Rating : M

Pairing : HP/DM

Disclaimer : Tous les personnages de Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling

Avertissement : Slash (relation homosexuelle entre deux hommes). Donc homophobes, s'abstenir.

Note de l'auteur : Cette histoire est une réponse au défi de Serdra. L'histoire se déroule lors de leur dernière année à Poudlard. Sirius Black, Severus Snape et Albus Dumbledore ne sont pas morts. Pour certains personnages, j'utiliserai leurs noms anglais.

Punaise ! Quatre mois d'attente ! :o Je suis vraiment désolée -_-' Je ne peux qu'espérer que ce nouveau chapitre vous plaira après vous avoir fait patienter aussi longtemps... En plus, j'ai eu du mal à le poster ce soir car ff . net ne voulait plus fonctionner :/

Comme toujours, encore un tout grand merci à tous ceux qui m'ont mis dans leurs favoris (100 !), leurs alertes (202 !) et/ou qui me laissent des commentaires (196 !) :D

Les RAR des anonymes se trouvent sur mon LiveJournal.

Résumé : Un veela de 17 ans découvre qui est son compagnon. Jusque là, rien d'exceptionnel. Mais que se passerait-il si celui-ci répondait au nom de Draco Malfoy et que son compagnon s'appelait Harry Potter ?


Chapitre 9

Samedi matin

Harry, accompagné de Ron, se dirigeait d'un bon pas vers le stade de Quidditch. En tant que capitaine de l'équipe, il avait programmé un entrainement ce matin-là.

Depuis mercredi, il passait ses soirées et ses nuits en compagnie de Malfoy, dans leur chambre qui leur avait été allouée. Jusqu'à présent, ils n'avaient pas encore abordé de thèmes jugés trop sérieux. Ils apprenaient petit à petit à faire connaissance. Il fallait dire qu'ils n'avaient pas encore eu beaucoup de temps libre à cause des cours et que ce n'était pas toujours très facile pour eux. Entre Draco qui avait peur de décevoir son compagnon et Harry qui essayait de le rassurer sur ses intentions, il était difficile d'avoir une discussion à bâton rompu. Leur relation évoluait par conséquent assez lentement pour l'instant.

Harry avait finalement mis ses camarades de dortoir au courant de la situation. Il n'avait pas eu envie de faire semblant de dormir tous les soirs dans son lit. C'était en effet loin d'être pratique pour lui de revenir à la tour Gryffondor avant le couvre-feu, de faire croire qu'il se mettait au lit, d'attendre que ses amis s'endorment, de retourner dans ses quartiers privés et de revenir dans le dortoir avant que les autres ne s'éveillent. En outre, cela avait rendu en quelque sorte la relation entre Malfoy et lui un peu plus officielle et, même si le veela ne le lui avait pas dit explicitement, Harry savait que cela n'avait pu que lui faire plaisir.

Dean, Seamus et Neville avaient globalement eu la même réaction que Ron. S'ils s'étaient montrés contents pour leur ami lorsqu'ils apprirent qu'il était le compagnon d'un veela, ils avaient quelque peu perdu de leur enthousiasme quand Harry avait révélé le nom dudit veela. Ils lui avaient cependant promis, tout comme Ron l'avait fait, d'essayer de faire un effort pour ne plus considérer Malfoy comme un ennemi. Harry savait bien sûr que ses camarades ne deviendraient pas amis du jour au lendemain avec le Serpentard. Il n'était pas stupide. Lui-même ne savait toujours pas comment il le considérait. Mais rien que le fait de savoir qu'ils feraient un effort parce qu'il était leur ami le touchait. Il n'aurait pu espérer mieux.

Deux bonnes heures plus tard, Harry et Ron quittaient les vestiaires des joueurs, satisfaits de cette séance. C'était la deuxième année que le brun était le capitaine de l'équipe. Après avoir eu besoin d'un peu de temps au début pour prendre ses marques, il se sentait désormais pleinement à l'aise dans ce rôle. Et cette assurance se répercutait lors des matches et des entrainements. Harry n'hésitait plus à signaler avec franchise à ses coéquipiers les choses qui n'allaient pas et ce qu'il fallait donc modifier ou améliorer pour la prochaine fois. Il donnait ses ordres et ses recommandations avec tact et était toujours à l'écoute de ce que les autres joueurs proposaient. De ce fait, une bonne ambiance régnait au sein de l'équipe.

