~Réponses aux Reviews anonymes~
Ima Nonyme : Bah que veux-tu, il a l'instinct de sacrifice cet imbécile c'est pas sa faute mais celle des développeurs o/ Du coup j'en profite aussi pour répondre à ta review sur ''Koneko'' : non je doute qu'une suite voit le jour, déjà à l'époque (trois ans quand même oO) ce texte marchait déjà comme un OS dans ma tête et en faire toute une fic ne serait pas forcément une bonne chose à mon sens ^^ Voilà voilà, merci beaucoup pour tes deux reviews !
A/N : Salut les gens, j'ai plein de choses à vous dire ! Alors pour commencer j'ai l'immense plaisir de vous annoncer que cette Fanfiction a désormais son propre Fanart (si si ma bonne dame) dont vous pourrez trouver le lien en haut de mon profil. Dessin réalisé par Gaynyway, encore merci à lui~ Ensuite en ce qui concerne le retard dans la publication, pour ceux qui ne l'auraient pas encore vue l'explication se trouve dans le coin des infos lui aussi en haut de mon profil, mais je ne désespère pas de régler le problème rapidement (; Voilà voilà il ne me reste maintenant plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture et à très bientôt j'espère !
Hikari
Partie 1
C'est lourdement que Riku atterrit sur un parquet en bois des plus familiers, faisant au passage violemment sursauter l'occupante de la chambre dans laquelle il venait d'échouer. Sa légère désorientation laissa cependant bien vite place à une panique sans nom et il se mit aussitôt à chercher frénétiquement le livre du regard, s'en saisissant vivement après l'avoir trouvé et commençant à le retourner dans tous les sens sous le regard à la fois incrédule et embué de sommeil de Paine.
« Mais qu'est-ce que tu fous ? parvint enfin à articuler la jeune femme d'une voix pâteuse, avant de continuer avec plus de force : et puis d'abord comment tu as fait pour entrer ici, hein ? J'ai fermé ma porte à clé hier soir avant d'aller me coucher sale petit merdeux ! »
Elle fulmina encore plus en constatant que ses paroles ne semblaient pas atteindre l'adolescent ne serait-ce qu'une seule seconde, mais Riku était parti bien trop loin dans ses pensées pour s'en apercevoir, continuant à tourner les pages avec frénésie dans le vain espoir de trouver une solution.
Il y avait bien quelque chose qu'il devait pouvoir faire bon sang !
« Tu m'écoutes quand je te parle oui ?! explosa soudain Paine en lui arrachant le livre des mains, utilisant le lit à son avantage pour se tenir hors de la porté de son frère.
— Rend-moi ça tout de suite idiote ! s'exclama-t-il aussitôt, cherchant à atteindre l'ouvrage sans y parvenir.
— Tu vas commencer par te calmer et répondre à mes questions, répondit Pain d'un ton cassant sans céder un seul instant. Alors, où est-ce que tu as passé la nuit pour commencer, comment tu as fait pour rentrer dans cette pièce fermée à clé et, le plus important, pourquoi est-ce que tu tiens tant à récupérer ce foutu bouquin pour gosses ?! »
La jeune femme avait l'air aussi en colère que lui à présent, et Riku lui aurait sans doute rendu son regard noir avec autant de ferveur si l'extrême fatigue l'engourdissant ne l'en avait pas empêché.
« Écoute, ce serait bien trop long de tout t'expliquer et de toute façon tu ne me croirais pas, alors s'il te plaît contente-toi de me le passer et de me laisser sortir d'ici, énonça-t-il d'un ton qui se voulait posé, malheureusement trahi par la nervosité évidente se lisant sur ses traits.
— Et puis quoi encore, tu crois sincèrement que je vais te laisser t'en tirer com... »
Paine s'interrompit au beau milieu de sa phrase sans raison apparente, mais c'est seulement lorsque Riku constata que le jeune femme restait figée dans la même position les lèvres encore légèrement entrouvertes qu'il comprit que quelque chose de surnaturel venait de se produire.
Il tourna alors frénétiquement la tête de droite à gauche à la recherche de ce qui avait bien pu provoquer pareil phénomène et tomba alors avec stupéfaction sur la porte désormais grande ouverte, la personne se tenant dans l'encadrement étant sans aucun doute la dernière qu'il se serait attendu à voir en pareilles circonstances.
