Un petit tour du côté obscur de la force avec ce chapitre! ;)
Bonne lecture à tous!
Chapitre 10 : Jubilation (Milka)
Le malaise de Rick avait retourné le commissariat. Les malades affluaient et les inquiétudes grandissaient, même si la plupart essayait de ne rien laisser paraître pour ne pas déclencher un vent de panique. Tous étaient soucieux, ils se jetaient des petits regards furtifs à la fois de compassion et de peur. Mais au grand soulagement de tous, tout le monde se soutenait. Ceux qui tenaient encore le coup, compatissaient à la douleur et au chagrin de ceux dont les proches et amis avaient chuté face aux premiers symptômes de la fièvre hémorragique. Chacun essayait de se serrer les coudes et de ne pas se laisser abattre par la situation qu'ils étaient en train de vivre.
Pendant l'effervescence autour de Castle pour l'assister et l'installer dans le bureau de Gates, un membre du commissariat s'était installé tranquillement à son bureau, une tasse de café à la main. Contrairement à la plupart des personnes qui l'entouraient, il semblait paisible et vraiment peu inquiet face à la situation et la tournure dramatique des derniers évènements. Assis à son bureau et ayant une vue ouverte sur presque tout le commissariat, cette personne en profita pour observer tout ce qui se déroulait sous ses yeux. Elle semblait jubiler à la situation et esquissa un sourire discret lorsque son regard s'attarda sur Beckett qui sortait du bureau de sa Chef, complètement anéantie et inquiète pour son amant.
«Quel plaisir de les voir tous dans cet état-là, avec leurs mines défaites et leurs visages tirés par l'angoisse. Mon plan s'exécute parfaitement jusqu'à maintenant, tout se déroule exactement comme je l'avais prévu… Vingt ans que je prévois cela, vingt ans que j'attends enfin ce moment pour pouvoir assouvir ma vengeance et leur faire payer ma souffrance et sa mort. Qu'ils souffrent autant que j'ai souffert toutes ses années, qu'ils payent pour leur crime et je serais enfin comblé ! J'ai attendu toutes ces années, mais aujourd'hui le plaisir en est multiplié. Eux qui se croient innocents et qui ont fait passer sa mort pour accidentelle en payent enfin le prix aujourd'hui. Et c'est si facile de les détruire !
Toute cette planification n'était finalement qu'un jeu pour moi. Il faut dire que le trafic d'êtres humains a été une révélation… Lorsque j'ai eu vent du démantèlement de ce trafic, tout s'est installé dans ma tête et tout s'est combiné à merveille pour savoir comment je pourrais m'y prendre pour accomplir ma vengeance. Et ces pauvres africains, qui étaient pour la plupart malades, ne le savent pas mais ils sont ceux qui m'ont inspiré le traitement que je voulais leur faire subir ici. Quoi de mieux qu'une fièvre hémorragique pour installer la panique à bord et réunir toutes mes proies au même endroit ?
De plus j'ai déjà contracté cette maladie donc aujourd'hui les effets sur moi sont quasiment nuls. Tous les avantages sont là, je ne peux pas à nouveau contracter les symptômes, ce qui me permet d'être au mieux de ma forme pendant qu'eux souffrent de leur fièvre, et pendant que tous paniquent face à cette maladie dont ils ignorent le vrai nom, je peux mettre à exécution mon plan et tuer mes dernières victimes.
Avoir les idées pour exécuter mon plan était déjà un grand pas dans l'avancé de mon accomplissement, mais encore fallait-il trouver les moyens de le mettre en œuvre. Je me souviens encore des péripéties et de tout ce que j'ai dû faire pour voler ces tubes de prélèvements sanguins contaminés. Et une fois chose faite, du peu de temps et de matériel qu'il m'a fallu pour transformer ce liquide en gaz.
