Bonjour a tous et bonne année.

Une suite à l'aventure de nos deux héros. Il reste encore quatre chapitres avec celui la donc la fin est proche. Mais sachez qu'il existe deux version possible de cette fin. Vous seul avez le destin de notre lieutenant préféré entre vos mains.

Bonne lecture.

Chapitre IX

On les avaient séparés. Il était apparu de nul part. Cet homme ou cette femme, peu importe. Il avait exigé que Rick lui lache la main, ne la touche plus. Il avait brisé leur lien et maintenant notre écrivain ne savait contre quoi s'appuyer pour ne pas tomber.

Lorsqu'il lui serrait la main il y a encore quelques minutes, il tenait debout. Pour elle, avec elle, grace a elle. Mais maintenant ? Maintenant il n'était soumis qu'à la gravité . A la terrible sensation de ne tenir debout que par l'action du saint esprit. Tant qui lui tenait la main il était soutenu par son pilier, maintenant il n'y avait que du vide.

On s'aférait autour de lui. Des hommes et des femmes vacaient a leur occupations comme si de rien n'était. Mais comment pouvaient ils faire, alors que rien n'allait ? Un bruit sourd :

« … m...sieur … » « … monsieur … monsieur ! » Castle réagit enfin. Il était planté au milieu au milieu du couloir, a l'endroit même ou on l'avait séparé d'elle. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, a contempler cette porte batante, persuadé que si il la fixait Kate irai bien. Reflexion stupide ! Rick était supertitieux mais là, ça en devenait ridicule. Il se tourna vers son interlocuteur dont l'identité lui importait autant que son premier carambar.

« Le lieutenant vient d'être installé dans une salle de quarantaine. Je vous y amène. » Rick fit un signe de la tête pour signifier qu'il avait compris et qu'il suivrai. Effectivement, il devait être planté là depuis un moment. Il s'en rendit effectivement compte lorsqu'il entama sa marche et constata que ses jambes étaient douloureuses. Après plusieurs passages de portes il déboucha sur une immense salle qui comportait plusieurs compartiments en verres. Des salles dans des salles : un concept étrange. Chacune de ces petites cellules de verre comportait un lit et tout le matériel médical nécessaire. Castle en compta trois, chacunes précédées d'un sas surement pour éviter toute contamination. Il regarda la première pièce et reconnut, allongée sur le lit, le docteur Brown. Enfin, ce qu'il en restait. La personne ici présente n'avait en effet plus rien en commun avec le jeune femme qu'il avait croisé en début de journée. La jeune femme pimpante et désirable n'était maintenant plus qu'une mort vivante. Castle en ressentit un profond malaise. Mais celui ci ne fut rien comparé a celui qu'il ressentit lorsqu'on le mena au fond de la salle, vers la troisième zone de quarantaine, où reposait sur le lit son lieutenant préféré.

Kate était consciente. Ses yeux ouverts étaient posés sur Lanie qui, bien que portant une combinaison complète de martien (risque biologique oblige) était toujours aussi élégante. Elle semblait parler a son amie. Surement la rassurait elle, lui promettant une prochaine sortie boutique entre filles. Toujours est-il que rien sur le visage de Kate ne traduisait la moindre émotion. Elle semblait comme sonnée.

Puis, comme si elle avait sentit sa présence, elle détourna les yeux de son amie médecin pour trouver le visage de Castle. Il ne souriait pas, pas cette fois, pas maintenant. Le contact se fit entre les partenaires et, réalisant qu'elle n'avait plus l'attention de son amie, Lanie tourna la tête vers le mur vitré pour y voir un Castle complètement perdu.

Lanie se retourna vers son amie et lui parla quelques secondes avant de lui serrer la main avec douceur. Kate lui répondit avec un petit mouvement de tête et ferma les yeux. Lanie prit alors la direction du sas pour enlever sa combinaison.

Rick ne quittait pas des yeux Kate, qui semblait se reposer. Il se concentra sur les mouvement de poitrine de sa partenaire et nota que sa respiration n'était pas régulière et a en juger par les grimaces qu'elle arborait de temps à autre, certainement douloureuse.

« Elle est costaud » Lanie venait d'apparaitre a son coté et le sortit de son osculation.