«...Aerith ? demanda-t-il d'une voix incertaine, et la bibliothèque lui sourit tristement avant de doucement s'approcher de lui de son pas léger et aérien.
— Elle va bien, ne t'en fais pas. Le sort ''Stop'' n'agit que quelques minutes sur les personnes normales, ta sœur devrait rapidement s'en remettre, commença tranquillement la jeune femme, l'air nullement offensée par le regard effaré que lui lançait l'adolescent.
— C'est de la magie ? souffla-t-il enfin lorsqu'il parvint à suffisamment réorganiser ses pensées, et Aerith acquiesça simplement. Mais, comment... »
La bibliothécaire posa alors un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence, geste qui lui rappela de manière bien trop vive son ami laissé derrière lui, mais il n'insista pas plus que cela et la laissa s'exprimer.
« Je répondrai à toutes tes questions en temps voulu, je te le promets. Mais pour l'instant il faut que tu te reposes, Riku. Tu n'es certainement pas en état de m'écouter et encore moins d'agir pour le moment mais ne t'en fais pas, je suis convaincue que ça viendra ! »
Et avant que Riku ait pu exprimer quoi que ce soit la jeune femme avait posé une main sur ses yeux et murmuré un mot qu'il ne parvint pas à saisir sur l'instant, l'inconscience le gagnant peu à peu tandis que sa vue se troublait.
oooOOOooo
C'est le chant d'un oiseau particulièrement haut perché qui tira Riku de son profond sommeil de longues heures plus tard, l'adolescent fixant durant quelques instants un plafond qui ne lui disant absolument rien d'un air circonspect.
Cet état de grâce ne dura cependant que le temps qu'il lui fallut pour que les récents événements lui reviennent en mémoire avec la puissance d'une gifle en plein visage et Riku repoussa avec force les couvertures sous lesquelles on l'avait installé, obligé de piler net lorsqu'il fut pris de violents vertiges après s'être relevé trop rapidement. Ce n'était pourtant pas le moment pour que ses jambes décident de le lâcher enfin ! Il devait remettre la main sur ce satané livre, et ensuite...
« Je m'assoirai si j'étais toi. Après tout tu as dormi plus d'une journée entière, ça m'étonnerait que tu te sentes si bien que ça. »
Riku releva brusquement les yeux et tomba sur l'expression presque maternelle d'Aerith, cette dernière lui tendant un grand verre d'eau ainsi que de quoi manger.
Se rendant soudain compte d'à quel point il avait faim et soif, l'adolescent engloutit sans un mot tout ce que son hôte lui avait apporté, se sentant nettement mieux sur le plan physique une fois cela fait. Il restait cependant bien évidemment les innombrables questions qu'il avait à poser à la bibliothécaire, celle-ci semblant attendre patiemment qu'il se décide enfin à prendre la parole.
« Vous saviez ce qui allait arriver, n'est-ce pas ? Lorsque vous m'avez proposé d'emprunter ce livre il y a une semaine, commença Riku d'un ton plus accusateur qu'il ne l'aurait souhaité.
— En réalité, c'était il y a moins de deux jours. Si on exclut la journée que tu as passé à dormir, il s'est à peine écoulé une nuit entre le moment où tu es entré dans le livre et celui où tu en es resorti, répondit Aerith sans se départir de son apparente sérénité.
— Ce n'est pas ce que j'ai demandé, lui fit-il remarquer avec véhémence.
— Je le sais bien. En tout cas oui, je savais ce qui allait se produire, ou du moins j'espérais sincèrement que ça arriverait.
—...Mais pourquoi ? Qu'est-ce que ça pouvait bien vous apporter ? Et puis qui êtes-vous à la fin à pouvoir vous servir de magie alors que ça n'est même pas sensé exister ! commença à s'enflammer Riku, heureusement rapidement modéré par l'air désarmant de son interlocutrice.
— Tu as rencontré Sora à l'intérieur, je me trompe ? »
Une boule se forma au fond de la gorge du jeune homme à l'entente de ce prénom, et son air peiné fut tout ce dont Aerith eut besoin pour répondre à sa question.
« Et il t'a raconté son histoire, n'est-ce pas ? »
Nouveau hochement de tête affirmatif, et ce fut au tour de la bibliothécaire de prendre une sombre mine.
