Et voilà, c'est fini…
Je suis quand même vachement fière d'avoir, pour la première fois de ma vie, après des dizaines et des dizaines d'essais depuis quelques années, terminé une fiction à chapitres ! Bien sûr, il reste encore un épilogue qui arrivera normalement mercredi avant de tirer un trait définitif sur cette histoire, mais quand même. C'est pourquoi je voulais vous remercier de m'avoir accompagnée durant cette expérience, c'était super agréable que d'avoir vos retours pour ceux (ou plutôt celles) qui ont commenté ou simplement que vous ayez pris du temps pour me lire. Merci beaucoup, vraiment !
Bon j'avoue que par contre, c'est un peu (beaucoup) cliché comme fin, désolée ahah…
Des semaines, des mois avaient passé depuis ce fameux jour où Killian et Emma s'étaient déclaré leur amour de vive voix à l'un et à l'autre. Une certaine routine s'était peu à peu installée entre eux ; ils vivaient une idylle calme et heureuse entre leurs différents cours et les répétitions de leur pièce de théâtre, tout ce dont ils avaient pu rêver mais pensaient ne jamais plus avoir droit avant qu'ils ne se rencontrent. Ils ne pouvaient espérer meilleur futur que celui qui se présentait à eux.
Mais, en attendant, le grand jour était enfin arrivé. Celui de la fin d'année et de la remise des diplômes des jeunes gens en dernière année d'études à l'université, qui allaient enfin quitter les lieux pour voler de leurs propres ailes vers de nouveaux horizons, et dont l'irlandais et son ami David faisaient partie. C'est pourquoi, afin de marquer leur départ comme il se devait, toute une journée banalisée était consacrée à cette célébration : en milieu d'après-midi, la cérémonie de remise des diplômes puis, en début de soirée, la représentation de la troupe de Madame Darbus suivie d'une fête organisée pour tous les élèves du campus sur le thème des couleurs de leur université pour décompresser de leurs derniers examens qui avaient eu lieu la semaine précédente.
Le groupe d'amis avait passé la matinée entière à répéter encore et encore, pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que tout soit le plus au point possible pour leur spectacle. Ils durent cependant se séparer après le repas de midi qu'ils avaient partagé ensemble, pique-niquant dans un parc du campus sous le soleil de printemps, car les deux plus vieux étudiants devaient rentrer chez eux pour se préparer avant de recevoir leur titre. Le brun s'approcha donc d'Emma et l'embrassa tendrement sur la joue pour lui dire au revoir.
« A tout à l'heure, love, murmura-t-il à son oreille.
– A tout à l'heure, répéta-t-elle sur le même ton. »
Elle ne put s'empêcher de sourire tandis qu'elle le suivait des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse définitivement de son champ de vision. Elle avait encore du mal, parfois, à se rappeler que tout ceci était bien réel et non pas un simple et doux rêve duquel elle allait bientôt se réveiller, seule dans sa petite chambre à Storybrooke. C'était si bon que de se sentir enfin exister pleinement et non plus d'errer simplement à regarder sa vie défiler devant elle !
Ce fut Elsa qui la sortit de ses songes en lui proposant de retourner elles aussi à l'appartement afin qu'elles puissent se changer. Elle accepta d'un signe de tête et c'est ainsi que les deux blondes prirent la direction de chez elles, quittant à leur tour leurs camarades qu'elles retrouveraient très bientôt.
Dans leur chambre universitaire, Killian et David discutaient à travers la porte de la salle de bain pendant que le châtain se séchait les cheveux et s'habillait.
« Tu as parlé à Emma ? questionna ce dernier après un court moment de silence.
– Eh bien… Non. Je n'en ai pas encore eu l'occasion, répondit l'irlandais en se grattant derrière l'oreille, quelque peu mal-à-l'aise.
– Et tu comptes le faire quand ?
– Je ne sais pas, ce soir, peut-être. Ou après nos vacances en Irlande cet été.
