Espérer pour rien.

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Disclaimer: je possède très peu.

NdA: personne n'a semblé se demander en quoi consiste le cauchemar de Remus. Et bien maintenant vous allez le découvrir. Oh, et le début d'une merveilleuse relation à venir…

NdT: encore un chapitre, et je serai obligée de suspendre la traduction faute d'update. Ne m'en voulez donc pas... En attendant, pour vous faire patienter jusqu'au prochain chapitre de "Espérer pour rien" (le 12e, puisque le 11e est déjà au chaud en attente d'être posté), je mettrai deux ou trois petites choses qui devraient vous plaire...

Pour ce chapitre, je vous préviens, c'est dur.


Espérer pour rien.

Reconnaître la vérité.

2 mois, 2 semaines, 3 jours.


Il y avait un enfant dans les bras de Remus, un simple enfant, avec une douce touffe de cheveux noirs au sommet de la petite tête. Il ignorait la façon dont il le savait, mais il était certain que le bébé était le sien, le sien et celui de Severus. Se demandant combien de temps s'était apparemment écoulé mais néanmoins heureux, Remus berçait l'enfant dans ses bras. Au même instant, il se demanda où se trouvait Severus, et quand il reviendrait de là où il était.

Pourtant, ce fut alors que son environnement –la zone d'habitation de ses quartiers et ceux de Severus- sembla se dissoudre. Tout disparut dans des ombres profondes, et des silhouettes noires sortirent du sol tout autour de lui. « Des Mangemorts », réalisa-t-il sous le coup de l'horreur quand il vit les masques blancs.

Ensuite, malgré tout, une silhouette encore plus noire s'approcha pour se tenir devant lui. La silhouette avait des mains blanches et squelettiques, une tête qui ressemblait plus à un crâne, et des yeux rouges diaboliques.

-Donne-moi le bébé », commanda une voix cruelle qui le fit frissonner de peur.

Remus recula devant le Seigneur des Ténèbres.

-Severus », cria-t-il. »Severus, à l'aide.

Dans son esprit, il souhaitait désespérément que Severus répondrait, qu'il viendrait et le sauverait lui et leur bébé encore une fois. Bien sûr il viendrait. Severus avait promis de les garder en sécurité, n'est-ce pas ? Et il tenait toujours ses promesses.

Tandis qu'il appelait Severus, un des Mangemorts s'avança en effet et s'arrêta devant lui. Remus vit une paire d'yeux obsidienne le fixant à travers le masque blanc et sans expression. Il n'y avait aucune émotion dans ces deux piscines de ténèbres nocturnes, aucune attention, aucun amour.

-Je crois qu'il est grand temps que tu apprennes à te débrouiller seul », dit une voix froide teintée de malveillance. En l'entendant, le cœur de Remus se remplit de terreur. Il l'avait reconnue, évidemment, c'était la voix de Severus –mais jamais auparavant il ne l'avait entendue si froide et sans émotion. » Je vous ai protégés toi et ton bâtard pendant suffisamment longtemps. Je crois qu'il est temps que vous vous rendiez utiles au moins d'une certaine façon.

C'est alors que deux mains pâles et minces se levèrent pour s'emparer du bébé.

-NON ! », hurla Remus, s'accrochant au bébé de toutes ses forces.

Le bébé s'était réveillé et, sentant sa douleur et surpris par le cri, avait commencé à pleurer. Des hurlements stridents retentirent à travers le terrain quand ils commencèrent à se battre pour l'enfant.

