Bonsoir à tous !

Tout d'abord, merci à tous pour vos reviews. Si vous saviez ce que ça me fait, je me sens soutenu et je sens l'inspiration me gagner. C'est si fantastique.

Sans plus tarder, voici la suite des aventures de Harmonie à Poudlard.

Bonne lecture.

Disclaimer : Harry Potter est à J.K. Rowling.


Chapitre 10 : Des mains teintées de sang

Le cours du professeur Binns était, même si ce n'était pas un nouvelle, l'un des plus ennuyeux qu'elle connaissait.

Ainsi, la majorité des gens dormaient durant ces heures. Quelques irréductibles fanatiques prenaient tout en notes, tandis que d'autres faisaient leurs devoirs en avance.

Harmonie avait fait ce choix et une personne qui se serait amusée à la regarder aurait vu qu'elle passait son temps à rédiger quelque chose de sa petite écriture serrée et illisible de loin. Ses livres de cours étaient posés à proximité d'elle et en regardant la couverture, on lisait qu'il s'agissait de Métamorphose. Harmonie rationalisait son temps, ce qui n'avait rien de surprenant car elle faisait de même depuis le début de l'année.

S'arrêter à lire la surface des choses était cependant le meilleur moyen de ne jamais comprendre Harmonie Potter.

Sous la couverture, se dissimulait un autre livre. Elle avait soigneusement détaché les deux couvertures, avant de les interchanger lorsqu'elle serait à l'abri de tout regard.

Harmonie passa l'heure d'Histoire de la Magie plongée dans un livre de Physique, depuis qu'elle avait fini celui d'anatomie. Alors que son pion aux cheveux crépus lui prenait gentiment en note le moindre toussotement de Binns, personne ne remarquait son petit manège.

Les autres étaient trop occupés à somnoler ou à glander pour voir l'air songeur de la brune qui jouait avec un des ressorts de son stylo. Elle calculait, alignant avec frénésie les chiffres sur des brouillons couverts de ratures et de traits rageurs. Les papiers en question alimenteraient rapidement la cheminée de sa chambre, afin de ne laisser aucune trace.

Harmonie sourit, alors que les chiffres vérifiés de multiples fois concordaient finalement. Masse, accélération, percée et force. Toutes les formules concordaient, lui donnant un résultat satisfaisant, alors qu'elle avait pris en compte les données les plus récentes et auxquelles elle avait ajouté une marge de manœuvre, par précaution.

Juste après le cours de Binns, alors que l'après-midi s'annonçait studieux, elle repartit en compagnie de Drago et de Blaise afin de préparer leur devoir d'enchantements. Lorsqu'elle était allé chercher ses livres dans sa chambre, elle avait échangé les deux couvertures, avant de dissimuler l'ouvrage de physique.

A la bibliothèque, on aperçut le trio d'argent travailler calmement. Elle fouillait les livres afin de trouver des informations pour approfondir les bases citées dans leur manuel, tandis que Drago se creusait la tête pour trier et que Blaise organisait le plan de leur devoir. Au passage, elle profitait de cette répartition des tâches pour se renseigner sur les autres sorts qui l'intéressaient. Chaque nomination des noms du Glacius, ainsi que sur un sort d'accélération, faisait bondir son cœur et ne faisait qu'amplifier son excitation.

Lorsqu'elle eut tout ce qu'elle voulait, elle revint près des deux autres avec quelques références supplémentaires, afin de ne pas faire croire qu'elle gaspillait son temps à des opérations peu avouables.

Deux heures après, le sujet donné par Flitwick était bouclé et rangé dans un coin de son sac. Le temps en compagnie de ses deux alliés était un moment de distraction, mais aussi un moment central.

Elle ne devait pas attirer l'attention, ne devait pas montrer que quelque chose la troublait et surtout, elle ne devait pas laisser paraître son angoisse et son excitation.

Lorsqu'elle retourna dans sa chambre durant la soirée, profitant de l'occasion pour brûler quelques papiers, elle souriait intérieurement. Elle ne prêta même pas attention aux sarcasmes venimeux de Gemma.

Celle-ci, trop arrogante, ne comprit rien. Elle était patiente, même si Harmonie semblait tenir bon, et elle savait que la brune faisait semblant de n'avoir rien entendu afin de la décourager dans ses persécutions. La préfète était obstinée et ne comptait pas arrêter en chemin. Elle en avait fait pleurer plus d'un, qui avaient tous fini par la supplier à genoux d'arrêter. Tout ce qu'elle espérait, c'était voir craquer celle qui avait détruit le Seigneur des Ténèbres. Elle voulait voir pleurer Harmonie Potter.

