Merci à : Tirose, Ketsuchi, Yezel et Choco97.
Merci aussi aux anonymes.
Un grand merci à Celebrindal01 pour la relecture et la correction !
Chapitre 10
Le soleil débuta son ascension à travers les nuages pour commencer cette nouvelle journée quand Shikamaru émergea de sa courte nuit de sommeil. La veille, il avait passé pratiquement toute la soirée à son travail, essayant de boucler les dernières sorties prévues pour le numéro de juin du magazine. Et les demandes qu'il avait formulées avant-hier soir avaient eu pour cause un surplus de travail pour tout le monde. Mais il savait que cela valait la peine, les lecteurs en seraient ravis et le bénéfice tout autant. La fatigue qu'il avait accumulée jour après jour était là et cela risquait de durer encore un petit moment, mais il lui était impossible de prendre le temps de dormir plus que nécessaire. Depuis le temps, son corps avait pris un rythme soutenu et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait changer.
Après avoir cligné plusieurs fois des yeux, il se décida à quitter ce lieu de paresse pour reprendre cette journée déjà entamée quelques heures plus tôt. D'un pas quelque peu trainant, il se dirigea vers la salle de bain tout en étouffant un bâillement. Décidément, dormir que quatre heures n'était pas ce qu'il affectionnait le plus… Heureusement que ce genre de nuit chargée n'était possible que rarement. Tout en passant sa main dans ses cheveux, il amorça un regard vers son reflet et il fut assez déstabilisé par ce qu'il voyait. Cette fois-ci, il allait peut-être un peu fort dans son manque de repos…
Les cernes qui ornaient ses yeux démontraient clairement son état plus qu'avancé de fatigue, et, le connaissant, il ne ferait rien pour y changer, bien que la perspective de flâner un peu ne lui déplaisait pas. Ne rien faire, se contenter de rester allongé tout en profitant du soleil et d'un ciel totalement dégagé était son passe-temps favori et cela lui manquait grandement… Le moment de blocage du numéro était ce qu'il appréciait le moins dans son travail.
Dans un soupir, il se passa la main sur le visage qui arborait une barbe de trois jours et grimaça.
— Il faut que je me rase…
C'était plus une constatation qu'autre chose, car il était incapable de le faire maintenant… Il avait encore beaucoup de travail et sa barbe était le cadet de ses soucis. Il se contenta alors de se brosser les dents puis il lava sa figure pour finir par quitter la pièce.
À peine avait-il atteint le couloir qu'une merveilleuse odeur l'accueillit. D'ailleurs, son estomac ne tarda pas à se manifester avec appétit. Il avait soudainement très faim et la perspective de manger un vrai repas le réjouissait grandement. Arrivant à la cuisine, son regard se posa sur le lieu et il fut saisi d'une étrange émotion. C'était une sensation chaleureuse et tout aussi nostalgique. Il avait l'impression de se retrouver à la maison. Depuis qu'il vivait seul, rarement encore cet espace ne fut utilisé à sa juste valeur. Réchauffer un plat déjà prêt, manger à l'extérieur ou dîner chez des amis, c'était son quotidien. Il ne s'en plaignait pas, au contraire cela lui convenait parfaitement. Et pourtant aujourd'hui, il était heureux que cela ne soit pas comme d'habitude.
Cet homme le surprenait chaque jour un peu plus. La manière dont il agissait avec lui, les gestes à son égard, ses paroles… Il était étrange. Il disait « l'aimer », mais il ne tentait rien de plus qu'un baiser de temps en temps. C'était quelque peu frustrant… Pour une première fois avec un homme, il avait l'impression que c'était plat. Finalement, il se demandait s'il devait prendre les devants ? Quand il voulait du sexe, il ne tournait pas autour du pot et sa partenaire le savait et cela ne le lui dérangeait pas. C'était ce qu'il appréciait le plus dans ses relations, mais ce qu'il partageait avec Kiba était particulier.
« Attends un peu ! Je ne peux pas qualifier ce que je vivais avec ces femmes comme une relation … Du sexe ! Rien que ça. » Se corrigea-t-il.