Alors qu'ils traversaient un couloir du château afin de se rendre dans la tour Gryffondor pour y prendre une bonne douche bien méritée, Harry se fit interpeller par un élève de Poufsouffle de sixième année qu'il ne connaissait que de vue. Il fit signe à Ron de ne pas l'attendre.

« Salut Harry. Je suis Owen Cauldwell, un ami de Justin Finch-Fletchley, se présenta-t-il.

- Salut Owen. Tu as quelque chose à me demander ? » l'interrogea-t-il vu que l'étudiant ne disait plus rien.

Le jeune Poufsouffle n'osait pas le regarder directement dans les yeux. Il semblait être assez nerveux et triturait les bords de sa cape.

Owen s'éclaircit légèrement la voix.

« Voilà. Hum, tu me plais... bien. Et j'aurais voulu savoir si... hum..., hésita-t-il.

- Oh, l'interrompit Harry qui avait bien compris où il voulait en venir. Tu souhaiterais passer la nuit avec moi, c'est ça ?

- Oui, voilà, acquiesça-t-il.

- Je suis désolé, Owen, mais cela ne va pas être possible.

- Oh, bien. Je comprends..., bafouilla le jeune homme dont les joues commençaient à prendre une certaine teinte de rouge. Pour une prochaine fois... peut-être...

- Oui, c'est ça. Peut-être », répondit Harry en tentant d'esquisser un sourire qui se voulait apaisant alors que le Poufsouffle s'éloignait déjà.

Secouant légèrement la tête, le Gryffondor se remit en route.


Draco et Blaise venaient de quitter la bibliothèque où ils avaient terminé de rédiger leur devoir pour le cours de Botanique. Théodore, l'ayant déjà achevé, était quant à lui resté dans la Salle Commune pour lire un roman.

Les deux Serpentard allaient emprunter un escalier lorsqu'ils reconnurent la voix de Harry provenant de l'autre côté du couloir. Bien malgré lui, Draco ne put s'empêcher d'arrêter sa progression et de tendre l'oreille. Le Gryffondor parlait avec un étudiant dont il ne reconnaissait pas la voix. Quand il entendit la demande du jeune homme, son souffle resta bloqué dans sa gorge. Heureusement, Harry refusa et il put à nouveau respirer presque normalement. Le refus de son compagnon n'ayant pas été clair et net, le veela n'était pas complètement rassuré.

« Pourquoi a-t-il répondu peut-être ? grogna Blaise après avoir fermé, derrière lui, la porte de la chambre du Préfet-en-Chef.

- Il ne voulait peut-être pas lui faire de la peine, répondit-il en déposant ses manuels scolaires sur la table basse.

- Mouais. Mais en attendant, c'est toi qu'il risque de blesser.

- Il ne pouvait pas savoir que je les entendrais tous les deux.

- Vivement que tout le monde sache pour lui et toi, grommela-t-il. Oui, ajouta-t-il en voyant son ami ouvrir la bouche pour parler, je sais que vous souhaitez garder votre relation secrète le plus longtemps possible pour pouvoir mieux vous connaître avant que tout Poudlard ne vous tombe dessus.

- Et pour préparer également un peu le terrain. Je t'ai dit qu'il avait mis ses amis au courant pour nous.

- Mais le veela ne se sentirait pas mieux si Harry disait la vérité à tout le monde ?

- Si, bien sûr. Mais comment crois-tu que la majorité des sorciers réagiront quand ils apprendront que leur Sauveur est lié à un Malfoy ?

- Tu as toi-même constaté que le regard et l'attitude des élèves vis-à-vis de toi avaient changé par rapport à l'année passée. Ils ont appris ce que tu avais fait durant la guerre. Ils savent dans quel camp tu te trouvais.

- Oui. Mais je n'en reste pas moins un Serpentard et surtout un Malfoy. Ils ne vont pas tous sauter de joie quand ils sauront que leur cher Gryffondor est mon compagnon, crois-moi. Certaines réputations ont la vie dure.

- De toute façon, vu que Harry est d'accord avec toi, rien de ce que je pourrais dire ne te fera changer d'avis », soupira-t-il.


