Alors petite info pour ce chapitre: je tiens à préciser que je suis une abruti totale en maths. C'est pour cela qu'il y aura une incohérence dans cette fanfic sur l'âge de Dorcas et Sirius. J'explique: En 6ème année, les personnes nées entre septembre et décembre doivent avoir 16 ans et celles nées après janvier doivent avoir 17 ans quand elles fêtent leur anniversaire. J'ai retenu la partie sur les dix-sept ans et je l'ai appliqué à tout le monde, ce qui fait que même Dorcas et Sirius (née en octobre et novembre respectivement) ont quand même dix-sept ans. Techniquement ça n'est possible puisqu'on entre à Poudlard à 11 ans. J'espère que ça ne vous perturbera pas trop, c'est une petite erreur minime mais je tenais à le préciser. Je m'en suis rendu compte après avoir écrit les chapitres... Je ne suis qu'une simple L qui a déjà du mal à faire une addition, pardonnez-moi...
Voilà! Sérieusement, qui a lu ça jusqu'au bout? Je félicite ceux qui l'ont fait!
Chapitre X : Drôle d'Halloween
Le mois d'octobre passa sans incident, à part que Rusard avait menacé de noyer Peeves s'il continuait à faire tomber les armures, mais il se plaignait tout le temps donc ce n'était pas une grande nouveauté.
Bien que le temps s'était légèrement rafraichit avec l'arrivée de l'automne, le match Gryffondor-Serdaigle s'était joué sous le soleil. Le présentateur, Tiberius Ackerley avait d'ailleurs commenté avec une paire de ray-ban sur le nez, ce qui lui avait valu un regard meurtrier de la part du professeur McGonagall. Mais la bonne humeur du jeune homme était vite retombée quand Gryffondor avait battu sa maison tandis que James adressait un sourire victorieux à Amelia Bones.
Le lendemain du match, dans le dortoir des filles de sixième année, le réveil fut plus bruyant que d'habitude.
-Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire !
Dorcas se recroquevilla sous sa couverture, enfouissant sa tête dans l'oreiller.
-Arrête de faire semblant de dormir, lui cria Lily. Allez debout !
-On n'a pas dix-sept tous les jours !
Contournant le lit, Alice et Marlène tirèrent le drap tandis qu'Alexia sautait sur le matelas, rebondissant à moitié.
-Joyeux anniversaire !
La bonne humeur de ses amies acheva de réveiller Dorcas qui se redressa en poussant Alexia pour ne plus être écrasé. Elle sentit un énorme sourire lui monter aux lèvres et bondit sur ses pieds, enthousiaste.
-Mes cadeaux, exigea-t-elle d'emblée, ce qui fit lever les yeux au ciel aux autres.
-Qui te dit qu'on t'en a acheté ? Lança Marlène.
-Tu es trop gentille pour ne pas l'avoir fait. Et Lily tient déjà un paquet à la main.
Lily grimaça de s'être faite démasquer mais lui tendit tout de même. Sautillant presque sur place, Dorcas déchira l'emballage et fronça les sourcils.
-Euh…merci beaucoup, dit-elle avant d'ajouter lentement : mais qu'est-ce que c'est ?
-Un vinyle, répondit Lily.
-Un vinyle, répéta-t-elle en détachant bien les syllabes. Ok je ne comprends toujours pas…
Lily éclata de rire et vint se placer à côté de la brune, expliquant patiemment.
-C'est un objet moldu pour écouter de la musique. Celui-ci est le dernier album des Beatles. Bon, je sais que tu ne pourras pas l'écouter au château parce que ça ne fonctionne pas ici mais quand on rentrera à la maison pendant les vacances je te montrerais comment ça marche !
Une fois que Dorcas eu accepté, les cadeaux s'enchaînèrent et bientôt le sol fut jonché de papier d'emballage tandis que la jeune fille essayait les différents vêtements qu'Alice lui avait offert. Dans le lot il y avait une horrible écharpe à bande multicolore qui suscita un long débat jusqu'à l'heure du déjeuner et elles se décidèrent à descendre, l'appel de leur estomac étant plus fort.
Alors que Dorcas allait s'assoir, une tornade aux mêmes longs cheveux bruns que les siens la percuta et elle manqua de tomber à la renverse.
-Joyeux anniversaire ! Pépia une voix aigüe.
- Artemisia ! Lâche-moi !
Sans succès, elle essaya de la repousser en grimaçant.
