Crédit : Les chevaliers sont toujours à Masami Kurumada. Hélas…, les mousquetaires à Dumas et le reste à tous les fanfiqueurs de Saint-Seyia

Rating : K+.

Genre : Humour et Time-travel.

Je sais, cette fic était sensée être fini. Et cette fois elle l'est bien. Les éléments de la trame de cet épilogue sont nés deux-trois jours après la publication du dernier chapitre. Je me suis dit que j'essaierais de l'écrire dans le mois :(… Puis avant Noël, re :( Puis j'ai réalisé que le 7 février c'était l'anniversaire de Camus ! Et je me suis dit que j'allais faire un effort pour cette date là. Quoi ? On est le 8 ? Vous en êtes sur ? Curieux j'aurais juré que l'on était le 7 :D

Enfin, voilà l'épilogue. Du coup un peu fini à l'arrache et pas tellement relu. Donc désolée pour les fautes d'orthographes et d'accords. Mais c'est ça ou vous ne l'aurez jamais. En tout cas, maintenant quand je vous dirais que je n'écris pas vite, vous me croirez ;)

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Epilogue :

C'est un rayon de soleil joueur qui le matin suivant réveilla un Scorpion profondément endormi. Absolument pas d'accord avec cet état de fait, il se protégea en enfonçant son visage dans une chevelure vert d'eau au doux parfum de neige.

- Milo… gémit leur propriétaire.

Milo qui répondit en enfonçant encore davantage son visage jusqu'à atteindre la nuque qu'il commença à piqueter de petits baisers.

- Il faut se lever, reprit le Verseau.

Mais le Scorpion ne prêta aucune attention à ce commentaire, surtout que tout en disant cela le Verseau c'était lové entre ses bras. Comme toute cette nuit.

Et oui, pensa Milo en le serrant contre lui et en continuant ses baisers. Son Camus avait beau être extérieurement le plus parfait des cosplayers de la « Critique de la raison pure », il était en réalité un grand sentimental. Et l'histoire des amours plus que malheureux de son aïeul l'avait fortement ébranlé. Oh, il ne le montrerait à personne bien sur, mais sitôt allongé dans leur lit, il s'était collé à lui, enroulant les bras bronzés de son Scorpion autours de son corps glacé.

Inutile de préciser que Milo avait accepté la demande implicite de son amant et y avait répondu avec enthousiasme. Il avait bien lorgné un instant sur le parquet, mais un « Il grince aussi » de son Camus, l'avait dissuadé de poursuivre son raisonnement jusqu'à sa résolution pratique. Il s'était donc contenter d'enfouir son visage dans sa chevelure au parfum de neige et avait passé le reste de la nuit dans cette position à bénir la déesse qui lui avait donné la chance de rencontrer et de se faire aimer de son Camus et à maudire ses f&#$ de lits et de parquets français qui grinçaient. Vivement qu'ils rentrent chez eux… Ou tout du moins qu'il trouve une chambre bien insonorisée.

- Milo ? reprit le Verseau.

- Oui oui, se lever, répondit celui-ci machinalement sans aucune intention de se séparer de son Camus rien qu'à lui.

Mais un tambourinement à la porte, suivi d'un « Camus, Milo, c'est l'heure » en grec l'obligea à revoir sa position. Surtout que pour le coup, son Verseau commença à bouger sérieusement. Quelques secondes plus tard et le Scorpion, se retrouvait le nez dans l'oreiller 100% plumettes d'oie - et les plumes qui l'avaient traversé.

- Y m'énerve l'amateur de mohair, grommela le Scorpion en recrachant quelques duvets avant de se redresser - dans un grincement du lit.

Voyant que son glaçon personnel était déjà debout et presque entièrement habillé, il comprit que oui la nuit était bel et bien finie et qu'il ne lui restait plus qu'à se lever.

Triant ses vêtements à partir du tas qui trainait au pied du lit, il mit soigneusement à part sa faveur. Il releva la tête mais n'eut même pas le temps de poser sa question que Camus dans ce demi-sourire qui n'appartenait qu'à lui déclara :

- Bien sur que je te la nouerais. Mais Saga à raison, il est plus que l'heure de se lever.