« Oui … je sais » Fut la seul chose qu'il pu lui répondre sans quitter le lit d'hôpital des yeux. Ils restèrent un moment là, sans rien dire. Jusqu'à ce qu'un médecin apparaisse.

« Nous avons les résultats. Il semblerai que pour le moment le lieutenant Beckett ne soit pas dans une phase de contagion vous pourrez donc avoir accès a la salle sous certaines conditions d'hygiène. » Les informa le jeune docteur.

« On a plus de renseignements sur la maladie ? » Lui demanda Lanie

« Malheureusement non. L'étude des échantillons n'a rien donné de concret. On a seulement pu identifier la souche grâce aux informations que vous nous avez transmises. Mais il semblerait que l'évolution de la maladie soit en rapport avec l'état physique général du patient. Le lieutenant Beckett a subit une important opération chirurgicale cette année et il suffit qu'elle soit fatigué en ce moment pour que ça ai facilité la multiplication des symptômes. »

Soudain Castle s'en voulut d'avoir contribué à la fatigue de Kate par leur échange dans les vestiaires.

« Toujours est il -continua le médecin- quelle est solide et que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver un traitement approprié. En ce moment même nous testons sur le docteur Brown un mélange d'antibiotique... »

Mais le médecin n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une alarme assourdissante envahit le département de quarantaine et les médecins se précipitèrent vers le sas de préparation pour pénétrer dans la salle ou se trouvait le docteur Kitty Brown. Les appareils qui envahissaient la salle étaient en alerte. Des bips provenaient de tout les cotés. Tous s'approchèrent de la pièces vitrée pour y voir des médecins en combinaison étanches s'afférer pour sauver la vie de la jeune femme. Des ordres furent lancés et immédiatement exécutés par des infirmières. Bientôt le corps frêle se souleva sous les sollicitations du défibrillateur : une fois … deux fois … trois fois puis le silence envahit la pièce. Le seul bip régulier d'une dernière machine succéda au brouhaha des médecins. Tous c'étaient tus et observaient le corps de désormais l'ancienne docteur Kitty Brown.

« Heure du décès … 23h47. » Signifia le médecin chef a haute voix avant de partir vers l'entrée du sas. Il n'y avait plus rien a faire.

Il laissa alors le champ libre à Rick, qui put voir une dernière fois la jeune femme avant que des infirmières ne la recouvrent du drap qui, il y a peu, veillait à ce qu'elle n'ait pas froid. Ce qu'il vit lui glaça le sang. De la bouche et du nez de la jeune femme avait jailli une marre de sang, qui contrastait avec la pâleur cadavérique de son visage. Des cernes noires entouraient ses yeux qui autrefois avaient séduit le jeune homme. Plus aucune lueur n'en sortait. Ils étaient fixés vers le ciel comme si elle avait voulu une dernière fois prier le ciel pour qu'il abrège ses souffrances. C'est donc ça qu'on appelle une mort douloureuse ?

Et puis d'un coup Castle prit peur … Kate … La nausée lui prit. Il devait sortir. Alors qu'il fuyait a la recherche de toilettes pour pouvoir se soulager. Il bouscula au passage le médecin qui venait de déclarer l'heure du décès et qui s'approchait de Lanie.

« On la fait transporter à la morgue dès que le risque de contamination sera levé. Vous voulez vous en charger docteur ? Peut être que le fait qu'elle vienne juste de succombé nous apportera d'avantage que l'étude du docteur Connor plusieurs heures après son décès ? »

« Dès que vous m'en donnez le feu vert, je me mettrai au travail. » Lui répondit Lanie qui se sentait enfin utile a quelque chose.

Castle sortit des toilettes en se séchant les mains. Il avait eu peur, et ça lui avait vrillé l'estomac. Vomir lui avait fait du bien mais son mal de tête lui, ne le quittait pas. Il se stoppa au milieu du couloir juste avant de rentrer dans la salle de quarantaine. Les garçons arrivaient accompagné de Gates.

« On vient d'apprendre pour Brown, on a croisé un des médecin » L'informa Esposito qui arrivait beaucoup plus vite qu'il ne l'avait cru. En fait les trois policiers courraient presque.

« Comment va t-elle ? » Demanda Gates qui semblait vraiment préoccupée par le sort de son lieutenant.