La préfète était si plongée dans son projet, qu'elle ne se douta pas une seconde que sa pièce ait été visitée durant la journée. Un bête Alohomora avait ouvert la porte, permettant à l'intruse de fouiller la pièce. Equipée de gants en latex et d'une charlotte stérile, afin de ne pas laisser d'empreintes, la visiteuse avait cherché des informations essentielles dans les affaires de celle qui ferait une ronde seule durant une partie de la soirée. A 22 heures 17, Gemma serait précisément dans le grand hall, loin de Rusard ou des autres préfets. Laisser traîner les horaires des rondes de tout le monde, donnés à des fins de concertation pour couvrir le maximum d'espace, n'était pas une bonne idée, surtout lorsqu'on laissait une faille aussi béante.

Harmonie, qui s'était débarrassé de ses gants et de sa charlotte dans un bon feu liquide pour dissimuler l'odeur de caoutchouc brûlé, passa la soirée à se détendre et surtout à vérifier son plan. Elle avait minuté le temps qu'il lui faudrait pour agir et avait vérifié les sorts de Silence pour être inaudible, ainsi que ceux de Désillusion. Heureusement qu'elle avait acheté des manuels supplémentaires sur le Chemin de Traverse, puisque sinon, elle aurait ignoré que cette technique ne supprimait pas le volume du corps dissimulé.

Loin d'improviser, elle avait soigneusement étudié la médecine et la physique.

Le crâne humain étant un des os les plus durs de squelette, elle avait prévu d'utiliser une force de 90 joules, concentrée sur une petite surface pour focaliser la puissance et assurer un maximum de dégâts. Ainsi, elle avait longuement calculé la vitesse nécessaire en fonction de la surface d'impact du projectile.

Elle avait besoin d'une puissante accélération et elle savait que la force de propulsion du ressort était trop faible pour faire plus qu'un simple bleu. Il faudrait projeter la pointe, puis accélérer la vitesse du projectile pour perforer l'os occipital.

Mais Harmonie était loin d'être sans ressources. Les multiples impacts sur les murs de pierres brutes témoignaient de ses essais multiples, sans laisser de traces visibles. Tout le monde qui entrerait dans sa pièce penserait à des aspérités dans la roche, comme il y en avait partout dans les cachots.

Aucune preuve, aucun indice ne devait la mettre en cause. Tout devait disparaître, rien ne devait la trahir. Enfin, dans l'hypothèse ou un témoin aléatoire la repérait avant qu'elle ne mette en œuvre son plan, elle le mettrait en suspens pour ne pas s'handicaper. Une semaine de retard, ainsi que l'éventuelle sanction qui irait avec, valait mieux qu'une vie à Azkaban.

D'ailleurs, la brune en savait peu sur cet endroit, puisque personne ne voulait en parler. Malgré ses recherches, peu d'informations étaient disponibles, même si tout les sorciers connaissaient cet endroit. C'était comme si les gens ne souhaitaient pas se souvenir qu'il y avaient des prisonniers et qu'une amnésie collective frappait la population sorcière. Cet endroit devait vraiment être horrible et abriter des êtres abominables pour être frappé d'un tel anathème.

Harmonie se concentra pour ne penser qu'à sa mission. Si elle suivait le plan, tout se passerait bien, il n'y aurait aucun problème.

La brune prit bien soin de se lancer quelques sorts de discrétion, avant son départ. Verrouillant sa chambre de l'intérieur, elle sortit par le passage secret dérobé, sa petite arbalète bricolée à base de stylos quatre-couleurs étant camouflée dans sa manche. Bien évidemment, ses munitions étaient prêtes, maintenues en l'état par de discrets enchantements.

Harmonie profita d'un des passages secrets qui conduisait directement au grand Hall. Elle avait longuement discuté en Fourchelang avec Apos, qui avait ressenti des variations de chaleur dans certains murs, révélant des mouvements d'air à l'intérieur de la maçonnerie. Elle avait exploré les passages, établissant un plan qu'elle avait appris par cœur, avant de le détruire.

La tueuse se faufila dans les entrailles de pierre du château, à l'abri de tout regard, loin des portraits curieux. Moins longtemps, elle serait de sortie, moins elle risquait d'être repérée et elle accéléra sa course silencieuse.

Elle arriva précisément au dessus du lieu de la ronde de sa cible à vingt-deux heures quinze. Elle était sur un rebord architectural qui entourait l'une des fenêtres aux couleurs du blason de l'école. C'était une position idéale, suffisante pour se mettre en position, alors que la lueur d'un Lumos miroitait faiblement au détour d'un couloir.

Désillusionnée, Harmonie calma sa respiration et jeta discrètement un sort d'accélération sur son arme improvisée. Elle plaça le projectile devant le ressort comprimé à l'extrême, avant de s'agenouiller. Malgré ses calculs soigneusement vérifiés et testés, elle n'était plus en environnement confiné et contrôlé. Elle n'avait qu'une seule chance, elle n'avait pas droit à l'échec.

