Trop d'Amour Te Tuera

10 – La magie la plus puissante

Severus appréciait de plus en plus la compagnie de Lorena. Il aimait bien le fait qu'elle pouvait rester silencieuse pendant des heures. Il la soupçonnait d'être parfois dans son monde intérieur, et il devait admettre qu'il voulait utiliser le sortilège Legilimens sur elle pour pouvoir accéder à ce monde et le partager avec elle. Cela devait sûrement avoir un rapport avec la cécité de la jeune femme.

Quelque fois, Lorena jouait dans sa chambre – quand elle était certaine qu'il n'était pas dans ses quartiers. Elle ne souhaitait pas le déranger, car elle estimait que son jeu n'était pas si formidable. Par ailleurs, elle aimait le son fabuleux de la salle commune de Serpentard. Le haut plafond, le large espace, les murs de pierre, tout ceci rendait un son merveilleux. Severus insistait alors pour venir avec elle et elle jouait pour lui les morceaux qu'elle préférait. Ils avaient un effet réconfortant sur lui aussi.

En particulier, Severus appréciait les morceaux nostalgiques qu'elle jouait – ils correspondaient bien à son état d'âme, bien que ce fût pour des raisons différentes de celle de la jeune fille. Il lisait ou l'écoutait, la regardant jouer. Mais la plupart du temps, il s'asseyait seulement devant la cheminée, son regard ténébreux perdu dans une contemplation profonde. La musique l'aidait à réfléchir au rôle dangereux qu'il était en train de jouer comme espion pour l'Ordre du Phénix dans la lutte contre le Seigneur des Ténèbres. Il avait choisi son camp maintenant mais cela ne pourrait jamais effacer le mauvais choix qu'il avait fait plutôt dans sa vie, quand il n'était qu'un jeune homme, à la fin de son adolescence. Ni les terribles souvenirs des actes épouvantables qu'il avait dû alors commettre – et qu'il continuait à commettre sur les ordres du Seigneur des Ténèbres, pour seulement éviter d'exposer sa couverture. Jamais. La Marque des Ténèbres sur son avant-bras gauche en constituait un douloureux rappel. C'était là une croix qu'il aurait à porter jusqu'à son dernier souffle. Une croix déjà très lourde, susceptible de s'alourdir de plus en plus avec le temps. Un poids que même la mort de Lord Voldemort n'allègerait pas. Il le savait. Il savait que même bien après la mort du Seigneur des Ténèbres, il continuerait à vivre avec tout ça. Le remord et le regret.

La musique de Lorena réconfortait ce qui restait de son âme brisée, même temporairement, la soulageant quelque peu, allégeant son fardeau un peu, ne serait-ce que pour un moment.

Lorena jouait de mieux en mieux. La musique était un domaine où elle se sentait réellement à l'aise, maîtrisant son art alors qu'elle se sentait diminuée ailleurs. Elle était consciente qu'elle pouvait faire beaucoup de choses toute seule mais la plupart du temps, elle avait besoin de quelqu'un. Bien que ce quelqu'un… La compagnie du Professeur Rogue était agréable car il connaissait la vertu du silence, en dépit de ses remarques blessantes. Mais il était gentil avec elle. La façon dont il prenait soin d'elle montrait un homme fort différent de ce qu'il était habituellement en classe. Il était suffisamment bienveillant pour l'encourager à suivre son chemin par elle-même. Il savait intuitivement quand se retirer pour la laisser aller seul en premier. Seule mais jamais solitaire.

Lorsque Severus la regardait jouer, il remarquait qu'elle pleurait silencieusement tout en jouant. Il avait remarqué qu'elle était le genre de femme à pleurer en silence. Il comprenait alors pourquoi elle ne souhaitait pas être vue en train de jouer. Il n'aimerait pas être vu dans un tel état non plus. Il était surpris de voir qu'elle laissait ses émotions prendre le contrôle sur elle de cette manière, devant quelqu'un d'autre – à savoir lui. Il réalisa que c'était là pour la jeune fille sa façon de libérer les puissantes émotions qui agitaient son âme. Elle se sentait mieux après ça, comme apaisée. Il regretta de ne pouvoir trouver un moyen d'apaiser sa propre âme – bien qu'il sût que ce n'était pas possible. La paix qu'il pouvait obtenir était seulement temporaire, et une fois que Lorena eût fini de jouer, la consolation avait disparu.