-Quel amour fraternel… commenta Alexia en se servant un verre de jus de citrouille.
A vrai dire, elle-même aurait fait la même chose si son frère lui avait sauté dessus de la sorte. Avec sûrement une gifle en prime la connaissant. Finalement, au bout de quelques secondes, Artemisia s'écarta de sa sœur et se mit à sautiller sur place.
-Par Merlin, tu es majeur ! Tu peux faire de la magie !
-Je pouvais déjà en faire avant, merci bien.
-Tu sais ce que je veux dire. De la magie en dehors de l'école ! C'est trop cool !
-Hum…marmonna Dorcas, le regard rivé sur les lucarnes comme si elle attendait quelque chose.
Lily suivit son regard, sachant pertinemment ce que son amie attendait. Le courrier. Chaque année c'était la même chose. C'était un peu la roulette russe à vrai dire. Soit elle récoltait une Dorcas heureuse et débordante d'énergie à la fin de la journée soit elle devrait ramasser les morceaux. Et par expérience, elle savait que ce n'était jamais agréable quand la brune sombrait.
-Et sinon, reprit Alice pour détendre l'atmosphère. On fait quelque chose ce soir ?
-J'avais pensé qu'on pourrait fêter son anniversaire demain, en même temps qu'Halloween, dit Alexia. Ça ferait d'une pierre deux coups, non ?
Elles se tournèrent toutes vers Dorcas, attendant son avis. Après tout c'était sa fête qui était concernée.
-Oui, si vous voulez…
En voyant le manque d'enthousiasme flagrant de la jeune fille, Marlène s'empressa de remplir son assiette de frite et de poulet. Sa mère lui disait toujours que la nourriture était le meilleur remède.
Le reste du repas se continua entre les babillages incessants d'Artemisia, qui avait eu la bonne idée de rester avec elles, et les éclats de rire des Maraudeurs un peu plus loin. Marlène coula un regard distrait en entendant le rire si semblable à un aboiement de chien de Sirius qui devait rigoler à une énième blague de James. Pourtant c'est vers un autre Black que son esprit dériva. Elle n'avait pas revu Regulus depuis cette fameuse nuit il y a quelques semaines et elle faisait son possible pour ne pas le croiser dans les couloirs. Son ton froid et cassant lui restait en mémoire, de même que son regard glacial. Leur conversation n'avait duré que dix minutes à peine pourtant Marlène avait l'impression que Regulus était plus complexe qu'il ne voulait bien l'admettre.
-Marlène ! L'appela Lily, debout à côté de la table. Tu viens ?
-Hein ? Oh oui désolé.
Elle s'empressa de se lever à son tour et emboîta le pas à ses amies. En traversant le hall, elle ne put s'empêcher de frissonner en voyant la dizaine de citrouille évidée disposée le long du mur et qui émirent un rire machiavélique quand elles passèrent devant. Au plafond, des chauves-souris voletaient au-dessus de leur tête tandis que des toiles d'araignées se tissaient dans les coins de murs. Pour une fois, même les armures avaient l'air effrayant.
La journée s'écoula lentement et plus le temps passait plus Dorcas devenait irritable. Après le dîner, elle abandonna ses amies sans un regard, quittant la Grande Salle d'un pas pressé.
-La pauvre…
-Bah on savait que ça allait arriver, soupira Lily. Venez, on rentre au dortoir, elle nous rejoindra.
-Je pensais que ça serait peut-être différent cette année, dit Alexia en montant les escaliers. Enfin je veux dire elle est majeure, c'est un anniversaire important…
Aucune n'eut le courage de lui répondre.
Une fois de retour dans leur chambre, les filles entamèrent leur devoir pour être tranquille le lendemain. Alors qu'Alice manquait de s'arracher les cheveux sur ses exercices de traduction de runes anciennes, la porte du dortoir s'ouvrit à la volée.
-Dorcas…murmura Lily.
-Pas un mot !
La voix de la brune claqua, les clouant sur place malgré les sanglots perceptibles dans ses paroles. Ses yeux noirs brillaient de colère tandis qu'elle traversait la pièce en trois enjambées, se jetant sur son lit. Lily resta paralysé une seconde puis se leva lentement pour s'avancer vers elle.
-Dorcas, qu'est-ce qui s'est passé ?
-Rien. Laisse-moi tranquille !
-Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça.
