ailleurs, il comprit que son cadet cauchemardait.


Les yeux suppliants de Mathieu demeuraient la dernière image certaine dans l'esprit du Patron. Après cela, il se retrouva spectateur dans son corps. Il observait, mais sa vue n'avait rien d'intelligible. Les couleurs se mélangeaient. Des bribes noires & rouges formaient des troubles dans ses souvenirs. Avec les grésillements qui lui occupaient les oreilles, tout coïncidait pour le faire croire qu'il se trouvait dans un tube cathodique, un soir d'orage.

Il roula jusqu'à l'agresseur le plus proche, qui rouait de beignes Jérémy. A moins d'un mètre, il se contenta de sauter de son vélo, pour que celui-ci le prenne en plein visage. Il suivit son atterrissage d'une balayette, qui le mit à terre. Ainsi sonné, l'adolescent n'aurait sans doute plus bougé. Mais ça ne suffisait pas au Patron. Il posa son pied sur sa gorge, et l'écrasa progressivement. Il l'entendait suffoquer sous ses pieds. Il y prit du plaisir.

Un autre lui sauta dessus. Habitué par son sport à ce type d'attaque, il le rabaissa au sol en un instant. Alors qu'il s'échinait à le frapper, le troisième, plus costaud, profita de sa concentration pour lui asséner un coup de pied au visage.

Le Patron ne s'autorisa pas à bouger sa face. Lâchant sa seconde victime, il se leva avec un tel charisme de destruction que le jeune n'osa agir. Ce dernier, observant brièvement son ami au sol, craignait déjà le coup qui suivrait. Mais le calme vicieux du Patron l'inquiéta davantage.

Celui-ci finit par redresser la tête. Dans son regard, on pouvait presque lire de la jubilation. De ses lèvres tirées en un sourire dément serpentaient des gouttelettes de sang, jusqu'à son menton et son cou. Un rire émana de ses lèvres, lui même ne l'entendit pas. En face de lui, l'agresseur se mit à genou et implora une pitié qu'il lui refusa violemment, à coup de trottinette.

Quand il se contrôla à nouveau, le Patron courut vers son frère. Il le voyait tremblant, froid, blanc, immobile. Il ne sentit même pas sa respiration faible.

« Mathieu... Mathieu... Mathieu ! »

Il s'égosilla, encore et encore, jusqu'à ce qu'une main sur son épaule ne le réveille.

« Je suis là Patron. »

A demi assis sur son lit d'hôpital, son jumeau le dévisageait avec inquiétude.

« Tu m'as sauvé, précisa-t-il alors que le benjamin s'effondrait en sanglots. »


Comme il pleura durant longtemps, les visites prirent fin et le service hospitalier força le Patron à quitter Mathieu. Ce dernier se remémora la veille non sans quelques trous de mémoire. Des questions, alors que la nuit s'abattait, le harcelèrent.

Ces jeunes attendaient-ils chaque jeudi soir pour leur vengeance ? Comment se portaient-ils actuellement Et Jérémy alors ? Cet enfant, qui attirait toute sa pitié, s'en sortait-il comme lui, avec quelques contusions et une cicatrice sur le front ? Si son jumeau ne s'était pas interposé, seraient-ils tous deux morts ? Ses parents avaient dû être mis au courant, quand viendraient-ils ? Que feraient-ils à son frère s'ils apprenaient qu'il les protégeait avant chaque jeudi ?

Il poussa un long soupir. Ses doigts se dirigèrent vers l'extrémité du lit, mais n'y rencontrèrent personne. Accoutumé à la présence de son cadet, il sentit un manque, pire, un vide. Il n'eut pas le temps de s'en plaindre, que déjà il s'endormait.

Quand le lendemain le Patron entra dans sa chambre, à la première heure, Mathieu discerna de suite un malaise chez son proche. Il se redressa en position assise, faisant glisser sa chemisette bleue vers l'avant. Son jumeau se précipita pour le maintenir et fermer, dans son dos, les boutons poussoirs. Malgré leur proximité, Mathieu ne sentit pas un instant sa peau contre la sienne. Le Patron se recula dès qu'il en eut la possibilité.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je m'étais endormi.

- Ca arrive à tout le monde.

- Après avoir... M'être...

- Dis le.

- Après m'être branler.

- Ca arrive.