– N'attends pas trop, quand même, ce genre de choses ne se préparent pas au dernier moment. »
Le brun marmonna un simple « je sais » presque inaudible tout en soupirant. Son ami avait raison, il fallait qu'il trouve le courage et ce, le plus rapidement possible. Quand il fut à son tour de prendre sa douche, il réfléchit de longues minutes à la manière d'aborder le sujet tandis que l'eau lui coulait sur le corps, si bien que son colocataire dut le sortir de ses pensées en lui criant de se dépêcher s'ils ne voulaient pas être en retard. Ils arrivèrent à l'amphithéâtre dans lequel la cérémonie se déroulait juste à temps : le directeur de leur faculté s'apprêtait à prendre la parole. Ils s'assirent en silence aux côtés de leurs amis qui leur avaient gardé une place et des parents de David qui avaient fait le déplacement pour l'occasion. Un à un, chaque étudiant fut invité à monter sur l'estrade pour récupérer son diplôme sous les applaudissements des nombreuses personnes présentes. Bien vite le tour de Killian arriva et son nom fut appelé, puis celui de son camarade.
Une fois la célébration terminée, quelques photographies furent prises pour graver à jamais l'événement dans les mémoires. C'est avec plaisir et le plus grand des sourires que Killian invita sa petite-amie à poser avec lui devant l'objectif avant de demander au professionnel présent s'il pourrait développer l'image pour lui et la lui faire parvenir. Il savait exactement où il allait l'exposer…
Un cocktail était ensuite prévu mais toute la troupe de théâtre n'y resta pas longtemps : les jeunes gens devaient partir enfiler leurs costumes et s'occuper des derniers préparatifs avant que leur pièce ne commence, un peu moins d'une heure plus tard. Dans les coulisses, on pouvait ressentir l'excitation de chacun ; ils avaient tellement hâte de présenter aux autres leur long travail d'une année entière et espéraient sincèrement que l'histoire qu'ils allaient leur conter leur plaise.
Quand le moment de monter sur scène fut enfin arrivé, le stress s'empara de tous les étudiants alors qu'ils regardaient à travers les rideaux les personnes qui entraient dans la salle et s'installaient sur leurs sièges. Ils étaient nombreux, de plus en plus nombreux, à tel point que l'endroit fut rapidement plein. Les projets de Madame Darbus suscitaient toujours beaucoup d'intérêt et de curiosité. Cette dernière, justement, obligea ses élèves à s'éloigner afin qu'ils ne se mettent pas davantage de pression.
« Respirez, tout va bien se passer ! tenta-t-elle de les rassurer. Vous répétez depuis plusieurs mois et m'avez déjà montré à de nombreuses reprises à quel point de bons comédiens vous êtes, les spectateurs ne pourront qu'être ravis, j'en suis sûre. »
Puis, à ces mots, elle les quitta pour rejoindre le premier rang où une place lui était réservée. Peu à peu les lumières s'éteignirent et une voix-off résonna à travers les murs.
« Il était une fois, dans un pays loin d'ici, une princesse pas comme les autres. En effet, les bals, les princes, les robes ; rien de ceci ne l'intéressait. Ce qu'elle recherchait, elle, c'était simplement l'aventure, les galopades à cheval et les grandes étendues de terres inconnues… »
Emma entra alors la première sur scène et s'assit sur son lit en soupirant, les mains cachant son visage. Elle releva ensuite la tête et se regarda dans son miroir en faisant la moue et libérant ses cheveux du chignon serré dans lequel ils étaient enfermés depuis bien trop longtemps à son goût.
« Chérie ? se fit entendre une voix féminine. Pourquoi as-tu quitté le bal si tôt ?
– Je ne me sentais pas bien, mentit la jeune fille. »
Elle attendit un instant, espérant que sa mère ne vienne pas vérifier son état mais elle entendit des pas s'éloigner. Elle sortit donc sur le balcon de sa chambre et regarda l'horizon en soupirant.
« Si seulement je pouvais m'en aller visiter le monde, rien qu'une journée… »
Les lumières s'éteignirent ensuite pendant quelques secondes, puis se rallumèrent sur Killian, dans son rôle de James, qui se trouvait sur son bateau et contemplait lui aussi l'horizon.
« Crochet, le sortit quelqu'un de ses pensées et le fit se retourner pour se retrouver nez-à-nez avec la Méchante Reine, j'ai besoin de toi.
– Votre Majesté, répondit l'intéressé avec une révérence. Que puis-je faire pour vous ?
