Note to self : arrêter de s'excuser en début de chapitre pour le laps de temps entre chaque post car les lecteurs sont des personnes compréhensives qui savent que si je tarde à écrire, ce n'est pas par gaieté de cœur mais simplement parce que mes cours m'enlèvent toute possibilité de temps libres. Ahlala...
« …On ne se marie pas parce qu'on s'aime mais pour s'aimer. »
L'archevêque d'Honolulu attarda son regard sur Hugo Malfoy debout devant lui, à sa droite, en costard trois-pièce noir Alexandre Vauthier puis sur Daphné Greengrass, se tenant à sa gauche, vêtue d'une robe blanche immaculée Valentino dotée d'une interminable traîne. Puis il retourna à son homélie.
Personne ne l'écoutait vraiment et Daphné, bien que toute souriante sous sa voilette, commençait à avoir mal aux chevilles. Ses escarpins Minnelli torturaient ses pieds pour être restée si longtemps debout. Une heure, pour être plus exacte. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû écouter l'armada de stylistes qu'elle avait engagées pour que sa tenue soit la définition même de la perfection. Elle savait qu'elle aurait dû opter pour des Louboutin – bon sang, maintenant qu'elle y repensait, elle se sentait idiote de ne pas avoir mis son idée à exécution. Niveau confort, le chausseur à la semelle rouge battait, et de loin, tous ses concurrents. [ndla : Désolée d'offenser les connaisseuses mais je spécifie au cas où : la semelle rouge est la signature par excellence de la marque de chaussure Louboutin] Daphné retint un soupir et jeta un regard impatienté à la grande horloge toute en or et moulures située en hauteur au-dessus de l'autel de la magnifique cathédrale d'Honolulu. Ses yeux se baissèrent ensuite à nouveau sur le prêtre qui débitait toujours son discours sur l'amour conjugal.
Ne pouvait-il pas se dépêcher ? !
Daphné tangua légèrement d'un pied à l'autre, tentant désespérément de soulager sa douleur. N'y avait-il pas un cordonnier dans la colonie d'assistants qui étaient assis en retrait derrière elle, prêts à voler à son secours au moindre de ses faux mouvements ? Non, bien évidemment. Avoir des problèmes d'escarpins n'avait pas été une hypothèse anticipée avant la cérémonie. La future mariée frôlait la crise de nerfs. Tout allait bien jusqu'ici, tout allait même super bien. Il avait juste fallut qu'elle mette ces foutues chaussures et qu'elle reste sans s'asseoir pendant une moitié d'éternité pour que son mariage soit gâché. Foutu. Daphné se balança plus rapidement d'un pied à l'autre. Dès qu'elle sortirait de cette église, chacune de ses stylistes dégusterait la saveur fruitée du chômage.
« …Si nous sommes tous réunis ici, c'est pour célébrer l'union de deux âmes… »
Ouf. Daphné retrouva son sourire. Enfin, ils s'attaquaient aux choses sérieuses.
« …Hugo Lucius Malfoy et Daphné Lynn Greengrass… »
Cette-dernière souriait tellement que sa mâchoire manqua de s'élargir. Enfin, enfin, enfin !
« …devant Dieu et devant les hommes… »
Daphné en avait des fourmillements partout dans le corps. Elle était si impatiente d'en venir aux faits qu'elle aurait pu arracher les alliances des mains des témoins et embrasser la seconde suivante Hugo à pleine bouche pour ensuite jeter les confettis que tenaient les filles d'honneurs dans tous les sens et se glisser à la suite de son époux dans la limousine qui les attendait devant les portes de la cathédrale.
Mais elle était une comtesse, doublée d'une Malfoy. Cela ne se faisait pas et aurait été très mauvais genre.
« …si quelqu'un, ici, dans cette salle, s'oppose à l'union de ces deux cœurs consentants pour une quelconque raison, qu'il se manifeste maintenant ou bien qu'il se taise à jamais. »
Régna ensuite un silence d'église – c'était le cas de le dire – dans toute la salle. Personne ne pipa mot pendant près de dix secondes et Daphné, bien qu'il n'y ait aucune raison d'avoir peur après tout, eut légèrement froid dans le dos. Mais un très court instant car bientôt, le prêtre continua.
« Bien. Nous allons à présent procéd… »
Soudain, la porte de l'église s'ouvrit avec fracas, l'interrompant en milieu de phrase. Tout le monde, mariés comme invité, se retourna immédiatement comme un seul homme vers la cause de cette irruption improviste. La lumière encore vive provenant de l'entrée les empêcha pendant quelques instants d'apercevoir quoi que ce soit mais lorsque leurs yeux s'habituèrent à la lumière du jour, une exclamation mêlant choc et incrédulité traversa l'assemblée.
Car, si Daphné pensait que ses escarpins avaient en parti ruiné son mariage, elle faillit à présent s'évanouir en découvrant qui se tenait sur le pas de l'entrée du lieu de culte.
24 heures plus tôt.
9h30. Harry posa mollement un pied par terre. Puis le deuxième. Il bailla ensuite à s'en décrocher chaque os de la mâchoire, se frotta les yeux pendant presque cinq minutes puis étendit paresseusement son bras pour attraper ses lunettes posées sur sa table de nuit.
« Pardonnez-moi mon père car je vais pêcher. »
Père David, prêtre dans la petite église de St Patrick située dans l'Ouest de Londres, fronça des sourcils, intrigué.
« Vous avez pêché ou bien vous allez pêcher, mon enfant ? » demanda-t-il d'une voix qui restait douce et encourageante en toute circonstance.
« Je m'apprête à commettre un péché. » s'expliqua une voix féminine depuis l'autre côté de la grille du confessionnal. « Un grave péché. »
« Et quelle est la nature de ce péché ? » le questionna le prêtre en fronçant des sourcils.
« Je vais commettre un meurtre. »
« …un…meurtre… ? » répéta très, très, très lentement le Père David.
« Oui, un meurtre. Je vais couper une certaine personne en morceaux symétriques de quatre centimètres d'épaisseur, les faire revenir à la poêle, les griller au barbecue pour les donner ensuite à manger aux lions du zoo national de Londres. »
Père David écarquilla des yeux. Autant, il en avait vu passer des cas. Mais celui-ci se plaçait haut-la-main parmi les plus sérieux qu'il ait eu à traiter.
« Et…puis-je savoir la raison de cette…action préméditée des plus sanguinaires ? »
« La raison ? »
La jeune femme eut un ricanement amer de l'autre côté de la paroi.
« Foutage de gueule en puissance, la voici la raison. »
« Oh. »
Le prêtre se racla la gorge tout en ajustant son col.
« Mon enfant, j'ai, hum, j'ai conscience que vous devez être remontée à l'heure où nous parlons…mais, croyez-moi, la violence, le meurtre, tout ceci n'est pas une bonne solution. Dieu est un Dieu d'amour et de pardon. Confiez-lui vos sujets de rancœur, de haine, de colère et vous vous sentirez plus libre. Vous serez enlevée d'un poids. Vous… »
« J'ai essayé le yoga. La méditation. La thérapie du hurlement. L'overdose de caféine. Rien n'y fait, si ce n'est que cette envie de meurtre ne fait que s'accroître. »
« Confiez tous vos soucis à Dieu, il agira. N'agissez pas à chaud, ou tout ceci se retournera contre vous. »
« Oh mais je n'agis pas à chaud, mon Père. J'agis de la manière la plus glaciale qui soit. Sachez que j'ai eu toute cette nuit pour élaborer le déroulement de cet assassinat. Tout est minuté et scrupuleusement prémédité. Le barbecue Téfal me sera livré dans une heure, si tout va bien. »
« Le péché ne réside pas seulement dans l'accomplissement de l'acte mais aussi dans la seule pensée de l'acte à venir. Dans la préméditation. Repentez-vous maintenant, changez vos projets et… »
« Je n'ai nullement l'intention de changer quoique ce soit, mon Père. Sauf votre respect. »
Père David se massa douloureusement le front.
« Pourquoi vous être présentée dans la maison de Dieu, mon enfant, si vous n'avez en aucun cas l'intention de vous écarter du chemin du péché ? »
« Pour me donner bonne conscience, je suppose. »
Un foulard Dior noué à la Audrey Hepburn sur sa tête, d'énormes lunettes de soleil en écaille Jacki-O sur le nez, un cabas noir en cuir de veau Fendi balançant à la jointure du coude, sa main gantée fermant d'un geste précipité son long trench-coat bleu nuit, Pansy Parkinson descendit en marathon les escaliers de l'église de St Patrick jusqu'à la Mercedes CLK aux vitres teintées qui l'attendait en bas des marches. Alfred, son chauffeur, était posté droit comme un piquet juste devant sa portière. Portière qu'il ouvrit une fois que sa patronne fut à sa hauteur.