« C'est stable pour le moment, elle se repose. » Lui répondit Castle d'un ton qu'il essaya de faire passer pour le plus neutre possible.

« Ca va Castle ? » Lui demanda Ryan dans sa capacité presque surréaliste d'être constamment à coté de la plaque (mais c'est pour ça qu'on l'aime). Castle le fixa alors.

« Lanie est à coté et … et il y a plus de médecin derrière cette porte que dans un congrès à Hawaï. » Evidement il n'avait pas répondu à la question de Ryan mais le fait qu'en ces circonstances il essayait d'utiliser l'humour (très mauvais soit dit en passant) montrait bien aux trois flics que non, il n'allait pas bien du tout.

« Bien » Dit Gates avant de s'avancer vers la double porte battante. Elle fut suivie de ses deux sous fifres et de Castle qui quelques mètres derrière tentait de faire passer le goût pâteux qui encombrai sa bouche.

Arrivés devant la vitre en face du lit de la détective, désormais seule occupante des lieux, ses collègues ne purent que constater les dégâts. Kate était pale et son torse bougeait à peine. Elle avait les yeux fermés et semblait se reposer. Un masque envahissait la moitié de son beau visage, lui permettant de respirer avec plus de facilités.

« On a du nouveau sur le projet Lyssenko » commença Esposito. Celui ci sortit son Ipad 2 où étaient enregistré ses notes.

« Il s'agit bien d'un projet à l'origine soviétique en lien avec la guerre froide. La particularité de ce projet c'est qu'il utilisait une bactérie extrêmement mortelle qui se transmet uniquement sous certaines conditions. Pour rester simple il faut que le corps soit atteint d'un certain stade de la maladie pour qu'il devienne contagieux. Stade qui équivaut aux dernières minutes avant la mort. »

Castle suivait avec attention.

« Ce qui explique que Kate ait été contaminée. » Intervint il.

« Oui mais le fait que Beckett soit intervenue pour sauver le docteur Brown a permis a celle ci d'avoir un léger sursit. Mais elle était déjà condamnée. » Répondit Ryan a sa non-question.

« Donc si elle n'avait pas cherché a sauver le doc, elle serai en bonne santé ? » Demanda Castle plus pour lui même que pour l'assistance.

Esposito, compréhensif comme toujours s'approcha et lui mit une main sur l'épaule.

« Hey ! C'est de Beckett qu'il s'agit, elle a fait son devoir. »

Castle se prit a sourire a cette remarque tout en regardant la concernée. Il repensa alors à ses propres mots dans la salle de quarantaine dans l'affaire de la bombes sale de NY. « Ce qui vous attire le plus chez une personne est la chose qui finit par vous rendre complètement dingue » et elle avait parfaitement raison. Il était éperdument amoureux du lieutenant Kate Beckett pour son courage, sa loyauté, sa probité et son sens de l'honneur. Car quoi qu'il en coûte, elle était une de ces personnes que l'on pense capable de sauver le monde. Richard Castle était tombé amoureux d'une héroïne et il l'aimait pour ça. Mais c'est à ce moment qu'il prit conscience de la douleur que devaient ressentir les amoureux et amoureuses des super héros : fiers d'être la moitié de c'est personnage d'exception mais aussi rongés par l'inquiétude de les voir risquer leur vie. Oui, parfois Rick préfèrerait que Kate ne soit pas Kate et que ses journées soient plus calmes.

Ryan continua son exposé.

« L'intérêt donc de ce projet c'est qu'il limitait considérablement les risques pour les utilisateurs de cette arme. La contamination ne se faisant qu'a un moment très précis, le nettoyage n'en était que plus facile. De plus le temps d'incubation est particulièrement rapide puisque d'après le projet initial avorté, il ne devait pas excéder 48 heures. »

« Projet initial ? » Tilta Castle.

« Euh … oui. Lyssenko à disparu d'URSS au début des années 60 avec son projet qu'il n'avait pas pu mettre en œuvre. Les difficultés financières de la fin du régime autoritaire ne permettait pas une dépense aussi importante. Et puis à ce moment le combat avec le bloc ouest était plus idéologique que militaire. Toujours est-il que Lyssenko a déménagé avec son projet et s'est mis a travailler avec notre gouvernement.»