Assis contre un arbre, à l'orée de la Forêt Interdite, un livre sur les genoux, Draco attendait Harry. Les températures automnales le leur permettant encore, ils avaient décidé de passer leur après-midi dans le parc de Poudlard. Peu d'élèves osaient s'aventurer aussi loin du château, ils savaient donc qu'ils seraient tranquilles. Blaise et Théo, installés à quelques mètres de lui, jouaient à la bataille explosive.

Des bruits de pas se firent entendre dans son dos et, quelques secondes plus tard, Harry s'assit à ses côtés. Du coin de l'œil, il put apercevoir Ron et Hermione rejoindre ses deux amis. Vu qu'ils allaient être amenés à se côtoyer régulièrement dans le futur, les quatre jeunes gens avaient décidé de faire eux aussi plus ample connaissance.

« Qu'est-ce que tu lis ? demanda le Gryffondor.

- C'est un ouvrage qui recense les nouvelles découvertes et théories réalisées dans le domaine des Potions durant ces vingt dernières années. C'est très intéressant. »

Cela fit grimacer Harry.

« Ce n'est décidément pas le style de livre que je lirais pour passer le temps ou me détendre, dit-il.

- Et que lirais-tu ?

- Pour le moment, j'aime beaucoup les romans policiers moldus.

- Policier ?

- Un policier, c'est à peu près l'équivalent d'un Auror, expliqua-t-il. Ce type de roman raconte des enquêtes que les agents de l'ordre peuvent être amenés à résoudre. Parfois, ces livres sont même tirés d'une histoire réelle. À ma connaissance, il n'existe pas de roman sorcier de ce genre.

- Non, il n'y en a pas, effectivement. Est-ce que tu pourrais m'en prêter un, une fois ?

- Bien sûr ! répondit Harry agréablement surpris par cette demande. Par contre, il faudra d'abord que je t'explique l'un ou l'autre terme moldu sinon tu risques de ne rien comprendre du tout. »

Ils continuèrent à discuter quelques temps ainsi, comme ils le faisaient depuis trois jours.

« Harry ? demanda timidement Draco après un instant de silence.

- Oui ?

- Je t'ai entendu tout à l'heure... dans le couloir. Et je... Tu lui as répondu peut-être...

- Sache que je n'ai pas l'intention de coucher avec lui ou avec qui que ce soit d'autre, affirma-t-il. Si je lui ai dit peut-être, c'était pour qu'il ne comprenne pas que j'avais changé mes habitudes. Cela ne t'a pas blessé, j'espère ? s'inquiéta-t-il alors.

- Si, un peu, avoua le veela.

- Je suis désolé. Je te promets de faire dorénavant plus attention aux paroles que je prononcerai. »

Draco lui adressa un sourire timide avant d'oser poser une autre question qui le turlupinait depuis qu'il avait surpris cette conversation.

« Est-ce que... ça ne va pas te paraître... ce soir ? » bafouilla-t-il.

Harry cligna des yeux avant de finalement comprendre ce qu'il voulait dire.

« Si ça ne va pas me paraître bizarre de rester sagement dans mon lit ce soir alors que nous sommes samedi, c'est ça ? »

Le Serpentard acquiesça en hochant la tête.

« Si, je pense, admit-il. Mais c'était plus devenu une habitude, un besoin qu'une véritable envie.

- Et... tu n'en auras plus besoin ? l'interrogea-t-il.

- Non, plus maintenant.

- Et pourquoi... Pour quelles raisons faisais-tu donc cela ?

- Je... »

Harry poussa un profond soupir et appuya sa tête contre le tronc d'arbre.

« Je te raconterai tout, promis. Mais pas là, pas maintenant. D'accord ?

- D'accord. »

Le veela acceptait sans problème que son compagnon ait besoin de temps pour tout lui dévoiler. Il était prêt à lui en accorder autant qu'il le faudrait. Son compagnon lui avait fait une promesse. Il savait que Harry la tiendrait.


« Il a accepté de lire un roman moldu ? » s'étonna Ron.