« Si tu savais comme je m'en veux... J'aurai du être capable de le protéger, j'aurai du être capable de faire quelque chose mais non ! Ce sale monstre m'a tout pris, d'abord mon cher Zack, puis il a ensuite emmené mon fils là où je ne pouvais plus rien faire pour lui. »
Elle tapa rageusement du poing sur ces mots, faisant sursauter Riku avec force face à cette démonstration de colère inattendue. Il ne lui fallut ensuite pas longtemps pour replonger dans ses pensées et relier tous les éléments à sa disposition entre eux, la stupeur se peignant de nouveau sur ses traits à mesure qu'il en venait enfin aux faits.
« La magicienne, c'était vous ? Mais c'est impossible enfin, ces événements se sont produits il y a bien trop longtemps !
— Parce qu'après ce que tu viens de vivre tu crois encore beaucoup de choses impossibles ?
—...
— Pardon, je me suis laissée emportée, s'excusa brièvement Aerith avant de poursuivre : quant à mon âge, sache simplement que je suis la dernière descendante d'une longue lignée de magiciennes qui s'éteindra certainement avec moi d'ici un siècle ou deux, Sora n'étant pas une fille et moi n'ayant aucune intention de me remarier un jour, expliqua-t-elle sobrement comme si c'était la chose la plus banale au monde. »
Le silence reprit un instant ses droits, Riku prenant le temps d'assimiler tout ce qui venait de lui être dit, puis c'est avec une hésitation certaine qu'il reprit :
« Mais alors si vous êtes si puissante que cela et que vous possédiez ce livre, pourquoi ne pas avoir été au secours de Sora ? »
Un sourire douloureux vint étirer les lèvres d'Aerith.
« Xemnas a toujours été un homme extrêmement prudent. Lorsqu'il a ensorcelé le livre, il a fait en sorte qu'aucune personne comme moi ne puisse en franchir le portail permettant l'accès. Je ne peux donc pas y entrer, mais à contrario, lui est piégé à l'intérieur pour toujours, bien que je doute que ça le dérange plus que cela à présent, acheva-t-elle avec amertume.
— Alors quoi, il n'y a vraiment rien que l'on puisse faire ?! »
C'était la colère qui prenait peu à peu le pas sur son abattement premier à présent, grondant et hurlant au plus profond de son être. Riku n'avait jamais supporté de se sentir impuissant, jamais. Et ce n'était pas aujourd'hui alors qu'une personne qui avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour que lui rentre sain et sauf chez lui que cela allait changer.
« Il y aurait bien un moyen, commença prudemment Aerith, mais...
— Pas de ''mais'', je refuse de rester ici les bras croisés à ne rien faire en sachant que l'on a pas tout essayé, s'obstina Riku en croisant les bras contre sa poitrine, sur la défensive. »
À son plus grand étonnement, la magicienne laissa échapper un discret rire cristallin et secoua doucement la tête de droite à gauche, comme si elle venait subitement de se rappeler d'une plaisanterie proprement hilarante.
« Quoi, qu'est-ce que j'ai dit de drôle ? demanda Riku en sentant avec horreur ses joues s'empourprer légèrement.
— Oh rien, rien du tout ne t'en fais pas, lui assura tranquillement Aerith avant de préciser : je ne vois même pas pourquoi je m'attendais à autre chose en fait, après tout tu as toujours été quelqu'un d'extrêmement borné lorsqu'il s'agit de protéger tes amis, acheva-t-elle gentiment, tandis que Riku fronçait lentement les sourcils.
— Comment ça ''toujours'' ? On se connaît à peine vous et moi.
— Oh, dans ce Monde ainsi que dans cette vie oui, je ne peux pas te contredire. »
Face au regard profondément perdu que lui lançait à présent le jeune homme, elle crut utile de préciser :
« Oh le principe des milliards de Mondes peuplant notre Univers serait sans aucun doute trop compliqué à t'expliquer pour le moment, surtout avec tout ce que tu as déjà à assimiler ces prochains jours. Disons simplement que cette vie n'est pas la première qui nous est accordée à toi et à moi et ne sera sans doute pas la dernière, bien que notre lieu de naissance soit à chaque fois radicalement différent. On retrouve en revanche quelques permanences dans chaque vie nouvelle, comme les personnes qui ont le plus compté ou influencé notre Destin la fois précédente ou encore certaines capacités immuables. Maintenant dis-moi, Riku, le terme ''Keyblade''évoque-t-il quoi que ce soit de familier en toi ? »
Ce mot, il était absolument certain de ne jamais l'avoir entendu.