Remus avait enroulé ses bras autour de l'enfant pour le protéger de toute blessure qui pourrait l'atteindre. Pourtant, un sortilège douloureux venu du cercle de Mangemorts le toucha dans le dos, sa prise se desserra. Ça ne dura qu'un court instant, mais ce fut suffisant à Severus pour qu'il frappe et agrippe l'enfant dans ses bras. Oublieux des larmes du loup-garou roulant à présent librement et suppliant pitoyablement, le Maître de Potions lui arracha leur enfant –non, son enfant, pensa Remus, ce n'était pas celui de Severus, ça ne pouvait pas l'être –des bras. Et alors qu'il essayait en vain de tendre le bras pour attraper son enfant, rencontrant seulement d'autres sortilèges qui le jetèrent au sol, Remus vit le bébé être présenté au Seigneur des Ténèbres –une vision qu'aucun parent sain d'esprit ne souhaiterait voir.

-Excellent, Ssseverusss », siffla Voldemort, accentuant les « s ». » Tu m'as montré la plus grande loyauté. Sssois asssuré que ce sera grandement récompensssé.

Ses mains squelettiques se cramponnèrent sur l'enfant hurlant comme si il s'agissait du plus précieux trésor au monde. Et pour lui, ça l'était –tout comme Remus –bien que ce fût pour des raisons différentes. Il voulait l'enfant pour le pouvoir, le loup-garou voulait son bébé par amour.

-S'il vous plaît, rendez-le moi », supplia Remus, même si il savait que ça ne servirait à rien. Il voulait simplement garder son bébé en sécurité, il ne faisait rien pour qu'il en soit ainsi.

-Oh, je crois que non », dit Voldemort avec un sourire cruel. » Vois-tu, j'ai des plans totalement différents pour ta progéniture autrement sans valeur.

Après cette cruelle annonce, il marcha jusqu'au petit autel de pierre noire tout proche. Pendant qu'il le faisait, deux Mangemorts s'avancèrent et attrapèrent Remus chacun par un bras. Ils le forcèrent à faire quelques pas en avant et ensuite à s'agenouiller devant l'autel. Tous les Mangemorts s'agenouillèrent eux aussi, probablement pour montrer leur respect à ce salaud au visage de serpent. Avec le cœur brisé, Remus remarqua que Severus s'agenouillait aussi.

Le loup-garou fut alors forcé de regarder à travers ses yeux voilés de larmes tandis que Voldemort allongeait son magnifique et précieux fils sur l'autel affreux et l'y liait à l'aide de sortilèges variés. Ensuite, la voix déplaisante se changea en un chant menaçant, Voldemort leva une dague noire. La dague et l'autel puaient tous les deux la Magie Noire, faisant frissonner légèrement Remus.

Á la fin, pourtant, la voix de Voldemort s'éleva encore plus, et il resserra sa prise sur la dague. Insensible aux hurlements frénétiques de Remus, il l'abattit ensuite sur l'enfant gémissant.

L'instant suivant, Remus eut le sentiment que le temps avait cessé de s'écouler. Il regarda simplement tandis que le sang de son enfant bien-aimé coulait sur l'autel, la voix du bébé lui brisant les oreilles dans un dernier hurlement. Voldemort se mit à briller d'un pouvoir complètement nouveau, ses yeux rouges pas encore remplis d'un feu brûlant, et son visage pâle tordu en un sourire de triomphe fou et malveillant.

Ensuite il y eut un éclair de lumière, trop intense pour lui permettre de garder les yeux ouverts ou pour voir quoi que ce soit quand il les rouvrit. Après que l'effet aveuglant eut disparu, il leva les yeux sur Voldemort. En voyant le Seigneur des Ténèbres se tenir là, évidemment empli d'un nouveau pouvoir et de force, tout ce qu'il voulut faire était de se laisser tomber sur le sol et de pleurer jusqu'à être vide de larmes et de vie.

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ne lui autorisa pourtant pas de terminer ainsi. Au lieu de ça, le Seigneur des Ténèbres jeta simplement le cadavre de son bébé de côté, puis il le regarda de ses yeux froids.

-Très bien », dit-il. »Qu'allons-nous faire de toi à présent, loup-garou ? Tu m'es devenu inutile maintenant que le rituel a été réalisé.

