Merci à RoronoaAgathou et à The story of a rabbit qui suivent de près cette histoire depuis le début et qui n'hésitent pas à me laisser une review à chaque chapitre^^. Sinon... ce chapitre est un peu plus court que les autres, mais c'est pour rattraper le dernier chapitre qui était plus long (excuse de m****) enfin breffffffffff. Bonne lecture !
Chapitre 10
Attends ! Je ne peux plus bouger ! Je ne peux plus rien faire... S'il te plaît, Aide-moi ! Pou... pourquoi m'ignores-tu ? Non ! Reviens ! J'ai froid... je me sens si faible... je ne veux pas être tout seul ! Ne me laisse pas...
Zoro ouvrit un oeil. Il venait de faire le même rêve que d'habitude, mais il n'avait même pas sursauté. Il en avait toujours peur, cependant il ne le surprenait plus. Le bretteur se releva, bailla et se frotta bruyamment la tête. Qu'est ce qu'il s'était passé le soir précédent déjà ? Il ferma les yeux et réfléchit. Soudain, il se rappela de tout.
Flash back
-Demain, on s'évade.
Sanji arqua un sourcil.
-Hein ?
-Tu m'a très bien entendu.
Le cuisinier dévisagea longuement le bretteur, incrédule, puis, une lueur de défi brilla dans ses yeux.
-Ah ? Et comment tu comptes t'y prendre ?
-Ca, c'est ce qu'on va décider maintenant.
-Je te préviens déjà, laisse tomber le plan « On-fonce-dans-le-tas-et-on-tabasse-tous-ceux-qui-sont-sur-notre-passage ». Je suis trop crevé physiquement et moralement pour ça.
-Ouais, ça, c'est la première condition. La deuxième...
-...pas sans tes cure-dents.
-En gros ouais.
Zoro ferma les yeux et se gratta le menton.
-Troisième condition : Survivre d'abord à la colère des Tenyurbito.
-Huh ?
-Je pense pas qu'ils vont continuer à nous laisser travailler tranquillement suite aux événements d'hier soir...
-Ah... C'est vrai que la solution « assommer violemment l'ennemi » N'était pas forcément la meilleure...
-T'aurais peut-être préféré que je reste assis à regarder ?
-Non, mais t'aurais...
-...Rien pu faire d'autre que de le tabasser.
-Mouais...
-Enfin bref ! Il faut qu'on réfléchisse à un plan...
-Ah ? Alors comme ça les algues sont dotées de capacités de réflexion ?
-Tu te souviens quand j'ai dis que t'avais un légume à la place du cerveau ? Et bien je pense que je n'ai jamais aussi bien déduit une situation.
Les deux hommes se lancèrent un regard meurtrier, puis Zoro leva les yeux aux ciel et soupira.
-Bon. Il faut d'abord qu'on trouve un moyen de récupérer mes Katanas.
-Pour ça, je crois que j'ai une solution. Fais-moi confiance, j'essaierais de pas trop les abîmer.
-Ok. Ensuite, il faudrait que tu me rejoignes à la mine. C'est l'endroit le plus loin du territoire du manoir.
-Hum... ça va pas être facile, mais je vais essayer.
-Je ferais semblant de piocher pour bien t'entendre quand tu arriveras.
-Et ? Une fois que je suis là ?
-...
-Je peux mettre quelques personnes KO au cas ou, mais je te préviens, si Sadie se pointe, je ne la toucherais pas. Je ne frappe pas les femmes.
-T'as encore du respect pour ce monstre ?
-Question de principe.
-Bon... on va essayer d'être discrets, mais en cas de problèmes, je n'hésiterais pas à faire le nécessaire. Que mon ennemi soit une femme, ou non.
-...Ouais.
Fin du flash back
Zoro se leva et alla réveiller le blond. Celui-ci sursauta. Zoro fit une grimace.
-Tu vas pas recommencer !
-Oh ça va ! Je suis prudent, c'est tout !
-Mouais...
Sanji se mit sur pied et les deux hommes sortirent de la grange. L'hiver approchait à grand pas, et l'air de l'extérieur était déjà glacé. Avant de se séparer, Zoro stoppa le blond et planta son regard dans le siens.
-On se retrouve à la mine le plus vite possible. Je compte sur toi.
-T'inquiète.
-Ouais.
Sur ce, ils prirent chacun leur chemin. Sanji, en faisant un détour par l'enclos des vaches, ne remarqua pas Kalifa, qui se dirigeait vers la grange.
La femme manqua de défoncer la porte en l'ouvrant violemment, et regarda à l'intérieur.
-Hum ? Ils sont déjà partis ?
Elle fit une moue et se gratta la tête.
-Mince alors ! J'étais sensée dire à la touffe verte qu'il devait encore travailler ici aujourd'hui car les propriétaires avaient détecté de forts risques d'éboulements à la mine.
Elle soupira et referma la porte.