- Je n'aurais pas dû.

- Tu ne pouvais pas prévoir ce qui se passerait.

- J'aurais dû être là.

- Tu l'as été.

- Trop tard.

- A temps pour me sauver. »

Le benjamin n'osait pas relever les yeux de ses chaussures. Dans son costume noir, on eut dit qu'il allait à un enterrement.

« Les parents sont au courant ?

- Ils finissent leur affaire et rentrent demain.

- Je vois. »

Le Patron sembla hésiter, avant de bégayer :

« Ils... Ils vont vouloir... Père va me... Et …

- J'y ai pensé. On a juste à ne pas leur dire qu'il y avait un risque. Que tu es venu parce que tu as eu un pressentiment. Que tu m'as sauvé. Ce qui est vrai.

- Et les causes … ? Ils vont vouloir porter plainte contre ces mecs.

- Comment ils vont ?

- Ils... »

Il se racla la gorge, comme gêné.

« L'un d'eux a un traumatisme crânien. L'autre le tibia et le nez cassés. Et le dernier, il a juste quelques dents en moins, et des bleus partout sur le visage.

- Les parents voudront étouffer l'affaire.

- Ils vont m'envoyer dans un centre pour enfant délinquant oui...

- Non, ça nuirait à leur image. Je m'occupe d'eux. Je te promets ça va aller. Il ne faudrait pas impliquer Jérémy non plus. Je ne veux pas qu'on lui cause des problèmes. On dira qu'il fut simple témoin. »

Mathieu aperçut des larmes tomber au sol. Il rigola nerveusement, voulant détendre l'atmosphère.

« Tu pleures encore ? T'es vraiment une fillette, je suis plus amoché que toi et est-ce que je pleure ? »

Un couinement lui répondit. Depuis quand son frère couinait ?

« Oui ?

- Pardon, entendit-il. Pardon. Pardon ! »

Il l'observa s'effondrer en sanglots de culpabilité.

« Ce n'est pas de ta faute.

- Mais...

- Ce n'est pas ta faute ! »

La voix de Mathieu tonna si fort dans le cœur de son frère, que celui-ci arrêta toute effusion de tristesse.

« J'ai besoin de toi contre moi, ajouta l'aîné en ouvrant ses bras. »

Le Patron s'y plongea, tremblotant , mais quelque part réconforté.


Jérémy ne s'ennuyait pas vraiment à l'hôpital. Ses parents pouvaient continuer à travailler sans problème, et passer le soir. En journée, il ne recevait aucune visite. Cela ne l'étonnait pas vraiment, bien qu'il espéra celle de Mathieu.

Par ses géniteurs, il avait appris que ce dernier se portait plutôt correctement, il récupérait rapidement. Peut-être ignorait-il sa présence ? Quant-au Patron, il ne demandait pas de nouvelles, car il ne le savait même pas présent au moment de la bataille.

Ses journées se constituaient de jeux, sur sa console portable Que ce soit chez lui ou ici, ça ne changeait pas grand chose pour lui. Sa douleur à la tête l'empêchait parfois de poursuivre, auquel cas il se contentait de fermer les yeux, attendant patiemment qu'elle diminue.

Quand venait le temps de ses soins, le geek se réjouissait infirmiers s'occupaient de lui administrer ses médicaments, et abordaient toujours des sourires réconfortants. Les aides soignants lavaient et changeaient ses draps, pendant que le kiné le faisait marcher. Ses jambes et cuisses n'avaient en rien souffert, mais le choc au niveau de son crâne lui valait quelques déséquilibres.

Le médecin lui apprit quelques heures après son réveil, que son nez cassé s'additionnait à un léger traumatisme crânien. Bien qu'il s'évanouit un long moment au moment de l'impact, et qu'il ait perdu beaucoup de sang, les désagréments causés -troubles statiques, nausées et céphalées- ne se feront plus ressentir du tout sous quelques mois.

Heureusement, sa mémoire ne souffrit pas. Il apprenait avec toujours la même facilité ses cours, qu'une infirmière lui donnait. L'écriture, il le prenait comme certain, appartenait à l'un des jumeaux. Les deux abordant, pour l'école du moins, la même calligraphie, il ne se prononçait pas dessus, malgré les détails qui le portait à penser qu'il s'agissait de ceux du benjamin.

