Toutes mes excuses pour ne pas avoir écris depuis longtemps. Le pire c'est que cette fois je n'ai même pas d'argument ou d'excuse pour me justifier.

Voici la suite et cette fois je vais essayer de reprendre de façon plus régulière (vu que je suis en vacance ça va être plus facile).

bonne lecture et merci encore pour vos reviews.

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Eléana souffrait. Elle avait l'impression que du feu liquide parcourait chacune de ses veines. Sa respiration était chaotique. Le moindre mouvement lui demandait un effort considérable. Rassemblant ses forces, la jeune fille tenta de trouver une position plus confortable. En vain.

Cela faisait deux heures qu'elle se tordait de douleur sur son lit. La potion avait cessé de faire effet et la souffrance allait la rendre folle. Bien qu'elle sache qu'elle ne devait pas prendre de double dose, Eléana se leva et saisit une nouvelle fiole. Petit à petit, elle sentit ses muscles se détendre, sa respiration devient plus fluide. Elle poussa un soupir de soulagement tout en sachant que cette accalmie ne serait que passagère. Les potions antidouleur étaient de moins en moins efficaces et ne faisaient désormais effet que peu de temps.

- Tu ne pourrais pas arrêter de faire du bruit et dormir comme tout le monde, dit une de ses camarades d'une voix ensommeillée. Si tu as besoin de parler, je suis là mais sinon, dors !

- Excuse-moi, répondit la jeune fille. Je vais descendre dans la salle commune. Tu peux te rendormir.

Eléana fut une fois de plus heureuse d'appartenir à la maison des poufsouffles. N'importe qui d'autre lui aurait posé des questions sur ses insomnies à répétition. Mais pas ses camarades. Non, la jeune fille s'était rendormit immédiatement. Certaines personnes se seraient vexées de ce manque d'intérêt flagrant mais pas Eléana. Soupirant une fois de plus, elle sortit du dortoir et décida d'aller se promener dans les couloirs. C'était la première fois qu'elle osait s'aventurer hors de son dortoir un soir de pleine lune ayant toujours eu peur de croiser un préfet ou un professeur. Ce n'était pas la perte de quelques points qui l'avait retenue mais la crainte que quelqu'un découvre son secret. Crainte qui n'avait désormais plus lieu d'être.

Et puis, après tout, elle avait bien le droit de se détendre quelques minutes. Il lui suffirait juste de faire attention à Rusard et à son hideuse chatte. Elle rentrerait lorsque la douleur reviendrait. En espérant qu'elle lui laisse quelques heures de répit.

Parcourant les couloirs, Eléana songeait à ce qu'était devenue sa vie. Jamais auparavant elle n'aurait imaginé que sa monotonie soit bouleversée de la sorte et si précipitamment. Elle songea aux Griffondors avec un sourire. Elle ne les avait pas vus récemment et ils commençaient à lui manquer. James et sa bonne humeur. Même quand il se prenait râteaux sur râteaux, jamais son sourire ne disparaissait de son visage. Sourire qui devait être encore plus lumineux que d'habitude étant donné qu'elle avait appris il y a peu que Lily Evans avait enfin accepté de laisser une chance au jeune homme. Sirius aussi lui manquait avec ses blagues douteuses et son humeur de gamin. Il la faisait rire et ses soucis disparaissaient pour quelques instants lorsqu'il lui racontait les « blagues » qu'ils faisaient aux Serpentards avec une fierté non dissimulée. Le seul qui ne lui manquait pas vraiment était Peter. Ce n'était pas que la jeune fille ne l'aimait pas mais le garçon était aussi discret qu'elle, ce qui ne leur permettait pas vraiment d'avoir de longues conversations. Le dernier des maraudeurs était sans aucun doute celui qu'elle voulait le plus voir et le plus souvent. Ces dernier temps, elle ne l'avait presque pas vu à cause du chantage de Malfoy et le manque commençait à se faire sentir. Le sourire de la Poufsouffle se fana lorsqu'elle repensa au Serpentard. Elle ne voulait pas penser à lui. Ce crétin qui la traitait comme une moins que rien.