Aussitôt à l'intérieur, l'attachée de presse arracha son foulard et le balança presque sur le tableau de bord alors qu'Alfred se remettait à sa place conducteur. Elle farfouilla dans son sac, en ressortit un petit miroir et s'examina en grimaçant. L'ongle de son index peint en bleu cuivre pointa du doigt une minuscule ride qui envisageait de se former sur son front.
« Alfie, mon cher, pendant que je saucissonnerai Mlle Granger et que je mettrai les morceaux de son corps inertes dans un sac poubelle de 100 Litre, pourrez-vous avoir l'extrême amabilité d'appeler Monica pour qu'elle me prenne un rendez-vous express à l'Institut Guerlain pour quelques petits soins ? Les plissements récents que j'observe sur ma peau feraient passer un quadragénaire pour une Reine de Beauté à côté de moi. »
« Comme vous voudrez, Mademoiselle. » répondit immédiatement Alfred en démarrant.
9h56. Le bras tendu, Harry tâtonnait toujours désespérément le vide à la recherche de ses lunettes.
Hermione s'étira comme une princesse au Royaume des Fées.
Elle posa un premier pied à terre, puis un deuxième. Puis elle porta sa main à la bouche, essayant de déterminer pourquoi est-ce qu'elle avait eu aussi mal pendant la nuit. Ah ! Oui. Elle s'était endormie avec un énorme sourire aux lèvres.
Hermione se leva, improvisa une petite danse jusque dans le couloir et fit un petit crochet par la salle de bain et se mira. Elle n'avait jamais été aussi rayonnante. C'était fou. Son teint était rose, plein de vie. Ses yeux chocolat pétillaient. Ses lèvres étaient plus pulpeuses que jamais. Même ses cheveux témoignaient à son avantage – pour une fois. Elle avait l'air d'une adolescente goûtant à ses premiers émois amoureux.
Ohlala… Hermione porta ses mains à ses joues mais ne put s'empêcher de sourire à nouveau.
Elle n'avait que Théodore dans la tête.
Elle ne voyait que Théodore dans le reflet du miroir.
Elle ne respirait plus que Théodore.
Hermione s'engouffra dans le couloir en gloussant. Elle avait l'impression d'être à nouveau cette lycéenne qui griffonnait « Nott + Granger » dans la marge de ses feuilles de notes, ne prêtant aucune attention à ce que le prof débitait. Elle rejoignit le salon, toujours en robe de nuit, et poussa distraitement un pan du rideau, la tête encore dans les nuages. Ce qu'elle y vit la fit redescendre immédiatement sur Terre.
Un attroupement monstre encerclait l'entrée de l'immeuble, certaines personnes armées d'énormes appareils photos, prêts à mitrailler la première personne qui passerait les portes de l'habitation. Hermione fronça des sourcils. Que faisaient-ils là ? Y-avait-il un meurtre ou un délit qui s'était déroulé dans les locaux ou… ?
Soudain, un élément de la foule réuni braqua son doigt sur sa fenêtre. Aussitôt après, la marée humaine s'anima et commença à hurler en la désignant du doigt. Les flashs se mirent à crépiter avec folie et Hermione quitta promptement la fenêtre pour venir se terrer contre le mur d'en face, terrifiée.
« Bon…sang ! » hurla-t-elle.
Parce que, même à l'aube de commettre un assassinat, Pansy se devait d'être glamour, elle opta pour des boucles d'oreilles en diamants Chopard pour compléter son habillement de smooth criminal. Son corps musclé au tennis moulé dans une combinaison noire satinée American Apparel, ses lunettes de soleil sur les yeux et des bottes en cuir noire Ferragamo aux pieds, la surélevant du sol de six décents centimètres, notre attachée de presse de choc était fin prête pour sa tâche.
Elle ouvrit sa sacoche et étala sur le cuir du siège passager tous ses joujoux nécessaires à l'accomplissement de son boulot. Petit tube de mascara Lancôme, flacon de N°5,couteau à bout pointu et lame de onze centimètres, briquet plaqué or, trois sacs poubelles, spray revigorant Boiron, gants en plastiques, crème pour main Chanel, crème pour ongles Yves St Laurent. L'essentiel quoi.
« Hum, Mademoiselle… ? » se manifesta Alfred en désignant la fenêtre.
Pansy releva distraitement la tête et manqua de s'étouffer. Un mélange de paparazzis, de fans hystériques et de passants curieux était réuni en masse devant l'entrée de l'immeuble d'Hermione Granger. Ils avaient été plus rapides qu'eux.
« Comment allez-vous faire pour exécuter votre tâche devant tous ces témoins, Mademoiselle ? » demanda prudemment Alfred.
Pansy lui fit signe de se taire. Elle ferma alors les yeux et se massa les tempes pendant dix secondes, extrêmement concentrée. Et dès qu'elle ouvrit ses yeux, à la onzième seconde, elle avait une idée.
« Garez-vous derrière l'immeuble. Plan B. »
Hermione était à présent prisonnière dans le Royaume des Cauchemars.
Elle faisait des allers-retours de long en large dans son appartement, totalement paniquée. Tout tournait à une vitesse folle dans sa tête et elle ne savait pas quoi faire. Sortir ? Aller à leur rencontre ? Et risquer de se faire agresser par une horde de fans, journalistes, photographes, projectiles ? Rester ici ? Éternellement ? Ne plus jamais sortir de chez elle jusqu'à sa mort ?
Cernée. Elle était cernée.
Elle avait toujours su que ce moment allait arriver. Tôt ou tard, elle allait être confrontée à la réalité que vivait au quotidien Malfoy. Des objectifs de Nikon la suivant jusqu'au WC, aucune intimité possible, des rumeurs à tout bout de champs, son portait en couverture d'un tabloïd sur deux…elle savait que son tour allait arriver. Seulement, elle ignorait que le changement allait s'opérer aussi tôt… !
Ça hurlait toujours à l'extérieur, bien qu'Hermione se soit retirée de la fenêtre depuis plus de cinq minutes maintenant. Elle avait beau être enfermée à présent à double tour dans la salle de bain, cela ne changeait pas grand-chose. On aurait dit un soulèvement de la population londonienne toute entière. Ils étaient tous là…pour elle.
« Oh mon Dieu… » suffoqua Hermione, se rendant pleinement compte de la situation.
Elle se passa plusieurs jets d'eau froide sur le visage. Et, une fois de plus, elle se fustigea intérieurement d'avoir apposé sa fichue signature à la dernière page du Contrat.
Pourquoi l'avait-elle fait ?
Pourquoi.
Pourquoi ?
Pour-quoi ?
POURQUOI ?
P-O-U…rquoi tambourinait-on depuis près de deux minutes contre son mur ?
Le sang d'Hermione se glaça. Se pouvait-il que ces fous furieux aient atteint son appartement... ? L'étudiante prit une très grande inspiration et s'arma d'une grande bouteille de shampoing, prête à assommer la première personne qui tenterait de l'agresser. Elle déverrouilla la porte avec précaution et opéra un droite-gauche furtif, sur le qui-vive. Personne ne se trouvait dans le couloir. Bien. Rasant les murs, elle avança en direction du bruit insistant. Apparemment, il semblait venir de sa chambre même.
Hermione s'y dirigea alors, poussa lentement la porte et eut pleine confirmation de son hypothèse. Quelqu'un frappait à s'en détruire la main contre sa fenêtre. La brune s'humecta les lèvres, nerveuse, le cœur battant à cent à l'heure. La seconde d'après, elle hurlait en se dirigeant vers la fenêtre et tira d'un coup sec le rideau.
« OUVREZ, SOMBRE IMBECILE ! » lui hurlait Pansy Parkinson qui, seul Dieu savait comment et pourquoi, se trouvait de l'autre côté de la vitre.
Hermione resta quelques secondes inactive, encore en état de choc, puis se décida à obtempérer lorsque l'attachée de presse se remit à faire du tam-tam contre la vitre en criant : « OUUUUUUUUVREEEEEEEEEEEEZ ! ! ! ».