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Le petit déjeuner se déroula dans une ambiance plutôt curieuse entre le comte et Camus d'un coté, aussi - voir plus - silencieux que d'habitude et Milo et Saga de l'autre tout content à l'idée de rentrer chez eux. Milo parce qu'il allait enfin pouvoir faire de vrais câlins à son Verseau rien qu'à lui. Saga parce qu'il allait enfin retrouver son Mû rien qu'à lui. Quant au fait qu'il allait devoir quitter les mousquetaires, et bien tant pis, cela resterait une expérience inoubliable. Certes, il aurait bien aimé rencontré d'Artagnan, mais entre le Tibet et la Gascogne le choix était vite fait. Définitivement accros à la laine comme dirait un certain Scorpion de sa connaissance.

Finalement, ce fut le comte qui donna le signal du début de l'action en se levant avec un :

- Messires, je vous laisse à vos occupations. J'ai à faire.

- Monsieur le comte ? commença Camus, saisissant l'occasion au vol. Auriez-vous l'obligeance de m'accorder un entretien ? En privé.

Le comte le regarda d'un air étrange.

- Soit, suivez-moi.

Tout en se levant, le Verseau échangea un regard avec des deux pairs. Saga acquiesça d'un discret signe de tête. Oui, ils iraient chercher Agnès et la ramènerait au comte.

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Camus suivit le comte jusque dans son bureau. Sans un mot celui-ci s'installa dans le fauteuil derrière sa table de travail et désigna un siège à son vis-à-vis.

- Que me vaux l'honneur de cette discussion, chevalier ?

- Une longue histoire, bien triste ma foi. Mais que je pense être de mon devoir de vous faire connaitre.

Le comte leva un sourcil bifide. Et s'adossa à son fauteuil en joignant les pointes de ses doigts.

- Une histoire dites-vous ? Et que me chaut ? Je n'ai guère de temps à consacré à ce genre de… divertissement.

Si le ton était poli, il s'en dégageait néanmoins une certaine agressivité… pour qui savait le décrypter.

- Je crois que celle-ci vous intéressera.

- Ah oui, et pourquoi donc ?

- Parce qu'il ne s'agit point là d'un conte, mais de votre propre histoire…

- Je connais mon histoire, l'interrompit le comte soudain glacial.

- … et celle de votre famille.

- Ma famille ! Je n'ai plus de famille ! cingla-t-il. Et surtout pas vous qui quoi qu'en pensent autrui n'êtes point mon cousin et qui ne serez bientôt plus mon invité ! Vous outrepassez les droits que j'ai eu la faiblesse de vous accorder ! Et ne pensez pas que votre ressemblance avec mon défunt fils vous protègera plus longtemps. Je suis peut-être vieux, mais point encore sénile !

« Oui », pensa Camus devant la réaction du comte. Sénile, il ne l'était assurément pas, mais dupe de son propre chef, cela oui. Il savait ou du moins supposait une partie de la vérité…

- Je ne vous pense pas sénile. Juste… très seul.

- Cette fois-ci il en est assez… Sortez !

- Cette histoire a commencé il y plus de trente ans.

- SORTEZ ! JACQUES ! cria-t-il en se relevant brusquement et en prenant appui sur la table.

Camus fit de même. Lorsque le majordome entra dans la pièce quelques secondes plus tard ce fut pour voir les deux hommes face à face, leur visage si semblable à quelques pouces l'un de l'autre.

- Monsieur le comte ?

Mais celui-ci ne répondit pas, fixant son vis à vis d'un regard brillant de colère mais au fond duquel Camus discerna clairement une lueur de terreur.

- Vous avez un avenir…, déclara le Verseau en le regardant droit dans les yeux.

- Monsieur le comte ? tenta de nouveau le pauvre Jacques qui ne savait manifestement pas s'il devait quitter la pièce ou avertir les valets.

- … mais pour le connaitre vous devez accepter d'affronter la vérité et crever l'abcès de votre souffrance.

Le comte mit de longue seconde à répondre. Dans son regard s'entrechoquait, doute, peur, colère, espoir.

Finalement, il se recula et d'une voix qui se voulait assurée, déclara :

- Jacques… Servez-nous quelque chose à boire. Et faites en sortes que l'on ne nous dérange point. Le chevalier Camus et moi, devons discuter.

Quelque peu déstabilisé par l'attitude du comte qui ne buvait jamais à cette heure de la journée, le serviteur s'exécuta avant de sortir de la pièce et d'en refermer soigneusement la porte. Quoi qui allait se dire dans cette pièce, se serait assurément singulier. Et lui se faisait fort d'en protéger l'entrée.