Soufflant de dépit, la jeune fille s'arrêta un instant et regarda autour d'elle. Il faisait nuit noire. Seule la lune, ronde et brillante, illuminait le ciel. Cet astre magnifique était sa malédiction. Comment une chose aussi belle pouvait-elle porter une signification si diabolique. Pourquoi lui avait-elle ruiné sa vie ?

Tout à ses pensées, la jeune fille vit une forme bouger rapidement en contrebat. On aurait dit un… Non… Impossible. Elle était la seule dans cette école. Elle l'aurait remarqué depuis le temps. Sa vue lui jouait surement des tours.

Eléana allait faire demi-tour lorsque la forme jaillit des fourrés. La jeune fille resta immobile n'en croyant pas ses yeux. Un loup garou. Elle ne pouvait pas se tromper. Même de si loin, elle reconnaissait la bête qu'elle avait tant de fois contemplée dans le miroir.

Mue d'un élan irrésistible, Eléana dévala les marches pour rejoindre le hall d'entrée. Elle dérapa et manqua plusieurs fois de s'étaler sur le sol mais elle n'y prêtait aucune intention. Elle avait l'impression que plus rien d'autre ne comptait que de retrouver le monstre qu'elle était elle aussi. Se laissant guider par son instinct, la jeune fille sortit du château et couru jusqu'au grand parc de Poudlard, en direction de la forêt interdite.

Elle s'arrêta et tendit l'oreille dans l'espoir d'avoir un indice sur la position du loup. Mais rien. Seuls les bruits habituels de la forêt parvenaient à ses oreilles. Prenant une grande inspiration, Eléana entra d'un pas peu assuré dans les bois. L'oreille aux aguets, elle sursautait à chaque fois qu'elle entendait des branches craquer ou des hiboux hululer. La jeune fille commençait sérieusement à regretter son élan de courage. De débilité serait plus honnête se dit-elle.

Elle allait faire demi-tour et rentrer à l'école pour se coucher au plus vite et souffrir le restant de la nuit lorsqu'un grognement la fit sursauter et se retourner brusquement. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant la bête qui lui faisait face. Haut de presque deux mètres, il n'avait rien d'un gentil chien quémandant des caresses. Ses dents tranchantes et ses griffes acérées auraient pu couper la jeune fille en deux s'il l'avait voulu. Elana vit le loup garou se redresser sur ses pattes arrières et humer l'air semblant déceler son odeur. Il grogna une nouvelle fois dans sa direction avant de s'avancer lentement vers elle.

La jeune fille était pétrifiée. Mais qu'est-ce qui lui avait pris au nom de merlin de sortir de son dortoir. Elle qui avait toujours été prudente venait d'agir comme un parfait Gryffondor. N'importe qui de sensé serait rentré dans son dortoir et aurait averti les professeurs. Mais non, elle devait faire la courageuse. Comme si elle n'avait pas suffisamment de problème en ce moment, il fallait en plus qu'elle cherche les ennuis comme un singe cherche des puces sur le dos de… bref, comparaison inutile.

Retenant son souffle, Eléana regarda la créature s'avancer doucement vers elle, menaçante. Ses yeux rivés dans les siens, elle entendait distinctement le crissement de ses griffes aiguisées qui s'enfonçaient dans le sol à chacun de ses mouvements. La respiration de la bête était lourde et lente. Elle semblait se délecter de la terreur qu'elle faisait naître chez sa proie. Eléana recula lentement jusqu'à ce que son dos heurte un arbre. Pétrifiée, elle regarda alors l'avancée inéluctable de la bête.

Cependant, à environ un mètre d'elle, le loup s'arrêta brusquement. Médusée, Eléana le regarda s'asseoir sans la quitter des yeux. L'échange de regard sembla durer une éternité. La jeune fille n'osait pas bouger de peur que le monstre reprenne sa traque. Cependant, il n'avait pas l'air d'en avoir l'intention. La bête était présentement en train de se lécher la patte avant avec une maniaquerie presque chirurgicale. Le tout sans lâcher la poufsouffle du regard.

Les pensées d'Eléana étaient plus confuses qu'elles ne l'avaient jamais été. Elle ne comprenait plus rien. Elle observa incrédule le loup garou s'allonger sur le sol et émettre un son des plus étrange. Une sorte de jappement timide. Si ce son ne provenait pas d'une gueule pleine de dents plus aiguisées les unes que les autres, le tout rattaché à une chose immense ayant une vague ressemblance avec un loup de deux mètre, la jeune fille aurait presque pu le qualifier de… mignon.