Pansy escalada la balustrade et atterrit sur la moquette de la chambre, essoufflée. Elle reprit brièvement sa respiration, le dos courbé, ses mains appuyées contre ses cuisses. Puis elle redressa et fit face à une Hermione qui l'observait toujours avec de grands yeux éberlués. La seconde suivante, la paume de l'attachée de presse claqua violemment contre la joue de la jeune fille, la faisant tituber en arrière.
« Ça, c'est pour nous avoir tous mis dans le pétrin dans lequel nous sommes, actuellement. » se justifia-t-elle en avançant vers elle tandis qu'Hermione reculait, totalement, entièrement sonnée, la main plaquée sur la partie rougie de son visage.
Et avant même que cette-dernière aie pu se protéger, la main de Pansy atterrit dans un bruit plus sec encore sur son autre joue.
« Et ça...eh bien, c'était juste pour le plaisir de le faire. » avoua Parkinson, un sourire criminel aux lèvres. « Bien meilleur que de vous dépecer ou de vous rôtir à la broche, en fin de compte. »
Elle claqua ensuite des doigts avec dynamisme.
« Mettez-moi des chaussures, n'importe lesquelles, un manteau, des lunettes et enfilez-moi cette perruque. » lui ordonna-t-elle en lui lançant une chevelure blonde factice. « Nous n'avons que très peu de temps. »
Comme Hermione restait toujours droite comme un piquet au milieu de la pièce, l'air atrophiée, Pansy avança lentement vers elle et positionna sa bouche juste devant son oreille, comme si elle allait lui chuchoter un secret.
« MAGNEZ-VOUS ! » aboya-t-elle, lui perçant au passage le tympan.
Hermione se magna donc et attrapa une paire de boots cloutées Sisley d'un des innombrables portants de vêtements que Pansy avait fait livrer, quelques semaines auparavant, et les maria avec le premier manteau qu'elle trouva, un manteau à fourrure plus bling-bling qu'autre chose, et des lunettes de soleil asymétriques Paul & Joe vert canard. Pansy dut se tenir contre l'armoire pour ne pas tomber à la renverse face à un alliage vestimentaire aussi blasphématoire. Elle prit cependant sur elle car il n'y avait plus le temps de tergiverser.
« Bon. Mettez-vous à la fenêtre. » lui ordonna-t-elle encore.
Là, Hermione ouvrit enfin la bouche.
« Pour quoi faire ? Et puis où allons-nous ? »
« Mettez. Vous. A. La. Fenêtre. »
« Pour quoi faire ? ! »
« Mais pour vous y jeter, pardi, quoi d'autre ? ! »
Hermione secoua la tête, n'y croyant pas une seule seconde, mais obtempéra avec prudence.
« Asseyez-vous sur la balustrade. »
Hermione papillonna des yeux, pas très sûre d'avoir bien entendu. L'attachée de presse ne voulait tout de même pas qu'elle s'assoit en bordure de balcon alors que son appartement se trouvait au troisième étage !
« Asseyez-vous ! » s'impatienta-t-elle.
« Faites-le d'abord et je le ferai ensuite. »
Pansy roula des yeux mais concéda. Elle s'approcha elle-aussi de la fenêtre et fit le mouvement pour rejoindre Hermione sur la balustrade. Mais, au lieu de ça, elle poussa de toutes ses forces sa voisine par les épaules qui bascula par-dessus bord, dans le vide.
Le cœur d'Hermione s'arrêta de battre durant tout le temps de la chute. Elle hurla à pleins poumons, ses yeux brouillés par les larmes de terreur fixant toujours Pansy qui l'observait depuis l'étage de sa chambre comme on observerait l'avancement d'un chantier. Ses bras et ses jambes battaient désespérément l'air, en recherche d'un quelconque appui, de quelque chose, n'importe quoi pouvant la secourir d'une mort certaine contre le sol goudronné. Elle pensa alors à son père, à Théodore, à toutes les personnes que sa mort laisserait orphelin et son cri redoubla d'intensité.
Hermione ferma les yeux.
Et lorsqu'au bout d'une éternité, une surface à la fois moelleuse et rebondissante la réceptionna au terme de sa chute, Hermione crut s'être retrouvée au paradis.
Elle ouvrit un œil.
Puis l'autre.
Elle se trouvait nez à nez avec un homme d'une cinquantaine d'année en uniforme de majordome.
« Tout va bien Mademoiselle ? »
Hermione, au milieu de ses larmes, lui offrit le plus beau des sourires.
« Dieu ! Comme que je suis heureuse de vous voir enfin ! Je savais que vous existiez, je le savais. » soupira-t-elle, se croyant au Septième Ciel...
...jusqu'à ce que Pansy ne lui atterrisse dessus avec fracas, lui brisant la colonne vertébrale contre les ressorts du matelas sur lequel elle était déjà allongée.
10h13. Harry attrapa enfin ses lunettes.
Daphné joignit ses mains entre elles tout en s'agenouillant devant l'autel de la cathédrale d'Honolulu, lieu où allait se dérouler le plus important instant de sa vie dans quelques heures.
« Merci mon Dieu pour ce beau temps. Merci d'avoir également donné l'intelligence nécessaire aux Hommes pour qu'ils puissent inventer les ventilateurs, la climatisation ainsi que les escarpins à semelles anti-transpirantes, accessoires indispensables par une pareille chaleur. Merci d'avoir écarté Draco Malfoy et son nouveau joujou du déroulement de mon mariage. Merci de m'avoir donné la patience et le courage nécessaire pour me gaver de galettes de riz Bjorg absolument infâmes et sans goût qui m'ont certes fait goûter à l'anorexie le temps de quatre semaine et demi mais ont permis que je puisse rentrer dans cette fichue robe de marié Valentino. Je ne vous demande qu'une seule chose : permettez que ces lys blancs de Thaïlande commandés chez Flora et que j'attends depuis près de trois heures puissent arriver dans les prochaines minutes qui viennent. Ne permettez pas que le livreur se soit encore trompé d'adresse parce que sinon, je vous jure que – mince, pardon, il ne faut pas jurer dans une église. Mais bon, je vous fait confiance, je sais que si vous avez réussi à éloigner le plus loin possible d'Hawaï Draco et sa poupée gonflable, une simple requête concernant une petite livraison de bouquet de fleurs ne sera que du gâteau pour vous. Ah ! En parlant de gâteau, permettez que la pièce montée La Durée... »
« STOP ! ARRÊTEZ VOUS ! » s'écria d'une voix stridente Pansy Parkinson alors que leur voiture longeait l'arrière-rue de l'Institut de la Femme.
La Mercedes s'arrêta dans un freinage brutal, faisant royalement décoller Hermione et Pansy de leur siège.
« Marche arrière dans l'impasse ! » ordonna Pansy avec l'autorité d'un capitaine de régiment. « Vite ! »
Alfred obtempéra immédiatement et fit rentrer la voiture à reculons dans le cul-de-sac faiblement éclairé de façon à ce que leur portière soit à un mètre seulement de l'entrée de service de l'Institut.
« Parfait. Maintenant, simple petite mesure de précaution vis-à-vis des paparazzis... »
Pansy se mit à fouiller frénétiquement dans sa sacoche et en ressortit un sac poubelle. Et, sans même que sa voisine ne l'ait vu venir, l'attachée de presse recouvrit précipitamment la tête d'Hermione avec. Cette-dernière se mit alors à se contorsionner et se débattre à travers le sac poubelle.
« Alfie ! » appela alors à l'aide Pansy en claquant des doigts à son encontre.
Son chauffeur s'extirpa à la seconde de la voiture et vînt la rejoindre sur le siège passager.
« Prenez ses mains, je m'occupe de ses jambes. »
Hermione se mit alors à hurler, ses cris étouffés par le plastique kaki, tout en bougeant dans tous les sens.
« C'est pour votre bien, triple crétine ! C'est pour votre bien ! » essaya de la raisonner Pansy en lui enserrant les chevilles tandis qu'Alfred la tirait hors de la voiture après avoir menotté ses bras à l'aide de sa poigne ferme.
10h21. Harry porta ses lunettes à son nez puis bailla à nouveau.
« MAIS PUISQUE L'ON VOUS DIT QUE C'EST POUR VOTRE BIEN ! ! » hurlait Pansy en brandissant un rouleau de Scotch.
Elle attrapa le bout collant à l'aide de ses dents et déroula une large bande avec une telle adresse que l'on aurait pu croire qu'elle s'était entraîné à faire ce geste durant toute sa jeunesse.
