Hublot
Je n'ai pas d'excuses
Enfin j'en ai des milliers mais là n'est pas la question
Donc, avant que j'oublie, je profite que j'ai le temps et je vous laisse un petit chapitre avant d'aller en cours ! (J'aime la fac, où c'est parfaitement normal de commencer sa journée à 17h)
Petite remarque: Je n'ai rien contre IKEA j'apprends même le suédois et mon appart et ma maison sont des show-rooms IKEA alors le premier qui dit que je suis IKErAciste est une mauvaise langue et non je me suis pas améliorée en jeux de mots
Tino avait fait le fier au début, heureux de sa liberté nouvelle, mais il faisait déjà moins le malin plus tard, quand il devait courir après les papiers. Après le premier mois extrêmement difficile où elle avait tenté tout ce qu'elle pouvait pour le récupérer –allant du rencard au chantage désespéré en passant par les myriades d'excuses-, sa future-ex-femme avait comprit que c'était vain et refusait désormais toute rencontre sans leurs avocats respectifs.
Faute de moyens, Tino avait finalement choisit de prendre Ludwig comme avocat. Il était débutant, il ne s'était jamais occupé d'un divorce, mais c'était quelqu'un de sérieux et motivé, et surtout qui lui faisait une sacrée réduction. –Norge râlait comme quoi il ne faillait prendre une connaissance comme avocat, mais comme c'était pas Norge qui allait l'aider à payer, Tino l'ignorait.
En plus, la procédure était relativement simple au final. Tino ne voulait rien récupérer. Ni l'appart, ni les meubles.
« Tout vient de chez IKEA. C'est pas comme si ils avaient une valeur quelconque. »
Le seul truc sur lequel ils ne s'entendaient pas, c'était la garde d'Ebba. Pour le moment, Tino la voyait une fois par semaine sa mère la déposait chez les parents de Tino le dimanche matin, et Tino arrivait une demi-heure après elle et passait la journée avec sa fille. En restant chez ses parents, en allant voir sa sœur ou son frère, ou en sortant. Mais jamais il ne l'amena chez Berwald. Pas avant que le divorce ne soit prononcé.
Les parents de Tino n'étaient pas très contents de tout ça, surtout sa mère. Elle adorait sa belle-fille, et ne comprenait pas pourquoi Tino l'avait quittée pour une quelconque pouffe. Ledit Tino décida de ne pas lui prévenir que ladite pouffe était un homme, connaissant sa très religieuse mère et n'ayant pas trop envie de se faire jeter dehors. Son frère avait mieux réagi et le gratifia même d'un « Okay. » qui venait du fond du cœur, et sa grande sœur Tarja avait décidé qu'elle adorait Berwald, qu'il était cent fois mieux que la « psycho » et squattait le plus clair de son temps dans son appart, bien contente que son frère ait trouvé « un homme, un vrai ». (En râlant parce que c'était loin d'être son cas accessoirement.)
La petite, elle, ne comprenait pas trop tout ce qui se passait. Elle savait juste que tout ça ne lui plaisait pas. Elle voulait que son papa revienne avec sa maman, comme avant. Elle voulait qu'Hanatamago revienne, elle voulait que sa maman arrête de pleurer, elle voulait que son papa fasse partir les cauchemars comme avant.
- Iskä, demanda-t-elle un jour, Pourquoi tu reviens plus à la maison ? Parce que je voulais pas parler en français ?
Tino l'avait prise dans ses bras, avant de lui dire doucement :
- Mais non. T'y es pour rien là-dedans. C'est juste que parfois… les gens changent.
- Tu mets plus les mêmes habits et t'as des piercings moches partout.
- Hey, j'en ai quatre pour le moment et ils sont très bien, rit Tino en donnant une petite chiquenaude à sa fille. Mais… les gens changent et les sentiments aussi. Et j'étais plus amoureux de ta maman. Je suis tombé amoureux de quelqu'un d'autre.
- Alors, si tu trouves un autre enfant mieux que moi, tu vas plus m'aimer non plus ?
Tino ne dit rien sur le coup, trop étonné par la question. Et puis, il sourit tristement, en serrant plus fort Ebba contre lui.