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Bien plus tard, un profond silence régnait dans la pièce. Figé sur son siège, le comte paraissait avoir vieillit de vingt ans. Assis face à lui, Camus respectait son silence et son deuil.

Soudain, le comte releva des yeux au fond desquels venaient de s'installer définitivement une lueur d'espoir.

- Et vous dites que j'ai un petit-fils ?

Camus s'apprêtait à répondre lorsque la voix de Jacques, accompagné de bruit de pas décidés, se fit entendre dans le couloir tout proche.

- Mais puisque je vous dis que Monsieur le comte a interdit qu'on le dérange !

- Mais oui on a comprit. Mais nous il nous recevra, pas d'problème.

La voix de Milo.

Aie !

L'instant d'après la porte s'ouvrait en grand laisser passer un Milo tout sourire, avec à ses coté un Jacques essayant encore vainement de l'empêcher d'entrer, suivit de près par un Saga plus calme une main posée sur l'épaule d'une Agnès apeurée serrant son enfant contre elle.

A leur entrée, les deux français s'étaient levés. Et Milo qui chercha immédiatement son amant du regard put lire dans ses yeux - et pour une fois sans avoir besoin d'aucun dictionnaire de traduction français-Camus : « Mauvais timing ».

Il n'eut pas le temps de dire « Oups ! » qu'il se retrouvait avec le petit Raoul dans les bras tandis qu'Agnès se précipitait dans la pièce au devant de Camus.

Le Verseau, après un bref regard accusateur vers le Scorpion, la vit se planter devant lui et le contempler de longs instants.

« Armand ? » soufflât-elle.

Il s'apprêtait à lui expliquer qu'il s'agissait là d'une regrettable méprise lorsqu' elle s'empara de son visage et de ses lèvres pour un baiser torride.

Le temps qu'il réalise ce qui lui arrivait et elle lui dévissait la tête d'une gifle magistrale.

- Comment as-tu pu oser ! Te moquer de moi et de mes sentiments ainsi ! Et abandonner notre fils ! hurla-t-elle à un pauvre Verseau incrédule. Je te hais ! Je te méprise ! Je t'exècre ! Je…

- Ouiiiiiiiiin !

Aux pleurs de son fils, Agnès cessa toute récrimination et se tourna vers le chevalier à qui elle avait confié son précieux Trésor. Mais les bras de celui-ci, crochetés dans son dos par le chevalier Saga, ne contenait aucun enfant. Non, les cris provenait d'un peu plus à droite où un Jacques tétanisé tenait sous les aisselles et le plus loin possible de lui un jeune Raoul qui manifestait bruyamment son mécontentement à être tenu de si cavalière façon.

Tétanisé, le majordome regardait le petit tas gesticulant qu'il tenait entre les mains. Mains où l'avait collé Saga qui avait dû le retirer en vitesse des bras de Milo. Et qui n'avait pu le garder dans les siens vu qu'il en avait besoin pour arriver à ceinturer efficacement un certain Scorpion devenu fou furieux à la vue de l'espèce de Pouf… qui était en train de rouler une pelle à son amant !

Donc, Agnès se précipita et arracha son petit des bras du majordome et l'enserra dans ses bras avant de s'effondrer sur le sol et d'étouffer ses larmes dans sa petite tête rousse.

Un grand silence, seulement rompu par les sanglots étouffés de la jeune mère, tomba sur le bureau du comte.

Personne ne bougeait.

Jacques, cherchait toujours à comprendre le pourquoi du comment. Vraiment cette journée était bizarre…

Saga était toujours occupé à retenir le Scorpion afin qu'il n'éventre, n'égorge, n'énuclée, n'étripe, n'éviscère, voire ne scarlett needlelise (au choix – plusieurs réponses possibles) la jeune mère.

Le dit Scorpion quant à lui, essayait tant bien que mal de se calmer. Non il n'était pas jaloux ! Du tout ! D'ailleurs il avait toute confiance en son amant. Il était juste un chouïa possessif envers son Camus-rien-qu'a-lui-mais-si-elle-s'approchait-encore-de-lui-elle-allait-se-prendre-Antarès-direct !

Quant au Verseau, son proverbial sens de la répartie - et ses capacités intellectuelles en général - semblaient avoir disparues à une vitesse proportionnelle à l'apparition de cinq superbes marques rouges sur sa joue gauche.

