Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling
Rating : M - slash/yaoi - HPDM
Chapitre 10
29 décembre 2008 – 8 heures 30
Harry se réveilla avec l'esprit un peu plus clair que la veille. Après une douche rapide, il s'habilla et descendit à la cuisine où Hermione se trouvait attablée.
- Bonjour Harry. Tu as dormi ?
- Bonjour Hermy. Oui, grâce à la potion de sommeil sans rêve, j'ai passé une nuit calme. Ça m'a fait du bien.
-Ron m'a contactée par cheminée en arrivant au Ministère. Tu peux retourner au Manoir. Les lieux ont été libérés ... par contre, pour ce qui est de ... Draco, ce n'est pas encore possible ...
- D'accord. Bon, et bien, je pense que je vais aller au Manoir ce matin.
- Tu veux que je t'accompagne ?
- C'est gentil mais non, merci. Je ... j'ai besoin d'y aller seul ...
- Tu es sûr ?
- Oui ... ne t'inquiète pas.
- Je m'inquièterai toujours pour toi Harry, dit la brune en lui prenant la main.
- Merci d'être là Hermy, dit Harry en serrant sa meilleure amie dans ses bras. Je ne sais pas ce que je ferais sans Ron et toi ...
Ils s'écartèrent l'un de l'autre et Hermione lui servit une tasse de thé. Elle posa d'autorité devant Harry une assiette avec des toasts et de la confiture.
- Hermy ... je n'ai vraiment pas faim !
- Tu dois manger Harry ! Je n'ai pas envie que tu tombes d'inanition !
Harry rendit les armes. Il savait qu'il ne servait à rien de discuter avec Hermione quand elle avait ce regard-là.
Il entamait son toast quand le carillon de l'entrée retentit.
Hermione haussa un sourcil. Qui pouvait leur rendre visite de grand matin ?
- Ginny ? Dit la brune en ouvrant la porte.
- Salut Hermione, dit la rousse en entrant.
Elle avisa Harry qui se trouvait dans la cuisine. Elle se dirigea vers lui en quelques enjambées.
- Oh Harry ! Je suis tellement désolée pour toi ... dit-elle en le serrant très fort contre elle. Je ne ... Pourquoi n'as-tu rien dit ? J'ai dû l'apprendre par les journaux ...
Harry soupira. C'était déjà incroyable que la presse ne soit pas déchaînée le jour-même ...
Ginny déposa devant lui un exemplaire de la Gazette du Sorcier :
« Harry Potter, suspecté de l'assassinat de Draco Malefoy ?
L'héritier Malefoy, devenu Malefoy-Potter depuis son mariage avec le poursuiveur des Eagles, a été retrouvé mort dans son manoir, hier en fin de matinée. Il aurait été victime du sort de l'Avada Kedavra. Le Bureau des Aurors se refuse à tout commentaire mais nous savons de source sûre que Harry Malefoy-Potter a été longuement entendu hier dans la journée. Il semblerait que l'entente entre les deux ex-ennemis de Poudlard n'était plus au beau fixe. Comme le mariage sorcier ne peut être dissout, Harry Potter a-t-il dû recourir à un moyen extrême pour se libérer de l'encombrant ex-mangemort afin de vivre son idylle avec son coéquipier et ancien amant, Isaac Smith ? Notre journaliste a mené l'enquête et il apparaît que ... »
Harry interrompit sa lecture et jeta le journal à l'autre bout de la pièce, des larmes plein les yeux.
- COMMENT OSENT-ILS ? Hurla-t-il. COMMENT OSENT-ILS ECRIRE DES HORREURS PAREILLES ?
- Calme-toi Harry, dit Hermione. Tu connais la Gazette, tu sais de quoi ils sont capables... ce journal est un torchon ni plus ni moins ... De plus, tu as été disculpé !
Le brun était anéanti. Aujourd'hui, il était coupable et demain ? Que se passera-t-il quand ces charognards sauront pour le viol ?
Voyant l'état de son ami, Hermione se tourna vers Ginny et lui dit vertement :
- Qu'est-ce que tu cherchais en venant ici lui montrer ce torchon ? Tu n'as donc aucun coeur ?