Après avoir soupé dans la Grande Salle, les trois Gryffondor étaient remontés dans leur Salle Commune et s'étaient installés dans un coin, loin de l'agitation ambiante habituelle. Hermione s'était aussitôt attelée à peaufiner la traduction d'un texte écrit en Runes, essayant de faire fi des supplications du rouquin. Celui-ci avait tenté par tous les moyens de faire céder la jeune fille. Ron, en retard dans ses travaux, avait en effet souhaité que son amie lui laisse lire le parchemin qu'elle avait rédigé pour le devoir de Potions.

Cependant, Hermione avait refusé catégoriquement, répliquant que le jeune homme aurait dû mettre son après-midi à profit plutôt que de jouer bêtement tout ce temps avec Zabini et Nott. Ron avait répondu qu'elle aurait plutôt dû, au contraire, le féliciter pour ses progrès. Il s'était rapproché des deux Serpentard. C'était bien là le but recherché lorsqu'ils avaient accompagné Harry dans le parc, non ? Et puis, ni Zabini ni Nott n'avaient travaillé pour l'école. Ce à quoi la jeune fille avait rétorqué qu'ils avaient pu se le permettre puisqu'ils avaient terminé leurs rédactions à rendre pour lundi.

Ron s'était alors tourné vers Harry. Solidarité masculine oblige, ce dernier avait accepté que son ami lise son propre devoir lorsqu'il l'aurait lui-même achevé. Il devait encore demander quelques précisions à Malfoy sur certains points. Harry et lui avaient en effet commencé à s'entraider pour les cours. C'était un sujet de discussion comme un autre et il avait l'avantage non négligeable de se trouver en terrain neutre.

Ron avait alors aussitôt clôturé la conversation portant sur l'école et s'était mis à interroger son ami. Harry lui avait succinctement rapporté le dialogue qu'il avait eu avec Malfoy. Si le veela avait déjà pris l'habitude d'appeler son compagnon par son prénom, ce n'était cependant pas encore le cas pour le Gryffondor.

« Et tu penses que cette demande émane du veela ou pas ? Personnellement, je vois mal Malfoy s'intéresser de lui-même aux choses d'origine moldue.

- Je pense effectivement qu'elle était motivée par le veela, répondit Harry. Mais si cela peut me permettre de lui faire revoir les préjugés qu'il possède sur les moldus, alors peu importe d'où provient ce soudain intérêt.

- Tu as entièrement raison, intervint Hermione. Même s'il s'est rendu compte que toutes ces histoires sur la pureté du sang étaient complètement stupides, il ne s'est probablement jamais intéressé de près aux moldus. Je pense d'ailleurs que ce serait bien que l'on dispense ce genre de cours aux élèves de première année. Aux sorciers nés-moldus, on leur apprendrait les bases de la Communauté Sorcière, tandis que l'on donnerait un cours d'introduction à la vie moldue aux enfants n'ayant jamais eu affaire qu'aux sorciers. Ce serait une bonne chose, non ? »

Les deux jeunes hommes acquiescèrent. L'idée de leur amie leur plaisait. C'est vrai que les pauvres élèves qui débarquaient au château sans rien connaître ou presque de la magie étaient quelque peu perdus au début. Restait maintenant à savoir si cela était réalisable et, surtout, à convaincre le Comité de Direction de l'utilité de ces cours.


Jeudi soir

Allongé sur le ventre devant l'âtre de la cheminée, Harry compulsait les ouvrages que Malfoy lui avait remis, enrichissant ainsi ses connaissances sur les veelas et sur leur compagnon.

« Malfoy ? l'interpella-t-il quand celui-ci revint dans la pièce après avoir pris sa douche. Comment ton père a-t-il réussi à être un Mangemort haut gradé malgré le fait qu'il soit une créature magique ? Et comment cela se fait-il que Sirius n'était pas au courant que ta mère est une veela ? »

Il avait en effet eu une discussion avec son parrain la semaine précédente et le professeur de DCFM avait dit à son filleul qu'il avait appris en même temps que lui que les Malfoy possédaient des gènes veelas.

« Parce que c'était un secret bien gardé », répondit le Serpentard en s'asseyant sur le canapé.

Le Gryffondor se redressa alors en position assise, toujours sur le sol, attentif à ce que son veela allait lui dire.