Enfin, l'excitation commença à la gagner, alors que la préfète Farley avançait dans le couloir qui menait vers l'entrée du château. Le claquement de ses pas, ainsi que son air arrogant fit bouillir le sang de la brune qui serra le poing sur son arme.

Harmonie se calma, alors qu'elle notait l'absence d'inquiétude sur le visage fermé de la grande blonde dont les talons résonnaient dans le hall silencieux, dissimulant le battement frénétique de son cœur.

La brune se remit en place, accroupie, son bras armé tendu devant elle, attendant que Gemma passe devant elle pour pouvoir décocher.

Lorsqu'elle eut le pâle visage à la chevelure bouclée en face, Harmonie pressa la détente.

Heureusement pour elle, le léger cliquetis du ressort fut masqué par le claquement des chaussures de cuir noir.

Gemma Farley ne vit rien venir, ne se doutant de rien, jusqu'au moment ou une fine aiguille de glace alla lui transpercer la boite crânienne, perforant son cerveau avant de ressortir de l'autre coté de l'os pariétal, pour se planter dans l'un des vieux murs du château, dissimulé par de hautes tentures richement brodées.

La préfète ne poussa pas un cri. Ses yeux étaient grands ouverts, son expression sérieuse qu'elle arborait habituellement ayant fait place à un mélange de douleur et de surprise qui ne resta affiché qu'un bref instant, avant que son cerveau ne cesse de fonctionner. Gemma s'effondra mollement au sol, dévalant l'escalier de pierre, alors que Harmonie regagnait précipitamment son dortoir grâce aux passages secrets.

Lorsqu'elle se coucha sous ses draps, après avoir remonté tous ses crayons, la brune soupira de soulagement.

Sans vouloir être vantarde, utiliser une fine aiguille de glace était simplement génial. La plaie serait si petite qu'elle passerait inaperçue dans les cheveux de Gemma. Les contusions qui se sont formés lors du choc, quelques instants après sa mort cérébrale et avant sa mort cardiaque, masqueront les fins trous, visibles seulement si quelqu'un détaillait davantage le corps. Cependant, vu le niveau victorien dans lequel ce monde semblait arrêté, elle ne craignait pas grand chose.

Quant à l'arme, elle ne serait jamais trouvé et entre temps, le projectile dissimulé derrière une tenture murale aura fondu et se sera évaporé.

Dans l'hypothèse ou le coup n'aurait pas été mortel, il aurait arraché des millions de connections neurales et provoqué la mort de nombreuses cellules, ce qui aurait changé le réseau des neurones, transformant profondément les capacités et les raisonnements de la victime. Gemma n'aurait sans doute jamais été la même.

Lorsque Harmonie se coucha, elle avait un sourire satisfait.

Cependant, elle eut du mal à trouver le sommeil.

Pour une raison absolument logique, elle ne pouvait s'empêcher de craindre qu'un fantôme ou qu'un portrait ne l'ait aperçue. Elle craignait que ses déplacements aient étés suivis par quelqu'un qui pourrait la compromettre.

Bien entendu, elle n'éprouva aucun remords pour l'assassinat de la préfète.

Cette idiote de Gemma avait franchi la ligne rouge et elle en avait payé le prix ultime.

De toute façon, Harmonie n'avait aucune pitié, ni même aucune conscience de la valeur de toute vie humaine. Pour être plus exact, elle n'y accordait plus aucune importance. Elle n'avait aucune honte, aucun remords à exterminer ceux qu'elle voyait comme des parasites ou des créatures inutiles. Ceux là, ils valaient autant que des nuisibles pour elle.

Malheureusement pour Gemma Farlay, Harmonie classait le monde en deux catégories. Ceux qui participaient à son bien-être et les autres. Tous n'avaient aucune valeur à ses yeux et si elle n'avait aucune difficulté à tuer un allié, les autres étaient encore davantage en danger.

Comme elle l'avait dit auparavant, il y avait le bien contre le mal. Elle et ceux qui lui étaient utiles, contre les autres.

Ainsi, elle n'éprouvait pas le moindre regret.

Au contraire, elle était satisfaite de ce meurtre, même si elle savait qu'elle pourrait améliorer les choses pour réaliser le crime parfait.

Le lendemain, comme tous les autres, elle était absolument stupéfaite et effrayée lorsqu'on leur apprenait la mort de leur préfète.

Intérieurement, elle jubilait, mais elle garda son masque d'étonnement effaré bien en place. Elle prenait soin de jouer à l'intimidée, ne fixant pas les yeux de ceux qui l'interrogeaient.