- Je ... non, je ne voulais pas ... j'étais ... bafouillait Ginny.
- Ecoute, si c'est pour ne rien dire d'utile ou de réconfortant, tu peux t'en aller ! Harry a besoin de soutien et d'amitié.
Ginny se ressaisit. Elle posa une main compatissante sur l'épaule de Harry :
- Harry, je suis désolée. Je ne voulais pas te faire du mal mais j'étais tellement abasourdie par cette nouvelle que je n'ai pas réfléchi. Je ... je te présente mes plus sincères condoléances. Je sais que tu aimais Malefoy plus que tout ...
Harry ne répondit pas. Comprenant qu'elle n'en obtiendrait pas davantage, Ginny décida de partir.
- Je suis désolée, dit Hermione, une fois la porte refermée. Elle ne pensait pas à mal, tu sais ...
- Non, je ne sais pas, dit-il durement. Elle le déteste. Elle l'a toujours détesté.
- Ecoute Harry... elle ... elle ne le détestait pas autant qu'elle voulait le faire croire ... elle en pinçait même un peu pour lui à Poudlard.
- Quoi ?
- Bah, comme nous toutes, tu sais ... , dit la brune avec un faible sourire.
Harry ne put s'empêcher de sourire à son tour. A Poudlard, Draco était un vrai tombeur. Elles étaient toutes amoureuses de lui ...
Le brun se leva en soupirant.
- Bon, j'y vais Hermione. Après, je passerai chez les Greengrass pour récupérer Henry.
- D'accord. Si tu as besoin de quoi que ce soit ...
- Je sais ... dit-il l'embrassant sur la joue.
Harry transplana sans difficulté devant le perron du Manoir de Chiswick. Les protections avaient été levées.
Il entra dans le hall d'un pas hésitant. Tout était silencieux. Tout semblait aussi avoir été remis en place.
Lentement, il pénétra dans le salon. Rien ne laissait deviner le drame qui s'y était déroulé. Les yeux de Harry se posèrent sur le sol devant la cheminée et il vacilla un instant quand l'image de Draco, mort, lui revint.
Il quitta la pièce pour monter à l'étage. Instinctivement, il savait que le plus dur était à venir.
Se retrouver dans leur chambre, devant ce lit où ils s'étaient aimés avant tant de passion, savoir qu'il y dormirait seul à l'avenir.
Il poussa la porte de la chambre et entra. Il resta sur le seuil un instant, les yeux fermés. Puis il progressa dans la pièce.
Il ouvrit d'abord le dressing et contempla les dizaines et dizaines de costumes, chemises et pantalons de son mari. Il caressa les matières douces, se rappelant quand et où il avait vu Draco les porter. Ses doigts couraient avec légèreté sur la soie des cravates, sur l'or des boutons de manchettes, sur le cuir des chaussures.
Il approcha ensuite du lit. Délicatement, il se saisit de l'oreiller de Draco et le porta à son visage. Derrière le léger parfum de lessive, il sentait l'odeur de Draco. Il avait toujours adoré l'odeur de Draco. C'était un mélange unique d'écorces d'orange et de quelque chose de boisé.
Il se revit, le nez niché dans le cou de Draco, respirant sa peau.
Il s'écroula sur le lit, l'oreiller serré contre son visage, en pleurs.
29 décembre 2008 – 11 heures
Au Ministère, Ron et Blaise surgirent d'une telle manière dans le bureau de Seamus que le pauvre irlandais faillit avoir une attaque.
- Putain ! Vous êtes pas bien ou quoi ?
Puis il regarda ses deux acolytes et paniqua sérieusement face à leurs regards déments.
- Ok, les mecs. On va se calmer, hein ? Vous me faites peur, là ...
- Blaise prit la parole, en faisant un grand effort pour maîtriser son excitation.
- Seamus, a-t-on reçu le rapport du médicomage légiste ?
- Seulement celui relatif à l'examen des traces sur la serviette de Harry, celle qu'il a utilisée après le viol. Le rapport confirme la présence de traces de sperme et de sang. Le sang appartient à Harry. Le sperme par contre n'a pas pu être identifié. Mais une chose est sûre, il n'appartient pas à Malefoy. Vu qu'il a été mangemort, son ADN est fiché dans notre base de données. Et la comparaison est négative ... Bon, vous allez me dire ce qui se passe, oui ou merde ?