Maintenant le mal est répandu, mon gaz, ma création, a été entièrement dispersé dans tout l'immeuble et cela me permet d'avoir à portée de mains mes prochaines victimes ! Ils sont tellement naïfs, sans le savoir ils m'ont servi sur un plateau d'argent mes quatre dernières victimes. Quand je pense déjà à la facilité que j'ai eu à empoisonner Daniels, Backer et aujourd'hui Clark, je me dis que la suite des réjouissances va être encore plus facile puisque j'ai de l'aide parmi les gens qui protègent ceux que je vise. Mais même sans cette aide mon plan aurait été effectué à la perfection. Ils sont tellement faibles, et ma vengeance est tellement grande que rien ne pourrait m'arrêter.
Ma première victime Daniels était un coup d'essai, je me suis introduit chez lui avec aisance. De nos jours les serrures ne sont plus aussi sûres, il n'y a pas que dans les films qu'on peut les crocheter. Et je me souviens alors du plaisir que j'ai pris à mélanger un peu de ricine avec chacun de ses aliments, sans en oublier un seul. Puis comment j'ai introduit des antihistaminiques dans toutes ses bouteilles d'alcool pour en accentuer l'effet. Comme ça, il ne me restait plus qu'à le surveiller pendant ma pause déjeuné, le regarder sortir de chez lui, empoisonné sans qu'il ne le sache, et appeler les flics anonymement pour signaler une conduite dangereuse lorsqu'il prendrait sa voiture. Quant au mot, c'était très facile une fois Daniels arrêté et la voiture sans surveillance, je l'ai glissé dans la boîte à gant pour que Beckett ou son équipe le trouve.
Pour empoisonner Backer, un jeu d'enfant aussi. Il m'a suffi de me rendre à l'une de ses soirées branchées dans sa boîte de nuit et de verser la colchicine dans son verre. Ça n'a vraiment pas été difficile, la boîte de nuit était bondée, Backer était occupé par ci, par là avec de nombreuses jeunes filles et il laissait constamment traîner son verre sur le bar pendant qu'il discutait, voire plus, avec l'une d'entre elles. Et pour le mot, je lui ai glissé ici, lorsqu'il est venu au commissariat. Je l'ai bousculé à sa sortie de l'ascenseur et le lui ai introduit ni vu ni connu dans sa poche de manteau. Chose faite, la police de New York avait maintenant deux meurtres sur le dos, et s'ils avaient bien compris mon message il en restait encore quatre. Le jeu ne faisait que de commencer.
Quant à Clark, ça avait été le plus simple. Il m'était tellement facile de l'approcher depuis que nous étions en quarantaine et il ne me restait plus qu'à trouver le moment opportun pour l'empoisonner. J'avais stratégiquement, et sans me faire repérer, mélangé du curare à son café. Et le tour était joué. Il allait boire son café sans rien sentir d'anormal et quelques temps plus tard il s'effondrerait en plein commissariat.
La ricine, les antihistaminiques, la colchicine, et le curare… Je constatais avec plaisir que les idées ne me manquaient pas. Pour dire vrai, le marché noir en était en grande partie responsable. On peut y trouver de tout et du grand n'importe quoi, il suffit d'y mettre le prix et vous voilà servi...
Maintenant avec trois corps sur le dos, les policiers ne faisaient plus les fiers. Je semais la zizanie partout autour de moi et la fièvre hémorragique n'arrangeait pas les choses. Je jubilais en constatant mon œuvre. Tout le travail préparé depuis des mois s'effectuait à la perfection jusqu'à aujourd'hui. Et bientôt je pourrais être fière d'avoir mis un terme à leur liberté»
Après être restée un certain temps assise à son bureau, cette personne aux pensées machiavéliques et maléfiques sortit de sa transe et se leva en direction de la salle de repos. Une fois arrivée à destination, elle se prépara un nouveau café et profita de ce moment pour, à nouveau et furtivement, jeter un coup d'œil à tout ce qui l'entourait. Tout en buvant son café, ses pensées ne la quittaient pas, elle se dit qu'il ne lui restait plus que deux personnes à éliminer avant de pouvoir enfin s'occuper de Richard Rodgers, toujours mal en point dans le bureau de Gates.