Eléana resta interdite. Elle n'osait pas bouger. Même si la créature ne semblait pas lui vouloir de mal, elle était et resterait une poufsouffle. Elle n'avait pas l'habitude de se mettre volontairement en danger en essayant de se montrer brave. Cependant, la bête recommença à émettre de petits jappements. Eléana avait l'impression qu'elle lui demandait de s'approcher d'elle. Mais biensûr… et puis quoi encore. Elle était très bien contre son arbre et n'avait aucunement l'intention d'en bouger. En tout cas pas avant que le soleil se soit levé ou que le loup ai fait d'elle son repas mensuel. Merci bien.

Voyant que la jeune fille ne réagissait pas à ses appels, le loup releva la tête dans sa direction en humant l'air. Il fronça étrangement le front semblant contrarié. Puis, aussi soudainement il reprit ses bruitages en se roulant au sol de manière comique pour une créature aussi dangereuse.

Eléana avait l'étrange sensation d'être tombée dans une dimension parallèle. Dans quel genre de réalité un monstre sanguinaire se roulait dans l'herbe au lieu de s'attaquer à une proie sans défense. Surement dans sa réalité à elle car elle avait beau se pincer, rien n'indiquait qu'elle cauchemardait et la douleur ressentie n'avait rien d'onirique.

La jeune fille en était là de ses réflexions lorsqu'elle sentit une vague de douleur bien familière parcourir son corps. Par Merlin c'était bien le moment pour que sa potion antidouleur cesse de faire effet. Elle était quand même à la merci d'un loup garou ! Cette satanée magie ne pouvait pas durer encore un peu histoire qu'elle trouve une solution à cet épineux problème. Mais non, Merlin ne semblait pas être de son côté aujourd'hui puisque quelques secondes plus tard elle ressenti une seconde vague de douleur intense qui la fit gémir pitoyablement.

Eléana ne compris pas ce qui se passa ensuite tellement les évènements s'enchainèrent rapidement. En effet, à peine avait-elle gémit que le loup se trouvait à ses côtés, la soutenant à l'aide de son corps imposant. Dès que leurs peaux entrèrent en contact, la douleur ressentie par la jeune poufsouffle disparue, laissant place à une douce sensation de bien être. Eléana ne compris pas pourquoi elle se sentait si bien au contact du monstre. Pourtant les faits étaient là : plus aucune douleur ne parcourait son corps. Elle se sentait apaisée. Elle sentait la douce chaleur du loup entrer en elle. Elle ressentait dans son ventre les étranges jappements qu'il continuait d'émettre et sans savoir pourquoi, elle avait l'intime conviction que même un pied de biche ne parviendrait pas à la faire bouger. Elle voulait rester là où elle était. Toute peur l'avait définitivement quitté. Seuls. Ils étaient seuls au milieu d'une grande forêt à se soutenir mutuellement.

Ils restèrent donc blottis l'un contre l'autre quelques secondes. Eléana appréciait particulièrement la douce fourrure de la bête et passait inconsciemment ses doigts dedans en de légers effleurements.

La quiétude du moment fut cependant brutalement troublée par un mouvement des fourrés à quelques mètres de là où l'improbable couple se tenait.

Le loup huma l'air et commença à grogner, menaçant. A peine quelques seconde plus tard, la jeune fille vit deux animaux sortir de l'ombre. Cette fois elle en était sûre elle était en plein délire. Peut être avait-elle mangé quelque chose d'avarié dans la journée. Elle devait surement se trouver à m'infirmerie à l'heure actuelle et son cerveau dérangé venait doucement mais surement de sauter. Déjà que faire ami-ami avec un loup garou pouvait être placé dans le top trois des choses les plus surréalistes… mais qu'un chien et un cerf s'avance lentement vers eux pendant qu'elle papouillait ledit loup garou c'était… il n'existait pas de qualificatif pouvant exprimer la stupéfaction de la jeune fille. Sans compter qu'un rat manifestement paniqué, si l'on s'en référait aux petits cris stridents qu'il émettait depuis quelques secondes, s'accrochait désespérément à la ramure du cerf. Tout bonnement incroyable.