« Tu sais qu'avant le règne de terreur instauré par le Seigneur des Ténèbres, les veelas vivaient à l'écart du Monde Sorcier. Eh bien, ce n'était pas le cas pour ma famille. L'un de mes ancêtres, Nicholas Malfoy, s'est mêlé aux sorciers au 14e siècle. L'attrait du pouvoir et l'envie d'en posséder toujours de plus en plus sont deux traits de caractère très souvent présents dans la famille. Pour satisfaire son avidité, Nicholas n'avait trouvé que cette solution. Prétextant être un Sang-Pur, ce qui en soi était véridique d'après son point de vue, il est parvenu assez rapidement à se faire un nom au sein de la Communauté Sorcière. Personne n'a jamais su qu'il était en réalité un veela.

Comme tu le sais déjà, il existait deux sous-espèces parmi les veelas : les dominants et les dominés. À la naissance, les embryons des ailes des veelas dominés sont visibles durant quelques jours sur le dos du nourrisson. C'était ce qui permettait, à l'époque, de déterminer l'appartenance à l'une ou l'autre catégorie. Les dominants avaient un avantage sur les dominés en ce qui concernait la connaissance de l'identité de leur compagnon ou compagne. Il leur suffisait, pour ce faire, de préparer la potion de Révélation. Le dominant n'avait qu'à laisser tomber une goutte de son sang dans cette décoction et le nom de son dominé lui apparaissait.

- Et cette potion ne fonctionnait pas pour les dominés ?

- Si, et elle fonctionne toujours d'ailleurs. Cependant, elle n'est efficace que lorsque le dominant en question a déjà fêté son dix-septième anniversaire. Si le dominé la teste avant cette date, aucun nom n'apparaîtra. Le dominant, quant à lui, pouvait l'utiliser quand il le souhaitait, à condition bien évidemment que son dominé ait été conçu. Il n'avait même pas besoin d'attendre la naissance. Même si le dominé n'était encore qu'un embryon dans le ventre de sa mère, la potion était efficace.

La différence d'âge entre le dominant et son dominé n'excédant jamais vingt mois, cette potion était utilisée très régulièrement durant ce laps de temps sur l'héritier Malfoy afin de connaître au plus tôt le nom de sa compagne ou de son compagnon. Avant moi, il n'y a effectivement jamais eu que des dominants dans la famille. Les Malfoy passaient ensuite un contrat magique avec une famille de sorciers de leur choix. Ceux-ci devaient faire croire que le veela dominé était leur propre enfant. En contrepartie, leur nom se trouvait bien évidemment associé à notre famille. Bien naturellement, ce contrat empêchait cette famille de révéler la vérité sur notre nature.

- Vous enleviez un bébé à ses parents pour le confier à d'autres personnes ?! s'indigna Harry. Et les parents de cet enfant en question, ils étaient d'accord ? Ils acceptaient cela sans broncher ?

- Ils acceptaient pour le futur bonheur de leur enfant. Ils savaient qu'il serait heureux avec son compagnon. Alors, s'ils devaient en passer par là...

- Je ne parviens pas à y croire..., murmura-t-il. Tout cela pour conserver votre secret... »

Une bûche craqua dans la cheminée alors que le silence s'était imposé dans la pièce. Le Gryffondor tentait d'assimiler tout ce qu'il venait d'apprendre. Enlever un bébé à ses parents. Comment pouvait-on faire cela uniquement pour maintenir les apparences ? C'est alors que la réalité le frappa.

« Ta mère n'est pas une Black ? » s'exclama-t-il.

Le Serpentard hocha négativement la tête.

« Abraxas Malfoy, mon grand-père, a passé un contrat avec Cygnus et Druella Black. C'est la raison pour laquelle ton parrain ne savait rien.

- Et ton père aurait également passé ce type d'accord pour toi ?

- S'il n'y avait pas eu cette guerre et que les dominants existaient toujours, il aurait très probablement fait la même chose que ses ancêtres. Mais bon, la question ne s'est jamais posée vu que le veelas dominants ont commencé à disparaître depuis une petite cinquantaine d'années. Mes parents savaient donc à quoi s'en tenir.

- Vous avez quand même eu beaucoup de chance pour garder ce secret aussi longtemps.

- Oui, beaucoup.

- Et donc, Voldemort ne savait rien non plus, alors ? demanda Harry après quelques minutes de réflexion.

- Non. Pour lui, nous étions simplement des sorciers Sang-Pur.