Y aurait-il eut une horloge comtoise dans la pièce que l'on n'aurait entendue que son tic-tac assourdissant.

Ce fut la voix du comte, calme, posée, mais dénuée de cette froideur qui la caractérisait d'ordinaire qui la brisa d'un :

- Madame, relevez-vous je vous en prie. Ce n'est point là, votre place.

Au milieu de la stupeur générale, il avait fait le tour de son bureau et se tenait à présent devant la jeune mère.

Celle-ci releva la tête et ne put s'empêcher de manifester un mouvement de recul / serrage d'enfant à sa vue. L'homme qu'elle craignait plus que tout était devant elle. Et elle, elle était tout simplement à bout.

- Madame, je vous en conjure, veuillez me croire. Je ne suis point votre ennemi. Nous avons tout deux étaient le jouet d'un malandrin qui ne cherchait qu'à me faire du mal. Et je suis fort marri que vous ayez été victime de cette histoire qui ne vous regardait point.

Agnès regarda le comte, méfiante, perdue, puis son regard passa par-dessus son épaule vers Camus.

Suivant le cheminement de ses pensées, le comte intercepta toute protestation d'un :

- Le chevalier Camus n'est qu'un lointain cousin. Je vous accorde cependant que la ressemblance est fort troublante. Elle m'a moi-même trompé un instant. Mais il n'est pas mon… notre Armand. Mon fils, votre époux est, hélas, bel et bien mort il y a un an dans cette venelle avec pour seul soucis de vous protéger.

A ces mots, l'attention d'Agnès se reporta sur le comte, puis sur Camus, puis sur le comte.

- Je l'aimais tellement… dit-elle en le regardant vraiment pour la première.

A ces mots, le comte fit une chose que jamais son majordome n'aurait cru le voir faire un jour. Il mit un genou en terre devant la jeune femme.

- Et c'était réciproque. Mais maintenant le temps des pleurs est révolu. Nous devons regarder vers l'avenir, répondit le comte en tendant une main vers le bébé qui le regardait de ses yeux carmin. Il lui ressemble tant. tout son portrait au même âge.

Tous les regards se tournèrent vers le petit Raoul qui dévisageait son grand-père calmement.

Un grand silence tomba de nouveau sur la pièce. Mais cette fois-ci il était complice, presque tendre.

Encore une fois, ce fut le comte qui le rompit d'un : « Et bien Jacques ! Cessez donc de lanterner là comme un piquet ! Qu'attendez-vous pour faire rouvrir la chambre d'enfant et les appartements de la comtesse ? »

A ces mots, le dit Jacques sembla sortir de la transe dans laquelle l'avait plongé tout ces évènements par trop inhabituels. Rappelé à sa fonction première, il quitta la pièce en frappant des mains, appelant valets et soubrettes et distribuant des ordres et exigences. Les trois chevaliers le virent quitter la pièce tout heureux de retrouver enfin un monde normal.

Agnès, elle, regardait le comte sans comprendre.

- Si mes informations sont exactes, et j'ai toute confiance en leur porteur, vous êtes… étiez, se reprit-il d'une voix douloureuse, l'épouse de mon fils. En tant que telle - et mon épouse étant également décédée - vous êtes de fait la maitresse de séant… Et de toutes mes autres possessions. De même en tant qu'héritier de mon fils, cet enfançon est le vicomte de Bragelonne. J'écrirais au roi pour qu'il le reconnaisse. Cela ne posera guère de problème. J'ai aussi parfaitement conscience qu'il existe encore entre nous, nombre de malentendus. Je suis tout aussi conscient que vous souhaiterez peut-être pour le jeune vicomte, un environnement plus champêtre. Sachez que, comme je vous l'ai dit que tous mes domaines sont désormais vôtre. Mais je vous en conjure, laissez-moi être pour cet enfant un grand-père attentif. Il est tout ce qui me reste de mon fils.

Agnès regardait le comte, perdu face à ce discours inattendu.

- Je… je ne sais.

- Je crois que vous avez besoin de quelques repos. Toutes ses émotions, déclara le comte en se relevant. Venez, je vais vous montrez vos nouveaux appartements. J'espère qu'ils vous siéront.