La douceur de Lily parut détendre légèrement Dorcas qui se redressa en position assise. Les autres vinrent s'assoir sur le lit, attendant ses explications. Le masque de Dorcas se fissura et elle repoussa ses longs cheveux sombres, histoire de garder contenance avant de lâcher dans un murmure à peine audible :
-J'ai attendu… souffla-t-elle. J'ai attendu dans la volière pendant une heure en espérant voir le hibou de mes parents arriver. Je savais bien qu'ils n'enverraient rien en début de journée, le temps qu'ils s'en souviennent. Vous les connaissez…
Elle fit une pause et déglutit difficilement.
-Mais rien n'est venu. Ils ont oublié mon anniversaire, dit-elle avec un rire sans joie. Pourquoi est-ce que ça m'étonne encore après toutes ses années ? Ma mère doit être avec ses amies sur une île paradisiaque et mon père en réunion en train de gagner des gallions à investir. Comment auraient-ils le temps de penser à moi ?
-Tu es leur fille…
-Oh Marlène, ça ne signifie plus rien depuis longtemps.
Marlène fixa les larmes brûlantes qui coulaient le long des joues de Dorcas Meadowes, la fille qui avait vécu dans un manoir victorien toute son enfance et qui dépensait l'argent comme s'il s'agissait de la chose la plus banale au monde. Elle se rendit compte à cet instant que, pourtant, elle était sûrement cent fois plus heureuse que Dorcas ne le serait jamais.
Le lendemain matin, la date du 31 octobre 1976 s'afficha sur le calendrier. Aujourd'hui était le jour d'Halloween. Ce jour de fête, où les morts se rapprochent des vivants, fut d'ailleurs marqué par plusieurs évènements significatifs. Tout d'abord, Peeves débarqua de bon matin dans toutes les salles communes pour balancer des araignées en plastique sur les élèves en chantant d'une voix d'outre-tombe une chanson paillarde.
-Vive les zombies ! Caqueta-t-il, s'envolant dans les couloirs à toute vitesse.
Tessie Ryan eut tellement peur qu'il fallut l'emmener à l'infirmerie en urgence, ce qui fit beaucoup rire Alexia. Mais elle arrêta bien vite en voyant le regard désapprobateur de Lily et elle se retint de lancer un « désolé maman ».
En tout cas, une heure plus tard, Peeves revint avec un chapeau orange à carreaux et avec des grelots qui tintaient à chaque mouvement. En le voyant, Rusard ne manqua pas sa chance et s'empressa de le pourchasser dans tout le château. Les élèves supposèrent que ça l'occupa le reste de la journée car on les revit ni l'un ni l'autre.
Mais le plus spectaculaire vint des Maraudeurs, comme on pouvait s'y attendre. En plein banquet du soir, ils transformèrent tout le monde en costume d'halloween. Ainsi Lily se retrouva affublée en reine (une idée de Potter sans aucun doute) mais il y avait aussi des vampires ou encore des chevaliers. Le plus drôle fut sans doute Rogue qui se retrouva déguisé en princesse Raiponce (sûrement encore une idée de Potter). Sa longue perruque blonde trempait dans le bol de sauce et son teint avait pris une couleur à mi-chemin entre le pourpre et l'écarlate.
-Potter! Black! Hurla McGonagall, furieuse. Pettigrow! Lupin!
Heureusement ils avaient épargné les professeurs. Tandis qu'Alexia tapait dans la main de Sirius, hilare, elle crut voir Dumbledore sourire avec amusement mais quand elle tourna la tête vers lui il avait l'air parfaitement sérieux.
-Ça vous amuse ?! Reprit leur professeur de métamorphose.
-Euh…oui ?
-Mauvaise réponse, dit-elle. Allez, tous dans mon bureau ! Lupin, j'attendais mieux d'un préfet !
Remus baissa la tête, les mains dans les poches, pourtant il n'aurait échangé sa place pour rien au monde.
Les quatre garçons étaient revenus plus tard dans la soirée, ressortant du bureau de McGonagall avec trois heures de colles chacun. Evidemment, ils avaient été applaudit par leur camarades à leur retour et James s'en était donné à cœur joie de raconter l'histoire à une bande de fille rassemblée autour de lui, buvant ses paroles.
-Regarde-le se pavaner, rigola Alexia.
Elle était affalée dans un fauteuil qu'elle partageait avec Sirius, à moitié étalé sur ses genoux par manque de place.
