A la demande de Miss de Lune
CHAPITRE 10 : Draco et Luna
Luna Lovegood n'était pas le genre de fille à draguer les garçons, ce qui ne voulait pas dire qu'elle n'était pas intéressée à l'idée d'avoir un petit copain. Mais elle s'était faite une raison depuis longtemps, elle n'était pas de celles qui attiraient les regards, ou en tout cas pas les regards amoureux ou intéressés. La plupart de ceux qui la dévisageaient avaient plutôt envie de se moquer d'elle. Depuis le temps qu'elle allait à Poudlard, elle avait fini par s'y faire. Elle se disait, généralement pour se convaincre elle-même, qu'elle n'en était pas blessée et que ça ne la gênait pas. Mais le soir, il arrivait que les larmes se mettent à couler d'elles-mêmes.
Son père lui disait que c'était parce qu'elle n'avait pas encore trouvé le garçon qui lui plairait, celui qui serait capable de faire battre son cœur plus fort que les autres mais elle n'osait pas lui dire que si. Il y avait à Poudlard deux personnes qu'elle regardait avec envie, deux qui resteraient à jamais inaccessibles pour elle. A force, elle n'espérait plus rien, elle se prenait juste à rêver de temps à autres.
L'été était presque là et une douce chaleur commençait à envelopper Poudlard. Les dernières années avaient été très complexes et la chute de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Citer-Le-Nom l'été précédent avait été l'apothéose. L'école était détruite, elle porterait à jamais les stigmates de cette dernière bataille. Luna avait parcouru les couloirs carbonisés et effondrés avec une pointe de douleur au cœur. Poudlard n'était plus et ne serait plus jamais pareil. Les hommes pouvaient toujours en reconstruire les murailles, elle sentait que son âme était blessée, que sa magie avait été lésée. Elle ressentait sa douleur et sa solitude.
Et puis Harry n'était pas revenu. Ni Hermione, ni Ron. Tous les trois avaient estimé que leurs études s'arrêtaient là. Le professeur McGonagall qui avait repris provisoirement la direction de Poudlard avait proposé aux sorciers qui n'avaient pu passer les examens l'année précédente de reprendre une année. Luna avait accepté, non pas qu'elle estimait que ses ASPICs soient si importants mais parce qu'elle y avait vu l'occasion de prolonger un peu son temps ici. L'école était sa seconde maison, celle où elle apprenait à être elle malgré les regards parfois difficiles et douloureux des autres. Quelques autres étaient restés également notamment les sœurs Patil, Draco Malfoy et Pansy Parkinson, Seamus Finnigan, Neville Londubat et bien des autres qu'elle n'avait pas nommé.
La nuit était tombée et assise dans le parc, Luna regardait les étoiles. Elles avaient toujours été les amies de ses rêves secrets et de ses douleurs tues. Elles avaient toujours été les confidentes de ses peines non avouées. Le professeur McGonagall essayait tous les jours de remettre un peu de gaieté dans le cœur de ses élèves et ce soir, exceptionnellement au banquet, il leur avait été proposé des carafes de citronnades. La jeune fille gageait que pas une goutte n'avait été laissée. Elle-même s'était laissée aller à en boire quelques verres. L'acidité et cette saveur en même temps si sucrée avait déposé dans sa gorge comme une impression de réconfort, comme un pansement sur ses plaies.
Un léger courant d'air fit voleter quelques mèches de ses cheveux. A cette heure, le parc était désert, le château était loin derrière elle, à peine en vue. Elle ferma les yeux, profita du souffle de la nuit sur son visage. C'était son moment privilégié. Elle savait qu'elle n'était pas censée être là mais elle faisait partie des élèves adultes et jamais un professeur lui reprocherait de communier avec la nature. Pas après ce qui s'était passé. Et puis, de toute façon, Luna avait l'habitude. Elle faisait ça depuis sa première année, jamais elle n'avait été surprise par qui que ce soit. Pas même Rusard dont elle devait être la seule au monde à trouver son chat si mignon.
Des pas firent craquer une brindille derrière elle. Elle tendit l'oreille. C'était des pas légers, probablement quelqu'un de mince, d'agile aussi, peut-être un joueur de Quidditch. Quelqu'un s'arrêta à quelques pas d'elle. Elle l'entendait respirer. Un garçon.
« Est-ce que tu es venu te moquer de moi ?
_ Non. »
A la voix, elle reconnut Draco Malfoy. Il avait beaucoup changé lui aussi, à l'image de Poudlard. Depuis la chute du Seigneur des Ténèbres, il était perdu entre le monde qu'il cherchait à quitter et celui qu'il cherchait à atteindre.
« Est-ce que je peux m'asseoir avec toi ?