Rusard avait trouvé le corps durant la nuit et ce gros balourd y avait touché, tentant de faire quelque chose pour aider l'élève et agissant involontairement en faveur du tueur, dissimulant davantage les preuves de l'assassinat.

Harmonie, à l'image de nombreuses personnes victimes de cette langue de vipère, ricana intérieurement.

Par contre, elle ne jouissait pas pour les mêmes raisons.

Gemma Farley était morte.

Morte.

De ses mains.

De ses mains à elle, de ses propres mains qu'elle avait elle-même souillées.

Elle l'avait fait ! Elle et personne d'autre !

Elle en était fière.

Bien entendu, une enquête avait été demandée pour savoir les circonstances exactes de ce décès.

Quelques Aurors avaient été dépêchés et elle avait été interrogée comme ses autres camarades, mais le fait que plus de trente neuf autres personnes avaient eu des rapports houleux avec Gemma n'aida pas vraiment l'Auror Shacklebolt dans son enquête, puisqu'il n'excluait aucune piste.

Elle avait répondu avec brio, confirmant son don pour le mensonge.

Lorsque l'Auror à la peau sombre lui avait demandé ce qu'elle pensait de Farley, elle avait avoué honnêtement ne pas l'aimer, que Gemma se comportait d'une façon honteuse, ce qui prouvait son absence de respect envers la maison Serpentard et osa même dénoncer son manque d'humanisme. Humanisme, pas humanité, elle avait insisté sur la nuance, ce que nota l'Auror puisqu'il avait tout de même de bonnes références culturelles. Harmonie était calme, comme si elle n'avait rien à se reprocher, même si son hypocrisie la faisait intérieurement rigoler.

Harmonie s'était montrée cordiale et coopérative, de quoi donner une bonne impression au milieu de l'antipathie généralement exercée, ainsi que de la méfiance générale envers les Aurors.

La brune avait également révélé quelques conversations qu'elle avaient entendue dans la salle commune, même pas sorties de leur contexte, ce qui diminua les soupçons sur elle.

La jeune fille ayant été élevée parmi les moldus, tous présupposaient qu'elle était d'une intelligence moyenne et qu'elle n'était pas naturellement fourbe, comme les autres qui baignaient dans le milieu politicien des Sang-Pur depuis leurs premières années. L'Auror savait bien qu'il fallait se méfier du stéréotype selon lequel tous les Serpentard étaient maléfiques. Elle n'avait rien d'un génie du mal, juste d'une légère asociale avec sa bande d'amis et personne ne voyait ce qui pouvait faire d'elle une tueuse.

De plus, aucune arme n'avait été retrouvée, l'enquête piétinait sur les causes de la mort, alors que l'expertise tendait à aller vers la thèse de l'accident. Les preuves étaient flagrantes et un Avada Kedavra n'aurait pas causé de bleus sur le corps. On aurait dit que Gemma avait été frappé par un mal inconnu, puis qu'elle avait titubé, avant de chuter dans les escaliers.

Quelques jours après, l'enquête concluait à un tragique accident durant une patrouille de cette brillante et prometteuse élève. Puisque toutes les mesures de sécurité stipulées dans la charte de l'établissement avaient été respectées, des normes supplémentaires seraient adjointes, comme le fait que les préfets ne seraient plus seuls lors de leurs rondes.

Deux morts ou un seul, la différence était faible selon la brune, mais cela changeait tout. Une personne qui meurt d'un mal inconnu, ça passe. Deux qui décèdent de la même façon, au même moment, c'est trop louche.

Elle devrait trouver autre chose si jamais elle avait de nouveau un problème avec un préfet.

" La liste est un document très secret, seules deux personnes y ont accès. C'est un petit carnet couvert de cuir noir, dissimulé dans le coffre du bureau d'Harmonie. Inutile d'essayer de le voler, des dizaines de runes et de codes sont nécessaires et seule la principale intéressée connaît les mots de passe. En plus, inutile d'essayer de forcer la chambre forte, les murs sont blindés et la porte fait dix-huit tonnes. [...] Ce document contient des informations sur toutes les personnes surveillées, leurs moindres faits et gestes sont consignées, afin de les faire chanter ou de planifier leur exécution. J'ignore combien de noms exactement sont présents là-dedans, mais il doit y en avoir plusieurs de barrés."

Témoignage d'un collaborateur de Harmonie Potter à un journaliste, le 31 mars 2035. [NDLR: Ce collaborateur nerveux semble avoir disparu quelques heures après son interview. Les services en charge de l'emploi de cet homme n'ont pas souhaité s'exprimer sur " les activités de [leurs] employés en dehors de leur temps de travail " et l'enquête officielle conclut à une ivresse sur la voie publique qui aurait entraîné une noyade accidentelle dans la Tamise.]