– Je veux que tu kidnappes la plus jeune fille du roi et de la reine de la Forêt Enchantée pour me l'amener sur l'Île Maudite.
– Et qu'y gagnerai-je en échange ?
– De l'or, beaucoup d'or. Assez pour que tu puisses vivre prospère jusqu'à la fin de tes jours.
– C'est tentant, avoua le pirate après un court silence de réflexion. J'accepte. »
Satisfaite, la sorcière quitta les lieux après avoir donné quelques dernières instructions au capitaine sur sa mission. Suivirent ensuite plusieurs scènes de la vie quotidienne d'Emma et de sa famille, qui se montrait de moins en moins encline à participer aux activités du royaume sans pour autant que ses parents ou ses sœurs ne se rendent compte de quoi que ce soit ainsi que des passages avec James qui recueillait diverses informations sur la princesse et cherchait un plan pour la faire venir avec lui sans risquer de se faire prendre par les gardes du château. Il finit par trouver la solution en entendant, un soir, alors qu'il se trouvait dans une taverne à boire son rhum en pleine réflexion, des personnes parler de la blonde et expliquer que d'après la rumeur, la jeune fille ne se plaisait pas au château et souhaitait simplement vivre d'aventures. C'était le prétexte rêvé pour l'emmener à bord de son navire sans qu'elle ne se rende compte de rien…
Arriva donc le moment de la rencontre entre le Capitaine Crochet et Emma. Cette dernière, surprise et quelque peu apeurée, questionna le jeune homme face à elle en le menaçant avec sa brosse à cheveux :
« Qui êtes-vous ?
– James Bartholomew, répondit l'intéressé, mais la plupart des gens ont pris l'habitude de m'appeler par mon surnom plus coloré : Crochet.
– Comme dans le Capitaine Crochet ?
– Vous avez donc entendu parler de moi, sourit victorieusement le brun. »
L'étudiante ne put s'empêcher de sortir quelques secondes de son rôle et de sourire face à cette réplique ; à chaque fois qu'ils la jouaient, elle se rappelait cette journée à Boston où d'un commun accord ils avaient décidé de repartir de zéro tous les deux. Le temps où ils se faisaient du mal sans le vouloir avec leurs mots lui paraissait à présent si lointain…
Les deux protagonistes argumentèrent pendant plusieurs minutes sur le pourquoi de la présence du pirate dans les quartiers de la princesse mais elle finit par accepter de le suivre. Les rideaux se fermèrent après le cri d'effroi d'Anna pour montrer la fin du premier acte.
Puis les scènes s'enchaînèrent une à une : le rapprochement entre James et Emma, l'attaque de Peter Pan et de la Fée Clochette, le premier baiser échangé entre les personnages (il dura plus longtemps que prévu tant les deux comédiens y mettaient tout leur cœur dedans – c'était un véritable avantage que de partager une romance se voulant fictive avec son petit-ami, tout devenait immédiatement beaucoup plus réaliste et simple à jouer), la révélation du secret de Crochet après la visite de la Petite Sirène, l'inquiétude qui régnait au royaume suite au départ de la fille cadette des souverains de la Forêt Enchantée et l'aide du Petit Chaperon Rouge pour la retrouver, la confrontation avec la Méchante Reine, le sauvetage par le Prince Charmant et la remise en place du cœur du capitaine du Jolly Roger.
« Je te l'avais dit, Emma, fit Killian dans son rôle de James en souriant, le front posé contre celui de sa belle, je suis un survivant. »
Cette dernière se mordit la lèvre devant ces paroles tandis qu'un « je t'aime Emma, plus que tout au monde » résonnait à son esprit. Comment oublier la première fois où il lui avait fait part de son amour pour elle – et inversement, quelques heures plus tard ? Ils n'avaient jamais été aussi heureux que depuis ce jour magique.
Ils restèrent encore quelques instants à se dévisager en silence, toujours aussi proches l'un de l'autre, jusqu'à ce que le sourire du pirate disparaisse tout à coup. Il s'éloigna alors de quelques pas de la demoiselle face à lui et baissa les yeux. Elle, de son côté, le regardait faire avec incompréhension.
« Je crois qu'il est temps que tu t'en ailles, ton père t'attend, s'expliqua d'une voix triste le brun sans pour autant relever le regard en direction de sa bien-aimée.