À peine avait-il mis en évidence sa misère affective que la voix de Kiba le ramena au moment présent.
— Nara-san ! Bonjour !
— Hm… B'jour… Tu es là depuis quand ?
— 2 h, répondit-il en contournant le plan de travail.
— Oh.
— Du matin.
— Quoi ? S'exclama-t-il n'en croyant pas ses oreilles.
« Deux heures du matin ? »
À ce moment, il venait à peine de se mettre au lit ! Pourquoi ne l'avait-il pas entendu ? Il était certes fatigué, mais pas au point de sombrer totalement dans le sommeil à peine sa tête posée sur l'oreiller ! Mais apparemment, c'était le cas… Il ne comprenait pas pourquoi Kiba était venu si tard, surtout que ce dernier avait dû passer une journée aussi épuisante que la sienne. Soudain il se souvint de ce que Kiba lui avait dit la veille en partant :
— « Je serai là demain pour te préparer le dîner. Tu vas enfin pouvoir goûter à ma cuisine »
Avec toute la somme de travail qu'il avait eu à faire, il avait complètement oublié ce rendez-vous… Malgré ça Kiba avait gardé à l'esprit qu'ils devaient se voir pour partager un moment ensemble. Encore une fois, le sérieux et la volonté qu'il mettait en œuvre pour cette relation le surprenaient toujours.
Il ne parvenait pas à s'y faire… Il n'était pas habitué à ce genre de geste et encore moins d'affection.
En le voyant s'affairer dans la cuisine, Shikamaru fut saisi d'une envie folle de le prendre dans ses bras. Ce n'était pas son genre d'agir de la sorte… Il ne croyait pas à l'amour et encore moins aux gestes tendres et affectueux, mais aujourd'hui il aimerait y croire et surtout les sentir. Pour le moment, la seule chose qu'il était parvenu à faire, le seul geste qui pourrait s'en approcher était de donner un double de ses clés à Kiba.
— Nara-san, arrête de rêver et installe-toi.
— Ah, hum…
— J'espère que tu as faim.
Tout en prenant place, Shikamaru parcourra la table du regard et fut touché par l'attention que Kiba lui portait. Cet homme agissait envers lui comme aucune femme n'avait fait. L'égoïsme dont elles faisaient preuve ne semblait pas être parmi ses défauts et cela le touchait à chaque fois un peu plus… Il allait finir par s'y habituer…
— Tu aurais dû te reposer au lieu de venir.
— Peut-être, mais je préfère être ici.
— En tout cas, ça a l'air bon.
— Je l'espère, fit-il en s'agitant sur sa chaise.
— Ça va ?
— Oui… Je… j'aimerai…
— Hm ?
— Je peux t'embrasser ?
Surpris par sa demande, il le fixa un moment avant de sourire.
— Depuis quand tu demandes la permission ? S'enquit-il en portant la tasse de café à ses lèvres.
— C'est vrai, c'est juste…
Tout en détournant le regard, il se posa la même question. Il avait l'impression d'être la bonne épouse qui attend un geste quelconque de la part de son époux. L'attitude de son compagnon le déstabilisait quelque peu. Aucune prise d'initiative, avec le temps il avait appris à le connaitre tout en se disant qu'il s'y habituerait… C'était toujours lui qui prenait les devants quelques soient ses intentions. Et l'embrasser dès qu'il en avait l'occasion était le geste qu'il faisait le plus. Alors, pourquoi demander la permission pour cette fois ? Il ne saurait le dire…
Peut-être que sans s'en rendre compte, c'était une action délibérée pour que Shikamaru ose faire quelque chose pour une fois ?
« Non ! » se contredit-il dans un soupir. « Ne rêve pas mon vieux… »
Le fil de ses pensées fut coupé et son corps se figea.