-Bah ! Au pire, j'aurais qu'à dire que c'est sa punition pour avoir violenté notre chef de famille.
Puis elle s'en alla, un sourire cruel et amusé sur les lèvres.
Sanji arriva au manoir avec une couverture sale et un seau rempli d'eau. Il mit le seau sur la porte d'entrée et frappa en criant d'une voix aiguë :
-Au secours ! Je vous en supplie aidez-moi !
Puis il se précipita derrière le bâtiment, à l'entrée de la cave. Les Tenyurbito se rassemblèrent très vite à la porte, et eurent la surprise de recevoir un seau d'eau sur la tête au moment de l'ouvrir. Ceci créa un brouhaha d'indignement et d'agacement. Pendant ce temps, Sanji enveloppa les Katanas avec la couverture et se hâta hors de la cave. Il observa un peu la situation pour être sûr que les Tenyurbito ne prêtaient pas attention à lui, puis s'enfuit en direction de la mine à toute vitesse.
Zoro était arrivé à la mine depuis cinq bonnes minutes. En arrivant, il remarqua avec surprise que tous les ouvriers étaient partis. Il n'y avait plus que quelques surveillants qui buvaient un verre à une table.
Peut-être qu'ils sont en congé...
Le bretteur ne se posa pas plus de questions et alla travailler dans une galerie, non sans sentir le regard intrigué et narquois des surveillants posé sur lui. Une fois à l'intérieur, il s'arrêta et soupira en se tenant les épaules.
Il fait froid...
Il prit une pioche et commença à faire semblant de creuser. Même si il ne frappait pas fort, il lui semblait que la roche était plus fragile et moins stable. Il haussa les épaules et continua. Soudain, il entendit les surveillants s'agiter. Il tendit l'oreille.
-Merde ! Ca va pas tenir plus longtemps ! On prévient l'esclave qui est dans la galerie ?
-Non laisse tomber ! Imagine que l'on se reçoive des pierres ? On part d'ici tout de suite !
Zoro, intrigué, voulut sortir, mais un bruit étrange derrière lui l'arrêta. Il se retourna, et vit un filet d'eau qui s'échappait de la roche.
Hum ? J'ai trouvé de l'eau ?
Tout à coups, la paroi se fissura et des fragments de pierres tombèrent aux pieds du bretteur. Zoro recula lentement. Il n'avait pas remarqué, mais il s'était enfoncé bien loin dans la galerie. La roche commençait peu à peu à s'écrouler.
Je dois fuir !
Zoro se retourna brusquement.
Trop tard.
Le plafond de la galerie s'écroula. Zoro regarda les pierre lui tomber dessus, et commença à courir désespérément.
Pas maintenant !
Une pierre tomba sur son bras et lui arracha un bout de peau.
Nous allions enfin partir !
Il trébucha et s'étala sur le sol.
Nous allions être libres !
Il se releva en tremblant et continua à avancer en se tenant le bras. Le bruit assourdissant de l'éboulement emplit ses oreilles. L'air commençait à lui manquer, la poussière lui piquait les yeux, le froid lui gelait les membres. Brusquement, il stoppa sa course et écarquilla les yeux.
Huh ? Je... peux plus bouger ?
Zoro tourna la tête et remarqua avec effroi que de grosses pierres écrasaient ses chaînes. Il ne pouvait plus bouger ni ses jambes, ni ses bras.
Merde !
Le plafond continuait à trembler et à lâcher des pierres sur le corps du bretteur. Zoro ferma les yeux. Soudain, les chocs sur sa peau cessèrent. Il rouvrit les yeux, et constata que le plafond était retenu par un énorme rocher. Il laissa échapper un soupire, avant de remarque que la galerie continuait à trembler. La pierre n'allait pas tenir longtemps, et des fissures se dessinaient déjà sur la roche.
Je vais pas y arriver ! Tous les surveillants sont partis. Je ne vais pas tarder à me faire ensevelir si je ne fais rien !
Il regarda autour de lui. A part la sensation de tremblement et le bruit de l'eau qui s'infiltrait, Zoro n'avait plus rien pour lui tenir compagnie dans cette galerie sans issue.
J'ai froid... je ne sens plus mes bras... je ne peux plus rien faire... S'il vous plaît... Quelqu'un...
Le bretteur leva lentement la tête vers la sortie. Ses yeux s'écarquillèrent aussitôt.
A l'entrée de la galerie, dans la lumière du jour, se tenait un homme aux cheveux blonds.
Cook ?!
Sanji était là, figé, les yeux grands ouverts devant la scène qui se déroulait devant lui. Zoro, les yeux pleins d'espoir, voulut crier à l'aide au cuistot, mais aucun son ne sortit de sa bouche. La panique et l'empressement avaient étranglé ses cordes vocales. Il tenta d'appeler à nouveau, mais en vain. Sanji, lui, ne bougeait pas.
Non...
Le plafond grondait de plus en plus au dessus du bretteur.