Des coups sur sa porte le dégagea du cours de français qu'il lisait. On toquait souvent à sa porte pour ses soins, il s'attendait donc, à cet instant encore, voir un personnel de l'hôpital. Les heures de la journée passant les unes après les autres sans lui apporter quelques péripéties, il se retrouva bien stupéfait de voir un enfant entrer. Pas n'importe qui d'ailleurs.

Il hésita quelques secondes, alors que l'autre n'osait pas lever le visage du sol, avant de tenter un timide :

« Patron ?

- T'es chiant à toujours deviner geek ! »

Le concerné lui accorda de voir son visage. Ses yeux rougies alarmèrent Jérémy, qui se redressa pour se lever, un peu trop vite. Une nausée le prit, il ferma les yeux pour la contrôler. Deux bras vinrent l'aider à se rallonger.

« Les doc's ont dû te dire d'y aller doucement gamin.

- Oui... Désolé...

- Bon, je peux m'asseoir ? »

Il demanda sur son ton habituel, en désignant le lit, mais sa politesse dérouta cependant le geek, qui ne s'attendait pas à avoir à lui accorder un droit.

« Bien sûr, affirma-t-il en se décalant un peu. »

Le silence qui suivit le mit dans un léger malaise, mais, constatant à la tête du Patron que celui-ci cherchait ses mots, il lui offrit tout le temps dont il nécessitait.

« Tu as l'air mieux que je pensais. Malgré ton gros pansement sur le nez.

- M...Merci ?

- Ils t'ont pas ménagé ces mecs hein ?

- Non...

- Tu vas t'en remettre ?

- Je crois oui. Ce n'est qu'une mauvaise passe, tenta-t-il de sourire.

- Je vois, répondit sérieusement le Patron. »

Ils se dévisagèrent calmement. Le geek n'osait pas demander directement à son interlocuteur la raison de sa blessure à la joue.

« Je suis content de voir qu'on t'a transmis mes cours, observa ce dernier.

- Oui, des soignants me les apportaient, merci beaucoup !

- Du toutes façons je les donne à mon frère.

- C … Comment il va ?

- Mathieu va bien. Il récupère. Il s'excuse de ne pas pouvoir venir te voir. Il pourra sans doute bientôt.. Nos parents ont interdit de mettre au courant de sa présence à l'hôpital, donc il doit être cloîtrer. Mais demain, ils vont faire une apparition télévisée pour expliquer ce qui s'est passé, alors Mathieu pourra venir.

- Oh... Je vois.

- Tes parents, ils ont prévu … »

La porte s'ouvrit justement, laissant entrer les concernés. Le Patron se leva de suite. Le geek s'étonna du changement total des traits de son visage. Il semblait caché toute ses émotions sincères derrière un masque de biensé vit rarement un tel ravalement de façade.

« Bonjour madame, monsieur. Je suis le benjamin des Sommet. »

Interloqués, les deux adultes se lancèrent un regard incertain. Accoutumé à causer un certain trouble en déclinant son identité, le Patron leur épargna une réponse gauche, en s'affichant devant eux, tour à tour, main tendue.

« Madame, vos yeux sont d'un charme tout à fait exceptionnel. Monsieur, cette rencontre est plus qu'opportune. J'allais justement entretenir votre fils des projets de mes parents. »

Médusé par la verve du jeune homme, ils répondirent poliment, tentant d'égalé son éloquence, maladroitement. Le Patron les invita à s'asseoir et s'excusa de devoir rester avec eux au chevet de Jérémy.

« Mes parents, voyez vous, ont une certaine réputation. Jérémy vous a-t-il raconté l'histoire en entier... Je devine que non.

- Jérémy ? S'inquiéta sa mère, qui paraissait parfaitement aimante.

- Désolé maman...

- Ne le blâmez pas. En vérité, un soir que mon frère rentrait de ses cours, qu'il a en même temps que le... que Jérémy, se rattrapa-t-il, ce dernier reçut des violences. Mathieu l'aida à s'en défaire. Pour venger l'honneur de mon frère, impudemment menacé, j'utilisais les qualités de votre fils en terme d'informatique pour les faire renvoyer de l'école. Suite à cela, qui se déroula en hiver, je les rejoignais chaque soir. Je suis, voyez vous, d'un bon grade de judo. »

Jérémy papillonnait des paupières à voir ainsi le Patron déblatérer.