« CESSEZ DE BOUGER ! » s'égosilla-t-elle en enroulant abondamment le morceau de Scotch autour de ses jambe. « Alfie ! Attrapez ! »
Alfred intercepta d'une main habile l'objet et administra aux bras de la pauvre Hermione saucissonnée le même sort qu'à ses jambes. Mais l'étudiante se débattait avec une vigueur qui semblait intarissable et elle manqua d'éjecter le pauvre chauffeur hors du véhicule.
10h23. Harry remarqua une petite poussière sur son verre droit et souffla délicatement dessus pour la faire s'envoler.
« AAAAARRÊTEZ DE BOUGEEEER VOUS DIIIIIIS-JE ! »
Pansy se jeta sur Hermione et se positionna à califourchon sur son dos pour l'immobiliser une bonne fois pour toute. Et comme Hermione redoublait d'effort pour se libérer de cette emprise, elle empoigna le large couteau initialement prévu pour découper la jeune fille en rondelle, le retourna puis frappa le crane de la captive avec le manche en bois.
La tête d'Hermione, toujours sous sac poubelle, retomba lourdement contre le cuir du siège, sonnée.
Blaise poussa avec tant de force la portière arrière de sa voiture de fonction qu'il faillit éborgner le chauffeur qui s'apprêtait à la lui ouvrir.
« ...réponds, réponds, réponds, réponds, réponds... » répétait-il comme une litanie, son oreillette wi-fi greffée à son oreille, tout en traversant d'un pas vif le hall de son agence.
Et comme pour les quatorze précédentes tentatives, l'appel bascula sur messagerie. Messagerie qui avait le don de pousser à bout Blaise.
« Allo ?... Allo ? !... ALLO ? ? !... Non, je déconne, je ne suis pas là. Mais essayez de parler après le bip, la prochaine fois, vous aurez peut-être l'air moins con...enfin, j'ai bien dit 'peut-être'. » pouffait Draco sur un répondeur que son agent commençait à connaître par cœur.
« Je. Vais. Le. TUER. » siffla Blaise en écrasant son poing sur le bouton d'appel de l'ascenseur.
Il fouilla dans la poche de sa veste Burton noire et en ressortit son BlackBerry sur lequel il recomposa férocement le numéro de l'héritier.
« REPONDS ! » hurla-t-il presque tandis que les tonalités d'attentes s'égrainaient.
« Allo ? ! » s'exclama Hermione d'une voix désespérée.
« INSPIREZ ! » lui ordonnait Pansy dans son dos.
« Hermione. Il faut qu'on parle. » répondit Théodore d'un ton glacial depuis l'autre bout du fil.
« EXPIREZ ! »
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire avec Draco Malfoy ? »
Hermione ouvrit la bouche mais ne sut quoi répondre. Elle avait l'impression qu'une trappe venait de s'ouvrir sous ses pieds et qu'elle expérimentait à l'instant une chute libre des plus désagréables. Être confrontée à la réalité n'avait, en effet, rien d'agréable. Sans compter que derrière elle, Pansy serrait les ficelles de sa robe bustier comme une malade mentale, lui ordonnant de retenir sa respiration lorsqu'elle tirait sur les cordes pour que le tissu puisse comprimer sa poitrine jusqu'à ce que mort par asphyxie s'ensuive.
« Je...je... » ne put que bégayer Hermione.
« INSPIREZ ! »
« Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas mis au courant de ta relation ? Cela m'aurait évité de passer pour l'idiot de service. »
« Théodore...je... »
« Et puis Draco Malfoy ? ! Pfff ! Mais qu'est-ce qui t'es arrivée ? Comment as-tu pu tomber aussi bas ? ! »
Là, Hermione se sentit piquée dans son orgueil. Autant, son lien avec Malfoy n'était défini que par une petite signature au bas d'un Contrat mais le fait que Théodore sous-entende que cette relation faisait d'elle une loque, ça, elle ne pouvait pas le supporter.
« Je sors avec qui je veux, Nott, indépendamment de ce que tu puisses en penser. Alors tes commentaires, tu te les gardes. »
« EXPIREZ ! »
« C'est bien la meilleure, celle-ci. D'abord tu m'embrasses lors de ma séance de dédicace et ensuite, tu... »
« RECTIFICATION. Je t'embrasse ? N'est-ce pas toi qui m'a emmené sur le toit ? N'est-ce pas toi qui m'a enlacé ? Et tu affirmes que c'est moi qui ai fait le premier pas ? ! C'est le monde à l'envers ! »
« Très bien, vu que tu te complais dans ta mauvaise foi, réponds juste à une seule question : Sachant que tu files le parfait bonheur avec le très honorable Draco Malfoy, pourquoi as-tu accepté de venir prendre un verre avec moi ? Pourquoi as-tu accepté de venir à ma séance de dédicace ? Pourquoi m'as-tu suivi sur le toit ? »
« Ça fait trois questions. »
« Ne joues pas à la plus maligne, Hermione, je déteste ça. »
« INSPIREZ ! »
« Si j'ai accepté de te revoir, c'est en souvenir du lycée ! Ça me faisait plaisir de te voir et... »
« Ben voyons. Si tu as accepté de me voir, c'est tout simplement parce que tu es encore amoureuse de moi. Rien d'autre. »
« Oh et puis c'est dit avec tellement d'assurance, d'arrogance... »
« Parce que je sais que c'est vrai. »
« EXPIREZ ! »
Hermione vida l'air contenu dans ses poumons, tachant de reprendre son calme.
« Je pense que nous nous sommes tout dit. Cependant, je ne voudrais pas que l'on se quitte sur des mauvaises bases, tous les deux donc... »
« Malheureusement, je pense que c'est déjà fait. Ce qui s'est passé sur le toit de la National Gallery risque d'avoir un impact néfaste sur mon chiffre de vente et mon image risque d'être ternie. » répliqua glacialement Théodore.
« Dites-moi que je rêve...est-ce que tu insinuerais que ma simple présence te fait de la mauvaise publicité ? ! »
« Ton nom est à présent associé à Draco Malfoy. Que tu le veuilles ou non. Et, avec un peu de chance, cette affiliation te suivra jusqu'à ta mort. Je ne veux en aucun cas être associé à tout cela. Le nom Le Malfoy est un synonyme de honte. »
« INSPIREZ ! »
« Bon sang, je n'aurais jamais imaginé que tu puisses être une telle ordure. »
« J'ai dit : INSPIREZ ! »
« Je n'aurais jamais imaginé que tu puisses te souiller à ce point. »
« En t'ayant embrassé ? Ah oui, pour me souiller, je l'ai fait. Rappelle-moi de me laver la bouche à la Javel. »
« Pauvre fille. Tu ne sais pas dans quoi tu mets les pieds. »
« Bon, passez-moi ce portable ! » s'impatienta Pansy en arrachant le téléphone des mains d'Hermione pour le porter à son oreille. « Sachez, Mr Nott, que s'il fallait choisir entre boire une soupe de déjections de pigeons et lire les trois premières pages de votre livre, je choisirai sans hésiter la première option. Vos bouquins sont à la littérature anglaise ce qu'un soutien-gorge est à Keira Knighley : inutile. Sur ces bonnes paroles, je vous prierais d'aller gentiment vous faire voir et de LAISSER MLLE GRANGER FAIRE SES ESSAYAGES EN PAIX. Merci. Au revoir. »
Elle raccrocha et balança le portable sur l'un des sofas du troisième étage du Salon de la Femme avant de se retourner vers Hermione qui la dévisageait, entre choc et admiration.
« Maintenant, pour la troisième fois : INS-PI-REZ. »
11h00. Harry s'affala sa chaise de bureau et, une tasse de thé à la main, posa ses deux pieds sur la table en verre sur laquelle trônait un iMac blanc ouvert à la page d'accueil de son site gagne-pain. Il fit craquer ses articulations, but deux gorgées brûlantes de Earl Grey puis se redressa pour entamer sa routine de chroniqueur. Soudain, ses yeux se stabilisèrent sur ses chaussettes et il poussa une exclamation catastrophée.
Bon sang Harry...des chaussettes Flipper le Dauphin ? Vraiment ? !
LES PETITS POTINS DE POTTER
ACCUEIL :
Encore, Oui-oui ou Barbapapa...ça aurait pu passer.
Mais des chaussettes FLIPPER LE DAUPHIN ? ! Ça pousse à la réflexion. A la remise en question. A l'introspection.