C'est en train de se réaliser... C'est en train de se répéter... Dis-moi que c'est un rêve ! Dis-moi que c'est le même rêve que d'habitude et que je vais bientôt me réveiller ! Je ne veux pas être seul ! J'ai froid... j'ai mal... j'ai peur... je ne veux pas mourir ! Pourquoi ? Pourquoi suis-je à nouveau... seul ?
Soudain, des bruits de pas sortirent brusquement Zoro de son désespoir. Il regarda devant lui et entrouvrit la bouche d'étonnement.
Devant lui, le blond courrait. Il courrait vers lui en criant son nom, sans le quitter des yeux.
Il s'arrêta à côté de lui et commença retirer rageusement les pierres autour de ses chaînes sans s'arrêter de hurler. La roche au dessus d'eux commença à s'écrouler peu à peu. Maintenant qu'il était là, Zoro aurait voulut dire à Sanji de s'enfuir et de le laisser mourir ici au lieu de risquer sa vie, mais ses cordes vocales ne le lui permirent pas. Le cuisinier, lui continuait à dégager les pierre sans se soucier de celle qui lui tombaient sur la tête.
-NE BOUGE PAS ! JE VAIS TE SORTIR DE LA !
La pression sur les poignets de Zoro partit peu à peu. Sanji avait réussi à lui dégager les bras, il ne manquais plus que les pieds. Les ongles du cuisinier s'étaient brisés à en saigner, sa respiration était saccadée et des larmes de rages coulaient sur ses joues noirs de poussière. Rassemblant toute ses forces, Zoro parvint à faire sortir sa voix :
-ARRÊTE COOK ! TU VAS TE FAIRE ECRASER AUSSI !
-LA FERME ! ME DONNE PAS D'ORDRE !
A ce moment, une pierre se détacha du plafond et vint s'éclater contre celle qui retenait les chaînes des jambes de Zoro. Sanji les prit en main, un sourire triomphant sur les lèvres.
-TU VOIS ! ON A REUSSI ! ON PEUT S'EN ALLER MAINTENANT !
-COOK !
Zoro cria, mais trop tard. Un bloc de pierre tomba et s'écrasa sur la tête du blond. Celui-ci vacilla, puis s'écroula par terre, inconscient.
Le bretteur se releva et prit avec peine le corps du cuisinier sur son dos. Il commença à marcher, au milieu des roches qui tombaient. Ses jambes tremblaient et il manqua plusieurs fois de tomber sous le poids du cuisinier, mais il ne pensait plus qu'à survivre. Du moins, si lui ne pouvait pas s'en sortir, alors il fallait au moins qu'il sauve le blond. Une pierre heurta son crâne et il s'affala sur le sol. Il releva la tête, sa vue était brouillée. A la place d'une sortie, il ne voyait plus qu'un puits de lumière aveuglante mais qui semblait si lointaine.
J'en peux plus... j'ai mal... j'ai froid... je suffoque... je me sens... si faible.
Il laissa retomber sa tête et ferma les yeux.
Finalement... c'est comme dans mon rêve... exactement comme dans mon rêve... Sauf que...
Il se releva vivement, reprit le cuisinier sur son dos et recommença à avancer.
...Je ne suis plus seul !
Le bretteur s'arrêta, prit une grande inspiration et se mit à courir à travers les décombres de la galerie qui s'effondrait. A chaque pas, une vive douleur foudroyait ses jambes, mais il n'y prêtait plus attention. Les murs derrière lui s'écroulaient violemment dans un vacarme infernal. L'effondrement talonnait le bretteur, menaçant.
Son souffle était court, ses yeux se fermaient peu à peu, sa course ralentissait de plus en plus. Zoro n'en pouvait plus. La sortie semblait si loin... Il avait envie de se laisser tomber et de s'endormir dans un dernier souffle.
Soudain, la lumière emplit ses yeux presque clos. Il n'était plus qu'à cinq mètres de la sortie. Cependant, ses forces, jusque là encore fidèles, le quittèrent peu à peu.
J'y arriverais pas... Pour moi, c'est fini... mais pour lui...
Il prit le corps du blond dans ses bras et le lança de toutes ses forces. Le cuisinier retomba sur l'herbe, hors de la galerie.
Zoro, à un mètre de la liberté, esquissa un demi sourire serein et s'écroula sur le sol. Il rampa avec peine, mais les pierres ensevelissaient déjà ses jambes. Il tenta de se tirer avec ses bras, qui touchaient déjà l'herbe devant lui. Des pierres heurtèrent son dos de plein fouet, et il se laissa retomber, impuissant. Il ne souffrait plus, il voulait juste dormir. Ses paupières lourdes se fermèrent lentement, et dans un dernier soupir, il laissa son corps à la galerie.
À suivre...
Mouais... j'avais promis un chapitre un peu plus gai, mais on va dire que je ne sais pas tenir une promesse... j'espère qu'il vous aura quand même plu ! Review ?