En parfait gentilhomme, il tendit la main à la jeune vicomtesse. Main, qu'après un temps d'hésitation, elle accepta. Elle se releva, et sur un dernier regard à Camus, suivit le comte hors de la pièce, son petit Raoul toujours dans les bras.

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Les trois chevaliers les regardèrent sortirent un peu abasourdis par l'aplomb du comte et la façon dont il avait mené la rencontre.

Le premier à réagir fut Milo. Celui-ci, enfin dégagé des bras de Saga, se dirigea droit vers son amant pour le fixer d'un œil mauvais.

- Alors comme ça tu te laisses embrasser par la première greluche venue ?

- Milo, ce… tenta de se justifier le Verseau.

- Vous avez un faible pour les brunasses dans ta famille ou quoi ?

- Je n'ai pas eut le temps de réagir… tenta de se justifier Camus.

- Et c'est toi, le chevalier du Verseau, toujours maitre de ses réactions qui ose me sortir ça !

- Milo…

- Je te rappelle qu'en tant que chevalier d'or, tu es potentiellement capable d'analyser une attaque portée à la vitesse de la lumière.

- Milo, je…

- Et là, tu n'aurais pas eut le temps de réagir ? Tu te fiches de moi ?

- …

- Alors ? J'attends tes explications…

Cherchant une échappatoire, Camus espéra trouver du secours auprès de Saga. Mais celui-ci la main devant la bouche, les épaules secouées de tressaillement, regardait obstinément la baie vitrée.

En désespoir de cause, le Verseau tenta une manœuvre de diversion.

- Milo, tu embrasses beaucoup mieux qu'elle.

Aussitôt, la physionomie du Scorpion changea. De plissés ses yeux devinrent tout rond et un sourire satisfait s'afficha sur ses lèvres.

- Vrai ?

- Bien sur mon Milo.

Derrière eux, un début de gloussement se fit entendre. Et Camus put voir le chevalier des Gémeaux entamer une très diplomatique retraite stratégique vers le couloir.

Le regard de Milo redevint soupçonneux.

- Toi, tu essaies de changer de sujet, l'accusa le Scorpion.

- Milo, tenta encore de se justifier le Verseau en maudissant l'intervention Saga.

- Je te rappelle que je suis un signe d'eau. Je sais quand on essaye de noyer le poisson*. Et là, tu essaie de noyer le poisson. En l'occurrence, moi !

- Non, Milo…

- Tu t'en sortiras pas comme ça. Crois-moi ! En attendant, tiens ! asséna le Scorpion en tendant un mouchoir de lin blanc à son amant.

- Qu'est ce que c'est ?

- Pour t'essuyer la bouche, rajouta-t-il d'un ton toujours aussi peu amène. J'embrasse pas n'importe quoi !

Du coin de l'œil, Camus vit le Gémeau accélérer sa retraite et disparaitre derrière la porte juste avant qu'un rire tonitruant n'ébranle les murs de la demeure.

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Le temps du départ était venu. Toujours revêtus de leur vêtements du XVIIeme – mesure de précaution vis-à-vis d'Agnès - et leurs tenues XXIeme soigneusement pliés dans des besaces en cuir, les trois chevaliers s'apprêtaient à partir.

Tout comme le petit déjeuner, les adieux furent un peu étrange. Agnès se perdait en excuses vis-à-vis de Camus sous le regard plus que méfiant de Milo. Saga, attendait fébrilement le temps minimum requit par la politesse la plus élémentaire pour donner le signal du départ. Quant à De la Fère, il oscillait entre joie profonde et douleur intense.

Enfin, Jacques vint leur annoncer que « La voiture de monsieur le comte pour ses messires est avancée ». A cette annonce, Milo et Saga jaillirent de leur siège s'attirant immédiatement un regard désapprobateur de la part du comte. Saga eut la politesse d'incliner la tête avec un sourire plein de contrition de bon aloi. Milo lui sortit de la pièce avec un « j'vais cherchait nos affaires. On s'retrouve dans le hall ! » beaucoup moins diplomatique. Et ce d'autant moins qu'il empoigna pratiquement le Verseau pas le col pour qu'il le suive. Nan mais et puis quoi encore, il allait pas le laisser seul dans la pièce avec l'autre pintade qui ne cessait de lui jeter des regards à la dérobée. Et non, il n'était pas jaloux ! Oui, il avait confiance dans son Verseau. Mais on n'était jamais trop prudent.