– Je…
– Ne dis rien, la coupa-t-il. Ça ne ferait que rendre les choses plus difficiles. Tu sais très bien que tu dois rentrer chez toi et moi, retourner sur les mers. Après tout, les princesses ne sont pas faites pour épousent les pirates.
– Les princesses ne partent pas non plus à l'aventure et restent tranquillement chez elles à jouer les petites filles modèles. Cette vie n'est pas pour moi. Si mes parents ne peuvent pas le comprendre, eh bien je serai obligée de m'en aller à nouveau… avec toi. Si c'est ce que tu souhaites aussi.
– Emma… Je ne veux pas m'imposer…
– Ce n'est pas t'imposer. J'ai besoin de toi pour être heureuse. Et j'ai cru comprendre que c'était le cas pour toi aussi, n'est-ce pas ? ajouta-t-elle avec un rictus malicieux. »
James ne répondit rien et se contenta de déposer à nouveau ses lèvres sur les siennes. Elle avait entièrement raison : cette petite blonde têtue comme personne faisait à elle seule tout son bonheur. Mais il savait bien que jamais le roi et la reine de la Forêt Enchantée ne les laisseraient vivre une idylle tranquille. En effet, comment pourraient-ils offrir leur confiance à un homme tel que lui ?
Emma ne lui laissa cependant pas le choix puisqu'elle le prit par la main et l'entraîna jusqu'au bateau de son père. Quand ce dernier vit les deux jeunes gens s'approcher, il fronça les sourcils, visiblement de mauvaise humeur. Que faisait cet infâme pirate au bras de sa fille ? Il essaya de cacher son énervement lorsque celle-ci arriva à sa hauteur mais ne put s'empêcher de lancer un regard dédaigneux au brun qui détourna les yeux.
« Que fait-il encore ici ? demanda Charmant d'un ton rempli de dégoût.
– Il vient avec nous, assura sa fille, tout sourire.
– Il en est hors de question !
– Alors c'est moi qui reste là.
– Emma, tenta de s'expliquer d'une voix calme le châtain, j'ai accepté de le laisser en vie pour toi mais tu sais très bien qu'il ne peut pas rentrer avec nous. Qu'est-ce que le peuple pensera, si on laisse un pirate – celui qui t'a volé à nous, qui plus est – vivre paisiblement dans notre royaume ?
– Ils n'ont pas à savoir la vérité. Nous n'avons qu'à leur dire qu'il a aidé tes soldats à me sauver de la Méchante Reine et qu'en échange de son honorable geste, tu lui as offert ma main. »
Le père de la jeune fille resta bouche-bée devant cette proposition, ne sachant pas quoi répondre. Il contempla un instant son enfant et Crochet dont les mains étaient toujours liées l'une à l'autre, ainsi que le regard suppliant qu'Emma lui lançait. Tout ce qu'il avait toujours voulu pour elle n'était autre que son bonheur. Mais, jusqu'ici, il avait lamentablement échoué, n'étant même pas capable de se rendre compte que sa princesse ne se plaisait pas dans son palais. Peut-être était-il temps qu'il se rachète. Peut-être devait-il laisser sa chance au capitaine. Si tel était le souhait de sa fille…
« D'accord, finit-il par accepter. Mais je te préviens, pirate : au moindre faux-pas, tu termines dans nos cachots jusqu'à la fin de tes jours.
– Je vous promets que vous n'aurez jamais à vous plaindre de moi, répondit l'intéressé, le cœur battant fort dans sa poitrine, prêt à exploser de bonheur. »
C'est ainsi que tous trois, ils montèrent dans le bateau en direction de la Forêt Enchantée. Une fois arrivés à destination, James resta en retrait sur le navire tandis que sa famille venait saluer Emma et la prendre dans ses bras. Sa mère et ses sœurs pleuraient à chaudes larmes, tellement soulagées de la retrouver en pleine forme à leurs côtés. Tout allait pour le mieux jusqu'au moment où le Petit Chaperon Rouge remarqua la présence du Capitaine Crochet. En le pointant du doigt, elle fit :
« Vous avez ramené un prisonnier avec vous ? »
Les regards se tournèrent alors dans la direction du jeune homme qui se grattait l'arrière de la tête, gêné d'attirer autant l'attention autour de lui. Charmant, lui aussi mal-à-l'aise, se racla à gorge avant de s'expliquer :
« Eh bien, non… A vrai dire, c'est même tout le contraire. C'est… c'est grâce à lui si nous avons pu sauver Emma. Alors en échange… je… je lui ai proposé de l'épouser.