-Et attend, tu ne l'as pas entendu inventer les détails. Tout à l'heure il disait qu'on avait dû affronter un poulpe géant pour accéder à la potion de transformation.
-Typique de James… Oh d'ailleurs, je suppose que je dois te remercier pour mon déguisement de princesse ?
Sirius eut un sourire éblouissant.
-Tu t'attendais à quelque chose d'autre ?
-Non, j'aurais été déçu autrement. Mais Rogue aussi a eu le droit à un costume de princesse, je ne sais pas comment je dois le prendre.
-La tête de Servilus était mémorable! Dit Sirius en éclatant de rire.
Alexia lui donna un coup d'épaule qui manquait de volonté. Elle aussi avait ri après tout.
A mesure que la soirée avançait, la salle commune se vida et il ne resta plus que les Maraudeurs ainsi que les filles. Elles avaient voulu aller se coucher il y a un moment mais Dorcas ne voulait pas remonter, du coup ses amies étaient restés avec elle. Près de la cheminée, Remus disputait une partie d'échec contre Lily. Il avait relevé la manche de sa chemise jusqu'au coude et réfléchissait intensément.
-Je pari sur Lily, déclara Alexia.
-Pari tenu, princesse !
-Je mise trois noises sur Remus, renchérit Dorcas.
-N'importe quoi, ma Lily est la meilleure !
La rousse releva les yeux de l'échiquier, ses joues s'empourprant.
-Je ne suis pas « ta Lily » Potter !
James ne se démonta pas pour autant et lui adressa un grand sourire. Au final, ce fut Remus qui remporta la partie et ceux qui avaient perdu leur pari grommelèrent en fouillant dans leurs poches pour trouver de l'argent.
-Ne jamais parier contre un Maraudeur, commenta Sirius d'un ton docte.
Soudain, un bruit sourd résonna dans leur dos et tout le monde fit volte-face. Ce n'était que Frank qui avait trébuché dans les escaliers, écarlate.
-Euh…balbutia-t-il. Désolé de vous déranger, je voulais juste savoir ce que vous faisiez…
-Actuellement, pas grand-chose...
Un léger silence s'installa.
-Je propose qu'on fête halloween dignement ! Lança finalement James.
-Comment ça ? Dit Peter, fronçant les sourcils.
James se leva de son fauteuil pour se planter au milieu de la pièce, s'attirant tous les regards. Il écarta les bras, englobant la scène comme un orateur sur le point de faire un discours important et Sirius ricana, attendant ce qui allait suivre.
-Halloween est la fête des morts, pas vrai ? Et bien autant aller leur parler !
-Tu veux dire aller parler aux fantômes ? Demanda Frank, perplexe.
-Quoi ? Non ! Je propose une séance de spiritisme !
-De spiritisme ? Répéta Marlène.
Mais James ne parut pas l'avoir entendu car il se mit à courir à travers la salle commune, baissant les lumières dans les lampes à gaz et donnant une ambiance tamisée à la pièce. Puis il se tourna vers Sirius et Alexia, toujours affalés l'un sur l'autre dans leur fauteuil.
-Bon, il me faut des bougies, quatre tartes aux pommes, une autruche et un café !
-On va te chercher tes bougies, se contenta de répondre Alexia en secouant la tête.
Dix minutes plus tard et une fois que James eut arrêté de bouder parce qu'il n'avait pas eu ce qu'il avait demandé, ils se retrouvèrent tous assis en cercle au milieu de la pièce. Des bougies aux flammes vacillantes les entouraient, jetant des ombres sur le sol. Lily leva les yeux au ciel quand ils durent se prendre la main, Potter s'étant évidemment débrouillé pour se mettre à côté d'elle.
-On fait quoi maintenant ?
-On appelle les morts, dit Sirius très solennellement.
- Regarde-nous, marmonna Dorcas, il ne nous manque plus qu'un chien et on dirait le Scooby gang !
Alexia pouffa mais se reprit en voyant le regard de James. En face d'elle, même Remus semblait se demander comment il avait été embarqué dans cette histoire.
-Et donc ? On invoque qui ? Interrogea Alice.
-Qui vous voulez !
-Potter, ça ne marchera pas…
-Ah Evans, ait un peu confiance. Regarde.
Il ferma les yeux, le visage inexpressif et se mit à psalmodier.
-Oh Merlin, m'entends-tu ?
-James…soupira Alice.
-Chut ! Il faut se concentrer.
Les filles échangèrent un regard en souriant et finirent par l'imiter, amusées.