Que s'est-il passé dans mon enfance, dans mon adolescence, dans ma jeunesse pour que moi, Harry James POTTER, puisse, en âme et conscience, snober toutes les chaussettes contenues dans le deuxième tiroir de mon armoire pour choisir CETTE paire ? !
Non. Plus simple encore : comment se fait-il que moi, Harry James POTTER, puisse avoir un tel sujet de honte, de rabaissement de soi, de MOTIF DE SUICIDE SOCIAL dans le deuxième tiroir de mon armoire ?
Comment cela a-t-il pu être possible ? Quel a été l'élément déclencheur pour que je puisse en arriver à de telles extrêmes ? A de telles abysses ? Dans quel état d'esprit, sous l'emprise quelle drogue hallucinogène étais-je lorsque j'ai donné l'argent à la vendeuse (ça ne peut qu'une vendeuSE car vous les femmes êtes des vicieuses vous nous voyez commettre la plus grave erreur de notre vie, l'achat le plus dévalorisant de toute notre existence, et vous ne nous en empêchez même pas. Pire : vous nous encouragez dans cette voie avec un grand sourire pour pouvoir ensuite mieux se payer notre tête et utiliser cet argument irréfutable devant le juge, lorsque vous nous demanderez le divorce car, sérieusement, QUEL JUGE refuserait de nous ôter à vie la garde complète de nos enfants avec un tel argument en notre défaveur ? !) qui m'a encaissé ce jour-là ?
Aidez-moi, je suis perdu... J'ai acheté Dites moi le motif de vos chaussettes et je vous dirai qui vous êtes de Agrippa Cotille pour m'aider à mieux comprendre, j'envisage même d'aller voir un hypnotiseur dans la semaine pour me sortir de cet état de dépression grandissant. Parallèlement, je me suis remis à la méditation contemplative et j'envisage de me raser le crâne pour être au plus proche du dieu Shiva. Je pense aussi devenir végétarien dans les jours qui suivent pour purifier mon organisme de cet affront pédestre et...et...bon sang, aidez-moi, je ne sais pas, je ne sais plus quoi faire à ce stade-là... AIDEZ-MOI !
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ON A VU...
Fred Weasley prendre d'assaut l'une des affiches promotionnelle placardée dans le centre-ville et colorier les dents de Georges Weasley en orange, vert et noir puis se baisser pour dessiner une obscénité au niveau de son entrejambe. L'obscénité était toute petite, si vous voyez ce que je veux dire. Hinhin.
Regulus Black et son groupe de tarés défenseurs des phoques lancer des tomates et des aubergines pourries sur la vitrine de Louis Vuitton tandis que le magasin inaugurait sa nouvelle ligne de fourrure. Les 48 heures de garde-à-vue qui ont suivi ce petit jeu de Paint Ball ont du lui donner amplement matière à réfléchir.
Daphné Greengrass refuser de descendre de l'avion à Honolulu sous prétexte que l'inclinaison du soleil était trop forte pour que les verres de ses lunettes de soleil puissent l'en protéger correctement, poussant ainsi le pilote de l'avion à se rapprocher au plus près de la passerelle guidant les passagers jusqu'à l'intérieur du bâtiment. Un commentaire à faire ? Sentez-vous libres.
Parvati Patil déclarer qu'elle aimait les chips, du moment que celles-ci ne contenaient pas un seul gramme de pomme de terre. Un commentaire à faire ? Sentez-vous libres, encore une fois.
Draco Malfoy, partiellement ivre vers la fin de la soirée de lancement de la nouvelle ligne Vuitton, embrasser goulûment cinq des plus belles mannequins présentes et hurler ensuite : « Embrassez qui vous voudrez ! ». Serait-ce un message subliminal... ?
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L'INFO DRACONNIENNE DU JOUR :
Ah oui ? Embrassez qui vous voudrez ? Vraiment ? Dans ce cas, moi, ça ne dérangerait aucunement d'embrasser sa petite copine actuelle, tiens !
N'empêche. Quel couple étrange. Mademoiselle trompe ouvertement Monsieur avec l'accessoire littéraire le plus en vogue du moment et Monsieur réagit en embrassant à la volée une petite poignée de top model, prônant ainsi la démocratie du roulage de patin.
Car notre Draco Malfoy national a très sérieusement l'air de se contreficher de la controverse auquel sa chère et tendre est au cœur. La scène de dévergondage baveux lors de la soirée Vuitton n'est pas le seul exemple venant appuyer cette impression de je-m'en-foutisme total de la part de l'héritier. En effet, pas plus tard que tout à l'heure, sur les coups de onze heure quarante, Monsieur a posté une petite photo sur Instagram sans doute destinée à faire un pied de nez aux rumeurs lancées par ma personne, preuve à l'appui. Mais quelle est donc cette photo, me demanderez-vous. Oh ! Rien de bien compliqué. Juste un cliché d'Hermione Granger en robe Cacharel mauve bustier, assise sur un siège en cuir, les yeux fixés sur ce qui semble être un hublot, l'air pensive. Petit cliché que Dray a agrémenté d'un simple petit mot : « 'Mione ».
Message reçu ? 2/2.
Jalousement vôtre,
Harry POTTER.
PS : Wait a minute ! Hermione Granger avait les yeux fixés sur un HUBLOT ? Est-ce que cela voudrait-il dire que...
« Wow. » ne put s'empêcher de souffler Hermione en entrevoyant par la vitre de la Mercedes de Pansy Parkinson l'énorme jet privé blanc qui trônait princièrement sur la piste de décollage, « MALFOY » écrit en lettre capitale tout le long de l'engin. « Wow. »
« Au lieu de prononcer des monosyllabes, écoutez-moi. » dit Pansy tout en se remettant du Rouge Coco sur les lèvres. « Une fois arrivés à Honolulu, une limousine vous attendra et vous mènera jusqu'à la cathédrale où se déroulera le mariage des Malfoy-Greengrass. Vous n'arriverez pas à l'heure et Daphné voudra vous perforer à l'aide de ses talons aiguilles en vous voyant à l'entrée de l'église. Peu importe. Votre présence est cruciale car les médias sauront ainsi que vous faites parti intégrante de la famille Malfoy. »
Alfred vînt lui ouvrir la portière une fois qu'ils furent garés juste devant les marches menant à l'entrée du jet.
« Je vous ai mis un Tazer dans votre sac si jamais Daphné menace de vous poignarder avec le premier couteau se trouvant à sa portée ! » lui lança Pansy depuis sa vitre baissée. « Et je vous conseille de garder la main dessus si vous tenez à votre vie. Cette petite est capable de bien des choses, croyez-moi ! »
Hermione hocha la tête – bien qu'elle ne pensait pas une seule seconde que Daphné puisse essayer de la poignarder. Quoique.
Draco leva brièvement les yeux de son iPhone 5 – oui, il avait changé de portable et avait eu celui-ci gratuitement de la part de la marque Apple il était apparemment revenu dans les bonnes grâces des commerciaux – tandis qu'Hermione pénétrait dans les locaux du jet. Il était clair qu'elle luttait avec elle-même pour ne pas s'extasier ouvertement devant l'intérieur à la fois luxueux et spacieux de l'avion. On aurait dit le boudoir privé d'un président de la république avec supplément hôtesses de l'air à l'uniforme raccourci et hublots bordés de petits cristaux de diamants décorations somme toute assez normales étant donné qu'il s'agissait du jet privé d'un Malfoy.
Tout en observant autour d'elle, elle avançait lentement jusqu'à l'endroit où Draco était affalé sur son siège en cuir crème, son portable entre les mains, et ce ne fut que lorsqu'elle fut parfaitement à sa hauteur que Malfoy cadet leva réellement les yeux vers Hermione. Progressivement, toutefois. Il commença par ses pieds, chaussés d'escarpins compensés noirs Fendi. Puis ses jambes, longues, longiligne. Sa robe, une robe mauve bustier en crêpe de soie aérienne. Ses omoplates et son cou, ornés d'une fine chaîne en or. Ses lèvres, des reflets rosés made in YSL leur donnant un effet pulpeux. Son nez droit, et enfin ses yeux, laissés presqu'intact, comme d'accoutumée, si ce n'est qu'une légère touche d'ombre à paupière et un trait de khôl venait donner plus de profondeur à son regard.
« Jolie robe. » dit-il, d'une voix néanmoins assez distante.
Hermione prit précautionneusement place en face de lui.
« Joli jet privé. »
« Alors comme ça...on me trompe ? » embraya immédiatement Draco sur un ton anodin, un sourire néanmoins mauvais aux lèvres.
