Parfois on revient sur ce qu'on a écrit des années auparavant. On a grandi, on a muri, mais on est toujours autant fangirl, alors on continuuue ! La suite pour toi, Devil's Nest !
Une fois le petit-déjeuner pris, et le réfectoire vidé, chaque militaire partit rejoindre le terrien qu'il était censé protéger. Si O'neill laissa partir Sam et Tea'lc, plutôt confiant quant à leur devenir, il refusa catégoriquement d'abandonner Daniel aux mains de Kimblee, quand bien même Roy lui jurait qu'il ne le lâcherait pas des yeux une seule seconde.
- Je ne veux pas le savoir, le répéta pour la énième fois le colonel en fusillant du regard l'alchimiste écarlate, ce dernier n'étant pas en reste.
Car oui, il avait toujours très mal à l'oreille, et une forte envie de faire disparaître l'origine de sa honte d'une jolie explosion pourpre.
- Mais il nous faut bien continuer à travailler, et ce malgré votre encombrante présence, fit Archer d'un air suffisant. Le colonel Mustang et moi devons gérer nos unités respectives. Estimez-vous déjà assez heureux que je laisse le lieutenant Hugues nous accompagner, ce n'est nullement là son poste.
- Ah oui, et mon unité à moi, j'en suis pas responsable peut-être ? Je ne laisse pas un de mes hommes en compagnie d'un psychopathe patenté ! Ou alors vous l'enfermez quelque part et on n'en parle plus !
- Le lieutenant Kimblee a été lavé de toutes accusations et a été déclaré apte à réintégrer l'armée, tonna Archer, sourcils froncés. Mettriez-vous en doute l'efficacité de nos psychiatres ?
- Ah mais ça je doute pas qu'ils aient eu leur diplôme dans un Kinder Surprise ! Répliqua O'neill en haussant le ton à son tour. Si ce malade mental est sain d'esprit, alors moi je suis Homer Simpson !
- Je vous rassure Jack, vous êtes loin d'être aussi jaune que lui, plaisanta Daniel dans une tentative désespérée de calmer la situation.
Peine perdue. Les deux colonels continuaient à se faire face, refusant d'être celui qui détournerait le regard. Et le seul qui semblait véritablement s'amuser n'était autre que l'objet de leur dispute, bien évidemment.
Maes Hugues finit par entrainer Roy à l'écart, cherchant avec lui le moyen de calmer l'ardent Jack O'neill. Ce dernier s'entretenait d'ailleurs lui-même avec Daniel, l'archéologue tentant de le ramener à la raison. Quant à Archer, il s'était éloigné de quelques pas avec Kimblee et semblait le réprimander de son attitude, ce qui n'avait pas l'air de plaire à l'alchimiste.
- Enfin Daniel, vous n'allez pas me dire que vous voulez vraiment supporter ce type ! Je sais que vous rêvez d'explorer ce monde, mais il y a des limites au masochisme !
- Ce que je dis, Jack, c'est que s'il avait voulu me tuer, il l'aurait effectivement fait hier.
- Oui enfin s'il veut vous tuer, ça reste qu'un aspect du problème. Et s'il veut vous sauter dessus hein, vous allez faire quoi !
Mal à l'aise, Daniel se passa une main derrière la nuque.
- Je… lui dirai que je ne suis pas libre ?
- Oh bah bravo, ça va le décourager ça, c'est sûr, railla O'neill. Proposez lui de devenir son ami tant qu'on y est !
- Mais on n'a pas le choix, Jack ! Vous préférez qu'ils nous enferment ? Si on leur obéit un tant soi peu, ils nous laisseront rechercher la console ! Il s'agit de leur monde, de leurs lois, nous n'avons pas le droit de nous y opposer !
- Mais c'est pas çaaa le problème, Daniel ! répliqua le colonel en levant les yeux au ciel avant de se faire couper la parole par l'archéologue.
- Je sais ! Mais si vous faisiez un peu confiance au colonel Mustang, hein ? Je ne l'ai pas vu quitter une seule seconde ses gants alchimiques depuis qu'il est là. Il le surveille, et de très près, croyez-moi !
O'neill lança un regard en coin au Flame Alchimist, toujours en pleine discussion avec son ami. Il portait effectivement ses fameux gants blancs avec l'étrange symbole rouge dessiné dessus. Mais le problème d'un vêtement, c'est qu'on le perd… et Kimblee lui ne risquait pas de perdre les tatouages dans ses paumes.
Le colonel finit par capituler néanmoins, décidant de faire confiance à Daniel. Après tout, il faisait parti du SG1 et avait déjà affronté des monstres bien pires que l'alchimiste fou. Enfin, c'est ce qu'il lui semblait du moins…
Une voiture s'arrêta devant les grilles d'un bâtiment militaire aux allures de hangar. Une vitre teintée se baissa de quelques centimètres, laissant apercevoir à travers l'ouverture une paire de jumelles. Celles-ci étaient braquées sur la petite porte de service ouverte, sur le côté du bâtiment. Deux femmes blondes dont une à la coupe garçonne et un adolescent en sortirent, les bras chargés de dossiers ficelés les uns aux autres. Un sourire éclaira le visage caché derrière les jumelles, dévoilant une rangée de dents pointues et aiguisées.
- C'est que c'est joli tout ça… Je vous ai déjà dit que j'aimais l'exotisme ?