D'un geste irréel Kiba sentit la main de Shikamaru ramener son visage vers le sien et sans qu'il se rende compte les lèvres pleines se posèrent sur les siennes. Rêvait-il? Sûrement ! Car ce genre de comportement ne lui correspondait pas. Depuis maintenant trois semaines qu'ils étaient ensemble, ce dernier n'avait jamais pris l'initiative sur quoique ce soit d'intime et le voici en train de l'embrasser? Tout en répondant au baiser, il se dit qu'il devrait juste profiter de ce genre d'instant si rare.
La bouche de Shikamaru capturait la sienne avec une telle intensité que son corps semblait se liquéfier sur place. Son cœur battait la chamade et ses lèvres répondaient autant qu'il pouvait au baiser. Quand il sentit la main de son compagnon lui saisir la nuque dans le but d'accentuer plus le contact de sa bouche, Kiba pesta sur sa position. Il fallait qu'il se redresse et vite. Il voulait plus, beaucoup plus et il savait que c'était le moment ou jamais pour franchir un cap. Dans un mouvement lent et calculé, il se leva sans rompre le contact. Très vite il sentit l'homme contre lui l'attirer davantage contre son corps et le plus jeune n'eut pas d'autre choix que de se laisser faire tout en nouant ses bras autour de son cou.
À ce moment-là, Shikamaru profita du bref instant où la bouche de Kiba s'entrouvrit pour y insinuer sa langue. Tout en goutant la saveur de ce dernier, il se mit à lui caresser avec une sensualité sauvage ses cheveux, sa nuque, sa chute de rein... Il le découvrait enfin.
Dans une impatience qui ne lui correspondait pas, il dévora complètement la cavité buccale de son compagnon. Il ne savait pas pourquoi sa faim de lui s'était soudainement réveillée, mais peu lui importait. Il se sentait bien, si excité que plus rien n'existait.
Dans un gémissement de plaisir, Kiba accueillit la langue aventureuse de Shikamaru et lui rendit sa caresse. Un feu crépitant naquit au creux de ses reins lui procurant une sensation de vertige encore jamais éprouvée. Il aimait cet homme et le désir que son corps avait accumulé avec le temps semblait sur le point d'exploser. Soudain sa respiration se fit plus haletante et son cœur martela contre sa cage thoracique avec force. Il avait la sensation d'étouffer sous les assauts brûlants de son petit ami. Le baiser était divin et il était sûr qu'il allait perdre pied très vite. Tout en se frottant contre son corps, il sentit alors son érection évidente.
Il avait besoin d'air. C'était beaucoup trop en une seule fois.
Cet homme…
Son désir… pour la première fois exposé.
Son baiser…
Ses caresses…
Finalement… il n'était pas prêt…
— Na…
Dans un geste qui lui coutait réellement beaucoup, il rompit tant bien que mal le baiser. Les lèvres gourmandes de Shikamaru ne semblaient pas être de cet avis puisqu'il tenta de s'emparer de sa bouche à nouveau. Cette fois-ci, un simple effleurement fut consenti et d'un mouvement lent, mais assuré Kiba posa ses mains sur le torse ferme de l'homme qu'il aimait et le repoussa légèrement.
— Nara-san…
Les pupilles dilatées et la respiration erratique, ce dernier le fixa sans pour autant le voir. Son regard était porté sur sa bouche et ses lèvres sûrement rougies par l'échange quelque peu vorace.
— Kiba… souffla-t-il tout en se mordant la lèvre inférieure.
« Tiens, plus de suffixe… »
— Oui ?
Se rendant compte enfin de ce qui venait de se dérouler, Shikamaru se passa la main dans les cheveux et osa regarder Kiba dans les yeux. C'était la première fois qu'il se laissait aller de la sorte. Il avait certes adoré ce baiser, mais ce fut très intense et sauvage. Et la manière dont Kiba avait tenu à rompre le contact lui prouvait qu'il était allé loin. Décidément, cette relation étrange…
— Nara-san ?
— Oh, pardon…
— Je voulais un baiser et je fus…
— Je suis désolé, le coupa-t-il.
— Hein ? De quoi ?
— Je t'ai brusqué et j'ai agi…
— Hé ! J'ai adoré ! Le rassura-t-il amusé.
— Mais alors pourquoi ?
— Je… c'était trop fort, trop intense, j'ai cru mourir.