- Nous ... nous avons peut-être négligé un élément capital ... dit Ron.
- Ah oui, lequel ?
- Le violeur avait pris du polynectar ... Qui dit que le corps que nous avons trouvé n'est pas celui du violeur au lieu de celui de Draco ?
- Mallacht Dé ! Penn touseg'zo diou hit ! S'exclama Seamus dans la langue de ses ancêtres (NDLA : intraduisible ! Pour résumer : nom d'un chien).
Ils se ruèrent tous les trois dans les couloirs pour rejoindre les locaux de l'équipe scientifique.
Le laboratoire technique et scientifique se trouvait à l'autre bout de l'étage réservé au quartier des Aurors. Il s'agissait d'un lieu calme et aseptisé, tout le contraire des bureaux des Aurors.
L'entrée tonitruante des trois aurors ne passa pas inaperçue et leur valut des regards réprobateurs.
Loin de les tracasser, les trois compères se dirigèrent à grands pas vers la salle d'examen où officiaient les médicomages légistes. Ils étaient trois : Martin Shultz, Ed Cawfield et Alan Rickman, le médicomage légiste en chef. Ce dernier était le meilleur des trois mais le plus désagréable aussi.
Evidemment, le dossier Malefoy avait été confié au docteur Rickman.
C'était un homme grand et froid, au nez crochu, aux cheveux et aux yeux noirs perçants.
Mais le plus impressionnant chez lui n'était pas son physique. C'était sa voix. Une voix terriblement basse, à la fois douce comme du velours et coupante comme l'acier. Rickman parlait peu mais chacun de ses mots avait de l'importance.
Il gratifia les trois aurors d'un regard noir et ceux-ci se crispèrent immédiatement. Le légiste les terrorisait littéralement car il leur faisait penser à leur ancien professeur de potions à Poudlard, le professeur Rogue.
Blaise prit son courage à deux mains, et se lança :
- Bonjour, docteur Rickman. Nous ...
Rickman leva une main pour le faire taire. Blaise se tut immédiatement car il avait le sentiment que s'il désobéissait, le légiste allait le coller en retenue pour le reste de la semaine.
- J'ai terminé l'examen du corps de la victime, dit-il de cette voix hypnotisante.
Il se tenait debout, à côté d'une table d'examen sur laquelle un corps recouvert d'un drap immaculé était allongé. Il s'agissait certainement de Malefoy. Ou pas.
- Le sort lancé est bien l'Avada Kedavra. Sur le corps, j'ai prélevé deux cheveux : le premier est un cheveu long de couleur rousse. Couleur naturelle. Une femme. Non identifiée comme telle dans la base de donnée mais le labo travaille sur son ADN. Le deuxième est celui d'un homme. Blond cendré. Couleur Naturelle. Non identifié également. Aucune autre trace n'a été relevée. L'individu n'a eu aucune relation sexuelle avant son décès. Ce n'est donc pas lui qui a commis les faits de viol sur Monsieur Potter.
Il se tut, dardant son regard perçant sur les aurors, les défiant de poser la moindre question.
Pourtant Blaise s'y colla.
- Avez-vous fait une analyse toxicologique ?
- Vous me prenez pour qui Zabini ? Evidemment ! Dit-il en montrant du doigt un alignement de fioles aux contenus colorés. J'ai testé le sang de la victime sur tous les poisons et venins possibles et imaginables et les résultats sont négatifs.
- Vous avez testé le polynectar ? Dit Blaise, un brin insolent.
Les yeux du légiste se résumèrent à deux fentes.
- Non. Il n'est pas d'usage de tester cette substance en toxicologie vu qu'il ne s'agit pas d'une substance toxique, dit-il d'une voix dangereusement basse.
Blaise ne faiblit pas :
- Nous pensons que la personne allongée sur cette table est peut-être décédée alors qu'elle était encore sous polynectar. Auquel cas, il ne s'agirait peut-être pas de Draco Malefoy.
- Je peux tester le sang de la victime avec le polynectar mais les résultats ne seront pas connus avant 2 heures.