-My Lord, si je puis me permettre », osa dire un des Mangemorts, et à sa grande horreur Remus reconnut l'homme comme étant Severus. » Si vous n'avez aucune utilité de lui, je pourrais peut-être l'avoir ? Il ne me sera pas plus utile, je dois le reconnaître, mais il peut faire un objet sexuel suffisamment bon pour mes goûts –particulièrement maintenant qu'il n'a plus ce ventre de grossesse ridicule et dégoûtant qui gêne.

-Vraiment ». Voldemort tourna ses yeux rouges vers Remus, avec une expression calculatrice. » Très bien, Ssseverusss. Tu m'as grandement sssatissfait. Je comblerai ton vœu ; tu peux avoir la bête. » Quand ce fut dit, il se tourna vers ses serviteurs. » Mes loyaux Mangemorts », cria-t-il, »il est temps que nous débarrasssions le monde de cette peste que sssont les Moldus et les Sssang-de-Bourbe. Ce sssoir, nous prenons Poudlard ». C'est de là que partira notre série de victoires.

Remus n'eut malgré tout pas ce sort-là. Sachant déjà qu'il ne sortirait pas vivant d'ici, il rassembla toutes ses forces et se dégagea de la prise de ceux qui le retenaient. Ensuite, avant que quiconque ait pu faire quoi que ce soit, il se rua ver Voldemort, se préparant à faire tout ce qu'il pouvait pour tuer l'homme. Pourtant, il n'avait pas encore parcouru la moitié de la distance qu'une voix froide prononça :

-Avada Kedavra.

Quand le faisceau de lumière émeraude l'approcha, il sut qu'il ne pourrait pas l'éviter, tout comme il sut qui l'avait envoyé. Pourtant, il n'en avait cure. Tout ce dont il se souciait, c'était qu'il se trouverait là où était son magnifique fils –il voulait être avec son enfant, et loin de l'homme traître qu'il avait malencontreusement décidé d'aimer.

Sa dernière pensée consciente avant d'accueillir chaleureusement les ténèbres infinies l'enveloppant était,… »Attendez une minute…Aimer ? »


-Remus ! Remus, réveille-toi !

Criant le nom du loup-garou, Severus secouait frénétiquement les épaules de l'homme mince. Il était évident que le Gryffondor était en train de faire un cauchemar, mais il ne se réveillait pas quoi que puisse faire Severus.

Il venait juste de regagner leurs quartiers après le dernier cours de la journée. Il avait trouvé Remus endormi sur le canapé, foudroyé dans les griffes des horreurs que son esprit avait créées pour lui. Et rien de ce à quoi Severus pensa faire ne le réveillait, aucun cri, aucune secousse, rien.

Pourtant, le loup-garou se mit soudainement en position assise. Ses yeux étaient largement écarquillés, et un petit gémissement s'échappa de ses lèvres. Il était malgré tout bien réveillé, tremblant à cause de son cauchemar. Le remarquant, Severus ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.

-Tu es enfin réveillé », dit-il. « Ça faisait un moment que j'essayais…

Il ne put terminer sa phrase, cependant. Remus le regardait avec une expression d'horreur totale sur le visage. Confus, Severus tenta de tendre une main pour l'apaiser, mais le geste eut pour seule conséquence de faire reculer le loup-garou et de le faire japper de peur. Le Maître de Potions décida alors de rester simplement où il était, ne sachant pas ce qu'il devait dire ou faire, ne sachant pas pourquoi Remus était effrayé. Ça avait évidemment quelque chose à voir avec son cauchemar –mais en quoi avait-il consisté exactement ?

Il eut bientôt sa réponse.

-Ne m'approche pas, salaud », cria Remus. »Tu ne toucheras pas mon enfant, jamais ! Tu ne le donneras pas à Voldemort.

En criant ça, il enroula ses bras autour de son ventre où -si quelqu'un regardait attentivement- on pouvait à présent remarquer le début peu important d'une bosse due au bébé. Encore quelque temps, et son état ne pourrait plus être dissimulé.