_ Tu n'es pas obligé de demander. Le parc appartient à tout le monde. »
Elle l'entendit bouger puis il vint s'installer auprès d'elle. Il portait toujours son uniforme, la cravate desserrée et les manches de sa chemise roulées jusqu'à la moitié de ses avants bras. Il avait été marqué par les Ténèbres et la forme du tatouage se devinait encore même si l'absence de son maître l'avait en partie effacée. C'était une cicatrice indélébile dont il garderait toute sa vie les stigmates. Assis en tailleur, les mains sur les genoux, il inspira profondément, s'imprégnant lui aussi de la quiétude de la nuit.
« On n'a jamais eu l'occasion de parler, dit-il tout à coup.
_ Non. »
Luna n'était pas bien sûre de ce qu'il attendait d'elle. Dans le doute, elle préféra ne pas trop s'avancer dans la conversation. Elle avait assez subi d'insultes et d'humiliations pour se tenir prudente maintenant. Si Draco voulait se montrer amical, elle ne le repousserait pas, mais c'était à lui de faire le premier pas.
Il posa ses mains à plat sur le sol derrière lui et leva le visage vers le ciel. Les yeux fermés, il apprécia la caresse du vent sur sa peau et dans ses cheveux.
« Poudlard a changé, dit-il tout à coup en ouvrant les yeux et en braquant son regard sur elle. Et nous aussi. J'ai l'impression d'avoir enfin ouvert les yeux après de longues années de cauchemar.
_ Est-ce que tu as été sous l'Imperium ? »
Il secoua la tête.
« Je n'ai juste pas eu le choix. Soit je le faisais, soit je me faisais tuer. C'est étrange de se sentir libre. »
Il pinça les lèvres.
« Désolé.
_ Pourquoi ?
_ Avec tout le mal que ma famille t'a fait, je n'ai pas le droit de te parler de liberté et encore moins de mes angoisses et de mes souffrances. »
Il se redressa, posa ses mains sur ses genoux et prit un air peiné. Luna soupira et se rapprocha de lui pour poser sa main sur son bras.
« Je n'ai pas l'exclusivité de la souffrance sous prétexte que j'ai été retenue en otage. Parfois on ne regarde pas bien et on ne voit pas que quelqu'un souffre. Personne ne t'a vraiment regardé Draco. »
Il y eut un moment de silence puis, doucement, le jeune homme s'approcha. Son souffle vint se mêler à celui de Luna tandis que ses lèvres se posaient délicatement sur les siennes. Leurs langues s'enlacèrent. Il posa une main sur son épaule afin d'affermir sa prise, comme pour l'empêcher de se défiler. Mais elle avait fermé les yeux, aspirant en elle ce souffle de chaleur. Pour rien au monde elle n'aurait voulu se soustraire à ce baiser. Elle n'était pas amoureuse de Draco Malfoy, c'était une chose dont elle était certaine, mais elle n'était pas insensible à son visage avenant, ni même à son âme d'oiseau blessé. Et Luna s'était toujours sentie attirée par ceux qui souffraient.
Du bout des doigts, il effleura la chair tendre de son cou, dessina le contour de sa gorge. Chaque centimètre de peau qu'il effleurait était comme électrisé. Luna sentit un frisson de plaisir prendre naissance au creux de ses reins et remonter tout doucement sa colonne vertébrale. Elle frissonna d'autant plus lorsque les doigts saisirent son sein en coupe. Au-travers du tissu de son uniforme scolaire, ils agacèrent le mamelon, le titillant jusqu'à ce qu'il durcisse.
Elle respirait très fort. C'était la première fois qu'on la touchait ainsi, sans la moindre moquerie, sans la moindre intention malveillante. Draco rompit le baiser mais ne croisa pas son regard. Elle l'observa se lécher les lèvres puis se déplacer de manière à lui faire face. D'une main experte, il déboutonna son chemisier pour écarter les pans et contempler le soutien-gorge une bande de satin rose pâle ornementée d'un peu de dentelle blanche. Lorsqu'elle l'avait achetée à Pré-Au-Lard, une fille de sa classe avait ri en disant que c'était le genre de sous-vêtement que l'on utilisait pour attirer les garçons, sauf que Luna, elle, n'attirerait jamais aucun garçon. Surtout tant qu'elle mettrait ses boucles d'oreilles en forme de radis.
Et pourtant, ces fameuses boucles, elle les portait ce soir.
Draco dessina du bout de la langue la naissance de ses seins, la ramenant à la réalité. Son cœur battait maintenant à tout rompre. C'était comme vivre un rêve qu'elle avait attendu depuis bien longtemps, avec l'excitation mais également la peur de le voir se réaliser et de constater que ce n'était pas aussi bien que ce qu'elle avait tant désiré.
Mais le jeune homme ne lui laissait aucun instant de répit. Il fit glisser le chemisier de ses épaules et dégrafa le sous-vêtement qui tomba piteusement au sol. Fini son pouvoir de séduction, ce soir, plus personne n'allait le regarder.