Les choses auraient pues rester ainsi toutes la nuit. Le trio nouvellement arrivé observant le couple poufsouffle-loup en pleine câlinerie jusqu'à ce que le soleil se lève.

Cependant, le chien ne sembla pas de cet avis puisqu'il commença à avancer doucement vers eux. A peine avait-il fait un pas que le loup recommença à grogner ce qui fit s'arrêter le chien. Celui-ci pencha la tête sur le côté sans pour autant bouger de là où il se trouvait. Eléana aurait vraiment pu le trouver mignon. Il avait l'air de ne rien comprendre. En fait, personne ne semblait rien comprendre à ce qu'il se passait. L'air était rempli de tension et la jeune fille espéra de toute son âme qu'aucun drame ne se produise ce soir. Avec sa chance légendaire, elle allait se retrouver six pieds sous terre avant d'avoir pu dire merlin.

Semblant reprendre leurs esprits, le chien et le cerf s'avancèrent lentement en direction des deux compagnons, sous les cris plaintifs du rats et ceux menaçant du loup. Lorsqu'il estima que les envahisseurs étaient trop près le loup bondit devant Eléana comme s'il voulait la protéger. Cependant, à cause de ce brusque mouvement, la jeune fille fut contrainte de relâcher la prise qu'elle avait sur lui. Dès que leur corps ne fut plus en contact, l'habituelle douleur revint. Elle gémit de souffrance en entourant son corps de ses bras.

Le loup tourna brusquement la tête dans sa direction mais ne bougea pas. Durant quelques secondes, il sembla aux prises avec un cruel dilemme regardant alternativement les animaux et Eléana. Avec un petit jappement qui fit sursauter le chien noir, il se rapprocha de la jeune fille et s'assit de manière à ce que leurs corps soient en contact. Aussitôt, la douleur reflua. Soulagée, Eléana s'accroupi et vint entourer de ses bras le cou de la bête avant d'enfouir son nez dans ses poils.

Incrédules… abasourdi… stupéfait… peu importe le qualificatif James, Sirius et Peter ne parvenaient pas à croire ce qui se passait devant leurs yeux ébahis. Moony, leur Moony se laissait cajoler par Eléana comme s'il était un vulgaire chat de salon. En arrivant dans la clairière, les maraudeurs avaient senti leur sang se glacer en apercevant la jeune fille au côté du loup garou. Le pire, l'impensable étaient en tain de se produire sous leurs yeux. Moony était en train de faire une victime et pas n'importe laquelle. Eléana, la douce Eléana. Rémus ne se le pardonnerai jamais. James s'était avancé afin de déterminer s'ils avaient encore le temps de sauver l'étudiante et au passage, sauver leur ami des remords qui le rongeraient le reste de sa vie s'il tuait la jeune fille.

Cependant, c'est incrédule qu'ils assistèrent à la suite des évènements. Loin d'être un danger pour la jeune fille, Le loup semblait vouloir la protéger formant comme un rempart entre elle et eux. Ce qui avait le plus surprit les maraudeurs avait été la réaction de la poufsouffle lorsque leur corps avaient cessés d'être en contact. Elle avait gémit de souffrance. James avait eu peur que le loup l'ai blessé mais aussitôt celui-ci avait reprit sa place tout contre la jeune fille qui l'avait alors serré dans ses bras.

Les maraudeurs restèrent longtemps à contempler le loup et Eléana sans savoir que faire. Il semblait que Moony ne soit pas un danger pour elle mais comment s'en assurer. Surtout qu'il ne semblait pas décider à les laisser s'approcher. Il restait calmement contre Eléana sans les quitter de ses yeux d'ambre en émettant de temps à autres de petits bruits de satisfaction sous les caresses de la jeune fille.

A la fois choqué et abasourdis, le cerf et le chien reculèrent lentement de quelques pas. Ils s'assirent d'un commun accord à quelques mètres du couple enlacé, bien décidés à ne plus bouger de la nuit en espérant que leur loup garou d'ami conserve son attitude de chaton en manque de câlin jusqu'au lever du soleil.

A bientôt