Pour un dernier chapitre, il est ridiculement court... j'ai honte.
Heureusement il y a un épilogue qui suit! (encore plus court mais chut!)
Chapitre X – Leaving the town
Sans que John n'ait eut besoin de dire quoi que ce soit, Dean s'affaira à nettoyer la pièce. Il se pencha, souffla les bougies et les jeta en vrac dans un carton. Il alla ensuite dans la cuisine et revint avec une éponge pour enlever la craie qui salissait l'épaisse moquette de la chambre.
Pendant ce temps, John astiquait ses armes déjà parfaitement propres comme s'il ne savait rien faire d'autre. Sam se tenait débout juste à côté, son regard passant de son père à son frère, puis de son frère à son père.
-Papa ? appela-t-il timidement.
-Qu'est-ce qu'il y a, Sam ?
Sam se sentit se replier sur lui-même. Il n'arrivait pas à obtenir l'attention de son père même en la demandant. Comment pourrait-il lui parler si celui-ci ne daignait même pas lever son nez de sa collection de couteau ? Sam tenta l'audace et arracha le chiffon des mains de son père. John le regarda enfin, fronçant les sourcils.
-Qu'est-ce qui te prend ?
-J'aimerais te parler.
-Je peux très bien te parler en nettoyant les armes, je vois pas le problème !
-J'aimerais bien que tu me regardes quand tu me parles. Pour une fois.
John le dévisagea en silence. Il semblait enfin comprendre ce que son fils attendait de lui.
-D'accord, affirma-t-il en déposant le couteau qu'il avait dans la main droite, toute son attention dirigée vers son cadet. D'accord.
Sam lui offrit l'un de ses rares sourires, visiblement ravi d'être parvenu à ses fins.
-Je voulais simplement savoir… Comment tu as fait pour être à l'hôpital tout de suite après… après l'accident ? Comment tu as su ?
-Aaaah, je me doutais bien que tu allais finir par poser la question. Disons que je suivais une piste dans mon enquête, et que cette piste menait à James MacCarthy. J'allais chez lui pour lui poser quelques questions de routine et quand je suis arrivé, le carnage venait juste d'avoir lieu. J'ai tout de suite appelé les secours et j'ai suivi les ambulances à l'hôpital. Tu étais tellement ensanglanté que je ne t'avais même pas reconnu… Mais quand j'ai entendu Dean hurler et vu le personnel l'immobiliser, j'ai compris.
Sam fit une grimace. Son propre père ne l'avait pas reconnu. Puis il se rappela sa blessure à la tête de la grosse quantité de sang qu'il avait perdu. Il pensa alors qu'il devait être méconnaissable, le visage et les cheveux complètement maculés de rouge. Il hocha la tête pour montrer qu'il comprenait.
-Moi aussi j'ai une question… annonça Dean en brisant le silence qui s'était installé.
-Laquelle ?
John soupira. Il n'aimait pas les questions mais ses fils semblaient déterminés à obtenir des réponses. Il leur devait bien ça, après tout.
-C'est quoi cette merde que tu t'es achetée ? demanda-t-il en levant les yeux au ciel.
-Dean, surveille ton langage.
-Désolé Papa ! C'est quoi cette bouse que tu t'es achetée ?
Ce fut au tour de John d'élever son regard vers les cieux.
-Je l'aime bien. Et puis l'Impala commence à se faire un peu petite pour nous trois. J'ai pensé que ça te ferait plaisir que tu la conduises. Mais je peux toujours aller rendre le truck demain, j'ai un mois pour me rétracter !
-Non non non ! s'écria Dean, horrifié.
-Ah vraiment ? taquina John.
Sam sourit à nouveau. Dean le remarqua et pensa que son petit frère allait bientôt battre son record de sourires de l'année.
-J'aime bien conduire l'Impala… Et puis j'en ai marre d'être à pied quand tu pars en chasses !
-Alors je garde ma merde ?
-Ton langage ! fit remarquer Sam avec un sourire machiavélique.
-Alors je garde… ma bouse ?
-Oui ! s'exclamèrent en cœur les deux frères.
-Je suis plus tout à fait sûr, maintenant…
Dean regarda son père avec un air de pure terreur sur le visage.
-Non mais je plaisantais, c'est une très belle voiture ! Ca te donne un air euh… majestueux ! balbutia-t-il
Sam le regardait, se délectant de la panique de son frère. Leur père voulait simplement le faire marcher mais Dean, comme à son habitude, tombait dans le panneau la tête la première. Il était parfois d'une crédulité affligeante.
-Je dirais même plus un air impérial ! ajouta Sam pour se moquer.
-Une très grande classe ! continua Dean qui n'avait pas remarqué le ménage de son frère.
Sam et John se regardèrent et éclatèrent de rire en même temps. Dean les regarda pendant quelques secondes, les sourcils froncés, et la compréhension se fraya un chemin dans son cerveau !
-Vous vous payez ma tête ! remarqua-t-il un peu inutilement, une moue boudeuse sur le visage.
-Tu es tellement naïf parfois, c'est trop dur de résister ! se justifia John.
Sam pensa que peut-être, leur famille n'était pas si éclatée qu'elle ne le paraissait au premier abord. Peut-être qu'ils pourraient tous s'en sortir indemnes s'ils restaient solidaires les uns des autres. Peut-être qu'avec quelques efforts, il parviendrait à se faire à cette vie infernale qu'il avait tenté de renier ces derniers temps. L'espace d'un instant, il se sentit presque bien. Jusqu' à ce que les souvenirs de ce qui s'était passé reviennent l'assaillir au triple galop.
-Euh… Je me demandais, maintenant que l'affaire est finie ici… On peut s'en aller ? Dans une autre ville ?
-Tu ne veux pas finir l'année scolaire ici ? Il ne reste qu'un peu plus d'un mois.
-Je… non. Je pourrais toujours finir ailleurs, c'est pas grave.
Si son fils ne se plaignait pas pour partir et insistait même pour quitter la ville, c'est qu'il était vraiment bouleversé par ce qu'il avait vécu. John ne voulait vraiment pas que son cadet souffre inutilement plus longtemps.
-Très bien, réunissez vos affaires et on s'en va. J'ai trouvé une affaire dans la banlieue d'Atlanta, on devrait y être demain en fin d'après-midi.
Les Winchester avaient quitté Savannah moins d'une heure plus tard, sans le moindre regret. Dean aurait voulu dire au revoir à Laurie mais le confort de son frère lui importait beaucoup plus. Il pourrait toujours lui passer un coup de fil d'une cabine téléphonique dans la soirée, même s'il n'était pas vraiment sûr de vouloir le faire après tout. Il n'avait jamais été très doué pour ce genre de choses.
La nuit était tombée depuis quelques minutes et Sam dormait déjà à poings fermés. Sans quitter la route des yeux, Dean attrapa sa veste en cuir sur la banquette arrière et la déposa sur son frère pour éviter qu'il n'attrape froid. Le cauchemar était terminé, et Savannah ne serait bientôt qu'un très mauvais souvenir…