Luna aurait aimé déshabiller Draco elle-aussi mais elle avait peur qu'il prenne mal le moindre geste de sa part. Ou pire, qu'il se rende compte que c'était elle et non pas une autre de toutes ces filles avec lesquelles il était sorti tout au long de sa scolarité. Pourtant, elle voyait bien, au-travers de ses vêtements, que son corps réagissait à sa semi-nudité. Elle voyait nettement la déformation causée par une érection qui n'avait de cesse de prendre de l'ampleur.
Il emprisonna un téton entre ses lèvres et le suça avec douceur, goûtant pleinement le goût de sa chair. Son souffle s'écrasait sur sa peau. Lui aussi respirait très fort. Luna en voulait plus mais elle n'osait l'inviter à aller plus loin. Tout doucement, elle se reculait de manière à pouvoir facilement s'allonger sur le dos, suggérant qu'il était temps de franchir un autre pas, pas qui lui dévorait le ventre mais qui lui faisait aussi terriblement peur.
Le jeune homme se redressa un moment et lui envoya un petit sourire. D'un geste vif, il se débarrassa de sa cravate puis déboutonna sa chemise qu'il jeta au sol. Il y avait de la fébrilité dans ses gestes. La lumière de la pleine lune dessinait chacune des courbes de son corps. Luna hésita encore quelques secondes avant de l'imiter et de terminer de se déshabiller à son tour. En quelques secondes, ils furent tous deux nus.
Le vent tiède de ce soir d'été caressait leur peau comme un amant impatient et désireux d'aimer toutes les parcelles de son corps en même temps. Elle fit de son mieux pour ne pas regarder le sexe de Draco qui se dressait devant elle. Il l'hypnotisait autant qu'il l'inquiétait, comme une baguette d'une incroyable puissance.
Imaginer cette comparaison la fit sourire. Elle se retint de rire. Il risquait de mal le prendre et de tout arrêter là.
Il appuya les mains sur les épaules pour la pousser à s'allonger dans l'herbe. Le cœur battant, la gorge sèche, elle se laissa faire. Délicatement, il souleva ses jambes, les replia sur son ventre. Et au fur et à mesure qu'il la poussait dans ce geste, il s'approchait de son intimité. Lorsqu'elle le sentit l'effleurer, elle retint sa respiration. Elle ferma les yeux en le sentant entrer en elle. Un pic de douleur la saisit et un frisson glacé la prit soudainement. Elle enfonça les doigts dans la terre. Draco entra plus profondément en elle, jusqu'à ce que son bassin touche le sien. Elle serra les dents. Pas question de lui dire d'arrêter même si ce n'était pas tout à fait ce à quoi elle s'était attendue.
Il assura sa position puis lorsqu'il fut satisfait, commença à bouger en elle. Il n'y alla pas doucement du tout. Dévoré par le désir et l'excitation, il bougeait vite, entrant et sortant d'elle dans le claquement presque indécent de sa chair contre la sienne. Luna sentait ses coups dissiper peu à peu la douleur. Son sexe emplissait le sien, prenait possession d'elle. Elle sentait ses mains sur ses hanches la tenir fermement, son ventre qui heurtait le sien comme il cherchait à entrer toujours plus profondément en elle.
« Ouvre les yeux. Regarde-moi. »
Elle obéit et riva son regard au sien. Ses prunelles brillaient dans la lumière de la lune et il souriait.
Petit à petit, elle sentit une pointe de plaisir se dessiner en elle. Proche de la douleur, la sensation s'amplifia soudainement pour exploser dans son ventre. Son corps s'arqua, ses ongles s'enfoncèrent profondément dans la terre. Chacun de ses muscles se contracta tandis que ses lèvres s'ouvraient sur un cri qu'elle ne put retenir. Draco ne ralentissait pas le rythme. Quelques râles s'échappaient de sa gorge. Son sexe était brûlant dans le sien, gonflé de plaisir. Il se retira brusquement d'elle, s'empoigna et laissa s'échapper sur le triangle de son pubis quelques filets argentés qui brillèrent dans la lumière de la lune.
Il s'assit sur ses talons le temps de reprendre son souffle. Déjà son sexe commençait à se détendre. Luna éclata de rire, non pas à cause du spectacle de cette pauvre chose qui avait l'air vaincue après un combat âpre mais parce que la dernière bataille qu'avait donc vécu Poudlard n'avait pas été pour la haine et pouvoir mais pour l'amour et le réconfort.
Le jeune homme ne traîna pas. Il se redressa, enfila ses vêtements et prit le chemin du château. Luna, elle resta immobile, savourant encore un peu la caresse du vent sur son corps nu. Elle aurait aimé que son amant d'un soir reste encore un peu auprès d'elle, qu'il apprécie avec elle la lumière des étoiles. Mais elle ne pouvait tout de même pas le retenir contre son gré.