- Bien. Je vous remercie de procéder à cette analyse docteur. Par ailleurs, pouvez-vous pratiquer également une autopsie ?
Là, Blaise crut qu'il allait se faire avadakedavriser sur le champ.
- Me prenez-vous pour un barbare, Auror Zabini ? Il n'est pas question que je profane le corps de cette victime en recourant à une vulgaire technique moldue ... siffla le légiste.
- La vulgaire technique moldue pourrait nous préciser s'il existe d'autres lésions ... internes, dit Blaise en déglutissant difficilement.
Le légiste grogna quelque chose d'indéterminé et s'empara de sa baguette. D'un geste, il découvrit le corps allongé sur la table et les aurors ne purent réprimer un mouvement de recul en voyant le corps nu de Draco Malefoy.
- Vous saurez, Auror Zabini, qu'il n'est pas besoin chez les sorciers de découper le corps comme une pièce de viande pour déterminer s'il y a des lésions internes !
D'un mouvement souple du poignet, il agita sa baguette au-dessus du corps nu de Draco Malefoy et une vision holographique de ses organes apparu dans les airs. Rickman les examina les uns après les autres avec beaucoup d'attention. A la fin, il décréta :
- Ce jeune homme était en parfaite condition physique. Il n'y a aucune lésion interne que l'avada aurait pu dissimuler.
Seamus et Ron se tournèrent vers Zabini qui était silencieux depuis le début de l'examen. En fait, il n'avait rien écouté des propos de Rickman, trop obnubilé à contempler le corps devant lui.
D'une voix blanche, il dit :
- Ce n'est pas Draco Malefoy.
- Heu ... Blaise, dit Ron, on doit attendre les résultats du test au polynectar avant d'être sûr.
- J'en suis sûr ... Ce corps n'est pas celui de Draco.
- Mais qu'est-ce qui te fait dire ça ? Intervient Seamus.
- Draco a un tatouage en forme de griffon sur le pectoral gauche.
Tous les regards se vissèrent sur la poitrine de la victime. Elle était absolument vierge de tout tatouage. Rickman jeta un sort afin de déterminer si celui-ci avait pu être effacé. Rien. Excepté la Marque des Ténèbres, il ne portait aucun tatouage.
- Le polynectar reproduit toutes les caractéristiques physiques, internes et externes, de la personne dont on prend l'apparence. Si Monsieur Malefoy avait un tatouage et que la personne allongée sur cette a pris son apparence, elle devrait l'avoir également, dit Rickman d'un ton docte.
- Sauf si le prélèvement qui a servi à la confection du polynectar a été fait avant que Draco ne se fasse tatouer ... dit Blaise, sûr de lui.
Tout le monde le regardait à présent, attendant la suite.
- Draco et Harry se sont faits tatouer ensemble un peu avant Noël, un griffon pour Draco, un dragon pour Harry. C'est donc très récent ...
- Oui, en effet. Ça se tient, dit Rickman à contre coeur. Je vais faire le test du polynectar afin d'être sûr. Revenez dans deux heures.
29 décembre 2008 – 11 heures
Harry avait dû s'assoupir à force d'avoir trop pleuré. Il fut tiré de sa torpeur par des coups frappés à la fenêtre.
Une chouette hulotte le fixait de ses grands yeux ambrés.
Il ouvrit le battant et récupéra un parchemin attaché à la patte de l'animal. Celui-ci s'envola sans attendre. Harry déroula le document. Celui-ci provenait d'Azkaban.
« Monsieur Potter,
Le détenu Lucius Malefoy nous a fait part du décès de son fils et souhaite vous rencontrer. Compte tenu de cette circonstance exceptionnelle, nous autorisons votre visite. Vous êtes libre de venir à Azkaban selon vos disponibilités.
Bien à vous,
Perséphone Styx
Directrice de la prison d'Azkaban »
Harry décida de ne pas retarder cette visite désagréable et partit immédiatement.
Au Ministère, Ron, Seamus et Blaise étaient fébriles. Ils attendaient impatiemment les résultats du test au polynectar.
- Merlin ... Draco est peut-être vivant ... dit Blaise.
- Vivant mais disparu ... ajouta Ron.