– Pardon ?! s'écrièrent d'une même voix Blanche-Neige, ses filles et son amie, visiblement choquées par cet aveu. »
Un silence pesant prit place dans l'assemblée pendant que le roi confirmait ses dires et que la nouvelle venait difficilement s'immiscer dans les esprits. Voyant que son compagnon restait à l'écart des autres, la blonde partit le rejoindre et le prit par le bras tout en lui chuchotant à l'oreille de sorte qu'il ne soit le seul à l'entendre :
« Eh, ne t'inquiète pas, tout va bien se passer… »
Il lui sourit timidement en retour pour toute réponse. Il n'avait jamais rencontré auparavant de princesse aussi déterminée et courageuse qu'elle. Mais c'était, à vrai dire, l'un des traits qu'il aimait le plus chez elle.
Finalement, Emma prit la parole pour expliquer l'entièreté de son voyage et ainsi faire prendre conscience aux personnes présentes autour d'elles que James n'était pas l'horrible pirate qu'ils pensaient être. Ce fut difficile, mais elle finit par les convaincre quand les autres comprirent qu'il était celui qui la rendrait heureuse. C'est pourquoi, dans une ambiance un peu plus détendue, ils partagèrent ensemble un grand repas en honneur du retour de la jeune fille et de son futur mariage dont ils commencèrent déjà les préparatifs, la bonne humeur reprenant petit à petit place au château. Après cela, les lumières s'éteignirent pendant plusieurs secondes.
Elles se rallumèrent en même temps qu'une douce musique se faisait entendre dans la salle. La princesse et le pirate se trouvaient tous deux debout sur une petite estrade devant la famille de cette dernière ainsi que le Petit Chaperon Rouge et Belle, Regina et Ariel qui avaient changé de costumes pour interpréter des villageois de la Forêt Enchantée. Les deux personnages principaux se tenaient la main, un grand sourire barrant leur visage. Entre eux se trouvait Robin, déguisé en prêtre. Lorsque la mélodie diminua en intensité, il prit la parole :
« Mes bien chers frères, nous sommes tous réunis aujourd'hui pour célébrer le mariage de la princesse Emma et de James Bartholomew, qui vivront unis par les liens sacrés du mariage, dans le respect mutuel tout au long de leur vie, dans la paix et un bonheur infini. Puis-je avoir les alliances ? »
Anna, dans son rôle de la sœur d'Emma, s'approcha alors et les tendit au pirate, le visage illuminé de joie. Celui-ci les attrapa en la remerciant du regard et, quand elle fut de nouveau assise, il passa la bague au doigt de la blonde, qui fit de même pour lui. Tous deux restèrent un moment à regarder leurs doigts entrelacés et le bijou qui ornait désormais leurs mains. Cette union n'avait beau être que fictive, les deux étudiants ne purent s'empêcher d'oublier l'histoire de leurs personnages le temps d'un instant. Quand leurs regards se croisèrent, ils comprirent immédiatement qu'ils étaient en train de penser à la même chose : eux qui n'avaient plus cru en l'amour pendant si longtemps à cause de leurs problèmes passés étaient en train de se dire qu'ils aimeraient, eux aussi, connaître le bonheur du mariage, un jour… Cependant la voix de Robin les ramena à la réalité.
« Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez vous embrasser. »
Les deux intéressés ne se firent pas prier et se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, leurs bouches se rencontrant pour un baiser passionné. La voix-off du début du spectacle – qui n'était autre que celle de Madame Darbus – se fit alors à nouveau entendre :
« Et c'est ainsi qu'ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, concluait-elle la pièce alors que les rideaux se fermaient sur cette image des deux amoureux s'embrassant tendrement sous les acclamations des autres. »
Les spectateurs applaudirent à leur tour chaleureusement, visiblement enthousiasmés par ce qu'ils venaient de voir. Ils applaudirent encore davantage quand les comédiens firent de nouveau leur apparition et saluèrent, contents de voir que leur représentation avait plu. Ils s'étaient tellement amusés à le faire ! Bien sûr, tout n'avait pas été parfait, mais ils avaient donné le meilleur d'eux-même, ce qui était le plus important. Ils retournèrent ensuite dans les coulisses où leur professeur les attendait pour les féliciter d'avoir aussi bien réussi à enchanter le public. Puis, une fois leurs vêtements de scène retirés, ils s'habillèrent directement de leurs tenues aux couleurs de l'université pour la soirée à venir et rejoignirent Graham, Kristoff, Victor et Eric qui les complimentèrent pour leur belle performance théâtrale. Ils mangèrent rapidement tous ensemble avant de se diriger vers le lieu de rendez-vous. Ils entrèrent dans la salle et s'installèrent à une table tandis que Killian et David partirent chercher des verres et des boissons. Ils trinquèrent à leur réussite.
Pendant un moment, attendant que petit à petit de plus en plus de monde n'arrive, le groupe d'amis resta à simplement discuter de leurs vacances à venir et de la destination de leurs voyages. Anna et Elsa comptaient rentrer au Canada, amenant leur petit-ami respectif avec elles. Ruby allait rester à Boston – tout comme Ariel, Eric et Victor – pour passer du temps avec sa grand-mère qu'elle n'avait pas vue depuis longtemps et pour l'aider à s'occuper de son petit restaurant. Mr. Gold, que les étudiants avaient fini par rencontrer dans un cadre autre que sa boutique et qui s'était avéré être un homme différent du monstre qu'ils s'étaient imaginés, avait organisé un voyage surprise pour sa Belle. David et Mary-Margareth iraient à New-York ; Emma et Killian souhaitaient travailler ardemment pour se payer un voyage en Irlande en août. Robin, lui, devait rentrer chez lui dès le lendemain, rejoint par Regina la semaine suivante.
Cette dernière, d'ailleurs, ne semblait pas aussi heureuse et encline à faire la fête que les autres. Elle restait en retrait des conversations, ne prenant presque jamais la parole, le regard dans le vide à tourner distraitement son verre entre ses doigts. Elle n'arrivait pas à profiter. Elle ne pouvait pas s'amuser en sachant que son petit-ami, le garçon dont elle avait fini par tomber éperdument amoureuse si rapidement, s'en allait dans quelques heures. Même s'ils s'étaient arrangés pour passer toutes leurs vacances ensemble, ils allaient forcément devoir se séparer d'ici deux mois afin de continuer leurs études chacun dans son propre pays. Cette simple pensée lui brisait le cœur.
L'anglais, qui savait exactement ce qui n'allait pas, tentait tant bien que mal de lui faire chasser ses idées noires. Mais, voyant que rien ne marchait, il lui chuchota quelque chose à l'oreille et tous deux se levèrent d'un même geste pour quitter les lieux.
« On revient, s'excusèrent-ils auprès des autres. »
Une fois dehors, le jeune homme prit la brune entre ses bras et l'embrassa tendrement avant de se séparer d'elle, leurs mains toujours entrelacées. Il la regarda un instant en silence ; ses irises marron étaient remplies de larmes qu'elle s'efforçait de retenir ; elle ne voulait pas craquer devant lui. Puis il prit la parole d'un ton se voulant rassurant :
« Regina… Tu sais, quand j'ai décidé de partir aux États-Unis pour faire une année d'études ici, je ne pensais vraiment pas rencontrer quelqu'un. Je me l'étais même interdit, parce que je savais que j'allais devoir partir à la fin de mon séjour. Sauf que je ne pensais pas tomber sur une fille comme toi. Je ne croyais pas aux coups de foudre, pourtant, dès que j'ai posé pour la première fois mon regard sur toi, j'ai compris que j'avais eu tord. Je t'aime vraiment, tu le sais. On va devoir se séparer, c'est vrai, mais d'ici un an nous serons à notre tour diplômés. Et, à ce moment-là, on pourra alors se retrouver, en Angleterre, ici, à l'autre bout du monde… Tant qu'on est ensemble, tout me va. En attendant, arrête de penser à notre séparation et profite de cette soirée. Si tu as peur que je t'oublie une fois de retour en Europe, je te promets que ça ne sera jamais le cas. Je t'aime bien trop pour ça. »
La jeune fille le contempla, les yeux encore plus mouillés que précédemment mais ne répondit rien, le cœur battant fort dans sa poitrine. Il savait parfaitement comment la rassurer. C'est pourquoi elle se contenta de s'approcher de lui et l'embrassa.