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Bien des regards polaires plus tard, ils se retrouvaient devant le perron de la résidence du comte.

Agnès après des adieux confis en excuses s'était retirée auprès de son fils. Rester plus longtemps auprès de celui qui ressemblait tant à son Armand lui était difficile. Surtout au vu des circonstances et bien que celui-ci l'ait assuré de sa compréhension et de son pardon les plus totaux envers ses actes de la matinée.

Saga patientait déjà dans la voiture quant à Milo, debout sur le marchepied, il attendait que Son Camus le rejoigne. Toujours sur le perron, le Verseau sur un dernier salut prenait congé de son aïeul.

- Chevalier ?

Ainsi interpellé, Camus se retourna vers le comte qui affichait une mine étrange. Comprenant qu'il voulait lui parler, il fit signe à Milo l'attendre encore un peu.

- Monsieur le comte ?

De la Fère restant silencieux un instant, puis lui demanda :

- Connaissez-vous cette locution latine extraite d'un poème de Horace : « Carpe Diem »

- « Cueille le jour présent… », traduisit Camus avant d'ajouter « et soit le moins confiant possible en l'avenir »**.

Un sourire étrange apparu sur les lèvres du comte.

- Oui, je pensais bien que vous la connaissiez.

Le comte resta quelques instants silencieux, le regard perdu au loin. Puis, reportant son attention sur Camus il déclara d'une voix au ton douloureuse :

- Je n'ai ni su, ni pu la mettre en pratique. Ne faites pas la même erreur.

Silencieux, Camus acquiesça d'un mouvement de tête. Dans ce genre de cas, les mots étaient inutiles. Ils savaient tout deux de quel prix il parlait.

- Chevalier ?

Camus se retourna encore une fois vers le comte et l'interrogea du regard.

- Je vous souhaite encore une fois une bonne route et…. prenez soin de ceux qui sont cher à votre cœur, termina-t-il le regard fixé sur le Scorpion.

Ainsi, il avait deviné… Mais après tout quoi de plus normal dans sa situation. Et puis, ce n'étai pas comme si cela avait de l'importance. Aussi Camus se contenta de hocher la tête et de dire :

- Merci. Et je vous promets de tout mettre en œuvre pour faire mien ce conseil.

Sur ceux, il se détourna du comte et se dirigea vers le carrosse. Il rejoignait Milo lorsque derrière lui il entendit se fermer les portes de la résidence du comte.

- Saga, Milo ? Allons-y. Il est plus que temps de repartir.

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Quelques temps et nombre de cahots plus tard, ils se retrouvaient tous les trois derrière l'église, à l'endroit même où était mort Armand et où, quelques jours plus tôt ils avaient rencontrés le comte.

Camus regardait les lieux quelque peu troublé, Milo beaucoup plus prosaïque demanda à Saga avec sa délicatesse coutumière.

- Alors ?

- La vibration est toujours là. Je ne devrais pas avoir trop de problème à rouvrir le passage.

Saga se concentra un instant ferma les mains puis faisant appel à son cosmos commença à les écarter :

« AN… »

- Saga ? Pourrais-tu attendre un moment, je souhaiterais vérifier quelque chose ? Restez-là ! l'interrompit Camus avant de s'engouffrer dans l'église sous les regards interloqués de ses pairs.

- Mais… Milo ? Il va où là ?

- Ben j'en sais rien moi.

Milo, osa glisser un regard à l'intérieur mais ne fut guère plus avancé. Le Verseau avait disparu entre deux travées.

Quand celui-ci réapparut, pensif, quelques minutes plus tard, un Saga légèrement énervé lui demanda :

- On peut savoir ?

- Milo, te souviens-tu de ce chevet du XVIIeme ?

- Bah ça, j'risque pas de l'oublier ! Et alors, il est vachement mieux en neuf ?

- Je n'en sais rien. Il n'est pas encore dans l'église.

- On peut s'en aller alors ?

- Attend Milo ! le coupa Saga. Dis-moi Camus ? Pourquoi ce chevet n'obsède-t-il autant ?

- Disons qu'il avait une dédicace curieuse. En fait, c'est une sorte d'ex-voto offert par un commanditaire anonyme en rachat de ses péchés passé envers ceux qu'il aurait dû protéger.

- Attend ! Tu veux dire que…

- … le commanditaire sera certainement Honoré. Oui. Mais rien ne le confirmera jamais, termina Camus en regardant l'église.