- Doit-on le dire à Harry ? Questionna Seamus.
- Pas tant qu'on a pas les résultats définitifs ... ce serait cruel de lui donner un espoir pour le démentir ensuite, dit Blaise.
- Si ce corps n'est pas celui de Draco ... qui est-ce ? Et surtout : où est Draco ? S'interrogeait Ron pour lui-même.
Les aurors restèrent silencieux, réfléchissant aux possibilités qui s'offraient à eux. Seamus intervint :
- Rickman a dit qu'il avait trouvé un cheveu blond sur le corps. Non identifié. S'il s'agissait d'un cheveu de Malefoy, il l'aurait été puisque, je le rappelle, il est fiché. Empreintes, ADN, groupe sanguin, flux magique. On a tout.
- Où veux-tu en venir ? demanda Ron.
- Isaac Smith est blond. Blond cendré.
- Ok mais il n'est pas le seul ... sans ADN, on ne peut pas faire de comparaison. Or, il n'a aucun casier judiciaire, il n'est pas fiché ... s'énervait Blaise.
- C'est un joueur de quidditch professionnel ... dit Seamus. Avant chaque match, les joueurs doivent subir un test anti-dopage. Les fioles de sang sont conservées pour analyse aléatoire à la Fédération de Quidditch de Grande-Bretagne ...
- Seamus, tu es génial ! Rugit Ron.
Il transplana en un instant, sans doute vers les bureaux de la FéQuiGraB ...
Harry arriva à Azkaban. Il se présenta et montra au garde à l'entrée la lettre qu'il venait de recevoir.
Sans un mot, le planton l'emmena dans un petit local sans fenêtre et lui fit signe de s'asseoir.
Après de longues minutes, la porte s'ouvrit sur Lucius Malefoy, enchaîné aux pieds et aux poignets.
La fin de la guerre avait signé également la fin du règne des Détraqueurs sur Azkaban. Dorénavant, les détenus ne dépérissaient plus au contact de ces monstrueuses créatures.
Malgré la détention, Lucius Malefoy avait donc gardé son allure fière et son regard bleu perçant.
Ses longs cheveux blonds étaient serrés en catogan sur sa nuque.
Harry vit l'indiscutable ressemblance entre le père et le fils. Lucius était un très bel homme. Le coeur de Harry se serra douloureusement à l'idée qu'il ne verrait jamais son mari vieillir. Draco resterait pour l'éternité un magnifique jeune homme de 28 ans.
Lucius s'assit en face du brun et l'examina d'un regard acerbe.
- Bonjour Monsieur Malefoy. Vous avez demandé à me rencontrer ? Dit Harry
- Bonjour Monsieur Potter...
- Malefoy-Potter ...
Lucius cilla en entendant ce nom et son regard se porta sur les mains de Harry qu'il avait posé sur la table. L'alliance en or blanc brillait à son annulaire gauche.
- Oui ... en effet. J'ai appris que nous étions désormais ... parents, dit Lucius.
- Pourquoi avez-vous demandé à me voir, Monsieur Malefoy ?
Malefoy senior soupira et son regard dur se voila de tristesse.
- Puis-je vous appeler Harry ? Demanda-t-il à brûle pourpoint.
Le brun acquiesça.
- Vous n'êtes pas obligé de me croire, Harry ... mais j'aimais mon fils. Il était mon fils unique et j'étais très fier de lui.
Il déglutit péniblement avant de poursuivre.
- Ce dont je ne suis pas fier par contre, c'est ... de l'avoir entrainé dans cette débâcle ... A cause de moi, il a été marqué, jugé, déshonoré ...
- Votre fils a repris sa vie en main après son procès. Il est devenu un avocat réputé et très respecté, crut bon de préciser Harry.
- Ah ... j'en suis heureux. J'en suis très heureux.
Il se tut un instant. Harry ne disait rien non plus.
- Je ... je suis heureux aussi qu'il ... ait trouvé le bonheur dans sa vie personnelle. Avec vous...
Là, Harry était carrément étonné.
- Ça vous surprend, Harry ?
- Assez, oui ...