- Mais pourquoi ta famille s'est-elle alliée à Voldemort ? Il méprisait toutes les créatures magiques. Ce n'est pas logique.

- Mon grand-père s'est associé au Seigneur des Ténèbres toujours en ayant pour but d'acquérir plus de pouvoir. Au début de son ascension, le Lord n'avait pas fait mention de son mépris pour les créatures magiques. Il voulait simplement rendre aux Sang-Pur la considération qu'ils méritaient. Quand Abraxas a compris quelles étaient les réelles intentions du Lord, il était trop tard. Et mon père a été obligé de prendre la Marque.

- Attends, tu es en train de me dire que ta famille n'approuvait pas les idées de Voldemort ? demanda Harry, perplexe.

- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, répondit Draco en soupirant et en s'installant plus confortablement dans le fauteuil. Bien que nous soyons des veelas, nous nous sommes toujours considérés comme étant des Sang-Pur. Avant maintenant, notre sang ne s'était jamais retrouvé mélangé à celui d'une autre espèce. La première fois que ma famille a entendu parler des nés-moldus, c'était lors de réunions auxquelles seuls les Sang-Pur étaient invités. D'après ces sorciers, les nés-moldus n'étaient pas dignes de la magie. Ils ne comprenaient pas non plus comment on pouvait accepter de se lier avec quelqu'un que la magie avait ignoré, c'est-à-dire un moldu. Les Malfoy avaient toujours été d'accord avec cela. À cette époque, mêler notre sang à celui d'une autre espèce était tout bonnement impensable, inimaginable. De même, nous ne comprenions pas pourquoi la magie jugeait un enfant moldu digne d'elle alors que ses parents ne l'étaient pas. Nous en avions donc déduit que cela devait être des erreurs de la nature.

- Vous pensiez que les nés-moldus étaient des erreurs de la nature ?! s'écria Harry. Mais c'était quoi cette façon de penser ?!

- Nous avons finalement admis que nous nous étions trompés, s'excusa le veela en baissant les yeux sur ses genoux.

- Encore heureux ! Mais depuis combien de temps exactement l'avez-vous admis ?

- Peu de temps, murmura-t-il.

- Combien ? exigea le Gryffondor.

- Deux ans, à peu près, avoua-t-il à voix basse.

- Et qu'est-ce qui vous a soudainement fait changer d'avis ?

- Nous avions appris qu'un veela s'était vu désigner comme compagnon un né-moldu. Or, la magie veela ne s'est jamais trompée. Cela voulait donc signifier qu'elle jugeait ce sorcier digne de la magie qui lui avait été offerte.

- C'est pourquoi ton père et toi avez quitté le camp de Voldemort l'année passée ?

- Nous l'aurions quitté même sans savoir cela. Mon père et moi-même n'avons jamais approuvé ce que le Lord infligeait aux nés-moldus. Certes, nous les méprisions. Mais les torturer et les tuer, c'était tout autre chose. Nous n'acceptions pas les méthodes du Lord. Quand il a disparu, mon père s'est vraiment senti libéré d'un poids. Cependant, quand le Seigneur des Ténèbres est revenu, il n'a pas eu d'autre choix que de renouveler son allégeance auprès de lui. C'était ça ou la mort. Mais quand le Lord a laissé sous-entendre qu'il serait temps que je rejoigne à mon tour ses rangs, mon père s'est dit qu'il était grand temps d'en finir. Cette guerre avait déjà fait assez de dégâts comme ça. Il fallait y mettre un terme.

La suite, tu la connais. Mon père est devenu un espion pour l'Ordre du Phénix tandis que moi, je suis resté caché tout en apportant mon aide pour soigner les blessés. Quand je voyais l'état dans lequel certains arrivaient, j'étais écœuré. Et il n'y avait pas que des adultes comme victimes, non. Il y avait aussi des adolescents, des enfants. Je ne comprenais pas comment on pouvait leur faire subir cela. Crois-moi, Harry, je n'aurais jamais pu rejoindre le Lord de mon plein gré. Je te suis d'ailleurs pleinement reconnaissant d'avoir mis fin à cette guerre. »

Draco n'avait pas osé croiser le regard de Harry durant la fin de ses explications. Il comprenait la colère que le Gryffondor ressentait mais ne souhaitait pas voir son regard orageux. Il avait fâché son compagnon. Le veela avait redouté cette conversation à laquelle il savait qu'il n'échapperait pas. Harry voulait connaître son histoire et c'était tout à fait logique, compréhensif.