« Toujours est-il que le soir où nos proches ont souffert, j'ai failli à ma tâche. »

Le regard du Patron fit frissonner le geek. Il le fixait avec culpabilité, et colère envers lui même.

« Je suis désolé. Vraiment. »

Ses mots semblaient coûter beaucoup au riche descendant. Jérémy glissa sa main contre la sienne, alors qu'il se tenait près de son lit. Il regrettait déjà, craignant un quelconque courroux, mais reçu à la place, un sourire pincé.

« Je ne.. .

- Mais voyons ! Ne soyez pas désolé ! S'exclama la mère.

- C'est sûr ! Vous le protégiez tout ce temps, sans qu'on ne vous offre rien en échange. »

Le Patron ne précisa pas qu'il surveillait surtout son frère. L'affabilité des parents à son égard lui serviraient sans doute un jour. Il retourna son intérêt sur le geek. Quand celui-ci put s'exprimer, il affirma vigoureusement qu'il ne considérait en rien que le Patron était en faute.

« Toujours est-il, que malgré mon retard j'arrivais à temps pour les prendre la main dans le sac. Tu étais déjà inconscient, ajouta-t-il à l'attention de son camarade. Je les ai blessé, gravement. »

Il se mordit la lèvre.

« Vous n'avez bien sûr pas à vous inquiétez, une distance de sécurité à directement été mis entre eux et ma famille, et par extension, vous. Ils ne sont pas dans cet institut. Mes parents vont passer l'école sous silence quant-à la cause du renvoie. Jérémy sera considéré comme témoin. La seule chose qu'il vous faut faire, c'est être discret. S'il vous plaît. »

L'accord fut passer sans problème, non sans un flot de remerciements et de compliment sur la bravoure du Patron.


Bonsoir ! Je profite d'achever ce chapitre tôt pour écrire sur un comédien que j'aime énormément. Mais d'abord, petite question : la longueur des chapitres vous convient-elle ?

Donc, aujourd'hui je vous parle d'une personne qui fait des vidéos sur youtube, et qui risque (c'est une certitude en fait) d'apparaître dans cette fiction ! Il s'agit de Matthieu Longatte. Bien que je l'ai déjà cité dans une autre fiction, je ne pense pas que beaucoup d'entre vous le connaissent, ce que je comprends. Il est l'animateur de l'émission youtube Bonjour Tristesse, mon grand coup de cœur.

Le Bonjour Tristesse, c'est l'étalage énergique et vulgaire des dernières nouvelles de France. Majoritairement politique, mais avec quelques faits divers, je trouve toujours mon compte dans ce divertissement.

Les critiques qu'il fait sont souvent dans mon sens, j'avoue être réconfortée de voir que d'autres personnes croient encore un peu que la solidarité est possible. La politique y est traité de façon plutôt impartiale : il crie sur tout le monde, peu importe le parti.
Outre sa vulgarité, je suis toujours très touché par la sonorité de ses paroles. Il rime en parlant avec un rythme soutenu, je crois parfois entendre ce que le rap devrait être, sans l'instrumentale. Un bon écrivain dans son domaine, si je peux dire cela ainsi.

Niveau humour, j'avoue ne jamais avoir entendu quelqu'un déblatérer avec une telle éloquence des insultes aussi originales que nombreuses. Bien que crues, elles me font toujours beaucoup rire.

Quelques exemples (soft) :

« T'es l'écran tactile de l'enculé toi, tu navigues avec fluidité et aisance grâce à ton système d'exploitation... »

« Vous êtes bien dans le pays où les riches ont inventé les soldes pour ne plus avoir à faire la queue derrière les autres le reste du temps »

« Dans une réunion de connards fluorescents, ce serait un phare »

Concernant l'homme, c'est un comédien parisien, manifestant assez engagé. Si ça peut motiver, j'ajouterais d'aspect élancé, bien fait et beau à regarder. Et pourtant, il n'a pas les yeux bleus !

Si vous n'êtes pas convaincu, je vous invite à écouter sa reprise (dont il est l'auteur des paroles, vu que la chanson de base est en anglais) faite avec le Comité des Reprises : « Bonjour 2015 ».

Tendresse & Bigoudis Chauffants
Maria