Hermione sentit un courant glacial dans son dos. Alors comme ça, tout le monde était au courant ? !
« Je prends ton silence pour un oui. »
« Nous ne sortons pas ensemble, Malfoy. Alors je ne vois pas en quoi ma vie privée t'... »
« Vie privée, vie privée...ahlala, quelle naïve, celle-ci, alors. Petite, à l'instant où tu as accepté de signer ce Contrat, tu as dis adieu à toute vie privée. Les paparazzis vont te traquer comme ils ont commencé à le faire pour découvrir que tu fricotais avec Théodore Nott. Oublies toute notion de vie privée car, pendant trois ans, tout cela n'existera plus. Mieux : tu vivras pour les paparazzis. »
Il baissa à nouveau les yeux sur son iPhone tout en s'adossant contre le dossier de son fauteuil.
« Alors que tu copules avec un cerfs ou que tu fasses de la danse du ventre devant Nottingham Palace avec pour seul vêtement une jupe en feuille de cyprès, peu m'importe. Évite simplement de faire capoter le Contrat en nous décrédibilisant tous les deux, c'est tout ce que je te demande. »
« Je crois avoir assez fais les frais de cette erreur pour que quelqu'un comme toi puisse se permettre de me faire la morale. »
Draco se désintéressa immédiatement de son iPhone et planta viscéralement son regard polaire sur Miss Granger.
« Quelqu'un comme moi ? » répéta-t-il. « C'est-à-dire : 'quelqu'un comme moi' ? »
« C'est-à-dire un Malfoy, de un, qui s'est débrouillé pour coucher avec un mec, de deux, et pour que les photos de ses ébats soient publiés dans tous les journaux de l'Angleterre, de trois, sans qu'il ne puisse se rappeler de quoi que ce soit le lendemain, tellement son taux d'alcoolémie dans le sang était élevé. Voilà ce que je veux dire par : quelqu'un comme toi. Alors à côté de ce palmarès, ne crois-tu pas qu'un simple petit baiser échangé sur le toit d'un immeuble passe presque inaperçu ? »
« Non mais regardez-moi ça... Mademoiselle me rebalance à la figure mes exploits passés pour excuser sa conduite. Mais c'est qu'elle commence à rattraper les Malfoy niveau réponses-coups-bas ! Je suis presque fier d''avoir participé à ton éducation. »
« Contrairement à votre famille de manipulateurs, je ne donnerai jamais dans les coups bas. Je ne fais que dire qu'étant donné ta posture, tu pourrais bien te garder tes paroles de morale. »
« ...En plus avec Théodore Nott, quoi. Tu aurais pu choisir n'importe qui de plus... beau ! Et non. Tu as choisis y a quand même de quoi se sentir humilié. »
« Ne te prends pas non plus pour la définition même de la beauté. » répliqua d'un ton froid Hermione. « Tu as un ego si surdimension... »
Draco bailla.
« Bon, cette conversation m'ennuie. Je voulais juste te taquiner mais tu prends apparemment les choses bien trop à cœur. » Il claqua des doigts à l'encontre d'une des trois hôtesses postées derrière lui. « Angela, ma chérie ? »
La plus blonde des trois se détacha du lot et vînt se présenter à côté de lui. Draco se leva et lui prit la main comme s'il l'accompagnait sur une piste de danse.
« Je vais aller tester mon ego surdimensionné. » lança-t-il avec un petit sourire d'adolescent pervers avant de s'éclipser avec la plantureuse hôtesse de l'air.
Hermione roula des yeux tout en appuyant sa tête contre le hublot. Avec tout ça, elle n'avait même pas remarqué que l'avion avait décollé et les voilà qui slalomaient entre les nuages. L'étudiante fixa son regard sur la vue que lui offrait la petite fenêtre ovale. Jusqu'à ce que ses paupières en tombent, tombent, tombent et que...
« Non mais t'es quand même d'accord avec moi sur le fait que ce mec est hideux. »
Hermione soupira pour la énième fois.
Le pilote venait de leur apprendre que le vol jusqu'à Hawaii allait être long d'au moins quatorze heures, ce qui était difficilement supportable. Alors si en plus Draco l'harcelait intensivement pour qu'elle avoue que Théodore était plus moche que lui comme il le faisait depuis près d'une heure...Hermione préférait encore se parachuter au-dessus de l'océan atlantique pendant qu'il en était encore temps.
« Mais qu'est-ce que ça changera à ta vie que je réponde oui ou non à cette question ? » s'agaça-t-elle en entamant son second sudoku niveau moyen.
« Absolument rien. Je veux juste que tu te rendes compte de ton erreur. »
Hermione haussa des sourcils.
« Mon erreur ? ! »
« Granger, ce mec est hideux. »
« Je ne le trouve pas hideux. Même si c'est un idiot fini. »
« OK, OK. Dans l'hypothèse improbable que cet écrivain pour femmes aux foyers aigries soit doté d'un milligramme de beauté quels atouts posséderait-il ? »
« Eh bien... » Hermione inscrivit consécutivement un huit, un sept et un quatre sur la toute première ligne de sa grille. « ….il a de très beaux yeux verts. »
« J'ai de très beaux yeux bleus aussi. » répliqua du tac au tac Draco en faisant glisser paresseusement son doigt sur l'écran tactile de son iPhone.
« Quel rapport ? »
« Aucun. Continue. »
Hermione prit le temps de réfléchir tout en faisant tourner son crayon de papier entre son index et son majeur.
« Il est drôle et attentionné. Du moins, il l'était au lycée. »
« Je suis drôle. Peut-être pas attentionné mais drôle, ça, c'est une certitude. »
« Il ne s'agit pas de toi ! Pourquoi est-ce que tu éprouve le besoin de te comparer à Théodore ? »
« Pour rien. Continue. »
Hermione secoua la tête en l'observant bizarrement puis continua.
« Il embrasse bien. »
« Alors là, je le met au défi de me voler ma place de leader dans cette discipline. »
« Tu vois, tu te compares. »
« Je ne me compare pas je statue des faits. Ce mec doit embrasser comme une éponge atteinte de paralysie à côté de moi. »
Hermione émit un petit rire.
« Laisse-moi en douter. Autant, notre dernière conversation m'a prouvé qu'il était l'un des pires salauds que la Terre n'ait jamais enfanté, mais je ne peux pas lui ôter cette qualité là. Alors que toi... »
Draco leva les yeux de son portable, un sourire en coin.
« Serait-ce un défi que tu me lances ? »
« Je n'ai lancé absolument aucun défi. »
« Eh bien moi je perçois ça comme un défi. »
Il posa son nouveau gadget électronique sur la table et se pencha vers elle.
« Approche. » lui ordonna-t-il.
Hermione tourna sa tête légèrement de côté.
« Pour quoi faire ? »
« Te prouver ton erreur, encore une fois. Approche. »
« Mais pourquoi ? ! De toute façon je ne suis même plus avec lui, je ne vois vraiment pas pourquoi est-ce que ça t'obsède ! »
« Ça ne m'obsède pas. Disons que c'est juste...une réaffirmation de ma virilité. Un truc de mec, tu ne peux pas comprendre. Bref. Approche ! »
« Non. »
« Ne me force pas à être violent. »
« Essaye un peu, pour voir. »
« Granger... »
« Je ne vois vraiment pas pourquoi est-ce que tu te fais autant de mal. »
« C'est toi qui va avoir mal si je me lève de ce fauteuil. »
« Eh ben lève-toi, qu'est-ce que t'attends? Ne crois pas que tu me fais peur ne serait-ce qu'une seule seconde. »
« Tu devrais avoir peur, pourtant. »
« Ouh-ouh ! Je suis plutôt impatiente de voir si tu as le cran de mettre en pratique toutes tes petites menaces à trois centimes. » ricana Hermione.
« Alors ça, ma petite, tu vas le payer cher... »
Draco se leva lentement de sa chaise, ne quittant pas une seule secondes des yeux sa voisine qui l'observait avec un mélange de moquerie et de curiosité. Il avança d'un pas tranquille, calculateur, vers Hermione qui ferma doucement son cahier de sudokus et se pencha vers elle jusqu'à ce que leurs nez en soient presque à se frôler.
« Très, très cher. » répéta-t-il et ses yeux se baissèrent progressivement sur ses lèvres.
Il amorça un mouvement de côté, comme s'il voulait l'embrasser, et Hermione regretta d'avoir relâché sa vigilance à cet instant-là car la seconde d'après, la voilà qui était soulevée dans les airs, ses deux bras noués autour de la nuque de Draco, ses deux jambes scellées au niveau de la taille du jeune homme.