— Oh…
— Si j'avais su, j'aurais tenté ça plus tôt, fit-il en lui caressant la joue. Tu embrasses super bien et j'ai cru… continua-t-il en portant son regard sur l'entrejambe.
Comprenant le sous-entendu, Shikamaru se reprit très vite.
— Merde.
— Je te fais de l'effet et c'est assez rassurant, lança Kiba en attirant son petit ami contre lui.
— Tais-toi. C'est la première fois que ça m'arrive.
— Quoi ? Avoir une trique d'enfer ?
— Non crétin !
— Oh !
— Je te parle de ce qui vient de se passer. J'agis toujours d'une façon rationnelle, réfléchie, mais avec toi…
— J'aime cette facette de ta personne, répondit-il en déposant son front contre celui de Shikamaru.
— Pas moi. Je n'ai aucun contrôle.
— Avec moi, je veux que tu te lâches.
— Tu en demandes beaucoup…
— Mais non, fit Kiba avec un sourire. Dès que tu auras fini le bouclage du mag' je serai tout à toi.
— Hm… j'ai hâte.
Le silence s'installa entre les deux hommes. Sans qu'ils ne s'en rendent compte, ils avaient franchi une étape importante dans leur relation et cela se prouverait par la suite. Mais dans l'immédiat, peu leur importait… Ils étaient bien.
— Tu veux que je m'occupe de ton « problème » ?
— C'est déjà oublié.
— Rapide !
— Crétin. Tu m'as fait penser au boulot… murmura-t-il dépité.
— J'en prends note pour la prochaine fois alors. On devrait aller manger, ça doit être froid…
— Oui.
Un baiser fougueux et un désir puissant, c'était inattendu, mais tout aussi plaisant. Tenir un homme contre lui engendrait dans son corps plus de choses qu'avec une femme, c'était surprenant. Amusé par ce constat, Shikamaru se félicita pour le choix qu'il avait eu quelques semaines plus tôt. Il voulait profiter et jouir de cette atmosphère aussi longtemps qu'il lui était possible.
— C'est très bon.
— Tant mieux, répondit Kiba dans un sourire heureux.
C'était bien ainsi, oui c'était bien…
oOoOo
Quelque part loin de Konoha…
Cela faisait maintenant presque deux semaines que Kyosuke était rentré chez lui. Le mois qu'il avait tenu à prendre pour tenter de régler au mieux ses affaires s'était écoulé tellement vite qu'il ne s'était rendu compte de rien… Pourtant, il n'avait pas tellement avancé, surtout avec certaines têtes dures qui dirigeaient les clubs de Konoha… mais après ce qui s'était passé le dernier soir qu'il avait passé chez son ami, il lui avait fallu s'en aller au plus vite. Quand il s'était réveillé le lendemain, la vision que Minato lui exposait sans le vouloir engendrait une envie subite de le prendre contre lui et surtout de goûter à nouveau ses lèvres.
À cet instant-là, il n'avait pas pu faire autrement que d'admettre la vérité qui s'était imposée à lui, mais sans qu'il n'ose lui faire face depuis leurs retrouvailles.
Il désirait Minato. Comme on désirait une femme.
Et il ne devrait pas…
— Merde…
Il avait fui sans demander son reste et à peine il était arrivé à son hôtel, il s'était empressé de demander à Kakashi de régler leur note et ils avaient quitté le lieu. Il savait qu'il fallait qu'il y retourne, mais il avait besoin de remettre ses idées en place avant… Sa promesse envers Minato était présente dans son esprit et même sans cela il avait besoin de le retrouver. Cet homme lui manquait déjà énormément. Après toutes ces années, il lui était maintenant impossible de rester aussi longtemps loin de lui. Sa présence lui était indispensable et ce n'était pas ce désir qui allait y changer quoique ce soit.
Cependant, il avait besoin de temps… et ce n'était pas par fuite.
Dans un soupir, il se saisit de son téléphone et parcourut pour la énième fois les emails qu'ils avaient échangés.