Pourtant le simple fait de l'évoquer envoya une vague de chaleur dans tout son être, un feu brûlant trouvant son origine là où son cœur se situait et propageant dans tout son corps une détermination qui lui était à la fois inconnue et étrangement familière, comme une sensation qu'il aurait oubliée il y a longtemps.
« Non, finit-il par admettre en se rappelant que la bibliothécaire attendait toujours sa réponse. Qu'est-ce que c'est ?
— Si on souhaite rester simple, l'arme la plus puissante de l'Univers. Bien que la réalité soit bien plus complexe que cela, je suis certaine que tu t'en doutes.
— Et à quoi est-ce que ça ressemble, cette Keyblade ?
— Ça, tu ne le sauras que si tu acceptes la proposition que je m'apprête à te faire. Il va falloir faire un choix à présent, Riku. Es-tu prêt à éveiller ce don qui sommeille en toi depuis toutes ces années sans que tu ne le saches ou vas-tu retourner à l'existence paisible que tu menais jusqu'à présent ? »
Un sourire moqueur bien plus proche de l'attitude qu'il arborait habituellement vint peu à peu orner ses lèvres.
« De toute façon vu ce qui s'est passé ces derniers jours, je crois que je serai prêt à croire à à peu près tout et n'importe quoi à présent. Allez-y, je suis prêt. »
Ce fut tout ce dont Aerith eut besoin pour se lever et se pencher vers lui, sa main droite tendue brillant d'une lumière à la limite de l'aveuglant. Un éclair fulgurant en jaillit lorsque l'appendice entra en contact avec sa poitrine et Riku se retrouva violemment éjecte en arrière, le souffle coupé par la douleur aussi fulgurante que fugace qu'avait provoqué ce simple contact.
Il resta de longs instants ainsi immobile allongé sur le sol, le souffle court et le corps douloureux, avant de finalement réussir à articuler péniblement :
« Qu... Qu'est-ce que c'était que ça ?
— Juste une petite surcharge de Lumière afin d'éveiller pleinement ton potentiel, répondit tranquillement Aerith. Je te suggère de vite retourner te coucher à présent, ça ne prendra sans doute pas plus de quelques minutes au processus pour commencer à saper tes forces et que tu ne dormes jusqu'à demain au moins.
— Hein ?
— Contente-toi de faire ce que je te dis pour le moment, tu auras besoin de toute ton énergie afin de commencer ton entraînement.
—...Et ça consiste en quoi exactement ? demanda Riku, mi-figue mi-raisin.
— À te rendre capable de combattre Xemnas d'ici la prochaine pleine lune bien sûr, répartit la bibliothécaire comme si c'était la chose la plus évidente au monde, attirant sur elle le regard incrédule de l'adolescent.
— Vous plaisantez n'est-ce pas ? Brève négation de la tête. Bon sang mais vous avez vu de quoi ce monstre est capable ?! Même avec votre petit joujou là, comment voulez-vous que je sois capable de lui tenir tête et encore plus de le mettre hors d'état de nuire en l'espace d'un mois ?! s'exclama Riku avec force malgré la fatigue alourdissant à nouveau ses paupières. »
Ce brusque éclat ne sembla cependant pas perturber Aerith plus que cela, la magicienne ne se départissant pas un seul instant de son sourire.
« Il te suffit de mettre tout ton cœur à la tâche, et il ne faudra pas longtemps pour que ce qui t'est réellement utile te revienne en mémoire. Après tout tu étais plutôt doué dans ce domaine, ça, je peux te l'assurer. Dors maintenant, Riku, je ne serais pas très loin pendant que tu te reposeras. »
Le jeune homme n'insista pas plus, tant parce que l'épuisement avait finalement eu raison de lui que parce qu'il savait que poser d'autres questions ne ferait qu'en soulever d'autres aux réponses encore plus floues. Aussi se laissa-t-il tout simplement emporter par le sommeil, encore inconscient de ces trente jours proprement ahurissants qu'il allait passer en compagnie de cet étrange professeur.
oooOOOooo
« Oh au fait j'ai fait en sorte que ta famille ainsi que tous les gens qui te connaissent oublient jusqu'à ton existence même afin d'éviter de soulever quelques questions gênantes de leur part quant à ta disparition prochaine. Mais le processus est bien sûr réversible, cela va de soi ! Ça ne te dérange pas au moins ? »
Riku n'avait rien dit, se disant que de toute façon s'arrêter sur ce genre de ''détails'' au stade où il en était ne pourrait que lui être défavorable, aussi avait-il simplement secoué la tête pour donner son consentement puis suivi la magicienne dans un large sous-sol dissimulé au sein même de la bibliothèque, les murs de pierres de cette immense salle quasiment vide semblant sans âge.