« Je t'aime aussi, et je t'attendrai avec impatience… »
Ils discutèrent encore un petit moment seuls dehors puis retournèrent finalement à l'intérieur, une fois le sourire de la jeune fille retrouvé. Robin voulait profiter des amis qu'il s'était fait durant son année à Boston pour la dernière fois. Eux aussi allaient beaucoup lui manquer.
Quand ils furent tous réunis, ils rejoignirent la piste de danse et se déhanchèrent au rythme de la musique, bien vite suivis par des amis à eux ou simplement d'autres étudiants de l'université. Ils ne virent pas le temps passer, s'amusant et riant comme jamais. Ils décompressaient simplement de cette année riche en émotions dans la joie et la bonne humeur, heureux d'être ensemble.
Au bout d'un moment, les lumières devinrent tamisées et la mélodie s'adoucit. Alors que peu à peu des couples commençaient à se former dans la salle et se mouvaient en harmonie, Killian attrapa Emma, qui se trouvait à ses côtés, par la main et la colla tout contre son corps en silence, ses mains posées dans le creux de ses hanches. Ils se dévisagèrent un instant sans rien dire, se souriant simplement puis suivirent les pas de la chanson en parfaite synchronisation, leurs cœurs battant fort dans leur poitrine.
Ils oublièrent alors le temps, les gens qui les entouraient, ils n'étaient plus qu'eux et leur amour qui envahissait toute la salle. Ils ne se lâchèrent jamais du regard, sachant pertinemment qu'ils pensaient exactement à la même chose. Ils en avaient fait du chemin depuis leur première rencontre… Tout n'avait pas toujours été facile entre eux, bien au contraire, mais voilà qu'aujourd'hui ils se trouvaient dans les bras l'un de l'autre à partager une danse, ne faisant plus qu'un, enfermés dans leur bulle où personne ni plus aucun mal ne pouvait les atteindre. L'avenir leur souriait enfin.
« Tu sais, prit soudain la parole la jeune fille, ramenant tout à coup Killian à la réalité, je suis tellement heureuse de m'être inscrite à ces cours de théâtre en début d'année. On ne se serait peut-être jamais rencontrés sinon, et je serais passée à côté de la plus belle chose qui ait pu m'arriver dans la vie ! »
Le visage de l'intéressé s'illumina davantage suite à ces mots. La blonde n'avait jamais été quelqu'un de très expressif par rapport à ses sentiments… sauf lorsqu'elle avait bu. Bizarrement, après quelques verres, il lui était toujours plus facile de se confier sur ce qu'elle ressentait même si, depuis qu'elle avait rencontré l'irlandais, elle avait fait beaucoup d'efforts à ce niveau-là. Cependant elle n'était pas encore tout à fait à l'aise avec les grandes déclarations. Mais ce soir, elle avait envie de faire une exception – l'alcool qu'elle avait ingurgité durant la fête aidant un peu, il fallait l'avouer.
« J'ai bien failli me désister, en plus, continua-t-elle. Parce que j'avais peur de ne pas être à la hauteur ou que ça me rappelle trop ma vie en orphelinat. Heureusement que je n'ai pas changé d'avis. Je me souviendrai toujours de la première fois où j'ai croisé ton regard alors que tu ne me lâchais pas des yeux ou quand Elsa m'a dit de me méfier de toi parce que je semblais t'intéresser ; il faut croire que j'ai lamentablement échoué. Mais j'ai bien fait ! Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse que depuis que je suis amoureuse du garçon le plus parfait que j'ai pu connaître jusqu'ici. Tu ne me quitteras jamais, hein ?
– Bien sûr que non, quelle question. De toute façon, je ne pourrais pas vivre sans toi… »
Killian inspira ensuite un grand coup, pensant que le moment était enfin venu de lui poser la question qui le hantait depuis plusieurs jours. C'était l'occasion ou jamais de le faire.