Elle avait toujours le mouchoir de Severus à portée, pour pouvoir essuyer ses larmes. Il avait été surpris de constater qu'elle l'avait conservé tout ce temps depuis l'année dernière. Il n'avait pas souhaité lui demander de le lui rendre. La jeune femme semblait y attacher une importance toute particulière et il respectait ça.

Son passé de Mangemort, son présent comme agent double, ne constituaient pas les seuls sujets de réflexions et d'inquiétude pour Severus. Les pensées du Maître des Potions se focalisaient parfois sur la jeune musicienne à ses côtés. Il devait admettre qu'elle prenait de plus en plus de place dans sa vie, corps et esprit. D'abord, il refusa de le reconnaître. Elle était une étudiante et une responsabilité qu'il devait protéger. Mais Severus n'était pas le genre d'homme à se mentir à lui-même. Il l'avait fait avant et il savait que le prix à payer était trop élevé. Il reconnaissait qu'elle était devenue importante dans sa vie. Importante car elle lui apportait une sorte de joie, de consolation et de paix qu'il n'avait jamais imaginé encore ressentir.

Elle pouvait lui donner aussi quelque chose qu'il n'avait pas eu depuis bien longtemps. Il éprouvait une attraction physique pour elle. Une puissante attraction. Elle pouvait l'aider à trouver le soulagement dans son âme mais qu'en était-il du soulagement physique ? Le désir, l'envie, le besoin. Ces mots dansaient dans son esprit, bouillonnaient dans son corps. Violemment.

Lorsqu'il l'observait jouer, il était ému par les doigts agiles de la jeune fille sur l'instrument, par l'expression déchirante qu'elle donnait à la musique, par les larmes qui roulaient sur ses joues pendant qu'elle jouait – en particulier l'Adagio for Strings – par les émotions que déployaient son visage, parfois de joie, d'énergie, de colère, la plupart du temps d'angoisse, selon le morceau qu'elle jouait. Elle semblait être frappée par l'Endoloris quand son visage montrait la douleur. Severus pouvait ressentir les émotions de la jeune fille, et en dépit de sa formation mentale, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de la douleur avec elle et aussi pour elle. Il voulait la prendre dans ses bras et la consoler. La prendre aussi, pour son propre plaisir. Le désir, une fois de plus.

Mais il ne le pouvait pas. Il pouvait admettre des sentiments concupiscents pour elle mais cela ne pouvait aller plus loin. Elle était une étudiante de sa propre Maison et il était son protecteur. Au fur et à mesure que le temps passait, il ressentait quelque chose plus fort pour elle mais il enfonça ses sentiments au plus profond de son âme déjà torturée de manière impitoyable.


Quelques jours plus tard, Severus ressentit une forte douleur dans son bras gauche. La Marque des Ténèbres était plus visible que jamais. Le Seigneur des Ténèbres le convoquait. Il se rua chez Dumbledore pour l'informer qu'il devait partir, vraisemblablement pour trois ou quatre jours. Le vieux Directeur comprit et lui souhaita bonne chance.

"Est-ce que vous voulez que je le dise à Mlle Nottingham, Severus ?"

"Non. Je le ferai moi-même. Sans entrer dans les détails, bien entendu. J'ai besoin de me rendre à mes appartements d'abord."

Albus n'insista pas et le jeune sorcier quitta son bureau. Il songea à tous les dangers et les souffrances auxquels il soumettait son Maître des Potions. Il savait que Severus Rogue avait des nerfs d'acier et de l'endurance, mais tout de même – combien de temps cela devrait-il continuer ? Il pensa à la fille aussi. Il trouva étrange que Severus retournât à ses appartements pour informer la fille de son absence. Il avait remarqué qu'ils passaient le plus clair de leur temps ensemble et par nécessairement dans un but académique. Ils semblaient apprécier leur compagnie mutuelle. Si elle pouvait apporter un quelconque soulagement à l'âme tourmentée de Severus, Albus ne trouvait rien à redire. Il le méritait bien après tous les sacrifices qu'il avait fait – et il qu'il continuait à faire pour le Plus Grand Bien. Et pourtant, le pire pourrait encore être à venir.

Severus retourna à ses quartiers. Il voulait prendre une potion analgésique contre la brûlure de la marque imprimée sur sa chair. Il voulait en prendre une fiole pour son retour. Si je reviens. Par ailleurs, Il voulait dire à Lorena qu'il serait absent pendant quelques jours. Pour des raisons qui ne lui apparaissaient pas clairement, il voulait l'en informer. Non pas qu'il fût obligé de le faire, mais il croyait qu'il devait le faire par honnêteté envers elle.