-Bon Merlin n'a pas l'air très réceptif, dit James, essayons quelqu'un d'autre !
-Napoléon, suggéra Alexia.
-Sérieusement princesse ? S'exclama Sirius. Sur toutes les personnes qui sont mortes tu penses à Napoléon ?
-Et pourquoi pas ? T'as un problème avec ça ?
Sirius sourit et leva les mains, battant en retrait.
-D'accord, va pour Napoléon.
-Oh Napoléon, m'entends-tu ? Reprit donc James. Vous croyez qu'il faut que je parle en français ?
-Tu ne sais pas parler français, répliqua Remus.
-Lui faire une offrande alors.
-Avec quoi ? Railla Dorcas. Des croissants ?
-Chut ! Je crois que je l'entends !
-Ça doit être l'écho dans ton cerveau, il faut dire que c'est vide, dit Lily d'un ton froid.
Cette fois Alexia éclata de rire franchement, suivit par Marlène et Alice. Elle s'appuya sur Sirius pour ne pas basculer en arrière, manquant de renverser une bougie dans le mouvement. A coup sûr ils allaient finir par mettre le feu à la salle commune avant la fin de la soirée.
James ne releva pas la pique de la rousse, la force de l'habitude sans doute, et se tourna vers Dorcas.
-Bon d'accord, comme Napoléon ne répond pas, c'est à Dorcas de choisir. Considère que c'est mon cadeau d'anniversaire.
-Toi t'as encore oublié de m'en acheter un, pas vrai ?
-C'est possible, concéda-t-il, mais là n'est pas la question. Qu'est-ce que tu veux faire ?
-Je ne sais pas…On pourrait se raconter des histoires d'horreurs ?
-Non, pas assez original ! Protesta Sirius. Et puis j'ai faim. Ça vous dit d'aller chercher de la bière au beurre et des tartelettes à la citrouille en cuisine ?
-Génial ! S'exclama Alexia. Je meurs de faim aussi.
Alors que tout le monde était déjà debout, prêts à partir, ils furent brusquement coupés dans leur élan par Lily.
-Le couvre-feu est dépassé, rappela-t-elle.
-Oh Evans, amuse-toi une fois dans ta vie.
La jeune fille plissa les yeux, l'ignorant pour s'adresser à Remus.
-Et toi tu ne dis rien ? Tu es préfet !
-Justement, il faut quelqu'un pour les surveiller. Tu ne veux pas les laisser seuls dans les couloirs ? Ca partirait en vrille…
-Qu'est-ce que c'est que cette logique ?
-Celle d'un Maraudeur ! Répondit fièrement James. Bon on y va ou on campe ici ?
Une fois que toutes les protestations s'arrêtèrent ils sortirent donc en dehors de la salle commune, réveillant la Grosse Dame au passage qui leur adressa un regard peu amen. Dans les couloirs, ils croisèrent plusieurs dizaines de fantômes qui semblaient s'être passé le mot pour sortir ce soir-là. Peter poussa un couinement apeuré quand le Baron Sanglant le traversa, lui donnant des frissons glacés pendant plusieurs minutes. James et Sirius menaient la marche, baguette à la main pour éclairer le sol en pierre. Juste derrière, les filles jetaient des coups d'œil anxieux autour d'elles, n'ayant pas l'habitude de se balader dans le château en pleine nuit. Frank prit la main d'Alice dans la sienne en souriant, ne paressant pas se rendre compte du regard à la fois attendrit et moqueur des autres.
Ils arrivèrent finalement devant un grand tableau représentant une coupe de fruit et se stoppèrent. Marlène fronça les sourcils.
-Pourquoi est-ce qu'on est là ?
-Regarde et apprend, répondit Remus, une lueur amusée dans ses yeux ambrés.
Il tendit la main, chatouillant la poire qui gloussa avant de se transformer en une poignée de porte verte. Aussitôt, Remus ouvrit le tableau, révélant un passage et s'inclina.
-Après vous.
-Par Merlin…murmura Lily.
Les cuisines de Poudlard étaient situées dans une immense salle, très haute de plafond. Le long des murs en vieilles pierres s'entassaient des quantités de casseroles, de marmites et de poêles en cuivre tandis qu'une gigantesque cheminée diffusait une douce chaleur.
Lily écarquilla les yeux, tournant sur elle-même pour pouvoir englober la scène en entier. Sans qu'elle s'en aperçoive, James se glissa près d'elle, sourire aux lèvres.