« Emma… Est-ce que tu voudrais venir vivre à Boston avec moi l'année prochaine ? »
Cette dernière s'arrêta tout à coup dans ses mouvements et laissa tomber ses bras le long de son corps, sous le choc. Elle ne s'attendait vraiment pas à une telle demande. Devant son air confus, le brun ajouta :
« Je sais que tu as déjà prévu de t'installer avec Mary-Margareth pour les six premiers mois avant qu'elle ne commence son stage puisque Elsa va vivre avec Graham, mais comme David va la rejoindre et me quitter lui aussi, je serai seul à l'appartement et toi dans ta chambre universitaire, alors je pensais que…
– C'est une super bonne idée ! s'écria l'étudiante en le coupant et se jetant à son cou.
– C'est vrai ?
– Mais oui. »
Killian sentit comme un poids s'enlever dans sa poitrine. Il avait eu tellement peur qu'elle ne refuse, qu'elle trouve qu'il était trop tôt pour envisager ce genre de choses mais puisqu'une occasion s'offrait à eux, il avait voulu la saisir. Il s'imaginait avec aucun mal se lever chaque matin et s'endormir chaque soir à ses côtés. Mais, avant cela, il allait devoir passer six mois à la voir beaucoup moins souvent qu'avant, où il ne se passait pas une journée sans qu'ils ne se retrouvent, même pour seulement quelques minutes… Sa présence quotidienne allait lui manquer, c'était certain. Heureusement, ils étaient enfin en vacances et comptaient bien en profiter.
Ils continuèrent encore à danser un moment, jusqu'à ce que le groupe d'amis se réunisse à nouveau ensemble à leur table pour offrir ses cadeaux de départ à Robin. Ce fut un moment émouvant : tous s'étaient très rapidement fortement liés au garçon. Tout en les remerciant un à un pour leurs petites attentions, l'anglais leur promit qu'il reviendrait leur rendre visite le plus rapidement possible, retenant quelques larmes en même temps qu'il prenait la parole. Il s'était fait de véritables amis à Boston et n'avait aucune envie de rentrer dans son pays d'origine et surtout, de quitter Regina… Mais il n'avait pas le choix.
La fin de soirée se passa tranquillement, entre rires et bonne humeur. Emma, qui commençait à fatiguer, avait la tête posée contre le torse de son petit-ami, leurs doigts entrelacés et un rictus satisfait sur le visage. Elle se sentait bien, tout simplement.
« Tu veux rentrer ? lui demanda finalement l'irlandais en déposant un tendre baiser dans ses cheveux quand il vit que ses yeux commençaient à se fermer tous seuls.
– Je veux bien, oui, si ça ne te dérange pas… »
Il se leva alors, la laissant seule un instant le temps d'aller chercher leurs vestes au vestiaire et revint rapidement après avoir prévenu leurs camarades qu'ils rentraient chez eux et dit au revoir à quelques amis de sa promotion. Les autres souhaitaient profiter encore un peu.
Killian prit la blonde par la taille et ils quittèrent ainsi les lieux, blottis l'un contre l'autre. Il eut un petit pincement au cœur en franchissant le portail de la faculté, sachant qu'il ne le passerait probablement plus jamais. Ou en tout cas, pas en tant qu'étudiant.
Lorsqu'il avait foulé pour la première fois ce sol, trois ans auparavant, il n'était qu'une âme perdue au cœur brisé qui n'arrivait pas à s'imaginer dans le futur plus loin que le lendemain. Et voilà que maintenant, à présent diplômé, son avenir lui paraissait rempli de beaux projets qu'il comptait bien mettre à exécution.
Il lui avait suffit d'une seule rencontre. Une seule personne. Et son existence avait été complètement chamboulée à jamais.
Je suis bien consciente que ce que je raconte par rapport à la remise des diplômes n'a certainement rien à voir avec la réalité et est peut-être un peu trop cliché, mais puisque je n'en ai jamais vu en vrai ni ne connais personne ayant été diplômé à l'étranger, j'ai fait avec mes quelques connaissances, désolée.
Aussi, peut-être que certains auront reconnu, ou peut-être pas, mais le discours du prêtre pour le mariage de James et Emma dans la partie pièce de théâtre est tiré du court-métrage Le mariage de Raiponce.