Il la trouva assise dans le sofa, en train de lire. Elle avait sa baguette en main pour la lecture mais elle l'avait entendu dans le corridor. Elle était prête, baguette à la main, la tête tournée vers la porte, la détermination d'agir lisible dans ses yeux gris pâle et vides.

"Ce n'est que moi," fit Severus. Il ne voulait pas qu'elle lui jette un sort. Pas avant une réunion avec le Seigneur des Ténèbres. Il devait être en pleine possession de ses moyens.

Un sourire apparut sur les lèvres de la jeune femme. "Oh, Professeur."

"Ecoutez-moi, Mlle Nottingham. Je dois quitter Poudlard pendant quelques jours. Je suis juste revenue pour vous en informer."

Le sourire de Lorena disparut de ses lèvres. "Combien… combien de temps serez-vous parti ?" lui demanda-t-elle d'une petite voix. Severus aurait pu jurer avoir détecter de l'angoisse soigneusement cachée dans le ton de ses paroles.

"Trois ou quatre jours. Je ne le sais pas encore." Il la regarda. Elle paraissait un peu triste à l'idée d'être séparée de lui. "Ne vous inquiétez pas. Albus Dumbledore est au courant et il gardera un oeil sur vous. Pensez-y, vous aurez tout le temps pour pratiquer votre musique."

"Quand même, Professeur. Vos encouragements me manqueront." Elle s'arrêta, craignant d'en avoir dit trop. "Où que vous alliez, prenez bien soin de vous, Professeur," fit-elle doucement, un sourire aux lèvres.

Severus fut quelque part touché par ses paroles – même s'il enterra ses sentiments au plus profond de lui. Rejoindre le Seigneur des Ténèbres était dangereux et stressant. Cela pouvait être un aller-simple, un voyage dont on ne pouvait jamais revenir.

On frappe à la porte. Severus ouvrit la porte. Dumbledore se tenait là. Il le laissa entrer. "Que puis-je faire pour vous, Monsieur le Directeur ?"

"Pour moi ? Rien. Je crois que ça nous ferait du bien, à Mlle Nottingham et à moi, si nous pouvions vous accompagner jusqu'au portail du château, avant que vous Transplaniez." Sur ces paroles, il se dirigea vers la jeune fille et posa une main sur son épaule. Elle avait entendu ce qu'il venait de dire et remettait ses chaussures.

Severus les regarda tous les deux, l'air renfrogné. Il n'était pas très content. Il n'avait jamais aimé les longs adieux. Mais le Directeur avait ainsi décidé et il y avait sûrement une bonne raison à cela. Dumbledore ne faisait jamais les choses sans une bonne raison derrière.

Ils quittèrent les quartiers du Maître des Potions ensemble, Albus offrant son bras à Lorena, ce qui surprit Severus et le rendit encore plus menaçant. C'était d'habitude lui qui faisait ça. Dumbledore le regarda comme s'il n'avait rien remarqué mais derrière ses lunettes en demi-lune, le vieil homme savait parfaitement ce qu'il faisait – faire comprendre certaines choses au jeune sorcier. Ses yeux bleu acier brillaient.

Une fois devant le portail, Severus se prépara à Transplaner. Il portait son manteau de Mangemort, son masque cache dessous. Le Directeur lui dit au-revoir et lui souhaita encore bonne chance. Puis Lorena s'échappa de son bras.

"Professeur Rogue !" dit-elle, tout en se ruant vers lui. Elle avait perçu où il se tenait lorsqu'elle l'avait entendu répondre à Dumbledore. Elle se jeta contre Severus, ses mains sur la poitrine de l'homme. Elle se hissa sur la pointe des pieds afin que sa bouche puisse murmurer quelque chose à son oreille.

"Revenez-nous vite," murmura-t-elle. "Sain et sauf." Il pouvait sentir le soufflé de la jeune fille sur son oreille, puis le contact très léger de sa bouche sur sa joue, dans une douce caresse.

Instinctivement, il posa ses mains sur la taille de la jeune fille. "Oui, Mlle Nottingham." Son ton était des plus sérieux. Son regard ténébreux sonda ses yeux gris pale et vides et pendant une seconde, il aurait juré qu'elle pouvait voir.

Il ne lui avait rien dit sur sa destination mais elle avait dû sentir que c'était vers un endroit dangereux. Une vague de compassion le submergea et il était certain qu'elle venait d'elle.