''Kyosuke : Je suis désolé, je dois vite rentrer. Problème à l'ancien siège social. Je reviens dès que je peux.''
''Minato : D'accord. Fais attention.
P.s. : tu aurais pu me réveiller.''
Le lendemain :
''Kyosuke : Impossible. Tu dormais si bien. Tu vas me manquer.''
''Minato : Toi aussi. Tu sais, j'ai l'impression que tu as fui… Pourquoi tu es parti si vite ?''
Après ce message, il n'avait pas répondu. Mais le jour suivant, Minato l'avait relancé.
''Minato : Tu as bien fui. Tu sais, je ne sais pas ce qui se passe, mais tu as promis. Et s'il y a un truc qui ne va pas, on doit en parler.
''Kyosuke : Tout va bien, ne t'inquiète pas. Comment vont le père et la fille ?''
''Minato : Tu mens (je te connais). Rina et Naru vont bien.''
Par la suite, il avait gardé le silence pendant quatre longs jours. Il avait essayé de faire taire la petite voix qui lui disait qu'il devrait l'appeler, l'entendre, le rassurer… Mais il avait tenu bon, néanmoins pas pour les bonnes raisons. Et quand Minato lui téléphona une semaine après son départ, il avait su qu'il était perdu. Quand sa voix s'était portée à ses oreilles, le désir qu'il avait éprouvé pour son ami le submergea de nouveau, cependant d'une manière plus violente et incontrôlable. Très vite, son meilleur ami remarqua qu'une chose n'allait pas… Et à ce moment-là, Kyosuke s'était empressé de mettre un terme à la conversation.
Le soir même, un nouvel email fut reçu. Et une culpabilité encore jamais éprouvée l'avait saisi.
''Minato : Je suis désolé.''
Il s'était excusé, alors que c'était à lui de le faire. Ce soir-là, il avait pris une décision et à ce jour, elle était toujours d'actualité.
''Kyosuke : Tu as raison. J'ai fui.''
''Minato : Moi ?''
''Kyosuke : Non. Je manque de courage pour oser t'avouer quelque chose.''
''Minato : Je vois… Mais tu reviens, n'est-ce pas ?''
''Kyosuke : Oui, dans une semaine. Je serai chez toi sûrement le soir.''
''Minato : Tu me manques. Je ne sais pas ce qui se passe avec moi, mais tu me manques vraiment beaucoup trop... J'ai rêvé de toi.''
Quand il avait lu ce message, le cœur de Kyosuke avait manqué un battement. Et un immense espoir s'était emparé de lui. Il aurait aimé être prêt de lui et lui crier qu'il lui manquait tout autant et qu'il le voulait et pas comme un simple ami. Cependant, s'il devait construire quelque chose, il lui fallait avancer doucement et prudemment. Il ne pouvait pas se permettre de mettre en péril une amitié aussi longue pour un simple désir.
''Kyosuke : Tu me manques aussi… On se voit très vite, promis.''
—…-san !
Tout en faisant défiler les emails de nouveau, un sourire se forma sur ses lèvres. Plus il lisait les messages, plus il se sentait bien et confiant. Les journées de travail s'écoulaient tranquillement, le forçant à garder à l'esprit tout ce qu'il devait déconstruire et construire. Le groupe se reformait peu à peu, la plupart de ses hommes le suivaient sans protester. Cependant, il y avait toujours de fortes têtes, comme l'un des directeurs d'un des clubs de Konoha. Mais dans l'ensemble tout se passait bien et cela lui facilitait grandement le travail. Les réunions interminables comme celle de début de semaine allaient durer encore un long moment, mais les échanges étaient moins vifs et plus réfléchis et c'était déjà un pas important. Maintenant, ce qu'il restait à faire, c'était de prévoir la date des prochains rassemblements et il pourrait continuer son travail au nouveau siège.
Etre proche de Minato.
Le voir.
L'écouter.
Le toucher…
Un rire franc lui échappa et d'un mouvement quelque peu nerveux, il se passa la main dans les cheveux et porta son regard sur le reste de la pièce. Son bureau était grand, beaucoup trop…
— P'tain ! S'exclama-t-il dans un sursaut. Bordel ! T'es là depuis quand ?