L'héritier la plaqua sans ménagement contre l'un des murs du jet, forçant ainsi Hermione à resserrer ses jambes au niveau de ses hanches. Draco planta alors ses yeux bien profondément dans ceux de sa prisonnière qui se cramponnait à lui, compressée entre son torse et la surface dure juste derrière elle.
« Tu as menti. » dit-elle alors.
Le sourire de Draco vacilla imperceptiblement.
« Comment ça, j'ai menti ? »
« Tes yeux. Ils ne sont pas bleus. Ils sont gris. »
Le rictus sanguinaire de Malfoy revînt alors à la charge.
« Oh, c'est normal. Ils virent toujours au gris anthracite lorsque je suis intensément concentré. »
« Est-ce qu'ils ont une autre couleur encore ? »
Draco haussa des épaules.
« J'en sais rien et ne pense pas qu'en me posant ce type de questions, tu vas réussir à me détourner de mon objectif. » dit-il, provoquant un petit sourire coupable chez Hermione. « Et maintenant, pour ne pas que ce 'travail' soit fait en vain, je vais te demander de te rappeler exactement et dans tous les détails de la manière dont ce Nott t'embrassait. Histoire que la comparaison soit utile. »
« Tu sais que tu es un grand malade ? »
« Je ne m'appelle pas Malfoy pour rien. » répondit-il du tac au tac. « Maintenant tourne ta tête de côté et fais ce que je t'ai demandé. »
Hermione le fixa en fronçant des sourcils, sans obtempérer.
« S'il te plaît. » soupira alors Draco en dodelinant de la tête, obtenant ainsi l'obéissance de sa prisonnière.
Hermione tourna alors son visage et ferma les yeux pour se visualiser la scène du toit de la National Gallery. Ce n'était pas si difficile étant donné qu'elle n'avait fait que ressasser ce baiser dans sa tête la veille, tant elle était aux anges. Hermione remit alors les pièces dans l'ordre, raviva les sensations qu'elle avait ressenti, ressentit les mains de Théodore lui caresser sa joue, ses lèvres, son cou, son cou...son cou ?
« STOP ! » hurla-t-elle soudainement en ouvrant grand les yeux.
Draco releva sa tête enfouie dans la nuque d'Hermione.
« Quoi ? »
« Ne m'embrasse pas dans le cou. Arrête. »
Draco haussa des sourcils comme si ce qu'elle venait de dire relevait d'être la plus grosse bêtise qu'il n'ait jamais entendue de toute son existence sur la planète Terre.
« Et pourquoi ne le ferais-je pas ? »
« Parce que c'est...c'est trop personnel. Ne le fais pas. Et...et tu avais dit que tu ne ferais que m'embrasser sur la bouche ! » rougit-elle car, bon sang, qu'est-ce que cette phrase faisait écolière de Cm1.
« Ces mots ne sont jamais sortis de ma bouche, Hermione Granger. »
« Eh bien, je te le dis : ne le fais pas. »
« Impossible. »
« Pourquoi ? ! »
« Parce que si je t'embrasse, le cou sera un passage nécessaire. »
« Tu m'as bien embrassé dans le cadre du Contrat sans t'aventurer sur cette zone. »
« Oui mais là, il s'agit de prouver que je suis le meilleur. »
« Mais personne ne remet ta parole en doute ! Pourquoi te sens-tu obligé de prouver quelque chose ? »
« Pour te prouver ton erreur monumentale. »
« Mon erreur, mon erreur...c'est tout ce que tu as à la bouche. Es-tu sûr que ce n'est pas juste un prétexte pour tout simplement m'embrasser ? ! »
Un lent sourire étira les lèvres de Draco. Un sourire amusé.
« Penche la tête, Hermione. »
« Je ne veux pas que tu m'embrasses dans le cou. »
« Et c'est pourtant ce que je vais faire. Penche ta tête. »
« Non. »
« Dois-je encore en avoir recourt à la force ? »
« Fais comme tu veux, mais non, je ne pencherai pas ma tête. »
« Très bien. »
L'instant d'après, les mains de Draco venait prendre d'assaut les hanches d'Hermione qu'il chatouilla avec ferveur. Cette-dernière se contorsionna dans tous les sens en hoquetant de rire, les larmes aux yeux.
« OK ! OK ! D'accord ! Tu peux poser tes lèvres visqueuses sur mon cou ! » suffoqua-t-elle à bout de souffle, son maquillage en parti ruiné par ses larmes de rire. « Mais tu n'y passes pas plus de dix secondes. »
« Je fais ce que je veux, où je veux et quand je veux, Granger. » répondit Draco.
Il attendit qu'elle tourne enfin sa tête de côté, comme à contrecœur, lui chassa une petite boucle châtain clair qui obstruait son chemin puis s'attaqua au côté gauche de sa nuque.
Enfin, « s'attaqua »...le verbe était un peu barbare pour qualifier à l'application que mettait Draco dans sa tâche. Il s'y prenait avec lenteur mêlée à une implacable maîtrise du corps féminin, faisant parcourir sa langue brûlante de ses omoplates jusqu'à son lobe d'oreille qu'il mordillait légèrement. Puis il continuait son chemin et lui taquinait toute la longueur de l'oreille avant de redescendre sans crier gare sur son cou pour aspirer chaque petite parcelle de peau entre ses lèvres et baptiser sa nuque de suçons.
Et Hermione laissait échapper un frisson, se trahissant toute seule.
« C'est donc ça... » murmura Draco en détachant lentement sa bouche de son cou, comprenant enfin tant de réticence à ce qu'il lui embrasse la nuque. « ...Mademoiselle est sensible. »
« Qui ne l'est pas à cet endroit-là de toute façon ? » se braqua Hermione. « Et puis j'en ai marre de ce manège, laisse-moi tranq... »
« T-t-t-t. Point de rébellion, jeune fille. Je n'en ai pas fini avec toi. » l'interrompit Draco en s'attaquant cette fois-ci à son côté droit.
Et là, le verbe « s'attaquer » n'aurait pas pu être mieux utilisé. La nuque d'Hermione fut le terrain d'essai sur lequel la bouche de Draco laissait libre court à son imagination. Tantôt il la mordait, tantôt il la chatouillait de sa langue, la plupart du temps il embrassait sa peau rougie, pour la mordiller ensuite, puis la mordre franchement et l'apaiser la seconde suivante à l'aide d'un baiser qui se transformait bien vite en suçon.
« Voilà ! » fit-il en relevant la tête, les lèvres toutes roses, l'air fier de lui.
« C'est tout ? » ne put s'empêcher de s'étonner Hermione.
« Oh la coquine, elle en reveut... »
Hermione piqua un fard et lui frappa le haut du torse de son petit poing.
« Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit ! »
« Mais il n'est pas du tout dit que ce n'est pas ce que tu pensais. » répliqua-t-il et avant même qu'elle ne puisse prendre conscience de quoi que ce soit, le voilà qui plongeait sur ses lèvres.
Sous le choc, Hermione laissa sa langue s'introduire sans-gêne dans sa bouche et resta les yeux ouverts. Draco, après avoir exploré chaque recoin de la cavité sans qu'il ne lui soit opposé une seule résistance, s'ennuya un peu et vînt lui mordiller la lèvre inférieure pour la faire réagir.
« Sois coopérative, Granger. » marmonna-t-il.
Et pour une fois, Draco fut pris au dépourvu. Hermione réagit au quart de tour et actionna un système de défense tel qu'en moins de cinq secondes, sa langue se retrouva puissamment dominée par celle de la jeune fille. Hermione le sentit sourire, l'air de dire : « Ah ben voilà ! Enfin. » et redoubla d'effort pour ne pas perdre son avance.
Sauf que Draco changea de tactique.
D'incisif, il se transforma en véritable agneau. La douceur semblait tout à coup couler dans ses veines et le contact de sa bouche était une telle caresse qu'Hermione fut forcée d'abandonner l'allure de combattante qu'elle tentait d'adopter pour se laisser bercer par le rythme qu'installait Draco. Et ce-dernier prit doucement mais sûrement du terrain, sans qu'elle ne s'en rende particulièrement compte. Il reprit de l'avance, imposa un mouvement, élargit son territoire tout en profitant de l'absence de barrière de sa proie.