Quelques toussotements polis lui répondirent. Car après tout, l'avidité aime tout et veut tout.
Reculant dans l'habitacle, Greed lança les jumelles à la chimère assis à ses côtés, lui désignant la vitre d'un signe de tête.
- Regarde les bien. Tu vois la blonde aux cheveux courts ? Tu te débrouilles comme tu veux, mais je la veux dans mon bar avant la fin de la semaine.
- Et pourquoi ne pas demander à l'alchimiste écarlate, patron ? répliqua la chimère tout en regardant dans les jumelles à son tour.
L'homonculus sourit à nouveau, se calant bien au fond de son siège, ses bras en appui sur le dossier dans son dos.
- Oh on ne voudrait pas que ce cher Kim bousille sa couverture, n'est-ce pas ?
Un rire sinistre s'échappa de ses lèvres, déclenchant des frissons de terreur à tous ceux qui l'entendirent. A quelques mètres de là, le major Samantha Carter elle-même ne put s'empêcher de tourner la tête vers la voiture, saisie d'un étrange pressentiment.
Plus loin, dans une rue sombre de Dublith, trois militaires en habit civil exploraient les environs, interrogeant les « petits commerçants du coin ». Pour faire taire les inquiétudes des plus méfiants, ils se présentaient comme un groupe de gangster du nord venu en visite exprès pour retrouver une certaine chose. Et il était vrai que leur couverture n'était jamais remise en question lorsque les yeux des plus sceptiques se posaient sur le guerrier Jaffa à la peau sombre et le géant blond qui l'accompagnait, présenté comme son garde du corps.
- Et donc à qui faut s'adresser quand on recherche un truc ici ? demanda Havoc en tirant une bouffée sur sa cigarette, très à l'aise dans son rôle de mafieux. J'veux dire… sans passer par les réseaux traditionnels, bien sûr.
- Pourquoi, vous cherchez quelque chose de précis ? demanda le petit homme portant un bandeau sur l'œil devant lui, sa main triturant nerveusement le bol en bois dont il se servait pour mendier.
Se disant, il lança un regard suspicieux au jaffa derrière son interlocuteur, qui se contenta de le fixer d'un air impassible. Mal à l'aise, le « borgne » baissa la tête, se gratta le bandeau – ce qui permit de découvrir que ses deux yeux fonctionnaient parfaitement – avant de le remettre en place.
- Mon… boss est amateur de choses rares et précieux, continua Havoc en désignant Tea'lc d'un signe de tête, qui haussa un sourcil pour toute réponse. T'vois, les tableaux, les poteries, enfin toutes ces conneries qui servent à décorer les baraques « chicos ». Et on a entendu dire que c'est à Dublith qu'un gros casse a eu lieu récemment, chez ces enfoiros de militaires. Alors y a bien quelqu'un dans cette foutue ville qui doit pouvoir nous fournir ce qu'on veut, nan ?
- Y en a bien un ouais, répondit prudemment le faux borgne en relevant la tête. Mais on le rencontre pas comme ça. Et s'il apprend que vous comptez vous installer dans le coin pour faire de l'ombre à ses affaires, il risque de plutôt mal le prendre. Vous me suivez ?
Le sous lieutenant haussa les épaules, avant d'écraser sa cigarette sur le mur près du mendiant.
- Nous on est là pour faire du commerce, c'est tout. Alors si ton gars, il a envie de gagner plein de thunes sans trop se fatiguer, dis lui de venir nous voir. On sera à l'hôtel Carliton.
L'homme siffla d'admiration. L'hôtel Carliton était le plus cher de toute la région et n'accueillait que les hommes d'affaires les plus riches ou les militaires les plus gradés. Sa conviction d'avoir à faire à l'un des plus grands mafieux du pays n'en fut que renforcée, et le billet que lui glissa Armstrong finit de dissiper tous ses doutes.
En retournant à la voiture, Havoc laissa échapper un soupir de soulagement, s'autorisant enfin à se détendre. Tea'lc et Armstrong faisaient décidemment des gangsters très convaincants, au point que lui-même s'était senti oppressé par leur présence. Il lança un regard admiratif au major, qui arborait un air stoïque parfaitement adapté à son rôle de garde du corps.
- Et bah, je savais pas que vous étiez aussi doué pour ça, major Armstrong !
Une étoile apparut au coin de l'œil du géant blond, qui fit rouler discrètement ses muscles sous sa chemise – à défaut de pouvoir l'enlever en pleine rue.
- Voyons Havoc, ne m'appelez pas major mais MONSIEUR Armstrong. Et n'oubliez pas que jouer la comédie n'est autre qu'un talent transmis de génération en génération, dans ma famille !
- Ah bah ça m'aurait étonné ça aussi, marmonna le sous-lieutenant en se rallumant une cigarette.
- Décidemment, votre famille est pleine de talents, commenta tranquillement Tea'lc en prenant place dans la voiture. C'est à se demander si vous avez une seule faiblesse.
- Et bien figurez-vous, monsieur Tea'lc … !
Et là, Jean Havoc regretta amèrement d'avoir été celui qui avait lancé le sujet. Mais évoquer les faiblesses de la famille étant également un talent transmis de génération en génération, il ne put que subir en silence aux côtés du Jaffa parfaitement immunisé contre les longs discours du major Armstrong.