— Depuis 5 min. Tu étais ailleurs. Ton café, et voici les 5 dossiers du jour.
— Je veux rentrer.
— Tu as du boulot, se contenta de répondre Kakashi en se saisissant du téléphone de son ami et patron.
— Hé, rends-moi ça !
— Après. Plus vite tu auras fini ici, plus vite tu pourras retrouver Minato-sama. Et interdiction d'utiliser ton PC pour autre chose que le boulot.
— J'ai compris… Dis Kakashi ?
— Oui ?
— Tu as compris quand ?
— Ton attirance ?
— Hm…
— Probablement depuis la première fois que tu m'as parlé de lui.
— Quoi ? T'es fou ! Jamais je n'ai…
— Ne t'emballe pas. Ce n'était pas dans ce contexte à l'époque, mais il y avait quelque chose dans ta voix.
— Je vois…
Kakashi le fixa pendant de longues secondes tout en se demandant si son ami prenait réellement conscience de ce qu'il éprouvait pour Minato. Il en doutait fortement… Cet homme était une catastrophe niveau relation et sans parler de sentiments. Depuis sa désastreuse liaison quelques années plus tôt, il n'avait plus cherché à avoir un rapport normal avec une femme. Il avait une maitresse, une personne qui parvenait à soulager de temps en temps ses besoins physiques, mais c'était assez rare qu'il ose recourir à ses services et apparemment, celui lui convenait, jusqu'à maintenant…
Sans le savoir, cet homme était déjà enchainé à Minato et son subconscient lui faisait savoir par son manque d'intérêt pour les relations intimes… C'était amusant dans un sens. Il se rendait compte qu'il le comprenait bien plus qu'il ne se comprenait lui-même.
— Je ramènerai un encas dans une heure.
— OK, lança Kyosuke en se saisissant du premier dossier. Ah, Kakashi !
— Oui ?
— Comment ça se passe avec le club ?
— C'est en bonne voie.
— Bien.
Dans quelques jours il irait par lui-même voir comment cela se déroule, mais pour le moment il se devait de rester concentré le plus possible. Son retour à Konoha était déjà organisé et il souhaiterait avancer le plus possible son travail ici pour pouvoir être disponible pour Minato et sa petite famille.
Encore quelques jours…
oOoOo
De retour à Konoha.
Les jours s'étaient déroulés aussi paisiblement que possible pour Naruto. Niveau professionnel, tout était parfait, il ne pouvait s'en plaindre. Avec son père, à part une légère déprime quelques jours plus tôt, ce dernier était aussi en forme que possible et c'était rassurant. Son veuvage prenait enfin le bon chemin et la douleur disparaissait chaque jour un peu plus. De ce côté-là, il n'avait plus aucune angoisse ou stress qui puisse ternir ses journées. Pour ce qui était de sa fille, rien n'était moins sûr… Elle semblait nettement lui en vouloir après l'avoir plus au moins délaissé pour Sasuke. Il avait tenté de lui expliquer, mais ce n'était pas une conversation qu'une fillette de cet âge arriverait à comprendre et de toute manière le fond du problème restait le même… Rina s'était sentie plus au moins abandonnée, c'était peut-être étrange de réagir de la sorte, mais pas pour sa fille. Sa mère avait disparu du jour au lendemain de sa vie, par la suite ce fut sa grand-mère, pas de la même façon, mais ça avait été douloureux dans les deux cas.
De ce fait, il ne l'avait jamais laissée de cette manière auparavant, d'où sa réaction. Elle le boudait plus au moins depuis ce jour là et il ne parvenait pas à s'y faire… Du coup, il avait décidé qu'il passerait tout sa journée de samedi ensemble. Ils avaient fait le tour du parc d'attractions, par la suite un déjeuner dans son coin favori, un tour dans un magasin de jouets et pour finir une longue promenade au parc. Peu à peu, son sourire se formait et elle profitait comme il se devait de leur sortie. Elle semblait lui avoir pardonné, mais il savait qu'une conversation était nécessaire. Après avoir joué un petit moment sur le toboggan et testé ses aptitudes d'escalade sur l'araignée, elle finit par le rejoindre sur le banc.