Et le moins que l'on puisse dire, c'était que l'air plus que satisfait d'Aerith ne le prépara en rien à la rafale de boules de feu qui lui dégringola dessus à peine la lourde porte de bois y permettant l'accès fermée derrière eux.
« Att... »
La jeune femme l'ignora superbement et continua sans discontinuer à attaquer, la foudre et la glace se mêlant bientôt au premier élément employé. Il s'en fallait parfois d'un cheveux pour que Riku ne soit pas grièvement blessé, et l'énergie qu'il mettait à esquiver tous ces sorts ne lui en laissait pas suffisamment pour demander à la magicienne ce qu'elle pouvait bien avoir en tête.
Une heure passa ainsi, puis deux, puis trois, s'enchaînant sans qu'Aerith ne semble faiblir un seul instant tandis que Riku commençait lentement mais sûrement à s'épuiser, ses gestes se faisant de plus en plus lents ou imprécis, si bien que certains sorts commencèrent à l'effleurer sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit.
Il serra pourtant les dents et continua à persévérer, jusqu'à se retrouver acculé contre un mur dont il ne se rappela l'existence qu'une fois que la surface froide de ce dernier fut entrée en contact avec son dos.
La panique n'eut cependant pas même le temps de se faire sentir étant donné qu'à peine son regard à nouveau braqué sur la bibliothécaire, une boule de feu plus large que les précédentes entra immédiatement dans son champ de vision, lui assurant une mort qui serait particulièrement douloureuse à n'en point douter.
Riku ferma alors les yeux, levant les bras devant son visage dans le futile espoir de se protéger un minimum.
Puis entendit avec stupéfaction le cri victorieux d'Aerith lorsque quelque chose de lourd et étonnamment tiède au toucher malgré la matière dont elle était faite apparut brusquement dans sa main droite, stoppant net le sort avant qu'il n'atteigne sa cible.
Le jeune homme observa alors avec étonnement la curieuse arme qu'il tenait à la main.
La lame, semblable à l'aile d'une chauve-souris, alternait entre le rouge sang et le noir le plus profond, se terminant en une pointe à l'air particulièrement acérée sur laquelle perçait une petite aile blanche. La garde, arrondie, possédait une moitié de la même couleur ainsi qu'une autre noire également, se rejoignant au niveau d'une gemme bleue semblable à un œil. Enfin, un petit porte-clef pendait au bout d'une discrète chaîne en argent, une sorte de cœur noir bordé de rouge et scindé de deux tiges du même coloris dont la simple vue envoya une sensation désagréable dans tout son être.
Pourtant la simple vision de cette atypique épée suffit à lui réchauffer le cœur de manière incontrôlée, ce même sentiment que lorsque l'on retrouve un vieil ami après des années de séparation l'envahissant peu à peu. Si on lui avait posé la question, Riku se serait sans aucun doute à cet instant déclaré près à affronter toute une armée si le besoin s'en était fait sentir.
« ''Point du Jour'', déclara Aerith avec approbation, le tirant de ses réflexions.
— Alors c'est ça, une Keyblade ? s'interrogea Riku à voix haute tout en inspectant l'arme sous toutes ses coutures, la soupesant discrètement au passage.
— Non Riku ce n'est pas une Keyblade, mais la tienne. Tu es le seul à qui elle apparaîtra jamais, et ça, c'est quelque chose de bien plus profond que ce que tu ne t'imagines. »
Il acquiesça absentément, toujours occupé à dévorer Point du Jour du regard, et Aerith crut bon d'enchaîner :
« Bien, ce sera tout pour aujourd'hui. À vrai dire je dois avouer que je pensais que tu mettrais plus de temps que cela à parvenir à l'invoquer. Enfin ça n'a pas d'importance, fais ce que tu veux du reste de ta journée mais ne veille pas trop tard surtout : demain, les choses sérieuses commencent pour toi. »
Cette simple phrase résonna comme un doux euphémisme aux oreilles de Riku lorsque la magicienne commença dès les premières lueurs de l'aube à lui faire affronter toutes sortes de créatures étranges entièrement noires et aux yeux luisants sorties tout droit d'un autre livre noir qu'il n'avait encore jamais vu, la couverture ornée de trois symboles qu'il avait déjà pu observer sur la tête des Reflets.