- La prison change une personne ... on a le temps de réfléchir ... à ce qui en vaut vraiment la peine. Quand j'ai reçu votre parchemin hier, mon coeur de père s'est brisé mais curieusement, je me suis consolé en disant qu'il était ... mort en mari et en père heureux. Grâce à vous. Alors, si vous avez rendu mon fils heureux, je vous en remercie.
- Lui aussi m'a rendu heureux ... Draco était un quelqu'un d'exceptionnel.
Les larmes menaçaient à nouveau. Mais il était hors de question de pleurer devant Lucius Malefoy.
- Je souhaiterais pouvoir assister aux funérailles de Draco ... et j'aimerais aussi rencontrer mon petit-fils... dit-il dans un souffle.
- Pour l'enterrement, je ferai le nécessaire. Pour Henry, il faut que vous sachiez que je l'ai adopté officiellement. Je peux donc décider seul de vous le présenter. Cependant, Henry est très proche de ses grands-parents maternels, les Greengrass. Je souhaiterais donc en parler avec Matthew et Eléonore avant de vous donner ma réponse.
- Je comprends.
- Bien, ... je vais y aller, dit Harry en se levant. Je ferai savoir à la prison quand auront lieu les funérailles et je veillerai à ce que vous soyez présent. A bientôt, Monsieur Malefoy.
- A bientôt Harry.
Contre toute attente, Lucius lui tendit la main. Après une seconde d'hésitation, Harry la serra.
29 décembre 2008 – 13 heures
Ron revient une heure et demi plus tard, un épais dossier et une fiole à la main.
- Je l'ai ! Ça n'a pas été simple mais j'ai finalement réussi à obtenir le dossier médical de Smith et un échantillon de sang.
- Génial !
L'échantillon fut amené au laboratoire et comparé à l'ADN présent sur la serviette. Contrairement aux instruments moldus, les instruments sorciers permettent d'analyser l'ADN instantanément.
Il ne fallut que 30 secondes pour que la technicienne annonce les résultats.
- Négatif.
- Quoi ?
- L'ADN présent sur la serviette ne correspond pas à celui de l'échantillon, répéta la technicienne.
- ET MERDE ! rugit Blaise.
Les aurors étaient consternés. Encore une piste qui s'écroulait. Smith n'était pas le violeur.
- Monsieur Zabini ? Demanda un employé. Le docteur Rickman vous demande.
Les trois Aurors se ruèrent hors du labo en bousculant le pauvre employé qui n'avait rien demandé.
Merlin ! Une bonne nouvelle, je vous en supplie ! Une bonne nouvelle ! Répétait Blaise dans sa tête.
- Le test au polynectar est positif dit d'emblée Rickman. La personne allongée sur cette table n'est pas Monsieur Malefoy.
Un soulagement incommensurable s'empara des trois aurors.
- Pour autant, il m'est impossible à ce stade de déterminer l'identité de cette personne, ajouta le légiste.
- Nous avons pu obtenir un échantillon d'ADN d'un individu potentiellement impliqué dans les faits, dit Blaise. Pensez-vous pouvoir effectuer une comparaison ?
- Bien sûr ! Le polynectar induit une modification physique de surface des organes mais ne modifie pas l'ADN. Amenez cette fiole au labo. C'est le sang de la victime. Vous pourrez le comparer à votre échantillon.
De retour au labo, la même technicienne effectua l'analyse.
- Positif.
Le corps retrouvé mort au Manoir n'était donc pas Draco Malefoy mais Isaac Smith.
Les aurors allaient quitter les lieux quand la technicienne les rappela en leur tendant un autre parchemin.
- Ce sont les résultats des cheveux trouvés sur le corps. Grâce à l'échantillon que vous avez ramené, nous avons pu identifier le cheveu blond : il s'agit de celui de la victime, Isaac Smith.
- Et pour l'autre ? Celui de la femme ? Demanda Blaise.
La technicienne semblait embarrassée.
- Nous avons trouvé une correspondance partielle avec un membre de sa famille qui est répertorié dans nos fichiers ... internes.
- Internes ? Demanda Seamus. Un employé du Ministère ?
- ... Un Auror.
- Qui ? Demandèrent trois voix à l'unisson.
- Vous, Monsieur Weasley.