-Remus », fit Severus en se forçant à rester calme, « Remus, écoute-moi. Ce n'était pas vrai, c'était juste un cauchemar. Tu sais que je ne travaillerais jamais pour Voldemort, n'est-ce pas ?

-Mais…mais je t'ai vu », sanglota le Gryffondor, les larmes roulant de ses yeux ambrés. » Tu étais là, avec les autres Mangemorts. Et tu…tu me prenais mon bébé et tu le donnais à Voldemort pour qu'il le tue ! Et ensuite tu me tuais.

-Pour l'amour de Merlin, Remus », soupira le Maître de Potions, » ce 'était pas réel. Essaie de t'en remettre, ne deviens pas hystérique. C'était juste un cauchemar –ce n'était pas réel ? Calme-toi, simplement.

Lentement, les sanglots diminuèrent un peu. Enfin, juste au moment où Severus considéra le loup-garou suffisamment calme pour qu'il puisse s'asseoir près de lui et qu'il le fit, Remus écarta les bras protégeant son ventre et l'enfant qui s'y trouvait.

-Dé-désolé », bégaya ensuite Remus. » Bien sûr que ce n'était qu'un cauchemar. Désolé, Severus. J'espère que tu…j'espère que tu n'es pas furieux contre moi.

-Ne t'inquiète pas pour ça, Remus », dit doucement Severus. Il posa une main sur le ventre de Remus. Á son grand plaisir, le loup-garou ne se déroba pas et ne montra aucune peur envers lui. C'était vraiment un bon signe. » Ce n'est pas une chose sur laquelle je parierai.

-Ne l'appelle pas « une chose », »renifla Remus, essayant en vain d'essuyer les larmes de ses yeux. « C'est comme si tu parlais d'un objet inanimé quelconque. C'est un enfant –notre enfant. Appelle-le comme ça.

-Alors très bien ». Bougeant sa main sur le ventre plus si plat, Severus dit : » Je ne vous blesserai jamais toi ou notre enfant, Remus, pas plus que je ne permettrai à quelqu'un de vous infliger une quelconque blessure. Ça peut te sembler incroyable, mais j'aime notre bébé ». Sa main s'étendit dans un geste protecteur sur la bosse à peine remarquable sur le ventre du loup-garou, et il acheva : » Je préfèrerais mourir plutôt que de laisser Voldemort approcher de notre enfant où qu'il soit.

Un autre souffle s'échappa des lèvres du loup-garou.

-Mais qu'en est-il de moi ? »demanda-t-il alors.

-Que veux-tu dire par « qu'en est-il de toi » ? interrogea Severus en fronçant les sourcils. »J'ai simplement dit que je ne laisserai jamais une blessure vous arriver. Est-ce que ce n'est pas suffisant comme promesse ?

Remus n'abandonna pas pourtant si facilement.

-Tu as dit que tu aimais notre enfant », dit-il, la voix encore un peu tremblante après le cauchemar. »Mais qu'en est-il de moi ?

Au début, Severus fut déconcerté par la question surprenante. Malgré tout, enfin, juste au moment où l'expression de Remus se chargeait de regret pour l'avoir même demandé, il acquiesça lentement.

-Oui », fit-il doucement. »Oui, Remus, je t'aime aussi…De bien plus d'une seule façon.

Pendant un moment, ils se regardèrent mutuellement, les yeux d'ambre rivés à ceux d'obsidienne. Puis finalement, juste à l'instant où ils pensèrent tous les deux qu'ils ne pouvaient plus attendre, Severus se pencha en avant et captura les lèvres de Remus dans un baiser doux et hésitant qui lui fut chaleureusement rendu.


Prochain chapitre: L'aimer.

Á moins que quelqu'un ait quelque chose contre ça, je pensais vraiment à quelque chose de doux pour changer…Si je peux le mener à bien, évidemment. Je doute franchement d'être capable d'écrire une chose qui ne soit pas du tout angst.