- Bien sûr que non. Toi c'est pas pareil. Jamais je te remplacerai. Je t'aime trop. Et puis, de toute façon, t'es la meilleure des filles.
Alors Ebba était un peu rassurée. Son papa avait l'air plus heureux comme ça, même si elle était un peu triste que ça soit sans elle.
Tino avait réussi à se faire à sa nouvelle vie. Il détestait toujours autant son boulot, mais avait décidé d'arrêter se lécher les pieds de son patron pour une augmentation qu'il ne lui filera pas. Il se contentait d'aller bosser, en mettant assez d'argent de côté pour payer le divorce. Après il verra ce qu'il fera. De toute façon, il allait sûrement se faire virer. Il avait refait ses piercings et encore plus de tatouages, et se mettait du crayon sous les yeux avant d'aller bosser juste pour provoquer l'abruti qui travaillait en face de lui et trouvait toute cette débauche abominable. Mais on vend difficilement des maisons habillé comme ça.
Il passait le plus clair de son temps en compagnie de Niels, Norge et Berwald. Toujours à squatter dans un des appartements, ou dans un bar. Le premier vendredi soir où ils avaient passé la porte de l'Incongru ensemble, le barman avait pratiquement sauté au-dessus du comptoir pour les prendre tous les quatre dans les bras, content que « ses chéris se soient enfin retrouvés » –Tino appris à ce moment-là que Norge et Niels y passaient tous leurs mardis soir à se plaindre de lui et de comment il les ignorait.
Ice aussi avait plutôt bien réagit. Quand il était arrivé chez Norge avec ses parents, il avait été légèrement choqué de voir Tino tranquillement jouer à la NES avec Niels sur le canapé. Sa première réaction avait été de lui en coller une –grosse- en le traitant de lent, avant de le serrer dans ses bras en pleurant. (Les parents regardaient la scène sans trop savoir quoi faire, et Norge se contenta de leur dire qu'il leur expliquerait plus tard)
Hanatamago se foutait de tout ça, elle avait sa gamelle.
Tino avait décidé de poursuivre ses rêves. Surtout qu'il savait qu'il en avait plusieurs réalistes. Déjà, il avait aussi décidé de motiver Berwald à poursuivre les siens. Parce qu'il avait bien compris que la seule raison pour laquelle le Suédois s'était repu dans sa vie d'employé, c'était parce qu'il n'avait pas confiance en lui.
Il voulait devenir instituteur, on lui avait dit qu'il faisait peur. Il voulait écrire des livres, on lui avait dit qu'il ferait mieux d'apprendre à décortiquer un ordinateur. Il voulait faire sa vie avec qui il voulait, on lui avait dit qu'une famille c'est une femme, un mari et des mômes. Il voulait voir ses gamins, on les lui avait prit en s'arrangeant pour qu'il ne puisse plus jamais les revoir.
Alors Tino avait ressorti les vieux fichiers Word de son ordinateur, ceux qu'il avait commencés à rédiger quand il avait quinze ans, et il recommença son bouquin de zéro, plus motivé que jamais. Parce qu'il savait que le fait de le voir écrire allait pousser Berwald à faire de même, parce que Berwald aimait à penser « Si les autres y arrivent, pourquoi pas moi ? »
Il avait eu raison. Pendant un mois, Berwald se contentait de le regarder, adossé au mur à côté de lui, un café en main. Et un jour, alors que Tino rentrait du boulot, il vit que sur la table de la cuisine s'amoncelaient des tonnes d'aquarelles, de feutres, de crayons de couleurs, de papiers froissés, d'eau et de stylos, et un Berwald qui travaillait activement au milieu de tout ça, de l'encre plein le visage et les mains. En voyant le Finnois arriver, il s'était contenté de lui montrer la feuille sur laquelle il dessinait, qui avait déjà quelques jolies illustrations dessus. Et avec un grand sourire de gamin que Tino n'aurait jamais pensé voir sur le visage de Berwald, le Suédois demanda simplement lequel, à son avis, plairait le plus aux enfants. Tino avait juste souri.
Et quatre mois après le début de la procédure, Tino se prépara une dernière fois pour aller au tribunal. Quand il en sortira, il sera vraiment libre. Il était l'homme le plus heureux du monde.