Puis leurs corps se séparèrent et il quitta les lieux. Albus Dumbledore la prit par le bras pour la ramener vers le château. "Il reviendra, Lorena. Il est toujours revenu."


Lorena avait décidé de ne pas laisser son angoisse prendre le dessus sur elle. Par conséquent, elle eut recours au meilleur remède qu'elle connaissait, à part la lecture : la musique. Elle prit son violon et passa tout l'après-midi dans la salle commune de Serpentard.

Bien entendu, quand Dumbledore vint la chercher dans les appartements de Severus pour le dîner, elle ne s'y trouvait pas. Mais quelque chose attira son attention. Quelque chose qu'il n'avait jamais entendu dans cette partie du château. De la musique.

Il suivit le son, qui le mena vers la salle commune de Serpentard. Là, l'on entendait distinctement de la musique et pendant quelques secondes, il fut surpris. Il se demanda s'il devait interrompre ou entrer silencieusement. Il opta pour la seconde idée. Il jeta un sort de silence sur sa personne et entra dans la salle. Il s'assit dans le fauteuil en face de la jeune fille et la regarda jouer, sans qu'elle le sût.

Elle jouait l'Adagio pour Cordes – ce qui convenait parfaitement à son état d'esprit actuel. Albus remarqua qu'elle vivait sa musique profondément car des larmes lui coulaient sur les joues au fur et à mesure que le crescendo montait et avant un silence de plusieurs secondes. Puis la musique reprit avec les sons les plus graves que pouvaient donner l'instrument.

Dumbledore pouvait sentir les puissants sentiments que laissait échapper la jeune fille. Il n'en fut pas surpris. Il était juste surpris par l'étendue de leur puissance. Le lieu et le moment étaient probablement les plus pratiques pour qu'elle libère ses sentiments. Il nota mentalement de rappeler à son Maître des Potions d'enseigner à la jeune fille l'Occlumencie en priorité. Il savait qu'elle maîtrisait fermement les possibles projections mentales en provenance des autres, surtout en tant que télépathe de contact. Mais les siennes propres ? La musique était probablement le seul exutoire pour elle, où elle pouvait baisser sa garde et laisser ses émotions s'écouler librement, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur d'elle.

Le morceau s'acheva et Albus annula le sort de silence qu'il avait jeté sur lui. "C'est vraiment très beau, Lorena," dit-il doucement, de façon à ne pas l'effrayer.

Lorena sursauta de toutes manières. Mais elle se calma tout de suite lorsqu'elle reconnut sa voix. "Professeur Dumbledore ! Comment… ?"

Le vieil home sourit. "Je suis juste allé à vos quartiers pour venir vous chercher pour le dîner mais vous n'y étiez pas. Mais j'ai entendu de la musique et elle m'a amené ici." Il s'arrêta. "C'est vraiment très beau. Ah, la musique… L'une des magies les plus puissantes qui soit."

"L'une des magies les plus puissantes ?"

"Oui, jeune dame. En fait, il n'y a que deux magies très puissantes, qui sont plus puissantes que tout ce que nous pouvons enseigner ici mis ensemble. Plus puissantes que ce que la Magie Noire pourrait jamais invoquer."

"Et c'est quoi ? Vous avez mentionné la musique, quelle est l'autre ?"

Dumbledore la regarda attentivement. "L'autre, c'est l'amour." Il avait dit ça comme si c'était l'évidence même.

"L'amour et la musique…" songea tout haut Lorena.

"Oui. La musique peut remuer des émotions, les faisant remonter de très loin, du plus profond de l'âme la plus torturée. Quant à l'amour… certains dissent que c'est une magie primitive car elle remonte à très loin dans l'histoire de l'humanité. Regardez ce que l'amour peut provoquer parfois chez certaines personnes."

Il y avait comme une pointe de nostalgie dans sa voix qui n'échappa pas à Lorena. "Oui, certaines personnes peuvent faire beaucoup de choses au nom de l'amour. Enfin, je suppose, parce que je n'y connais pas grand chose. Mais l'histoire en est remplie d'exemples."

Le vieux Directeur lui sourit. Elle était innocente en effet mais pas stupide. "Allons dîner, Lorena. C'est l'heure. Rangez vos affaires, je vous accompagne dans la Grande Salle. Oh, au fait, seriez-vous d'accord pour nous donner un petit concert un de ces soirs ?"