- Bon, vous deux, c'est pas qu'j'm'ennuie mais je vous rappelle que le quartier n'est que modérément bien fréquenté.

- Le célèbre « Scorpion » aurait peur ? railla gentiment Saga

- Non, mais il veut faire un câlin à son Camus

- Milo ! s'offusqua le dit Camus.

- Ben quoi ? demanda l'interpellé. Et puis toi Saga, fais pas ta mijaurée. Je sais que tu crèves d'envie de retourner dans notre époque jouer à Marie-Antoinette au Trianon avec qui je pense.

Saga ouvrit de grands yeux, puis les dirigea vers le Verseau, accusateur.

- Je m'étais dit que nous pourrions visiter Versailles durant notre séjour. Aussi, peut-être lui ai-je conté deux-trois anecdotes historiques, lâcha Camus du bout des lèvres.

- Pour l'appâter ? traduisit Saga, acide.

Le Verseau préféra ne pas répondre

- En tout cas, renchérit Milo. Celle-là elle m'éclate. Tu vois, Saga, je t'imagine en Mari…

- Ok ! C'est bon j'ai compris ! Je vous l'ouvre ce passage, le coupa le Gémeau. Plus vite nous serons partis… Mettez-vous derrière moi.

De nouveau Saga concentra son cosmos.

« ANOTH… »

- Euh, dit Saga ? Tu vas vraiment nous ramener à notre époque ? l'interrompit le Scorpion d'un grand ton innocent.

- Du moins c'est ce que j'essaye de faire, grinça le dit Saga. Mais va savoir pourquoi, j'ai du mal à finaliser l'ouverture d'une autre dimension.

- Ah ? Curieux ? Nan parce que je me demandais si tu avais un peu de marge directionnelle ?

- Pardon ?

- Ben ouais. Dans le voyage temporel, il est fréquent que nonobstant – t'as vu mon Camus, j'utilise des mots compliqués – le temps de la mission, on revienne à peu de chose près au moment où on est parti. Mais éventuellement il se pourrait qu'on arrive aussi avec la même différence temporelle. D'où ma question.

- Et je ne la comprends toujours pas ta question.

- Ben c'est que si on est dans la deuxième solution mais qu't'as d'la marge, j'préférerais la première.

Saga plissa les yeux, se concentrant pour essayer de comprendre où voulait en venir le Scorpion. Un coup d'œil sur le coté lui apprit que Camus avait résolu l'énigme… et que la solution ne lui plaisait guère.

- Et pourquoi, finit-il par demander.

- Ben à cause du concert !

Saga ouvrit grand les yeux.

- Non mais tu en es toujours là !

- Ben ouais j'en suis toujours là ! Tu sais le mal que j'ai eu à les avoir ces places ? Alors si on pouvait arriver à l'heure ce s'rait chouette.

Saga glissa un œil vers Camus. Celui-ci, poussa un micro-soupir à fendre l'âme. Il avait promit d'y aller…

- Je vais voir ce que je peux faire, grommela le Gémeau en se retournant vers le mur.

« ANOTHER… »

- Au fait Saga, merci… Pour le concert… d'essayer. C'est chouette ! Hein mon Camus ?

« Camus » qui préféra ne rien dire mais qui manifestement aurait montré plus d'entrain à retourner dans le Cocyte. Et dire qu'il n'avait pas récupéré son tube d'aspirine.

Saga regarda une énième fois le mur et une énième fois concentra son cosmos :

« ANOTHER DIM… »

Saga s'arrêta soudain et se retourna subitement vers ses deux compagnons de voyage qui, pour le coup, le dévisageaient curieusement.

- Un problème Saga ? Le passage ne s'ouvre pas ?

- Non, non tout va bien. Je m'étonnais juste de ne pas être interrompu.

- Ben t'es sympa toi !

- Milo, chuut. Laisse faire Saga.

- Ben faudrait p'tet qui s'y mette surtout. On va pas y passer la nuit. Ya un concert en jeu et…

- Milo…

Dégouté, Saga se re-re-re-tourna. Et le plus rapidement possible et sans la moindre hésitation s'écria :

« ANOTHER DIMENSION » !

Et le mur s'ouvrit…

.

FIN ?


* petit clin d'œil à la fic de Newgaia sur les éléments raccrochés aux différents signes.

** merci Wikipédia

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