Dans un geste tendre, Naruto passa sa main dans les cheveux de sa fille et fit :
— Tu veux boire quelque chose ?
— Après.
— Tu t'es amusée ?
— Oui, merci papa.
— De rien chérie. Je suis là pour te faire plaisir, assura-t-il en déposant un baiser sur ses cheveux.
— Hm…
— Rina ?
— Oui ?
— Tu m'en veux encore ?
— Non.
— D'accord. Mais je sens qu'il y a un truc qui ne va pas, tu veux en parler ?
— Je vais avoir une autre maman ? Demanda-t-elle de bout en blanc.
— Q… Quoi ?
— C'est Aki-chan qui l'a dit. Son papa rentrait tard aussi parfois et même qu'une fois, il était revenu avec une dame, mais elle était pas gentille et pas jolie.
— Oh…
— Tu vas faire pareil aussi ?
— Je… non…
« Ce serait plus un homme dans notre cas… » Pensa-t-il amusé.
— Tu sais, c'est pas grave. Mais je veux que tu restes mon papa.
— Mais ça ne changera jamais mon cœur !
— Mais Aki-chan était triste lui. Je veux pas être triste. Parce que si je pleure, je pourrai plus sourire pour grand-père et après lui sera encore plus triste.
— Chérie…
— Moi, je veux juste que papa reste mon papa et que grand-père reste content, plaida-t-elle d'une voix tremblante.
— Tu n'auras pas une autre maman.
— Mais… Papa ! Tu n'étais pas là et… tenta-t-elle d'argumenter les larmes aux yeux.
— Tu as une seule maman et cela ne changera pas. Pour Aki-chan, je suis sûr que son papa s'est rendu compte que son fils n'était pas heureux. D'ailleurs, tu le trouves toujours triste ?
— Non… il vient toujours le… chercher et ils sont tout contents, hoqueta-t-elle en s'essuyant les joues.
— Tu vois.
Tout en séchant ses larmes, Naruto ne put s'empêcher de se traiter de père indigne et surtout d'idiot. Sasuke était tellement présent dans sa tête qu'il avait délaissé sa fille qui n'avait pas tardé à se faire tout un film… Dans un soupir, il s'adossa contre le dossier du banc tout en fixant sa fille et se jura de ne plus la faire pleurer pour ce genre de chose. Elle était toute sa vie et même si Sasuke regagnait sa vie un jour, cela ne changerait jamais.
D'ailleurs, si ses souvenirs étaient bons, elle aimait bien le brun, non ? Fallait-il creuser un peu plus ?
— Rina, tu penses quoi d'Uchiha-sensei ?
— Je l'aime beaucoup. Il est très gentil et joue beaucoup avec nous.
— OK.
« C'est déjà ça. »
— Et toi papa ?
— Moi ? Hmm… oui, je l'aime bien.
— Oui ! T'as vu qu'il te dit bonjour !
— Oh oui, difficile de rater ça, fit Naruto dans un sourire.
— Et après, il sourit.
— Ah oui ?
— Uhm !
Alors comme ça, il souriait. Cette information réchauffa le cœur de Naruto. La discussion, enfin plutôt sa tirade, portait peu à peu ses fruits et cela le réjouissait énormément. Maintenant, il se devait d'avancer un peu, car il était impossible de tenir comme ça longtemps.
— Chérie.
— Oui ?
— Tu pourrais dire à Uchiha-sensei que ton papa va se mettre à l'attaque.
— Hein ?
— Allons chercher ta boisson.
— Oui ! S'exclama la petite en bondissant de sa place. Je veux du lait aux fraises !
— C'est parti alors.
Tout en suivant sa fille, sa décision était prise et il se devait de réussir.
À suivre…
Voilà pour cette fois… je ferai de mon mieux pour le 11.
Je vous dis à bientôt, et une petite review fait toujours plaisir.
Kain