-Alors ? Chuchota-t-il comme pour ne pas briser son émerveillement. Tu aimes ?
- Magique ! Regarde tout ça, c'est magnifique.
-Je suis d'accord…
Lily tourna la tête vers lui, se rendant compte qu'il avait le regard braqué sur elle. Elle sentit ses joues s'empourprer et se détourna pour cacher son trouble, rejoignant Dorcas et Marlène un peu plus loin.
-Si j'avais su, disait cette dernière, ça ferait longtemps que je serais venu ici !
-Tu m'étonnes…
-Bonjour messieurs et miss, lança soudain une petite voix aigüe. Est-ce que Pinkle peut faire quelque chose pour vous ?
-Salut Pinkle, répondit Peter. Tu vas bien ?
-Oh très bien monsieur. Pinkle est ravie de voir ses jeunes maîtres.
L'elfe de maison leva ses yeux globuleux vers le petit groupe, attendant leurs ordres fébrilement.
-Hé Pinkle ! Héla Sirius, assis sur une table avec Alexia. Il te reste des bonbons d'halloween ?
-Très certainement monsieur.
Il s'empressa de courir sur ses petites jambes vers les étagères où s'entassaient divers plats qui avaient été servis au banquet de ce soir et revint en portant un énorme sac de bonbon en forme de citrouille.
-Voilà monsieur. Pinkle peut faire autre chose pour vous ?
-Non, ça ira, dit Remus. Merci beaucoup.
-C'est un plaisir, messieurs et miss.
Une fois que l'elfe eut tourné les talons, James déposa le sac de bonbon sur la table en piochant une poignée au passage. En voyant Sirius ouvrir la bouche, il lança un caramel en l'air et son meilleur ami le goba, la tête renversé en arrière.
-Oh ! Protesta Alexia. J'en veux aussi.
-Tu vas prendre du poids princesse.
-Dis que je suis grosse ! S'insurgea-t-elle en lui donnant une tape sur la nuque.
Sirius grimaça avant de sauter sur ses pieds, se plaçant à côté de James pour lui échapper. Alors que tout le monde se goinfrait de bonbon, Lily jeta un coup d'œil à sa montre.
-On devrait peut-être retourner à la salle commune, non ?
-Lily, arrête de jouer les rabat-joie ! Grommela Dorcas.
-Je ne dis pas d'arrêter la soirée, juste de revenir à la tour de Gryffondor. On continuera là-bas, comme ça on respecte le règlement.
Profitant que l'attention générale soit portée sur la préfète, Sirius échangea un coup d'œil avec James et ils se comprirent en un regard. Doucement, il recula et se fondit dans l'ombre tandis que James s'avançait vers Lily.
-Bon, pour une fois je me range du côté d'Evans. Elle a déjà fait l'effort de venir donc ne mettons pas son amour du règlement plus l'épreuve. Allons-y.
Lily jeta un regard soupçonneux au brun, se demandant où était le piège.
Après avoir adressé un dernier au revoir à Pinkle, ils ressortirent des cuisines, Frank portant le sac de bonbon. Tandis que la porte du tableau se reformait dans leur dos, Alexia fronça les sourcils.
-Où est Sirius ?
Effectivement, le jeune homme n'était plus avec eux.
Soudain quelque chose bondit de derrière une tapisserie en poussant un grand cri. Tout le monde sursauta, Marlène lâcha un hurlement de frayeur et Peter tomba carrément à la renverse en cherchant à fuir. Seul James éclata de rire, bientôt suivit par le « quelque chose ». Or, le rire de ce quelque chose ressemblait à s'y méprendre à un aboiement de chien.
-Sirius ! Espèce de crétin !
-Oh princesse, t'aurais dû voir ta tête !
-Tu n'es qu'un imbécile Black ! Cria Dorcas.
Mais les deux meilleurs amis continuaient de rire, incapables de rester sérieux. Après quelques secondes et remit de leur peur, les autres finirent par les imiter, même Lily. Elle n'avait pas passé une telle soirée depuis longtemps.
Sauf qu'un bruit vint gâcher leur moment. Un simple bruit. Un miaulement.
Horrifiés, ils firent volte-face pour apercevoir Miss Teigne, ses yeux jaunes braqués sur eux. Le félin miaula à nouveau et les Maraudeurs réagirent au quart de tour.
-Rusard va arriver ! Vite !