Lorena était en train de ranger son violon et ses partitions. Elle fut surprise par la suggestion. Elle n'avait jamais eu l'intention de montrer son art devant autrui. "C'est que je joue seule, vous savez."

"Je peux voir que vous avez un auditoire ici. Les quatre fantômes des Maisons sont présents."

"Les quatre ?!" Lorena fronça les sourcils. "Baron ! Vous m'aviez juré que…"

"Que je ne ferais aucun commentaires en votre présence. Les fantômes ont des oreilles, fille de Serpentard !" protesta le Baron Sanglant. "Je ne leur ai pas dit de venir vous écouter. Ils vous ont entendue et ils ont aimé. Sans commentaires."

Il avait raison et Lorena abandonna la partie. "Très bien, ça va." Mort mais toujours aussi Serpentard…

"De plus, je ne vois pas pourquoi les autres fantômes seraient privés de votre performance alors que des membres distingués du corps professoral viennent ici régulièrement pour écouter votre musique !" renchérit le Baron pour bien appuyer son argumentation.

C'est bien Serpentard, ça, pensa Albus. "Merci pour le compliment, Baron."

"Je ne faisais pas allusion à vous, Monsieur le Directeur. Bien que vous soyez un membre distingue du corps professoral."

Albus avait sa petite idée quant à l'identité de la personne dont le fantôme parlait. "Ah bien, qui est-ce alors ?" L'éclat dans ses yeux trahissait son amusement. Lorena resta silencieuse, occupée à ranger.

"Le Professeur Rogue, évidemment !" fit le Baron avec un petit rire. "Il est ici autant qu'il le peut." Il s'arrêta, le temps pour lui de faire un clin d'oeil aux autres fantômes. "On dirait même qu'il aime beaucoup ça."

Lorena était prête, un air renfrogné sur son visage. Le Baron Sanglant ! Mais elle devait admettre qu'un jour ou l'autre, le Directeur aurait appris la vérité. Le Maître des Potions et elle ne faisaient rien de répréhensible non plus, avec quatre fantômes autour en guise de chaperons. De plus, elle savait que les quatre fantômes ne seraient pas de trop pour éloigner Peeves – en particulier le Baron Sanglant. Le poltergeist était une nuisance et le fantôme de la Maison Serpentard était le seul, avec Albus Dumbledore, à avoir une quelconque autorité sur lui.

"Je suis ravi d'apprendre que le Professeur Rogue peut trouver quelque réconfort, sinon de la joie, à écouter votre musique," remarqua Dumbledore. "Allons-y, Lorena. Sinon, il ne restera plus rien à manger pour nous."


Lorena avait laissé l'étui de son violon dans le salon de Severus. Elle pourrait reprendre la musique plus tard le soir. Albus l'emmena à la table du dîner comme Severus avait l'habitude de faire. Elle s'assit à sa place usuelle. Lorena se rendit alors compte qu'elle avait faim. Elle apprécierait le moment du repas.

Sauf qu'une seule personne manquait. Le Maître des Potions. Lorena était anxieuse à son sujet. Elle se demandait où il avait bien pu aller et ce qu'il était advenu de lui. Elle avait perçu, lorsqu'elle lui avait dit au-revoir, grâce à ses capacités de télépathe, qu'il partait vers une destination dangereuse. De plus, une intuition puissante lui susurrait que c'était en rapport avec sa cécité. Elle n'aurait pas pu dire pourquoi mais un sentiment puissant émanant de ses tripes lui disait qu'il en était ainsi.

Albus Dumbledore l'observait attentivement, surveillant chacune de ses réactions. Ses yeux gris pâle étaient vides, ils ne révélaient rien mais il pouvait lire sur le visage de la jeune fille qu'elle était soucieuse. Peut-être qu'il pourrait avoir une petite discussion avec elle plus tard – si elle était d'accord. Il soupira. Peut-être qu'il pourrait lui parler des projets que le Seigneur des Ténèbres réservait pour elle. Il débattit intérieurement avec cette idée et finalement décida qu'il ne le ferait pas. Non, il attendrait que Severus soit là. Il aurait besoin de consulter avec lui d'abord avant de le dire à la jeune fille.


Tous ceux par ici qui sont des petits génies et des artistes en dessin et photomontage en tout genre, ne vous gênez pas d'utiliser mon travail pour stimuler votre imagination – je souhaite seulement que vous me donniez le lien qui y mène afin que je puisse y admirer vos œuvres et y laisser une revue.

Merci de laisser une revue !