« Et le projet, il est devenu quoi ? » Demanda Castle

« Il a été oublié avec la fin de la guerre froide. Il n'y avait plus d'intérêt. » Répondu Ryan.

« Il faut croire qu'il y en a de nouveau un, puisqu'une personne s'est donné beaucoup de mal pour le remettre au point. » Intervint Gates.

« Oui mais qui voudrait justement d'une bactérie mortelle et pourquoi ? » Demanda Castle qui continua son raisonnement.

« Deux médecins américains sont payés pour retravailler secrètement sur un projet bactériologique soviétique. Les deux médecins meurent, contaminés par cette maladie. » Castle commença a marcher le long du mur en verre en réfléchissant.

« Qu'ont donné les perquisitions chez les deux médecins ? » Demanda t-il

« Absolument rien. Aucune trace de contener pouvant contenir des souches de la bactérie ou d'un vaccin.» Répondit Ryan.

Castle continuait à réfléchir.

« La bactérie est au point, nous en avons la preuve. Leur travail était donc fini. Mais nous n'avons aucun dossier, aucune … données ou échantillon de ce travail. »

« C'est celui qui les a payés pour le faire qui à tout ça. » Intervint Ryan qui contemplait, tout comme Gates et Esposito, Castle faire des va et viens dans la salle.

Leur conversation fut interrompu par un médecin.

« Monsieur Castle ? » demanda celui ci sans savoir lequel des trois hommes présent répondait à ce nom. L'intéressé se tourna vers le docteur.

« Oui ? »

« Le lieutenant Beckett souhaite vous voir. Elle n'est pas contagieuse mais par sécurité je vais devoir vous équiper pour que vous l'approchiez. »

Castle était content. D'une part parce qu'il allait enfin pouvoir traverser cette foutue paroie en verre pour s'approcher d'elle, mais surtout parce qu'elle l'avait demandé. Lui. Pas un autre. Lui !

« Je vous suis »

Il ne fallut qu'un dizaine de minutes pour que Rick soit équipé comme un vrai docteur. Protégé de la tête aux pieds, il avait tout de même échappé à la combinaison puisque les analyses montraient que Kate n'était pas contagieuse (pour l'instant), mais il avait tout de même la sensation de ressembler à un paquet de compresses stérile. Il passa le petit sas et pu enfin pénétrer dans la salle vitré. Il y faisait étonnement doux et le silence n'y était rompu que par les signalements des différentes machines qui entouraient Kate. Il s'approcha avec précaution du lit pour l'y trouver, yeux clos. Un tabouret haut avait été apporté et il l'utilisa pour s'assoir près d'elle. Il l'a contempla, ne s'achant pas trop quoi faire. Il n'eut pas à se poser la question très longtemps puisque Kate commença à ouvrir les yeux. Elle tremblait légèrement a cause de la fièvre et la lumière lui agressa les yeux, la faisant grimacer. Elle s'habitua néanmoins assez rapidement à la lumière artificielle de la salle. Non sans avoir signalé son inconfort par un gémissement qui fit sourire Rick. Elle tourna alors la tête légèrement sur la droite pour rencontrer ce regard bleu qu'elle avait tant réclamé. Etait ce bon signe qu'on lui accorde le droit de la voir ? Devait elle lui dire adieu? Non, rien qu'a cette pensée sa nausée augmenta.

« Hi ! » Entendit elle sortir de la bouche si fine et mainte fois détaillée de son partenaire.

Elle voulut lui répondre mais ce détestable truc en plastique lui encombrait la moitié du visage. Elle souleva alors sa main droite pour atteindre l'objet et le poussa vers son menton pour qu'il ne la gêne plus. Rick voulut réagir mais n'osa pas l'empêcher d'enlever le masque. Il voulut la réprimander, lui dire qu'elle devait le garder pour mieux respirer mais abandonna vite l'idée se disant que de toute façon elle faisait toujours ce qu'elle voulait. C'est donc débarrassée de son masque a oxygène que Kate put répondre à Rick.

« Hi ! » Une réponse beaucoup plus faible que celle du jeune homme mais qui serra le cœur comme si elle venait de lui déclarer sa flamme.