Il ne lui demanda cependant pas comment elle avait réussi à se procurer un tel ouvrage, se contentant de savoir ce que ces ''sans-coeurs'' qu'il affrontait pouvaient lui faire si jamais il baissait sa garde ne serait-ce qu'un seul instant.
Et comme la magicienne l'avait prédit, l'aisance au combat lui vint au bout de trois jours à peine, s'affirmant au fil des nombreux combats qu'il mena sans relâche dans le sous-sol et s'accompagnant d'innombrables rêves étranges dans lesquels il voyageait seul dans de nombreux lieux différents, mais toujours avec la volonté de protéger une personne dont il ne parvenait malheureusement jamais à capter nettement le visage.
Bah, ça lui reviendrait sans doute un jour.
En attendant à l'apprentissage du combat vint bientôt s'ajouter celui de la magie et de ses sorts les plus basiques, Aerith le retenant jusque tard dans la nuit afin qu'il soit au moins capable de réaliser un sort de soin de manière décente et un tant soit peu efficace.
Quelques violentes crises de nerfs plus tard et cette routine avait repris de la manière la plus sereine qui soit étant données les circonstances, les jours devenant rapidement des semaines sans qu'aucun des deux ne s'en rende réellement compte.
Ce ne fut qu'au matin du trentième jour que Riku réalisa enfin tout le temps qui s'était écoulé, Aerith lui indiquant simplement après qu'il se soit levé qu'il avait toute la journée pour se reposer tandis qu'elle préparerait les enchantements nécessaires pour qu'il puisse retourner dans le livre à l'endroit souhaité.
Ne sachant pas vraiment quoi faire de ces quelques heures de sursis, Riku s'était simplement rendu une fois de plus au sous-sol et s'était assis dans l'un des coins de la pièce, jouant absentément avec un petit filament de Ténèbres tandis qu'il réfléchissait.
Ce vague contrôle sur les Ténèbres, il n'avait commencé à l'acquérir qu'une semaine auparavant et Aerith lui avait demandé d'être extrêmement prudent lors de son usage, lui faisant promettre de ne l'utiliser qu'en tout dernier recours.
Une promesse qu'il avait faite en sachant pertinemment qu'il ne la tiendrait pas.
Car après tout ce n'était pas n'importe qui qui allait se dresser en travers de son chemin, et quand bien même là n'était pas la question.
Il voulait écraser Xemnas, le faire payer pour tout ce qu'il avait pu faire subir à Sora durant toutes ces années, et ce à n'importe quel prix.
C'était aussi simple que cela, et ces pensées obsédantes ne cessèrent de lui tourner dans la tête tout le reste de la journée, l'accompagnant même alors qu'il se trouvait aux côtés d'Aerith dans la salle principale de la bibliothèque, la lune pleine déjà haute dans le ciel tandis que la magicienne récitait des paroles auxquelles il ne comprenait absolument rien.
Il en fit pourtant abstraction, tâchant plutôt d'essayer de contrôler les battements erratiques de son cœur. Il devait rester calme, ce serait franchement trop idiot de flancher après tout ce qu'il avait fait et maintenant qu'Aerith comptait à ce point sur lui ! Et Sora aussi, soit dit en passant, bien que ce dernier ne le sache pas encore.
Un vague sourire éclaira le visage de Riku à cette pensée, expression fugace qu'il s'empressa de chasser à la vue de l'air grave d'Aerith.
« Tu es prêt ? souffla cette dernière d'une voix chargée par l'émotion, et Riku obtempéra sans un mot. »
Il n'y avait rien qu'il aie vraiment envie de dire de toute façon, aussi c'est sans hésitation qu'il pénétra dans la lumière générée par le livre une fois celle-ci apparue, sa peur reléguée dans le coin le plus obscur de son esprit afin de caresser l'espoir que cette fois-ci, tout irait bien.