Et d'un coup, il accéléra le mouvement et la terrassa sans pitié. Hermione tenta – trop tard – de reprendre ses repères mais dû se rendre à l'évidence : Draco l'avait bien dupé. Elle se laissa alors submerger, cherchant quelques fois quand même à reprendre de l'avantage, mais se cantonna dans son rôle de dominée. CA l'apprendra à lâcher du leste en compagnie d'un Malfoy.
« Tricheur... » souffla-t-elle en lui mordillant la lèvre à son tour et elle le sentit étouffer un petit rire, à nouveau.
Mais n'allez pas imaginer que se faire dominer par Draco était la pire punition qu'il puisse être, devançant même la torture et la chaise électrique. Non, non, non...loin de là. Il lui faisait ressentir son indiscutable emprise sur elle, certes, mais la façon dont il menait la danse était des plus agréables, des plus envoûtantes. Aucune monotonie de mouvement, Hermione était toujours surprise par la tournure que prenait leur baiser. Aucune violence même dans la domination, la langue de Draco se faisait cajoleuse et douce. Aucune pression si Hermione voulait se détacher de cette étreinte, elle n'avait qu'à le faire. En apparence, rien ne la retenait scellée à la bouche de l'héritier sinon elle-même.
Chose qu'elle fit en urgence lorsque Draco se mit à approfondir encore leur étreinte, lui provoquant un espèce de remue-ménage étrange dans l'estomac. Non pas qu'elle éprouve quoi que ce soit pour Malfoy mais à chaque fois qu'elle échangeait un baiser et que ce baiser dépassait un certain stade d'intensité, elle sentait ces espèces de papillons dans son ventre qui lui indiquait qu'il était encore temps de tout arrêter car sinon, elle s'engageait dans un chemin de non-retour.
« On déclare déjà forfait ? »
« Ne crie pas victoire trop vite, j'ai tout simplement besoin d'air étant donné la façon dont tu me gobes labouche sans aucune pitié. » réussit-elle à mentir sans trop de difficultés.
« Tu n'avais pas l'air de t'en plaindre, soit dit en passant. » ricana Draco en se penchant à nouveau vers son cou.
« Très difficile d'émettre une quelconque protestation lorsqu'on a la langue d'un Malfoy plongée jusqu'au fin fond de son œsophage. »
« Tu n'avais pas l'air de t'en plaindre. » répéta-t-il en lui mordant le lobe de l'oreille. « Alors, did you like me or Nott ? »
Hermione roula des yeux tout en manœuvrant pour reposer ses pieds à terre.
« Disons que...it was Nott so bad. » répondit-elle avec un petit sourire malicieux tout en déplissant sa robe.
« Comment ça 'it was Nott so bad' ? ! » s'insurgea Draco.
« Et c'est reparti... » soupira Hermione.
Les douze heures de vol restantes promettaient d'être les plus longues de sa vie.
Quelques instants après avoir déposé Hermione aux pieds du jet privé Malfoy, alors qu'Alfred dirigeait toujours la voiture hors de la piste d'atterrissage, Pansy Parkinson se retourna en direction de l'avion qui s'apprêtait à décoller.
« Je ne donne pas cher pour leur peau une fois qu'ils passeront les portes de l'église d'Honolulu. » intervint alors Alfred qui, quelques fois, était en connexion mentale avec sa patronne.
« Ah, Alfie ! Vous m'enlevez les mots de la bouche. » soupira-t-elle en secouant la tête, navrée d'avance du destin funeste qui les attendait.
Soudain, son PDA se mit à vibrer du fond de son cabas. Elle plongea immédiatement sa main dans son sac, le ressortit et appuya sur la touche verte tout en dégainant son carnet.
« Pansy Parkinson, j'écoute ? » répondit-elle d'une voix professionnelle tandis qu'Alfred rejoignait l'autoroute.
Car même si son client le plus riche risquait de se faire laminer à coups d'escarpins onze centimètres et ongles lacérés aiguisés à la lime, les affaires continuaient pour elle, coûte que coûte.
Business is business.
Quatre choses cruuuuciales, les enfants.
1) Merci de votre patience. Le chapitre suivant sera posté pendant les vacances, promis, promis, promis.
2) Quel est votre chapitre préféré ? ! J'adorerais savoir :D
3) Si vous ne faites pas ce que je vais vous demander, là, maintenant, arrêtez-vous tout de suite de lire "Le Contrat" car nous ne serons plus sur la même longueur d'onde :
- Allez dans mes favoris et cherchez "My Dear Sadistic Highness" de Madelight si vous êtes en recherche d'une VRAIE fanfiction à lire, bien - que dis-je ? - MAGISTRALEMENT écrite. Une véritable claque littéraire, courrez-y la lire, vous ne serez pas déçu.
- Faites un tour sur le profil de Nia Pietriovski car elle en vaut vraiment le détour.
4) Question très idiotes mais : comment m'imaginez-vous ? Brune ? Blonde ? Africaine ? Indienne ? C'est très con comme question, je vous l'accorde. Mais je serais curieuse de savoir. D'autant plus que je suis sûre que vous ne trouverez pas, hihi.
Bon...je pense que c'est tout...n'oubliez pas de chercher "My Dear Sadistic Highness", vous m'embrasserez les pieds plus tard hahaha ! Je rigole, bien sûr - quoique.
Xoxo,
IACB.
PS : Do you want to make me smile ? Faites monter les reviews jusqu'à 200 ! Je compte sur vous :)
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REPONSES AUX REVIEWS *s'échauffe les articulations des mains* :
Lh42 : C'est moi qui te remercie de me suivre avec autant d'assiduité ! Ca me fait super plaisir que tu puisses autant aimer mes histoires (que ce soit celle-ci, ou "Nine", ou "Blackout"...). Eeeet oui, les plus embêtés sont Blaise et Pansy, surtout cette-dernière. Qu'est-ce que je me suis amusée avec son personnage, d'ailleurs, dans ce chapitre x) Ah ! Quant à savoir si notre petit Draco a déjà subi une déception amoureuse...mystère et boule de gomme ! Vous le saurez dans les chapitres suivants, hinhin. Merci pour ta review en tout cas & j'espère que ce chapitre t'as plu ! Xoxo, IACB.
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Djam : Et voici la suite ! J'espère qu'elle t'as plu :) Haha pour être mécontente, ça, il l'a été le petit Malfoy ! Désolée d'avoir mis autant de temps à livrer la suite mais j'espère que tu as trouvé ton compte dans ce chapitre (qui faisait 16 pages OpenOffice, ce qui n'est pas rien !) Xoxoxo, IACB.
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Harry : Thank youuu ! Aaalors je ne réponds pas à tes autres questions étant donné que le chapitre y répond déjà mais pour celle dont les réponses ne sont pas apportées, Draco n'est pas invité au mariage de son propre frère car Daphné hait Draco et ne veut que rien qui soit de près ou de loin lié à ce répugnant personnage ne participe à son mariage. Bon, mis à part Hugo, bien entendu x) J'espère que ce chapitre t'as plu...encore désolée pour le retard mais bon, c'est tout ce que j'ai pu faire ! Xoxo, IACB.
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Hello'Dix : Gracias ! J'espère que tu as trouvé ton bonheur dans "Blackout" haha ! Xoxo, IACB.
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Bettina : Wow ! Merci beaucoup ! Eh ben tu sais quoi ? Même moi, je ne sais pas comment j'arrive à pondre des histoires aussi farfelues, bizarre hein ? Mais je suis contente que ce qui sort de mon imagination barrée puisse plaire, en tout cas. Sinon, niveau longueur des chapitres, je crois que tu es plutôt servie, haha ! Merci pour ta review, it made me smile :) IACB.
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Stella : Je t'en remercie. Je peux être poète à mes heures x) Voici le nouveau chapitre ! J'espère que l'attente en a valu la peine... xoxo, IACB.
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Made : Alors ? CONTENTE OU PAS CONTENTE ? ! Haha, je dec'. Bon, t'auras ta petite review en PV, promis, promis. Xoxoxoxoxo !
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Djat' : Alors si tu commences à détester Théo dans le chapitre 9, sache que tu vas littéralement le HAÏR dans ce chapitre, haha ! Merci pour ta review, je suis contente que l'histoire te plaise :D Xoxo, IACB.
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Sinon, je ne mords pas. Si vous voulez me parler, ne vous gênez pas ! Que ce soit en message privé FF ou via Twitter. N'oubliez pas mon Top 4 !
Kiss kiss les amigos...et à la semaine prochaine - enfin...normalement.
IACB. Nina. Laetita (choisissez le nom qui vous plaît).