Brusquement, le Gryffondor se leva.

« Cette discussion m'a fatigué. Je vais me coucher, dit-il avant de se diriger vers la porte séparant le salon de la chambre.

- Je comprends. Bonne nuit. »

Harry marmonna quelque chose en retour que le Serpentard ne comprit pas.

Draco s'affala alors complètement dans le canapé, relâchant la pression. Il n'avait désormais plus rien à cacher. Harry savait à présent tout sur lui, sur son passé. Il ne lui restait plus qu'à attendre que son compagnon digère toutes ces informations.

Il soupira. Cela pouvait prendre du temps. Saurait-il être patient ? Il se sentait toujours irrémédiablement poussé vers son compagnon mais l'intensité de cette force était un peu moindre qu'auparavant. Était-ce à cause des rejets ? À cause de la formation du lien partiel ? Draco n'aurait su le dire. Néanmoins, cela laisserait un peu plus de temps à Harry pour l'accepter pleinement. Et puis, normalement, la magie veela devait aussi opérer sur son compagnon. Et vu qu'ils passaient plus de temps ensemble, les sentiments de Harry à son encontre devraient commencer à évoluer un peu plus vite.

Enfin, c'était ce qui était prévu.


Le Gryffondor ne parvenait pas à trouver le sommeil. La conversation de ce soir tournait en boucle dans sa tête. Comment les Malfoy avaient-ils pu faire tout cela uniquement pour le pouvoir ? Mentir, enlever des nourrissons à leurs parents, rejoindre Voldemort. Et dire qu'il se retrouvait lié à cette famille. Mais pourquoi rien n'était-il donc jamais simple avec lui ?

Il se retourna une nouvelle fois dans son lit, essayant quand même de ne pas réveiller le veela qui dormait près de lui.

Harry avait prétexté être fatigué pour pouvoir quitter le salon avant de dire des choses qu'il regretterait par la suite. Ce n'était pas contre le veela en lui-même qu'il était en colère mais bien contre sa famille, ses ancêtres. Draco Malfoy n'y pouvait rien. Il n'avait pas choisi de faire partie de cette lignée. Il n'avait, jusqu'à présent, jamais rien fait de répréhensible.

Bon, il l'avait insulté lui, ses amis et avait clairement affiché son mépris pour les nés-moldus lorsqu'il était plus jeune. Cependant, c'était son éducation qui en était la cause. N'importe qui d'autre ayant vécu toute son enfance dans un tel milieu aurait réagi de la même manière. Sauf évidemment un rebelle comme Sirius, mais ils étaient rares.

Si Harry s'était trouvé dans son dortoir dans la tour Gryffondor, il se serait très certainement levé pour se rendre dans la Salle Commune, comme il le faisait à chaque fois que le sommeil le fuyait. Il pourrait bien évidemment retourner dans le salon mais il craignait que le veela ne s'inquiète si jamais Malfoy se réveillait alors qu'il n'était pas dans son lit.

Harry décida néanmoins de mettre ce temps à profit. Il se leva et alla rapidement chercher l'un des livres qu'il avait abandonnés près de la cheminée tout à l'heure. Autant qu'il en profite pour s'instruire encore un peu et puis, cela lui permettrait peut-être de se changer les idées. Il se recoucha et, s'abritant sous la couette afin de ne pas déranger Malfoy, reprit sa lecture là où il l'avait arrêtée.

Trois bons quarts d'heure plus tard, un son mat presque entièrement étouffé par un tapis se fit entendre dans la chambre. Finalement endormi, Harry avait laissé glisser le livre hors de sa main.


Voilà pour le chapitre 9 :)

Alors, qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que l'histoire de la famille Malfoy ne vous semble pas être trop tirée par les cheveux ?

N'hésitez surtout pas à me faire part de vos impressions ;)

À bientôt ;)

PS : Pour celles et ceux qui souhaiteraient lire un autre Drarry (terminé), je les invite à aller lire ma fiction Memoria. J'ai également commencé à poster une autre histoire, intitulée Tu n'es pas un lâche, qui sera un Dramione ;)